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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:07

Folio-policier, 846 pages.2011, pour la traduction.

C’est le 8 eme volume des aventures policières d’Harry Hole, flic d’Oslo dont les enquêtes sont toujours très mouvementées, éprouvantes et à multiples rebondissements. Ce n’est pas mon style de polar préféré, mais de temps à autre, je me laisse tenter.

J’avais lu le précédent « Le Bonhomme de neige », mais en lisant les références à ce roman, dans celui-ci, je me rends compte que j’ai oublié les détails.

Harry est à Hong-Kong plongé dans les brouillards de l’opium. Une collègue Kaja Solness vient l’y rechercher ; on a besoin de lui pour attraper un nouveau tueur qui a assassiné déjà trois ou quatre femmes (on n’est pas sûr).

L’arme du crime est originale : il s’agit de la pomme de Léopold, le sanguinaire roi de Belgique, variante de la poire d’angoisse, mais en plus sophistiqué. La boule que l’on enfonce dans la bouche de la victime, est rattachée à un cordon, que la malheureuse voudra tirer dans l’espoir de sortir l’objet qui l’étouffe ; et là… je vous laisse apprécier !

A peine Harry se penche t’il sur ces crimes, qu’une nouvelle victime est découverte Marit Olsen, députée travailliste, retrouvée dans la piscine vide d’un grand parc. Elle faisait du jogging le soir, pour ne pas être vue…

Entre elle et les précédentes victimes, Harry se rend compte que la seule chose qui les relie est un séjour dans un chalet de montagne quelques temps auparavant.

Son enquête va mener Harry au Congo, pour différentes raisons notamment la recherche de l’arme du crime chez un collectionneur belge, de la lave retrouvée sur le corps qui vient d’un volcan en éruption là-bas, et d’un métal que l’on y exploite. Mais aussi dans les montagnes norvégiennes vers le chalet où ont séjourné les victimes, ainsi que dans une corderie près d’un lac, et à l’hôpital d’Oslo, où son père vit ses derniers moments.

Harry est aidé et entravé à la fois par les flics de la Kripos notamment Mickaël Bellman, personnage récurrent, et certains de ses sous-fifres, et est accompagné de Kaja, un réconfort certain. Les suspects sont nombreux. Harry se met dans des situations impossibles et frôle la mort plusieurs fois.

Il m’a fait l’effet de n‘avoir pas beaucoup réfléchi, lors qu’il décide de tendre un piège au tueur en l’attirant vers le chalet : il fait savoir à la presse qu’un témoin clef, une femme, va venir d’Australie pour faire une reconstitution de ce qui s’est passé dans ce chalet où elle séjournait le fameux soir. Lui Kaja ( qui jouera le rôle de ce témoin ) Harry et un flic de la Kripos, se tiendront dans le chalet à attendre le tueur, tandis qu’une escouade d’autres flics armés, se tiendront autour dissimulés dans la neige.

L’idée est bonne, mais Harry et Kaja n’avaient aucune raison de venir pour de bon dans le chalet ; ils auraient pu rester aux alentours ; dès que le tueur se serait approché, il suffisait de lui tirer dans les jambes… toutefois, être pris dans une avalanche avec sa chérie et devoir frôler la mort est un agrément sans pareil !

En tout cas, l’on continue à lire ; au 3/4 du livre, un suspect sérieux est arrêté ; mais l’enquête se poursuivra…

Un bon divertissement, en dépit des nombreuses invraisemblances, le sens du suspens et du rebondissement, des fils d’intrigue complexe, l’invention de cette pomme de Léopold, l’ensemble est tout de même bien fait.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:36

2016, le Masque 334 pages.

Katie Knox nous raconte un épisode dramatique de l’histoire de sa famille Sa fille Devon, de 15 ans et demi, est une gymnaste promise à un avenir olympique. Son petit garçon, Drew, passionné d’expériences scientifiques, est un peu sacrifié à l’avenir de sa sœur…

Depuis que Devon , à l’âge de 3 ans, a été amputée de deux orteils à cause de sa tondeuse à gazon mal gérée, Eric le père, fait le maximum pour qu’elle puisse réussir sa carrière de championne.

Pour cette famille, c’est une vie tout entière vouée à la réussite de Devon : des journées entières sur des gradins à observer ses entraînements, un endettement permanent pour payer les cours, le coaching, les accessoires … , l’obligation de trouver des sponsors ( la pénible et fortunée Gwen qui investit et qu’on doit fréquenter, d’autres femmes à peine plus estimables ayant toutes de futures petites génies moins douées que Devon). A part ces femmes, il y a cet homme très déterminé le coach T. entraîneur de Devon, et sa nièce Hailey ex-nageuse, entraîneuse des enfants.

 

 

La seule attraction pour tous c’est Tom un garçon de piscine, devenu cuisinier qui aide à l’entraînement, très beau et dragueur, ami d’Hailey.

Ce jeune homme est renversé par une voiture qui s’enfuit et meurt sur le coup. Le meurtrier est quelqu’un du groupe…

J’ai bien aimé cette histoire : on partage le quotidien très pénible de Katie, obligée de se vouer à la carrière de sa fille. La future vedette, elle-même est soumise à un entraînement inhumain. Prise dans cette vie extrêmement contraignante et monotone, les membres de la famille ne réagissent plus normalement ; ils sont entraînés dans une sorte de psychose : tout est bon pour faire gagner Devon… cette vie effrayante du sport de compétition à haut niveau, fait penser aussi aux campagnes pour les élections présidentielles…

Citations de Nadia Comaneci, « la petite communiste qui ne souriait jamais » ( je ‘ai pas lu ce livre…).

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 14:53

( Darkening Hour) 2016 sonatine, 422 pages

Mona, est une jeune marocaine, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Elle a perdu son travail , et son ami Ali est parti « soi-disant pour aider à combattre ses amis Berbères «, mais selon d’autres informations, Mona en est venue à croire qu’il était à Londres.

Grâce à une amie qui travaille pour une famille londonienne installée au Maroc, elle obtient un poste d’employée de maison dans la capitale du Royaume Uni. Il est écrit sur son passeport le nom de son employeur ; elle n’a pas le droit d’en changer…

C’est à Deptford, au sud-est de la City, que Mona découvre son employeuse Theodora, divorcée de Roger ( qui vit au Maroc). Elle héberge son vieux papa atteint d’Alzheimer, relégué au sous-sol. Theodora travaille pour la télé présente une émission «  people ». Elle n’aime pas le quartier où elle vit, sauf la rue où elle habite : les maisons y sont d’une architecture classique, très bourgeoise, un îlot de bon chic bon genre au milieu d’un environnement que Dora estime mal famé.

En plus du papa, il y a Léo, le fils de 18 ans, en situation d’échec scolaire, qui passe tout son temps devant la télé. Et Max l’amant américain, qu’elle voit de temps à autre pour une coucherie vite fait. Max est passionné par les statues et les histoires érotiques que lui raconte Dora ; il lui faut des stimulants pour consentir à s’occuper du corps de sa maîtresse…

Mona doit s’occuper du papa, de la cuisine, du ménage, repassage et blanchisserie. Elle n’a jamais de congé, jamais une minute à elle, ne sort que pour faire les courses.  L’argent que lui donne sa patronne elle l’envoie au Maroc pour sa petite fille et sa mère. Elle en donne aussi à un buraliste Sayed, qui doit l’aider à retrouver Ali.

Theodora devient de plus en plus despote avec son employée, lui commande de descendre la nuit lorsque le vieux appelle. On lui colle un papyphone dans le débarras où elle dort ( elle n’a pas eu droit à la chambre d’ami…) Dora lui confisque son passeport, l’accuse de la voler,  lui rend la vie impossible… Mona passe ses journées avec le papy (maintenant incontinent) et Léo avachi sur le canapé devant la télé. Elle le secoue, lui donne des conseils de bon sens, découvre que le garçon est hypocondriaque…

Découverte avec le très bon «  Désordre », Penny Handcock récidive ! Son «  Darkening Hour » est de qualité. On y retrouve son habilité à tresser des portraits psychologiques, et à manier le suspense. Les descriptions sont toujours aussi bonnes. Comme dans l’autre roman, il y a la Tamise toute proche, froide, menaçante, qui ne demande qu’à accueillir un corps (mais qui donc va y passer ?).

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 23:03
Robert Galbraith La Carrière du mal

Grasset, 2016, 600 pages.

Robin, l’associée de Cormoran Strike, brillant détective privé londonien, reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Cormoran est persuadé qu’on veut s’en prendre à lui, à travers la jeune femme, se venger, faire couler son agence, maintenant réputée après la résolution d’affaires difficiles.

Réfléchissant à son passé il se voit trois ennemis particulièrement coriaces et pervers susceptibles de vouloir sa perte. L’un d’entre n’est autre que son ex-beau père qu’il pense coupable du décès prématuré de sa mère. Les deux autres sont d’anciennes connaissances de l’armée dont il aurait bien voulu se passer.

On pourchasse donc les fantômes du passé encore bien vivants, à deux, même si Robin est menacée par le tueur.

On retrouve la propriétaire de la jambe dans le congélateur de son appartement ; bien que très jeune la fille possédait son propre appartement ? Et qui était-elle ?

L’intrigue progresse sur plusieurs fils :

- les recherches de Cormoran et Robien ensemble à travers l’Angleterre et l’Ecosse, et dans la capitale pour retrouver les traces des trois suspects ; leurs errements, leurs rencontres de diverses personnes ayant pu connaître les suspects, voire les avoir hébergés. On se balade, on rencontre des gens divers, dans des endroits variés (toujours bien campés). Certaines situations sont humoristiques, le salon de massage thaïlandais par exemple.

-les pérégrinations de Robin, seule, pour qui l’on craint, sachant qu’elle est poursuivie, et qu’elle n’hésite pas à rencontrer seule des personnes de l’entourage des suspects,

- A partir des découvertes des policiers du Yard concernant la victime, les investigations de nos détectives dans l’entourage de la fille à la jambe coupée) : là aussi, nous rencontrons une galeries de gens bizarres, effrayants, parfois drôles (humour noir). Notamment les acromotophiles…

- Le fil de narration concernant le tueur, qui intervient à la première personne, et souvent, pour dire ses pensées et raconter ses méfaits ; Ce contenu est discutable ; Je m’en serais passée…

- les souvenirs de Cormoran à propos des suspects qu’il a bien connus : ils suffisaient amplement à mon avis, pour se faire une idée des profils de ces messieurs…

D’autres fils de narration servent à retarder la résolution de l’enquête :

  • Robin et Cormoran font des filatures n’ayant rien à voir avec l’enquête en cours ; c’est la routine de leur métier. Cela tombe un peu à plat, même si les personnes suivies ont des noms prometteurs ( Platine, Mad Dad…)
  • Robin se querelle avec son fiancé, parfois avec sa famille, interrompt puis reprend la préparation de son mariage avec ce jeune homme que l’on connaît déjà : un sinistre crétin selon Cormoran…le tueur l’appelle Jolicoeur
  • Cormoran fréquente sans enthousiasme une femme assez ennuyeuse…
  • Robin et Cormoran qui s’aiment sans se l’avouer, se querellent se réconcilient…

Les apartés qui servent à retarder l’enquête sont inévitables dans les polars : dans les bons polars, ils sont attrayants. Le second concernant Robin retient l’attention, il révèle quelque chose de son passé. Mais rien de très passionnant, tout de même… Robin se révèle assez conformiste.

Les personnages : les suspects se ressemblent ; du moins dans l’esprit du lecteur. On les confond parfois : l’un est du genre plutôt pédophile, l’autre est cruel avec les femmes, le troisième l’ex-beau-père de Cormoran est comme le second, mais il est complètement camé.

Ces suspects ne sont pas assez différents les uns des autres…

Au final, le roman se lit bien, et reste attrayant, malgré ses défauts. Les fils de narration sont bien alternés ; le meilleur ( le pérégrinations de Robin et Cormoran à travers Londres et la province, et la rencontre de différents témoins potentiels) fait passer le moins bon ( Le côté thriller que je n’aime pas , la femme que fréquente Cormoran, le peu de personnalité des « méchants »).

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 10:10
SJ Watson Une autre vie

Sonatine, 2015

Julia est photographe de métier. Dans une exposition elle reconnaît une de ses œuvres ; y apparaît un certain Marcus( nu dans le miroir...), importante figure d’un passé peu glorieux, qu’elle voudrait oublier.

A présent, elle mène une vie rangée, un mari chirurgien, un fils, Connor, qui n’est que son neveu. C’est à 16 ans que sa sœur l’a mis au monde, et elle ne réussissait pas à s’en occuper ; avec le temps, l’héroïne et son mari sont devenus les parents adoptifs de l'enfant, et le chérissent, mais ils n'ont pu l'adopter légalement.

Doris, la jeune sœur voudrait reprendre Connor !

Et voilà qu’elle se fait assassiner…

Pour retrouver l’assassin de sa sœur, Julia consulte un site de rencontre sur Internet où elle avait l’habitude d’aller. Elle y est encouragée par Anna la colocataire de sa sœur.

Elle fait connaissance de Lucas sur le site; se rend compte que sa sœur avait peu de chance de le connaître, mais dans le doute… et surtout Lucas lui plaît, mais qui est vraiment Lucas ?

Une histoire bien ficelée et qu’on suit avec plaisir, mais l’écriture est une vraie désolation ! les personnages n’arrêtent pas de répéter « désolée, désolé, absolument désolée » (c’est un tic que l’on regrettait déjà dans le dernier opus…) et le reste est servi de façon ordinaire. Des efforts de style l’auteur en a beaucoup à faire ! mais qu'est-ce qui m'a pris de relire Watson? Il faut croire qu'il a des qualités...

Peut-être que le traducteur aurait pu pallier l’inconvénient : les synonymes de sorry ne manquent pas. Attristé, peiné, chagriné, contrarié, navré, consterné….

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 18:40

Actes sud Noir 2011

Ishigami, enseigne les mathématique à des collégiens peu intéressés, et passe tout son temps libre à résoudre de difficiles problèmes. Rien d’étonnant à ce cette vie austère et isolée lui pèse, même s’il ne s’en rend pas compte. Le résultat c’est qu’il a fini par tomber amoureux de sa voisine Yusako, une fraîche jeune femme, qui travaille dans un restaurant et élève seule sa fille. Lorsque Yusako, poursuivie par un ex-mari violent et pingre, en vient à le tuer avec l’aide de sa fille, il vole à son secours : n’importe qui aurait hésité à se rendre complice d’un meurtre, mais l’amour rend fou, on le sait.

Grâce au système élaboré par l’ingénieux professeur, la police tourne autour de Yusako, principale suspecte, et ne peut rien prouver, ni même comprendre. Que faisait le cadavre du mari près d’un campement de SDF ? Pourquoi avait-il emprunté un vélo neuf, abandonné en mauvais état près d’une station de métro ? Pourquoi les doigts du mort sont-ils brûlés et son crâne défoncé, puisqu’on n’a aucun mal à l’identifier ? Enfin, Yusako a un alibi en béton…

Des questions que l’inspecteur Kusanagi n’arrête pas de retourner dans sa tête, sans rien trouver de valable. Il en vient à s’ouvrir à son ami Yukawa, physicien qu’il connaît depuis l’université. Or Ishigami a fréquenté la même université, et Yukawa l’a bien connu. Ce dernier décide de rendre une petite visite à son ex-ami, le voisin de la suspecte....

C’est là sûrement le meilleur roman d’Higashino, bien que les autres méritent aussi le détour. En effet la stratégie d’Ishigami ne cesse de surprendre, et même si le lecteur en sait plus que la police, il est loin de tout deviner, et le suspense est maintenu jusqu'au bout, rendant cette enquête passionnante.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 09:08

Albin Michel, 2016 , 650 pages.

En 1994, une jeune fille est retrouvée morte fauchée par une voiture perchée en haut d’un arbre, d’où l’a propulsée le véhicule de l’assassin.

Elle participait à un stage de formation culturelle à Bornholm, une île du Danemark.

On a conclu à un accident, et le chauffard s’est révélé introuvable.

Le policier qui s’en occupait, Hansatt appelle Carl Morck pour lui dire de rouvrir l’enquête. Morck l’envoie promener, mais Hansatt se suicide lors de son pot de départ à la retraite.

Morck et ses acolytes décident alors de s’occuper de cette affaire.

On découvre que La jeune fille, Rachel, flirtait avec un garçon du stage et qu’elle l’avait laissé pour un homme plus âgé, vivant dans une communauté hippie.

Les trois policiers sont à la recherche de cet homme. Une longue recherche s’ensuit, on ne tarde pas à découvrir que la veuve d’Hansatt avait-elle aussi- succombé au charme du mystérieux hippie tendance Hari Krishna doublé de Dom Juan…

Parallèlement, nous faisons connaissance avec le centre de « naturabsortion » sis sur l’île d’Öland en Suède; il est tenu par un certain Atu Sahmanesh Dumuzi , révéré comme un dieu : il s’approprie des femmes de la communauté à sa guise. Son adjointe Pirjo, est extrêmement jalouse de ces femmes.

Voilà un roman très bien documenté sur les différentes pratiques issues du « développement durable » associé ( ou pas, selon les cas) à des rituels religieux et à un régime de dictature et de charlatanisme plus ou moins avancé.

C’est une enquête classique, bien menée, et les policiers sont bien typés. Évidemment ce roman étant le septième de la série on ne comprend pas tout du vécu de ces policiers, Rose en particulier...

j'ai l'intention de continuer la série par le premier roman, à l'occasion.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:27
Johann Theorin Fin d’été ****+

Albin Michel, 2013

Retour à Öland ; le vieux Gerlof sort de sa maison de retraite pour l’été ; il commence à trouver le temps long.

Il y a 70 ans, début des années 30, il aidait le fossoyeur pour se faire un peu d’argent l’été. On enterrait Edvard Kloss , mort écrasé sous un mur d’une dépendance de sa maison. Mort sûrement pas accidentelle… au moment de la descente en terre un gamin de douze ans Aron Fredh apparaît pour aider à descendre le cercueil. Des coups sourds, pendant l’ensevelissement font croire qu’il est vivant. On le ressort, mais le docteur Blom est formel : bien mort… on le ré enterre et les coups reprennent…

Ce n’est qu’à la fin du roman que Gerlof entrevoit une explication rationnelle.

Entre temps il aura à aider pour sauver des vies dans une histoire de vengeance. Aron Fred ( dit le Revenant) 70 ans plus tard est de retour au pays et cherche à se venger des Kloss.

Mais il y a des « bons Kloss » le petit Jonas, confident de Gerlof, qui a vu des morts vivants ! et son papa Niklas frère cadet de Kent Kloss, descendant tout aussi méchant qu’Edvard le mort des années 30…

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cet auteur . je regrette un peu qu'il soit retourné à l’île d’Öland, son précédent roman nous avait transporté ailleurs... toutefois, l'intrigue est très intéressante, et l'on a aussi la terrible expérience du goulag ( ce n'est pas Ivan Denissovitch mais c'est très bien tout de même).

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 11:24
Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable

Sophie Hénaff Poulets grillés ****+

Albin Michel, 2015, 340 pages.

Lauréate du prix du polar de Montigny 2015.

(Ce sera hélas le dernier salon du polar pour Montigny, la mairie ne veut plus le reconduire !)

Le directeur du quai des Orfèvres Buron a constitué une brigade de flics spéciaux ayant fait l’objet d’une commission disciplinaire, et mis au rancart. Dorénavant ils vont retravailler tous ensemble. Il leur a affecté un appartement grand mais décati avec des pièces pouvant servir de bureau, de vieux meubles, un antique téléphone en bakélite…

S’y retrouvent d’abord la commissaire Anne Capestan, coupable d’avoir tué un criminel sans la légitime défense. Elle dirigera le groupe. Ensuite viennent Lebreton écarté pour homosexualité, une autre jeune femme qui écrit une série policière à succès, le lieutenant Torres, accusé de porter malheur… et une dizaine d’autres tout aussi marginaux et bien typés.

Ces flics héritent d’affaires classées trop vite notamment l’assassinat d’une vieille dame, soi-disant un cambriolage qui a mal tourné, et celui d’un marin ayant fait signer une pétition pour indemniser les victimes du naufrage d’un ferry venant de Floride…

Les nouveaux enquêteurs, Capestan en tête ne tardent pas à s’apercevoir que les deux affaires sont liées.

Ce roman est fort agréable à lire, humoristique, et non dépourvu d’émotion, avec des formules amusantes, de l’action, du suspens, tout cela tiré d’une idée de départ originale, et dont l’auteur a su tirer tout le parti possible. Un premier roman très réussi !

Le crime de Julian Wells ****Thomas H. Cook

Seuil Policiers, 289 pages, 2015 édition originale en 2012

Après le suicide de son ami Julian, Philip cherche à comprendre ce geste car Julian n’a laissé aucune explication.

Philip est critique de livres ; Julian après des études de science politique, a failli devenir diplomate comme le père de Philip auquel il était attaché ayant perdu le sien trop tôt.

Finalement, il s’est consacré à l’écriture de livres dans lesquels il reprenait certaines affaires criminelles parmi les plus abominables que l’on puisse trouver, surtout en ce qui concerne la torture: ainsi reprit-t-il le massacre d’Oradour sur Glane, les exactions de Gilles de Rais, celles de la comtesse Bathory et d’autres affaires moins connues… décrivant par le menu ce qu’endurèrent les victimes. A chaque fois il se rendait sur place et prenait des foules de notes interviewait des gens.

Pourquoi cette fixation malsaine, se demandèrent souvent ses proches ? Qu’apportait-il de plus que quelques détails macabres et des réflexions un peu fumeuses sur le mal ? Puisque des passages des livres de Julian sont abondamment cités, le lecteur réfléchit à la portée du travail de Julian…de son obsession pour la torture il veut tirer quelque chose : un autre regard sur des affaires criminelles, une réflexion sérieuse.

Il semble que son témoignage sur un pays africain ( le Swaziland) ait une portée sociale importante ( c’est celui dont on parle le moins, dommage…) celui sur l’espion russe doit sans doute apporter aussi des informations intéressantes ; les autres semblent plus limités …

Philip se met à enquêter sur un secret que Julian lui aurait celé ; en effet, Julian a tout de même laissé un mot bizarre en dédicace de son premier livre : « A Philip, en souvenir de mon crime dont il fut témoin ». Il semble donc que cette pratique (écrire des livres sur les tortures criminelles) soit une sorte de pénitence que Julian s’était imposée. Et qui n’a pas suffi puisqu’il a fallu qu’il se tue ! Mais quel est son crime ? Qu’est ce qui a empoisonné sa vie ? Philip ne se souvient pas qu’il ait commis la moindre mauvaise action en sa présence !

Avec l’aide de Loretta la sœur de Julian, ils passent au peigne fin la vie de Julian, ce qu’ils en connaissaient, ce qu’ils peuvent en apprendre. Il semblerait que tout se soit joué en Argentine : Julian et Philip s’y rendirent encore jeunes, et visitèrent la ville à l’aide d’une jeune guide jolie et cultivée Marisol.

Marisol disparut soudainement à la fin de leur séjour, probablement victime de la Junte ( nous étions au début des années 80). Mais elle ne semblait pas devoir subir un tel sort, ne faisait pas de politique. A moins qu’elle ne soit différente de ce qu’elle paraissait ? Et si c’était Julian qui était autre que ce qu’il montrait ??

.

C’est un roman sur la culpabilité et les ravages qu’elle peut occasionner ; ce serait un bon livre si le narrateur Philip n’était pas aussi rasoir ! Il raconte en dix pages ce qu’il pourrait dire en trois et son délayage présente peu d’intérêt. Les nombreuses citations dont il truffe son récit font penser à Ken Bruen ( pour moi ce n’est pas un compliment…). On s’ennuie souvent, et c’est bien dommage, car l’idée de départ était excellente, le parcours de Julian intéressant…

Sylvie Granotier La Rigole du diable ****

Albin Michel suspense

Catherine Monsigny, jeune avocate, va plaider pour la première fois : Elle défens Myriam, accusée d’avoir empoisonné son mari Gaston. Myriam est une jeune femme noire émigrée du Gabon ; elle avait épousé un célibataire de 60 ans qui venait de perdre sa maman. Ça se passe dans la Creuse. Autrefois Catherine, à présent parisienne, a vécu aussi dans cette campagne lointaine : au cours d’une promenade, sa mère a perdu la vie battue à mort par un individu que la petite fille de 4 ans aurait pu voir sans en avoir conservé le souvenir.

Catherine vient de faire la connaissance de Cédric, petite quarantaine et entame une liaison qui n’est pas de tout repos. Elle s’en fait aussi pour son père, veuf depuis longtemps, seul et inquiet…

Le roman vaut par la psychologie d’au moins trois personnages : Myriam, accusée d’avoir empoisonné Gaston, une femme difficile d’approche, qui semble cacher pas mal de secrets ; Cédric l’amant tour à tour aimant, possessif, inquiétant, ironique, dont on ne sait quoi penser ; et le père de Catherine qui n’a jamais voulu révéler à sa fille quoi que ce soit sur le meurtre de sa mère.

Que sait-il au juste et que n’a-t-il pas voulu savoir ?

Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable
Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:42
Ian Rankin l’Appel des morts ****

A Édimbourg et dans ses environs pendant le G8 de 2005, le mois de juillet est une période agitée. Une grande manifestations d’écologistes débute, des bandes de délinquants profitant de la pagaille, sèment le trouble, l’élection de Londres pour les JO de 1012, excite une partie de la population, et, pour finir, de sanglants attentats furent perpétrés dans le métro et le bus.

Pendant une réunion du G8 au château, un député, Ben Webster tombe du haut des tours et se tue. Accident ou crime ?

Trois délinquants fraîchement sorti de prison, coupables entre autres d’agressions sexuelles et de viols, sont assassinés visiblement par la même personne, conclut John Rebus.

Et voilà! je fais connaissance avec le célèbre policier Rebus !

Faut-il prononcer ribeuss ?

C'est un inspecteur alcoolique presque à la retraite, et voici son adjointe Siobhan (prononcer Chioveun ?) à qui l’enquête a été confiée.

Ils recherchent le meurtrier de Ben Webster en même temps que celui des trois violeurs.

Pendant la manifestation, la mère de Siobhan est agressée par un homme, la jeune femme recherche l’assaillant.

Pour tout cela les enquêteurs auront besoin de leur indic le plus précieux, Cafferty, (Keffti, non ?) mais aussi un scélérat notoire. D’autres personnes interviennent comme aide, suspects, ennemis, ou simples obstacles, parfois tout cela à la fois : une mystérieuse femme nommée Santal, qui filme les événements, un membre de la police de Londres Steelforth, un ex de Siobhan, Eric Bain et sa compagne Molly, une policière Ellen Wylie (ouail-li ou oualaille , c’est la question…) qui a des raisons d’en vouloir aux violeurs, une journaliste qui a servi de « nègre » à Cafferty pour son autobiographie, une sœur de Ben Webster, policière également, le chef de Pennen Industrie, Richard, … et bien d’autres gens.

L’intrigue est complexe, on enquête sur plusieurs tableaux, on s’emmêle un peu les pinceaux, l’actualité politique chargée à laquelle tient l’auteur est largement commentée sans rien apporter de plus que ce que les journaux nous apprirent ( c’est pourquoi on s’ennuie un peu) , et l’intrigue policière, un peu trop délayée, notamment avec d’interminables dialogues, tient la route.

Plus ambitieux que « Portes ouvertes » ce roman est moins réussi, mais possède d’incontestables qualités.

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