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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 00:40

Métailié Noir, 238 pages.

Fils d’un couple divorcé, Jorge a longtemps vécu loin de son père, instable, alcoolique, parfois violent.

A 14 ans, Carmen, sa mère , accepte de le laisser partir randonner en montagne pendant trois jours avec Carlos son père. Elle se reproche d’avoir trop séparé le père et le fils.

Entre Jorge et Carlos, ça commence mal. L’adolescent est effrayé des manières brusques de son père, et Carlos voudrait prouver à son fils qu’il l’aime, et le lui répète, mais il est maladroit, éprouve des sentiments contradictoires à son endroit, boit trop, et fait preuve d’une certaine immaturité alors même qu’il voudrait faire de son fils un homme !

Avant de partir il a remis à Carmen un roman qu’il vient d’écrire : c’est un roman noir, écrit en langage cru : quatre bandits séquestrent une riche héritière, certains la droguent, d’autres la violent, et tous quatre se tarabustent ; il s’agit de récupérer une rançon …

Carmen lit et s’inquiète de la violence du roman, même si c'est le genre qui veut ça. Carlos veut-il lui faire peur ? Y-a-t-il un message dissimulé entre les lignes ? Elle évoque son passé avec Carlos : elle, venant de la bourgeoisie aisée, et Carlos d’un milieu défavorisé, ils ne se sont jamais bien entendus. Carlos s’est senti humilié ; il faisait des efforts pour se cultiver, se polir, est devenu enseignant, a écrit un recueil de poèmes puis ce roman, mais rien de tout cela ne fut bien constructif.

Nous avons trois fils de narration : le roman, imité de J.H. Chase pour le contenu: Carlos y dévoile beaucoup de ses contradictions, à travers une histoire banale que Carmen trouve ennuyeuse à lire (nous aussi , un peu).

Le récit de Carmen, angoissée pour son fils, obsédée par le roman de Carlos, insatisfaite aussi de son existence : elle a pour amant son patron d’éditeur, et il la traite comme une pute.

Enfin l’excursion dans la montagne ; loin de rapprocher le père et le fils, elle s’avère bien sombre ; les conditions météorologiques ne sont pas de la partie ; en outre Carlos mène son fils à un refuge où se trouve sa nouvelle compagne…

Nous avons un « roman dans le roman » soit une mise en abîme, l’auteur en profite pour livrer des considérations sur le pouvoir de l’auteur, celui du lecteur (considérés comme deux adversaires) ; certaines remarques sont intéressantes, la plupart, on les a lus mille fois. La virée dans la montagne est bien conduite et distille un suspens valable. Enfin le personnage de Carlos est fouillé, intéressant. Les deux autres (Carmen et Jorge) ne sont qu’esquissés, c’est dommage.

L’ensemble est néanmoins plutôt bon et donne envie de relire l’auteur.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 00:15

2013, 570 pages. ( The Cuckoo Calling)

Lula Landry, mannequin célèbre, tombe du troisième étage de son appartement et s’écrase dans la neige de ce début de janvier. Nous sommes dans le quartier de Mayfair à Londres. La police considère qu’il s’agit d’un suicide. La victime souffrait de troubles maniaco-dépressifs.

Trois mois plus tard, le détective Cormoran Strike, criblé de dettes, prêt à fermer boutique, n’a pas le cœur de renvoyer Robin, la jeune secrétaire intérimaire que vient de lui envoyer Temporary Solutions. Cela semble lui porter chance, car voilà qu’un client arrive ; c’est John Bristow le frère, de la victime. Très affecté par la mort tragique de Lula, et persuadé qu’on l’a assassinée, il souhaite que l’on enquête plus sérieusement.

Cormoran, ancien militaire, ayant combattu en Afghanistan en est revenu avec une patte folle. Robin, sérieuse et aspirant à un métier plus excitant que le secrétariat, s’enchante de cette enquête. Les indices sont nombreux mais semblent peu exploitables. Il y a ces deux hommes que les caméras de surveillance ont vu courir dans les environs de l’immeuble, des inconnus, à priori… Il y a le témoignage de Tansy la voisine du dessous qui dit avoir vu et entendu bien des choses cette nuit là.. mais son appartement est insonorisé! Et son mari où était-il ? Que valent les alibis donnés par des gens complaisants à l’ami de Lula, avec qui il se querellait tous les jours avec violence ?

Il s’agit donc d’un roman policier classique, avec une énigme à résoudre. Les enquêteurs sont sympathiques et Cormoran est un original doué de personnalité. L’intrigue est assez complexe, avec quelques digressions (juste ce qu’il faut pour nous perdre un peu) Ses personnages de suspects sont variés crédibles et bien campés. Le suspens ne manque pas. Un policier très agréable à lire, et qu’on ne lâche pas.

Après lecture, je me suis rendu compte que Galbraith était le pseudonyme de JK Rowling, l’auteur des célèbres »Harry Potter ». Je n’avais jamais lu cette auteure. Je souhaite qu’elle continue à écrire des polars, car elle y réussit très bien !

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:45

Liana Lévi, 2007, 358 pages.

Titre original : Red Mandarin Dress ( 2006)

Enquête : tueur en série ; jeunes filles déposées sur des lieux publics, étranglées, portant un qipao ( robe fourreau ajustée et fendue haut sur les côtés) rouge, relevé de façon à montrer une partie de leur anatomie. Des tenues qu’en France, les actrices portent au Festival de Cannes surtout.

Tout est parti de Jasmine, la première victime. Fille de Tian, garde rouge pendant la « Révolution Culturelle » qui en profita pour se livrer à toutes sortes d’exactions, il se fit des ennemis, dont l’un au moins, réussit à lui faire du tort après la période critique et s’en prit à sa famille, fille comprise. Le tueur est psychopathe évidemment ( la façon dont l’inspecteur Chen explique son cas est vraiment simpliste mais c’est presque toujours ainsi dans les romans policiers).

Bien qu’il y ait tueur en série, ce n’est pas un thriller, mais un polar « exotique ». Chen l’inspecteur chargé de l’enquête, est un littéraire qui multiplie les citations tirées tantôt de Confucius, tantôt de romans célèbres tel « le Rêve dans le pavillon rouge », tantôt ce sont des proverbes, dont on se demande s’il ne les invente pas.

Comme dit le proverbe tuer le singe c’est effrayer les poulets

Il n’y a pas de mur qui ne laisse le vent passer

Si la montagne ne revient pas, l’eau revient. Si l’eau ne revient pas, l’homme revient.

Un général vainqueur tire son triomphe des squelettes de dix-mille soldats

Que de sagesse ! Lol ! j'en reviens pas....

Autre trait exotique, les restaurants et boîtes de nuit fréquentés

par Chen pour l’enquête, sont autant de lieux raffinés à l’ancienne, et l’occasion de goûter à des mets typiquement orientaux, notamment les « mets cruels » dont on préfère croire qu’ils sont de la fiction pure. ..Notamment le potage où la tortue vivante nage et agonise doucement parce que le feu est de plus en plus fort… ou encore le singe en cage, dont le serveur fend le crâne pour en sortir la cervelle qu’il donne à manger au consommateur…

Et si vous avez besoin de revigorer votre énergie sexuelle, fini le Viagra ! Mangez de la tortue à la vapeur au sucre glace et au jambon.

il y a aussi la description de lieux pittoresques (ou tristes) de Shanghai et des environs, les rituels religieux, notamment celui du jour de Dongzhi ( le jour des morts); ce sont ces détails dont on va se souvenir, davantage que l’histoire, somme toute assez banale et sans grande surprise.

Dans l’ensemble, une lecture amusante.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:07

Titre original : Tideline (Marée haute)

Sonatine, 2013, 380 pages.

A Greenwich, le long des quais de la Tamise, vit Sonia, femme de 45 ans, dans la maison dite « Les Berges ». Elle se plaît à évoquer ses jeunes années, un garçon appelé Seb, leurs jeux troubles sur et à côté du fleuve, une vie qu’elle regrette amèrement.

Justement un adolescent vient chez elle, Jez, le neveu d’une amie, pour emprunter un vieux vinyle de Tim Buckley. C’est fou ce qu’il ressemble à Seb ! Elle lui montre le studio de musique, les guitares, notamment une « douze cordes ». Ils boivent un verre de vin, Jez gratte quelques cordes. Fascinée par le jeune garçon, Sonia répugne à le laisser repartir. De là à multiplier les verres de vin, et à y glisser des somnifères de sa mère, il n’y a qu’un pas…elle se plonge dans la contemplation du garçon endormi, comme Psyché regardant Amour. Un Amour qui voudrait bien s’envoler vite fait, retrouver sa petite amie, puis prendre son train pour Paris, où l'attend sa môman. Mais c’est compter sans les sortilèges de Sonia…

J’ai bien aimé ce thriller, sur le thème de la séquestration et du syndrome de Stockholm, une femme qui séquestre un homme, ça change un peu de l’ordinaire. L’auteur s’est appliqué à rendre l’atmosphère de ce quartier de Londres (Greenwich), surtout les bords de la Tamise, avec un environnement plutôt moche : la vue sur Canary Wharf et le Dôme du Millénaire, les eaux boueuses, les détritus, la pluie et les caprices de la marée, la centrale électrique, un radeau de fortune, comment réussir à rendre cela attrayant ? Eh bien, de mon point de vue, Penny Hancock y arrive parfaitement ! Pour ce qui est des surprises et des rebondissements, elle s’y entend aussi. Un premier roman très réussi.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 14:04

Xavier-Marie Bonnot Premier homme

Actes-sud Noir,409 pages

Les calanques de Marseille, une grotte sous-marine. Un plongeur archéologue, trouve la mort en cherchant un pétroglyphe. Dérangé dans sa quête par une présence malveillante, paniqué, il remonte trop vite à la surface, est victime d’un accident de décompression.

Autrefois, la grotte Le Guen ( c’est breton ou marseillais ? ) était accessible à pied sec. Trois archéologues préhistoriens y faisaient déjà des fouilles et l’un d’entre eux avait trouvé une statuette d’homme à tête de cerf désignée aussi sous le nom de « dieu cornu »datant du Paléolithique supérieur.

Quarante ans plus tard, le fils d’un des préhistoriens, Thomas Autran vient de s’échapper de l’asile de Ville Evrard près de Paris. Il y était interné depuis dix ans. Atteint de sévère schizophrénie, meurtrier de femmes. Son délire le porte à vouloir vivre selon une éthique « préhistorique », être le premier homme, accomplissant des rituels sacrés (évidemment le meurtre y a sa part). Il partage sa folie avec le docteur Caillol , son psychiatre…

Michel de Palma, flic bientôt à la retraite, se lance à la poursuite de l’inquiétant individu, à qui il a déjà été confronté dix ans plus tôt.

Ce roman appartient à la catégorie des « polars érudits » nous livrant en plus des crimes et de l’enquête policière, une masse de renseignements sur un sujet précis, souvent il s’agit d’une civilisation ancienne. Le dernier Bonnot portait sur les coutumes des Papous de Nouvelle Guinée. On se souvient aussi du « Dernier Lapon »… d’Olivier Truc.

Ici, c’est le vécu des ancêtres de l'époque Cro-Magnon (ou Néandertal?) que l’on tente d’évoquer et leurs coutumes religieuses, le chamanisme en particulier. Mais ce n’est pas tout, car la psychiatrie s’en mêle, ainsi que la tragédie grecque. Le matériau historique et littéraire peut enrichir avec profit le propos d’un polar, si ce contenu est utilisé de façon subtile. Ici Je ne trouve pas cela très fin. Les personnages de Thomas et sa sœur sont trop héroïques à mon goût, trop chargés de sentiments forts et d’actes sublimes et horrifiques… tout en ayant gardé des attitudes de gamins !

Je n’arrive pas trop à prendre au sérieux ce schizophrène qui brandit une hache en criant « voici le signe ! premier homme… » ; D’autant plus qu’on nous le décrit comme invincible, puissant, séduisant, d’une intelligence rare, j’en passe et des meilleures !!

De même les personnages secondaires sont trop « cliché »comme par exemple le psychiatre fou, la maman pervertie et séduite, et l’ensemble prend un tour manichéen que je n’avais pas remarqué dans le précédent roman de cet auteur. Cela reste du bon polar, correctement structuré.

Blanche-Neige doit mourir Nele Neuhaus

titre original : Schneewittchen muss sterben

Actes sud, Noir 2012, 397 pages

Quelque part du côté de Francfort, dans le Taunus, un village du nom d’Altenhain. Tobias sort de prison. Onze ans plus tôt, il fut accusé du meurtre de deux jeunes filles son amie d’alors, et son ex-amie. Rien que ça ! On n’a pas retrouvé les corps, mais des indices sérieux et des témoins à charge l’ont mené à cette longue peine. Lui n’a aucun souvenir de cette nuit de beuverie…

De retour dans son village natal, il doit faire face à de nouveaux problèmes. Son père, ruiné par un concurrent et le manque de clients, a dû abandonner son restaurant. Les habitants du village ne veulent pas du retour de « l’assassin » et semblent décidés à le chasser.

Il bénéficie d’un soutien féminin : Nadja ancienne copine d’école devenue actrice ; Amélie très jeune fille, curieuse et volontaire, serveuse au nouveau bar « Du cheval noir ».

On a trouvé un squelette de jeune fille dans un endroit improbable. La police revient sur l’affaire, à savoir le commissaire Bodenstein et son adjointe Pia.

Dans le premier tiers du livre, environ 130 pages, on suit avec plaisir une histoire dont on attendait peu de chose au vu de son titre. La lutte du renégat et de ses rares amies, l’effort de Pia pour comprendre ce qui s’est passé onze ans auparavant. Au deuxième tiers, l’affaire suit son cours, et le lecteur comprend ce qui s’est passé et aussi, c’est bien dommage, comment tout cela va évoluer.

De sorte qu’il ne reste plus guère de surprise à la page 270 environ, mais 150 pages bien tassées sont encore à venir !! On achève péniblement.

N’étant plus pris par l’intrigue, on remarque les défauts : beaucoup trop de personnages se font violemment tabasser, tombent de haut, se prennent des balles en pleine poitrine, et recouvrent la santé étonnamment vite ! Des personnages qui au départ, semblaient intelligents, deviennent naïfs comme des enfants et se laissent prendre à des pièges vraiment faciles à éviter. Le style est relâché, d’une oralité peu travaillée.

Louise Penny Le Mois le plus cruel

Actes-sud Noir, 2011

L’action se déroule au Québec, dans le petit village de Three Pines, loin de toute grande ville, au cœur de la nature. Olivier et Gabri y tiennent un gîte rural, très confortable où l’on mange vraiment bien, et rien que des plats hypercaloriques. Pas étonnant que des pilules pour maigrir circulent dans plusieurs endroits du village.

Le soir du Vendredi Saint, fin avril, un petit groupe de villageois se réunissent au gîte rural pour une séance de spiritisme. Les habitants sont très superstitieux, ils croient pêle-mêle, aux prédications de la Bible, à la magie, aux fantômes, certains d’entre eux cultivent un penchant réel pour l’animisme. Gabri le sait bien qui a invité une magicienne Yvette pour entrer en contact avec les esprits.

Cette séance sera suivie d’une autre qui va se dérouler dans la maison maudite des Hadley là-haut sur la colline. Au cours de cette seconde séance, il y aura un mort.

Madeleine est-elle morte de peur, comme le croient les villageois ou est-ce un meurtre comme le pense Armand Gamache l’enquêteur dépêché sur les lieux.

Il y a souvent des meurtres à Three Pines, car ce n’est pas la première fois qu’Armand va enquêter là-bas. Ce village est tout aussi craignos que le St Mary Mead de miss Marple. Armand Gamache est tout aussi infaillible et il a la même habitude qu'Hercule Poirot de réunir tous les suspects en fin de roman pour désigner le coupable, après un speech réussi. On peut le prendre pour un roman à énigme, si on n'a pas lu les précédents opus de l'auteur.Bien des suspects seraient alors écartés, si j'ai bien compris...

L’histoire vaut pour la façon dont est dépeinte la vie des habitants de ce petit village. C’est assez pittoresque. Un bûcheron parle avec les arbres, une vieille dame ramasse des œufs d’oies pour les faire éclore dans son four, et adopter ces petits. Faut-il qu’elle se sente seule ! Un couple de peintres qui s'aiment et se jalousent, des femmes qui font de la poésie champêtre... Bref c'est pas mal, mais ces gens sont un peu trop naïfs à mon goût.

S'il fallait n'en lire qu'un, lequel choisir? Je n'en sais rien, ils se valent ( pas mal, avec des défauts qu'on excuse facilement) cela dépend du genre d'atmosphère que vous préférez.

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 23:34

LP Policiers, 2011 .330 pages. The End of Everything.

Au début des années 80, dans une banlieue du nord ouest des USA, Lizzie a treize ans, comme son amie Evie. Elles ont vécu les mêmes choses en même temps ou presque ; premier soutien-gorge, premières règles, débuts de contacts avec les garçons. Leurs familles paraissent très différentes. Lizzie a peu de contacts avec son grand-frère, et sa mère, qui a divorcé, semble fréquenter quelqu’un. La fillette préfère la famille d’Evie, et y passe plus de temps que chez elle. Le père Mr. Verver surtout, est merveilleux, très proches des jeunes, dont il partage les émois et pour qui il organise des fêtes. Il est toujours prêt à les écouter et leur passe de vieux disques en racontant sa jeunesse… La sœur aînée Dusty ( 17 ans) fascine également Lizzie. Si belle, et tellement douée au cross-country, même si autoritaire et violente. Elle a pris son papa pour confident, et Lizzie est jalouse.

Voilà qu’Evie disparaît un soir, après l’école. Lizzie enquête sur la disparition de son amie. Elle a de bonnes raison de croire qu’un voisin d’au moins quarante ans l’espionnait et rôdait le soir où elle s’est volatilisée. Il l’aurait enlevée… Il lui arrive même, à Lizzie, de rajouter des indices pour intéresser le papa d’Evie dont elle est très amoureuse. L’enquête semble piétiner, tandis que Lizzie se rapproche de Mr. Verver ; Dusty, la sœur aînée, voit tout cela d’un mauvais œil.

C’est un roman psychologique, sans beaucoup de suspense. On comprend très vite ce qui est arrivé et la suite des événements ne surprend pas. Pour l’auteur, c’est surtout l’occasion de faire le portrait d’une fille de treize ans, qui aborde l’adolescence, en étant encore à moitié enfant. Ses espoirs, ses rêves, ses désillusions à propos de ses ami(es) et des messieurs d’un certains âge. On observe de très jeunes filles se laisser abuser par ces messieurs de trois fois leur âge, tant elles sont déçues par l’immaturité de leurs copains ; un pervers causer de gros dégâts sans pour autant passer à l’action ; une famille apparemment modèle se révéler pire qu’une famille recomposée. Les nombreuses répétitions de scènes et rêveries presque semblables, peuvent ennuyer. C’est que L’auteur a voulu installer le climat mental de Lizzie, et décrire aussi la découverte d’une certaine hypocrisie sociale, vue par ses yeux.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:37

Der Seelenbrecher, 2010 LP Thriller 300 pages.

Le lecteur prend connaissance d’un dossier médical racontant la tragédie vécue par une femme violée par un tortionnaire, au fer à souder ; elle se réveille dans une chambre d’hôtel assise à une chaise, et constate que c’était un rêve. Mais la police est là et elle ne comprend pas comment elle a pu échouer dans cet hôtel inconnu. Lorsqu’on lui parle, elle donne son nom Vanessa Strassmann, mais nul ne l’entend. Elle ne peut pas bouger, ni rien communiquer… elle souffre d’une sorte de catalepsie.

A présent, nous voilà dans une pièce : plusieurs étudiants en médecine ont lu les pages précédentes. Le professeur leur propose de lire l’entièreté de cet inquiétant dossier médical. Ils gagneront 200 euros, mais l’expérience pourrait entraîner des séquelles psychosomatiques. Inquiets, les étudiants quittent la salle ; ne restent que Patrick et Lydia.

La lecture du document se poursuit. Cette fois, nous sommes dans la clinique psychiatrique Teufelsberg (La montagne du Diable). Un homme amnésique y est interné depuis dix jours ; il a fait une chute dans la neige (nous sommes en décembre, veille de Noël) et ne se souvient même pas de son nom. Par défaut, on l’appelle Caspar. Il sympathise avec une vieille dame Greta, qui a horreur de la solitude, un musicien Linus, qui s’exprime par monosyllabes, le directeur de la clinique Rassfeld, et une femme psychiatre qui s’occupe de lui tout particulièrement : Sophia. A la télé dans la chambre de la vieille dame, on apprend que Vanessa (la victime de la première page) est décédée sans avoir repris connaissance.

Nous nous demandons qui a écrit le dossier. Vanessa ne s’est confiée à personne puisqu’elle n’a pas été réanimée? puis on apprend que d’autres jeunes femmes ont été victimes d’un mystérieux psychopathe qu’on appelle le « briseur d’âme ». Les femmes sont retrouvées sans connaissance, physiquement indemnes, mais comateuses, incapables de se réveiller.

On ne sait qui a écrit le dossier mais Le point de vue est maintenant celui de Caspar ; et les événements vont se précipiter. En effet, Caspar est réveillé par Linus, qui l’entraîne dans la chambre de Sophia, inconsciente, mais les yeux ouverts : le « briseur d’âmes « est passé par là.

Pendant quelques heures, un drame effroyable se joue dans cette maudite clinique, où Caspar d' autres infortunés compagnons tentent de déjouer les pièges tendus par le Briseur d’âmes. Beaucoup d’actions, des rebondissements et course-poursuites à souhait, et une terrible confusion. les hommes présents s’accusent mutuellement d’être le coupable et s’étripent, tout en cherchant à se tirer d’affaire ; ajoutez à cela que Caspar retrouve des bribes de mémoires, un passé plutôt trouble…

L’auteur en fait beaucoup, beaucoup trop, de sorte que l’on est parfois tenté de rire, alors même que ce n’est pas drôle du tout. On ne s’identifie pas aux personnages. On reste à distance. C’est un récit d’action avant tout.

On comprend à peu près tout aux deux tiers du livre. On suit le processus jusqu’à la fin. Il y a pas mal d’invraisemblances, mais l’ensemble est distrayant.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:08

Arnaldur Indridason Etranges rivages

Métailié Noir, 2010, 300 pages

Erlendur s’est installé dans la maison qu’il occupa jadis avec sa famille et qu’ils quittèrent peu de temps après la tempête de neige où son petit frère Bergur se perdit sans qu’on ait rien retrouvé de lui.

La demeure, Bakkasel, est en mauvais état. Erlendur y campe dans la salle à manger dort dans un sac de couchage. Il espère encore découvrir des indices de son petit frère. Toutes les nuits, il fait des cauchemars concernant le jour du drame.

Il rencontre un chasseur Boas, qui faisait partie du groupe ayant participé aux recherches. Bientôt il est question d’une autre disparition dans une tempête de neige, vieille de soixante ans. C’est Matthildur, à l’époque une jeune femme, qui a disparu sur le chemin du village menant chez sa mère. C’est du moins ce qu’à affirmé son époux Jakob, mais on ne l’a pas vraiment cru. Erlendur s’intéresse à cette disparition, pressentant qu’il pourrait obtenir des informations. Il est amené à rencontrer les proches de la victime, encore vivants, notamment Hrund sa jeune sœur, et Ezra qui pêchait avec Jakob en mer … parfois mal reçu, Erlendur se montre persévérant et combatif. En même temps il n’abandonne pas l’idée de trouver des indices concernant son frère. Il se remémore avec beaucoup de détails les circonstances du drame.

On creuse dans le passé à grands coups de pioche et de pelle, on examine le moindre petit objet ramené à la surface, et par le rêve ou la remémoration, on cherche à entrer en contact avec les défunts, c’est de l’Erlendur tout craché.

Henning Mankell L’Homme inquiet

Le commissaire atteint la soixantaine, il est grand-père. Linda s’est mise en ménage avec Hans von Encke , un trader qui gagne beaucoup d’argent. Leur petite fille Klara va fêter son premier anniversaire.

Wallander s’est installé dans une maison de campagne et vit avec une chienne labrador. L’été 2008 est traversé d’orages. Cela n’améliore pas son humeur, plus que jamais, il est insatisfait et rongé d’idées noires. Son diabète est un handicap certain et Wallander a tendance à le soigner à l’aquavit et à la vodka. Le commissaire souffre aussi de pertes de mémoires récurrentes.

Lors d’une fête pour l’anniversaire de Hakan von Encke le père de Hans, il écoute cet homme, officier de marine en retraite, lui parle longuement d’un sous-marin étranger que son équipe avait repérée en 1982, et qu’on lui intima l’ordre de ne pas l’intercepter. Une histoire lointaine et sans conséquence, pense Wallander. Mais Hakan y pense encore, et semble mal à l’aise. Peu de temps après il disparaît. Puis sa femme, Louise, se volatilise à son tour. Wallander se sent obligé d’enquêter, bien qu’il ne connaisse rien à la force militaire sous-marine, et à la politique en général.

Cet opus fait la part belle aux soucis quotidiens de Wallander. Au seuil de la retraite, en dépit de ses succès d’enquêteur, il est mécontent de sa carrière. Il se plaint aussi d’avoir raté sa vie. Il se plaint de tout, la société, sa chasse d’eau, son père pourtant décédé dont il n'a pas oublié le coq de bruyère au coucher du soleil, le prix des aliments, le caractère difficile de Linda, les problèmes de son ex-femme... il se reproche plein de choses. Le vécu de Wallander est fort sombre. On s’intéresse à ses ennuis, mais on va se lasser un peu de ses … heu jérémiades. Même si l’on reconnaît que le malheur semble le poursuivre, on aurait préféré qu’il trouve une issue de secours.

En ce qui concerne l’enquête policière, elle ne compte pas parmi les meilleures (Les Morts de la Saint-Jean , la Cinquième femme par exemple sont très au-dessus). L’intrigue est bien mise en place, le suspense est bien là.

Mais au moment de la résolution, on déplore que nombre de mystères demeurent non élucidés.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:03

Série-noire 2012, 208 pages ;

Singapour, Elsa et Alexandre s’y sont installés pour le job d’Alexandre. Il fait trop chaud là-bas…

Elsa tente d’écrire un roman. Il faut se titiller l’imagination : contempler un jeune chinois dépecé qui a inspiré Georges Bataille. Se repaître des photos de la célèbre expo « cadavres et écorché en tous genre ». Visiter une femme ayant un cancer au cerveau en phase terminale et en faire profiter sa copine ennemie Ludivine. Ecraser un chat sur la route et rouler à nouveau sur lui afin de faire exploser le cadavre, puis l’observer de près. Miam ! Bien sûr elle pratique le SDM avec son Alexandre et plus encore avec son amant Nessim « l’Arabe blond ».

Elle a aussi une toue petite fille, qui pleure dès qu’on la met en contact avec sa mère (les enfants sont intuitifs) mais sa petite bonne philippine, Fely, est une vraie maman.

l’arabe blond se fait assassiner. Fely a trouvé une pièce à conviction pouvant nuire à Elsa. Elle la fait chanter. Elsa : Mais je suis innocente ! En attendant mieux, elle inverse les rôles maître –serviteurs (un peu à la Losey). Fely a un charme extraordinaire « je me mire dans ses yeux noirs et m’y perd comme dans un puits sans fond », raconte Elsa à son autre amie Selma.

Ecrit d’une façon assez raffinée avec un bon suspense. Ensemble astucieux divertissant, méchamment gore, pas trop long heureusement

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 19:21

Le roman est situé aux Etats-Unis à Aurora, petite ville du New Hampshire, cité côtière avec de belles plages de sable.

En 2008, le jardinier trouve un squelette dans les plates-bandes de Goose Cover, la propriété d’Harry Québert, professeur d’université retraité, auteur de romans d’amour très fleur bleue. Harry est écroué. D’ailleurs, en 1975, il avait fréquenté Nola Kellergan, la fille du Pasteur, alors âgée de 15 ans. Le squelette c’est ce qui reste de Nola, et il a été retrouvé avec un manuscrit : le roman d’amour d’Harry Québert à elle dédiée.

Harry n’a qu’un ami : Marcus, ancien étudiant à lui, qui se considère comme son fils spirituel, et vole à son secours. Il va enquêter avec l’aide du sergent Gahalwood ( le seul personnage qui m’ait plu dans ce roman) . Ce policier l’appelle plaisamment « l’écrivain ». En effet, Marcus a écrit lui aussi, au moins un premier roman, genre « best-seller », et signé pour plusieurs autres. L’enquête sur Nola peut lui fournir un sujet pour un nouveau livre.

Dans ce roman, on peut suivre un polar bien conduit, avec beaucoup de suspects aux motivations variées, des rebondissements, du suspense, tout ce qu’on demande à un bon polar.

Mais il n’est pas paru dans une collection policière…

C’est que l’auteur a rallongé la sauce impunément : il consacre un très grand nombre de pages à l’enfance et l’adolescence de Marcus (qui n’ont rien de caractéristiques) puis à la relation de Marcus et Harry son prof (en gros, ils font de la boxe ensemble, et se demandent comment écrire de bons livres, mais sans aborder les problèmes auxquels on s’attendrait : style, narration, composition, situation dans la littérature…)

Puis il est beaucoup question d’amour, de l’amour sentimental, sans désir sexuel, des litres de serments et déclarations sont déversées par divers protagonistes à l’oral et à l’écrit, et cela ne fait qu’irriter le lecteur, qui se prend à sauter plein de pages. De temps en temps, des éléments relatifs à l’enquête réapparaissent : l’affaire au sujet des père et mère de Nola relance l’intérêt.

Si le roman s’en était tenu à l’intrigue policière, il eût été bon. En l’occurrence, il n’est que moyen, et ce que l’auteur a rajouté pour faire « roman tout court », vraiment médiocre.

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Présentation

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