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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 16:40

Le Masque, 2008.

Le commandant Lanester est devenu aveugle, après avoir vu une scène éprouvante : le tueur a énucléé sa victime et dessiné un œil à ses côtés. L'œil de Caïn a décidé Lanester qui appelle le tueur de ce nom.

Un ophtalmologiste émérite ne lui trouve aucune lésion. Lanester serait donc atteint d'une forme d'hystérie « de conversion » ? Il se trouve une praticienne et commence une psychothérapie tout en poursuivant son enquête. Il revit son passé, une enfance difficile, voire tragique et tâtonne à la recherche du tueur.

Le roman s'inscrit dans la tradition du policier purement psychologique, mais sans étude de mœurs, en quoi il diffère de beaucoup d'entre eux.

Je me pose les questions qui font de ce genre de polar une réussite ou non

Est-ce que l'on a peur ? Non. Les scènes décrites sont horribles, mais on n'y croit pas tout à fait. C'est d'ailleurs assez curieux, dans le livre de Vargas (Un lieu incertain)qu j'ai lu récemment,  la manière de décrire des scènes de crime insoutenables, les rendent  dérisoires ! Est-ce la multiplication des détails macabres qui a cet effet? Ou la façon dont les spectateurs de ces scènes y réagissent? On sent que pour l'auteur la descripton de ces scènes est un passage obligé auquel il ne croit pas vraiment. 

 Ya-t-il énigme ? Cogite-t-on pour trouver l'assassin ? Non, encore.  Nous savons très bien qui c'est depuis le début. La fausse piste ne tient pas. Idem chez Vargas, d'ailleurs...

La psychologie des personnages ? Elle frise la caricature...On peut admettre que le commissaire "perde la vue" à cause d'un traumatisme mais pas d'une manière aussi radicale. Il aurait pu avoir des moments de trou noir, d'éblouissement ou de "flou" et ç'eut été plus vraisemblable. De plus je ne le trouve pas assez paniqué pour quelqu'un qui se retrouve dans cet état. 

Les autres personnages sont à peine dessinés à l'exception du chauffeur de taxi Kacek auquel on s'attache. Lanester a un frère, Xavier, dont il parle beaucoup, et je m'attendais à ce que l'on fasse sa connaissance.

La cohérence et la structure  sont correctes.Le style est "passe-partout".



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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 23:00
Phyllis Dorothy James a 88 ans aujourdhui.



Tous ces romans sont publiés dans le Livre de poche policier.

Cet opus n'est pas tellement connu. On cite toujours «  Un certain goût pour la mort ».

 


J'ai un goût particulier pour celui-là, court et excellent que j'hésite à poster en littérature policière, d'autant plus que nul représentant de la loi, ni l'inspecteur Dalgliesh ( que j'aime profondément à l'égal de Mrs James elle-même) ni la courageuse Cordélia Gray n'interviennent dans cette  enquête menée par une jeune narratrice...


Philippa Palfrey vient d'avoir dix-huit ans. Adoptée dix ans plus tôt , sans aucun souvenir des ses premières années, elle se met en quête de ses origines, obtient de l'administration son acte de naissance :

«  Rose Ducton, fille de Marie et Martin Ducton ».


 A l'adresse où ses parents biologiques sont censés vivre, elle apprend que son père a violé une fillette 10 ans auparavant, et que sa mère étranglé l'enfant. Condamnée à perpétuité, Marie Ducton a été élargie et doit sortir le 15 août....


Très secouée par cette nouvelle, Philippa va s'expliquer bruyamment avec ses parents adoptifs. Maurice Palfrey est professeur de sociologie et chercheur ( l'intérêt qu'il a porté à Philippa enfant n'est pas étranger à ses préoccupations professionnelles). Hilda, son  épouse,  se passionne pour la cuisine et les travaux domestiques.

 Mal assorti, ce couple  a peu de choses en commun. Enfant précoce, Philippa semble avoir été adoptée aussi pour jouer un rôle d'interlocutrice cultivée avec Mrs Palfrey, rôle que sa femme ne tient pas.

 


 En dépit des mises en garde de ses parents adoptifs, Philippa décide de vivre trois mois ( ses vacances) avec sa mère biologique «  pour faire une expérience ». Elle veut devenir écrivain et imagine là une histoire inédite, qui, en outre, serait la sienne...

Mécontent de son départ, Maurice découvre qu'il tient à elle davantage qu'il ne pensait...


Philippa et sa mère s'installent dans un appartement modeste à Marylebone. Elles s'entendent bien, partagent les tâches domestiques, se découvrent des lectures communes.
Pourtant Philippa n'apprend rien de son enfance avant l'adoption. Sa mètre tente d'expliquer  le meurtre de la petite voisine,  mais se tait sur Philippa elle-même et leurs relations d'autrefois.

La jeune fille a des souvenirs fugitifs de violence extrême, mais ne veut pas   en savoir plus.
Les trois mois écoulés, elle ne veut plus quitter sa mère, capable de complicité voire d'amitié avec elle.
Philippa est en passe de renoncer à ses études, de se condamner à la solitude en vivant avec une reprise de justice...

Mais un homme, George Scase, cherche depuis longtemps la meurtrière de sa fillette, et peut faire évoluer la situation...



Voilà un roman excellent, par le suspense psychologique, l'art de la description et du dialogue, l'intelligence  des personnages, et de leurs motivations.


Grâce à ce talent, la petite cuisine d'un appartement miteux, un étalage de fruits et légumes, un pot de géranium, une roseraie,( apparue dans une sorte de rêve), une bibliothèque un meurtrier étrange vêtu d'un imperméable transparent , des mains qui tremblent, toutes ces petites choses  deviennent précieuses.


Les personnages : c'est la relation ambiguë entre Philippa et sa mère qui nous intéresse le plus, mais les autres personnages ont tous de l' envergure.

 Cette femme restera-elle  incompréhensible ?

Philippa peut évoquer une «  Marie Bell »* qui aurait bien tourné, grâce à une adoption-sauvetage, et au fait que ses géniteurs, délinquants jusqu'au crime, avaient, dès le départ, un désir particulier de s'élever dans leur misère.

Avec Georges Scase, PD James renouvelle le thème du vengeur. Peu convaincu de son désir de vengeance, promesse faite à l'épouse, il recherche dans son passé de petit garçon craintif ce qui pourrait le motiver...


* Marie Bell est une petite fille de onze ans qui a défrayé la chronique dans les années soixante. Sévèrement  maltraitée par sa mère, elle est devenue agressive jusqu'à tuer un camarade de classe...

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 23:44

le jour des Parques

 


Ce roman a été publié en 1968 pour la première fois

L’édition que j’ai eue entre les mains est Rivages ( Mystères).

 

Une jeune femme Sherry doit faire face à la violence de son mari qui prend régulièrement des hallucinogènes pour écrire ; perdant tout contrôle il a blessé Johnny leur petit garçon ; Sherry l’a assommé en retour. Légitime défense.

 

Pendant que son enfant est  en observation à l’hôpital, elle s’installe dans la pension Peabody, toute proche, tenue par un couple dont la fillette est retardée mentale. Dans cette pension se trouvent aussi trois vieilles dames ( les Parques) qui jouent aux Dames, observent les autres pensionnaires, et les spectacles occasionnels par la fenêtre( notamment l'arrivée des ambulances), et commentent…

 

Les Parques vont bientôt exulter, il  se passe quelque chose à la pension !!


En effet, Edward Rynhard le beau-père de Sherry a l’intention de faire divorcer son fils( alité chez eux et toujours dans les vapes) et d’obtenir la garde du petit Johnny. Pas facile, car Sherry est une mère modèle… Edward embauche Cliff un garçon de sa connaissance lui promettant un bon redressement de situation financière s’il réussit à prouver que Sherry n’est pas digne de garder son fils.

Cliff s’installe à Peabody . Sans scrupule, il va inventer toutes sortes de machinations, et nous faire craindre pour l’héroïne. Bientôt c’est une partie de bras de fer qui se joue entre les deux protagonistes….sous les yeux des Parques.


Pas mal, sauf que Sherry est un peu trop parfaite, Cliff un peu trop méchant. Et le papa de Johnny devenu fou et dangereux à vie ,à cause du LSD, c’est un peu exagéré…

Un roman  qui se lit avec plaisir en dépit de son manichéisme, car l'intrigue est bien conduite.


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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 21:39

L.A. Garcia-Roza. «  Bon anniversaire Gabriel ! »

Actes-sud Noir

Rio de Janeiro en 2005. Employé administratif de presque trente ans, Gabriel vit avec sa mère dans un appartement minuscule. Son existence se résume à elle et son emploi depuis que le père est mort vingt ans plus tôt ;

Voilà que ce terne  fonctionnaire demande une entrevue au commissaire Espinosa parce qu'il craint de commettre un assassinat et veut qu'on l'empêche. Dix mois plus tôt pour son vingt-neuvième anniversaire, un diseur de bonne aventure lui en a prédit une bien mauvaise.

Il croit à la véracité de la prophétie et son anniversaire approche.

C'est avant tout un roman psychologique, parfois humoristique, explorant la relation fusionnelle impossible à rompre entre la mère et le fils.





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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 21:04
Texte de 1956. Rivages ( Mystère).

Suite à un conflit avec sa femme ( il se croit trop vieux pour elle) Il a  mélangé  un poison mortel à de l'huile d'olive dans une petite bouteille en vue de mettre fin à ses jours.
  Mais,  ne pouvant se résoudre à accomplir le geste fatal  chez lui, il sort, commence une journée apparemment normale, dans l'attente du meilleur moment pour s'envoyer dans l'autre monde sans trop de regrets.
 Il hésite, retourne le problème dans sa tête, cogite abondamment. Le temps passe, il est de retour à la maison et n'a plus envie de se suicider.
Tant mieux !
Mais la bouteille, qu'est -t-elle devenue ? Où a t'il pu l'oublier ? Dans le supposé dernier bus qu'il  a pris ? Dans le magasin, où il fit ses ultimes courses ? ...
Une bande de joyeux villageois, un auxiliaire de police, le héros lui-même, partent à la recherche de  la bouteille  dans toute la ville et ses alentours, se perdent en bavardages,  et en sentences diverses. 
Une course-poursuite qui ne manque pas de comique.
   

 
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 21:57

Liana Lévi, 2008.( 2007 pour la parution en anglais «  The Mao Case ») 315 pages.

Une enquête de l'inspecteur Chen Cao, la première pour moi.

Fin lettré, poète, ce policier pourrait faire penser au surintendant  Dalgliesh, qui, dans les romans de PD James lit et compose également des vers (mais sans citer les siens).

Fausse piste ! Car nous sommes en Chine, de nos jours, et le policier poète est mandé par le ministre de la Sécurité Intérieure, Huang, pour enquêter sur Jiao, une jeune fille dont la grand-mère fut une concubine du Grand Timonier. Le train de vie de la jeune fille, autrefois modeste standardiste, s'est subitement amélioré et on la soupçonne de se faire entretenir par un Gros-Sous et de posséder des documents compromettants sur  Mao et sa grand-mère.

Travailler pour le Parti ne plaît guère à Chen, mais il ne peut s'y soustraire. Le voilà donc à fréquenter un vieux monsieur Xie, survivant de la Révolution culturelle, qui donne des bals démodés pour les « vieilles lunes » et enseigne la peinture à de jolies jeunes filles, dont Jiao, dans son manoir de Changaï. Chen se fait passer sans mal pour un écrivain.

L'enquête policière est prétexte à nous donner un aperçu des contradictions politiques et culturelles en milieu urbain. Nous vivons une époque où Mao est de nouveau à l'honneur. Ses poèmes, sentences, sa vie privée, son action politique, les exactions qu'il commit, notamment envers les femmes,  hantent le livre. Les personnes qu'interroge Chen, vont chacun à leur manière témoigne de cette époque troublée. Anciens gardes rouges repentis ou non, victimes diverses de la Révolution culturelle, nouveaux riches maoïsés, tous livrent des témoignages accablants...l'évocation est complexe, où se télescopent  l'histoire de la Chine ancienne, celle de Mao, et le contexte actuel où le fossé entre classes sociales se creuse tous les jours davantage.

C'est un texte riche,  réaliste et poétique à la fois, qui  recèle une mine d'informations sur certains milieux sociaux actuels en Chine.

Et pour ne rien gâter, on apprend beaucoup sur  la cuisine chinoise : l'inspecteur Chen  mène ses interrogatoires au restaurant de la simple gargote au restaurant impérial à Pékin, en passant par tous les salons de thé imaginables, les petites bouffes à la maison, les casse-croûte en train. Vous aurez envie de déguster « un œuf de cent ans », une tête de carpe fumée, un poisson vivant des mers du Centre et du Sud au gingembre et ciboule, des tranches de canard frites à l'ail vert...




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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 23:54

Viviane Hamy (Chemins nocturnes), 2008.


Le commissaire Adamsberg, surnommé le «  pelleteur de nuages »,  cherche un tueur qui morcèle les corps.


On a trouvé dix-sept pieds coupés et chaussés devant le cimetière de Highgate. Puis à Garches, en France, un vieil original dont le cadavre est explosé dans sa salle de séjour,  selon une logique difficile à cerner.


Grâce à l'érudition et aux souvenirs d'enfance  de son inspecteur, Danglard, et aux intuitions géniales mais capricieuses du policier,  l'enquête s'oriente vers les vampires. Adamsberg  se hâte vers Kisilova, un petit village de Serbie,  « berceau » (si l'on ose dire...)  de ces créatures de la nuit, dont le tombeau est le refuge par excellence...

Le commissaire est d'autant plus fasciné par les morts-vivants, qu'il se révèle apte à donner la vie, et à mettre au monde...


Outre l'assassin, Adamsberg doit se méfier de l'un des siens, mais il rencontre quantité d'alliés à priori sympathiques : le  jardinier du défunt, Emile, violent mais pacifique, son ostéopathe qui redresse les os et les torts, un chien dévoué, un jeune traducteur  exubérant, une aubergiste pleine de charme qui lui donne le goût des langues slaves...


Ça se lit comme un conte de fée pour adultes...

Lisez des avis enthousiastes :

actu du noir( Jean-Marc Laherrère)

 

 

les routes de l'imaginaire( Cathe)

 

Un avis négatif :

Arc et ciel

 

Et faites votre choix.

 

 


 

 


 


 






 
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:20

Editions Fayard 2001

L'auteur,  Ed Mc Bain, une référence dans le domaine du polar,  a commandé trois « novellas »  (plus longues que des nouvelles, et plus courts que des romans, soit de 70 à cent ou cent vingt pages environ) à des romanciers reconnus.


Des billets sur la planche

Le premier texte est de Westlake et c'est une aventure de Dortmunder. Ce dernier et son complice Kelp acceptent d'aider Querk,  employé d'imprimerie, à fabriquer des billets de banque pour un petit pays d'Amérique latine. Pendant la fermeture de l'usine, ils en émettront un certain nombre et devront ensuite se rendre dans ce pays les échanger contre des dollars... mais  Kelp et Dordmunder se méfient de l'amie de  Querk qui tient une agence de voyage...


Otages

Le deuxième opus est d'Anne Perry. En Irlande du nord la famille d'un pasteur intransigeant se trouve prise en otage par un groupe catholique qui veut faire prendre au pasteur Connel sa retraite pour le remplacer par un modéré. Le pasteur ne veut pas céder même si ces messieurs sont armés et sa famille en danger. C'est Bridget,  jusque là épouse soumise et vouée aux rôles subalternes, qui  va créer une stratégie de survie...


La princesse Maïs : une histoire d'amour.


De Joyce-Carol Oates, qui a excellé aussi bien dans le roman psychologique que dans le polar.

Passionnée par les psychopathes, elle met ici en scène Jude Trahern, élève de 4eme d'un collège privé. La gamine vit avec sa grand-mère, malmenée par l'âge, incapable de l'élever. Avec deux copines qui se trouvent laides, elle a tenté sans succès de plaire au jeune professeur d'informatique.

Toutes trois  échafaudent un plan terrible : kidnapper  Marissa une élève de sixième un peu farouche et mal adaptée, qui possède de magnifiques cheveux blonds très clairs, en l'entraînant chez elle, sous le prétexte de lui offrir une bière dans laquelle elles ont mis de la drogue.

                                         « Bandes de cons !

Quoipourquoi mais ses cheveux pardi voilà pourquoi.

Non mais ces cheveux ! Et bon moi comme je les ai vus au soleil ils sont blonds doré pâle comme des soies de maïs le soleil y allumerait presque des étincelles. Et ses yeux qui me souriaient  avec comme de la nervosité et de l'espoir l'air de ne pas savoir ( mais qui pourrait savoir ?) quel vœu Jude a fait. Car je suis Jude l'Obscure, je suis la maîtresse des regards. »


Marissa est ensuite enfermée dans la cave ;  Jude veut procéder au sacrifice de la fillette pré pubère, semblable à ceux qu'accomplissaient les Iroquois pour demander au dieu de bonnes récoltes de maïs.

L'auteur nous montre des victimes qui s'attaquent à d'autres victimes : Jude Trahern et ses amies ont un physique ingrat, se sentent abandonnées par leurs familles. Leur souffre-douleur, marginale aussi, vit seule avec sa mère, dans un cocon. Toutes sont en échec scolaire.

Le seul avantage de Marissa, aux yeux de Jude, sont ses « magnifiques cheveux » et sa mère qui s'occupe d'elle jusqu'à la couver.  

Les adultes pâtissant aussi de la vengeance des fillettes (la mère de Marissa, et le jeune professeur d'informatique)  sont également fragiles,  et mal intégrés dans la société.


La construction est habile : on entend des monologues  en « j e » et en « il », les voix des  différents personnages alternant entre elles, semés de  rapports de dossiers psychologiques sur la fillette ( dont les résultats se contredisent), de coupures de journaux relatant la disparition et l'enquête, au final une utilisation judicieuse de différents procédés narratifs.  


Cette dernière histoire est fort réussie,  le portrait de la psychopathe intéressant ainsi que le suspense bien conduit. Voilà une novella qui devrait être éditée à part.


En tous cas j'ai bien l'intention de lire les quatre volumes de «  Transgressions »...


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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:10

Métailié-Noir, 2006, 192 pages.

Silvano reçoit une demande en grâce de la part de Raffaello, incarcéré à perpétuité, par l'entremise d'un avocat et de charitables  visiteuses de prisons.

Quinze ans plus tôt, Raffaello a braqué une bijouterie avec un complice. Drogué, et interpellé par les flics il a tué la femme et l'enfant de Silvano que tous deux avaient pris en otage...

A présent Raffaello est malade et pourrait bénéficier d'une suspension de peine.

Silvano n'a en tête depuis quinze ans que Clara sa femme, qui, à l'instant de mourir lui communiquait sa détresse «  tout est noir, je ne vois plus rien, Silvano, j'ai peur... »une phrase qui se répète comme un leitmotiv.  


A l'aide d'une narration alternée, nous suivons  le développement du conflit entre les deux hommes, tantôt dans les pensées et le récit de Raffaello tantôt de Silvano. Tous deux souffrent...et agissent.

Le suspense est bien mené, le récit enlevé, sans ornements.

Certaines choses sonnent faux : la façon de parler du délinquant, à mon avis trop saturée de gros mots  et de vulgarités faciles, pour imiter le parler « taulard ».

«  Putain, j'arrive pas y croire. Quand le type des achats s'est pointé avec ses journauxet qu'il m'a dit : «  Y'a une lettre de Contin pour toi, je pensais qu'il se foutait de ma gueule et j'avais déjà pensé à lui en faire passer l'envie en lui tailladant la tronche aux douches. Mais c'était vrai. Putains, de fêlé de Contin a pondu une belle petite lettre bien nickel ».


 Peut-être est-ce juste et bien documenté, mais c'est un peu forcé.


 Raffaello devient sur la fin, bandit au grand cœur, issue pas invraisemblable, mais ici un peu débordante de bons sentiments.


Ces défauts n'empêchent pas de suivre l'action avec intérêt ; la construction est bonne.


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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 10:56

Gallimard (la noire) 1977.

Sous le nom d'Aimée Joubert, Mélanie Horst, tueuse sans gages, qui ne s'autorise que d'elle-même,  assassine méthodiquement  les hommes «  les gros cons » de Bléville (capitale du fric) et des environs. Des bourgeois bien sûr, petits et grands de toutes les professions,  mais aussi un noble, le baron Jules qu'elle aurait voulu épargner.  Puis,  le drame : une autre femme Sonia, lui fait la peau parce qu'elle a estourbi son mec, et se fait justice.

Les deux agonisantes se réconcilient.

Aimée mesurait 1mètre 61 pour  46 kg.

Je le confesse, non sans honte : c'est surtout ça que je lui trouvais d'admirable. Pour le reste, ce roman est un peu facile et pas très surprenant, quoique bien écrit. Très inférieur au Petit bleu !

Jean Echenoz a signé la postface. On remarquera  que Ravel (dans le roman « Ravel »  que j'avais commenté, je viens de relire mon article, il ne m'a pas ennuyée...) a des mensurations pratiquement égales à celles d'Aimée Joubert !

Cette intertextualité m'impressionne.

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