Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 23:32

Ed des Deux Terres, 2014

Titre original : the Saint-Zita Society, 2012.

Le quotidien des employés de maison de quelques bourgeois aisés de Hexam Place à Londres.

June, demoiselle de compagnie de la Princesse, 78 ans, décide de fonder un genre de syndicats qui se réunit au Dugong pub. Les autres membres le sont devenus pour lui faire plaisir...

Il y a Henry chauffeur de Lord Studley, qui passe son temps à attendre son maître, et le reste à faire des galipettes avec la gent féminine de la haute société.

Il ne s’en plaint pas trop, sauf qu’il a très peur d’être découvert, et que les  femmes ne font rien pour éviter de le compromettre… le docteur est très sympathique avec Jimmy parce que comme lui il a des origines roturières ; Beacon est le chauffeur noir des Still ( l’homme est banquier) il est outré par les mœurs de sa patronne.

Montserrat est catalane comme son nom l’indique ; elle est entrée au service des Still grâce à son père, et n’a rien à faire mis à part servir le thé, ouvrir une certaine porte à certaines heures et surveiller...

Rab est un acteur apprécié de séries télévisées médicales type « urgences » et le petit neveu de June ; la Princesse le reçoit aussi.

C’est Rabia une jeune pakistanaise, qui s’occupe des enfants Still notamment le petit Thomas qu’elle affectionne particulièrement car elle a perdu des enfants en bas âge.

On doit aussi mentionner Dex le jardinier : il adore les plantes et les fleurs et s’en occupe à la perfection.

Et Thea, une drôle de femme qui sert de domestique à tout le monde, tout en proclamant qu’elle n’est pas une domestique !! Sa culpabilité et son orgueil lui coûtent cher…

Le crime se commet à la moitié du roman, ne soyez pas trop pressés !

Un bon Rendell, des personnages divers et bien campés, une action lente mais agréable à suivre, un humour féroce, crime et assassinats au rendez-vous ; Rendell est toujours bonne lorsqu’elle fait évoluer des employés de maison…

Partager cet article
Repost0
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 16:42

Fleuve noir, 2014, 281 pages.

 

Exergue : « la folie est peut-être un chagrin qui n’évolue plus « Cioran.

 

De la folie là-dedans, il n’y a presque que cela ! On est servi en schizophrénie !

Dans une famille défavorisée, la violence règne : la mère est épuisée par le travail ; le père cogneur s’est fait la malle, et les enfants Sébastien six ans et Valérie 12, se détestent…

Un soir funeste, Valérie s’est retrouvée dans la cuisine avec un couteau dans le ventre. La mère accuse Sébastien, mais comment peut-on incriminer son petit garçon de six ans ?

Le petit Sébastien s’impute le crime lui aussi, puis se rétracte : à l’évidence c’est maman qui a poignardé sa fille. Prison ferme.

Valérie et Sébastien vont en foyer d’accueil. Lorsqu’ils sont mis en présence, Valérie terrorise son frère : le psychiatre qui s’occupe du garçon la fait enfermer  et permet à Sébastien d’être adopté. Il va devenir médecin, fonder une famille.

Lorsqu’il rencontre Claire, commissaire de police déprimée, mais prête à refaire sa vie, un tendre sentiment naît entre eux. Mais très vite, des meurtres se produisent au sein du service hospitalier de Sébastien.

Valérie n'est plus internée, et maman a disparu dans la nature...

Voilà un thriller abominable, avec de terribles courses-poursuites, des enfermements, et d’où tout happy- end semble impossible à mesure qu’on progresse dans la lecture ! Claire et le lecteur sont sans cesse aux prises avec des psychopathes avérés ou en herbe.

C'est pour  le perroquet gris du Gabon, également rendu fou, que je suis le plus triste!

Dans l'ensemble, je conseille ce truc de dingues ; on ne s 'ennuie pas une seconde.

Partager cet article
Repost0
22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 10:12

Flammarion, 2017, 476 pages

 

Le commissaire Adamsberg, réside en Islande depuis le roman précédent. Une petite île loin de la civilisation. Il accepte d’être rappelé à Paris pour résoudre une affaire criminelle qui lui prend peu de temps.

Puis meurent trois messieurs octogénaires, piqués chaque fois par une « recluse » un petite araignée qui ne s’attaque pourtant pas à l’humain, et si elle le fait, son venin est faiblement nuisible. Le commissaire trouve qu’il y a anicroche, et va  consulter un entomologiste au Museum d'histoire naturelle . Il en revient avec la certitude que les victimes de recluse, ont été assassinées. L’enquête commence, sans le concours de Danglard violemment opposé à cette procédure, tandis que le restant de l’équipe suit Adamsberg, en y croyant plus ou moins.

Je dois dire que c’est Danglard qui a raison, cette enquête n’aurait pas dû avoir lieu, je me suis ennuyée à la suivre. Le charme « Vargas » n’a pas opéré, cette fois ci sur moi. Je me demande pourquoi j’ai lu tout ce roman, alors même que de mystère il n’y en a pratiquement pas. On sait tout de suite, qui a tué, et comment, les explications du professeur le laissent facilement deviner ! Le pourquoi vient aussi assez vite…

Mais ce n’est pas pour cela qu’on lit Vargas, m’objecterez-vous, c’est parce que Adamsberg et son équipe sont tellement originaux et sympathiques… et leur monde si particulier… eh bien, cette fois, Adamsberg m’a carrément horripilée.L’auteur en rajoute avec son intuition extraordinaire, ses « proto-pensées », nous versons dans une ambiance ésotérique appuyée.

Et l’écriture ? mais l’écriture ne m’a pas plu, justement. Il y a beaucoup trop de dialogues, et de répétitions des mêmes informations et états d’âme du commissaire, dans ces propos auxquels Le lieutenant Veyrenc prête une oreille bien trop complaisante.

Et à l’opposé des précédents romans (ceux que j’ai lu tout au moins) manque l’évocation d’une légende, d’un monde autre… les araignées ne sont que de vulgaires insectes (non, je n’en ai pas peur, elles ne m’inspirent pas non plus…) le parcours du coupable est un peu trop héroïque, et ceux des victimes vraiment très méchants; qu'ajouter? C’est puéril.

A lire mes anciens comptes-rendus, j’avais pourtant déjà remarqué des défauts qui pouvaient paraître énervants chez les personnages de Vargas. Le moment est arrivé où je ne les supporte plus…

Partager cet article
Repost0
28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 22:30

Le titre est inspiré de Zarathoustra ( le Pale criminel)

Bernd enquête en l’été 1938, de sinistre mémoire, sur les crimes en séries de jeunes filles de 16 ans, présentant un profil particulièrement « aryen » suivant les critères du régime national-socialiste. Ai-je besoin de développer?

Il découvre que dans la revue « Stürmer « un politique bavarois très offensif, attribue ces crimes aux juifs, et suspecte ce monsieur d’avoir orchestré ces exactions pour trouver un prétexte afin de se débarrasser des Juifs encore plus sûrement que d’ordinaire.

Mais au sein de la police du Reich les criminels ne manquent pas, il n’y a que l’embarras du choix. Bernd travaille pour des gens qui sont eux-mêmes des délinquants ( Himmler est chef de la police) et jusqu’à quel point ces crapules veulent-t-elles que les coupables soient découverts ?

Le détective sait jouer des mésententes entre ces messieurs pour se tirer d’affaire et tenter de faire régner un petit minimum de justice. Son métier est devenu très risqué : du jour au lendemain, sur un caprice de ses supérieurs il peut se retrouver « KZ » (interné dans un camp) comme cela lui est déjà arrivé, dans son enquête précédente, l’Eté de cristal, que j'ai lu également, sans en faire de chronique.

Philip Kerr s'est beaucoup documenté afin de retracer la situation politique et l'atmosphère du troisième Reich, et nous avons là de l'excellent polar qui fait froid dans le dos...

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:07

Folio-policier, 846 pages.2011, pour la traduction.

C’est le 8 eme volume des aventures policières d’Harry Hole, flic d’Oslo dont les enquêtes sont toujours très mouvementées, éprouvantes et à multiples rebondissements. Ce n’est pas mon style de polar préféré, mais de temps à autre, je me laisse tenter.

J’avais lu le précédent « Le Bonhomme de neige », mais en lisant les références à ce roman, dans celui-ci, je me rends compte que j’ai oublié les détails.

Harry est à Hong-Kong plongé dans les brouillards de l’opium. Une collègue Kaja Solness vient l’y rechercher ; on a besoin de lui pour attraper un nouveau tueur qui a assassiné déjà trois ou quatre femmes (on n’est pas sûr).

L’arme du crime est originale : il s’agit de la pomme de Léopold, le sanguinaire roi de Belgique, variante de la poire d’angoisse, mais en plus sophistiqué. La boule que l’on enfonce dans la bouche de la victime, est rattachée à un cordon, que la malheureuse voudra tirer dans l’espoir de sortir l’objet qui l’étouffe ; et là… je vous laisse apprécier !

A peine Harry se penche t’il sur ces crimes, qu’une nouvelle victime est découverte Marit Olsen, députée travailliste, retrouvée dans la piscine vide d’un grand parc. Elle faisait du jogging le soir, pour ne pas être vue…

Entre elle et les précédentes victimes, Harry se rend compte que la seule chose qui les relie est un séjour dans un chalet de montagne quelques temps auparavant.

Son enquête va mener Harry au Congo, pour différentes raisons notamment la recherche de l’arme du crime chez un collectionneur belge, de la lave retrouvée sur le corps qui vient d’un volcan en éruption là-bas, et d’un métal que l’on y exploite. Mais aussi dans les montagnes norvégiennes vers le chalet où ont séjourné les victimes, ainsi que dans une corderie près d’un lac, et à l’hôpital d’Oslo, où son père vit ses derniers moments.

Harry est aidé et entravé à la fois par les flics de la Kripos notamment Mickaël Bellman, personnage récurrent, et certains de ses sous-fifres, et est accompagné de Kaja, un réconfort certain. Les suspects sont nombreux. Harry se met dans des situations impossibles et frôle la mort plusieurs fois.

Il m’a fait l’effet de n‘avoir pas beaucoup réfléchi, lors qu’il décide de tendre un piège au tueur en l’attirant vers le chalet : il fait savoir à la presse qu’un témoin clef, une femme, va venir d’Australie pour faire une reconstitution de ce qui s’est passé dans ce chalet où elle séjournait le fameux soir. Lui Kaja ( qui jouera le rôle de ce témoin ) Harry et un flic de la Kripos, se tiendront dans le chalet à attendre le tueur, tandis qu’une escouade d’autres flics armés, se tiendront autour dissimulés dans la neige.

L’idée est bonne, mais Harry et Kaja n’avaient aucune raison de venir pour de bon dans le chalet ; ils auraient pu rester aux alentours ; dès que le tueur se serait approché, il suffisait de lui tirer dans les jambes… toutefois, être pris dans une avalanche avec sa chérie et devoir frôler la mort est un agrément sans pareil !

En tout cas, l’on continue à lire ; au 3/4 du livre, un suspect sérieux est arrêté ; mais l’enquête se poursuivra…

Un bon divertissement, en dépit des nombreuses invraisemblances, le sens du suspens et du rebondissement, des fils d’intrigue complexe, l’invention de cette pomme de Léopold, l’ensemble est tout de même bien fait.

Partager cet article
Repost0
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:36

2016, le Masque 334 pages.

Katie Knox nous raconte un épisode dramatique de l’histoire de sa famille Sa fille Devon, de 15 ans et demi, est une gymnaste promise à un avenir olympique. Son petit garçon, Drew, passionné d’expériences scientifiques, est un peu sacrifié à l’avenir de sa sœur…

Depuis que Devon , à l’âge de 3 ans, a été amputée de deux orteils à cause de sa tondeuse à gazon mal gérée, Eric le père, fait le maximum pour qu’elle puisse réussir sa carrière de championne.

Pour cette famille, c’est une vie tout entière vouée à la réussite de Devon : des journées entières sur des gradins à observer ses entraînements, un endettement permanent pour payer les cours, le coaching, les accessoires … , l’obligation de trouver des sponsors ( la pénible et fortunée Gwen qui investit et qu’on doit fréquenter, d’autres femmes à peine plus estimables ayant toutes de futures petites génies moins douées que Devon). A part ces femmes, il y a cet homme très déterminé le coach T. entraîneur de Devon, et sa nièce Hailey ex-nageuse, entraîneuse des enfants.

 

 

La seule attraction pour tous c’est Tom un garçon de piscine, devenu cuisinier qui aide à l’entraînement, très beau et dragueur, ami d’Hailey.

Ce jeune homme est renversé par une voiture qui s’enfuit et meurt sur le coup. Le meurtrier est quelqu’un du groupe…

J’ai bien aimé cette histoire : on partage le quotidien très pénible de Katie, obligée de se vouer à la carrière de sa fille. La future vedette, elle-même est soumise à un entraînement inhumain. Prise dans cette vie extrêmement contraignante et monotone, les membres de la famille ne réagissent plus normalement ; ils sont entraînés dans une sorte de psychose : tout est bon pour faire gagner Devon… cette vie effrayante du sport de compétition à haut niveau, fait penser aussi aux campagnes pour les élections présidentielles…

Citations de Nadia Comaneci, « la petite communiste qui ne souriait jamais » ( je ‘ai pas lu ce livre…).

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 14:53

( Darkening Hour) 2016 sonatine, 422 pages

Mona, est une jeune marocaine, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Elle a perdu son travail , et son ami Ali est parti « soi-disant pour aider à combattre ses amis Berbères «, mais selon d’autres informations, Mona en est venue à croire qu’il était à Londres.

Grâce à une amie qui travaille pour une famille londonienne installée au Maroc, elle obtient un poste d’employée de maison dans la capitale du Royaume Uni. Il est écrit sur son passeport le nom de son employeur ; elle n’a pas le droit d’en changer…

C’est à Deptford, au sud-est de la City, que Mona découvre son employeuse Theodora, divorcée de Roger ( qui vit au Maroc). Elle héberge son vieux papa atteint d’Alzheimer, relégué au sous-sol. Theodora travaille pour la télé présente une émission «  people ». Elle n’aime pas le quartier où elle vit, sauf la rue où elle habite : les maisons y sont d’une architecture classique, très bourgeoise, un îlot de bon chic bon genre au milieu d’un environnement que Dora estime mal famé.

En plus du papa, il y a Léo, le fils de 18 ans, en situation d’échec scolaire, qui passe tout son temps devant la télé. Et Max l’amant américain, qu’elle voit de temps à autre pour une coucherie vite fait. Max est passionné par les statues et les histoires érotiques que lui raconte Dora ; il lui faut des stimulants pour consentir à s’occuper du corps de sa maîtresse…

Mona doit s’occuper du papa, de la cuisine, du ménage, repassage et blanchisserie. Elle n’a jamais de congé, jamais une minute à elle, ne sort que pour faire les courses.  L’argent que lui donne sa patronne elle l’envoie au Maroc pour sa petite fille et sa mère. Elle en donne aussi à un buraliste Sayed, qui doit l’aider à retrouver Ali.

Theodora devient de plus en plus despote avec son employée, lui commande de descendre la nuit lorsque le vieux appelle. On lui colle un papyphone dans le débarras où elle dort ( elle n’a pas eu droit à la chambre d’ami…) Dora lui confisque son passeport, l’accuse de la voler,  lui rend la vie impossible… Mona passe ses journées avec le papy (maintenant incontinent) et Léo avachi sur le canapé devant la télé. Elle le secoue, lui donne des conseils de bon sens, découvre que le garçon est hypocondriaque…

Découverte avec le très bon «  Désordre », Penny Handcock récidive ! Son «  Darkening Hour » est de qualité. On y retrouve son habilité à tresser des portraits psychologiques, et à manier le suspense. Les descriptions sont toujours aussi bonnes. Comme dans l’autre roman, il y a la Tamise toute proche, froide, menaçante, qui ne demande qu’à accueillir un corps (mais qui donc va y passer ?).

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 12:37

Denoël, 302 pages 2016.

 

Après la Champagne et les montagnes albanaises, c’est en Patagonie que nous entraîne L’auteur. Toujours plus loin !

Dans la région des plaines au climat semi-aride, au début du vingtième siècle, nous partageons l’existence d’une famille d’éleveurs de vaches et moutons ; qui se compose de « la mère » , et ses fils :  les jumeaux Mauro, grand et fort ,son frère Joaquin, Steban dit le débile, et Rafael «  le petit ».

Ces êtres vivent d’une façon très frustres, ne se lavent jamais, ne vont pas à l’école, toute leur vie c’est le travail , d’abord s’occuper des bêtes, cultiver aussi un peu, toute la journée, sans aucun congé, et dès qu’ils savent marcher, ils bossent ! Ce qui frappe c’est l’extrême violence des rapports qu’on hésite à dire «  filiaux ». Ces êtres se haïssent et se craignent. Les aînés maltraitent les plus jeunes surtout le « petit » un peu moins le débile, qui a eu la riche idée de se faire passer pour tellement idiot qu’il intéresse moins la féroce jalousie des terribles jumeaux. La mère ne protège pas les plus jeunes. Elle les déteste tous, ne compte que leur capacité de travail. Et tout les quatre obéissent à la mère, et la craignent. C’est que la mère elle a réussi à faire fuir le père ( le débile en sait plus que les autres là-dessus…)

Un jour, à la ville, la mère a tout perdu au poker. Le fermier a gagné Joaquin qu’elle avait mis en jeu. Le voilà parti travailler chez un autre propriétaire.

Un autre jour, c’est Rafael, qui part à la recherche des chevaux qui se sont enfuis.

Ces deux départs vont amener des changements à la ferme.

 

Décrivant l’existence de cette famille de sauvages, rendus à un total dénuement affectif,  l’auteur nous montre les rapports de force, ( détruire le plus faible) et ce  qui est à la base du lien social : le sentiment de crainte ; les fils craignent la mère, et ne remettent pas en cause son hégémonie ; ils attendent aussi d’elle le nourrissage, tous les quatre, les bourreaux comme les victimes. Enfin, le travail  le rendement, le rapport à leurs animaux qui leur est d’un grand secours. Apparemment, ces êtres n’ont pas d’affection les uns pour les autres ; mais ils recherchent des alliances.  La progression du récit  montre l’humanisation de Rafael le « petit » capable de commencer à créer le fameux lien social, lorsque l’occasion lui en est donnée. En fait, il reste davantage que la poussière...

Le vocabulaire est très précis ; l’élevage des moutons et vaches n’a pas de secrets pour l'auteur, ni la vie élémentaire de chasseur-cueilleur, la nature est rude mais belle ( comme la voit Rafael) et il y a de la poésie dans ces pages austères. Encore une pleine réussite pour Sandrine Collette, une très bonne romancière.

Je n’aurais pas édité ce livre dans une collection de romans policiers. S’il y a un crime ou plusieurs, dans un roman, ce n’est pas une raison pour décréter que c’est un policier !

 

Partager cet article
Repost0
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 23:03
Robert Galbraith La Carrière du mal

Grasset, 2016, 600 pages.

Robin, l’associée de Cormoran Strike, brillant détective privé londonien, reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Cormoran est persuadé qu’on veut s’en prendre à lui, à travers la jeune femme, se venger, faire couler son agence, maintenant réputée après la résolution d’affaires difficiles.

Réfléchissant à son passé il se voit trois ennemis particulièrement coriaces et pervers susceptibles de vouloir sa perte. L’un d’entre n’est autre que son ex-beau père qu’il pense coupable du décès prématuré de sa mère. Les deux autres sont d’anciennes connaissances de l’armée dont il aurait bien voulu se passer.

On pourchasse donc les fantômes du passé encore bien vivants, à deux, même si Robin est menacée par le tueur.

On retrouve la propriétaire de la jambe dans le congélateur de son appartement ; bien que très jeune la fille possédait son propre appartement ? Et qui était-elle ?

L’intrigue progresse sur plusieurs fils :

- les recherches de Cormoran et Robien ensemble à travers l’Angleterre et l’Ecosse, et dans la capitale pour retrouver les traces des trois suspects ; leurs errements, leurs rencontres de diverses personnes ayant pu connaître les suspects, voire les avoir hébergés. On se balade, on rencontre des gens divers, dans des endroits variés (toujours bien campés). Certaines situations sont humoristiques, le salon de massage thaïlandais par exemple.

-les pérégrinations de Robin, seule, pour qui l’on craint, sachant qu’elle est poursuivie, et qu’elle n’hésite pas à rencontrer seule des personnes de l’entourage des suspects,

- A partir des découvertes des policiers du Yard concernant la victime, les investigations de nos détectives dans l’entourage de la fille à la jambe coupée) : là aussi, nous rencontrons une galeries de gens bizarres, effrayants, parfois drôles (humour noir). Notamment les acromotophiles…

- Le fil de narration concernant le tueur, qui intervient à la première personne, et souvent, pour dire ses pensées et raconter ses méfaits ; Ce contenu est discutable ; Je m’en serais passée…

- les souvenirs de Cormoran à propos des suspects qu’il a bien connus : ils suffisaient amplement à mon avis, pour se faire une idée des profils de ces messieurs…

D’autres fils de narration servent à retarder la résolution de l’enquête :

  • Robin et Cormoran font des filatures n’ayant rien à voir avec l’enquête en cours ; c’est la routine de leur métier. Cela tombe un peu à plat, même si les personnes suivies ont des noms prometteurs ( Platine, Mad Dad…)
  • Robin se querelle avec son fiancé, parfois avec sa famille, interrompt puis reprend la préparation de son mariage avec ce jeune homme que l’on connaît déjà : un sinistre crétin selon Cormoran…le tueur l’appelle Jolicoeur
  • Cormoran fréquente sans enthousiasme une femme assez ennuyeuse…
  • Robin et Cormoran qui s’aiment sans se l’avouer, se querellent se réconcilient…

Les apartés qui servent à retarder l’enquête sont inévitables dans les polars : dans les bons polars, ils sont attrayants. Le second concernant Robin retient l’attention, il révèle quelque chose de son passé. Mais rien de très passionnant, tout de même… Robin se révèle assez conformiste.

Les personnages : les suspects se ressemblent ; du moins dans l’esprit du lecteur. On les confond parfois : l’un est du genre plutôt pédophile, l’autre est cruel avec les femmes, le troisième l’ex-beau-père de Cormoran est comme le second, mais il est complètement camé.

Ces suspects ne sont pas assez différents les uns des autres…

Au final, le roman se lit bien, et reste attrayant, malgré ses défauts. Les fils de narration sont bien alternés ; le meilleur ( le pérégrinations de Robin et Cormoran à travers Londres et la province, et la rencontre de différents témoins potentiels) fait passer le moins bon ( Le côté thriller que je n’aime pas , la femme que fréquente Cormoran, le peu de personnalité des « méchants »).

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 10:10
SJ Watson Une autre vie

Sonatine, 2015

Julia est photographe de métier. Dans une exposition elle reconnaît une de ses œuvres ; y apparaît un certain Marcus( nu dans le miroir...), importante figure d’un passé peu glorieux, qu’elle voudrait oublier.

A présent, elle mène une vie rangée, un mari chirurgien, un fils, Connor, qui n’est que son neveu. C’est à 16 ans que sa sœur l’a mis au monde, et elle ne réussissait pas à s’en occuper ; avec le temps, l’héroïne et son mari sont devenus les parents adoptifs de l'enfant, et le chérissent, mais ils n'ont pu l'adopter légalement.

Doris, la jeune sœur voudrait reprendre Connor !

Et voilà qu’elle se fait assassiner…

Pour retrouver l’assassin de sa sœur, Julia consulte un site de rencontre sur Internet où elle avait l’habitude d’aller. Elle y est encouragée par Anna la colocataire de sa sœur.

Elle fait connaissance de Lucas sur le site; se rend compte que sa sœur avait peu de chance de le connaître, mais dans le doute… et surtout Lucas lui plaît, mais qui est vraiment Lucas ?

Une histoire bien ficelée et qu’on suit avec plaisir, mais l’écriture est une vraie désolation ! les personnages n’arrêtent pas de répéter « désolée, désolé, absolument désolée » (c’est un tic que l’on regrettait déjà dans le dernier opus…) et le reste est servi de façon ordinaire. Des efforts de style l’auteur en a beaucoup à faire ! mais qu'est-ce qui m'a pris de relire Watson? Il faut croire qu'il a des qualités...

Peut-être que le traducteur aurait pu pallier l’inconvénient : les synonymes de sorry ne manquent pas. Attristé, peiné, chagriné, contrarié, navré, consterné….

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher