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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:36

2016, le Masque 334 pages.

Katie Knox nous raconte un épisode dramatique de l’histoire de sa famille Sa fille Devon, de 15 ans et demi, est une gymnaste promise à un avenir olympique. Son petit garçon, Drew, passionné d’expériences scientifiques, est un peu sacrifié à l’avenir de sa sœur…

Depuis que Devon , à l’âge de 3 ans, a été amputée de deux orteils à cause de sa tondeuse à gazon mal gérée, Eric le père, fait le maximum pour qu’elle puisse réussir sa carrière de championne.

Pour cette famille, c’est une vie tout entière vouée à la réussite de Devon : des journées entières sur des gradins à observer ses entraînements, un endettement permanent pour payer les cours, le coaching, les accessoires … , l’obligation de trouver des sponsors ( la pénible et fortunée Gwen qui investit et qu’on doit fréquenter, d’autres femmes à peine plus estimables ayant toutes de futures petites génies moins douées que Devon). A part ces femmes, il y a cet homme très déterminé le coach T. entraîneur de Devon, et sa nièce Hailey ex-nageuse, entraîneuse des enfants.

 

 

La seule attraction pour tous c’est Tom un garçon de piscine, devenu cuisinier qui aide à l’entraînement, très beau et dragueur, ami d’Hailey.

Ce jeune homme est renversé par une voiture qui s’enfuit et meurt sur le coup. Le meurtrier est quelqu’un du groupe…

J’ai bien aimé cette histoire : on partage le quotidien très pénible de Katie, obligée de se vouer à la carrière de sa fille. La future vedette, elle-même est soumise à un entraînement inhumain. Prise dans cette vie extrêmement contraignante et monotone, les membres de la famille ne réagissent plus normalement ; ils sont entraînés dans une sorte de psychose : tout est bon pour faire gagner Devon… cette vie effrayante du sport de compétition à haut niveau, fait penser aussi aux campagnes pour les élections présidentielles…

Citations de Nadia Comaneci, « la petite communiste qui ne souriait jamais » ( je ‘ai pas lu ce livre…).

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 11:42

2011, Presse de la cité, 487 pages

Titre Original « To Be Sung Underwater "

Judith, largement quadragénaire, mariée et installée dans une vie confortable, se met à rechercher son premier amour, Willy Blunt, maçon dans le Nebraska, qu’elle a fréquenté pendant son année de Terminale et qu’elle devait épouser… elle a passé deux ans dans cette contrée sauvage , en compagnie de son père , divorcé, professeur dans une petite université. Et Judith s'était adaptée à un lycée de campagne, à des camarades très différentes de celles qu'elles connaissait...

Tous deux, père et fille, ont vécu assez heureux partageant écoute de musique, travaux de jardinage, hivers rudes et coins du feu… jusqu’à ce que Judith fasse connaissance de ce jeune maçon…

En même temps l’on relate la vie actuelle de Judith, qui semble se retirer d’une vie pourtant agréable et d’un mariage qui n’est pas raté du tout : pour se souvenir du passé, elle va acheter un garde-meuble et y reconstituer la chambre de son adolescence nebraskienne. Tout cela mène à Willy…

Ça se termine comme « La Femme de l’escalier »,ma précédente lecture ! Suis-je donc abonnée à ce type de fin ? Trop mélo je l’ai déjà dit…

 Ce roman est tout de même valable.  Les descriptions des lieux de vie ( urbaines et rurales ) sont  vraiment belles par moments, l’intrigue  cohérente. Et surtout, on y pratique l’humour.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 12:15

Quai Voltaire, 2016, 331 pages.

la première de couverture solarisée cherche à remettre en mémoire certains de ces disques Vinyle des années 60,  et leur musique planante...

c'est l'été 1969, en Californie, une fille de 14 ans, Evie Boyd, livrée à elle-même, pendant que sa mère divorcée, s’occupe assidûment de son nouveau compagnon. La fille s’ennuie et se fâche avec son amie de toujours ; elle rencontre un groupe de filles hippies, vêtues de haillons, qui circulent dans un car tagué. L’une d’elle, Suzanne, la fascine. mais toutes sont à ses yeux très belles; elle les compare à d'élégants requins fendant les flots; elle envie leur liberté, cette vie sauvage sans attaches etc... en fait, c'est tout le contraire : ces filles sont soumises, sous influence, abandonnées; mais elles jouissent de leur déchéance.

Suzanne est la favorite du gourou de la secte, dans laquelle Evie va être moyennement impliquée. Amenée à vivre l’existence de Suzanne, elle a quelques rapports à peine sexuels avec le gourou Russell qui semble surtout intéressé par la masturbation.

Et elle partage la vie du groupe : vagabondage, vol, malnutrition, usage intensif de diverses drogues, allant, venant, et dormant dans un dépotoir dépourvu de sanitaire.

Bientôt, Russell est en conflit avec un musicien pop de ses relations qui n’a pas réussi à lui obtenir un contrat pour enregistrer un disque…

Cette secte ressemble à celle de Charles Manson qui fit assassiner Sharon Tate, ses amis et quelques habitants de maisons alentours.

L’auteur insiste sur la fascination que l’héroïne éprouvait pour Suzanne : ce nom seul n’a pas été changé (la criminelle du groupe dans la réalité s’appelait Susan Atkins).  Elle décrit aussi plutôt bien, l’ambiance et le fonctionnement d'une secte, ses membres, le lieu où ils survivent.

C’est une Evie de maintenant 60 ans qui se penche sur cet épisode sur son passé. Elle-même n’était intéressée que par Suzanne( et ses consœurs dans une moindre mesure). Le chef n’a pas eu de vraie prise sur elle, car la famille de Suzanne, son père en particulier, sont relativement présents.  

  C’est sans doute pourquoi les jeunes filles de la secte, paraissent certes paumées, crédules, et soumises au chef( lequel a l’air d’un pauvre type )mais on ne comprend pas comment elles ont pu assassiner des gens avec une telle cruauté.

toutefois cette histoire est bien racontée, avec d'intéressantes métaphores, un certain réalisme, insistant sur la détresse d'adolescentes en errance, et cette relation particulière qu' Evie avait nouée avec  Suzanne intéresse et émeut.

 

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 20:39
Ron Rash Le Chant de la Tamassee ****

Seuil, 2004, 232 pages

titre original « Saints in the River »

Le prologue relate la noyade de Ruth Kowalsky, une fillette de 12 ans, qui s’est imprudemment avancée dans l’eau de cette rivière de montagne, frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie

Ruth a été prise dans un tourbillon ( le ressaut hydraulique), et gît sous un gros rocher.

Ce récit préliminaire est magnifique.

La suite, ce sont les parents de Ruth qui veulent récupérer le corps, et , comme il est interdit de toucher à la Tamassee, pour protéger l’environnement, ils font intervenir un avocat, pour qu’un ingénieur puisse faire un barrage amovible destiné à détourner momentanément le cours de la rivière et repêcher Ruth.

Les gens du coin, et les militants écologistes locaux sont opposés à cette action qu’ils jugent néfaste pour la rivière et dangereuse. Non seulement l’écosystème en souffrirait, mais le barrage ne tiendrait pas…

L’histoire est conduite par Maggie, une jeune reporter photographe, qui a passé son jeune âge dans cette contrée et y charrie des souvenirs plus ou moins douloureux. Elle est entre deux hommes, le journaliste qui couvre l’affaire avec elle, présumé futur amoureux, et son ancien ami Luke, militant actif. D’autres soucis l’attendent, notamment son vieux père…

Ce récit m’a moins plu que les précédents, en dépit du très beau prologue. Les descriptions de la nature en été et automne sont simplement magnifiques ; le combat entre les écologistes et les constructeurs du barrage, l’aveuglement de ces derniers , l’issue de leur action, ce processus est vraiment intéressant et bien conduit. Ce qui m’a agacée, ce sont les histoires d’amour et de famille de Maggie ; je ne suis pas rentrée dans ces récits là. D’autre part le sentiment religieux très appuyé qui imprègne l’histoire m’a pesé.

Dans l’ensemble, c’est tout de même Ron Rash, un style, une écriture de grande qualité.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 23:22
Julie Courtney-Sullivan Maine ****

LP, 594 pages, 2011

Roman choral, quatre voix (Alice 83 ans, Kathleen sa fille cinquantaine avancée, Ann-Marie sa belle-fille même génération, Maggie sa petite fille 32 ans).

Alice vit dans le Maine une propriété vaste en bord de mer avec accès direct à la plage par « une sublime allée d’arbres qui mène jusqu’à leur maison » . Le mari d’Alice Daniel a gagné le terrain au poker, ses frères et lui ont construit un grand cottage, plus tard Patrick le fils d’Alice et sa femme ont fait construire une maison plus moderne et confortable.

Nous sommes en juin, Alice a décidé de donner la propriété à sa paroisse, administrée par le père Donnelly, jeune prêtre, d’origine irlandaise comme elle. A sa mort, qu’elle sent prochaine, ses descendants n’en jouiront donc point !

Ce n’est pas le seul événement de ce mois ; Maggie la petite fille vit aussi une époque troublée, elle est enceinte et vient de rompre avec son ami. Kathleen vit dans une ferme en Californie, et élève des vers de terre pour en faire de l’engrais. Elle vit d’une façon assez spartiate, avec un partenaire d’allure plutôt « hippie vieillissant ». Ann-Marie, la belle –fille d’Alice, à l’opposé , est très attachée à sa maison qu’elle a voulu nantie d’un luxe relatif ; elle aime tellement l’ aisance matérielle dont elle a été privée enfant, qu’elle occupe son temps à décorer des maisons de poupées.

Ces quatre femmes que tout sépare, excepté l’appartenance à la même famille, et l’alcoolisme plus ou moins avancé, vont se retrouver réunies dans la maison de vacances du Maine, et se supporter pendant quelques semaines.

A travers leurs monologues, on se laisse emporter par leurs vécus, souvenirs, conflits, difficultés et petits bonheurs ; j’ai pris grand plaisir à cette lecture, à l’égal des « Débutantes ».

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 11:47
William Faulkner Tandis que j’agonise *****

Folio-bilingue

J’aime bien les Folio-bilingue qui permettent d’aller du texte original à sa traduction. C’est pourquoi j’ai choisi cet opus pour lire un nouveau Faulkner. Je ne lis pas souvent cet auteur, que j’apprécie moyennement, toutefois j’avais vraiment aimé « Lumière d’août ».

Le roman se compose de monologues (j’en ai compté 58), pour une quinzaine de personnages qui s’expriment. Le personnage principal Addie Bundren, la mère qui va mourir, puis qui décède et que l’on transporte jusqu’à Jefferson, pour l’enterrer dans sa famille selon ses vœux, ne s’exprime qu’une seule fois au milieu du roman ; son témoignage m’a laissée songeuse. Non ce n'est pas du tout le registre d'"elle va mourir la mamma..."

Addie laisse deux grands fils qui avoisinent la trentaine : Cash et Darl. Selon les voisins ( Cora et Vernon qui nous en apprennent beaucoup sur la famille) ils feraient bien de se marier. Une des jeunes femmes au chevet d’Addie, en convoite au moins un. Mais ni l’un ni l’autre n’y a jamais songé, semble-t-il. Ils travaillent pour faire tourner la ferme, vu qu’Anse, le père, ne fiche rien. « Ouais, dit le père Billy, c’est bien de lui, ça, un homme qui, toute sa vie, a laissé les choses sans s’occuper de rien, d’aller juste se mettre en tête de faire ce qui pourra causer le plus de tourment à tous ceux de sa connaissance ». Ce tourment, c’est d’amener le cercueil d’Addie à Jefferson pour qu’elle soit enterrée dans sa famille, alors que la rivière est en crue, et que la charrette traînée par des mules doit passer par au moins deux ponts qui sont inutilisables. Mais personne ne s’oppose à la volonté du père, sauf Darl et ça lui coûtera cher.

Anse veut surtout aller à Jefferson se faire poser un dentier, et il a une autre raison qu’on saura à la fin. Cash ne se pose pas la question ; c’est un bon ouvrier qui s’occupe avant tout de ses outils, et de la solidité du cercueil ; ses sentiments s'expriment par le travail manuel… le troisième garçon Jewel ( qui est le" fruit du péché comme on disait alors") ne se définit que par son cheval qu’il a acheté lui-même, non sans peine. Dewey Dell, la fille de 17 ans, espère se faire avorter à la ville pour dix dollars ! le petit garçon Vardaman, le benjamin, pense à un train électrique entrevu dans une vitrine là-bas.

Cet éprouvant trajet, parsemé d’accidents plus ou moins graves, est également teinté d’un humour très noir.

Au milieu du roman nous avons donc la confession d’Addie : on a compris qu’elle n’était guère proche de ses enfants ni de son mari (le petit Vadaman, la compare à un poisson qu’il venait de pêcher, lorsqu’elle est morte. Etrange !)

Addie travaillait dans une école et cravachait des enfants ; était-elle institutrice ? Aucun des enfants Bundren n’a été à l’école ?

Elle a connu son père ; qui lui disait que le but de la vie c’était se préparer à être mort très longtemps;et n’accorde aucun crédit au langage ; n’a aimé rien ni personne, sauf un peu le sexe (semble-t-il ?) veut être enterrée à Jefferson dans sa famille, dont nul ne sait rien, et qu’elle n’aimait pas (je haïssais mon père pour m’avoir engendrée).

Une énigme que cette femme.

Ce roman est très vivant, plein de rebondissements ; on est proche des personnages, surtout de Darl qui commente sombrement les situations et se pose des problèmes existentiels .« Il faut deux personnes pour faire un homme mais il n’en faut qu’une pour mourir ; c’est comme cela que le monde finira ». La langue de Faulkner est relativement simple, et belle, on n’oubliera pas de sitôt l’incroyable équipage qui fait route vers Jefferson, suivi d’oiseaux charognards que le petit garçon compte, et tente parfois vainement de chasser. La fin est d’une ironie amère.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 09:08

Albin Michel, 2016 , 650 pages.

En 1994, une jeune fille est retrouvée morte fauchée par une voiture perchée en haut d’un arbre, d’où l’a propulsée le véhicule de l’assassin.

Elle participait à un stage de formation culturelle à Bornholm, une île du Danemark.

On a conclu à un accident, et le chauffard s’est révélé introuvable.

Le policier qui s’en occupait, Hansatt appelle Carl Morck pour lui dire de rouvrir l’enquête. Morck l’envoie promener, mais Hansatt se suicide lors de son pot de départ à la retraite.

Morck et ses acolytes décident alors de s’occuper de cette affaire.

On découvre que La jeune fille, Rachel, flirtait avec un garçon du stage et qu’elle l’avait laissé pour un homme plus âgé, vivant dans une communauté hippie.

Les trois policiers sont à la recherche de cet homme. Une longue recherche s’ensuit, on ne tarde pas à découvrir que la veuve d’Hansatt avait-elle aussi- succombé au charme du mystérieux hippie tendance Hari Krishna doublé de Dom Juan…

Parallèlement, nous faisons connaissance avec le centre de « naturabsortion » sis sur l’île d’Öland en Suède; il est tenu par un certain Atu Sahmanesh Dumuzi , révéré comme un dieu : il s’approprie des femmes de la communauté à sa guise. Son adjointe Pirjo, est extrêmement jalouse de ces femmes.

Voilà un roman très bien documenté sur les différentes pratiques issues du « développement durable » associé ( ou pas, selon les cas) à des rituels religieux et à un régime de dictature et de charlatanisme plus ou moins avancé.

C’est une enquête classique, bien menée, et les policiers sont bien typés. Évidemment ce roman étant le septième de la série on ne comprend pas tout du vécu de ces policiers, Rose en particulier...

j'ai l'intention de continuer la série par le premier roman, à l'occasion.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 09:02
Patricia Highsmith Carol et l'Empreinte du faux

Carol ***

Au début des années 50, à NY, Therese jeune fille désireuse de débuter comme décoratrice de théâtre, vend des poupées dans un grand magasin aux approches de Noël, c’est un job saisonnier, contraignant. Une femme mûre encore belle, blonde et vêtue élégamment, attire son attention. Therese a une liaison avec un jeune homme Richard peintre raté, et s’ennuie avec lui. Depuis son enfance dans une école religieuse, elle se sent plus attirée par les femmes que par les hommes. Cela devient évident, lorsque la belle inconnue s’approche d’elle. La transaction terminée les deux femmes vont se revoir : Carol est en instance de divorce, son mari et elles, se disputent leur fillette.

Progressivement Therese et Carol vont se rapprocher l’une de l’autre, et partir en voyage pour mieux se connaître ; la liaison devient charnelle (je ne dirais pas érotique car ces quelques ébats n’ont rien d’excitant). Hélas, le mari a engagé un détective pour les suivre.

Ce roman est plutôt ennuyeux, même si on s’intéresse aux deux héroïnes, la façon de raconter cette histoire est assez plate. Dans ses romans psychologiques non criminels Highsmith a du mal à être originale ; quand je dis « roman non criminels » je n’en vois qu’un d’ailleurs (celui-ci justement).

Patricia Highsmith L’Empreinte du faux ****+

The Tremor of Forgery 1969

Howard Ingham romancier, débarque à Tunis, début juin 1967, dans le but de s’imprégner de l’atmosphère tunisienne pendant trois semaines. C’est John Castlewood metteur en scène ami qui l’y a envoyé. Tous deux doivent écrire un scénario intitulé « Trio » une histoire d’amour à trois en Tunisie, et qui finit mal.

Howard loue un bungalow à Hammamet, et commence à écrire un autre récit, auquel il tient davantage: une histoire de faussaire… se lie avec son voisin, Adams. Ce dernier est un personnage moralisateur, redresseur de torts, favorable à la guerre du Vietnam. Il écrit pour la radio des discours de propagande pour expliquer aux russes « Our Way Of Life ». Howard ne l’aime guère, et le surnomme à part lui Owl (sigle pour Our Way of Life). Howard fait aussi la connaissance d’un peintre danois, Jensen, qui vit à la dure pour y pratiquer son art.

Mais Howard attend surtout des nouvelles de John, et encore plus d’Inès, sa presque fiancée. Les lettres sont bien longues à arriver, il pense que c’est à cause de la guerre des six jours qui vient d’éclater… puis les nouvelles arrivent et elles sont stupéfiantes : John Castlewood s’est suicidé, et Inès tient des propos ambigus. Que s’est-il passé là-bas ?

Les ennuis se mettent à pleuvoir sur Howard, déstabilisé. Sa voiture forcée, son bungalow cambriolé… Lorsqu’un individu s’y introduit de nouveau en pleine nuit, Howard lui jette sa machine à écrire à la tête.

Cela ressemble à un bon livre, et pourtant je me suis ennuyée au tiers … et l’ai néanmoins achevé. Les portraits psychologiques sont intéressants, la narration se traîne un peu, mais l'atmosphère d'anxiété est bien rendue.

Patricia Highsmith Carol et l'Empreinte du faux
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 23:03
Wallace Stegner La Vie obstinée

Phébus, 1999, 341 pages

Titre original : All the Little Live Things , 1967

Un couple retraité, Joe et Ruth Allston sont venus s’installer en Californie, dans les environs de San Francisco, au milieu des années 60 , en pleine nature. Joe, le narrateur raconte une année de cette vie plutôt mouvementée et même tragique. Un matin, sa femme et lui tombent sur un jeune motard qui vient d’entrer dans leur propriété et demande le droit de planter sa tente. Il s’appelle Jim Peck ; faux étudiant, adepte des modes de vie beatnik ( et pas loin des hippies ) alors très en vogue parmi les jeunes, il énerve tout de suite Joe, qui n’ose pourtant pas lui refuser le droit de s’installer, sa femme étant d’un avis différent.

Joe et Ruth ont eu un fils Curtis, qu’ils ont perdu après qu’il ait passé sa vie à se livrer à toutes sortes d’excès. Ce Jim à la fois naïf et sans-gêne, rappelle de mauvais souvenirs à Joe.

Dès lors il passe beaucoup de temps à observer l’intrus bricoler, faire des simagrées, recevoir des amis et des filles.

Simultanément, c’est un couple trentenaire avec une petite fille qui emménage dans une propriété contiguë : Marian est une jeune femme fragile, déjà affaiblie par la maladie, et enceinte, voulant très fort que la vie triomphe en elle et autour d’elle.

En arrière plan, s’agitent d’autres personnages, secondaires, mais très bien campé aussi, des voisins insupportables et pourtant précieux, car on ne saurait vivre sans société.

La nature joue aussi un grand rôle, la succession des saisons, les plantes, les animaux, les nuisibles toujours à détruire, comme ceux à protéger.

La prose de l’auteur poétique, belle, très vivante, pleine de verve et d’humour, fait frémir tout ce monde qui foisonne, vit et meurt alentours. Un auteur peu lu en France, recommandé par Keisha, que je suis contente d’avoir abordé.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:31
Louise Erdrich le Pique-nique des orphelins

Albin Michel, 2016.

Adélaïde a perdu l’amant qui l’entretenait plus ou moins bien, alors qu’elle attendait un troisième enfant de lui. Dès lors une vie d’errance est son lot et celui de Mary, onze ans, Karl quinze, et le petit dernier. Nous sommes dans le Minnesota des années 30, et c’est l’hiver. Une fête foraine organisée pour les orphelins, attire la petite famille désormais vouée à l’indigence. C’est alors qu’Adélaïde, jeune femme fantasque monte dans l’avion d’un saltimbanque qui en a immédiatement pincé pour sa belle chevelure auburn. Ils ne reviennent pas chercher les enfants.

Le bébé resté dans les bras de Mary est très vite dérobé, par un homme dont la femme a perdu le sien. Mary et son frère projettent de se rendre à Argus dans le Dakota, chez La tante Fritzie sœur d’Adélaïde, qui tient un commerce de boucherie. Après un voyage éprouvant en train de marchandise ils parviennent dans cette ville. Mais seule Mary gagnera le logis de la tante et s’y établira ; elle se rend vite indispensable, capable d’aider à la boutique. Par chance, sa cousine Sita ne rêve que de devenir mannequin et séduire le sexe mâle et déteste la boucherie.

De cette histoire, on retiendra surtout Mary, son amie Celestine, d’origine amérindienne, leur descendance Dot, et La cousine Sita, ses frasques et ses malheurs. Les hommes ne jouent qu’un rôle mineur, on exceptera Russell le frère de Celestine, assez bon personnage secondaire.

L’écriture donne la parole en alternance aux femmes précédemment citées, et à Karl que j’ai trouvé sans relief, complètement raté comme personnage, sans compter son ami Wallace. La narration est tantôt rationnelle, tenant du récit d’apprentissage, tantôt complètement loufoque, relatant des épisodes délirants sans grande signification. Le lyrisme dont l'auteur fait preuve ( c'est une écriture travaillée, je ne vais pas le nier!) m'a laissée de marbre, un avis bien sûr totalement subjectif...

L’ensemble ne m’a pas tellement convaincue. Je suis déçue, moi qui avais aimé le "Jeu des ombres" du même auteur.

Merci à Aurore Pelliet et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce roman.

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