Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 15:44

Seuil, 2013

Tokyo de nos jours : un immeuble : Toshi ( qui se fait appeler Ninna) a 17 ans elle termine le lycée dans une école privée élitiste. Elle n’est pas très bien classée, et pas sûre d’intégrer l’université de Tokyo. Il faut bûcher tout le temps et on est en août. Un après-midi d’été caniculaire, elle entend un grand fracas dans l’appartement mitoyen. Croit à un cambriolage. Descend et voit le fils des voisins qu’elle et ses copines surnomment « le lombric » ( car il est blanc maigre et insignifiant ???) s’en aller tout content et joyeux pour la première fois de sa vie. Il vient de se passer quelque chose.

Le « lombric » a tué sa mère avec préméditation, de plusieurs coups de batte de base-ball.

Il est en fuite, et pour ce faire, a emprunté le vélo de Toshi et son portable.

Il ya cinq récits chacun le point de vue et le devenir d’un des adolescents confronté à ce drame. Toshi, qui communique avec le « lombric « par téléphone et éprouve pour lui et son geste une sorte de fascination terrifiée, et il faut bien le dire de compréhension. Yuzan, une autre amie, lesbienne, fréquente des bars où l’on rencontre des filles ayant le même goût qu’elle, se sent en marge de la société. Communiquer avec Le Lombric, par téléphone, l’intéresse. Pour elle, il n’est pas question d’appeler la police. Le garçon doit avoir une chance de commencer une nouvelle vie…

La troisième fille Norino , veut retrouver le « lombric » et partager sa fuite : le lombric est-il un héros, vit-elle avec lui quelque chose de particulier, c’est la question à laquelle elle n’est pas sûre de pouvoir répondre, mais elle s’engage dans l’action. un moment jusqu’au second drame : ayant fui en taxi, ils braquent le conducteur le tuent et Norino perd la vie dans l’accident.

La quatrième fille Terauschi , est une bûcheuse ; seule à pouvoir faire de bonnes études, tout le temps en train de s’auto analyser. En communiquant avec le garçon, ses amies se compromettent dangereusement, que doit-elle faire, elle, l’élément raisonnable du groupe ? Après s’être tue, voyant ses amies impliquées, elle téléphone anonymement à la police, et indique l’endroit où se dissimulent les fuyards. Ensuite, persuadée d’être cause de l’accident de voiture pour avoir parlé trop tard, elle se suicide laissant une lettre confidentielle à Toschi.

Le lombric, est comme trois de ces filles, inscrit dans une école sélective, pressé d’intégrer l’université de Tokyo, mais mal classé, et dégoûté des études. Humilié par une mère trop exigeante, et accusé d’avoir regardé les voisines nues ( sa mère l’a traitée de criminel) il se venge en devenant un vrai criminel. C’est une situation extrême, pas complètement incroyable mais rare, que l’auteur nous conte là. On retrouve son goût assumé pour les situations de déviance. C’est surtout un roman psychologique ( en même temps qu’un thriller) pas mal écrit et traduit, qui montre la mal-être des adolescents que leurs parents pressent de réussir et qui se sentent rebelles, humiliés, agressifs…

Partager cet article
Repost0
5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 15:34

(Elizabeth is Missing, 2014) Sonatine,

Un premier roman d’une jeune anglaise de 28 ans. C’est l’histoire de Maud une octogénaire, atteinte d’un Alzheimer de moyenne intensité. Pas complètement perdue mais déjà bien confuse.

Elle est obsédée par la disparition de son amie Elisabeth, autre vieille dame, qui habite quelques maisons plus loin. Chaque fois que Maud va la voir, elle trouve porte close.

D’autre part, la dernière fois que Maud a vu Elisabeth elles ont creusé la terre dans le jardin d’Elisabeth et Maud y a trouvé le couvercle à moitié brisé d’un poudrier.

Maud collectionne les objets les plus invraisemblables dans des boîtes d’allumettes des poches des tiroirs et dans toute sorte d’endroits. De petits objets tels que des cailloux, des rognures d’ongles , des bouts de verre cassés, des gants oubliés par terre, des emballages d’on ne sait quoi… on dirait une petite fille. Mais ces manies de collection ont débuté en 1946 ; elle avait une petite quinzaine d’années. Sa sœur aînée, Sukey, à qui elle était très attachée venait de disparaître, comme Elisabeth maintenant. Et Maud enquêtait sur cette disparition déjà. Ainsi que Frank, le mari de Sukey, Douglas le locataire de ses parents, et ses parents eux-mêmes… tout le monde cherchait, interrogeait : même la Folle devait savoir quelque chose… entre le passé et le présent, Maud se mélange les pédales. Cherche-t-elle Sukey ou Elizabeth ? que savent sa fille Helen, sa petite fille Katy , le fils d’Elizabeth les voisins ? Amis ennemis ou pauvres innocent qui n’ont rien compris ?

Nous passons donc 350 pages dans la tête de cette vieille dame : les disparues, la sœur après guerre, et Elisabeth l’amie, de nos jours, nous comprenons à peu près ce qui leurs est arrivé, et ceci assez vite. Ce qui compte, c’est l’ambiance, le monde de Maud, et la progression de l’intrigue, car à force de se remémorer le passé traumatisant de l’après –guerre, et le présent confus, et de noter sur des bouts de papiers ce qu’il faut se rappeler, Maud va bien arriver à des résultats concluants. Qu’elle oubliera sans doute, pour y revenir ensuite.

Un premier roman très prenant, pas spécialement policier malgré l’éditeur ; les amateurs d’action et de rebondissements spectaculaires peuvent s’abstenir. Si vous aimez les atmosphères, le suspense psychologique, l’humour, ce roman assez noir et pourtant cocasse est fait pour vous.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 17:41

Actes-sud Noir, 2014 365 pages.

1ere publication 2011.

Cinquième roman traduit de l’auteur depuis La Maison où je suis mort autrefois.

Nous retrouvons le duo Yukawa le physicien et Kusanagi Mamiya, l’inspecteur de police, plongés dans une enquête.

Dans une petite auberge proche d’une station balnéaire Hari-plage, trois voyageurs viennent de descendre : Kyohei , petit garçon de dix ans, venu passer des vacances chez son oncle et sa tante qui tiennent l’auberge, le physicien Yukawa(qui s’est lié d’amitié avec lui dans le train, et lui donne un coup de main pour ses devoirs de maths), et Tsukahara, policier à la retraite, apparemment venu pour assister à une conférence concernant l’exploitation des métaux rares dans les hauts-fonds de la mer.

Cette exploitation rencontre de nombreuses critiques de la part de groupes écologistes. Narumi, fille des aubergistes est très remontée contre le projet.

Le lendemain de l’arrivée des trois voyageurs ; Tsukahara est retrouvé mort, près de la plage, tombé d’une falaise sur les rochers en contrebas.

On devine qu’il ne s’agit pas d’un accident. Yukawa alerte la police de Tokyo ( dont fait partie son ami Kusagani). En effet, le client malchanceux a été empoisonné au monoxyde de carbone, avant sa chute.

L’enquête, minutieuse, est agréable à suivre. La présence du garçonnet, et le thème de l’exploitation de la mer, font diversion tout en s’intégrant bien à l’enquêter. Il n’y a rien à redire de la construction, bien faite, mais on ressent des longueurs. C’est surtout que les personnages, excepté Yukawa et le petit garçon, n’ont pas réussi à m’intéresser plus que ça.

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 17:40

Folio-policier 1992 (1er publication 1989)

Birmingham, Alabama, avril 1963.

Le pasteur King organise des manifestations non-violentes et antiracistes dans cette ville qui est un bastion du ségrégationnisme. La population noire y est pauvre et maltraitée. Les manifestants sont sévèrement réprimées.la police est intégralement blanche.

L’inspecteur Ben Wellmann est envoyé dans les églises pour écouter et noter les discours de King, ainsi que dans les rues, bastonner les manifestants. Il commence à détester son job.

Le voilà confronté à une affaire qui concerne davantage la justice dont il est épris. Une fillette noire a té retrouvée enterrée dans un terrain vague du quartier de Bearmatch, tuée d’une balle dans la nuque, et violée. Au commissariat on dit à Ben qu’il n’aura même pas besoin d’enquêter. A Bearmatch, ils font leur justice eux-mêmes. Ben prend cette affaire à cœur, retrouve la tante et Le grand-père de la fillette, va mener une enquête méticuleuse et obstinée pour élucider l’affaire .. Il a maille à partir avec les frères Langley, racistes convaincus qui sillonnent le quartier, et se servent de leur statuts de policiers chargés de surveiller Bearmatch, pour se livrer à des exactions parmi les noirs. Mais confronté à Jolly Roy, maquereau sans foi ni loi, Ben n’est pas mieux loti. Au commissariat, il ne sait quoi penser de ses collègues, n’a confiance en personne, sauf le médecin-légiste ;

Dans un contexte historique dont le rendu ajoute de la densité à l’affaire, Ben Wellmann rencontre la haine raciale, la délinquance, la corruption, et va être amené à choisir son camp.

Je ne suis pas loin de penser que cet opus de Thomas Cook, bien qu’assez ancien, est son meilleur…

Partager cet article
Repost0
28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:20

Mirobole Editions, 3013, 442 pages.

Le docteur Rudszki a organisé une thérapie de groupe dans la crypte d’une église de Varsovie. Cette crypte est aménagée pour l’hébergement, comporte des chambres-cellules, une salle d’eau, une cuisine.

Les quatre participants doivent chacun mettre en scène leur famille proche. Chacun dispose les autres patients autour de lui, et leur assigne un rôle dans sa « constellation familiale ».

Hier, deux des psychodrames prévus ont eu lieu, dont celui de Henryk Telak, qui a suscité beaucoup d’émotions. Il faut dire que Telak n’a pas été gâté par la vie, avec plusieurs deuils dramatiques dans sa famille.

Telak est retrouvé mort dans la crypte avec une broche à rôtir enfoncée dans l’œil.

Pour le procureur Teo Szacki qui est en charge de l’affaire, il est fort probable que Telak a été tué par l’organisateur ou l’un des autres participants.

En 2005, à Varsovie, une enquête qui progresse lentement, l’auteur prend le temps de décrire le quotidien de Teo Szacki , procureur mal payé ( ayant la même vie qu’un smicard français) et aux prises avec des problèmes sociaux. Il doit régler deux autres enquêtes sans rapport avec le mystère de la crypte, et tous les jours on nous fait lire les nouvelles du journal télévisé. Teo est également un grand amateur de femmes ( la sienne ne lui suffit vraiment pas, mais il a le genre voyeur un peu timide).

Outre la psychologie du docteur Rudzski (discutable…) dont Henryk Telak apparemment fit les frais, la politique s’en mêle, et le passé resurgit, un passé de totalitarisme, que Teo, âgé seulement de 36 ans n’a pas franchement connu (il était encore jeune au moment de la Chute du Mur) mais il n’est jamais trop tard pour s’informer…

Le ton du récit est plutôt ironique, et humoristique à ses heures… il ne se limite pas à l’énigme, mais brosse un aperçu, rapide mais attachant, de la société varsovienne en 2005. On se plaît dans la compagnie de Teo , heureusement , l’auteur ne le prend pas trop au sérieux.

Je pense que Milosevscki? mine de rien, s'est inspiré d'un des roman les plus lus d'Agatha Christie. Pouruqoi pas?

Partager cet article
Repost0
6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 23:27

Clamann-Lév, 2013 508 pages

Titre original : Broken Harbour, 2012

Dans un pavillon de lointaine banlieue de Dublin, proche de la mer, la police trouve la famille Spain en piteux état. Les deux jeunes enfants sont étouffés sans leurs lits, le père Patrick a été poignardé à mort, la mère Jenny poignardée également est dans le coma.

C’est Fiona la sœur de Jenny qui a donné l’alerte. Tous les matins elle appelle sa sœur au téléphone, et ce matin nul ne répondait.

L’enquête est confiée à Mikey Kennedy narrateur de l’histoire. Ce narrateur est très désagréable vulgaire, peu enclin à travailler en équipe, n’aime pas son adjoint Richie, évidemment plus futé que lui.

Dans les 20 premières pages, on voudrait abandonner à cause de ce narrateur détestable. Toutefois, on s’intéresse à l’enquête et à son contexte de précarité sociale. Les Spain avaient acheté leur maison sur plan. Ils ont eu le temps de s’installer correctement, mais Patrick s’est trouvé au chômage et ils avaient des difficultés financières. Le couple semble s'être rapidement replié sur lui-même...

La crise a détourné les gens de s’endetter pour acheter un pavillon. Le lotissement est resté à l’état de chantier. Peu de maisons sont occupées….

Chez les Spain, Les policiers découvrent des trous un peu partout dans les murs, à demi-calfeutrés. Qui les a fait et pourquoi ? Dans le grenier un immense piège est installé comme pour capturer une bête sauvage!

Mickey et Richie repèrent un squat dans la maison d’en face. Un campement propre et bien rangé ; de là on peut avec des jumelles voir la cuisine vitrée des Spain, et une partie du séjour. Les deux policiers s’installent dans le squat attendant que le présumé voyeur s’y pointe.

Tana French a bien réussi à entremêler le contexte social avec l’enquête et le dévoilement progressif de l’imbroglio. Dans l’ensemble c’est bien mené. Je n’ai pas aimé l’inspecteur Mickey, encore moins sa sœur, mais ce n’est qu’un détail…

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 12:19

Le Toucan (Crimes) 1014, 476 pages.

On croit que c’est un roman américain et on cherche le titre anglais. On se rend compte que Zeimet est français et qu’il a situé son intrigue en plein Far West, en Utah, une petite ville certainement imaginaire « Duncan’ s Creek ». Ce village compte 178 habitants et il est situé sur le haut plateau de Boulder Mountain ; une nature sauvage, faite de grottes canyons rivières et torrents, climat continental rude…

Une petite fille Shawna Twitchell cinq ans a disparu ; sa mère Mandy avait déjà perdu son mari il y a six mois, dont on a retrouvé les vêtements mais pas le corps. Elle n’avait guère regretté ce poivrot qui la battait. Mais Shawna sa petite fille ! Elle croit avoir été punie pour avoir prié qu’on la débarrasse de son mari (d’autant plus qu’elle a été exaucée). Beaucoup de ces villageois sont très superstitieux.

Les recherches concernant la fillette, alternent avec la présentation de nombreux personnages : l’institutrice Betty (ex-hippie) et son ami Rick rédacteur en chef de la feuille locale ( il y a un journal à Duncan’s Creek …), le médecin Jim Pomeroy (un médecin pour 170 personnes, c’est de la chance !) son ami le fermier noir Lamer Jones, plusieurs gamins de 11-12 ans, qui viennent de finir leur primaire parmi lesquels Jake , le garçon studieux et timide, Sam la grande fille casse-cou, et Junior le gros garçon gourmand et sociable ( les enfants et leurs aventures sont ce que j’ai préféré) ; le jeune pompiste Logan ex-petit délinquant, qui travaille à la supérette ( un magasin de ce genre pour 170 âmes, quand je vous dis qu’ils ont de la chance !), un shérif stupide, quelque part à 100 kms de là mais on dirait juste à côté , une adjointe super intelligente, une communauté de Mormons , des Indiens , un autre fermier complètement fou et sa maman sourdingue.

C’est un récit à suspense très classique, écrit d’une façon correcte, avec de bonnes descriptions soignées, sans énigme véritable ( bien qu’on se réfère à Agatha Christie, le lecteur n’a pas à cogiter longtemps pour saisir le truc) avec ce que l’auteur voudrait être une étude des mœurs des différents villageois : ces personnages sont un peu trop « faits sur mesure » , d’après des clichés, et ne surprennent pas. On est également surpris par ce petit village, perdu en pleine nature sauvage, qui n’en possède pas moins un toubib, un magasin d’alimentation , un journal local, et même une bibliothèque avec des ouvrages pointus.

Partager cet article
Repost0
30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 20:14

Fayard, 274 pages.

Jonathan, Mina et leur fils Romain dix ans vivent prés du canal du Berry, au lieu-dit « l’Ecluse de Rhimbé », une maison qu’ils ont rénovée en partie eux-mêmes depuis dix ans qu’ils ont quitté la région parisienne. Jonathan est à présent apiculteur et Mina guide touristique pour un château des environs. Ils vivent loin de la société de consommation. La jeune femme s’ennuie un peu.

Voilà qu’un voisin vient se présenter à eux : Vladimir ; il a acheté « l’Ecluse de Presle « une autre vieille masure à rénover. Il a de la thune, et embauche une flopée d’ouvriers qui travaillent vite avec d’excellents matériaux. Ce voisin fortuné se montre vite très familier, voir un peu envahissant. Il fait beaucoup de cadeaux à ces gens qu’il connaît à peine et dont il ne partage pas les goûts. Puis voilà qu’il achète une voiture de même marque que ses voisins, de même couleur, mais neuve et bien plus performante….

Au début le récit peut évoquer le film de Dominik Moll « Harry, un ami qui vous veut du bien ». Mais ce n’est pas du tout la même histoire ! Le récit va bientôt flirter avec le fantastique : Vladimir est un étrange personnage : il vit la nuit, et le jour médite dans l’obscurité, ne mange presque rien, a un regard fixe, inquiétant, semble à peine humain en dépit de son hospitalité ostensible. Nous le savons tout de suite malveillant, mais vers quoi s’oriente-t-on ? On va trouver curieux que les victimes choisies par ce Vladimir s’appellent Jonathan et Mina. Cela nous rappelle quelque chose… ( le couple qui doit affronter le comte Dracula, dans le roman de Bram Stoker).

L’auteur observe le plus souvent un ton résolument ironique vis-vis de ses personnages, mais à d’autres moments il nous fait redescendre à leurs niveaux et on les plaint.

L’écriture est distribuée équitablement entre des dialogues bien amenés, un récit alerte, des monologues vifs, colorés, délirants. A ce propos, plusieurs poèmes de Rimbaud sont utilisés de façon visible. Plutôt bien maîtrisée, cette écriture se révèle pourtant assez surfaite. La pirouette finale est réjouissante. Evidemment, on se dit que cette histoire est peu crédible, si on la ressent comme réaliste. Mais il faut sans doute la lire comme une sorte de fable…

Un récit qui a beaucoup de qualités et que je ne suis pourtant pas sûre d’avoir aimé…

Partager cet article
Repost0
30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 16:23

  the black Tower,35,-76 AA300 SH20 OU08

1ere publication : 1975

 

L’inspecteur Adam Dalgliesh devait rencontrer le Père Baddeley , aumônier à Toynton Manor, établissement spécialisé pour les handicapés de sclérose en plaque. Ancien ami de son père, ce pasteur li demandait conseil par écrit , très probablement à cause d’une affaire criminelle, car ils ne se fréquentaient pas.

Le rendez-vous fut remis à cause d’une maladie de Dalgliesh. Lorsque, à peine convalescent, il arrive à Toynton Manor, belle propriété du Dorset, installée sur une falaise dominant la mer, Dalgliesh trouve le père Baddeley mort d’une prétendue crise cardiaque, incinéré, et enterré. Cette mort a été précédée du suicide d’un malade en fauteuil roulant, qui s’est précipité du haut de la falaise.

Adam enquête, sans se faire remarquer, croit-il ; il a hérité de la bibliothèque du père Baddeley et prétend vouloir rester quelques jours supplémentaires pour trier les livres.

Le policier poète est venu dans le Dorset, avec des œuvres de Thomas Hardy, des pensées morbides, et des rêveries mélancoliques que partagent quelques ns des infortunés pensionnaires de Thornton Manor.  Les principaux acteurs du drame sont des infirmes le directeur du centre, un médecin dépressif qui avait perdu le droit d’exercer, et vient tout juste de le retrouver, un serviteur difforme, la femme du médecin dépressif, sa maîtresse, une infirmière, et un bienfaiteur qui ne plait pas à Dalgliesh. PD James décrit avec le même talent le fauteuil roulant, le corps souffrant, les troubles existentiels, la mer et la falaise abrupte, un petit bouquet bien composé, une lutte à mort, le contenu d’un garde-manger, l’architecture d’un monument… l’atmosphère compte davantage que l’intrigue mais je ne m’en plains pas.

Partager cet article
Repost0
1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 17:09

Denoël Noir, 260 pages.

Les vendanges dans le domaine de Vaux où l’on fabrique le Champagne. Camille et Malo, deux étudiants frère et sœur, vont cueillir le raisin pendant huit jours de septembre en compagnie d’autres jeunes et de quelques paysans de la région. Le maître des lieux Octave est un home étrange ; un terrible accident de voiture survenu dix ans plus tôt l’a défiguré et plus ou moins estropié, il boîte, et ne parle guère. Pire encore : son ami Andreas, qui conduisait la voiture y a perdu sa femme, et vit cloîtré dans le grenier de la demeure.

Très vite, Octave ne cesse de reluquer Camille, et celle-ci au lieu de le repousser, éprouve une sorte de fascination. Comment peut-t-elle s’intéresser à ce « Quasimodo ? » Malo met Camille en garde, mais celle-ci l’envoie au diable : je ne suis plus une enfant ! Puis voilà que Malo disparaît après trois jours de vendanges, et un échange d’insultes avec Octave…. Camille s’inquiète pour son frère. Octave, tantôt glacial tantôt doux tantôt séducteur, est une véritable énigme, et il esquive les questions de la jeune fille. Celle-ci voudrait interroger Andreas…

L’auteur a bien su mettre en valeur l’opposition entre la joyeuse animation des vendanges et l’atmosphère de désespoir et de folie qui règne dans la demeure des propriétaires. La nature elle-même est tantôt bonne et généreuse dans les vignes, inquiétante et sinistre, là où Malo s’aventure, dans les bois près d’un étang. La tension dramatique est fort bien étudiée, l’angoisse, la frayeur, sont au rendez-vous, ainsi qu’une terrible ironie. On croit vite avoir compris ce qui est en jeu mais la fin nous surprend autant que Camille. Camille, une jeune fille sympathique, imprudente, ou carrément hypnotisée par le danger ??? Allez savoir !

L’ambiance, l’action, les dialogues, les descriptions, tout me plaît là-dedans ! C'est très maîtrisé.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher