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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 14:03

A la Saint Julien,

chacune trouve le sien.


Qui est saoul à la saint Maboul

Cuv’ra son vin jusqu’à la saint Glin-glin


Sautée à la Chandeleur,
En cloque à la sainte Fleur.

 

S'il te plaît à la saint-Médard

il t'ennuie quarante jours plus tard

Alors, noie-le...

 

Qui fait l'ange à la sainte Solange

Fait la bête à la sainte Odette

 

 

Il t’a trouvée belle à la st Armel

Tu seras dans les choux à la fin août


Bonheur à la sainte Hélène

Pleurs à la saint Michel

 


 

 

Il n’y a pour l’homme que trois événements, fraise, prune, et haricot. Il ramène sa fraise sans le savoir, et vit pour des prunes, en attendant la fin des haricots

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 23:14

   A proximité du robinet où l’on branche le tuyau d’arrosage, l’eau est fraîche presque froide, potable, c’est la meilleure boisson qui soit pour la journée. On boit à même le robinet ; parfois, l’on tend les lèvres à l’extrémité du tuyau d’arrosage, lorsque l’on obtient un débit moyen.
L’on est assis sur une des allées d’herbe, qui quadrillent la partie basse du jardin ; d’un côté se trouve le cerisier, de l’autre le plan de fraisier. Il donne relativement peu et l’on n’est pas autorisé à s’en restaurer sinon la cueillette hebdomadaire n’aura plus lieu d’être.

Certaines fraises sont blanches et d’autres jaunes pâles ; on s’autorise à les goûter car elles ne sont pas de la couleur attendue ;  vérifier  qu’elles sont aussi savoureuses que les autres.
On a son livre de poche avec soi ; « le Procès » de Kafka. De source autorisée on a appris que c’était l’un des plus grands livres du vingtième siècle.


Nos parents n’en savent rien !

Grand-père lit le Figaro, Mammie  Femmes d’aujourd’hui, la mère est plongée dans un traité d’homéopathie, le  beau-père se la  joue SAS.

Pauvres gens.

On est assez fier de soi.


L’on monte difficilement chez le peintre, dont Joseph K. espère de l’aide pour son problème judiciaire ; l’atmosphère est irrespirable, comme partout ailleurs, des relents de moisi, d’alcool peut-être ? Et toute cette poussière accumulée! Il ne fait pas bon être asthmatique. On tourne le robinet à nouveau pour se rafraîchir.

 

 La nuit, il est plus agréable d’ouvrir le meuble à liqueur dans l’entrée, et, bravant l’obscurité, les couples  qui  ronflent ou soupirent  dans leurs chambres, qui s’adressent sans doute des remarques lasses cent fois répétées,  leurs possibles curiosité, les émois de l’horloge, et les craquements du meuble, l’on se saisit d’une bouteille plate contenant de la liqueur de framboise ; mais il en reste si peu que l’on n’en prend qu’une gorgée ; ensuite l’on goûte le Martini, cela ne nous plaît guère, la Suze, c’est encore plus âpre, la carafe de Porto, il est nécessaire d’en réduire la consommation à un tout petit fond de verre car cette bouteille ne sert pas à la figuration ; ils en consomment assez régulièrement.

Reste le flacon de Schnaps qui vous incendie l’œsophage.

Le retour dans la chambre  rose au premier, au fin fond du corridor, permet de constater quelques pulsations cardiaques accélérées, un peu de chaleur, un début d’ivresse modeste que l’on renforcera par la consommation de six à sept Gauloises à moins que ce ne soient les Gitanes dont deux paquets occupaient l’assiette à midi, suite à quoi l’on a remercié l’aïeul généreux.

On ne lit pas, on s’exalte.

 Le lendemain à côté des parterres de pensées mauves et pourpres, très près de la maison cette fois, c’est « L’Introduction à la psychanalyse »de Freud qui nous occupe. Nous sommes ravis de lire que nous ignorons presque tout de nos véritables pensées ; à vrai dire nous le savions déjà et il semble que l’on prêche une convertie. Nous pensons à notre famille avec pitié : pauvres gens qui croient dur comme fer dire ce qu’ils pensent et penser ce qu’ils disent, qui s’imaginent pouvoir mentir et dire vrai à volonté !

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 16:12

Mon blog est classé 15062 eme, c’est ignoble. Je ne suis pas considérée à ma juste valeur.

Avoir posté pendant deux ans et demie, régulièrement des articles que je considère comme bons pour une moitié  à peu près et aucun de vraiment inintéressants…et  voir ça !!!

Y'a de quoi devenir fou.

 

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 23:00

Mon blog existe depuis janvier 2006.


Depuis l'article n°1  du 5 /01/06, j'ai posté 0, 57 articles par jour en moyenne. Et me voilà à 500.

 La moyenne journalière est de 110 visiteurs (dont seulement une dizaine de réguliers, que j'identifie),  370 pages vues, et  0, 71 commentaires.

Je ne suis pas trop regardante pour les commentaires : avant que je ne démarre mon blog on avait déjà fait très fort ( Record du commentaire ) ..

Suivant le système de Dasola que je trouve bon, j'ai mis un lien à chaque commentateur ayant un site qui m'a posté au moins 5 commentaires. Ainsi qu'aux personnes qui ont  mis mon blog  dans leurs liens, et me le font savoir.

Je les visite régulièrement, sauf ceux qui ne sont plus  alimentés et dont  j'ai lu tous les articles.

Il y a eu jusqu'à 180 visiteurs  par jour en décembre et janvier ; puis en février ce nombre a chuté alors que les autres chiffres ne subissaient pas de variations.

Il n'ya pas que les chiffres bien sûr, on aimerait connaître les gens, mais on est  tenu de rester à des bribes de relations virtuelles.Comme je n'ai guère d'imagination, la relation purement  virtuelle me frustre.


 Et pourtant, j'ai fait beaucoup pour m'améliorer :

- le nombre d'articles mis en ligne  a augmenté .

- Au fil du temps j'ai  cessé d'alimenter les catégories  écrits de fictions, pastiches, jeux, réflexions, autobiographie, images, et même les notes sur l'actualité qui  étaient  trop peu consultées, pour me consacrer uniquement aux chroniques de livres et de cinéma, comme semblent le désirer les lecteurs.

Cela m'a coûté  de délaisser la plupart de mes catégories. Mais on veut être lu, sans quoi  on est  mal. Dès que vous bloguez vous n'êtes plus seul à juger de ce qui est bon, contrairement à  votre journal perso.

Vous finissez même par ne plus savoir écrire  tous les types de textes que vous pratiquiez auparavant. Vous essayez bien encore un peu mais vos doigts se recroquevillent sur les touches, et votre souris se détraque.

Revenir en arrière ? Impensable !

- J'ai relu un certain nombre d'articles pour les corriger, consciente que mon style médiocre n'incite pas à la lecture.


  les articles qui sont cliqués s'appellent Millénium 1, Milena Agus  Mal de pierre,  Into The Wild et Juno la jeune fille à la pipe.

  La pipe, heureusement qu'elle est là ! Tous ces  internautes  qui veulent des gâteries érotiques et que Google envoie régulièrement ici, et qui récidivent, bien que frustrés.

Pour les lycéens si certains passent par ici : l'Avenir d'une illusion, les Liaisons dangereuses, et  Cortazar sont de retour.

J'ai aussi deux vieux articles l'un sur un roman de Duras Le Ravissement de Lol V. Stein ( in Littérature francophone),  l'autre sur une invitation imaginée à l'émission du « Jour au lendemain »( in nouvelles brèves) qui porte ce titre.

En fonction de ces données, on trouve régulièrement des demandes d'internautes libellées  comme celles-ci :

Le ravissement de love veinstein

Le ravitaillement de Lola V.Stein

La scène du bail dans Lol Veinstein

  C'est joli à défaut d'être ravissant.




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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 08:59
J'apprends que le roman de François Bégaudeau " Entre les murs" que j'avais chroniqué le 16 mars 2006,  fait l'objet de nouvelles palabres à propos du  film qui en est tiré et  de la palme d'or .

J'avais bien aimé ce roman, j'insite sur " roman", car il s'agit de fiction même si  le milieu décrit m'a paru d'une grande justesse.  En fait, c'est que j'y avais retrouvé l'atmosphère de ma courte expérience d'enseignante. on a accusé Bégaudeau d'être cynique alors qu'il faisait preuve d'humour noir, et de réalisme.

On a dit qu'il n'aimait pas les élèves, ni le métier... je pense que l'on aime son métier uniquement lorsque l'on peut véritablement l'exercer, et que l'instruction n'est pas une question d'amour : les élèves veulent qu'on les respectent avant tout.

J'avais été très touchée par ce livre. Je ne vais pas le relire à présent, car je n'ai rien manqué à la première lecture.

Bégaudeau met en scène les rapports de force entre les différents groupes.
Je préfère ce genre de livre à ceux de Pennac, qui m 'ont toujours fait l'effet d'un ramassis de bons sentiments.

Je me demande ce que ça peut donner comme film.  Si quelques uns l'ont vu en avant-première...
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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 11:00

 

 

 La lettre  venait des services du recyclage des agents non-titulaires en passe de ré-admission à une virtualité d'emploi.

 

Ma convocation a été acceptée par le préposé siégeant à l'accueil, lequel a confirmé que j'étais bien attendue au premier étage, troisième porte à droite.

C'était une pièce nantie d'un bureau encombré de toutes sortes de dossiers, la chaise de l'éventuel occupant était vide. Sur  l'écran de l'ordinateur, des photographies de loups défilaient en boucle.   

 

 Je suis restée  debout pendant des heures ; j'ai attendu. Si longtemps que je ne sais plus ce que je suis venue faire. Je connaissais les images de loups par cœur. Des blancs, des gris, des beige,  un endormi, trois qui montraient leurs crocs, deux qui s'éloignaient dans une forêt, de la neige parfois, du feuillage, souvent, un rocher bien sûr... des loups comme on en voit partout, quoi... !

 

  Une femme est entrée. Elle portait un tablier en tissu à fleurs et à bretelles sur son vêtement.

C'était peut-être une domestique, mais la coiffure trop apprêtée me semblait-t-il. Du doigt, elle me désigna un réveil  rond posé sur le bureau, un réveil presque assez joli pour l'appeler une pendulette.

« Avant quatre-heure et demie, dit-elle.

Surprise.

« La lettre doit partir avant quatre heure et demie.

-   Que dois-je écrire ? J'ai seulement une enveloppe.

-          

Elle me montre  une photo représentant une secrétaire à  chignon haut placé penchée sur son bureau  avec un degré de déclivité important qui suggère une application extraordinaire ; les écoliers font parfois de même.

-Vous devez écrire une lettre qui  partira avant quatre heures et demie. C'est tout.

Elle m'invite à m'asseoir au bureau et quitte la pièce.

 

  Je n'ai personne à qui écrire, et pas de papier à lettres. Il me faudrait aussi une adresse. Ne pouvant obtenir cela, je reste assise à ne rien faire. Me demandant si c'est du lard ou du cochon. Si je suis embauchée quelque part et dans ce cas je vais me faire licencier pour inactivité : le fait que nul ne m'ait donné la moindre tâche à effectuer n'est pas une excuse je le sais : on doit s'affairer lorsque nul impératif ne vous point, c'est le tour de force du travail de bureau, et de n'importe quelle activité professionnelle.

Mais il est possible que je ne sois pas du tout embauchée ; je suis peut-être venue pour régler une vieille affaire

Le texte de la convocation n'en disait rien,  ne me rappelait aucune affaire en cours...

 

 L'employée de tout à l'heure, revient, l'air conforme  à un chef, je le vois à son sourire pincé faussement accueillant, la main qui ne se tend pas, un bracelet un peu épais qui bouge lentement autour d'un poignet énergique, un maquillage  efficace, une coiffure sans âge.  

 

Elle me demande la place, fait un geste vague dans quoi j'interprète qu'éventuellement je pourrais aussi prendre place, mais où donc,  attrape un stylo bille de mauvaise qualité  dont l'encre a déjà quelque peu fui, pose devant elle une page ordinaire quadrillée arrachée assez proprement (semble t'il à un bloc bon marché), et questionne : 

Pourquoi n'a-t-on pas voulu de vous comme professeur ? »

Cherchant une réponse je me dis « parce que c'est une corp-une corporation. » Je me répète corporation en hésitant sur les mots que celui-là contient corps , porc, pore ,portion et ration ...

A voix haute je trouve  enfin mes mots : «  dans un corps déjà constitué, c'est un peu délicat de se faire admettre. »

La preuve, c'est qu'aucune âme ne vient dans un corps qu'il ne connaît pas, pensé-je... mais cela se conteste.

La  secrétaire, directrice, ou seulement adjointe (adjointe lui conviendrait assez bien mais  deviner à quel service, elle est ainsi  rattachée, voilà qui n'est pas aisé à résoudre).

-   Et la lettre ? lui dis-je, à voix basse ; celle que je dois écrire avant quatre heure et demie ?

 

 

Très surprise, cette personne déclare que je n'ai pas à toucher aux fournitures. Des lettres ! Nul n'en écrit plus. On se sert de la messagerie. Si l'on m'a induite en erreur ; elle n'en peut mais. Elle transmettra les informations me concernant à qui de droit. Ne me retient pas.

 

Je me demande comment font les autres employés.  Soudain, je vois que la salle est bien plus grande que je ne croyais, c'est le problème quand il vous faut des heures pour oser regarder au loin... et un grand nombre de tables sont occupées par des gens qui fabriquent des personnages avec des matériaux divers, du plâtre, du mastic, ou  du bois. Certains se servent d'instruments, couteaux, truelles, grattoirs... Je n'ose pas les interrompre dans leurs activités raisonnablement ludiques mais peut-être un peu puériles.

 Quelqu'un lève la tête, avec un sourire épanoui.

-         Tiens ? bonjour !

-         Oui ?

-          Vous venez pour réparer le distributeur de boisson ?

 

Pour le coup, je crois qu'il est temps de partir.

bof

la messe est dite

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 00:02

Un jour de février 1966, un mois avant mes treize ans, ma mère entreprit de m’expliquer comment se produisaient les relations sexuelles, supposées procréatrices, entre sexes opposés.

 Elle se jeta à l’eau, suite à un épisode du feuilleton radiodiffusé « Noëlle aux quatre vents » que nous écoutions sur France Inter et qui me remplissait d’une mauvaise exaltation, qu’elle augmentait par ses attitudes maniérées et ses emphases verbales. C’était une histoire d’amour romanesque où le cœur de l’héroïne balançait entre un instituteur sérieux et économe dans un trou normand et un beau pianiste grec dispendieux, (c’est à dire, entre un mari procréateur et une aventure érotique), une histoire édifiante car le beau grec subissait un accident qui le privait de L’usage de sa main droite, et une histoire désespérée, car l’instituteur tentait de se suicider dans sa province pour faire revenir Noëlle, ce qui laissait la pauvre héroïne confrontée à l’impuissance de l’un comme de l’autre, et privée tout autant de la sécurité d’un époux stable que des joies de la chair…

    Selon ma mère, Noëlle était coupable d’aimer  le Grec (ce  qui suggérait qu’elle puisse se mal conduire), et l’acte sexuel était une chose insoutenable, que l’esprit ne pouvait que rejeter, sauf si l’on s’avisait de penser que Dieu l’avait voulu. L’horreur que nous inspirait la bestialité de l’acte s’atténuait alors en une sage acceptation que la certitude d’obéir au Seigneur rendait douce, d’autant que le bonheur de la maternité nous faisait oublier ces moments pénibles.

Ma famille était conservatrice et hypocrite, les femmes se présentaient toutes comme des parangons de vertu, on disait tout haut que le mariage supposait que l’on s’aime, alors que la plupart des unions célébrées étaient forcées, soit par une grossesse, soit parce que l’on ne voulait plus entretenir la fille et qu’on la mariait, et ces choses-là les adultes les chuchotaient assez fort pour que les plus jeunes puissent comprendre à demi-mots et que ça leur serve de leçon… je vivais dans ce monde là en 1966.  

 

Le médecin de famille, lui, salua ma puberté avec enthousiasme, et me fit savoir que, bientôt, je serais une jeune fille et il pourrait me prescrire la pilule pour éviter d’avoir des enfants non désirés. Ma mère fut choquée par ce discours, et ce médecin perdit une cliente.

 A la même époque Antoine chantait : « il faut mettre la pilule en vente dans les Monoprix ».

Tout ce que les adultes ne disaient pas, je ne tardai pas à l’apprendre dans une émission de radio psy (Ménie Grégoire, ça ne fait aucun doute), que je commençais à écouter incognito. 

On lisait la lettre d’une femme mariée qui se plaignait : « si je dois « la » prendre je n’aurais plus de raison de refuser, ce sera l’enfer »  une autre : « bien sûr que les hommes encouragent ça, c’est tout bénéfice pour eux… » Et l’animatrice commentait, ou conseillait je ne sais quoi, j’étais trop occupée à réfléchir sur ce que de telles paroles pouvait signifier.

D’après ces émissions les rapports avec les hommes, dans le mariage et en dehors, avec ou sans contraception, étaient un vrai fléau. Une femme qui prenait du plaisir avec des hommes se faisait « avoir », ils se foutaient de sa gueule. Si elle tenait à un homme, elle ne tardait pas à être abandonnée. Si c’était lui qui l’aimait, elle était prisonnière. Séduire, avoir du plaisir, était un devoir dans le mariage (si on était frigide, on était coupable), et pouvait être agréable en dehors, mais avec l’inconvénient, soit t’es abandonnée, soit t’es prisonnière. Avoir un enfant était problématique, soit le mari en était jaloux et devenait impossible, soit il se détachait de sa famille pour prendre une maîtresse.

Le plaisir était rare (et cher payé), l’amour impossible. Il ne fallait pas non plus s’abstenir,  car on  s’ennuierait, et l’ennui est un péché aussi, sous le nom de « paresse ».

Génial, la vie de femme  dites donc !!

 
   
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 10:57

A l’émission "du Jour au lendemain",  César Aira, romancier argentin né en 1949,( auteur en particulier de « Varamo » et « Moritz Rugendas, peintre et aventurier », que j’affectionne particulièrement) a dit quelque chose de vrai : il est devenu très difficile en littérature d’être sérieux sans être ridicule. Georges Simenon y arrive très bien.

Par sérieux il entend  sans pratiquer l’ironie l’humour les jeux de langage les parodies volontaires, etc.


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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 00:00

J’ai remarqué dans plusieurs blogs de lectures ( voir Lune de pluie) une pratique consistant à chroniquer une œuvre d’un auteur à la date de son anniversaire (posthume ou non).

  Il est d'usage aussi de mettre en ligne une biographie de l’auteur.
 

Je suis moi-même assez coutumière du fait ; j’ai retrouvé dans mon blog six célébrations de ce type : la plus récente, fut pour le centenaire de Simone de Beauvoir. Vous l’avez déjà lue ou parcourue.

Les autres sont plus anciennes, mais elles se sont bonifiées avec l’âge.  
 
Sur L'Invitée, son premier roman, et son meilleur.

 Il s'agit de "Un conte de deux villes" un roman historique sur la Révolution française à découvrir.

 Pour le bicentenaire de la naissance de l'auteur j'ai relu Gaspard de la nuit.
 Cette autobiographie est  lumineuse  par rapport à Tarentula.
A propos du Cornet à dés un recueil plein d'humour;

Pérec 70 ( mars)
Pour les 70 ans de Pérec qui nous a quitté trop tôt, relecture de " W ou le Souvenir". 
 
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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 00:44

1993:
Dans «  L’Age du rock » un documentaire illustré paru chez Gallimard (Découvertes), que j’ai acheté pour me remettre à niveau, je lis l’extrait d’un article paru dans Libé en 1990, à propos de Dylan.  

L’article est signé « Daniel Dobbels » on en donne des extraits :

 

 « Il faudrait quand on pense à Bob Dylan se rappeler ceci (…) :

 

« Oui je suis un voleur de pensées, non pas , je vous prie, un preneur d’âmes…ce n’est pas mon affaire, m’asseoir et méditer à perte et contemplation de temps pour penser des pensées qui ne furent pas du pensé, pour penser des rêves qui ne furent pas rêvés… »

Qui a écrit cela ? je ne le sais toujours pas…

 et ne plus chercher à instruire une sorte de faux recours en grâce où l’image fixe d’un homme se ranimerait au gré d’un souffle ou d’une vague déjà morts.

Dylan est ce voleur de pensées, toujours dans les parages et n’occupant un lieu, avant-scène ou studio, qu’accidentellement, jalousement, juste pour s’entendre sur un point, un seul, et qui, lui, doit être clair : «  Tu te perds toi-même, tu réapparais, tu découvres soudain qu’il n’y a rien à craindre seul debout avec personne autour quand une voix lointaine, tremblante, indistincte, tressaille et t’éveille et te force à écouter… » (It’s Alright Ma)

Ce point là, c’est ce tressaillement, une voix indistincte, qui ne se laisse entendre qu’à ce moment incontrôlable d’une réapparition, réelle comme un rêve et dont sa voix, sa propre voix, doit enregistrer, traduire et produire l’écho. Dylan sait que lorsqu’il chante il est déjà pris entre deux feux qui ne brûlent pas les mêmes matières, les mêmes sens et les mêmes raisons. Il n’a rien à espérer de leurs lumières. Ou elles frappent trop fort, ou elles le noircissent.

 

Sa seule tâche, son unique travail, c’est de faire que cette voix tremblante (qui n’est pas la sienne) ne disparaisse absolument ni ne devienne l’inquiétante intimité de son chant. Il y a toujours dans uns chanson de Dylan interprétée par lui, le double mouvement d’une invocation et d’une révocation.

 

Que cette voix distante soit faible ou forte, rien ne justifiera jamais qu’il lui laisse toute mesure. L’une de ses chansons les plus énigmatiques le répète à l’envi : «  I’m going, I’m going, I’m gone ». Et pourtant au moment même où le texte creuse une séparation irréparable, la voix maintient en elle une présence sans lendemain, sans fuite possible, lancinante. C’est ça qui rend – et uniquement en ce sens- la voix de Dylan inimitable : cette double injonction, ces deux lignes si profondément antagonistes qu’elle ne peuvent au mieux qu’endurer (…) leur malentendu. »

 
  Comme  c’est bien écrit me suis-je dit,  enfin la vérité sur Dylan !

  Ça nous fait un Dylan hégélien pensai-je.  Rien de moins !

A vrai dire ce texte  ressemblait  à ce que j’avais déjà pensé mais en beaucoup mieux. Et je l’ai recopié de ma main car je n’avais pas d’ordinateur et j’étais mauvaise en dactylo. Du coup, je réécoute les chansons citées et je me procure Going going gone, qui figure sur un album qui ne me disait rien qui vaille.

De temps à autre j’écoute un peu de Dylan, mais je ne vais plus aux nouvelles. Daniel Dobbels a eu le dernier mot.

 

Mais voilà, on dit que Dylan est presque mort ; on entend ça un matin de mai, à la fin des années 90, en 1997 à la radio.

Le soleil brille désespérément.

 Je me dis tiens, il vit donc encore ? J’achète Libé le soir : rien. Le lendemain et encore : toujours rien. Après tout me dis-je, il est peut-être tombé dans l’oubli. Sauf pour cette chaîne de radio,  que je cherche en vain. En septembre, au JT, on aperçoit Dylan, tout de blanc vêtu, à côté du pape quelque part dans une cérémonie. Le pape a l’air surpris, on le serait à moins. Un album est sorti «  Times going wrong » des chansons du folklore : assez agréables.

 

Lorsque François Bon préparait son livre sur Dylan, j’ai pensé «  quel dommage que ce ne soit pas Daniel Dobbels qui l’écrive, ce bouquin ! » car le texte de l’article que j’ai recopié plus haut me parle davantage, même si je ne saurais pas l’expliquer (je n’ai jamais eu autre chose que ce fragment).

 

Quant à cette chanson «  I’m not there », dont il parle, c’est à présent le titre d’un film. J’ai vu des extraits de Cate Blanchett interprétant dylan ; C’est elle le clou du spectacle. Les postures dylaniennes ont été minutieusement reproduites et la comédienne (que j’avais vue pour la dernière fois dans un film d’intérêt moyen « Chronique d’un scandale »), fait un travail de mime qui paraît réussi. Une femme pour jouer le Dylan de Blonde On Blonde, voilà qui fait monter la mayonnaise du fantasme.

Il me plaît de penser que cet androgyne là était en 1966, marié de fraîche date et venait d’être père…

 

Jamais, peut-être, n’en aurais-je fini avec dylan ! C’est pour moi, un peu  comme l’Italie pour Stendhal ou la madeleine pour Proust.

Je ne pense pas pouvoir me faire comprendre ; aussi cet article restera t’il « caché », encore que publié,  antidaté.

  8 février 2008.

 

30/09/12 : on reparle du Nobel pour Dylan! Je pense que les gens qui répandent cette rumeur depuis deux-trois ans, sont convaincus,comme moi, que la "poésie orale",comme l'appelait Paul Zumthor, n'est en rien inférieure à la littérature écrite. Et ces convaincus lancent le nom de Dylan tous les ans, pour insinuer le doute et provoquer des réactions de colère chez les snobs et les bien pensants. Et c'est une bonne chose!

Quant au jury du Nobel on peut lui faire confiance pour célébrer un vrai bonnet de nuit comme le Tranströmer de l'an passé.


Tout ce qui relève des productions de la Beat Generation et assimilés, sont de la poésie orale. Celle-ci nous est souvent livrée sous forme écrite, (comme les livres de Kerouac) raison pour laquelle, elle ne me touche pas. Ce qui est essentiellement oral est fait pour être dit ou chanté.


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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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