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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:27
Johann Theorin Fin d’été ****+

Albin Michel, 2013

Retour à Öland ; le vieux Gerlof sort de sa maison de retraite pour l’été ; il commence à trouver le temps long.

Il y a 70 ans, début des années 30, il aidait le fossoyeur pour se faire un peu d’argent l’été. On enterrait Edvard Kloss , mort écrasé sous un mur d’une dépendance de sa maison. Mort sûrement pas accidentelle… au moment de la descente en terre un gamin de douze ans Aron Fredh apparaît pour aider à descendre le cercueil. Des coups sourds, pendant l’ensevelissement font croire qu’il est vivant. On le ressort, mais le docteur Blom est formel : bien mort… on le ré enterre et les coups reprennent…

Ce n’est qu’à la fin du roman que Gerlof entrevoit une explication rationnelle.

Entre temps il aura à aider pour sauver des vies dans une histoire de vengeance. Aron Fred ( dit le Revenant) 70 ans plus tard est de retour au pays et cherche à se venger des Kloss.

Mais il y a des « bons Kloss » le petit Jonas, confident de Gerlof, qui a vu des morts vivants ! et son papa Niklas frère cadet de Kent Kloss, descendant tout aussi méchant qu’Edvard le mort des années 30…

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cet auteur . je regrette un peu qu'il soit retourné à l’île d’Öland, son précédent roman nous avait transporté ailleurs... toutefois, l'intrigue est très intéressante, et l'on a aussi la terrible expérience du goulag ( ce n'est pas Ivan Denissovitch mais c'est très bien tout de même).

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 14:19
Joël Dicker le Livre des Baltimore ***

De Fallois, 450 pages

Marcus Goldman l’écrivain de « L’Affaire Harry Québert », s’est installé en Floride dans la maison de feu son oncle Saul ; il veut écrire un livre sur sa jeunesse et celle de ses cousins les « Goldman-de-Baltimore » avec qui il formait un clan particulièrement soudé : à présent, rien de tout cela n’existe plus, car il y a eu « le Drame » dix ans auparavant.

Marcus vivait avec ses parents à Monclair ; l’oncle Saul, ainsi que Hillel son fils, et Woody leur enfant adoptif, habitaient Baltimore avec un train de vie nettement plus élevé que la famille de Marcus. Celui-ci les admirait et les enviait : toutefois, il faisait partie du clan.

Avec les années il apparut que quelques fissures lézardaient le merveilleux groupe. L’affection inconditionnelle que se portaient les membres n’excluait pas la rivalité et parfois la haine… et les adultes ne sont pas en reste ! Jusqu’au fameux « Drame ».

Marcus revient en arrière, faisant alterner plusieurs périodes : certaines concernent l’enfance de Hillel, sa rencontre avec Woody, leur amitié, d’autres des moments de leur adolescence où se produisent des incidents qui paraissent mineurs mais auront leur importance par la suite, des moments d’après le Drame, de sorte que nous passons d’une époque à l’autre ( et il y en a une bonne douzaine) jusqu’à ce que soit élucidé complètement la véritable histoire des Goldman .

La construction du récit est bonne, et elle ménage le suspense et les révélations, mais le récit lui-même est souvent laborieux et le propos naïf. Ce qu’il y a de bon dans le roman, ce sont les personnages d’Hillel et Woody et l’évolution de leur relation. Le reste m’a déplu, je l’avoue.

Un exemple : Le personnage d’Alexandra ! Le narrateur est incapable de lui donner le moindre relief ! On reste à ignorer le type de chansons qu’elle compose (on a l’impression fâcheuse que ce sont de banales chansons d’amour…), on ne sait rien de son style d’interprétation, de son jeu de scène, et même sa personnalité se réduit à des superlatifs : géniale, extrêmement belle, pétillante…

Hillel et Woody mis à part, et un peu l’oncle Saul, les personnages ne sont pas caractérisés, ils n’ont rien de particulier. C’est bien dommage pour un roman de cette longueur ! Quant aux nombreuses pages sur le football, et le droit commercial, elles sont longues et répétitives… malgré les qualités de construction, et le duo Hillel-Woody, bien souvent le récit m’a fait l’effet d’un pensum.

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 11:46
Kimberley Mc Neight Amelia ****

Le Cherche Midi, 523 pages

Roman à suspense

Amelia est une fille de 15 ans qui est tombée du toit de son lycée à Brooklyn. On a conclu au suicide. Pourtant sa mère commence à recevoir des SMS disant qu’Amelia n’a pas sauté… Cette mère de 38 ans, avocate de haut niveau dans une célèbre étude notariale, n’avait qu’Amelia dans sa vie et l’élevait seule. Le père biologique de cette enfant, elle ne sait pas bien qui c’est, (même si elle pense le savoir) ayant eu à l’époque plusieurs relations simultanées avec des comparses étudiants.

Avec l’aide s’un inspecteur qui veut l’aider vraiment, elle débute une enquête pour savoir la vérité sur la mort d’Amelia. Il lui reste plein de choses à apprendre sur cette enfant, inscrite dans un lycée privé très cher, et parfois laxiste. Bien que très bonne élève, ayant déjà lu tout Virginia Woolf à quinze ans, et apprentie écrivaine prometteuse Amelia avait cru bon d’intégrer une sorte de secte de filles, « les Magpies » vraiment peu recommandable….

Ce qui est bien observé c’est justement ce club de filles qui ne se sentent pas bien dans leur peau, et multiplient les provocations, et effractions, allant jusqu’à publier des photos du club en posture porno sur Internet, avec la complicité d’une prof qui participe au moins verbalement, et d’autres qui ferment les yeux. Les portraits des lycéennes ( Zadie, Dylan, Amelia, Sylvia son amie) sont bien dessinés. Du côté adulte, c’est moins réussi : les collègues de Carol la maman sont peu caractérisés, les passages en langage SMS un peu longuets irritent quelque peu. Dans l’ensemble, ce roman est pourtant bien conçu, et suffisamment distrayant.

Évidemment c'est un roman de collège ( un "Campus Novel")comme on dit à présent); j'aime ce genre, j'en ai chroniqué un certain nombre, et je suis bon public pour ce type de roman...

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 11:24
Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable

Sophie Hénaff Poulets grillés ****+

Albin Michel, 2015, 340 pages.

Lauréate du prix du polar de Montigny 2015.

(Ce sera hélas le dernier salon du polar pour Montigny, la mairie ne veut plus le reconduire !)

Le directeur du quai des Orfèvres Buron a constitué une brigade de flics spéciaux ayant fait l’objet d’une commission disciplinaire, et mis au rancart. Dorénavant ils vont retravailler tous ensemble. Il leur a affecté un appartement grand mais décati avec des pièces pouvant servir de bureau, de vieux meubles, un antique téléphone en bakélite…

S’y retrouvent d’abord la commissaire Anne Capestan, coupable d’avoir tué un criminel sans la légitime défense. Elle dirigera le groupe. Ensuite viennent Lebreton écarté pour homosexualité, une autre jeune femme qui écrit une série policière à succès, le lieutenant Torres, accusé de porter malheur… et une dizaine d’autres tout aussi marginaux et bien typés.

Ces flics héritent d’affaires classées trop vite notamment l’assassinat d’une vieille dame, soi-disant un cambriolage qui a mal tourné, et celui d’un marin ayant fait signer une pétition pour indemniser les victimes du naufrage d’un ferry venant de Floride…

Les nouveaux enquêteurs, Capestan en tête ne tardent pas à s’apercevoir que les deux affaires sont liées.

Ce roman est fort agréable à lire, humoristique, et non dépourvu d’émotion, avec des formules amusantes, de l’action, du suspens, tout cela tiré d’une idée de départ originale, et dont l’auteur a su tirer tout le parti possible. Un premier roman très réussi !

Le crime de Julian Wells ****Thomas H. Cook

Seuil Policiers, 289 pages, 2015 édition originale en 2012

Après le suicide de son ami Julian, Philip cherche à comprendre ce geste car Julian n’a laissé aucune explication.

Philip est critique de livres ; Julian après des études de science politique, a failli devenir diplomate comme le père de Philip auquel il était attaché ayant perdu le sien trop tôt.

Finalement, il s’est consacré à l’écriture de livres dans lesquels il reprenait certaines affaires criminelles parmi les plus abominables que l’on puisse trouver, surtout en ce qui concerne la torture: ainsi reprit-t-il le massacre d’Oradour sur Glane, les exactions de Gilles de Rais, celles de la comtesse Bathory et d’autres affaires moins connues… décrivant par le menu ce qu’endurèrent les victimes. A chaque fois il se rendait sur place et prenait des foules de notes interviewait des gens.

Pourquoi cette fixation malsaine, se demandèrent souvent ses proches ? Qu’apportait-il de plus que quelques détails macabres et des réflexions un peu fumeuses sur le mal ? Puisque des passages des livres de Julian sont abondamment cités, le lecteur réfléchit à la portée du travail de Julian…de son obsession pour la torture il veut tirer quelque chose : un autre regard sur des affaires criminelles, une réflexion sérieuse.

Il semble que son témoignage sur un pays africain ( le Swaziland) ait une portée sociale importante ( c’est celui dont on parle le moins, dommage…) celui sur l’espion russe doit sans doute apporter aussi des informations intéressantes ; les autres semblent plus limités …

Philip se met à enquêter sur un secret que Julian lui aurait celé ; en effet, Julian a tout de même laissé un mot bizarre en dédicace de son premier livre : « A Philip, en souvenir de mon crime dont il fut témoin ». Il semble donc que cette pratique (écrire des livres sur les tortures criminelles) soit une sorte de pénitence que Julian s’était imposée. Et qui n’a pas suffi puisqu’il a fallu qu’il se tue ! Mais quel est son crime ? Qu’est ce qui a empoisonné sa vie ? Philip ne se souvient pas qu’il ait commis la moindre mauvaise action en sa présence !

Avec l’aide de Loretta la sœur de Julian, ils passent au peigne fin la vie de Julian, ce qu’ils en connaissaient, ce qu’ils peuvent en apprendre. Il semblerait que tout se soit joué en Argentine : Julian et Philip s’y rendirent encore jeunes, et visitèrent la ville à l’aide d’une jeune guide jolie et cultivée Marisol.

Marisol disparut soudainement à la fin de leur séjour, probablement victime de la Junte ( nous étions au début des années 80). Mais elle ne semblait pas devoir subir un tel sort, ne faisait pas de politique. A moins qu’elle ne soit différente de ce qu’elle paraissait ? Et si c’était Julian qui était autre que ce qu’il montrait ??

.

C’est un roman sur la culpabilité et les ravages qu’elle peut occasionner ; ce serait un bon livre si le narrateur Philip n’était pas aussi rasoir ! Il raconte en dix pages ce qu’il pourrait dire en trois et son délayage présente peu d’intérêt. Les nombreuses citations dont il truffe son récit font penser à Ken Bruen ( pour moi ce n’est pas un compliment…). On s’ennuie souvent, et c’est bien dommage, car l’idée de départ était excellente, le parcours de Julian intéressant…

Sylvie Granotier La Rigole du diable ****

Albin Michel suspense

Catherine Monsigny, jeune avocate, va plaider pour la première fois : Elle défens Myriam, accusée d’avoir empoisonné son mari Gaston. Myriam est une jeune femme noire émigrée du Gabon ; elle avait épousé un célibataire de 60 ans qui venait de perdre sa maman. Ça se passe dans la Creuse. Autrefois Catherine, à présent parisienne, a vécu aussi dans cette campagne lointaine : au cours d’une promenade, sa mère a perdu la vie battue à mort par un individu que la petite fille de 4 ans aurait pu voir sans en avoir conservé le souvenir.

Catherine vient de faire la connaissance de Cédric, petite quarantaine et entame une liaison qui n’est pas de tout repos. Elle s’en fait aussi pour son père, veuf depuis longtemps, seul et inquiet…

Le roman vaut par la psychologie d’au moins trois personnages : Myriam, accusée d’avoir empoisonné Gaston, une femme difficile d’approche, qui semble cacher pas mal de secrets ; Cédric l’amant tour à tour aimant, possessif, inquiétant, ironique, dont on ne sait quoi penser ; et le père de Catherine qui n’a jamais voulu révéler à sa fille quoi que ce soit sur le meurtre de sa mère.

Que sait-il au juste et que n’a-t-il pas voulu savoir ?

Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable
Poulets grillés; Le crime de Julian Wells; La Rigole du diable
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:42

A Édimbourg et dans ses environs pendant le G8 de 2005, le mois de juillet est une période agitée. Une grande manifestations d’écologistes débute, des bandes de délinquants profitant de la pagaille, sèment le trouble, l’élection de Londres pour les JO de 1012, excite une partie de la population, et, pour finir, de sanglants attentats furent perpétrés dans le métro et le bus.

Pendant une réunion du G8 au château, un député, Ben Webster tombe du haut des tours et se tue. Accident ou crime ?

Trois délinquants fraîchement sorti de prison, coupables entre autres d’agressions sexuelles et de viols, sont assassinés visiblement par la même personne, conclut John Rebus.

Et voilà! je fais connaissance avec le célèbre policier Rebus !

Faut-il prononcer ribeuss ?

C'est un inspecteur alcoolique presque à la retraite, et voici son adjointe Siobhan (prononcer Chioveun ?) à qui l’enquête a été confiée.

Ils recherchent le meurtrier de Ben Webster en même temps que celui des trois violeurs.

Pendant la manifestation, la mère de Siobhan est agressée par un homme, la jeune femme recherche l’assaillant.

Pour tout cela les enquêteurs auront besoin de leur indic le plus précieux, Cafferty, (Keffti, non ?) mais aussi un scélérat notoire. D’autres personnes interviennent comme aide, suspects, ennemis, ou simples obstacles, parfois tout cela à la fois : une mystérieuse femme nommée Santal, qui filme les événements, un membre de la police de Londres Steelforth, un ex de Siobhan, Eric Bain et sa compagne Molly, une policière Ellen Wylie (ouail-li ou oualaille , c’est la question…) qui a des raisons d’en vouloir aux violeurs, une journaliste qui a servi de « nègre » à Cafferty pour son autobiographie, une sœur de Ben Webster, policière également, le chef de Pennen Industrie, Richard, … et bien d’autres gens.

L’intrigue est complexe, on enquête sur plusieurs tableaux, on s’emmêle un peu les pinceaux, l’actualité politique chargée à laquelle tient l’auteur est largement commentée sans rien apporter de plus que ce que les journaux nous apprirent ( c’est pourquoi on s’ennuie un peu) , et l’intrigue policière, un peu trop délayée, notamment avec d’interminables dialogues, tient la route.

Plus ambitieux que « Portes ouvertes » ce roman est moins réussi, mais possède d’incontestables qualités.

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:41

Le Masque, éditions originale 2008

Edition française 2011, 330 pages

Pour la journée « Portes ouvertes », la National Gallery d’Edimbourg va montrer les tableaux qu’on ne voit jamais, relégués à l’entrepôt Granton. Le directeur de l’Ecole des Beaux Arts Robert Gissing, va bientôt prendre sa retraite : il est décidé à s’offrir deux de ses tableaux préférés à emporter sur son île déserte, et convainc deux autres amateurs d’art de monter un casse avec lui :

Mike, informaticien qui a fait fortune et vit maintenant de ses rentes en s’ennuyant, rêve d’avoir pour lui ce tableau représentant une jeune femme qui ressemble tellement à Laura la commissaire priseur dont il est l’amoureux éconduit. Et Allan banquier, artiste manqué, accepte d’en être.

Il s’agit de faire exécuter des copies par un étudiant et aussi d’embaucher des gens armés qui sauront impressionner et mettre à mal les gardiens du temple. Mike vient de croiser par hasard un ex-copain d’école devenu truand Chib Calloway. Après hésitations il le paie pour lui fournir des jeunes délinquants qui n’ont pas froid aux yeux.

L’idée bizarre est de lâcher les copies et la camionnette volée et d’emporter les vrais tableaux laissant croire que le casse à foiré. Autre chose, il faut empêcher l’expert de pouvoir se pencher sur les faux tableaux …du pain sur la planche, pour les voleurs amateurs...

Roman policier bien conçu, bien mis en scène, non exempt d’humour (on pense à Westlake) humour cynique et loufoquerie.

Une belle réussite !

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 10:38
Julie Ewa Les Petites filles

Albin Michel ( spécial-suspense) 407 pages.

Au début des années 90, la politique de l’enfant unique, fait des ravages en Chine, notamment dans les campagnes. Les familles contraintes à l’enfant unique ne veulent pas d’une fille, qui selon la tradition doit aller vivre chez ses beaux-parents après le mariage, et ne sert plus sa famille.

Au village de Mou Di, on ne s’embarrasse pas de principes ; Li li Dai vient d’accoucher une troisième fois d’une fille ; sa belle-mère la tue froidement comme les précédentes. Sun est enceinte de son deuxième ; sa fillette vit toujours, protégée par le moine du Temple qui l’instruit à sa manière. Mais l’enfant n’est pas déclarée. Le père, Lu Pan, joueur invétéré, doit de l’argent à de drôles de types.

Les villageois souffrent d’une grande pauvreté, et travaillent du matin au soir dans les rizières, ce qui explique au moins en partie leur absence de morale.

Cependant Sun est très attachée à Chi Ni ; elle quitte le village pour partir à sa recherche aidée par le moine Yao Shi, son fidèle allié.

Trente ans plus tard, une jeune étudiante française en sinologie, Lina, se rend à Canton pour parfaire son étude du chinois. Elle est contactée par Thomas qui travaille pour une ONG. On enquête sur les disparitions d’enfants dans une Chine en pleine mutation, prête à autoriser deux enfants par famille. Beaucoup de fillettes ont disparu, vendues pour des usages très divers, d’autres vivent clandestinement, sans état civil.

Lina accepte d’enquêter sur la disparition de Sun, qui avait découvert un secret, et s’installe dans le monastère du village de Di Mou.

Le village n’a guère changé depuis 1991 : la pauvreté y sévit toujours, les méthodes de culture sont pareillement archaïques. La seule nouveauté semble être l’existence de postes de télévisions…

La présence de Lina et ses questions vont provoquer d’importantes perturbations.

A vrai dire, le secret de Sun n’en était un pour personne au village… et pas davantage pour l’orphelinat que Lina visite en ville, et dont la directrice tente de subvenir aux besoins de nombreux enfants abandonnés.

Nous suivons en parallèle les événements de 1991, la quête éperdue de Sun pour retrouver sa fille, et celle de Lina en 2013, pour clarifier cette affaire. Le récit est mouvementé, bouleversant, met l’accent sur la corruption et les pulsions meurtrières à tous les niveaux, au détriment du sexe féminin.

Après cette lecture, on est obligé de se dire qu’il eût mieux valu que Lina et Thomas ne se mêlent de rien, car ils ne font qu’aggraver les choses…ne vous inquiétez pas, il y a tout de même des méchants punis, mais à quel prix.

L’écriture est efficace, le récit bien enlevé, les personnages évitent de peu la caricature. J’ai remarqué des choses étonnantes : pratiquer une césarienne avec un canif, c’est possible ?

Merci à Aurore Pelliet et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 12:13

Titre original : Runaway, 2015

Rouergue Noir 332 pages

Londres : Le prologue nous met en présence d’un homme âgé Simon, qui revient de l’étranger ; il n’a pas le sou, et a dû s’exiler longuement, recherché pour on ne sait quoi … il voit arriver un autre homme qu’il reconnaît ; qui l’assassine…

Glasgow : Jack vient visiter son ami Maurie à l’hôpital ; ce dernier est bien mal en point et lui apprend qu’un homme a été assassiné à Londres ; cet homme ils le connaissaient tous les deux Simon Flet, acteur de son état, ils l’avaient maintes fois croisé à Londres 50 ans auparavant.

Nous sommes en 2015.

Maurie croit savoir la vérité sur cette sombre histoire à laquelle ils furent mêlés tous deux et d’autres amis à l’âge de 17 ans lorsqu’ils fuguèrent de Glasgow, pour tenter leur chance à Londres comme groupe de rock.

Bientôt le groupe (du moins une partie) se reforme et cherche à gagner Londres sous la direction de Maurie dont c’est le dernier voyage. Le groupe, c’est maintenant Jack qui rêvait d’être rocker et a passé toute sa vie au guichet d’une banque, Dave qui fut plombier et est resté porté sur la boisson. Seul Maurie avait réussi à devenir avocat, mais il a détourné des fonds et fait de la prison…

Ils sont conduits par le petit fils de Jack, Ricky, un garçon de vingt ans qui s’est trouvé malgré lui entraîné dans l’aventure. Comme il passait ses journée devant une console de jeu et ne sortait jamais, le voilà un peu déboussolé.

En parallèle à cette équipée de vieux messieurs ( de 67 ans, mais il font plus âgés…) Jack se souvient de leur fugue cinquante ans plus tôt. A cette époque, il y avait Luke, un bon élève, qui fuyait ses parents Témoins de Jéhovah et la vie qu’il lui faisait mener ; et Jeff , déjà parti du lycée, qui travaillait dans un garage, et avait volé une fourgonnette pour leur échappée. Jack et Dave jouaient de la guitare, Maurie chantait Jeff tenait la batterie, et Luke le piano.

Tous avaient 17 ans en 1965, tous avaient plus ou moins de raisons de fuir quelque chose…

1965 : l'aventure commence mal! ils rejoignent Leeds où Maurie veut prendre au passage sa cousine Rachel, la sauver d' un sale type dangereux. S’en suit une héroïque poursuite à travers les égouts de la ville en particulier.

Arrivé à Londres le groupe réussit à avoir un petit job ; arrêter les voitures pendant que l’on enregistre le célèbre Don’t Look Back le documentaire sur et avec Dylan.

Puis leur employeur improvisé, Le Dr Robert les emmène dans sa luxueuse maison, les loge dans son sous-sol et les embauche à Victory Hall : c’est une institution qui accueille des malades mentaux et les traite selon les préceptes de l’antipsychiatrie. Le petit groupe est censé divertir les malades et se joindre à eux en jouant et dansant ; le psychiatre nommé ici JP Walker est inspiré de Ronald Laing semble-t-il ; dans la patiente Alice, qui entame une régression spectaculaire, on reconnaît Mary Barnes ( si l’on a lu « Mary Barnes un voyage à travers la folie » ) ou quelqu’un qui lui ressemble fortement. Les garçons tentent de se faire à cette drôle de vie...

Ce roman est un peu long, mais globalement il est divertissant, l’humour y croise la tragédie : surtout l’équipée de 1965 est bien vue ; celle de 2015, des vieux messieurs conduits par Ricky et organisée par Maurie est moins vraisemblable…);

Le personnage de Maurie me semble vraiment tordu bien que dans le roman il passe pour un héros. Si vous avez lu le roman donnez-moi votre avis sur ce personnage.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:40
Benjamin Wood Le Complexe d’Eden Bellwether ***+

Zulma, 2014, 495 pages.

Oscar aide-soignant à Cedarbrook maison de retraite située à Cambridge proche de la célèbre université. Ce garçon de vingt ans regrette de n’avoir pas fait d’études ( sa famille ne voulait pas) et est tout particulièrement attaché à Mr Paulsen, résident de Cedarbrook. ancien professeur à Cambridge. Le vieil homme lui prête des livres et discute avec lui. Un soir après son travail Oscar est attiré par un concert dans la chapelle sur le chemin du retour. L’orgue et le chœur sont tout spécialement attrayants.

Sur les bancs de la chapelle il fait connaissance d’Iris Bellwether jeune fille en 2 eme année de médecine. Ils se plaisent. L’organiste est son frère Eden qui a un don pour la musique.

Bientôt on se rend compte qu’Iris apprécie chez Oscar le fait qu’il soit extérieur à cette population universitaire, et d’un autre monde que ses riches parents et son frère dont la personnalité pose des problèmes.

Eden fait des recherches en musicothérapie. Il se croit capable de manipuler les gens grâce à un système d’hypnose et de pratique musicale. Sa sœur lui sert de cobaye depuis son plus jeune âge. Il a également une petite cour d’admirateurs deux étudiants et son amie Jane, sur qui il compte pour se faire aider. Telles qu’Iris les révèle à Oscar ces pratiques sont perverses : il hypnotise la personne, la blesse physiquement, puis la « guérit ». Il va exercer son pouvoir sur Oscar : malgré son pragmatisme le jeune homme se laisse hypnotiser sans son accord conscient. Il faut dire qu’Oscar commence par idéaliser cette petite coterie d’étudiants de haut niveau, monde dont il rêve de faire partie. D’autre part Eden se considère comme un scientifique, un bienfaiteur de l'humanité.

Cependant, Iris compte sur lui pour dénoncer Eden dont elle fut (et reste) le premier souffre-douleur) : les parents d’Eden nous apparaissent comme irresponsables, obnubilés par le « génie « de leur fils.

Le récit montre les tentatives des deux jeunes gens pour arrêter Eden dans ses méfaits lesquels deviennent de plus en plus inquiétants. Mais ni Oscar ni Iris ne sont suffisamment armés pour ce combat, et même Oscar reste plus ou moins sous la coupe d’Eden…et ils ne sont pas les seuls.

Comment un psychopathe réussit et échoue à former une secte, et comment lui résister, c'est le sujet du récit. A mesure que le récit progresse, on est de moins en moins intéressé par Eden le psychopathe en question. Ses mises en scènes longuement narrées ne nous font pas d'effet. C'est le problème d'un récit pourtant bon dans l'ensemble.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 11:07
Zygmunt Miloszewski  Un Fond de vérité ****+

Mirobole, 2014, 470 pages.

Edition originale 2014 ( Ziarno prawdy)

Teodore Szacki vit et travaille désormais à Sandomierz tandis que son épouse et sa fille sont restées à Varsovie. Cette petite ville de province lui plaît beaucoup, son architecture est restée médiévale, mais il s’y ennuie un peu.

Heureusement le crime fait son apparition : le corps d’Ela Budnik, femme de 40 ans est retrouvé près d’une ancienne synagogue où se trouvent les Archives ; un jeune chercheur Roman Myszynski a même entendu des bruits bizarres avant de découvrir le corps dans les buissons attenant. Une mise en scène horrible et sophistiquée : la victime a été vidée de son sang selon un rituel d’égorgement des animaux dans la tradition juive.

Son mari est suspecté et interrogé ; conseiller municipal, chimiste de profession, c’est un notable. Il n’a pas d’alibi, mais rien de probant ne sort de tout cela et on le relâche. Deux jours plus tard c’est lui qu’on retrouve mort pendu par les pieds et vidé également de son sang dans une maison désaffectée en voie d’effondrement. A côté du corps trois lignes de chiffres qui se suivent, et des initiales.

Teodore soupçonne un troisième personnage: un patriote un homme de droite appartenant à un mouvement nationaliste, et qui avoue être antisémite.

Mais très vite, il disparaît ….

L’enquête tourne autour des relations de la population catholique avec les juifs, pendant, avant, et après la guerre. Les juifs ont été martyrisés, y compris les survivants dont on avait subtilisé les biens pendant leurs fuites. Dans la cathédrale de Sandomierz, plusieurs tableaux grands format mettent en scène des crimes rituels effectués par des juifs ; sur l’un d’entre eux, une main, sûrement criminelle, tracé des signes en hébreu.

Teodore apprend les anciennes légendes, auxquelles certaines gens croient encore, comme le fait que des juifs auraient charcuté des enfants pour en faire du pain azyme et autres fariboles.

Voilà une enquête qui prend son temps. Le temps de revisiter le passé compliqué et souvent peu glorieux de cette jolie ville de province, le temps de déterrer quelques forfaits sanglants qu’on a feint d’oublier, le temps que Teodore se promène dans la ville et alentours, en détaille l’architecture, réfléchisse profondément sur les bords de la Vistule, dans les principaux édifices religieux, les endroits où l’on mange et boit ( bien ou mal) ; le temps qu’il ait séduit les femmes de son âge dans son entourage proche, et observé les autres d’un regard critique et obscène ; le temps qu’il ait interrogé quelques personnes-clé, un profileur, un rabbin, des évêques, des chercheurs, un ancien policier, le temps qu’il ait fouillé les catacombes de la ville, et rencontré de vrais Cerbères…. avant de comprendre la vérité qui surprend aussi le lecteur !

Dans l'ensemble, j'ai aimé ce roman bien écrit et bien documenté; On apprécie que le décor soit planté, le contexte culturel et politique correctement rendu . Mais les coucheries de Teo affaiblissent le récit. A cause du tableau dans la cathédrale on pense au « Tableau du maître flamand » de Perez-Reverte. Tout comme dans le dernier opus, ( les Impliqués) on pensait au Crime de L’Orient-Express d’Agatha Christie ).

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