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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 17:41

Actes-sud Noir, 2014 365 pages.

1ere publication 2011.

Cinquième roman traduit de l’auteur depuis La Maison où je suis mort autrefois.

Nous retrouvons le duo Yukawa le physicien et Kusanagi Mamiya, l’inspecteur de police, plongés dans une enquête.

Dans une petite auberge proche d’une station balnéaire Hari-plage, trois voyageurs viennent de descendre : Kyohei , petit garçon de dix ans, venu passer des vacances chez son oncle et sa tante qui tiennent l’auberge, le physicien Yukawa(qui s’est lié d’amitié avec lui dans le train, et lui donne un coup de main pour ses devoirs de maths), et Tsukahara, policier à la retraite, apparemment venu pour assister à une conférence concernant l’exploitation des métaux rares dans les hauts-fonds de la mer.

Cette exploitation rencontre de nombreuses critiques de la part de groupes écologistes. Narumi, fille des aubergistes est très remontée contre le projet.

Le lendemain de l’arrivée des trois voyageurs ; Tsukahara est retrouvé mort, près de la plage, tombé d’une falaise sur les rochers en contrebas.

On devine qu’il ne s’agit pas d’un accident. Yukawa alerte la police de Tokyo ( dont fait partie son ami Kusagani). En effet, le client malchanceux a été empoisonné au monoxyde de carbone, avant sa chute.

L’enquête, minutieuse, est agréable à suivre. La présence du garçonnet, et le thème de l’exploitation de la mer, font diversion tout en s’intégrant bien à l’enquêter. Il n’y a rien à redire de la construction, bien faite, mais on ressent des longueurs. C’est surtout que les personnages, excepté Yukawa et le petit garçon, n’ont pas réussi à m’intéresser plus que ça.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 17:40

Folio-policier 1992 (1er publication 1989)

Birmingham, Alabama, avril 1963.

Le pasteur King organise des manifestations non-violentes et antiracistes dans cette ville qui est un bastion du ségrégationnisme. La population noire y est pauvre et maltraitée. Les manifestants sont sévèrement réprimées.la police est intégralement blanche.

L’inspecteur Ben Wellmann est envoyé dans les églises pour écouter et noter les discours de King, ainsi que dans les rues, bastonner les manifestants. Il commence à détester son job.

Le voilà confronté à une affaire qui concerne davantage la justice dont il est épris. Une fillette noire a té retrouvée enterrée dans un terrain vague du quartier de Bearmatch, tuée d’une balle dans la nuque, et violée. Au commissariat on dit à Ben qu’il n’aura même pas besoin d’enquêter. A Bearmatch, ils font leur justice eux-mêmes. Ben prend cette affaire à cœur, retrouve la tante et Le grand-père de la fillette, va mener une enquête méticuleuse et obstinée pour élucider l’affaire .. Il a maille à partir avec les frères Langley, racistes convaincus qui sillonnent le quartier, et se servent de leur statuts de policiers chargés de surveiller Bearmatch, pour se livrer à des exactions parmi les noirs. Mais confronté à Jolly Roy, maquereau sans foi ni loi, Ben n’est pas mieux loti. Au commissariat, il ne sait quoi penser de ses collègues, n’a confiance en personne, sauf le médecin-légiste ;

Dans un contexte historique dont le rendu ajoute de la densité à l’affaire, Ben Wellmann rencontre la haine raciale, la délinquance, la corruption, et va être amené à choisir son camp.

Je ne suis pas loin de penser que cet opus de Thomas Cook, bien qu’assez ancien, est son meilleur…

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:20

Mirobole Editions, 3013, 442 pages.

Le docteur Rudszki a organisé une thérapie de groupe dans la crypte d’une église de Varsovie. Cette crypte est aménagée pour l’hébergement, comporte des chambres-cellules, une salle d’eau, une cuisine.

Les quatre participants doivent chacun mettre en scène leur famille proche. Chacun dispose les autres patients autour de lui, et leur assigne un rôle dans sa « constellation familiale ».

Hier, deux des psychodrames prévus ont eu lieu, dont celui de Henryk Telak, qui a suscité beaucoup d’émotions. Il faut dire que Telak n’a pas été gâté par la vie, avec plusieurs deuils dramatiques dans sa famille.

Telak est retrouvé mort dans la crypte avec une broche à rôtir enfoncée dans l’œil.

Pour le procureur Teo Szacki qui est en charge de l’affaire, il est fort probable que Telak a été tué par l’organisateur ou l’un des autres participants.

En 2005, à Varsovie, une enquête qui progresse lentement, l’auteur prend le temps de décrire le quotidien de Teo Szacki , procureur mal payé ( ayant la même vie qu’un smicard français) et aux prises avec des problèmes sociaux. Il doit régler deux autres enquêtes sans rapport avec le mystère de la crypte, et tous les jours on nous fait lire les nouvelles du journal télévisé. Teo est également un grand amateur de femmes ( la sienne ne lui suffit vraiment pas, mais il a le genre voyeur un peu timide).

Outre la psychologie du docteur Rudzski (discutable…) dont Henryk Telak apparemment fit les frais, la politique s’en mêle, et le passé resurgit, un passé de totalitarisme, que Teo, âgé seulement de 36 ans n’a pas franchement connu (il était encore jeune au moment de la Chute du Mur) mais il n’est jamais trop tard pour s’informer…

Le ton du récit est plutôt ironique, et humoristique à ses heures… il ne se limite pas à l’énigme, mais brosse un aperçu, rapide mais attachant, de la société varsovienne en 2005. On se plaît dans la compagnie de Teo , heureusement , l’auteur ne le prend pas trop au sérieux.

Je pense que Milosevscki? mine de rien, s'est inspiré d'un des roman les plus lus d'Agatha Christie. Pouruqoi pas?

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 23:27

Clamann-Lév, 2013 508 pages

Titre original : Broken Harbour, 2012

Dans un pavillon de lointaine banlieue de Dublin, proche de la mer, la police trouve la famille Spain en piteux état. Les deux jeunes enfants sont étouffés sans leurs lits, le père Patrick a été poignardé à mort, la mère Jenny poignardée également est dans le coma.

C’est Fiona la sœur de Jenny qui a donné l’alerte. Tous les matins elle appelle sa sœur au téléphone, et ce matin nul ne répondait.

L’enquête est confiée à Mikey Kennedy narrateur de l’histoire. Ce narrateur est très désagréable vulgaire, peu enclin à travailler en équipe, n’aime pas son adjoint Richie, évidemment plus futé que lui.

Dans les 20 premières pages, on voudrait abandonner à cause de ce narrateur détestable. Toutefois, on s’intéresse à l’enquête et à son contexte de précarité sociale. Les Spain avaient acheté leur maison sur plan. Ils ont eu le temps de s’installer correctement, mais Patrick s’est trouvé au chômage et ils avaient des difficultés financières. Le couple semble s'être rapidement replié sur lui-même...

La crise a détourné les gens de s’endetter pour acheter un pavillon. Le lotissement est resté à l’état de chantier. Peu de maisons sont occupées….

Chez les Spain, Les policiers découvrent des trous un peu partout dans les murs, à demi-calfeutrés. Qui les a fait et pourquoi ? Dans le grenier un immense piège est installé comme pour capturer une bête sauvage!

Mickey et Richie repèrent un squat dans la maison d’en face. Un campement propre et bien rangé ; de là on peut avec des jumelles voir la cuisine vitrée des Spain, et une partie du séjour. Les deux policiers s’installent dans le squat attendant que le présumé voyeur s’y pointe.

Tana French a bien réussi à entremêler le contexte social avec l’enquête et le dévoilement progressif de l’imbroglio. Dans l’ensemble c’est bien mené. Je n’ai pas aimé l’inspecteur Mickey, encore moins sa sœur, mais ce n’est qu’un détail…

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 12:19

Le Toucan (Crimes) 1014, 476 pages.

On croit que c’est un roman américain et on cherche le titre anglais. On se rend compte que Zeimet est français et qu’il a situé son intrigue en plein Far West, en Utah, une petite ville certainement imaginaire « Duncan’ s Creek ». Ce village compte 178 habitants et il est situé sur le haut plateau de Boulder Mountain ; une nature sauvage, faite de grottes canyons rivières et torrents, climat continental rude…

Une petite fille Shawna Twitchell cinq ans a disparu ; sa mère Mandy avait déjà perdu son mari il y a six mois, dont on a retrouvé les vêtements mais pas le corps. Elle n’avait guère regretté ce poivrot qui la battait. Mais Shawna sa petite fille ! Elle croit avoir été punie pour avoir prié qu’on la débarrasse de son mari (d’autant plus qu’elle a été exaucée). Beaucoup de ces villageois sont très superstitieux.

Les recherches concernant la fillette, alternent avec la présentation de nombreux personnages : l’institutrice Betty (ex-hippie) et son ami Rick rédacteur en chef de la feuille locale ( il y a un journal à Duncan’s Creek …), le médecin Jim Pomeroy (un médecin pour 170 personnes, c’est de la chance !) son ami le fermier noir Lamer Jones, plusieurs gamins de 11-12 ans, qui viennent de finir leur primaire parmi lesquels Jake , le garçon studieux et timide, Sam la grande fille casse-cou, et Junior le gros garçon gourmand et sociable ( les enfants et leurs aventures sont ce que j’ai préféré) ; le jeune pompiste Logan ex-petit délinquant, qui travaille à la supérette ( un magasin de ce genre pour 170 âmes, quand je vous dis qu’ils ont de la chance !), un shérif stupide, quelque part à 100 kms de là mais on dirait juste à côté , une adjointe super intelligente, une communauté de Mormons , des Indiens , un autre fermier complètement fou et sa maman sourdingue.

C’est un récit à suspense très classique, écrit d’une façon correcte, avec de bonnes descriptions soignées, sans énigme véritable ( bien qu’on se réfère à Agatha Christie, le lecteur n’a pas à cogiter longtemps pour saisir le truc) avec ce que l’auteur voudrait être une étude des mœurs des différents villageois : ces personnages sont un peu trop « faits sur mesure » , d’après des clichés, et ne surprennent pas. On est également surpris par ce petit village, perdu en pleine nature sauvage, qui n’en possède pas moins un toubib, un magasin d’alimentation , un journal local, et même une bibliothèque avec des ouvrages pointus.

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 20:14

Fayard, 274 pages.

Jonathan, Mina et leur fils Romain dix ans vivent prés du canal du Berry, au lieu-dit « l’Ecluse de Rhimbé », une maison qu’ils ont rénovée en partie eux-mêmes depuis dix ans qu’ils ont quitté la région parisienne. Jonathan est à présent apiculteur et Mina guide touristique pour un château des environs. Ils vivent loin de la société de consommation. La jeune femme s’ennuie un peu.

Voilà qu’un voisin vient se présenter à eux : Vladimir ; il a acheté « l’Ecluse de Presle « une autre vieille masure à rénover. Il a de la thune, et embauche une flopée d’ouvriers qui travaillent vite avec d’excellents matériaux. Ce voisin fortuné se montre vite très familier, voir un peu envahissant. Il fait beaucoup de cadeaux à ces gens qu’il connaît à peine et dont il ne partage pas les goûts. Puis voilà qu’il achète une voiture de même marque que ses voisins, de même couleur, mais neuve et bien plus performante….

Au début le récit peut évoquer le film de Dominik Moll « Harry, un ami qui vous veut du bien ». Mais ce n’est pas du tout la même histoire ! Le récit va bientôt flirter avec le fantastique : Vladimir est un étrange personnage : il vit la nuit, et le jour médite dans l’obscurité, ne mange presque rien, a un regard fixe, inquiétant, semble à peine humain en dépit de son hospitalité ostensible. Nous le savons tout de suite malveillant, mais vers quoi s’oriente-t-on ? On va trouver curieux que les victimes choisies par ce Vladimir s’appellent Jonathan et Mina. Cela nous rappelle quelque chose… ( le couple qui doit affronter le comte Dracula, dans le roman de Bram Stoker).

L’auteur observe le plus souvent un ton résolument ironique vis-vis de ses personnages, mais à d’autres moments il nous fait redescendre à leurs niveaux et on les plaint.

L’écriture est distribuée équitablement entre des dialogues bien amenés, un récit alerte, des monologues vifs, colorés, délirants. A ce propos, plusieurs poèmes de Rimbaud sont utilisés de façon visible. Plutôt bien maîtrisée, cette écriture se révèle pourtant assez surfaite. La pirouette finale est réjouissante. Evidemment, on se dit que cette histoire est peu crédible, si on la ressent comme réaliste. Mais il faut sans doute la lire comme une sorte de fable…

Un récit qui a beaucoup de qualités et que je ne suis pourtant pas sûre d’avoir aimé…

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 16:23

  the black Tower,35,-76 AA300 SH20 OU08

1ere publication : 1975

 

L’inspecteur Adam Dalgliesh devait rencontrer le Père Baddeley , aumônier à Toynton Manor, établissement spécialisé pour les handicapés de sclérose en plaque. Ancien ami de son père, ce pasteur li demandait conseil par écrit , très probablement à cause d’une affaire criminelle, car ils ne se fréquentaient pas.

Le rendez-vous fut remis à cause d’une maladie de Dalgliesh. Lorsque, à peine convalescent, il arrive à Toynton Manor, belle propriété du Dorset, installée sur une falaise dominant la mer, Dalgliesh trouve le père Baddeley mort d’une prétendue crise cardiaque, incinéré, et enterré. Cette mort a été précédée du suicide d’un malade en fauteuil roulant, qui s’est précipité du haut de la falaise.

Adam enquête, sans se faire remarquer, croit-il ; il a hérité de la bibliothèque du père Baddeley et prétend vouloir rester quelques jours supplémentaires pour trier les livres.

Le policier poète est venu dans le Dorset, avec des œuvres de Thomas Hardy, des pensées morbides, et des rêveries mélancoliques que partagent quelques ns des infortunés pensionnaires de Thornton Manor.  Les principaux acteurs du drame sont des infirmes le directeur du centre, un médecin dépressif qui avait perdu le droit d’exercer, et vient tout juste de le retrouver, un serviteur difforme, la femme du médecin dépressif, sa maîtresse, une infirmière, et un bienfaiteur qui ne plait pas à Dalgliesh. PD James décrit avec le même talent le fauteuil roulant, le corps souffrant, les troubles existentiels, la mer et la falaise abrupte, un petit bouquet bien composé, une lutte à mort, le contenu d’un garde-manger, l’architecture d’un monument… l’atmosphère compte davantage que l’intrigue mais je ne m’en plains pas.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 17:09

Denoël Noir, 260 pages.

Les vendanges dans le domaine de Vaux où l’on fabrique le Champagne. Camille et Malo, deux étudiants frère et sœur, vont cueillir le raisin pendant huit jours de septembre en compagnie d’autres jeunes et de quelques paysans de la région. Le maître des lieux Octave est un home étrange ; un terrible accident de voiture survenu dix ans plus tôt l’a défiguré et plus ou moins estropié, il boîte, et ne parle guère. Pire encore : son ami Andreas, qui conduisait la voiture y a perdu sa femme, et vit cloîtré dans le grenier de la demeure.

Très vite, Octave ne cesse de reluquer Camille, et celle-ci au lieu de le repousser, éprouve une sorte de fascination. Comment peut-t-elle s’intéresser à ce « Quasimodo ? » Malo met Camille en garde, mais celle-ci l’envoie au diable : je ne suis plus une enfant ! Puis voilà que Malo disparaît après trois jours de vendanges, et un échange d’insultes avec Octave…. Camille s’inquiète pour son frère. Octave, tantôt glacial tantôt doux tantôt séducteur, est une véritable énigme, et il esquive les questions de la jeune fille. Celle-ci voudrait interroger Andreas…

L’auteur a bien su mettre en valeur l’opposition entre la joyeuse animation des vendanges et l’atmosphère de désespoir et de folie qui règne dans la demeure des propriétaires. La nature elle-même est tantôt bonne et généreuse dans les vignes, inquiétante et sinistre, là où Malo s’aventure, dans les bois près d’un étang. La tension dramatique est fort bien étudiée, l’angoisse, la frayeur, sont au rendez-vous, ainsi qu’une terrible ironie. On croit vite avoir compris ce qui est en jeu mais la fin nous surprend autant que Camille. Camille, une jeune fille sympathique, imprudente, ou carrément hypnotisée par le danger ??? Allez savoir !

L’ambiance, l’action, les dialogues, les descriptions, tout me plaît là-dedans ! C'est très maîtrisé.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 23:31

Polar mongol. 550 pages.

A Oulan-Bator trois Chinois sont trouvés assassinés, torturés et atrocement mutilés, dans une usine. Puis deux filles mongoles pendues, et torturées aussi. La veille c’était la St Valentin mongole. Les Chinois étaient employés à l’ambassade, et les filles évidemment prostituées.

Loin de là dans la steppe, une famille nomade a déterré un tricycle rose et une main de petite fille. Yeruldelgger ,c’est le commissaire, est choqué, d’autant plus que sa propre fillette a été assassinée quelques années plus tôt, crime non élucidé. Il jure de retrouver l’assassin de celle-ci.

Le commissaire n’est guère aidé par son supérieur « Mickey » et son autre collègue Chuluum. Heureusement il peut compter sur Oyun une jeune inspectrice, et Solango la médecin légiste amie de longue date.

Les deux crimes, celui perpétré en ville et l’autre dans la steppe sont-ils liés ?

On va d’abord s’intéresser à un groupe néo-nazis, qui d’ailleurs a signé la svastika sur le corps des Chinois. Il semble que la fille aînée du commissaire Saraa gothique jusqu’au bout des lèvres y soit mêlée. Oyun est amenée à suivre deux malfaiteurs dans les égouts de la ville, un épouvantable cloaque, où survivent des SDF, des rats, des bêtes, des méchants, des victimes, et un génial gamin des rues…

Voilà une enquête longue et complexe, sans énigme particulière (on sait très vite qui est coupable mais pas forcément de quoi et comment, ni pourquoi. Les rebondissements ne manquent pas. Nos enquêteurs sont quasiment surhumains, ils résistent à tout. Il y a des parties contemplatives ( Yerulddelger a été élevé par des religieux dans un monastère d’un look très taoïste et s’en souvient ) Son amie Solango est également très proche des traditions rurales. Vous allez supporter vaillamment beaucoup de violence, et déplorer une corruption inouïe à tous les stades de la société. A force de voir des gens déguster des thés salé avec beaucoup de beurre et une bonne cuillérée de farine vous aurez presque l’eau à la bouche. Si l’on est au régime, la nage de mouton fera l’affaire.

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 00:40

Métailié Noir, 238 pages.

Fils d’un couple divorcé, Jorge a longtemps vécu loin de son père, instable, alcoolique, parfois violent.

A 14 ans, Carmen, sa mère , accepte de le laisser partir randonner en montagne pendant trois jours avec Carlos son père. Elle se reproche d’avoir trop séparé le père et le fils.

Entre Jorge et Carlos, ça commence mal. L’adolescent est effrayé des manières brusques de son père, et Carlos voudrait prouver à son fils qu’il l’aime, et le lui répète, mais il est maladroit, éprouve des sentiments contradictoires à son endroit, boit trop, et fait preuve d’une certaine immaturité alors même qu’il voudrait faire de son fils un homme !

Avant de partir il a remis à Carmen un roman qu’il vient d’écrire : c’est un roman noir, écrit en langage cru : quatre bandits séquestrent une riche héritière, certains la droguent, d’autres la violent, et tous quatre se tarabustent ; il s’agit de récupérer une rançon …

Carmen lit et s’inquiète de la violence du roman, même si c'est le genre qui veut ça. Carlos veut-il lui faire peur ? Y-a-t-il un message dissimulé entre les lignes ? Elle évoque son passé avec Carlos : elle, venant de la bourgeoisie aisée, et Carlos d’un milieu défavorisé, ils ne se sont jamais bien entendus. Carlos s’est senti humilié ; il faisait des efforts pour se cultiver, se polir, est devenu enseignant, a écrit un recueil de poèmes puis ce roman, mais rien de tout cela ne fut bien constructif.

Nous avons trois fils de narration : le roman, imité de J.H. Chase pour le contenu: Carlos y dévoile beaucoup de ses contradictions, à travers une histoire banale que Carmen trouve ennuyeuse à lire (nous aussi , un peu).

Le récit de Carmen, angoissée pour son fils, obsédée par le roman de Carlos, insatisfaite aussi de son existence : elle a pour amant son patron d’éditeur, et il la traite comme une pute.

Enfin l’excursion dans la montagne ; loin de rapprocher le père et le fils, elle s’avère bien sombre ; les conditions météorologiques ne sont pas de la partie ; en outre Carlos mène son fils à un refuge où se trouve sa nouvelle compagne…

Nous avons un « roman dans le roman » soit une mise en abîme, l’auteur en profite pour livrer des considérations sur le pouvoir de l’auteur, celui du lecteur (considérés comme deux adversaires) ; certaines remarques sont intéressantes, la plupart, on les a lus mille fois. La virée dans la montagne est bien conduite et distille un suspens valable. Enfin le personnage de Carlos est fouillé, intéressant. Les deux autres (Carmen et Jorge) ne sont qu’esquissés, c’est dommage.

L’ensemble est néanmoins plutôt bon et donne envie de relire l’auteur.

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