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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 10:11
 Elena Ferrante l’Amie prodigieuse 2 Le Nouveau Nom

Lila et Lenuccia de 16 à 21 ans. Deux amies véritables que la vie ne cesse de séparer et de réunir, pour des périodes de longueurs inégales.

Lila a épousé Stefano Caracci le fils d’Achille « l’ogre des contes »; Lila s’est mariée à Stefano pour s’enrichir, l’argent signifie aussi l’indépendance. Il dirige une épicerie prospère. Mais elle n’est pas faite pour ce garçon inculte, mal dégrossi, et débiteur des frères Solara déjà très proches de la mafia. Stefano la bat, mais elle se rebelle. La façon dont Lila trouve des expédients , pour se tirer de situations difficiles force l'admiration.

Ses vacances à Ischia avec Lenuccia sont explosives . entre les deux filles, jalousie et amitié se conjuguent. Elle rivalisent pour intéresser Nino, un garçon de leur quartier, seul à faire des études avec Lenuccia .

En effet Lenuccia vise l’équivalent d’une maîtrise de lettres classiques à l’université de Pise qui accueille des étudiants gratuitement sur concours. Outre ses difficultés d’intégration, Lenuccia se sent coupable : selon elle, c’est Lila qui aurait dû faire des études, c’est elle qui est vraiment douée....

Ce deuxième tome est un peu moins bien que le premier, l’amour y tient trop de place, je veux dire que les relations amoureuses sont décrites de façon un peu trop convenues. Par ailleurs le côté « roman social et étude de mœurs » continue de m’intéresser vivement, et les personnages auxquels je suis très attachée, me donnent envie de ne pas les lâcher.

Cette auteure que j’ai découverte avec « Poupée volée » ne laisse pas de me passionner !

Le troisième tome ne semble pas être traduit; si l'on est trop impatient, on peut le lire en anglais...

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans Italie
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 16:45
Elena Ferrante l’Amie prodigieuse *****

Gallimard, 2014, 489 pages

Naples années 50 ; dans un quartier défavorisé vivent Elena et Lila, qui sont devenues amies à l’école. Elles y sont les meilleures élèves de Mme Olivieri l’institutrice. Mais Lila la fille du cordonnier n’aura pas le droit de faire des études ; Elena obtient cet avantage....

Enfants, elles sont toutes deux terrorisées par Achille Caracci l’épicier, un "ogre" dont elles supposent qu’il leur a volé leurs poupées. Leur acte de courage, aller chez Achille réclamer les poupées, scellera leur amitié ; cette relation est faite d’amour et de haine .Chaque fois que l’une réussit quelque chose, l’autre se sent diminuée et œuvre pour l’égaler ou la dépasser. Ainsi en est-il des études : Lila étudie seule, lit des tonnes de livres, apprend des dictionnaires et grammaires latines pour égaler son amie et néanmoins rivale. Lorsqu’elles atteignent l’adolescence, elles rivalisent pour séduire les garçons et se plaire à elles-mêmes. Elles se querellent et se réconcilient toujours.

Autour des deux filles gravitent les habitants du quartier : les Caracci dont le père Achille leur faisait si peur ; dans la réalité il a bien un différent grave avec la famille du menuisier Peluso et un drame s’ensuit…

Une autre protagoniste la pauvre Melina, une jeune veuve, saisie tantôt d’exaltation tantôt de dépression n’a pas de travail ,et ses enfants ont bien du mal à s’en sortir. La famille Sarratore dont le père cheminot écrit des poèmes et abuse la gent féminine de tout âge ; Enzo le fils courageux du marchand de primeurs ; les Solara dont on soupçonne qu’ils entretiennent des liens avec la mafia en grandissant.

le temps passe, et les fils d’Achille profitent de l’argent gagné illégalement par leur père (mais ils semblent en faire bon usage…) tandis que le fils des Peluso ( victime ) devient communiste et maçon ; les jeunes du quartier qui font des études ne s’entendent plus avec ceux qui sont devenus ouvriers artisans ou petits commerçants. Lila, l’amie d’Elena est une originale : autodidacte, ouvrière, instruite et ambitieuse, attirée par l'argent, elle n’appartient à aucun groupe et semble vouloir dévorer la vie…

L'argent joue évidemment un grand rôle dans ce roman, qui explore le devenir social aussi bien que psychologique des différents familles du quartier.

Un roman d’apprentissage passionnant dont on regrette de devoir attendre la traduction des tomes suivants pour pouvoir continuer

On ne sait rien de l'auteur, Elena Ferrante, dont j'ai lu tous les romans traduits en français.

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans nouvelles Italie
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:56
Silvia Avallone d’Acier  ***

Liana Lévi, 2006

La vie dans une cité ouvrière de la ville de Piombino ( Toscane) au début du 21 eme siècle. Les hommes qui vivent dans le HLM sont tous employés à la Lucchini, usine de Hauts fourneaux où l’on est toute la journée à travailler le métal en fusion. Des emplois durs épuisants qui vieillissent le corps avant l’âge. Les jeunes gens qui travaillent à l’usine sont accrocs à la cocaïne, et aux filles qu’ils traitent comme du bétail ; sauf lorsqu’ils tombent amoureux…

Les femmes restent à la maison, où tiennent des emplois en vielle dans les petits commerces, les magasins d’alimentation, les bars…

Deux fillettes de 13 ans et demi Anna et Francesca sont amies intimes. Elle bien besoin de s’aider. Le père de Francesca est une brute qui bat femme et fille jusqu’à leur casser des membres et enferme la fillette autant que possible. Bien sûr les services sociaux sont incapables de faire quelque chose. Enrico est en fait très jaloux de sa fille, qu’il observe, à la jumelle, évoluer sur la plage en bikini. Les garçons la regardent ; quant à Anna, son père a quitté l’usine et vit de diverses combines illégales, toujours à deux doigts de se faire prendre par les flics…

Les fillettes sont déjà plutôt mûres : elles se font courtiser plus qu’un peu. Anna rêve de quitter la cité, de faire de bonnes études et d’avoir un emploi bien payé et très en vue. Francesca voudrait devenir miss Quelque chose et passer à la TV. L’une aime les garçons, l’autre, battue par le père, ne subit la gent masculine si elle pense que c’est son intérêt. Ces différences vont les séparer…

Ce roman le premier de Silvia Avallone, est écrit par une femme de 25 ans ; cela explique les nombreux stéréotypes dont souffre un récit qui a pourtant déjà des qualités ( dynamisme, justesse des dialogues, bonnes descriptions de cette société de prolétaires à l’existence difficile), des qualité qu’on retrouve dans le second livre de l’auteur, bien meilleur que celui-là.

En effet les clichés peuvent lasser : en particulier les différences trop tranchées entre les filles « vraiment très belles » et « les boudins » que nul ne regarde. Les filles courtisées qui attirent le regard (aussi bien des autres filles) sont celles qui savent se mettre en valeur ; elles ne sont pas forcément exemptes de défauts physiques, mais elles tirent parti de ce qu’elles ont ! L’auteur devrait le savoir même à 25 ans… il y a aussi des filles jolies que l’on ne regarde pas particulièrement…

D’autres clichés font sourire : tout le monde mange des pâtes tous les jours à tous les repas ; même en Italie, même dans une cité ouvrière, je n’y crois pas !

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:19

Liana Levi, 2014, 540 pages.

Dans un petit village des Alpes piémontaises, en 2012, la crise économique frappe de plein fouets des jeunes gens qui ne discernent aucun avenir digne de ce nom. Les deux héros sont pourtant décidés à se battre : Andrea fils d’un avocat, maire de la ville, a abandonné l’université. Il rêve d’élever des vaches dans la montagne à l’exemple de son grand-père ;en outre, il souffre d’être moins aimé que son frère aîné, s’est fabriqué un destin à la Caïn. Marina, fille d’un couple séparé, ayant toujours vécu dans un climat de grande, précarité sociale, et d’instabilité familiale, veut devenir chanteuse se variété.

C’est dans une fête de village, qu’ Andrea revoit Marina, avec qui il a eu autrefois une longue liaison orageuse. Ils vont renouer, mais Andrea veut une femme pour élever ses enfants, le seconder à la ferme dont il rêve, et se charger des tâches ménagères. Marina a les moyens et les capacités de faire carrière dans la chanson, et détesterait la vie de fermière. En dépit de l’attirance sexuelle et de similitudes de caractères ces deux-là ne vont pas bien ensemble. Et pourtant, ils semblent condamnés à se fuir et se retrouver, se rapprocher et se repousser, s’aimer et se haïr sans trêve !

En plus de cette histoire d’amour impossible, le récit suit pas à pas l’évolution du devenir des deux jeunes gens l’un dans l’élevage, l’autre dans la show-business, ainsi que leurs relations conflictuelles avec leurs familles et leurs amis. Conflits, antagonismes, rivalités, sont les maîtres mots de ce roman violent , écrit d’une plume énergique, vigoureuse, pleine de sève, hommage à la combativité de ces jeunes gens, et aux magnifiques et rudes paysages du pays qui vit naître cette jeune romancière de trente ans, pleine de talent.

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