Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 11:12

Ciné-première enr. 2 juillet

Acteurs : John Hurt ( le père) ; Charlotte Rampling (la mère) ; Kirsten Dunst ( Justine) ; Charlotte Gainsbourg ( Claire)

La présentation est grandiloquente mais supportable.Je m’interroge sur le choix du tableau de Bruegel Les Chasseurs de la nuit. Il y a quelques images poétiques qui seront reprises dans les différentes séquences.

La première partie met en scène Justine qui se marie en blanc et grande pompe. Sa mère s’est revêtue d’un vieux tee-shirt, et crie qu’elle déteste le mariage. A partir de ce moment Justine sombre dans la dépression. La réception tourne court. De fait, personne n’y croyait trop, on avait l’impression d’une fête organisée par Claire et son mari pour divertir la pauvre Justine. L'image de Justine empêtrée dans de grands fils gris est plutôt émouvante.

Pourtant, cette partie je ne vois pas bien à quoi elle rime ! J’ai failli lâcher le film plusieurs fois.

La seconde partie est centrée sur le problème cosmique : la planète Melancholia va passer très près de la Terre. Elle pourrait la heurter et de ce fait provoquer la fin du monde. C’est une tragédie du destin…à partir de là on pourrait sombrer dans le mélodrame, mais non ! c’est à ce moment que le film devient bon.

Justine attend ce moment avec sérénité : pour elle, la fin du monde a déjà eu lieu dans son être psychique. Elle voit avec soulagement la vraie fin, car elle n’aura plus besoin de faire semblant. Pour Claire en revanche, le monde est encore à perdre. Son fils, sa vie, ses joies et ses peines sont réelles.

On pourrait avoir l'impression que cette fin du monde ne concerne que quelques personnages, dans un lieu précis. Sauf que Claire consulte Internet pour avoir des informations que son mari ne lui donne pas. Le monde extérieur existe donc, sur Internet, et pour Claire essentiellement.

Dans cette seconde partie, on arrive à partager l’angoisse de Claire et la quiétude rude de Justine; la façon de présenter cette fameuse planète, les comportements des deux femmes me touchent. C’est finalement Justine qui va organiser la cérémonie de fin, en construisant avec le petit garçon un abri dérisoire, auquel il croit un peu, eus égard à son âge où la pensée magique a encore pas mal de sens. Cette fin est relativement sobre, davantage que ce que je craignais. Les effets spéciaux sont agréables pas trop voyants (sauf lorsque Justine se dore nue à la lumière de la foutue planète, ce n'est pas de mon goût, mais on peut aimer ). La musique de Wagner n’est pas ce que j’aurais choisi, mais dans ce contexte, elle ne choque pas.

Le film serait bon, s’il n’y avait que la seconde partie. Globalement, je l’aime mieux que Dancers in the Dark qui m’avait agacée.

Lars von Triers, Melancholia 2011 ***
Lars von Triers, Melancholia 2011 ***
Partager cet article
Repost0
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 23:50

  Poulet aux prunes

 

Une histoire très romanesque : un violoniste déprimé, dont la femme a brisé le violon, et  qui n’arrive pas à en retrouver un semblable en dépit de nombreuses démarches, décide de se donner la mort. Il s’alite et au terme de sept jours la mort survient.

Du premier au septième jour d’agonie, l’homme se souvient et revoit sa vie entière… mais aussi le futur ! Ce que vont devenir ses enfants ! ( aide d’une voix off).

Comment à quarante ans sa mère (une maîtresse femme) le marie de force à une mathématicienne pas jolie qu’il n’aimera jamais. Drame

La mort de cette même mère d’avoir trop fumé le nuage au-dessus de la tombe : comédie douce-amère

Les leçons avec un professeur à barbe blanche. ( genre mystico-rigolo)

L’avenir de ses enfants ( genre comédie américaine de nos jours pour le garçon ; genre comédie dramatique hollywoodienne pour la fille)

Le rêve d’être Socrate mourant au milieu de ses disciples( embryon de péplum !)

Les visites d’Azaël l’ange de la mort ( version film d’animation comique et version fantastique )

Apparition de Fantômas ; séquences courtes genre Chaplin.

Esthétique neige dans le jardin (fait penser à Max Ophüls)

Un amour contrarié qui est la vraie cause de tout cela (mélodrame)

Scène de ménages domestiques réalistes (avec la femme et les enfants)

Et j’en passe ! Un exercice de style, qui mange dans tous les râteliers, mais ce n’est pas raté, loin de là !

Un objet inclassable comme on dit.

Les comédiens : Mathieu Amalric (le violoniste) ; Maria Medeiros( la femme pas belle pas aimée ) Isabella Rossellini (la maman fumeuse) sont particulièrement bons. Les enfants aussi.

Partager cet article
Repost0
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 23:43

jembrassepas-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx 

Ce film reprend le canevas de son premier succès, " Rendez-vous". Un jeune provincial qui monte à Paris avec l'idée de devenir acteur.

A la différence de Juliette (Juliette Binoche dans Rendez-vous), le héros, Pierre ne va jamais être à la hauteur des cours de théâtre qu'il s'obstine à prendre. Manquant de culture, il ne réussit qu'à ânonner le monologue d'Hamlet, et ne se sent pas d'approfondir sa lecture afin de voir plus clair dans son jeu.

 

Recueilli par un quinquagénaire à qui il plaît ( Philippe Noiret) avec qui il va passer les fêtes de fin d'année, on le surnomme «  l'ange de Noël ». Il trinque avec l'ami de Philippe Noiret, et un autre jeune homme de son âge lui affirme que le seul moyen de bien s'en sortir lorsque l'on est dans la précarité, c'est de se prostituer. Si l'on reste entièrement passif, on ne se déshonore pas...

 

D'où la nécessité d'entrer en matière par « j'embrasse pas ».

 

Pierre travaille tout d'abord à l'hôpital, puis dans un Fast-food, se fait renvoyer pour des retards ,et manque d'intérêt pour le job,tandis qu'au cours d'art dramatique, il décroche pour de bon.

 

Par désespoir ou provocation, il va se prostituer tout de même. Et aussi pour revoir une jeune fille en manteau rouge,coiffée comme Louise Brooks qui s'est un moment penchée sur lui, lorsque dans un cabaret, il avait reçu un mauvais coup.

Il faut dire aussi que notre héros en est réduit à coucher sous les ponts et s'est fait voler le peu qu'il possédait.

 

Ce jeune hopmme au visage buté ( bonne interprétation de Manuel Blanc) intéresse uune femme de soixante ans avec qui il a une liaison un peu forcée. Sa carrière de gigolo s'interrompt vite cependant. La mère de cette dame ayant décidé d'agir contre les fréquentations de sa fille en se laissant tomber d'un fauteuil roulant. Morte? En tout cas, rongée de culpabilité, la femme mûre rend à Pierre sa « liberté ».

 

Désormais retourné à la rue, ce n'est pas la belle jeune femme qu'il va croiser sur le trottoir,mais son épisodique bienfaiteur Romain. Ce dernier l'emmène chez lui, puis en Espagne, en fait son secrétaire, lui donne quelque argent, mais refuse le marché sexuel. Pierre le quitte, retourne au trottoir. Il gagne un peu plus, et rencontre enfin la belle Ingrid lors d'une soirée au poste de police. Le lendemain, ils veulent avoir une relation sexuelle,mais Pierre n'y parvient plus. Et Ingrid se sauve rapidement: elle a un mac...

 

j'adore la fin cruellement ironique,  Pierre s'engage dans l'armée comme son frère avant lui. Remarquable la séquence où  il se parle devant la glace dans les toilettes se traite de tous les noms. Un autre soldat aussi se parle dans le miroir à ses côtés, mais c'est pour se dire des phrases agréables du genre « tu es le meilleur, on t'aime, on tient à toi, tu as un grand avenir... « 

Ce que sa famille lui disait, à Pierre,  avant de l'abandonner lâchement...

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 23:34

 

No

 

Avec Gabriel Garcia Bernal.

 

1988, au Chili. Affaibli, Pinochet vient d’accepter un référendum pour le confirmer dans son rôle. Ou plutôt, il a dû céder à la pression internationale. Un dictateur organisant des éléctions ça ne peut être de vraies élections ! Pourtant le « no » va l’emporter. José Tomás Urrutia, leader d’un parti opposant embauche un jeune publicitaire René Saavedra, à qui le régime ne fait aucun mal : il a un bon job et n’est pas inquiété. Il n’est même pas tout à fait chilien.  IL va diriger la campagne  avec une idée force ; les gens ne doivent pas avoir peur d’aller voter, il faut qu’ils se précipitent aux urnes. Il faut convaincre les abstentionnistes. Pas de campagne de dénonciation des exactions de la dictature, mais quelque chose de séduisant, d’agréable, faisant croire aux électeurs, que si le non l’emporte ils seront plus heureux (pour ceux qui le sont déjà) et moins malheureux qu’avant, pour ceux qui souffrent. Les saynètes imaginées seront donc humoristiques, agréables à voir, pleines de ris et de chants. Il y aura un grand NO avec un arc-en ciel en trois couleurs. L’arc-en-ciel couleur de l’espoir.

On dirait que le cinéaste a utilisé une vieille caméra au bout du rouleau,( ou qu’il fait exprès de filmer mal). C’est sans doute pour que les images d’archives, dont il se sert abondamment, ne soient pas en décalage avec l’action (qui elle, est forcément fictive) . Il n’y apas de flash back, nous sommes tout le temps en 1988,pendant ces quelques mois fatidiques. Il n’empêche que cette façon de filmer est pénible. Les saynètes de propagande pour le no sont rythmées, enlevées, bien chantées, pas vraiment séduisantes, mais il faudrait se mettre dans la peau des électeurs, et pas n’importe lesquels : les électeurs victimes du régime, mais qui ont peur d’aller voter, ceux qui ne souffrent pas réellement de la dictature, mais craignent de perdre le peu qu’ils possèdent ( des gens d’âge mûr) ceux qui ne savent pas quoi penser.

le spectateur, lui, se met naturellement dans la peau des opposants peu convaincus par des élections, mais décidés à jouer le jeu. Bientôt, il va aimer René Saavedra, et sa façon de dire en voyant des scènes de tortures et des visages sévères dénoncer le régime pinochien «  C’est pas vendeur ». Il sait que les jeunes rêvent de coca-cola, de fours à micro-onde, de télé amusante, et de musique pop. De tout un tas de frivolités dont les démocraties regorgent. Lui-même a gardé un esprit d’enfant, voire un peu puéril. Joue au train avec son fils de cinq six ans. La dictatures sera donc renversée par un homme qui n’est pas opposant au régime, ne fait pas de politique,et ne voit la victoire du No que comme un succès professionnel !

Dans un premier temps, Le groupe est choqué par les idées du publicitaire, (dont son ex-femme), tout en comprenant que dénoncer les exactions du régime ne servira à rien : les électeurs sont soit déjà convaincus, et on ne leur apprend rien, soit ne veulent pas qu’on leur parle de ça !!

Il y aura un compromis : on parlera des exactions du Régime en enrobant cela de chants danses et sketches humoristiques. 15 minutes par jour pendant 28 jours.

On nous montre des personnalités tentant de faire pression sur Pinochet, des gens qui surveillent les bureaux de vote, le pape Jean-Paul soutenant ouvertement le dictateur.Le régime, inquiet de la brillante campagne du no, menaçant les organisateurs, dont René qui fait connaissance avec certaines méthodes intimidantes.  On menace de lui enlever son fils… une manifestation est durement réprimée. René est cependant protégé par « Guzman », son supérieur hiérarchique...qui travaille pour lui et pour Pinochet( il dirige les deux capagnes publicitaires)

Al afin, René erre dans la foule, avec son fils dans les bras, un peu perdu…

On a l’impression que après la victoire du no ,Pinochar s’est immédiatement retiré, ce qui n’est pas exact : il me semble qu’il a fallu plus d’un an…

Un film étonnant!

Partager cet article
Repost0
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:45

Le-marchand-des-quatre-saisons portrait w858

 

 

1971


Hans est revenu de la Légion. Retour de l’enfant pas prodigue du tout. Ce sont les meilleurs qui s’en vont et les pires qui reviennent dit sa mère.

Avant la Légion, il était policier, mais s’est fait virer (en flash-back on le voit, au commissariat,  accepter les avances d’une femme qu’il devait interroger, et se faire surprendre par son chef).

Hans est méprisé de ses parents surtout sa mère. Elle aurait voulu un fils qui fasse des études, quelque chose comme cela. C’est un « bon-à- rien » répète-t-elle. Hans voulait faire un métier manuel, mais on ne lui a pas permis d’en apprendre un.

Hans tente de s’en tirer en vendant des primeurs. Il a une femme, une fillette, et une maîtresse (Ingrid Caven) plus une femme qu’il avait connue autrefois«  son vrai grand amour ». Ce «  vrai grand amour » a refusé de se mettre en ménage avec lui, mais il l’aime toujours. Sa femme Irmgard endure plutôt mal la situation. Un soir, il se saoule, et bat femme et fille en rentrant. Irmgard se réfugie chez ses beaux-parents. On ne sait quoi faire du couple… la sœur de Hans Anna (Hannah Shygulla)le soutient et souligne l’hypocrisie et la méchanceté des autres. Les parents de Hans sont honteux de son nouveau job, et vantent le beau-fils qui est journaliste. Mais comme le dit la sœur célibataire, il travaille pour un torchon dont  il feint de partager les opinions…

Hans est victime d’un accident cardiaque. Il ne peut plus travailler. Sa femme et lui embauchent un voisin pour vendre des fruits-légumes et tirer la lourde charrette. Mais cet homme fut l’amant d’Irmgard,  pendant que Hans était à l’hôpital et compte bien le redevenir.

 Pour s’en débarrasser, elle le fait virer par son mari.

Mais Hans rencontre un ancien « ami » de la Légion, Harry, et l’embauche. Lorsqu’ils se retrouvent, ils rient tous les deux trop longtemps et trop fort, de sorte qu’on se sent mal à l’aise.

En effet, les pensées de Hans en flash-back ne tardent pas à nous renseigner. Lorsqu’il s étaient soldats, Hans fut torturé par des ennemis, et son groupe d’ »amis » parmi lesquels on compte Harry, celui qu’il a retrouvé, leur chef, le regardait souffrir. Harry avait donné l’ordre d’intervenir à la dernière minute, pour jouir du spectacle.

Cependant Hans ne révèle cela à personne !  Il sombre dans la dépression, à cause de son passé qui la hante, et de son inactivité forcée, qui le conduit à penser. Finalement il se suicide en se saoulant à mort buvant à la santé de chacun des membres de son triste entourage. Hans sent que sa mort arrangerait tout le monde, et le pire, c’est que c’est vrai !

Harry a déjà pris sa place dans le foyer, il a conquis sa femme, et même sa petite fille, et on est horrifié de voir la veuve innocente, proposer à cet homme que l’on sait sadique, de se remarier avec lui. 

Un très bon film…

Partager cet article
Repost0
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:11

Drôle de drame

 

 

 ( 1937) avec Louis Jouvet, Michel Simon, Françoise Rosay, Jean-Pierre Aumont ( le laitier) Jean-Louis Barrault ( William le tueur de boucher)

scénario Prévert

 

Comédie burlesque parodie de film noir.

Censé se passer à Londres.

Le professeur Molyneux ( spécialiste du mimosa) gagne sa vie sous le nom de Frank Chapel à écrire des romans criminels. Ceux-ci lui sont dictés par Marie sa secrétaire, qui tient elle-même ces récits de Billy le laitier...

Un soir, Molyneux et sa femme reçoivent l'évêque Soper ( Lopuis Jouvet) qui s'est invité. Les domestiques ont rendu leur tablier le jour même. Madeleine est contrainte de faire la cuisine. Mais ne voulant pas qu'on sache la situation, elle enjoint son mari de dire qu'elle est partie chez des amis.

L'évêque ne le croit pas, d'autant plus que Molyneux ne se donne aucune peine pour bien mentir. Il imagine que son neveu a fait disparaître sa femme, s'incruste, finit par appeler Scotland Yard. Les Molyneux quittent la maison...

 

Le comique de ce temps-là! Très efficace tout de même...****


Partager cet article
Repost0
25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 00:15

Ninotchka

1939

 

Avec Greta Garbo

 

Nous sommes à Paris ; trois espions russes envoyés par le KGB ( Ivanoff et Kopalski)sont descendus dans un hôtel de grand luxe une «  suite royale ». Ils ont pour mission de vendre des bijoux confisqués à la duchesse Swana au moment de la révolution bolchévique et d'acheter du matériel agricole avec le revenu.

Ces messieurs sont à ce point discrets que la duchesse, émigrée depuis longtemps, est aussitôt  informée que ses bijoux sont de retour,et les fait voler par son ami Léon , avant que la transaction ne soit réalisée.

 

Le gouvernement russe envoie la camarade Nina ( Ninotchka) pour régler l'affaire.

Cette belle jeune femme, communiste pure et dure, ne s'en laisse pas moins conter fleurette par Léon, désormais inaccessible au charme de la duchesse.  Hélas, Ninotchka doit retourner en URSS...

 

Cette comédie est pleine de charme et de loufoquerie. Le comique de situation domine, ainsi que les répliques amusantes. Greta Garbo est aussi belle en parisienne bien sapée qu'avec un uniforme communiste. Seul l'affreux chapeau à la mode de Paris ( qui tient un peu du bonnet phrygien) pour lequel elle craque, la dessert.

 

Aucune autre actrice n'aurait sans doute pu alors avoir l'air si austère et se  métamorphoser graduellement en jeune femme rêveuse amoureuse.

 La trio russe ( trois acteurs que je ne connais pas) sont d'excellents seconds rôles.

 

En dépit de ses grandes qualités ce film m'a moins plu que «  To Be Or Not To Be » que je n'ai vu qu'en DVD mais qui m'a paru plus subtil.

 

Il me reste à découvrir les autres films de Lubitsch ( disons les meilleurs) : je suis très tentée par The Shop Around the corner...

Partager cet article
Repost0
21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 00:27

 

  lesmoissonsducielaff

 

( Days of Heavens ) 1978 ***

Richard Gere ( Bill) Brooke Adams ( Abby) Tom Sheppard ( le jeune fermier soi-disant condamné)

1915 USA. Bill, ouvrier en métallurgie quitte l’usine où il travaille à Chicago après avoir tué  son contremaître avec qui il avait une altercation. Il s’enfuit avec sa petite sœur Linda (Narratrice du récit ) et son amie Abby qu’il fait passer pour son autre sœur. Le trio de tramps arrive au Texas sur le toit d’un wagon de chemin de fer. On embauche des saisonniers pour la moisson. Le jeune et riche fermier s’éprend d’Abby et Bill lui conseille de jouer le jeu. Il a appris que le fermier atteint d’une grave maladie n’avait plus qu’un an à vivre. Abby épouse le fermier. Une vie décente, et oisive, commence pour tous les trois : ils vivent tous des charmes d’Abby en quelque sorte. Le fermier tarde à mourir, état stationnaire, pas du tout invalide et Abby en devient amoureuse. La petite sœur le juge très sympa elle aussi. Une rivalité s’instaure entre Bill et lui. A la moisson suivante, les sauterelles s’emparent du blé et les deux hommes se querellent si bien qu’ils mettent le feu  au champ. Bill finit par tuer son rival ( en légitime défense cependant). Nouvelle fuite. A pied à cheval en bateau… cette fois Bill est abattu. Plus tard on revoit Abby, vivant toujours de ses charmes, et Linda qu’elle a mise au pensionnat, s’enfuir avec une copine.

Le film vaut surtout pour sa magnifique photographie (Nestor Almendros) et ses effets « spéciaux ». Très inspiré par la peinture de Hopper, rendue plus vivante qu’elle ne paraît au Musée, grâce au mouvement et aux cadrages (le paysage, la maison, les trains) mais aussi par Wyeth. Il y a des effets nombreux d’ombres chinoises, de silhouettes à deviner derrière des voiles ou dissimulées à demi par des reflets. Des gros plans de sauterelles en train de s’accoupler et de se sustenter de blé (mais cela fait un peu «  vie des animaux » ) d’autres bestioles saisies en train de bouger, ou de croiser les humains.

Des champs de blé très colorés, des ouvriers au travail, des scènes collectives de labeur ou de fête.

Des scènes romanesques. De nuit Abby retrouvant Bill dans un étang peu profond, clair de lune, et chemise vaporeuse.

Beaucoup de savoir-faire et d’invention, mais aussi des images « bien léchées ».

L’histoire est assez banale, les dialogues rares et sans originalité, le récit off plutôt fade. L’ensemble a un côté biblique conformiste. Pourtant, on ne peut rester indifférent à tant de belles séquences.

Les acteurs : Richard Gere est pénible, Abby et Linda font l’affaire sans plus, Sam Sheppard est touchant.

Partager cet article
Repost0
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 00:08

 

 

lincoln 2477025b

 

tommy-lee-jones-lincoln

 

 

 

Daniel Day-Lewis : Abraham  Lincoln

Tommy Lee Jones : Thaddeus Stevens

 

1965 . Guerre de Sécession. Début d’un second mandat pour Abraham Lincoln. Il veut faire voter le 13 eme amendemant de la Constitution, abolissant l’esclavage. Pour réunifier les Etats «  Désunis ».

Actuellement l’esclavage est interdit dans les états du Nord, pas dans certains du sud ( ceux des états groupés sous le nom « Confédérés »). Mettre fin à la guerre rendrait peu probable le vote du 13eme amendemant ; la plupart des députés ne veulent le voterque parce qu’il mettrait fin à la guerre. Donc il faut prolonger la guerre. D’autre part, le nombre de vote favorables n’est pas suffisant. Il faut aller à la pêche aux voix, chez les démocrates. Les hommes du président proposent des postes avantageux à ceux des députés qui en manquent. Il tentent aussi d’en persuader certains par l’argumentation.

Un homme du président que l’on remarque, c’est Thaddeus Stevens ( Tommy Lee Jones, toujours excellent) le plus radical de ses alliés. Persuadé que toutes les races sont égales naturellement, concubin d’une femme noire, il ne mâche pas ses mots à la Chambre, ( et doit même y mettre une sourdine). Un homme généreux et d’une belle éloquence ! Indispensable pour mettre Lincoln en valeur, et pour préciser les différences de personnes et d'idées.  

Lincoln  apparaît comme un président déterminé pragmatique, et intelligent. Jamais ennuyeux car il aime raconter des anecdotes significatives pour détendre l’atmosphère, malheureux en ménage, mais capable de discuter, père attentif. De ses enfants, mais aussi ... de la Nation, on va dire! Le président écoute avec bienveillance de jeunes soldats noirs parler de la guerre qu'ils mènent, d'autres noirs s'inquiéter ( qu'adviendra-t-il de nous lorsque nous serons "libres"?)

On me disait que ce film était un pensum… je ne me suis pas ennuyée une seconde ! J’ai appris des choses. Ceux qui s’ennuient connaissent sans doute si bien le sujet qu’ils ont l’impression d’un râbachis simplificateur, mais pour moi qui suis tellement ignorante, ce fut un régal. Bien des thèmes sont abordés dans ce film, et il faudrait tout commenter. Donc le revoir.

La guerre est montrée dans toute son atrocité, en plusieurs courtes séquences efffrayantes.

Le spectateur est mis plusieurs fois à la place du jeune fils de Lincoln. C'est lui qu'on nous montre s'effondrer lorsqu' un homme annonce l'assassinat du président, au théâtre.

Nous voyons également le président mort et à terre. Une séquence courte.

Je me doute que Lincoln est présenté sous un jour idéalisé, qu’il fut sans doute moins attachant que ce que l’on nous montre. Toutefois, sans être un dictateur, c’est un homme d’une forte personnalité qui a marqué l’histoire de son pays.

Partager cet article
Repost0
21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:14

 

goupi-mains-rouges-43-01-g

 

Famille de paysans pendant la guerre


1942 


Personnages principaux : Goupi dit « mains rouges «  braconnier et sculpteur de figurines ( Fernand Ledoux) malin, rusé, farceur, un peu artiste.

Goupi dit «  Monsieur » ou « cravate » appelé de Paris par son père qui veut lui faire épouser Goupi « Muguet «  sa cousine. On croit que « Monsieur » dirige un magasin dans la capitale, mais il n’est que vendeur de cravates… Gentil, facilement effrayé, un peu falot.

Goupi «  l’empereur «  le doyen de la famille, 106 ans, mendie tous les soirs un verre de vin rouge et un biscuit. Parle de Napoléon tout le temps… Est censé avoir caché un magot dans la maison.

Goupi «  Tonkin » revenu de la Légion avec le paludisme et le goût de l’alcool rêve d’y retourner avec « Muguet » dont il est épris.

Goupi «  Tisane » la maîtresse de maison, une harpie qui gagne beaucoup d’argent au Marché noir. Ainsi surnommée car elle prend des tisanes pour les maux d’estomac.

Goupi «  mes sous » le père de famille avare, que sa femme a quitté pour partir dans la capitale avec son fils chéri.

Goupi « Muguet » la jeune fille à marier. Immédiatement éprise de Monsieur ou Cravate, hélas pour Tonkin.

Il y aura un assassinat, un suicide,un AVC,  un mariage,  et pas d’enrichissement.

 

Bon scénario, bonne interprétation, bonne réalisation, que du bon!


De Jacques Becker, j'ai presque tout vu, hélas seulement à la télé. Mon premier souvenir c'est Montparnasse 19 à 12 ans: j'ai versé des tonnes de larmes!

Son meilleur film serait  Le Trou...

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher