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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 12:11


Gallmeister 2021, 536 pages


Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l’île n’ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des “crimes non élucidés” de la police de Cagliari, l’ombre des disparues s’immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d’une nouvelle victime les place au centre d’une enquête qui a tout d’une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l’énigme.


La première enquête de Mara Rais et Eva Croce nous plonge dans les somptueux décors de la Sardaigne, au cœur de ténèbres venues du fond des âges.

 

Un petit garçon quitte son lit et suit son chien qui est attiré par l’odeur du sang. Un homme avec un masque de bouc fleuri vient d’achever une victime ; le gamin ne parlera jamais de ce crime mais on comprend assez vite que cela l’a influencé pour entrer dans la police… toutefois nul n’a jamais osé s’attaquer aux Ladu , une tribu marginale qui vit dans une région désertique de l’île de Sardaigne.

les conditions rudes dans lesquels ils vivent les ont rendus très résistants ; ils n'aiment pas qu'on les contrarie!. En fait, on sait qu’ils existent mais on les craint et on se contente de les éviter…


En parallèle se déroule une intrigue beaucoup plus classique ; une jeune fille  a été violée et mise à mort ; elle participait à des  séances d’orgie et de drogue , dans une secte dont les membre imitent les vieilles traditions du pays. Volontairement ou non ? en tout cas elle l’a payé de sa vie.
Les enquêtrices Eva ( venue de Milan ) et Mara ( indigène adorant parer sarde ) soupçonnent un professeur d’anthropologie qui étudiait ces pratiques ( et sans doute y participait…) ; les crimes de la tribu des Ladu intéressent aussi le vieil inspecteur qui supervise les deux jeunes femmes.


Les paysages sont bien décrits, la tribu sanguinaire ancestrale fait froid dans le dos, on se demande si elle existe ? l’autre partie du récit ( le roman policier proprement dit) est d’intérêt moyen. Les deux inspectrices font semblant de se détester alors qu’elles s’apprécient, c’est un peu convenu ; les interrogatoires sont bien trop longs et  les  dialogues faiblards. On  ajoute du pathos ( le drame d’Eva , la maladie du vieux policier) qui ne servent pas l’intrigue.

 

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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 14:02

Jorn Lier Horst Le Code de Katharina
Gallimard (noire) 2021,464 pages.


Cela fait vingt-quatre ans que Katharina Haugen a disparu. Depuis, William Wisting explore obstinément les archives de ce dossier non élucidé. Et personne n’a jamais pu déchiffrer ce qu’on appelle le code de Katharina : des chiffres, des lignes et une croix que la jeune femme avait griffonnés sur une feuille trouvée dans sa cuisine.
L’ouverture d’une enquête sur son mari, Martin, suspecté d’avoir jadis été impliqué dans l’enlèvement de la fille d’un industriel milliardaire, laisse envisager un lien entre les deux affaires. Mais tout cela remonte à si longtemps… Wisting sera t-il capable d’arracher des aveux à un homme avec qui, sans être tout à fait son ami, il pratique parfois la pêche au lancer et à la foëne ?


Une très agréable lecture, écriture précise , personnages suffisamment complexes pour qu'on les suive,  bien rendus dans leurs soucis quotidiens, habitudes, occupations professionnelles, méticuleusement décrits jusque dans les petits détails. Une ambiance réelle. Une intrigue qui se développe lentement mais sûrement avec un supense savoureux. Un digne héritier de Mankell.

 

 

Jacques Expert Qui ? ***
Sonatine 2012 ( édition du Livre de poche)384 pages

Qui ? par Expert
Dix –neuf ans après le viol et  l’assassinat de Laetitia Doussaint 10 ans, une émission télévisée reprend l’affaire : malgré plusieurs gardes à vue, de multiples interrogatoires, et l’arrestation d’un suspect qui s’est révélé innocent, on cherche toujours le coupable. Les quatre principaux suspects sont devant leur TV avec leurs épouses respectives à regarder l’émission. On sait bientôt que l’une des épouses collabore avec un commissaire appelé «  Grosse tête » pour faire tomber son assassin de mari.
La construction du roman ce sont de court chapitres mettant en scène tantôt l’un des suspects, tantôt sa femme, avec en tête de chapitre l’heure à laquelle a lieu la scène, tantôt la femme qui s’apprête à la faire tomber ( « elle ») ou le tueur lui-même( « lui »).
Le jeu consiste à deviner qui est le coupable des quatre types. Au début, cela fonctionne assez bien. On élimine les suspects au fur et à mesure que des indices sont dévoilés. On note leurs similarités  fort nombreuses, d’autant plus que chacune des épouses semble soupçonner son conjoint.
Cependant la lassitude s’installe au dernier tiers, même si on n’abandonne pas la lecture. Le coupable est à ce moment évident…
Le portrait de cette petite société est très noir : les suspects, coupables ou non, sont insupportables en tête l’horrible Antoine Vasseur, qui bat son épouse, et fanfaronne à tout va. Les personnages répètent à l’envi que la peine de mort devrait être rétablie, tout le monde est terriblement vulgaire, et sans éducation ni culture, même l’instituteur, dont on attendrait un peu d’humanité est raciste ;  on dirait un repaire du Front national, c’est ce qu’on appelait autrefois « la France profonde «  (l’appellation est un peu abandonnée).
Des qualités, donc, essayer un autre titre éventuellement.

 

 Jane Smiley Un siècle américain 1 «  Nos premiers jours « ***+

Nos premiers jours par Smiley
Rivages poche, 583 pages


Walter Langdon rêve d'avoir sa ferme et d'obtenir son indépendance, loin du regard paternel. Avec sa femme Rosanna, il décide d'acheter une exploitation agricole dans l'Iowa. Sur cette terre, sa famille connaît les grands bouleversements historiques de la première moitié du XXe siècle, de 1920, à l'aube de la dépression, jusqu'en 1953.
Un pavé solide et des personnages sympathiques ; un côté positif ! Chacun tire le meilleur de lui-même ; c’est plutôt rare ! L’auteure se met dans la tête des enfants même tous petits et ça sonne plutôt juste.
 On dénote un certain angélisme : les Langdon sont tous d’honnêtes travailleurs, surdoués dans tous les domaines, durs à la tâche courageux, réussissant à peu près tout ce qu’ils entreprennent… C’est un peu too much !
A suivre, tout de même, éventuellement.

 

Liane Moriarty Neuf parfait étrangers ***

Neuf parfaits étrangers par Moriarty

LP, 672 pages.


A Tranquillum House neuf personnes viennent s’offrir dix jours de «  détox yoga bien être et pleine conscience «  une expérience plutôt mouvementée…menée par Malka une femme russe qui a autrefois fait une expérience de mort imminente.
Elle donne à ses pensionnaires «  détox » de très bons smoothies ( qu’ils boivent lentement, ils n’ont pas grand-chose d’autre à consommer) mais au bout de quelques jours de « yoga » au clair de lune, méditation, smoothie, et marches dans le parc, ( ennui profond garanti pour moi,  mais ils supportent bien) vient une nouvelle séance où Malka a forcé la dose ; l’une des pensionnaire , sage-femme de son état s’écrie «  vous nous avez drogués ! »
L’intrigue est bien menée les personnages correctement campés. Mais je trouve qu’après le stage, finalement ils sont tous contents de leur sort, alors que j’espérais une critique de ces stages Détox-Zen et ça semblait parti pour… mais ce n’est finalement pas ce que je croyais…
Reste l’histoire en elle –même, qui divertit, on ne peut le nier…

 

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24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 18:44

LP, 1989, 856 pages

Titre original: Painting the Darkness

1882 ; William Trenchard un peu plus de trente ans est marié à Constance ; ils vivent dans une belle propriété à St John’s Wood. William appartient à la haute bourgeoisie et est associé à l’entreprise familiale Trenchard and Leavitt ; le métier ne  lui plaît guère. Constance est la fille d’un chanoine qui officie à la cathédrale de Salisbury.  Ils sont mariés depuis 7 ans et ont une petite fille bizarrement appelée « Patience » . Onze ans plus tôt Constance a perdu son fiancé sir James Davenall ; il a laissé un mot annonçant son suicide sans en donner la raison.

Voilà qu’arrive au logis des Trenchard un individu qui prétend être le fiancé disparu.

Cependant , Constance qui aime toujours James a très envie que ce soit lui…

Le prétendu James Davenall s’est également présenté dans sa « famille «  chez sa mère, son frère , son oncle … dans leurs demeures respectives ; Il ressemble beaucoup à James,mais  ceux qui l’ont connu s’accordent à repousser l’idée que ce serait lui…

Trenchard doit entrer en contact avec la famille aristocratique du prétendu James. Un milieu dans lequel il n’aurait pas été reçu sans cette étrange affaire, et s’y trouve gêné.

Le médecin de famille est convoqué , fait des révélations troublantes...

Le conflit ne fait que s’envenimer, tandis que Constance se rapproche de plus en plus de son prétendu ex fiancé  !

l’affaire prend une drôle de tournure, James veut un procès espérant se faire reconnaître pour l’héritier Davenall… et écarter l’époux légitime de Constance .

William entreprend une enquête serrée pour démasquer l’imposteur. Il découvre quelques indices intéressants, mais a affaire à forte partie…

Un gros pavé ! Parfait pour l'été  il se lit très bien, en dépit de certains personnages  agaçants  comme le nommé Plon-Plon le descendant de Napoléon, présenté comme un fainéant bavard et hédoniste, et qui, c'est un comble! ne sert pas l’intrigue… les descriptions sont  scolaires mais soignées, les personnages plus ou moins stéréotypés : les femmes ne font rien d’intéressant ( en même temps on est dans l’époque victorienne…).

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 14:30

Folio-Policier, 519 pages.

Le cadavre d’une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène. Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l’oeuvre du basajaun, un être mythologique ? L’inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l’enquête, se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu’elle a tenté de fuir toute sa vie durant.
Jonglant entre les techniques d’investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d’Elizondo.

L’intérêt du roman est de nous faire découvrir le Pays basque espagnol, la Navarre, la vallée de la Baztan ( Bidassoa )  ses grandes forêts de légende : Un être mythologique bienveillant, mi-homme mi animal velu et mesurant deux mètres le basajaun, fait des apparitions et l’on est prié de croire au surnaturel car des caméras de surveillance l’ont filmé. Amaia verra aussi une femme près d’une grotte qui lui enjoint d’y laisser une pierre pour booster sa fertilité.

En effet Amaia voudrait un bébé de son compagnon James ( et lui encore davantage) mais elle ne veut pas de ces traitements barbares ( la fécondation in vitro…) .

On recherche un serial killer comme le dit la couverture, et on sait qu’il est du village d’Elizondo où Amaia est revenue pour enquêter. Elle y a laissé de mauvais souvenirs : sa mère , perturbée psychiquement l’avait prise comme souffre-douleur. Sa sœur aînée Flora qui a repris l’usine familale de fabrication de pâtisseries locales ( des txatxingorri , on apprend que ça  le goût des madeleines )

C’est un policier thriller plutôt classique. Certains personnages sont sympathiques ( Amaia, ses sœurs, sa tante) les hommes sont en dessous de tout, ou alors assez fades, et le compagnon d’Amaia trop parfait pour retenir l’attention.

Malgré des qualités des narration et de description, ça manque d’originalité…

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 17:48

Folio-Policier thriller, 366  pages, 2019

Andrey Grimaud journaliste enquête sur les crimes de l’Empailleur, un taxidermiste qui dépèce ses victimes et les naturalise.

Enfant, elle vivait souvent au Hameau des Purs une secte, une existence à peu près comme les Amish( eh oui , la lampe à huile !) sans la religion car  ses grands parents Gabrielle et Abel (elle, la cuisine, surtout les crêpes, lui , sculptant les pipes…)y résidaient et elle aimait y passer dut temps.

Et pourtant, elle n’y était acceptée que du bout des lèvres ; le frère Bonaventure ne voulait plus d’elle mais le frère Hippolyte la protégeait. Elle y  fréquentait « le Gars » dont le vrai nom était Léman qui partageait la vie  de la Crochue, sa grand –mère.

Les gens de la secte sont parents avec les autres  habitants  du Hameau : on ne sait pas très bien qui est parent de qui…  Tout le monde est barjot, Audrey y compris…

Audrey raconte tout cela au commissaire Frank Tiberge, devenu son amant. Il y a eu un incendie chez les Purs (en effet « puros «  c’est le feu !!)  et les séquestrés de la cave ont été carbonisés.

A peine a-t-on eu le temps de voir Frank qu’il se fait dépecer lui aussi ! Audrey enquête chez une vieille  dame qui lui révèle plein de choses bizarres sur le taxidermiste ( un certain « Wenger », quasiment « Venger « façon suisse allemand) le père de Léman, qu’Audrey ne voit plus. La vieille se fait estourbir évidemment. Puis Audrey et son coéquipier tombent dans  un piège idiot concocté par un soi-disant confrère de la gazette locale.

La fin est plutôt ennuyeuse : on met du temps à comprendre ce qui s’est réellement passé pour Audrey. Quant au tueur, on le connaît peu, seulement par ouï dire, et lorsqu’on fait sa connaissance on est obligé de rechercher dans la seconde partie ce qu’on dit sur lui, tant ça ne rappelle rien… je suis héroïque d’avoir lu ça jusqu’au bout !

 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 10:11

( This is How it Ends), 2020 Liana Lévi, 390 pages.

Un immeuble a` moitie´ vide au milieu d'un vaste chantier de construction. Quelques occupants, oubliés de tous, qui résistent a` l'expropriation. Un soir, ils célèbrent la sortie d'un livre consacre´ a` leur combat. Mais tandis que la fête bat son plein, Hella, auteure du texte, et Molly, auteure des photos, se retrouvent face a` l'encombrant cadavre d'un homme. La décision qu'elles prennent alors va lier leurs destins, inextricablement. En un savant va-et-vient entre passe´ et présent, le récit des événements qui les ont conduites au drame révèle d'inquiétantes zones d'ombre.

Molly et Hella les chapitres leur sont consacrés en alternance. Molly à la 1 ere personne, Hella à la 3 eme. Molly dans les trois semaines qui suivent la fatale nuit, Hella en remontant le passé jusqu’à un an plus tôt. On découvre le parcours de Hella, qui a fui l’école de police ( son père est commissaire) à cause d’un type qui la harcelait violemment ( et elle répliquait ) du coup la voilà sur les lieux de luttes des activistes radicalisés , manifs contre le nucléaire, vandalisme d’une agence immobilière qui s’occupe de chasser les propriétaires d’un immeuble contre 185 000 livres( impossible avec ça de se reloger à Londres, soupire Molly…) pour en construire de nouveaux plus modernes et plus chers. Hella ne cesse d’en découdre avec certains hommes  un CRS violent, son amant dirigiste, un anar prêt aux actions les plus folles… et finalement elle a tué un homme… Molly... on dirait si elle était française une vieille soixante-huitarde toujours en lutte qui fait le bilan de sa vie entièrement consacrée au militantisme.

On a du mal à s’identifier à ces héroïnes,  leurs façons de s’autodétruire en vaut bien d’autres pourtant… j’aurais préféré suivre les parcours des propriétaires expulsés,  plus ordinaires, sommés de partir ( mais ils sont déjà presque tous partis…).  

J'ai préféré ce roman au précédent " Haine pour haine" également consacré au traitement d'un problème social. Cet opus est plus nerveux, les caractères mieux campés. Une romancière qui s'améliore de livre en livre! Je la lirai encore...

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 10:07

Sonatine, 2019, 297 pages

 

Au départ, il ne s'agit même pas d'un crime. C'est un accident banal, un soir d'hiver au début des années 1990 en Alsace entre Strasbourg et Saint-Louis. Une Mercedes quitte la route et dégringole dans le fossé..

Le conducteur, un notaire de la petite ville de Saint-Louis, est mort sur le coup. Sans doute s’est-il assoupi au volant. Mais le flic chargé de l’affaire, Georges Gorski, va vite se persuader que l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît.

Le romancier écossais a situé son intrigue en France dans une petite ville tranquille entre Strasbourg et Mulhouse. Les enquêteurs,  Raymond, fils de l’accidenté,  et Gorski le commissaire vont pérégriner dans ces trois villes. Raymond ( 17 ans, lycéen, mal dans sa peau) a trouvé un bout de papier dans le bureau de son père avec une adresse à Mulhouse « rue saint-Fiacre « ; il s’y rend, décidé à savoir ce que son  père avait à voir avec cette adresse. Il se conduit comme un vrai enquêteur, relève les noms sur les boîtes aux lettres, surveille les allées et venues, pénètre dans les officines, des brasseries, des bars, un  magasin de brocante… et finira par trouver ce qu’il cherche, et ne souhaitait nullement trouver. Cette partie de l’intrigue donne lieu à des saynètes tragi-comiques  assez bien rendues .

L’autre enquête celle de Gorski est plus conventionnelle. Cependant, j’ai goûté les rencontres  avec le professeur en pantoufles, spécialiste de la Réforme en Alsace et de l’espionnage de sa voisine. Les différentes brasseries, cafés et bars des trois  villes sont plutôt bien décrites, d’un point de vue socio-psychologique. Le Pot, La Cloche, tristes endroits où Gorski se saoule  dans sa petite ville plombante,  le Convivial, le «  bar-miniature de la rue Machbach » , le « petit endroit spécial » derrière la place Kléber, à Strasbourg,  le «  Chez Johnny » à Mulhouse, le café des Vosges à Saint-Louis, où s’ennuient les lycéens,  autant de lieux pour des actions en demi-teinte… les descriptions des protagonistes sont féroces, parfois très appuyées,  mais dans l’ensemble on ne s’ennuie pas. 

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 11:27

10/ 18 (Grand détectives) 2007, 324 pages.

          1er publication 1998.

 

Ce romancier russe a mis en scène une « murder-party » sur un navire quittant Paris,  en partance pour l’île de Ceylan ; deux hommes,  Eraste Fandorine, un jeune russe excentrique (on comprend que c’est un personnage récurrent) et le commissaire Gauche( français)  cherchent un criminel qui aurait embarqué ; avant d’être sur le bateau, il a tué dix personnes ( la domesticité de lord Little Bird, un riche Anglais) en leur injectant une dose d’opium mortelle, puis assassiné Little Bird, lui prenant dans sa collection d’ objets indiens plus ou moins précieux, un bouddha en or et un foulard de soie.

 

On ne sait pourquoi, car le bouddha a été retrouvé dans la seine, et le foulard… n’avait pas grande valeur…

Gauche a trouvé plusieurs suspects, de nationalités diverses,  qu’il a fait réunir pour les surveiller pendant la traversée. Il a choisi ceux qui n’avaient pas les  insignes en forme de baleine qu’on remet à chaque passager : en effet, le meurtrier a oublié ce badge sur sa victime, qui le lui avait arraché.

Cependant pour compléter sa collection de suspects il a aussi pris un docteur (louche, car il sait faire les piqûres, et italien) et Fandorine, qu’il a pris pour un suspect.

La traversée est donc mouvementée, aventureuse, les passagers à surveiller sont très bien campés et ont tous évidemment quelque chose à cacher, les deux enquêteurs ne cessent de se quereller, pour notre plus grand plaisir, et le roman s’avère une parodie très réussie et distrayante. Le style est plus enlevé que celui d’Agatha. Pour le reste, il n’a rien à lui envier !

 

 

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2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 15:14

( Talking to the Dead, 2012)

Presse de la cité, 2013 ( Sang d’encre) 

L’héroïne Fiona Griffith, qui parle à la première personne, est une jeune inspectrice qui enquête avec son équipe sur les meurtres de Janet Mancini, prostituée occasionnelle, et sa fille April, 6 ans.

Toutes deux ont été retrouvées dans un squat sordide ; la mère droguée et asphyxiée, la fillette écrasée par un évier de cuisine.

Nous sommes à Cardiff Pays de Galles, et Fiona est une enquêtrice un peu particulière : adolescente, elle a souffert du syndrome de Cotard (délire psychotique consistant à se croire mort) et en est sortie pas tout à fait guérie ; elle se sent proche des cadavres, et les croit encore vivants quelque part, au fond d’elle-même. 

Car elle aime parler aux morts et rester en leur compagnie. La morgue, c’est son  trip préféré…

 Que dire encore … elle ne mesure qu’un mètre soixante, et ne boit que du thé à la menthe et des tisanes ; et puis elle aime enquêter seule car elle a ses propres idées. Et par là-dessus, elle intéresse tout de même l’inspecteur chef David, et il ne la laisse pas indifférente.

 Tout cela parait difficile à gérer.

L’enquête va viser un certain Ratigan homme d’affaire à présent décédé, client de Janet et qui avait perdu une carte de crédit chez elle. Ratigan était riche et sadique. Son commerce de transport maritime est fort suspect ; Fiona dispose d’un indic, un ancien flic à moitié corrompu qui attend de passer en jugement pour escroquerie.

Les 130 première pages plaisent on trouve que Fiona a un humour noir bien à elle ; la suite est plus monotone : l’enquête est fort classique, et menée sans grande surprise. Fiona finit par décevoir : sa nuit à la morgue n’apporte rien à l’intrigue, et je n’ai pas réussi à être émue, ni  horrifiée ou amusée par ses conciliabules avec les défunts.

L’ennui pointe le nez !  Enfin c’est tout de même un roman structuré et qui se lit…

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 23:00

Les Arènes ( Equinox) 600 pages environ

 

L’Etoile du nord c’est le nom du train dans lequel le dictateur Nord-Coréen Kim-Il Sung ( Notre Cher Dirigeant ) se déplaçait et vivait le plus clair de sont temps... ces données  sont reprises dans le roman, agrémentées d’une péripétie fictive.

 Jenna , une jeune sud-coréenne a perdu sa sœur jumelle,  kidnappée par un sous-marin sur une île de Corée du sud, proche du voisin ennemi. Dix ans plus tard, Jenna est un membre émérite de la CIA : elle compte retrouver sa sœur et on l’implique dans une mission diplomatique durant laquelle elle va rencontrer un des bras droits du Cher Dirigeant : le colonel Cho. Quoique acclamé pour ses bons résultats diplomatiques, Cho est déjà presque condamné à être fusillé (en raison de ses ancêtres qu’il n’a pas connus) et il s’en doute. L’hypocrisie bat son plein ; on lui fait des courbettes , on le célèbre et on prépare sa chute, peut-être son trépas.

N’ayant plus rien à perdre, il va entrer en contact avec Jenna, et qui sait, lui venir en aide ?  …

Pendant ce temps, dans une petite ville de province, une femme d’un certain âge ( qu’on appelle la vieille) va tous les jours à la gare pour faire du commerce : c’est surtout du troc. Son quotidien nous évoque la vie des gens ordinaires, la pauvreté qui les mine… la Vieille  se lie d’amitié avec une jeune femme surnommée «  Bouclette » et elles font ensemble des petites affaires ; mais Bouclette risque  des ennuis avec le pouvoir : elle est chrétienne et distribue des bibles qu’elle va chercher à la frontière chinoise…

Tout le monde, à tous les niveaux, vit dans la peur, les nantis, les élites, les militants clandestins, et les gens du peuple qui cherchent seulement à survivre … …

Le roman est basé sur des récits documentaires sérieux. Le romancier n’a rien inventé à part l’identité de ses personnages et certaines péripéties. Cela ne l’empêche pas  de monter une intrigue cohérente et son roman se lit bien.  Il manque tout de même quelque chose, de l’humour noir, peut-être ? 

Narrations descriptions et dialogues sont corrects mais un peu ternes.

J’ai lu ce roman après avoir lu la chronique de Dasola.

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