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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:23
Peter May L’île du serment ***

Rouergue (noir) 419 pages, 2014

Titre original : Entry Island

Les îles de la Madeleine au large de la province du Québec ; notamment l’île d’Entrée : un crime y a été commis une nuit : Kirsty Corwell prétend que son mari et elle ? ont été attaqué par un individu cagoulé à l’arme blanche. C’est le mari qui a été tué. Kirsty était pleine de sang et nul ne la croit ; d’autant qu’elle était plus ou moins séparée de son époux qui sortait avec la femme du maire. L’inspecteur chargé de l’enquête a été fascinée par Kristy : elle est comme lui originaire d’Ecosse ; leurs ancêtres respectifs se sont installés là après avoir fui le pays natal pour des raisons diverses.

L’inspecteur se souvient de son ancêtre écossais, auteur d’un journal intime que lui lisait sa grand-mère : ce Simon, fils d’un maçon, était tombé amoureux de la fille du châtelain du lieu : laquelle est l’ancêtre de Kirsty et lui ressemble étonnamment.

D’après l’inspecteur le passé doit éclairer le présent. Il fouille donc dans les affaires de son héroïque ancêtre, et interroge les gens de l’île plus ou moins liés à Kirsty par le sang ou le voisinage….

Bien écrit avec de bonnes descriptions, le récit se focalise surtout sur les ancêtres des protagonistes. On s’intéresse moins aux personnages du présent, on sait peu de choses sur eux : investis d’une sorte de destin, Kirsty et l’inspecteur ne semblent exister que par rapport à leurs ancêtres. On sait qu’actuellement ils sont mal mariés, sans qu’on sache pourquoi ils ne s’entendaient plus avec leurs conjoints…

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 20:46
Carin Bartosch Edström Furioso **

JC Lattès, 587 pages.

les stradivarius portent malheur! Après Confiteor, et le Violoniste, voici encore un cas où le diable semble s'être logé dans le maudit et précieux instrument...

Une île en Suède : Svalskär , elle appartient à Louise et son cousin Peder

Louise va s’y rendre pour enregistrer un disque de musique de chambre avec les membres de son quatuor « Furioso » Sauf que, comme elle s’est blessé la main en la coinçant dans une porte, elle doit se faire remplacer. Le remplaçant est Raoul Lebeskind, célèbre violoniste et séducteur invétéré. Evidemment il joue sur un de ces anciens violons, pièce maudite et inestimable...

Les autres membres sont Anna, violoniste, qui autrefois a été fiancée à Raoul, Helena, altiste, qui entretient avec Raoul une liaison extraconjugale vieille de 25 ans, et Caroline, jeune celliste de 24 ans, sœur d’Helena, et compagne de Louise.

A peine les musiciens réunis, on se rend compte qu’Helena et Anna flirtent avec Raoul, qui ne les repousse pas bien au contraire. Et pourtant il entame une liaison ardente avec Caroline, ils veulent se marier tout soudain… Caroline rompt avec Louise mais Raoul continue à flirter avec ses anciennes maîtresses. Les femmes se haïssent entre elles… évidemment, ça tourne mal …

Il faut attendre la page 244 pour que le meurtre ait enfin lieu ! Ensuite, l’enquête démarre avec une commissaire Ebba, et son adjointe Vendela. Mais la séduction continue ! Vendela et Louise se plaisent (Louise oublie bien vite Caroline pour se tourner vers la nouvelle belle jeune femme) tandis que Ebba craque pour Raoul…

Polar ennuyeux, avec des personnages peu consistants alors même qu’on ne cesse de nous répéter qu’ils sont exceptionnels, tant par leurs caractères et talent musical que par leur beauté irrésistibles (plus on nous le rabâche, plus ça nous énerve ! Carin Edström a voulu rejouer Dom Giovanni ( trois femmes jalouses un séducteur, et au moins deux ennemis autres ) mais elle ne me convainc pas.

Certes on ne devine pas qui est coupable (et pour cause ! tous avaient un mobile…) mais il faut attendre bien longtemps pour savoir.

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 20:38
Mechtild Borrmann Le Violoniste ****

Original : Der Geiger 2012

Le Masque, 2014, 244 pages

Après un concert particulièrement applaudi, en 1948, dans la Russie stalinienne, Ilja Grencko est arrêté dans sa loge et conduit au siège du KGB ( « la Loubianka »).

Un officier nommé Kourov l’accuse d’avoir préparé sa fuite à l’ouest. Ilja comprend vite que ce n’est qu’un prétexte, mais pourquoi l’emprisonne-t-on, il l’ignore. Le voilà parti pour le Goulag travailler dans une mine de charbon. On suppose c’est pour s’emparer de son violon ( un Stradivarius très précieux) que le KGB est intervenu, mais qui est derrière tout cela, qui voulait sa chute et son violon ?

Galina sa femme est déportée avec ses deux petits garçons au Kazakhstan, la famille est laminée. Ilja ne reverra jamais sa femme et ses enfants, qui auront bien du mal à s’en sortir.

Soixante ans plus tard, en 2008, il ne reste plus qu’un descendant Grencko : Sacha petit fils du violoniste, vit en Allemagne, à Cologne, et travaille pour le compte d’une société spécialisée dans les systèmes informatiques de sécurité pour la protection des particuliers, et d’espionnage de nature économique. L’émigration de sa famille ne leur a pas porté chance.

Ses parents sont morts dans un accident de voiture lorsqu’il était petit, son oncle a succombé à un accident lui aussi, et sa sœur Vika, qui avait réclamé son aide d’urgence, vient d’être assassinée sous ses yeux à Munich dans le café où elle jouait du piano de jazz.

L’enquête de Sacha pour savoir la vérité sur tous les malheurs qui ont décimé sa famille, va le ramener à Moscou ; en passant par diverses villes d’Allemagne. Il comprend vite que les membres de sa famille ayant trouvé la mort, avaient juste avant déposé une demande officielle à Moscou au ministère de la sécurité intérieure pour réclamer que l’on recherche le Stradivarius…

Le cheminement de Sacha est cohérent, bien mené, et il n’y rien d’invraisemblable dans la solution de l’affaire ( dans un polar c’’est assez rare pour être souligné…) en alternance nous suivons les destins d’Ilja au Goulag et de Galina et ses enfants en déportation. On plonge une fois de plus dans un récit qui nous mène au cœur du régime totalitaire stalinien et de ses horreurs.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 13:27

Respirar por la herida, 2013

Actes sud Noir, 476 pages.

Eduardo a fait de la prison pour avoir vengé sa femme et sa fille, tuées par un chauffard qui avait embouti leur voiture sur une petite route 14 ans plus tôt. Quelques mois après les faits, une certaine Olga lui a révélé avoir vu la voiture et le chauffeur et noté la plaque d’immatriculation. Résultat : un mort Teo, sa femme Maribel devenue infirme, et le garçon, fils adoptif d’origine chinoise, Who, qui, à son tour, doit venger sa mère et son père victimes d'Eduardo… pour l’instant Who est devenu prostitué et travaille pour Chang ; ce dernier utilise aussi des chinoises arrivées clandestinement pour les faire travailler comme des brutes. En attendant des les prostituer. Who veut sauver Mei l’une d’entre elles…

Qu’est devenu Eduardo ? Il en a gardé une infirmité au genou et un alcoolisme durable. Il vit chez Graciela une femme dépressive, amputée du sein gauche . Graciela voudrait bien qu’Eduardo se mette en ménage avec elle, mais il la repousse gentiment mais fermement. Elle a une fille Sara, probablement schizophrène,qui dialogue avec un chat chinois en matière plastique trouvé dans le métro.

Eduardo qui fut peintre de métier reçoit une commande d’une femme nommée Gloria, par l’intermédiaire de la fameuse Olga qui est galeriste.

Pour Gloria A Tagger, violoniste un peu bizarre, Eduardo doit faire le portrait d Arthur Fernandez un ex-poète devenu homme d’affaire, et qui va sortir de prison.

Lui aussi a tué avec sa voiture : deux enfants Ian Mc Kenzie fils de Gloria, et Rebeca petite fille d’un individu qu’on appelle l’Arménien. Il les a écrasés, ivre, et sa voiture a atterri dans une vitrine.

Gloria voudrait sans doute se venger d’Arthur, mais pourquoi demander son portrait ?

Arthur tient à la vie : en prison il s’est assuré la protection d’Ibrahim, ancien du FNL,(Arthur était pied-noir et connait aussi l’Algérie). Sorti de prison, Ibrahim l’aide toujours… mais c’est Andrea sa femme qui l’intéresse ; il est amoureux d’elle depuis longtemps et pense pouvoir renouer ;t Andrea et Arthur ont eu une fille Ahora qui a fugué après des épisodes sévères de drogues et probablement de prostitution. Ibrahim la recherche pour Andrea ; Arthur la recherche aussi et pour cela a embauché Guzman un type de la CIA (ou de la mafia ?) expert en filature, torture et tout ce que vous voudrez de tel. Car il a servi sous Pinochet…

Guzman fait des découvertes chez un vieux vendeur d’antiquités, Damaso , chez un homme d’affaire assassiné à présent, Magnus Olsen, et voilà qu'on reparle du fameux fils de Gloria, Ian celui que Arthur a percuté en voiture.

Vous suivez??

Quelques uns de ces personnages vont se faire trucider, mais pas tous, ne vous inquiétez pas ou sont déjà morts ( vous n'allez pas les regretter, allez!)

J’ai passé quelques pages ; il y a trop de personnages chacun a son histoire, on ne peut s’intéresser à tous. Beaucoup de choses paraissent invraisemblables :on a une concentration maximum de crimes et de perversions et aussi de grandes passions, et de désir de vengeance… cela fait un peu romantisme noir… c’est la deuxième fois que je lis cet auteur. Je n’avais pas trop aimé le précédent, je n'aime pas davantage celui-là ; l'auteur a de l'ambition, c'est sûr! Il impressionne malgré tout...

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:12
Olivier Truc Le Détroit du Loup **+

Métailié, Noir 2014, 410 pages.

Nord de la Norvège, exploitation pétrolière et gazière en mer de Barents. Le jeune Nils Sormi travaille comme plongeur pour le compte de l’entreprise Norgoil. C’est un métier dangereux et peu plaisant aux yeux du lecteur (il ne s’agit pas de contempler les fonds marins ni de les photographier, encore moins de chercher des fossiles ou des épaves…) mais il en est très fier et il est considéré à l’égal d’une star… pas chercher à comprendre, les mœurs sont très différents d’ici.

Dans le coin, il y a une activité rurale intense toujours en conflit avec l’industrielle. C’est celle des éleveurs de rennes. Ils ont besoin des pâturages.

Justement nous sommes en avril, et les bêtes vont commencer leur transhumance ; pour gagner le plateau à présent libéré de neige, le troupeau du jeune Erik (autrefois ami de classe de Nils) doit traverser le fameux détroit du Loup. Mais pendant cette délicate traversée, un individu perché sur un rocher, que les éleveurs tiennent pour sacré, et où ils déposent des offrandes, un individu disais-je, fait des signes qui effraient les rennes et les affolent : le troupeau tourne en rond, bien des bêtes risquent de se noyer. Erik se précipite dans le détroit avec sa barque… et c’est lui qui se noie…

Cet accident n’est que le début d’une suite de morts suspectes d’anciens plongeurs , d’hommes d’affaires liés à l’industrie pétrolière. Nina et Klemet ont de quoi enquêter.

Un peu plus ennuyeux que le Dernier Lapon… le personnage de Nina s’affirme comme principal au détriment de Klemet, réduit à jouer les utilités. Ensemble correct.

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 19:19

(Sandrine’s Case, 2013) Seuil-Policiers, 2014, 385 pages.

Ce roman relate le procès de Samuel Madison, accusé d’avoir tué sa femme Sandrine. Les différentes phases de ce procès, et les pensées et réminiscences de l’accusé nous sont présentées en alternance, ainsi que ses contacts avec plusieurs personnes proches de lui ( son avocat, sa fille, son ex-maîtresse en particulier), pendant ces dix jours de procédure.

Sandrine a été trouvée morte dans son lit. L’autopsie a montré qu’elle avait absorbé des analgésiques puissants mélangés à de la vodka. Un suicide, selon toute vraisemblance. Elle n’avait que 46 ans, mais souffrait d’une grave maladie neurologique, et, quoique encore valide, n’avait plus rien à attendre de l’existence qu’une rapide dégénérescence musculaire menant à la mort quelques années plus tard. Une raison sérieuse de se suicider.

Pourquoi donc Samuel est-il sur le banc des accusés ?

Au cours de ces journées, Sam revit les étapes de sa vie commune avec Sandrine. La nature de leur lien n’est pas tout à fait claire. Et leurs différends, semblent multiples et complexes.

Il y a vingt ans, Sandrine et Sam, alors amants, ont effectué un voyage en Méditerranée « d’Athènes à Albi » : c’est là que Sandrine a demandé Sam en mariage. Elle en était amoureuse, il s’est laissé aimer et persuader qu’il l’aimait en retour. Ils n’avaient pas les mêmes aspirations...

Juste avant son suicide, Sandrine s’était violemment querellé avec Sam et l’avait traité de » sociopathe » entre autres. Le procès fait apparaître qu’elle s’était confiée à plusieurs personnes, disant que son mari la délaissait et souhaitait qu’elle meure rapidement.

Il apparaît que tout le récit repose sur le sentiment de culpabilité. Celui que Samuel devrait ressentir et qu’il se reproche de ne pas éprouver, pour ensuite en être copieusement submergé. Il dit à un moment, se sentir comme dans le Procès de Kafka, ce qui n’est pas faux : il n’y a aucune preuve matérielle qu’il ait tué sa femme, pas davantage qu’elle ait été assassinée, et ce procès, logiquement, ne devrait pas avoir lieu.

A la moitié du récit, j’ai commencé à tiquer, ne voyant pas où l’auteur voulait en venir. Que signifie le fait que Sandrine ait décidé qu’elle aimait sérieusement Sam, parce que « c’était un homme bon » ? Est-ce qu’on est amoureux pour de telles raisons ? A mesure que le procès avance, on voit que Sam est accusé d’avoir perdu « sa bonté, sa tendresse » , de n’avoir pas su se comporter envers sa femme, dépressive à cause de sa maladie, de n’avoir pas su renoncer à ses idéaux d’écriture ( alors qu’elle n’avait pas renoncé non plus à son rêve d’ouvrir une école), d’avoir souhaité qu’elle meure ( ce n’est pas un saint, d’accord !) ; bref, un couple qui ne s’entend plus, qui ne s’est jamais très bien entendu, et qu’une maladie mortelle précipite dans la tragédie.

Je ne vois pas que Sam soit plus coupable que Sandrine ; avant sa maladie même, elle semble avoir été psychorigide comme on dit maintenant (et lui de même !). La fin ne me plaît pas.

Un récit qui au fil de la lecture devient moralisateur, une fin édifiante !

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 09:26

LP, 1988. 1ere publication en 1963, sous le titre « Mind to Murder » (attention au meurtre)

C’est le deuxième roman publié de PD James,(décédée il y a deux jours) et j'ai décidé de lire ce roman d'elle que j'avais en rayon, oublié jusqu'à hier, pour lui rendre hommage.

Pour le lire, on doit se souvenir que l’on est au début des années 60.

Nous sommes dans une clinique psychiatrique ; la directrice administrative miss Bolam est trouvée morte au sous-sol dans la pièce des archives, au milieu de dossiers éparpillés. Poignardée avec un ciseau, et affublée d’un fétiche en bois, sculpté par un des malades.

Dalgliesh est le même que d’ordinaire, se demandant s’il va nouer une relation amoureuse avec une femme de son entourage.

Dans cette clinique, au moment de la découverte du meurtre, Paul Steiner, psychanalyste, s’ennuie avec son patient qui ressasse toujours les mêmes phrases, et a même cessé de lui accorder cette attention flottante qu’il lui doit. Steiner pense avec animosité à cet appareil que l’on vient d’acheter pour administrer des électrochocs aux patients de son confrère psychiatre. Nous non plus, n’aimons pas ces traitements barbares (cela existe encore mais de nos jours on préfère la chimiothérapie). J’apprends aussi que certains malades graves sont traités par le LSD (cela me paraît dangereux). Tout cela date un peu (mais actuellement, il y aurait également beaucoup à redire…).

L’auteur ne profite pas du contexte qu’elle a choisi pour entrer profondément dans le sujet des diverses maladies psychiques et de la façon de traiter les symptômes. Les suspects sont honorablement campés, mais avec un certain conformisme. Le terme psychopathe est utilisé à tort et à travers. On considère que le docteur Steiner ( qui se veut freudien) et le docteur Baguley , qui n’aime que les méthodes barbares, ont « une divergence d’opinion ». Cela va tout de même plus loin !

IL reste que l’écriture, les descriptions, sont de qualité, et que l’intrigue est correctement développée. Le lecteur est conduit sur une piste, tandis que Dalgliesh en suit une autre, et l’on ne sait plus quoi penser, ce qui est très bien pour un roman policier. Les petits rôles et certains des plus importants sont parfaits : le chat Tigger et le rôle qu’il joue, l’employée de maison, la surveillante vieille fille et sa compagne, le personnage du peintre et de sa petite amie , en particulier sont bien vus et bien exploités.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 13:56

Actes sud Noir 2011, 358 pages.( Tiefe Wunden)

En mai 2007 David Goldberg, âgé de 92 ans, homme d’affaire, et diplomate, est rentré des USA pour finir ses jours à Taunus près de Francfort dans sa patrie d’origine, quittée en 1945. Ce soir, Il attend la visite d’une vieille amie à lui.

Dommage !, à peine établi dans ses pénates, il se fait assassiner d’une balle dans la tête. Avec son sang, on a écrit sur le miroir du vestibule les chiffres 16145.

Les enquêteurs ( déjà connus dans Blanche-Neige va mourir) Pia Kirchhoff et Oliver von Bodenstein sont fort surpris lorsque le médecin légiste leur annonce que la victime avait sur le haut du bras un tatouage de son groupe sanguin qu’il avait tenté sans succès d’effacer. Ce tatouage, signe son appartenance à la Section Spéciale de Hitler. David Goldberg n’était donc pas juif, et rescapé d’Auschwitz, bien qu’il passât pour tel depuis la nuit des temps !

Pia et Oliver vont rendre visite à la vieille amie de Godberg, Vera Kaltensee qui vient de fêter ses 85 ans. Cette famille éminemment riche et respectée vit dans une grande propriété : Le fils aîné de Vera, Elard, professeur d’art, est revenu vivre chez eux. On dit qu’il a « un lourd secret ». La plus jeune des filles Jutta, est lancée dans une carrière politique. Pia a l’intuition qu’ils savent des choses qui pourrait lancer la police sur une piste,

En même temps de nombreux personnages, plus ou moins suspects, tombent sur le dos du lecteur (qui a un peu de mal à se souvenir de tout le monde !). Un jeune entrepreneur de travaux publics Marcus,vient se faire consoler d'on ne sait quoi à sa grand- mère. Thomas Ritter, ennemi juré des Kaltensee, écrit un livre sur cette famille, qui devrait faire scandale ; en même temps il fréquente une petite fille héritière de Vera...

Pêle-mêle,entrent en scène d’autres collègues de Pia et Oliver, dont une certaine Nicole qui en veut à Oliver ; puis Cosima la femme d’Oliver, et sa progéniture; les autres enfants et petits enfants de Vera ; sa meilleure amie Anita, en maison de retraite, un fils naturel Kaltensee, un directeur de zoo ami de Pia, leurs chevaux et leurs chiens( pourquoi devenir policière, alors que vétérinaire lui aurait si bien convenu ?), la femme de Marcus, l’éditrice de Thomas (vous suivez ? )et voici la seconde victime, Hermann Schneider, autre vieux monsieur des environs, tout aussi riche et nazi que le premier…

Ce roman policier n’est pas sans défauts : trop de personnages qu’on aborde superficiellement , des détails peu intéressants notamment sur la vie des policiers, une abondance de clichés, des rebondissements multiples, dont certains sont utiles, et d’autres d’un romanesque outré. L’idée de départ est intéressante, et tient la route. Il est bien dommage que l’auteur l’ait plus ou moins enrobée de péripéties mélodramatiques …l’intrigue est correctement menée, et l’on suit jusqu’au bout. Un assez bon moment de lecture

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 15:44

Seuil, 2013

Tokyo de nos jours : un immeuble : Toshi ( qui se fait appeler Ninna) a 17 ans elle termine le lycée dans une école privée élitiste. Elle n’est pas très bien classée, et pas sûre d’intégrer l’université de Tokyo. Il faut bûcher tout le temps et on est en août. Un après-midi d’été caniculaire, elle entend un grand fracas dans l’appartement mitoyen. Croit à un cambriolage. Descend et voit le fils des voisins qu’elle et ses copines surnomment « le lombric » ( car il est blanc maigre et insignifiant ???) s’en aller tout content et joyeux pour la première fois de sa vie. Il vient de se passer quelque chose.

Le « lombric » a tué sa mère avec préméditation, de plusieurs coups de batte de base-ball.

Il est en fuite, et pour ce faire, a emprunté le vélo de Toshi et son portable.

Il ya cinq récits chacun le point de vue et le devenir d’un des adolescents confronté à ce drame. Toshi, qui communique avec le « lombric « par téléphone et éprouve pour lui et son geste une sorte de fascination terrifiée, et il faut bien le dire de compréhension. Yuzan, une autre amie, lesbienne, fréquente des bars où l’on rencontre des filles ayant le même goût qu’elle, se sent en marge de la société. Communiquer avec Le Lombric, par téléphone, l’intéresse. Pour elle, il n’est pas question d’appeler la police. Le garçon doit avoir une chance de commencer une nouvelle vie…

La troisième fille Norino , veut retrouver le « lombric » et partager sa fuite : le lombric est-il un héros, vit-elle avec lui quelque chose de particulier, c’est la question à laquelle elle n’est pas sûre de pouvoir répondre, mais elle s’engage dans l’action. un moment jusqu’au second drame : ayant fui en taxi, ils braquent le conducteur le tuent et Norino perd la vie dans l’accident.

La quatrième fille Terauschi , est une bûcheuse ; seule à pouvoir faire de bonnes études, tout le temps en train de s’auto analyser. En communiquant avec le garçon, ses amies se compromettent dangereusement, que doit-elle faire, elle, l’élément raisonnable du groupe ? Après s’être tue, voyant ses amies impliquées, elle téléphone anonymement à la police, et indique l’endroit où se dissimulent les fuyards. Ensuite, persuadée d’être cause de l’accident de voiture pour avoir parlé trop tard, elle se suicide laissant une lettre confidentielle à Toschi.

Le lombric, est comme trois de ces filles, inscrit dans une école sélective, pressé d’intégrer l’université de Tokyo, mais mal classé, et dégoûté des études. Humilié par une mère trop exigeante, et accusé d’avoir regardé les voisines nues ( sa mère l’a traitée de criminel) il se venge en devenant un vrai criminel. C’est une situation extrême, pas complètement incroyable mais rare, que l’auteur nous conte là. On retrouve son goût assumé pour les situations de déviance. C’est surtout un roman psychologique ( en même temps qu’un thriller) pas mal écrit et traduit, qui montre la mal-être des adolescents que leurs parents pressent de réussir et qui se sentent rebelles, humiliés, agressifs…

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 15:34

(Elizabeth is Missing, 2014) Sonatine,

Un premier roman d’une jeune anglaise de 28 ans. C’est l’histoire de Maud une octogénaire, atteinte d’un Alzheimer de moyenne intensité. Pas complètement perdue mais déjà bien confuse.

Elle est obsédée par la disparition de son amie Elisabeth, autre vieille dame, qui habite quelques maisons plus loin. Chaque fois que Maud va la voir, elle trouve porte close.

D’autre part, la dernière fois que Maud a vu Elisabeth elles ont creusé la terre dans le jardin d’Elisabeth et Maud y a trouvé le couvercle à moitié brisé d’un poudrier.

Maud collectionne les objets les plus invraisemblables dans des boîtes d’allumettes des poches des tiroirs et dans toute sorte d’endroits. De petits objets tels que des cailloux, des rognures d’ongles , des bouts de verre cassés, des gants oubliés par terre, des emballages d’on ne sait quoi… on dirait une petite fille. Mais ces manies de collection ont débuté en 1946 ; elle avait une petite quinzaine d’années. Sa sœur aînée, Sukey, à qui elle était très attachée venait de disparaître, comme Elisabeth maintenant. Et Maud enquêtait sur cette disparition déjà. Ainsi que Frank, le mari de Sukey, Douglas le locataire de ses parents, et ses parents eux-mêmes… tout le monde cherchait, interrogeait : même la Folle devait savoir quelque chose… entre le passé et le présent, Maud se mélange les pédales. Cherche-t-elle Sukey ou Elizabeth ? que savent sa fille Helen, sa petite fille Katy , le fils d’Elizabeth les voisins ? Amis ennemis ou pauvres innocent qui n’ont rien compris ?

Nous passons donc 350 pages dans la tête de cette vieille dame : les disparues, la sœur après guerre, et Elisabeth l’amie, de nos jours, nous comprenons à peu près ce qui leurs est arrivé, et ceci assez vite. Ce qui compte, c’est l’ambiance, le monde de Maud, et la progression de l’intrigue, car à force de se remémorer le passé traumatisant de l’après –guerre, et le présent confus, et de noter sur des bouts de papiers ce qu’il faut se rappeler, Maud va bien arriver à des résultats concluants. Qu’elle oubliera sans doute, pour y revenir ensuite.

Un premier roman très prenant, pas spécialement policier malgré l’éditeur ; les amateurs d’action et de rebondissements spectaculaires peuvent s’abstenir. Si vous aimez les atmosphères, le suspense psychologique, l’humour, ce roman assez noir et pourtant cocasse est fait pour vous.

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