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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 00:10

garp

Points-romans, 648 pages.


En 1942 Jenny Fields fille unique du roi de la Chaussure est envoyée à l’université Wellersley, non pour y faire des études mais pour y trouver un mari. Outrée, elle quitte l’établissement et suit une formation d’infirmière pour gagner sa vie. Elle aime ce métier : la guerre lui amène toute sorte d’hommes blessés , estropiés, dont elle s’occupe avec zèle. Les hommes valides, elle les tient à distance, car elle ne veut pas se mettre au service de l’un d’entre eux. Jenny n’a pas lu le «  Deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, non encore paru en librairie, mais elle en approuve les principaux arguments…

Jenny voudrait avoir un enfant mais sans en payer le prix ( «  partager son corps et sa vie ») un prix qu’elle juge très élevé. Elle se fait mettre enceinte  par un soldat mourant, Garp. Son fils s’appellera Garp TS ( un nom, et deux initiales pour un prénom). Elle va tenir l’infirmerie de Steering une école de garçon très bien, où Garp pourra faire ses études  plus tard.

 

C’est un roman-fleuve qui prend sa source aux circonstances de la conception de Garp et progresse vers l’ultime rejeton de sa descendance.  A coups de péripéties loufoques, tragiques aussi, mais que l’on ne prend pas vraiment au sérieux, car les personnages sont plus ou moins des caricatures ou des parodies . Irving exploite une veine comique (geste, situation, langage)pour raconter une histoire empreinte d’un fort potentiel de dérision.  Les personnages ont moins d’importance que les événements et  si au début, je me suis intéressée à Jenny , par la suite, je me suis sentie assez loin d’elle et des péripéties engendrées par l’auteur, tout en admirant la maîtrise dont il fait preuve dans le genre burlesque.

La narration, dans ce roman est par trop explicite. Je n’y ai pas trouvé d’ambigüité, de zones d’ombre, de subtilité.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:15


Confessions d'un gang de fillesTitre original : FOXFIRE, Confessions of a Girl-Gang, 1993.

Livre de poche(Biblio), 1988, 397pages.

 

 

Foxfire fut une société secrète composée originellement de six adolescentes de treize à seize ans, et en activité de 1953 à 1956. Celle qui consignait les faits et gestes du groupe, Maddy, écrit les mémoires du groupe, tantôt à la première personne, tantôt à la troisième, en relisant ses cahiers de notes. Un récit qui dure trois ans

L’héroïne en est  Margaret surnommée Legs à cause de ses longues jambes, créatrice du groupe, chef, inventeur de la cérémonie d’initiation et du tatouage consistant en une flamme vive.

C’est pour sauver Rita, une de leurs amies, harcelée par le professeur de mathématiques du lycée, qui le groupe se constitua et  commença son action. Première action, couronnée de succès, le professeur se sauva et ne reparut plus, je vous laisse découvrir comment elles  menèrent leur vengeance.

Ce qui nous plaît d’emblée c’est que le « gang » se créée dans l’urgence, par nécessité.  Les adolescentes, toutes issues de familles marginales, et indigentes, doivent se protéger contre leurs parents ,ou ce qu’il en reste, contre la plupart des adultes, soit vicieux, soit délinquants, soit lâches, (souvent tout à la fois), contre les garçons des environs, voyous et belliqueux, qui eux-mêmes se sont associés en plusieurs gangs, et même contre d’autres femmes ou filles …

Courageuses et rusées les fille de Foxfire ! Leurs activités tiennent de la légitime défense, de la vengeance, de la fête, des défis fous qu’on se donne à l’adolescence, et de la délinquance aussi . Le sentiment de puissance qu’elles acquièrent, et la précarité sociale mêlés leur seront finalement néfastes, en dépit de leur belle solidarité féminine.


Tous ces portraits de filles, ainsi que ceux des personnages secondaires, je les ai trouvés saisissants de vérité !  Le récit est  comme d’ordinaire chez Oates ,mélange de monologue oral ou réfléchi, de narrations courtes et précises.Le récit laisse place à des moments de  suspens bien enlevés.


Un roman socio-psychologique passionnant,  un de ses meilleurs.*****

 

 


 

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Confessions d’un gang de filles Laurent Cantet ***

Film canadien, Janvier 2012.

 

L’héroïne Legs, est jouée par une jeune femme du nom de Raven Adamson. Raven ! c’est bien trouvé… Est-ce un pseudo ou un prénom ? Quant on pense que la Lisbeth Salander de Fincher s’appelle Naomi … Rapace ! On se demande si c’est son vrai patronyme.


Le roman est fidèlement suivi me semble-t-il. Foxfire est créé pour défendre et venger Rita, une adolescente gentille , naïve, attirée par les garçons et les hommes, qui en profitent pour lui en faire baver.  Le but de Foxfire, se défendre contre les hommes dans ce quartier défavorisé où règnent la délinquance et l’alcoolisme, est bien montré.  Petite société soudée, Foxfire permet à ces adolescentes de se ménager des moments heureux. Jusqu’au jour où la meneuse Legs est  incarcérée.  

La mise en scène insiste trop sur les moments où les filles se livrent à des blagues adolescentes sans intérêt pour l’intrigue ( tags, bris de vitrine, barbouillage de flammes partout) et allonge aussi à plaisir des scènes de chahut et rigolades entre filles,  pour nous mettre dans l’ambiance sans doute, mais on n’a pas besoin d’autant d’insistance.

En revanche, on ne saura pas vraiment tout ce qu’à enduré Legs dans la prison pour femmes( qui est relaté dans le roman), et qui l’a profondément changée, au point de faire verser de Foxfire  dans une dérive dangereuse. On se rend compte que les filles installées dans une maison à elles, ne parviennent pas à vivre en relative autarcie. Celles qui ne savent pas éviter la délinquance en pâtissent, ou se sauvent, les autres seront contraintes de vivre dans un certain conformisme peu satisfaisant.

 

Télérama s'est dit peu convaincue par les actrices. Au contraire, elle suscitent l'émotion immédiatement, et sont bien filmées avec juste ce qu'il faut de gros plan. les longueurs du film peuvent lasser. Et peut-être l'échec du groupe à vivre ensemble, qui en fait un film pessimiste, où les filles qui se retrouvent à la fin sont forcées de rêver que Legs aurait connu un destin plus intéressant qu'elles.

Ce qui est positif, c'est que les filles auront toutes été loyales les unes envers les autres. Dans leur souvenir, en dépit des dissensions, il n'y a pas de trahison à l'amitié. C'est tout de même si rare!

Un film à voir...

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:32

le jeu des ombres

 

Shadow Tag, 2012-

Albin Michel ( Terres d’Amérique).

 

Irene  se rend compte qu’avec Gil, ils sont allés trop loin. Elle découvre qu’il lit son journal intime. Commence un autre journal, dissimulé dans une banque, un bleu.  En outre nous avons un récit objectif à la troisième personne, plus important que les deux autres.

Dans le rouge, elle écrira exprès pour son mari, pour obtenir quelque chose de lui. Son départ. Elle va imaginer des rencontres avec des hommes, pour persuader Gil que ses enfants ne sont pas de lui.

Dans le bleu, elle écrit qu’on lui a volé sa vie privée.

Cela dure depuis que le couple s’est rencontré (environ quinze ans). Gil est peintre et il en a fait son modèle.  Payée au début, puis consentante. Puis mariage et enfants.

Irene  et  Gil développent une relation sadomasochiste. Elle pose pour lui, nue, dans des positions spéciales ( en bête cruelle, en femme humiliée, perdant son sang menstruel, et d’autres situations peut-être encore plus « gores ». Pendant ces séances de pose, ils sont généralement saouls et le reste du temps, rarement sobres…Irene ne peut supporter de voir ces nus  dans le catalogue, ces nus où elle est parfaitement reconnaissable. De plus, ils circulent sur Internet et Florian le fils aîné treize ans les a vus.

Gil est devenu un peintre estimé. On dit qu’il a du talent, mais Irene l’a inspiré, et elle seule.

Pour son art, aussi bien que pour la vie maritale, il dépend d’elle, ou plutôt du jeu qu'ils jouent.  Elle ne peut se dissimuler qu’elle trouve encore plaisir à ce jeu. Qui se poursuit chez la conseillère conjugale, dont ils se paient la tête pour mieux consolider leur relation dangereuse.

Les enfants font ce qu’ils peuvent. Riel la fille, imagine un cataclysme dont elle sauvera la famille. Elle partage avec sa mère des rêveries à propos de légendes Indiennes. Irene est indienne et travaille depuis dix ans au moins sur une thèse : il s’agit de George Catlin aventurer et peintre des Indiens,  passionné surtout de la tribu Ojibwa dont elle est issue.

Stoney le petit imite son père dans ce qu’il a de meilleur ( le talent pour dessiner, pas la perversité) . Et les chiens, les chiens aussi, tentent de protéger Irene et ses enfants.

Irene trouve une amie et une sœur May ; elle est décidée à divorcer…

 

La fin peut surprendre mais n'étonne pas.

 

Un récit classique, bien écrit, sur un couple qui s’est détruit de façon violente ; d’autres le font à petit feu. Irene note que  il ne faut pas croire en un moment fatidique qui fait tout basculer .

Elle ne croit qu’en de petits moments qui s’acheminent vers la fin. C’est pourquoi, elle n’écrit pas d’histoires. De même une histoire qui est arrivée, tant qu’on ne la transforme pas en récit, n’existe pas vraiment…des débuts de réflexion intéressants sur l’écriture et la vie. Un roman psychologique, assez fin dans la description du huis-clos mortifère.  Tous les personnages sont bons et l'auteur a le sens de l'intrigue.

On aime entendre Florian poétiser sur les fractales. On aime l'énergie et les lecture de Riel. On assiste à Gil venu contempler le tableau de Rembrandt, Lucrèce agonisante. Ce récit  fait signe à d'autres histoires malheureuses concernant le peintre et son modèle : Dorian Gray, ou encore le Portrait ovale d'Edgar Poe.


L'ensemble est vraiment bon...

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 17:05

Le ciel de Bay city

 

 

Sabine Wespieser, 294 pages.

La narratrice Amy vit dans un petit pavillon de la grande banlieue de Chicago avec sa mère, sa tante Babette, son oncle brésilien, et son cousin Victor. Il apparaît aussi dans l’histoire un petit frère qui vient vivre avec eux. Sa mère et sa tante ont vécu à Paris où très jeunes, elles ont échappé aux camps d’extermination. Tous les autres membres de la famille y ont péri. Les deux femmes ont émigré aux USA, et ce sont installées à Bay City, petite ville sans caractère. La maison est en tôle, elle a été construite en peu de temps, semble fragile et artificielle, comme tout le quartier.  Les deux femmes, en plus d’être déracinées, et orphelines, se sont trouvées déclassées par rapport à leur niveau de vie d’enfants dont la tante Babette se souvient très bien. Babette a épousé un catholique latino (l’oncle, bienveillant avec Amy) et tient à pratiquer cette religion.

Amy est désespérée depuis toujours. Née avec un problème respiratoire, elle a survécu, et à 18 ans, pourrait être presque comme toutes les jeunes filles de son âge. Sauf que … non désirée par sa mère, et connaissant peu son père qui ne fait rien pour elle, Amy vit très mal. Elle est hantée par les souvenirs des camps de la mort qu’elle n’a pas connus, mais dont elle se sent dépositaire : Du corps de mes parents, de mes oncles de mes tantes, nous continuons à respirer les restes, poussés par les grands vents, lui dit sa tante Babette. Sa tante connaît le passé, et ne le dissimule pas. Mais curieusement, Amy déteste sa tante autant que sa mère....

   Amy  rejette tout et tout le monde. Y compris certains morts : sa sœur aînée Angie, mort-née qui repose au cimetière.

Le jour de ses dix-huit ans à Bay City, la maison a brûlé et tous les habitants avec, sauf Amy. Elle s’accuse de l’incendie et de l’avoir prémédité, mais on ne sait si on doit la croire.


En effet, sa vie, qu’elle nous relate, se lit en chapitres alternés : tantôt la vie à Bay City dite avec un réalisme cru et  haineux, son enfance et les jours juste avant l’incendie ; tantôt l’existence d’Amy après cet événement, complètement délirante. A mesure que la narration de sa vie "avant" s’approche du jour fatidique, le délire s’installe ; Amy vit avec les fantômes de ses grands-parents déportés, qui l’auraient aidée à mettre le feu. Elle se drogue copieusement…

La malédiction poursuit la narratrice : en faisant brûler tout le monde, elle recrée la déportation, perpétue non seulement le souvenir mais le désespoir et l’inhumanité de cette période, mais ne se débarrasse pas des fantômes qui la hantent, ni ne se venge des rescapées oublieuse de leur judéité (Ma mère et ma tante ont fait d’elles et de nous, avant même notre naissance, des rescapées du désastre)

Après, elle a passé du temps dans une unité psychiatrique, prétend avoir été en Inde, y avoir eu une fille Heaven, et une existence vouée à diverses quêtes, (dont celle du Nirvana, rien que ça !!!)… avoir été pilote de ligne, et bien d’autres choses…

Cependant, à la fin du récit, dans la maison qu’elle habite avec sa fille, les morts reparaissent,  et  les repères spatio-temporels sont vite brouillés. La réalité, on ne sait où elle commence, où elle finit…

Le récit repose sur l’absence de Dieu, le désir de croire en quelque chose. Le ciel est mauve des fumées de cheminées, ou rouge du soleil qui se couche, parfois violet, et aussi souvent « vide » comme celui de Baudelaire.

Le ciel n’est pas les cieux,  mais c’est ainsi pour tout le monde. Le ciel est l'affaire des humains, et les cieux, c'est pour dieu les anges et cie avec lesquels il faut garder ses distances.


L'auteur a fait le choix d'une écriture très primaire, faite pour provoquer des réactions vives. Ce lyrisme violent et désespéré ne me touche pas vraiment.

Elle écrit à ciel ouvert, voulant tout dire sans rien suggérer. Souvent avec une provocation très adolescente( elle fait ingurgiter son sang menstruel à ses petis amis, évidemment très nombreux, notre désespérée est une tombeuse, et Dieu comme ils aiment ça...) d'autres fois avec une curieuse naïveté sentimentale«  Je veux mourir sans arrière-pensée. M’offrir au Gange lascivement et laisser mes cendres balayer amoureusement sa surface. Qui sait ce que mes restes poussiéreux pourront alors caresser ».

Des phrases comme celles-là me font sourire ! Je les aurais prises au sérieux si j’avais eu dix-huit, vingt ans.

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 19:00

le monde à l'endroit

 

 

Seuil, 2012.

The World Made Straight, 2006.

 

En Caroline du nord, l’année 1962-63. Dans les environs d’Asheville, le comté de Madison.


Travis Shelton 17 ans, a quitté l’école. Il aide son père à s'occuper d'une plantation de tabac. Le vieux n’est jamais content, considère son garçon comme un bon à rien, et le bat volontiers. Travis est parti pêcher des truites pour les vendre, et se faire un peu d’argent de poche. Il tombe sur un champ où l’on cultive la marijuana. Après en avoir cueilli pas mal, il se met en contact avec Shank son ami pour les revendre. Shank l’amène chez Leonard Shuler. Leonard a l’âge d’être son père ; il vit dans un mobile home avec une femme toxicomane, deux chiens de chasse pas méchants du tout, des étagères pleines de livres, des disques de classique et country, et une belle Winchester.

  Renvoyé du collège où il enseignait l’histoire, Leonard est devenu dealer après avoir fait des tas de petits métiers. 

Lorsque Travis l’imprudent se fait coincer par les propriétaires du champ  de cannabis, Carlton Toomey et son fils, il  se réfugie chez Leonard, et se met à étudier et à lire, en vue de changer de vie. Une vie pas facile, les Toomey sont menaçants, le père de Travis le rejette, sa petite amie ne veut rien lui céder. Leonard voudrait qu’il réussisse là où il a échoué. Travis n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite.

Une tragédie datant de la guerre de Sécession va symboliser l'antagonisme de Travis et Leonard. Leurs ancêtres n’étaient pas du même côté, et le massacre de Laurel Shelton pèse sur leur relation. Ils font des pèlerinages au lieu du massacre : Laurel Shelton est de ces lieux « qui te paraissent plus vrais que toi, donc, c’est qu’ils sont hantés ».

Travis s’est épris de David Shelton l’un de ses ancêtres, massacré là-bas à l’âge de douze ans.

Leonard affectionne son trisaïeul le docteur Candler, dont il possède le journal de bord ; le docteur Candler bon médecin et fin lettré, jeté dans cette guerre, fut-il coupable ? Et Leonard  qu’a-t-il été faire dans cette galère ?

Comment Travis le rebelle peut-il envisager son avenir ?

 


Un beau roman d’apprentissage, une langue  travaillée, poétique et abrupte, qui nous fait aimer cette terre montagneuse au climat rude et ses personnages tourmentés.

 

A écouter

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 23:38

Oates Little Bird of the Heaven BO2,204,203,200 PIsitb-stic

 

 

 

Zoé Kruller chanteuse de country tendance Blue Grass (son tube est Little Bird of the Heaven, cette chanson existe réellement) et employée dans une laiterie, est  assassinée en Février 1983. On a suspecté son mari Delray, métis, réparateur de voiture, et Eddie Diehl son amant de longue date. Ils ont été relâchés sans preuves.

La première narratrice est Krista Diehl, fille d’Eddie. Elle avait onze ans lorsque son père fut accusé de meurtre. Eddie était mécanicien, alcoolique, imprévisible, vulgaire, menteur et fêtard. Il ne s’entendait plus depuis longtemps avec Lucille son épouse (présentée comme terne, creuse, stricte, désagréable, par sa fille).

A partir du moment où Eddie est suspecté du meurtre de sa maîtresse, Lucille engage une procédure de divorce ; bientôt Eddie n’a plus le droit de s’approcher de ses enfants (Krista a un frère). Il continue à venir chercher Krissie en voiture de temps à autre, et à la conduire dans un bar qu’il connaissait. Krissie aime toujours son père, même si elle n’a pas trop confiance en lui. Elle le suit dans ce bar  mal famé, se demandant avec angoisse et plaisir s’il ne va pas la kidnapper…

Un flash back nous ramène peu après l’assassinat, Krissie se rend au domicile de feue Zoé, et y rencontre sa colocataire Jackie De Lucca. S’en suit un long monologue alcoolisé de Jackie (quinze pages de larmoiements). Cependant Krissie n’apprend rien sur le meurtre. Jackie sait des choses mais si elle les dit, la police ne pourra la protéger.

Krissie aimait et admirait Zoé presque autant que son père; elle les a surpris chez elle, son père et Zoé, quelque temps avant le meurtre. Trop jeune pour en déduire l’adultère.

Krissie perd son père à l’âge de quinze ans ; il est tué par les flics dans une embuscade. On pense qu’il n’avait plus envie de vivre.

Krissie tombe amoureuse d’Aaron le fils de la victime.

La narration est achronologique, les évocations de Krissie concernent plusieurs scènes de sa vie, avant ou après l’assassinat, de onze à quinze ans.

Et Aaron devient narrateur à la 3 eme personne, autre point de vue, un pauvre garçon qui a trouvé le cadavre de sa mère ( un beau passage terrible et émouvant) et  dont le père est suspecté comme celui de Krissie. Le garçon veut lui aussi innocenter son père, et lui founit carrément un alibi.

Une situation qui finira par  rapprocher les deux jeunes gens de façon violente.

 

Le maître mot du roman c'est la violence dans les rapports humains. Des personnages confrontés bien jeunes à des situations extrêmes. C'est aussi un récit qui oscille entre tragédie et mélodrame...personnellement je n'aime pas trop l'aspect mélo.

 

Il y a un épilogue assez long et que j'ai trouvé décevant. Parce que le roman a un côté enquête criminelle,et que la fin ne correspond pas à ce que l'on espérait.

 

Je suis arrivée au bout, j'en reviens pas! non que le style ou la langue soit difficile à comprendre. Mais Jackie De Lucca m'a presque tuée...

 

 

Franchement, Oates en fait trop dans ce roman. Si je devais le traduire, je n’aurais pas envie de garder tout des interminables monologues de Jackie !! Et je souhaiterais couper d’autres passages aussi.Il ya de tout, du pire et du meilleur...mais dans l'ensemble ça se veut lyrique et c'est souvent ennuyeux.

On aime le personnage de Krissie on aime sa façon de ressentir les événements qui ont gâché sa vie. On comprend sa fascination d’enfant pour son père et Zoé, pour ce milieu marginal de petite délinquance, alcool, drogue…   mais Krissie n’évolue pas assez. Et tout cela est bien trop long et trop bavard ! Je serais curieuse de savoir ce que donne la traduction (non parue encore).

Krissie ressemble  à deux autres héroïnes celles de «  Fille noire, fille blanche » très attachées à leurs pères aussi, ce qui leur pose des problèmes… ainsi qu’aux «  Mulvaney » à cause d’un drame qui disloque la famille.

 

A écouter

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:37

 

Gallimard, collectionRoth blanche et noire.


 

Qui vivra, verra, dit le proverbe. Eh bien, avec Roth, c'est Qui vivra , mourra. Bien plus logique...

 

Obsèques. Discours de sa fille Nancy, de son frère aîné Howie. Fils d’un diamantaire, une vie de bourgeois normale, ( Everyman c’est l’homme en général mais d’une classe sociale précise forcément) avec ce qu’il faut d’inventivité (sans génie ) d’adaptation à la société ( sans occulter les conflits),de conscience professionnelle,  d’investissements affectifs ( trois mariages sérieux ), et de souci de transmettre ses gènes et son patrimoine à plusieurs descendants.

Les discours de Nancy et Howie sont  ennuyeux (j'ai failli lâcher la livre).  Mais  on est content de savoir que certains défunts ont inspiré suffisamment deux personnes de leur famille au moins, pour produire d’aussi longs panégyriques, qu’on sent sincères…


  Le principal de la vie de cet homme (donc de l’homme en général) est aussi et surtout le problème de son corps, et plus précisément de son corps souffrant et périssable (c’est là qu’il est universel). Donc de ses maladies, abondamment décrites jusqu’à sa mort : hernie à neuf ans ; appendicite + péritonite à 35 ; quintuple pontage coronarien à 56( il ne ne buvait ni ne fumait!! ). Opération de la carotide à 72 environ, puis de l’autre carotide à 77, qui l’emporte.Sans compter les morts et maladies de ses proches, qui lui font resssentir ses propres maux.

Comment il supporte tout cela. Sans religion consciente, et avec un minimum de rituels.

Après les discours au cimetière, un peu longuets, le roman se révèle intéressant. Il y a même des pages très bien tournées.

 

Philippe Roth a 79 ans aujourd'hui.Il a deux ans de plus que son personnage. Bonne continuation!


Maintenant, on veut lire Un homme, façon classe laborieuse, mais aussi Une femme. Vous avez sûrement quelque chose à proposer ?

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:01

  les revenants

 

 

 

Christian Bourgois, 598 pages.

 

Titre original : The Raising »

 

Une université américaine dans l’Ohio.

Craig étudiant de seconde année et Perry sont colocataires à la résidence Godwin Hall la plus ancienne du campus. Perry vient de la campagne ( Bad Axe, middle West) et Craig de la ville ( Massachussetts près de Boston).

Cette année s’annonce difficile. Au printemps, il s’est produit un tragique accident. Craig était en voiture la nuit en compagnie de Nicole Werner son amie( issue de la même ville que Perry) et l’auto s’est déportée. Nicole y a perdu la vie et Craig traumatisé  ne se souvient pas de l’accident ni des circonstances de sa virée en voiture, et à peine des mois qui suivirent.

Il aimait passionnément Nicole et se reproche de l’avoir tuée .

Mais Shelly, une femme quinquagénaire, qui travaille à l’école de musique de l’université, a vu l’accident, appelé les secours, et sait que sa version des événements ne correspond pas à e qui fut relaté dans les journaux et communément admis. Seulement nul ne veut l’écouter !

L’événement a aussi bouleversé Perry, qui connaissait Nicole depuis toujours et en était épris , quoique ses relations avec elles soient différentes de celles de Craig.

Depuis la rentrée, plusieurs étudiants ont cru voir le fantôme de Nicole. Dont Perry, qui veut y voir clair et s’inscrit au cours de Mira, anthropologue spécialiste des rituels funéraires, des manifestations de deuil,  et de tout ce qui touche  à la mort. Mira ne croit  pas aux fantômes, bien qu’elle ait vu de drôles de choses dans sa jeunesse. Sa vie est difficile entre un mari qui reste à la maison, et deux jumeaux dont elle n’arrive pas bien à s’occuper, en l’absence d’un personnel compétent.

C’est là un récit d’enquête ;  les quatre narrateurs, Mira, Shelly, et les deux étudiants Perry et Craig, rivaux et néanmoins amis, vont se croiser, parfois s’affronter, réfléchir sur l’accident du printemps, revenir sur certains faits, évoquer la vie à l’université, et leur existence passée, quelquefois à leurs risques et périls.  Nicole Werner, objet principal des investigations, faisait partie d’une sororité, organisée comme une véritable société secrète, aux rites  étranges…

 

Voilà encore un très bon livre de Laura Kasischke, certains disent son meilleur. Aussi bon en tout cas que « A moi pour toujours, également très intéressant pour l’étude socio-psychologique de quelques personnages et milieux sociaux. L’intrigue est tout simplement passionnante et fort bien menée, les personnages tous très attachants, le propos intelligent. Je n’ai qu’un reproche à faire, il  concerne l’épilogue un peu long et qui n’apporte rien au reste du récit.  

 

Des liens:

 

  Gammaphibêta , site de la plus ancienne sororité américaine.

 

 

D’autres billets sur les Revenants et de très bons!

 

  Sunclub

 

Lecture-écriture


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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:25

Desolations-David-Vann

 

Titre anglais "Caribou Island"

Gallmeister (Nature Writing), 2011.

 

Comme dans son précédent roman, il s’agit d’une île perdue dans l’océan au large de l’Alaska. Sinon déserte, du moins désertée. Un homme, Gary, veut s’y rendre pour y vivre par ses propres moyens pendant un temps assez long ; c’est un défi qu’il se lance. Il veut aussi nouer de profonds liens avec la nature sauvage.  Il a travaillé autrefois sur des sagas nordiques dans lesquelles l’homme est seul face aux éléments déchaînés. On pense à Robinson, et ce pourrait être une aventure excitante. Sauf qu’il entraîne avec lui un membre de sa famille récalcitrant, pour l’aider et lui tenir compagnie.  Et cela engendre des complications. Ici c’est Irène, sa compagne, qui doit jouer les Vendredi.

Irène n’approuve pas ce projet, d’autant plus , que pour vivre dans Caribou Island, il faudra construire une cabane. Son époux apparaît comme un grand rêveur qui n’a pas les moyens de ce qu’il se propose d’entreprendre : on pourrait construire une cabane avec des planches, dit-elle, pourquoi tiens-tu absolument aux rondins ?

Les rondins font partie du mythe.  La cabane ne saurait être qu’en rondins !

Irène n’a pas envie de suivre son époux, mais craint plus que tout d’être abandonnée, comme le fut sa mère, qui ne s’en est pas remise. Elle va donc se faire violence. Cependant une terrible migraine se déclare dont on ne trouve pas la cause, et que les analgésiques ne calment pas…

Le lecteur a beau savoir que David Vann n'a aucun goût pour les happy end, ça ne l’empêche pas d’être choqué par la tournure que prennent les événements.

 La nature est là, ni bonne ni hostile,et curieusement, c'est dans les grands espaces que  les personnages sont victimes d’enfermements…

 

Cependant le roman n’est pas réduit à ce huis-clos !

A l’opposé de  Sukkwann Island, l'auteur nous offre  les histoires d’autres personnages que le couple Irene-Gary, et cette diversion est la bienvenue.  Nous avons Carl et Monique, un couple d’étudiants venus passer l’été en Alaska, et obligés de camper ( brrr…) jusqu’à ce que Monique se tire d’affaire d’une manière qui m’a fait sourire. Mark, le fils d’Irene, et sa compagne Karen,  eux non plus ne font pas partie des affligés ! Enfin Rhoda, fille d’Irene, et son ami Jim, sont touchants de naïveté et de détresse.

Les dialogues simples et directs alternent avec  les descriptions de la nature, très justes, car elle est belle la nature, sans être magnifiée ni diabolisée.

Le roman précédent m'avait plu en partie et en tout cas vivement interpellée. Celui-là est meilleur, plus diversifié, plus approfondi.

 

David Vann est vraiment un auteur à suivre...

 

  Martine a lu aussi Désolations. Elle aime et en parle avec d'autres mots.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 23:53

la Passerelle 21 avril 2011

 


Dans l’Illinois, une année de la vie de Tassie, une étudiante de vingt ans à la recherche d'un job de baby sitter. C’est Sarah une femme de 45 ans, blonde peroxydée, amateur de musique classique qui l’emploie. Elle tient un restaurant de luxe,ce type d'établissement dans lequel vous pouvez commander des plats aux noms bizarres comme des titres de tableaux; vous vous demandez si c'est vraiment de la nourriture? et puis en définitive c'est tout simplement raffiné et excellent... sauf pour votre carte de crédit.

Sarah, on le sent tout de suite, est la carte maîtresse du récit. Un personnage complexe, à la fois intellectuelle, avec des penchants artistiques, excellente commerçante, souffrant de fréquentes sautes d'humeur, et d'égarements,

 

  Le bébé de Sarah n’est pas encore là! En fait, Sarah va acheter un bébé à une agence d’adoption ; celle-ci s’occupe de faire des transactions entre des »mères biologiques «  qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants, et des parents voulant s'en procurer rapidement.

Tassie assiste aux procédures pour l’adoption de Mary-Emma une petite métisse de deux ans. Cette enfant est confiée à Sarah pour six mois à l’essai, avant l’adoption définitive.

 

 Tassie est narratrice de cette année si particulière de son existence.  Il s’agit non seulement du devenir de la fillette dont elle s’occupe, mais de ses relations avec  Sarah et son mari qui participe à l’adoption.  La fillette est en butte à un racisme tantôt violent tantôt bien pensant, et Sarah convoque d’autres parents d’enfants métisses ou de couleur pour discuter.

Nous avons droit à de longues conversations lassantes car rien de neuf n’en sort.

Mary-Emma est une fillette très sympathique ; en dépit de son exsitence compliquée et instable, elle est curieusement bien équilibrée, toujours contente, et plus raisonnable que les adultes. Cela est-il vraisemblable ?J'aurais aimé que l'enfant soit plus revendicatrice.

Plus intéressant : les futurs parents de Mary-Emma ont un secret, qui va être révélé…

 

Moins bien : la vie de Tassie chez ses parents à la campagne. Son père est agriculteurs et s’occupe principalement de la culture de certaines variétés de pommes de terre. Sa mère est dépressive et son frère va s’engager en Afghanistan.  Tout cela n’est pas rendu de façon bien neuve… 

 

Un ensemble assez intéressant, pas très original, malgré de bonnes pages. J’ai passé toutes les conversations assommantes entre parents qui racontent leurs vies, ainsi que pas mal de pages relatives  à la  mère de Tassie, à son frère, aux obsèques de son frère, à ses réactions… je suis sévère, mais j’ai lu tellement de romans et quelques uns dont ces types d’événements et les pensées qui en résultent ont des accents plus justes …

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