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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 23:23
 Robert Galbraith Le Ver à soie ****

Grasset, 2014, 568 pages.( The Silkworm)

Deuxième affaire élucidée par Cormoran Strike et sa fidèle associée Robin: la femme d’un écrivain s’inquiète de la disparition de son mari : Owen Quine s’est volatilisé après avoir confié à son agent littéraire un roman à clef dans lequel il met en scène ses proches (collègues romanciers, agent, épouse, amante …) dans des postures pornographiques humiliantes. Le livre n’a pas été publié mais a semble-t-il beaucoup circulé sous le manteau et indisposé les intéressés. Cormoran se lance dans cette lecture ainsi que Robin : constat ; les romans de Quine sont complètement nuls ! Mais celui-là est plein de références symboliques et contient peut-être des secrets à décrypter.

Cormoran flaire une vengeance quelconque : il faudra d’une part retrouver le romancier mort ou vif, d’autre part interviewer les personnes caricaturées dans le roman, la plupart sont des romanciers médiocres, ayant eu plus ou moins de succès, et des auteurs en herbe dont Owen avait prétendu apprécier les manuscrits mais qu’il ridiculise dans son méchant dernier roman…

Une enquête agréable à suivre en dépit de quelques longueurs. Je n’ai rien deviné quant à l’identité du coupable, et pourtant des indices peuvent mettre sur la voie ! Un bon point pour l’auteur car je n’aime pas comprendre trop vite ! La satire d’un certain milieu de l’édition est mordante. Cormoran se demande stupéfait « mais pourquoi y-a-t-il tant de gens qui écrivent ?? »

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 17:35
Paula Hawkins La Fille du train ****+

Sonatine, 2015, 450 pages.

Tous les jours Rachel monte dans le même wagon à Ashbury direction Euston. A la hauteur de la petite gare de Witney, le train ralentit , et a tout le loisir d’ observer un jeune couple installé sur son balcon. Ces jeunes gens elle les a baptisés Jess et Jason ; elle les chérit car ils sont beaux et ils s’aiment, pense-t-elle. Une raison d’espérer, car Rachel est en instance de divorce, son mari s’étant mis en ménage avec une autre femme, ce dont elle ne se console pas. D’ailleurs, elle est devenue alcoolique… toutefois cette image parfaite se ternit le jour où Rachel aperçoit Jess en compagnie d’un autre homme. Puis voilà que le réel fait irruption : Jess ( en réalité Megan) a disparu de son domicile. Rachel se sent partie prenante dans ce drame. D’autant plus qu’à quelques mètres de chez Megan vit son l’ ex-mari de Rachel et sa nouvelle compagne…

Un bon roman policier ; l’intrigue est intéressante et se développe bien. Il y a en fait trois narratrices , et c’est une bonne idée car cela agrémente le suspens. Ce n’est pas un roman à énigme, on devine bien avant la fin, mais le plaisir n’en est pas altéré. Ce roman a été très « lancé » et il mérite ces louanges.

la jeune romancière connaît ses classiques : elle s'est souvenue du "train de 16 h 40 pour Paddington", que prit Miss Marple, laquelle regardait aussi ce qui se passait dans la maison en face de la vitre du compartiment. On pense aussi un peu à Fenêtre sur cour...

D’autres premiers roman policiers anglais, aussi bons que celui-là ( Désordre » de Penny Handcock, et L’Oubli » d’Emma Healey) n’ont pas bénéficié de la même publicité, on se demande pourquoi ???

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 14:48
Fred Vargas Temps glaciaires ****

Flammarion, 497 pages

Au programme aventures dans le grand nord sur une petite île islandaise à la recherche d’indices concernant un drame survenu dix ans plus tôt le décès de deux touristes sur un groupe de 12 perdus dans une tempête. Et encore, représentations costumées des principaux événements de la révolution française pour autant qu’elles eurent Robespierre pour acteur principal. Et aussi variations sur l’enfance maltraitée.

Les touristes témoins du drame islandais participent aux représentations costumées de la Révolution comme acteurs ou comme spectateurs ; et ils commencent à trépasser l’un après l’autre : Alice Gauthier noyée dans son bain, Henri Masfauré suicidé d’un coup de pistolet, j’en passe et des meilleures.

Adamsberg va interroger les proches de Masfauré, dont l’un Victor était présent sur l’île, et l’autre Amédée a reçu une lettre d’Alice Gauthier avant qu’elle meure ; puis le président de l’association des amis de Robespierre qui organise les représentations théâtrales. Quel est le lien entre les deux ?

Il faudra bien qu’Adamsberg aille en Islande sur cette île perdue, bien que son équipe presque au complet s’y oppose ! Car ça le démange (ou plutôt ça le gratte comme dirait son voisin Lucio…) un Adamsberg de plus en plus hermétique (même son ami Danglard et sa protectrice Retancourt ne déchiffrent plus ses propos ésotériques) qui a rendez-vous avec l’Afturganga, mystérieux esprit islandais qui rôde sur l’île.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 20:39
William Shaw Du sang sur Abbey Road.****

10/18 523 pages.

Une toute jeune fille retrouvée morte dans le quartier très bourgeois de St John ‘s Wood ; dans une des remises où les propriétaires rangent les affaires dont ils ne se servent pas. Toutes les remises avaient été fracturées.

Personne ne réclame la jeune fille…

Cathal Breen irlandais d’origine, se voit confier l’enquête. Pas très ami avec ses confrères ; accusé d’avoir fui lorsque l’un des leurs se faisait attaquer à coups de couteau dans un magasin. L’arrivée d’une nouvelle recrue venue d’une ferme de Cornouailles n’arrange pas les choses : Helen Toser est volontaire intelligente et déterminée. Les policiers collègues de Breen sont odieux, misogynes et la secrétaire est bête.

Breen interroge les gens du quartier persuadé que le meurtrier est l’un d’entre eux. Helen propose une autre piste : la victime faisait sûrement partie des fans des Beatles : il y a un club tout près, là où se trouve leur studio d’enregistrement. Il faut interroger ces groupies.

Pas mal malgré un début incroyablement lent : on ne voit pas ce que l’épisode du chat apporte à cette histoire. La « nounou » qui découvre le corps est bien campée mais ensuite elle ne sera qu’un personnage très secondaire, on attendait davantage… La société de l’époque : c’est la musique pop du Swinging London et l’apparition de communautés de jeunes soudés autour d’une musique qu’ils s’approprient. Sans compter le fétichisme pour certains types de vêtements. Breen a déjà trente ans en 1968 .C’est un peu âgé pour se sentir concerné par la pop music ; il devrait aimer le jazz, Elvis, ce genre de chose… mais il est plutôt solitaire.

Il se demande comment on peut s’intéresser à la pop : j’aurais aimé qu’il s’interroge vraiment sur les fondements du phénomène : son questionnement est trop superficiel. D’autres faits sont évoqués : la guerre du Biafra, le racisme anti-noir, la misogynie féroce, c’est pertinent, mais un peu rapide comme survol. Vous me direz, ce n’est qu’un polar, on ne va pas demander la Lune… ! Et pourquoi pas ?

L’enquête est bien conduite et cohérente.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 10:56
 Kishwai Desai Les Origines de l’amour***

L’Aube Noire, 2015, 450 pages.

A Bombay une clinique gynécologique dirigée par Anita et Pashwar : ils organisent la gestation pour autrui : les mères porteuses sont de jeunes indiennes illettrées et ayant un besoin urgent de quelques sous (pour leur famille nécessiteuses). Les embryons sont fournis par des couples indiens à l’aise financièrement, et le plus souvent par des couples étrangers surtout britanniques et australiens. La clinique pourvoit aux désirs d’enfants des homosexuels. Elle peut fournir des ovules, ou des spermatozoïdes,en cas de stérilité.

La sœur d’Anita, Singh est une assistante sociale rattachée à cette clinique. Elle s’occupe du bien-être des mères porteuses et des enfants qui naissent. Une petite Amelia a vu le jour, qui est séropositive ; sa mère porteuse a disparu et le couple anglais censé adopter l’enfant, a trouvé la mort dans un accident de voiture suspect. Singh enquête

C’est là un roman social plus qu’une enquête policière ; nous savons tout de suite qui est le coupable, et ce qui a pu se passer. On peut supposer certaines autres anomalies, concernant Kate et Ben, un jeune couple auquel on s’intéresse, mais elles n’existent que dans l’imagination du lecteur, et à la fin, ces personnages ne sont pas différents de ce qu’ils étaient au début ! Ils ne nous cachaient rien en quelque sorte !

Concernant les problèmes de la GPA et de certaines utilisations d’embryons humains, on n’apprend rien de plus que ce que l’on savait déjà. C’est bien écrit et le récit est correctement mené. On s’attache au personnage de Sonia, jeune mère porteuse indienne prisonnière d’un homme qui la bat, on regrette que le happy end final, ne soit pas également pour elle.

portrait de l'auteur et interview d'elle

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 13:57
Maud Mayeras Reflex **

Anne Carrières, thriller, 364 pages.

Prix du polar de Montigny pour l’année 2014.

Iris , jeune femme de trente et des poussières, photographie les cadavres sur les scènes de crime. Bien sûr il y en a beaucoup, ce sont surtout des enfants, et leurs corps tuméfiés sont décrits par le menu : nous sommes dans un thriller, genre que j’apprécie peu : mais je lis toujours le polar primé à Montigny.

Iris a perdu son fils onze ans auparavant ; le gamin de six ans s’était enfui de la maison et son corps a été retrouvé par un simple d’esprit, accusé du meurtre et mis sous les verrous ; bien que dans la région où vivait Iris, les meurtres ont continué en particulier sur les enfants.

Iris est revenue dans la maison où elle vivait avec sa mère : elle cherche toujours l’assassin ; sa mère est devenue folle et vit en HP. Iris et elle se haïssent. Parfois Iris va prendre le thé chez la vieille Philco sa voisine. Qui est si prévenante. Trop peut-être ?

En parallèle nous suivons l’histoire de Julie Carville, violée à 13 ans, en 1919, enceinte et abandonnée chez les bonnes sœurs tortionnaires dans un établissement du genre « martyre des Magdeleine » ; sauf que pour celle qui s’est enfuie de ce lieu, la vie à l’extérieur n’a guère été meilleure… et sa descendance s’est révélée catastrophique…

Il y a une quantité inimaginable de supplices, de tortures, de cadavres, de malheurs sans nom, dans ce roman. Tous les personnages sont ou ont été victimes de maltraitance, et se vengent sur un autre, ou plusieurs autres ; tout le monde est plus ou moins fou, ou pervers, ou les deux à la fois ! Et tout cela décrit minutieusement ! Maud Mayeras a les reins solides et la plume impitoyable… rien ne nous sera épargné !

l'image de couverture m'avait plu cependant...

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 21:18
Ann Granger Un intérêt particulier pour les morts ***

10/18 379 pages.

Titre original : A rare Intesrest for Corpses, publié en 2006.

Polar victorien, se déroulant en 1864.

Lizzie Martin, demoiselle de 30 ans pauvre et orpheline, se retrouve employée à Londres comme demoiselle de compagnie par une de ses tantes Mrs Parry. C’est une mesure de charité, et Lizzie ne se sent pas à l’aise.

A peine arrivée, elle croise un cadavre dans une carriole ; c’est celui de la précédente demoiselle de compagnie Madeleine Hexham, trouvée morte assassinée dans une maison en démolition sur le site d’Agar House, où l’on détruit les habitations pour édifier ce qui sera la gare et le chemin de fer de St Pancras…

Lizzie a une âme d’enquêtrice ! elle ne tarde pas à chercher le meurtrier de la pauvre Maddie , et apprend vite qu’elle était enceinte, et qu’elle a quitté la maison de Dorset House un matin, subitement sans emporter une seule affaire…

Elle aide efficacement l’inspecteur Ben Ross, qu’elle a connu petite. Son père, médecin était intervenu pour interdire les employeurs du futur inspecteur, de faire descendre cet enfant dans la mine de charbon où il travaillait…

La description de Londres mi-19 eme n’est pas mal ; les personnages (critiquables et pour certain très antipathiques) est bienvenue. Le suspense est mince, et il y a peu de rebondissements. Je n’ai pas aimé les passages où l’on raconte les souvenirs d’enfance de Lizzie et Ross ( banals et plein de bons sentiments…) je les ai passés ; le reste est honorable quoique sans grande originalité.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 10:45
Sandrine Collette Six fourmis blanches ****

Denoël Sueurs froides 2015, 276 pages

Mathias est sacrificateur de chèvres dans une contrée montagneuse en Albanie. Les paysans sont très superstitieux, et pour chaque événement ( naissance mariage baptême…) font appel à lui pour choisir dans le troupeau de la famille concernée une chèvre LA chèvre qui doit être sacrifiée. Mathias doit ressentir une certitude quant à l’animal choisi.

On dit qu’il a un don ( il le tient de son grand-père) ; c’est un homme solitaire, qui n’aime pas beaucoup son métier et ne croit qu’à moitié à sa mission. Il déteste jeter ces pauvres bêtes de la montagne… mais quoiqu’il en pense il doit continuer : le vieux Carche, tyran local a mainmise sur toute la contrée ; et voilà qu’il donne à Mathias, un de ses petits fils comme apprenti sacrificateur ; le garçon est un sacré voyou et Mathias est de plus en plus mal à l’aise...

Lou est une jeune femme de 25 ans ; elle et Elias son compagnon se préparent à une randonnée en haute montagne ; le groupe compte sept personnes en tout : les autres trekkeurs sont plus âgés ; aucun d’entre eux n’a l’expérience d’une telle randonnée. Lou se sent un peu stressée mais elle a confiance dans Vigan, leur guide, qu’elle trouve solide, avisé, bel homme en plus…

Cependant à la fin de la première journée le temps change très vite : une tempête s’abat sur la groupe : selon Vigan, il faut gérer la situation ; on va se diriger vers un refuge : hélas arrivés là de cette providentielle cabane il ne reste que deux pans de mur calcinés !

Des bruits étranges se font entendre : est-ce le vent ? n’y a-t-il pas un autre danger ? Des loups ?...

Lou et Mathias sont narrateurs de l’histoire, en alternance : on s’attend à ce qu’ils se rencontrent, on se demande comment. Le suspense est bien entretenu ; on participe aux déboires des personnages. Petit bémol, les sensations et pensées de Lou, ont tendance à se répéter un peu trop pendant cette fuite éperdue pour sa survie. Pourtant l’ensemble est réussi. Pour ceux qui n’aiment pas le « gore », ce récit l’est nettement moins que le précédent ( Un vent de cendres), mais il est presque aussi bon.

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 23:03
Ruth Rendell Et l’eau devint sang ****

En hommage à Ruth Rendell, décédée il y a quelque jours, je me suis plongée dans l'un des deux romans d'elle que je n'avais pas lus et qui reposaient dans ma PAL...

Editions des Deux-Terres, 370 pages , 2006.

Titre original : Water’s Lovely ( « l’eau est bien bonne » : ce qu’on dit aux autres lorsqu’on va se baigner dans la mer , qu’elle soit vraiment bonne, ou au contraire glacée.) On aurait dû garder ce titre en français.

...Il s’agit en fait d’une baignoire. Il y a douze ans de cela, Le beau-père d’Ismay, s’est noyé dans son bain. Sa mère et elle revenaient d’une course en ville, et ont trouvé Heather la sœur d’Ismay toute mouillée descendant de la salle d’eau au premier étage. Ismay a toujours pensé que sa sœur (alors âgée de 13 ans ) était impliquée dans ce décès. Sa mère et elle lui ont fourni un alibi.

A présent, Ismay revient dans la maison de son enfance. Elle a achevé ses études, et commencé un job de représentante commerciale. La salle de bain a disparu, remplacée par une nouvelle chambre.

Sa mère, devenue folle à délirer sans retour de conscience, vit à l’étage avec sa sœur Pamela qui veille sur elle. Ismay vivra au ré de chaussée avec Heather.

Bien que les deux sœurs aient un emploi, elles ne quittent pas la maison familiale. Elles se mettent à fréquenter chacune un homme. Pour Ismay ce sera Andrew, un jeune avocat, superficiel, volage, et snob. Pour Heather ce sera Edmund, un homme de 35 ans, qui peine à se détacher de son horripilante mère hypocondriaque….

Les deux sœurs vouent un amour inconditionnel à leurs partenaires respectifs. On en vient à préférer les rôles secondaires : par exemple, le personnage de Marion m’a beaucoup amusée : une femme qui vit d’expédients, de vols, tente de se faire coucher sur le testament de certaines personnes, et n’arrive pas à assassiner ses employeuses ! L’expérience désastreuse de Pamela avec les rencontres genre « speed-dating » n’est pas mal non plus. La mère d’Edmund est un bon personnage aussi.

J’ai tout de même bien aimé le cas de conscience d’Ismay, qui ne cesse de repenser à cet après-midi fatal et au rôle joué par sa sœur...

Il s’agit en fait, de familles dont les membres ont peine à se détacher les uns des autres, pour vivre leurs vies. Et quant ils le font, ils sont pathologiquement entichés de leurs partenaires. Le sujet est traité avec pas mal d’inventivité, le suspense est au rendez-vous, certains passages sont franchement comiques, l'ensemble est une bonne comédie de mœurs.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 08:26

Première parution 1998

Actes sud Noir, 2012,448 pages.

Deux ingénieurs dans l’aéronautique, Yhuara et Yamashita vivent un grand jour. L’hélicoptère dont ils ont supervisé la construction pour la société Nishiski Heavy Industrie est prêt à effectuer son premier vol de présentation. Cet appareil gigantesque doit être vendu au ministère de la Défense. Il peut et doit être spécial car il peut être télécommandé électriquement par un système numérique. Les deux ingénieurs chefs de projet y ont travaillé pendant cinq ans aux USA.

Les ingénieurs ont amené leurs épouses et enfants pour assister au premier vol de l’appareil. Comme celui-ci se fait attendre, les femmes autorisent les garçonnets à jouer dehors.

Tahahiro et Keita réussirent à gagner le hangar contenant l’avion et à s’introduire dedans. L’un d’eux Keita est encore dans l’appareil, lorsque celui –ci , subitement se met en marche…

Deux hommes dont nous ignorons l’identité se sont approprié les données numériques et se sont rendu maîtres de l’hélicoptère en question qu’ils manœuvrent à l’aide d’un appareil de télécommande et d’un ordinateur.

L’aéronef s’immobilise au-dessus de la centrale nucléaire de Shinyo dans la presqu’île de Tsuguru. Les ravisseurs envoient un message par télécopie : le gouvernement doit faire arrêter les réacteurs nucléaires dans tout le pays ; sinon l’hélicoptère restera au-dessus de la centrale et tombera lorsque le carburant sera épuisé. Il y aurait des caisses d’explosifs dans la carlingue.

La police locale de la région de Fukui, recherche les possibles ravisseurs parmi les gens du coin qui sont actifs dans les mouvements d’opposition au nucléaire. Et ceux qui ont eu à en pâtir. Des travailleurs dans le nucléaire atteints de leucémie dont la famille a intenté un procès pour reconnaissance de maladie du travail…

Les responsables du projet, le ministère de la défense, le personnel dirigeant de la centrale, les pompiers, sont en alerte et cherchent à évaluer les dégâts possibles. Mais surtout, on se demande comment sauver l’enfant qui est dans l’avion et on élabore un plan de sauvetage périlleux.

Présenté comme un thriller, ce roman est intéressant, et parfois haletant .l’enquête intéresse et certain passages sont forts, tel l’opération de sauvetage de l’enfant. On pense à Fukushima, mais en 1998, c’est le tremblement de terre de Kobé qui avait échauffé les esprits et mobilisé beaucoup de gens contre le nucléaire.

Je n’ai pas tout compris des subtilités de ces mécanismes techniques sophistiqués, en dépit des nombreuses explications ( le texte se veut assez souvent pédagogique). Je me suis demandé pourquoi, puisque les maîtres chanteurs disposaient des données (qu’ils se sont appropriées frauduleusement) et du matériel pour télécommander l’appareil, les ingénieurs responsables de la construction de l’hélicoptère n’avaient pas les mêmes choses à leur disposition, pour contrer l’action des ravisseurs ; je n’ai pas de réponse à cette question.

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