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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 18:25

The Fate of Katherine Carr 2009. Seuil Policiers 296 pages.

 

Quelque part en Inde, George Gate , écrivain de récits de voyages, descend un fleuve sur un ferry en compagnie d’un homme corpulent, un certain M. Mayawati. Ni l’un ni l’autre ne sont de la région. Ils n’on pas l’air de bien se connaître, pourtant George entreprend de lui raconter une partie de sa vie, l’histoire d’un « sombre mystère ».

Autrefois, après avoir beaucoup bourlingué, explique George, il s’est fixé à Winthrop petite ville des Etats Unis avec femme et enfant, et un job de journaliste local. Devenu veuf, il élève seul Teddy jusqu’à ce que l’enfant, âgé de 7ans, disparaisse un jour d’orage, à l’arrêt d’autobus,. Plus tard on retrouve son corps dans la rivière qui traverse le pays. Son corps, pas son meurtrier.

George croit avoir aperçu le coupable, un homme vêtu d’un ciré jaune, mais n’a pas vu son visage. Il le recherche, sans espoir, trop peu d’indices. Le voilà distrait de sa rumination par Arlo, policier à la retraite, qui lui raconte l’histoire de Katherine Carr. Vingt ans plus tôt, cette jeune femme disparaît soudainement près de la fameuse rivière devant une petite grotte, où elle allait se promener. Agressée cinq ans auparavant par un inconnu, Katherine vivait en recluse.

George veut enquêter sur cette jeune femme, sans pour autant délaisser ses recherches de l’homme au ciré jaune… Katherine Carr a laissé un récit, écrit entre son agression et sa disparition. Il y est question d’un certain Maldrow, un homme très ambigu, auquel Katherine est confrontée. Fiction ou réalité ? Personnage inventé ou transposé ? En tout cas le récit est saturé de descriptions morbides de tortures morales et physiques…

George s’est trouvé une compagne enquêtrice, une « très vieille petite fille » avec qui il discute des écrits de Katherine. Il va aussi chercher des renseignements auprès du peu de gens ayant connu la jeune femme. Plus le récit avance, plus on s’enfonce dans le mystère concernant Katherine. Plusieurs suspects sont détectés, rien ne semble devoir s’élucider.

Tout au long de son récit, George fait des pauses, échange quelques mots avec son interlocuteur.

Ce n’est pas seulement le récit de Katherine dont je me suis demandé quelle était la part de vérité et de fiction. George lui aussi pourrait avoir inventé une partie de ce qu’il narre pour intriguer ce monsieur Marawati. C’est une hypothèse. Au lecteur de décider…

Un roman assez différent de ce que propose Thomas Cook ordinairement. Le style surtout est romantique à souhait, truffé d’envolées lyriques un peu « cliché ». L’ambiance est sinistre, surchargée de réflexions manichéennes sur le Mal, de récits de tortures d’apparitions et de disparitions brumeuses. « Inspiration gothique » a-t-on dit de ce livre et c’est assez vrai. Le roman en a les qualités comme les défauts. L’ambiance peut être pesante, elle séduit tout de même.

On s’est demandé s’il fallait croire au surnaturel, dans ce récit. Je crois que c’est au lecteur de décider ! Comme je le disais plus haut, le livre est ainsi fait que le lecteur interprètera bien des choses selon sa personnalité. Malgré le style plutôt lourd, le roman ne se lâche pas. Cook reste un auteur de romans policiers habile, sa construction du récit est bonne, et si l’on suggère que certaines choses doivent rester dans l’ombre, d’autres trouvent une explication rationnelle.

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 23:44

gillian Flynn les Apparences

 

The Gone Girl, 2012 Sonatine. 600 pages environ ( je l'ai déjà rendu et je n'avais pas noté le nombre de pages...)

 

A Carthage dans le Missouri, petite ville de banlieue sinistrée (chômage, endettement, magasins qui ferment) vivotent Nick Dunne et son épouse Amy, la trentaine bien entamée. Journalistes au chômage, ils ont dû quitter Manhattan dont Amy est originaire. Nick a ouvert un bar avec sa sœur et donne quelques cours à l’université du coin. Amy reste à la maison ; devenir ménagère dans ce petit coin de province,  pour une new-yorkaise hyperactive, c’est la régression…

Elle n’est plus rien, Amy ! Enfant, elle a  été idolâtrée par un couple,devenu parents alors qu'ils ne l'espéraient plus.  Tous deux psychologues, Ils ont écrit des albums pour enfants en s’inspirant du comportement de leur fille. Les livres « l’Epatante Amy » se sont très bien vendus. Mais à présent, on est en période de vaches maigres.

Le récit débute sous la plume de Nick, le jour où Amy a disparu. Jour de leur cinquième anniversaire de mariage.  On a découvert un désordre incroyable dans la salle de séjour, comme si Amy avait été attaquée. Nick prétend ne rien savoir. Sauf que ces derniers temps, entre Amy et lui, cela n’allait plus guère…

En parallèle nous suivons le récit de Nick à partir de cette disparition, et le journal d’Amy qui commence au moment de leur première rencontre en 2005. Les deux récits diffèrent sensiblement. Qui a raison ? Qu’est-ce qui est vrai ? Et qu’est-t-il advenu d’Amy ?

La première moitié du roman se lit avec plaisir. Les problèmes du couple, l’enquête, les découvertes de Nick à propos de « la chasse au trésor » qu’Amy, restée très enfant gâtée, organisait pour lui chaque anniversaire de mariage, cela est bien mis en valeur. Les seconds rôles (parents d’Amy, sœur de Nick) sont intéressants. Le côté social n’est pas occulté.

Le rebondissement qui ne manque pas de survenir, et qu’on attendait, est plaisant aussi.

 

Cependant, on finit par trouver le temps long.  L’auteur tire à la ligne. Chaque étape de l’enquête, chaque péripétie de l’histoire est pertinente, et les pensées des protagonistes aussi, mais tout cela s’étale sur un trop grand nombre de pages. En particulier les développements à propos des medias des réactions du public, des différentes interviews à la presse et à la TV à propos de l’affaire sont réellement très ennuyeuses à lire. Elles ne font que répéter parfois mots pour mot ce que l’on sait déjà ! Surtout que le style de l’auteur est assez passe-partout. Des tics d’écriture, en particulier dans le langage parlé, m' agacent (répéter tout le temps «  genre »… !) Si le roman avait fait 100 de pages en  moins, cela ne m’aurait pas gênée, et il y eût gagné en force.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:32

le Chinois 

Livre de poche policier

 

 

Dix-neuf personnes âgées ont été retrouvées mortes, sauvagement assassinées dans un petit village au nord de la Suède. L’équipe policière cherche encore à identifier les victimes, que Birgitta (juge de son état, la cinquantaine), vivant à Stockholm, se rend compte que le vieux couple Andrès, du nombre des victimes, furent les parents adoptifs de sa mère, à présent décédée.

Par intérêt pour le village où sa mère a grandi, et la vie qui fut la sienne, dont elle est restée à presque tout ignorer, elle se rend sur les lieux, profitant de quelques jours de liberté dans son emploi du temps.

Là-bas, elle furète dans la maison des Andrès, et y trouve un vieux journal intime, rédigé par un ancêtre de la famille, demeurant aux Etats-Unis.Un siècle et demi plus tôt, Il y était contremaître, et dirigeait des Noirs, des Indiens, et des Chinois, pour construire une voie ferrée.

Sans le vouloir vraiment, Birgitta se met à enquêter, trouve une vraie piste, alors que la police piétine.

 

Dans une seconde partie, le narrateur est un Chinois vivant au 19 eme siècle dans d’épouvantables conditions traité comme une bête. Après d'épouvantables tribulations,  le voilà aux Etas Unis avec un de ses frère, sous la direction de James le contremaître du journal lu par Birgitta...

Ce récit débute bien comme un roman policier, avec une brillante scène de crime, et les trouvailles de Birgitta, sont pleines de promesses.

Ensuite, c’est davantage un roman historique, relaté par le menu. La vie du Chinois, en question, les mauvais traitements, le désir de vengeance, sa fréquentation de deux missionnaires qui lui sauvent la vie, l’instruisent, tout en le frustrant. Après ce très long intermède, pas inintéressant, mais où l’on délaisse l’aspect policier, l’enquête de Birgitta va reprendre, et le lecteur se réveiller d’une certaine somnolence. Mais là encore, le récit historique reprend vite ses droits : on nous détaille cent ans d’histoire de la Chine, avec pour héros, si l’on peut dire, des descendants du Chinois initial, et leurs querelles mortifères, au sein d’un régime corrompu.  La fin tarde à venir. Elle n’est pas mal,mais il faut être patient. Le mobile des crimes n’apparaît pas clairement, la solution ne nous satisfait pas. Le récit historique est très documenté mais raconté de façon ennuyeuse à mon goût.

Mankell n’aurait pas dû vouloir jongler entre Histoire et récit policier.

Ni l’un ni l’autre n’ont ici à y gagner.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 00:02

tais-toi et meurs

 

 

Editions La Branche / Vendredi 13, 221 pages.

 

Julien Makambo vingt-cinq ans, Congolais de Brazzaville, a obtenu de faux papiers pour s’installer à Paris sous le nom de José Montfort. Ces papiers il les doit à Pedro qui l’a pris an charge à Paris, et plus précisément à un nommé Shaft, faussaire notoire.

Il a partagé un studio avec trois autres jeunes de son pays, plus Pedro et Moussava, dit le Vieux. Pedro l’a fait travailler à toutes sortes de trafics en rapport notamment avec des chéquiers volés. Julien alias José est intégré dans la communauté Congolaise de Paris,  la SAPE (société des ambianceurs et pourvoyeurs d’élégance) . Pendant quelques mois, il a vécu correctement, envoyé de l’argent à sa mère, sa sœur, et son neveu( le fils de Pedro, dont ce bienfaiteur ne s’occupe pas)  et souvent fait la fête. Il n’en demandait pas plus. Mais les combines habituelles ne fonctionnant plus, Pedro a accepté un contrat requérant l'aide de José.lequel ne devait pas poser de questions, tout en sachant l'affaire très louche. L’affaire a mené Julien en prison.

C’est de sa cellule qu’il écrit son histoire. Une histoire bien amère. Car Julien dès le début de son séjour a les mains liées, devant tout accepter de la part des aîné qui l’on fait venir en France. Même si le récit est humoristique, coloré, plein de détails loufoques sur le mode de vie des Congolais de Paris et des autres ethnies avec lesquels ils s’entendent plus ou moins bien, la réalité est très noire.  Si les congolais et autres ethnies, que l'on rencontre ont l'esprit communautaire, c'est souvent le côté tribal qui l'emporte.S'ils préfèrent les combines, la délinquance sévère n'est jamais loin. Sans compter les incidences avec le pouvoir politique de leurs pays.

Le récit nous montre finement et sans fioritures, le cheminement de José, qui pour redevenir Julien et pouvoir se regarder en face, doit refuser d’être encore un jouet entre les mains de ses aînés, quelque soit le prix à payer.

 

L'histoire d'une courageuse prise de conscience.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 17:39

 Oscar Wilde et les crimes du Vatican

 

10/18( grands détectives ) 400 pages.

 

Conan Doyle prend les eaux à Hombourg, petite ville d’Allemagne. Il y est tranquille pour se livrer à la rébarbative activité de devoir répondre au volumineux courrier que ses lecteurs adressent à Sherlock Holmes, son détective de fiction, que bien des gens tiennent pour réel.  Nous sommes en 1892. Sherlock a atteint une belle célébrité.

Un matin, Doyle tombe sur Oscar Wilde, envoyé par sa femme, qui souhaite le voir perdre du poids. Wilde s’ennuie affreusement dans ce trou. Il promet à Doyle de l’aider à répondre à son courrier. En échange, l’écrivain lui donne du tabac qu’Oscar roule dans le papier de la Bible qu’il a dans sa chambre. Car à Hombourg, on n’a pas le droit de fumer…


Le courrier cesse subitement d’être rasoir : voilà que de Rome, on expédie à Sherlock Holmes une main humaine tranchée net, puis un doigt, une boucle de cheveux, un anneau d’or rose où figurent les clefs de Saint-Pierre. Wilde considère que c’est un appel au secours venu du Vatican pour retrouver un assassin. Il importe que Sherlock Holmes soit à la hauteur. Les deux compères quittent Hombourg pour l’Italie, trop heureux de cette diversion.

Wilde connaît bien Rome, où résida et mourut son poète préféré Keats, cité à satiété dans le récit. Longtemps auparavant, il a même déjà été béni par le précédent pape répondant au gentil pseudonyme de « Pio Nono ».  

Nos deux amis commencent leur enquête en compagnie du docteur attitré du Vatican,  Axel Munthe (comme Wilde et Doyle, il exista réellement et fut écrivain). D’autres curieux personnages viennent se mêler à ce trio de choc.  Pour élucider l’épineux problème, (il faut trouver qui est la victime, l’auteur des envois, et l’assassin)  Oscar Wilde mène grand train, comme à l’ordinaire, citations, bons mots, champagne toute la journée, thé alcools et accompagnements gourmands près de la chapelle Sixtine, avec des cardinaux qui semblent avoir bien des secrets à dissimuler…

Cet opus est fort agréable à suivre, tout autant que le précédent. L’intrigue est bien menée, même si  elle  nous intéresse sans doute moins que les personnages, et leurs échanges verbaux. Le fait que Conan Doyle soit le narrateur est une très bonne idée. Il existe davantage en face de Wilde que le falot Sherer. Le docteur Munthe est très bien aussi.


Un divertissement réussi.


Un "contre". L'avis de Sibylline qui n'a pas aimé.


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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 20:03

dernier-lapon

 

 

Métailié, Noir, 2012, 462 pages.

 

 

L’action se déroule en Laponie, nord de la Scandinavie, autour de la ville de Kautokeino, en territoire norvégien.


Le prologue nous met en scène, au 17eme siècle, une tragédie sanglante, résultat d’un conflit entre un cruel Pasteur Lars Laestadius, venu évangéliser ce territoire, et le peuple Sami, attaché à sa religion païenne, à ses rites, ses coutumes, que la colonisation met à mal.

Au XXème siècle, le conflit existe toujours, et revêt des formes multiples, religieuses bien sûr, mais aussi politiques, et prenant la forme d’une haine raciale envers les Sami, qui le leur rendent bien.


Le soleil commence à apparaître : nous sommes en janvier.


Klemet, un homme de cinquante ans travaillant à la police des rennes, vient de se voir adjoindre une jeune policière venue d’Oslo, Nina. N’ayant pas eu apparemment de vie sentimentale, et frustré dans plusieurs domaines, le policier accueille sa nouvelle collègue sans aménité. Mais ils vont vite être confrontés à l’assassinat d’un éleveur de rennes, Mattis, qui vivait retiré sous son gumpi( tente) buvait trop, et résistait à la colonisation. En même temps, un tambour Sami d’une grande valeur, a disparu du Musée de Kautokeino, avant même qu’Helmut Juhl le  conservateur, qui l’avait fait venir de France, ne l’ait vu.


Les suspects sont nombreux. Ce géologue Français Rascagnal, pervers notoire, qui vient prospecter pour une compagnie minière et a conclu un drôle de marché avec Karl Olsen, un vieux paysan retors. Les autres éleveurs de rennes du voisinage, avec qui Mattis était souvent en conflit. L’étrange Aslak, un éleveur qui vit reclus dans sa tente et conserve scrupuleusement toutes les façons de vivre du peuple Sami d’antan, au point de ne se nourrir et  vêtir, que de ses animaux, et n’avoir de commerce qu’avec eux. C’est ce qu’on appelle vivre en autarcie…  Il boit du bouillon de renne, alors que ses compatriotes se sont mis au café depuis belle lurette, ne mange que de la viande de renne ( le régime Dukan, en somme) fait sa toilette dans la neige, ne se rend jamais en ville… sa femme a l’esprit dérangé ; pas étonnant se dit le lecteur, la pauvre, à mener une telle existence !... mais il y a autre chose d’enseveli sous la neige du passé, vous vous en doutez !


Un policier très classique dans sa forme et sa construction avec les ingrédients bien connus : vengeance, appât du gain, déviations sexuelles, orgueil, et démesures à tous les niveaux.

Un roman extrêmement bien documenté sur les coutumes et le mode de vie du peuple Sami, leur savoir-faire, leur art(les chants les Joïks instruments de transmission, les tambours et leurs symboles) et leur difficiles conditions d’existence.

Un roman dans lequel on idéalise le passé censé être toujours mieux que le présent, où la colonisation n'a été qu'infamie,  brutalité, et persécution, et où rien de bon n'en est jamais sorti. Le héros du roman Aslak qui méprise la civilisation, dans sa grande "sagesse".  Seule, la policière Nina essaie de faire entendre un autre petit son de cloche, hésitant, mais bien timbré.

Vive Nina ! Rien que pour elle, je reprendrai de ce truc.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:27

MarkarisSeuil, Policiers, 2012 ( lixiprothesma dania,2010)

Traduit par Michel Volkovitch,

Le commissaire Kostas Charitos , policier récurrent d’une série de huit romans policiers grecs, marie sa fille. C’est au cours de cette cérémonie qu’il rencontre Tsolakis un ancien coureur, disqualifié pour dopage. Les anabolisants ont rendu Tsolakis infirme, et ses jours sont comptés.  Par ailleurs, il passe beaucoup de temps sur un ordinateur à surveiller les développements de la crise économique qui frappe la Grèce.

Bientôt Kostas Charitos est confronté à un assassinat par décapitation. Il s’agit d’un banquier grec à la retraite Zissimopoulos, très riche, et qui s’était fait beaucoup d’ennemis. C’est son domestique Okomba que l’on suspecte. Mais bientôt d’autres banquiers sont assassinés de la même façon : un anglais spécialiste des Hedges Funds, un Hollandais responsable  d’une agence de notations financières, et pour finir le directeur d’une banque de recouvrement.  Quatre représentants des responsables de la crise, chacun à sa manière… En même temps l’assassin fait coller des affiches conseillant au peuple de ne plus faire confiance aux banques, de retirer leur argent autant que possible, de ne plus payer leurs dettes…

Baptisé "Robin des banques", l’assassin donne bien du fil à retordre…et l’on n’a pas vraiment envie qu’il se fasse prendre ! Pas plus que les victimes de ces banquiers véreux.


Le commissaire, en plus d’enquêter, se fait expliquer la crise économique, par Tsolakis, et nous fait profiter de ses lumières. Le climat social inquiétant qui règne à Athène et dans les environs, est bien rendu, car le commissaire écoute des témoins très  divers,chacun luttant à sa manière, pour survivre danscet univers impitoyable.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 01:39


 

Calmann Lévy 2011, 433 pages

 

titre original : Faithful Place, 2010

Tana French les Lieux-infideles

 

 

Faithful Place est une rue de Dublin, que l’auteur a située dans le quartier des Liberties au sud de la Liffey. Il y a vingt deux ans de cela, Frank y attendait Rosie sous un lampadaire par une froide nuit de décembre. Ils avaient dix neuf ans et projetaient de prendre un ferry pour l’Angleterre, y commencer une vie meilleure, loin de leurs détestables familles. Rosie n’est pas venue, et Frank après l’avoir cherchée en vain, et trouvé un mot où elle disait adieu à la famille et aux amis, est parti seul, non pour l’Angleterre, c’était elle qui avait les billets, mais pour le nord de la ville. Il s’y est établi, est entré dans la police, a eu femme et enfant, a divorcé…


Voilà que sa jeune sœur Jackie avec qui il a renoué quelques années auparavant, l’avertit qu’on a retrouvé la valise de Rosie, au numéro 16,  dans une maison désaffectée qu’ils ont bien connue, et qu’un entrepreneur fait démolir. La valise contient les affaires de Rosie et les billets pour l’Angleterre.  On dirait que Rosie n’est jamais partie…


Frank retourne à Faithful Place, et revoit sa famille qu’il évitait soigneusement depuis vingt ans. Une famille de déshérités que la précarité et l’alcool ont ruinée. Le frère aîné Shay, n’a pas quitté ses parents, investi semble-t-il très jeune, d’une mission, protéger sa mère et ses jeunes frère et sœur contre la violence du père. La sœur aînée Carmel s’est mariée et a eu des enfants mais elle vit aussi très près d’eux. Les plus jeunes ont leur logement un peu plus loin, mais n’ont pas vraiment quitté la maison.   

Chez ces gens là comme disait Jacques Brel, on s’n’en va pas… Et Frank est contraint de les revoir, ainsi que de fouiller la maison délabrée du 16,  car il lui faut savoir la vérité au sujet de Rosie.

Qui savait que le jeune couple voulait s’enfuir ?


Les cent premières pages sont très bien. On fait connaissance avec ces pauvres gens toujours en train de se cuiter, s’invectiver, se taper dessus, s’adorer et se haïr. Les situations et personnalités des uns et des autres sont bien décrites. Les lieux infidèles, on y croit, et ils font froid dans le dos. L’enquête progresse bien.

Au milieu du roman, on commence à s’essouffler. Trop de répétitions, de dialogues inutiles ; on a compris qui était coupable, sinon pourquoi. Les personnages n'évoluent plus et ne montrent plus rien que de très attendu.  l'auteur fait du remplissage. Le récit redevient intéressant dans la toute dernière ligne droite.

 

 

D’autre part le rôle joué par la petite fille de Frank ne me semble pas très crédible…cela me semble également tiré par les cheveux que la mère de la fillette l’envoie fréquenter la peu ragoûtante famille de Frank, sans le lui dire, alors que cette femme a divorcé de lui !!!

Un roman qui aurait pu être bon avec cent pages de moins, et sans que la fillette intervienne autant.

 

Un autre avis négatif celui du blog   Val aime les livres 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 00:45

HIGASHINO-2012

 

 

Actes sud noir 2012 (2008)330 pages.

 

Yoshitaka annonce à sa femme Ayané, épousée il y a un an, qu’il la quitte. Il lui rappelle le » contrat » . Si au terme d’un an, elle n’était pas enceinte, il changerait de partenaire.

Ayané le savait, et aussi qu’elle était stérile ; mais elle espérait  qu’au bout d’un an, il ne penserait plus à procréer et se contenterait de ce qu’elle pouvait apporter comme épouse.

Pas du tout ! Orphelin de bonne heure, n’ayant pas connu de foyer stable, Yoshitaka rêve de fonder une famille et  ne voit dans une femme qu’une poule pondeuse. Alors Ayané se dit en elle-même «  je t’aime au plus profond de moi-même. Ce que tu viens de me dire m’a transpercé le cœur. Maintenant, je veux, que, toi aussi, tu meures »

Voilà une formulation romantique à souhait remplie d’une détermination qui ne nous laisse guère de doute sur ses intentions. Le « aussi » laisse entendre un ou plusieurs autres décès.

Ayané a-t-elle tué plus d’un mari ? En tout cas, elle est prête au pire : un sachet de poudre blanche est dissimulé au fond de son tiroir de chevet.

Le lendemain elle part chez ses parents quelques jours, laissant la clé à Hiromi, jeune femme avec qui elle a monté une société de couture, où l’on fabrique des ouvrages en patchwork. Ces créations sont très appréciées et l’affaire marche bien.

Hiromi est la maîtresse de Yoshitaka, et elle s’étonne qu’Ayané lui ait laissé la clé mais elle en fait usage lorsque son amant l’appelle… pas seulement pour des ébats amoureux. Il ne va jamais dans la cuisine, et ne réussit même pas  à faire lui-même du café buvable !!

Après intervention d’Hiromi, il y parvient, mais le dimanche soir, elle le trouve mort à côté de sa tasse.

La police conclut à un empoisonnement à l’arsenic.  On fait revenir Ayané de chez ses parents. Elle est très suspecte, y compris pour deux au moins des policiers (le troisième est sous son charme) mais nul ne réussit à comprendre comment elle a pu empoisonner son mari alors qu’elle était loin de la maison. Car ses alibis se révèlent inattaquables.

L’enquête précise et très fouillée progresse à petits pas tandis que le lecteur se pose toute sorte de questions.  Bien sûr, il sait qu’Ayané est coupable, mais pas comment elle a procédé, ne connaît pas réellement ses motivations, se demande qui d’autre est mort dans le passé, et ce qu’elle a à y voir…

Sans être mauvais, le récit se révèle assez ennuyeux ; les personnages sont crédibles mais on ne s’y attache pas tellement. Peut-être parce qu’ils sont très conformistes et que cette société paraît normale dans le monde de l’auteur ? Peut-être par ce que le style est fort plat avec beaucoup de petits dialogues inutiles ?

Je ne retrouve pas l’intérêt pris à la lecture de «  La Maison où je suis mort autrefois »

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 11:42

Monica Kristensen

 

 

 

Gaïa polar, 2011, 268 pages.

 

L’archipel  norvégien du Svalbard, au cercle polaire arctique. J’en ignorais totalement l’existence !

La ville de Longyearbyen dans l’île du Spitzberg. Là-bas,  si la température dépasse les douze degrés, on déclenche une alerte canicule… Le "soleil de minuit " dure d'avril au mois d'août ; et la nuit polaire d'octobre à mi février.

 

  048-copie-1

 

F. Biard Une aurore boréale à Magdalena-Bay au nord du Sptizberg

 


Un peu plus de 2000 habitants vivent  sur l’île du Spitzberg ; la vie est  rude. Beaucoup d’hommes sont employés à la mine, dans des conditions difficiles .

Ella Olsen six ans a disparu de l’école maternelle. En février alors que la nuit polaire est en train de s’estomper.

On soupçonne  Einar, le père de la fillette, d’enlèvement. Sa femme, Tone avait demandé le divorce.

Einar, ingénieur à la mine depuis deux mois à peine, est alcoolique,  pratique le braconnage de rennes et  la contrebande avec deux autres collègues de travail.


 

Un vagabond rôde dans le coin et donne des bonbons aux enfants. Il est aussi aperçu dans la vieille mine  désaffecté.  C’est un ancien mineur rescapé d’une catastrophe, et resté plus ou moins infirme et traumatisé, il aime profondément cette  mine qui l’a laminé.

Est-il le sixième homme qui hante les environs? Et qui sont les cinq autres?

 


Un groupe de policiers transis arpentent le coin à la recherche d'Ella. L'un d'eux, Hanseid, a une femme arrivée depuis peu et profondément déprimée…


Le récit slalome entre décembre et fin février (disparition d’Ella). Pas vraiment d’énigme, mais un bon suspense. Descriptions stimulantes notamment d’une tempête en mer.

 


Gustave Doré le navire pris dans les glaces

 

Gustave Doré Navire pris dans les glaces

 

 

L’auteur est glaciologue. Elle fut la première femme à avoir organisé une expédition dans l’Antarctique.

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