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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 23:06

Deux siècles exactement que Jane Austen disparaissait...fêtons-là, relisons-là!

j'ai opté pour " Emma " car, les autres " Austen" disponibles, et pas encore lus, étaient des romans épistolaires, une forme de narration que je ne goûte guère.

 

 

LP, 1996, 512 pages.

1ere publication, 1816.

Dans le Surrey, à quelque 30 kms de Londres, le domaine d’Hartfield, la jeune Emma s’ennuie à mourir, avec son vieux papa hypocondriaque. Sa gouvernante et amie vient de se marier, et se consacre désormais à sa vie d’épouse, tout en espérant un bébé. Cela a créé un vide dans l’existence routinière d’Emma… bien qu’elle soit persuadée d’avoir été l’instigatrice du mariage de miss Taylor !

Emma se fait une nouvelle amie, Harriet Smith, une toute jeune fille, orpheline, fille naturelle « de quelqu’un » qui habite chez son institutrice, jusqu’à ce qu’elle trouve un mari.

D’après Emma qui adore les intrigues, Harriet peut et doit prétendre à un mariage très avantageux ; elle le mérite, et si ça se trouve son père est quelqu’un de prestigieux qui n’attend qu’une occasion pour la doter.

Harriet est très influençable, et davantage une victime qu’une amie pour Emma ; elle la persuade que le pasteur est amoureux d’elle, et tente de manœuvrer pour que ce mariage se fasse. Ses manigances échouent, elle jette alors son dévolu sur un autre prétendant, Pour la satisfaire, la gentille Harriet a dû renoncer à un candidat qu’Emma ne jugeait pas assez bien pour elle !

En suivant les intrigues fomentées par Emma, nous croisons une multitude de personnages dont les plus intéressants sont l’arrogante vulgaire et stupide Mrs Elton, que le pasteur a finalement épousée, le frivole et galant Frank, la belle et discrète Jane Fairfax, de noble origine et éducation, mais sans fortune, sa nièce Mrs Bates, une grande bavarde qui passe d’un sujet à un autre sans continuité, et le pauvre père d’Emma qui vit dans la crainte continuelle d’un refroidissement, ou d’un empoisonnement par la nourriture. N’oublions pas George Knightley le beau-frère d’Emma, réaliste, très critique à son égard « qui passe le temps à lire ou faire sa comptabilité » et rechigne à danser lorsqu’il ne peut se soustraire à un réception…un personnage plutôt sévère mais son patronyme (Knight) laisse entrevoir plus de romantisme que prévu…

Il ne se passe pas grand-chose dans le récit, pourtant, lorsque Frank arrive chez Mr Weston, son attitude en fait un personnage énigmatique dont on ignore les intentions réelles. De même la belle Jane, que va-t-elle devenir, et ce piano qui lui est livré, de quel correspondant mystérieux ? Pour le reste, on sait à quoi s’en tenir des mariages qui se feront, classiquement, à la fin du livre.

Emma est avant tout un roman de mœurs, agréable à lire, un peu long dans sa dernière partie.

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 23:40

Minuit, 2017, 173 pages.

L’intrigue du roman tient en peu de lignes, elle est tout entière résumée dans la 4me de couverture ; l’homme appelé Kermeur narrateur du récit, a investi une forte somme dans l’achat d’un appartement devant être construit dans les deux ans par un promoteur immobilier ( Lazenec) venu apparemment pour construire des immeubles avec vue sur la mer.

Mais si le vieux château a bien été détruit, le complexe immobilier, censé relancer la croissance dans une petite ville plombée par le chômage, n’a jamais vu le jour… Lazenec est donc un escroc, mais chose curieuse, il est resté sur place, n’a jamais été inquiété.

Et donc, Kermeur , le roman débute ainsi, a précipité le soi-disant promoteur dans l’eau, le regardant se noyer.

Ce premier chapitre (la noyade de Lazenec) est d’un humour réjouissant, même si retenu ( ce sont les sternes qui rient de voir le type se noyer, et les mouettes qui pourraient raconter l’histoire…)

 

C’est aussi le début d’un dialogue entre le narrateur et le juge qui instruit l’affaire. Peut-être est-ce un dialogue fictif inventé par Kermeur en lieu et place de celui qui aura lieu, pensé-je au début de ma lecture ?

Car, aucun accusé ne parle à un juge comme Kermeur le fait, et aucun juge ne réagit non plus comme celui-là…

Pourtant,  la suite nous fait entrer dans l’histoire, et le lecteur s’identifie au juge, il écoute de la même façon que lui, le déroulé du récit, et comment, non seulement Kermeur, mais toute une ville s’est fait rouler et ruiner en quelque années de temps.

Et Kermeur qui ne cesse de se demander comment il a pu se laisser séduire par ce Lazenec à qui il ne faisait même pas confiance, car Kermeur a toujours été socialiste, et il voyait parfaitement en Lazenec le capitaliste véreux... il n'aimait pas non plus les futurs grands immeubles, et préférait ce vieux château dont il était le gardien; et surtout, il avait ce projet d'acheter un bateau avec son indemnité de chômage...comment il en est arrivé à faire le contraire de ce qu'il voulait, de ce en quoi il croyait...

Malgré l’humour et l’ironie toujours sous-jacente, beaucoup de passages sont dramatiques. Dans ce registre,  J’ai aimé la soirée de la cuite prise avec le maire, et le passage où l’on voit Kermeur, au cours d’une fête foraine, s’accrocher à la grande roue, qui emmène son fils, la grande roue de l’infortune…

Le style est un mélange de réalisme vif, notamment dans les dialogues, et de rêverie sur le temps et l’espace de cette presqu’île bretonne ; ces rêveries englobent aussi l’espoir qui a saisi les malheureux riverains à la vue de la maquette que Lazenec a présenté : «  les Grands Sables »  seul résultat palpable du projet de transformation de la ville.

« Maintenant je vous raconte ça comme si j’avais eu les clefs en main dès le début mais bien sûr pas du tout, j’étais aveugle comme saint Paul après sa chute de cheval ».

Cette comparaison vient couronner le premier contact qu’il a eu avec Lazenec, lui parlant d’appartement, avec vue sur la rade, et de « rendement » . Curieuse comparaison qui fait de l’escroc l’équivalent de Dieu, persuadant Paul de se convertir au christianisme. Il y eut aussi «  les petits costumes de flanelle… on aurait dit comme des témoins de Jéhovah venu expliquer la Bible. Sauf qu’en guise de Dieu ils avaient Lazenec ».

Lui, Kermeur a traité directement avec Lazenec, devenu Judas  « à force donc, il m’a même appelé par mon prénom, et à force encore, oui, il a fini par m’embrasser ».

Les métaphores bibliques nous suivent jusqu’à la fin « souvent quand je respire l’air libre de la mer…je récite à voix haute les lignes de l’article 353, comme un psaume de la Bible écrit par Dieu lui-même… ».

C'est donc aussi l'histoire d'un homme qui aurait voulu pêcher dans un bateau lui appartenant, et se retrouve à pécher comme dans la Bible...

 

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 05:25

Albin Michel, 2012, 320 pages

Titre original : Bereft, 2010 (Australie)

 

Flint, petit village dans le bush, assez loin de Sydney.

Accusé d’avoir violé et assassiné sa sœur Sarah, dix ans auparavant, Quinn s’était enfui pour échapper à la vindicte populaire, puis engagé sur le front de Turquie, pour survivre ou mourir…

Revenu gazé à moitié, et plus ou moins sourd, affecté d’une vilaine cicatrice à la mâchoire, décidé à venger sa sœur,( il sait qui est le coupable) se pensant peu reconnaissable mais néanmoins il se cache et il est armé. Il a vingt six ans, ce n’est plus un gamin…

Il rencontre Sadie Fox ; une fillette du village, elle aussi traverse une très mauvaise passe.

Son père s’est enfui, sa mère est décédée de la grippe espagnole ( on appelle cette maladie épidémique « la peste ») et son frère n’est pas revenu de la guerre. L’assassin  de Sarah, devenu policier en chef du village, traque cette orpheline, bonne aubaine pour lui, au prétexte de la placer en orphelinat…

Quinn et Sadie, bon gré mal gré, s’associent pour leurs survies respectives.

Quinn réussit à aller voir sa mère, atteinte de la grippe espagnole, alitée, et à communiquer avec elle. Elle ne l’a jamais vraiment cru coupable…

Souvenirs de guerre comme le roman précédent, soldats engagés, revenus blessés physiquement, et traumatisés. Quinn délire souvent, et il finit par confondre Sadie avec Sarah, bien qu’il sache que ce n’est pas elle. Personnalité plus ou moins dissociée, il est tantôt réaliste et lucide, tantôt délirant, encore plongé en pleine guerre ou revivant son enfance. Sadie douze ans, veut vivre, sait se battre, a aussi édifié pour sa stabilité psychique, une série de rituels tenant d’un occultisme personnel et de ce qu’elle sait du christianisme. Ce personnage est très attachant et bien composé. Quinn me plaît aussi. L’ensemble est satisfaisant, quoique je déplore une tendance à la sentimentalité…  

 

 

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:06

Seuil, 2013, 411 pages

 

Titre original : Clearing

Au début du 20eme siècle, une scierie en Louisiane près de la petite ville de Poachum, où l’on travaille sur une grande forêt de cyprès chauves.

Le chantier c’est le père de Byron, de Pittsburgh en Pennsylvanie,  qui l’a acheté, ayant appris que son fils s’y était établi comme constable ( agent de sécurité). Parti faire la guerre en Europe sur l’ordre de son père, Byron en est rentré, traumatisé surtout psychiquement. Il n’ plus de contact avec sa famille. Le père envoie Randolph le cadet, diriger l’exploitation.

Le récit relate la vie du chantier pendant la durée de l’exploitation ( environ 4 ans). Tout d’abord, les retrouvailles des deux frères, et l’évolution de leur relation. Randolph a toujours eu de l’admiration pour son aîné, qu’il juge supérieur à lui, comme son père, dont il est le préféré.

Il doit faire face à une importante transformation du comportement de Byron, dû à ce qu’il a enduré pendant le guerre. De la violence, du désespoir, et cette façon de se consoler avec les chansons sentimentales sur son pick-up.  

Le problème essentiel de la scierie, c’est le saloon qui ouvre tous les dimanches ; les ouvriers s’y saoulent, jouent leur paie aux cartes, et des rixes éclatent dues au fait que le patron Buzetti ( affilié à la mafia sicilienne) envoie des gens de sa famille pour tricher et fomenter l’agitation. Les ouvriers se querellent aussi à propos des prostituées. Enfin, ils sont violents, parce qu’exploités, mal payés, vivant dans des conditions misérables. Randolph en est conscient, mais il na va pas changer le monde… l’améliorer peut-être.

Il faudrait fermer le saloon, mais Buzetti et sa bande menacent et n’hésitent pas à se venger, lorsqu’on veut les empêcher de nuire.

La violence et la corruption sont des sujets au cœur du roman, comme dans les Disparus ; s’y adjoignent aussi le racisme : la jeune gouvernante métisse de Randolph, voudrait partir vers le nord, s’émanciper et « avoir un enfant tout blanc ». On la comprend, vu la façon dont les noirs sont méprisés, et séparés des blancs pour tout ce qui fait la vie ordinaire.

En ce début de siècle, il est normal d’exploiter les forêts ; pourtant, il arrive à de nombreuses reprises à nos héros, de regretter l’abattage de ces magnifiques arbres.

Tout aussi intéressant que « Nos disparus » ce roman d’être connu davantage. A la bibliothèque, les deux romans parus de Tim Gautreaux ne sont jamais empruntés, et c’est dommage.

Tim Gautreaux est vendu comme « le Conrad du bayou » ce qui est plutôt inexact. Le monde de Conrad est complexe, retors, et ambigu, pas celui de ce romancier. Ces récits sont intenses,  foisonnants, mais clairs et nets. Tout y est expliqué, il n’y a ni non dits, ni zones d’ombre.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 09:39

Laffont ( Pavillons), 411 pages.

 

Voisine d’Eilis ( in Brooklyn) qui est partie faire sa vie aux USA, Nora Webster, restée à Enniscorthy, vient d’y perdre son mari à 46 ans.

Sa fille aînée finit l’université, la seconde Aine finit son secondaire, et elle a deux garçons à la maison : Donal qui s’est mis à bégayer et se passionne pour la photographie et Conor qui n’a guère que 9-10 ans.

Manquant d’argent, elle vend leur maison de vacances au bord de la mer, reprend un emploi de comptabilité mal payé qu’elle avait laissé plus de 20 ans auparavant pour se marier. En outre, elle laisse se développer son penchant pour la musique, prend des cours de chant avec une ancienne religieuse, fréquente un club de musique, s’offre un appareil avec une chaîne hi fi, et des disques.

Nous sommes à la fin des années 60 et tout cela n’a l’air de rien, mais c’est une période importante pour Nora qui apprend à vivre sans son mari.

A revivre, et à vivre mieux… !

Elle expérimente toute sorte de stratégies d’évitement, et de fermeté vis à vis des gens qui l’entourent ; des fâcheux comme cette chef de bureau qui lui mène la vie dure, le principal du collège de son fils qui le rétrograde dans la classe inférieure, ces voisines qui , à force de sollicitations, et d’empathie relativement hypocrite, l’énervent, ses sœurs difficiles à vivre… elle apprend à tirer le maximum de chaque situation et de chaque personne. Les événements extérieurs font leur apparition : l’IRA, la guerre civile en Irlande, la marche sur la Lune…

  1. aimé ce portrait de femme ( et celui de l’un de ses fils Donal personnage intéresant) mais l’atmosphère de cette communauté ultra catholique me pèse un peu.
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 20:53

LP, 1955, 392 pages.

plus de quarante ans après, je reprends ce roman! j'avais oublié plein de détails, et même certains personnages.

J’avais oublié, surtout, que le narrateur du roman est une servante ( Mrs Dean, appelée Hélène ou Nelly suivant les cas) et que nulle autre personne ne donne son avis ! les autres récits ( ceux de Zillah une autre servante, une lettre d’Isabelle, les points de vue de la jeune Cathy) sont rapportés aussi par Nelly.

 

Mr Lockwood, revenu de Hurlevent la demeure qui appartient à son propriétaire Heathcliff, demande à sa servante Nelly de lui parler des êtres curieux qu’il a vus là-bas, Heathcliff, le sinistre patron, Hareton son neveu par alliance, et Cathy sa nièce, veuve de son fils Linton.

C’està Thrushcross Grange l’autre demeure, guère différente de Hurlevent, et distante de quelques milles de celle-ci qu’il apprend toute l’histoire, de ces deux malheureuses familles les Earnshaw et les Linton.

Nelly avait à peu près l’âge du fils aîné Earnshaw, Hindley, soit 15 ans, lorsque le maître de maison, rentra d’un petit voyage en ramenant Heathcliff ; ce garçon avait à peu près six ans, l’âge de Catherine la fille des Earnshaw. La maitre de maison le présenta comme un petit orphelin mourant de faim presque mort, qu’il a recueilli, parce qu’il lui rappelle un de ses enfants mort en bas âge.

Le lecteur pense, lui, que ce « petit bohémien » comme le désigne la servante, est peut-être un fils naturel du maître qu’il a recueilli parce qu’il n’avait plus de mère.

Quoiqu’il en soit, il manifeste le désir qu’il soit élevé avec et comme ses propres enfants.

C’est alors que la dissension naît . Hindley persécute ce petit garçon dont il est jaloux, Catherine en fait son compagnon de jeu. Nelly, qui est à al fois servante, et compagne de jeu des enfants, déteste Heathcliff, à l’égal d’Hindley dont elle est plus ou moins amoureuse. C’est pourquoi nous n’auront jamais de point de vue un peu neutre sur la situation.  Franchement je le regrette!

 

La grande affaire, on le sait,  c’est la passion amoureuse que se vouent Heathcliff et Catherine. Une passion que Nelly s’emploie à mettre à mal ; elle fait tout ce qu’elle peut pour éloigner les amoureux et les fâcher, et favoriser les accointances de Cathy pour le jeune homme qui vit dans la demeure de Thrushcross Grange.

Les caractères sont très tranchés, il y a les forts et les faibles. On meurt beaucoup, et on agonise loonguement dans ce récit de « romantisme très noir ». On se tape dessus, on fait des crises d’hystérie, on gémit, on se morfond. Je croyais me souvenir de belles et sombres descriptions de la lande dévastée par les vents. Mais, à la relecture, il me semble que les descriptions sont un peu maigres...

Bien contente d’être arrivée à la fin !

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 11:10

Marseille, la corniche Kennedy, le mois d’août, le fort ensoleillement, des blocs de rocher d’où l’on peut sauter dans l’eau : 3 mètre c’est simple, 7 mètres c’est le Just Do It, déjà assez casse-cou, et 12 mètres c’est le Face to Face dangereux, car on ne voit pas trop où l’on tombe,( il y a en bas des récifs périlleux à éviter), riche en production d’adrénaline et de bravoure adolescente. Ces sauts sont interdits. Eddy et Mario deux adolescents vivant dans la précarité des cités nord sont les seuls à le pratiquer. Bientôt ils seront rejoints par Suzanne, qui s’ennuie dans son existence bourgeoise feutrée. Silvestre Opéra est un flic qui doit surveiller les troubles de l’ordre public ; il devrait arrêter les trois jeunes….

L’écriture de Kerangal , intense , portée au lyrisme, accompagne bien les révoltes, réjouissantes insolences , effervescences adolescentes, leur vertiges, leur attirance pour le danger.

Et même cette façon qu’ils ont d’échapper au pire, de préférer la vie.

En revanche, la vie du policier frustré, endeuillé ( pourquoi porte-t-il ce nom Silvestre Opéra ?) m’a plutôt ennuyée.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 23:53

Gallimard, 202 pages, 2015

L’année 1968, vue par Anne, 21 ans en mai, jeune épouse de Jean-Luc Godard 37 ans. Elle vient de tourner un film avec Philippe Fourastié, Bruno Cremer la traitait durement. D’autres engagements l’attendent : Marco Ferreri, Carmelo Bene et Pasolini pour Porcherie. Des cinéastes dont on voit encore les films avec intérêt, même si certains ont mal vieilli.

Jean-Luc tente de tourner avec les Beatles, et finalement ce sera les Rolling Stones ( One plus One ) puis emmènera Anne vers Montréal et encore plus loin pour tourner le quotidien des mines de charbon en Alaska. Jean-Luc cherche à faire « un autre cinéma » après mai 68. La période est chahutée. Anne ne veut pas de révolution. Elle comprend mai 68 comme une fête de la jeunesse, pas plus. Elle s’affirme jeune bourgeoise nantie voulant profiter de ses belles années ; et apprentie actrice, avide d’expériences variées dans ce domaine.

Jean-Luc se veut révolutionnaire, tendance Mao. Présenté comme Anne le fait, on dirait un hystérique en pleine confusion. Son engagement n’est pas facile à comprendre. Lui aussi est un bourgeois aisé, que peut-il saisir de la cause des classes opprimées ? Que peut le cinéma pour eux ? Et depuis quand Jean-Luc cherche-t-il l’intérêt des autres plutôt que le sien propre ? Des questions épineuses, difficiles à résoudre…

On aime les pérégrinations d’Anne en patins à roulettes dans les rues du quartier latin. En fait, je comprends les deux points de vue.

Le couple s’est installé dans un appartement rue St Jacques. Déjà ils ne s’entendent plus très bien et même encore moins. Début 1969, Jean-Luc fait une tentative de suicide après avoir eu une crise de jalousie non fondée.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 09:19

Philippe Rey, 2016, 357 pages.

En 1987, à Pascaine dans le New-Jersey, un quartier majoritairement noir, et défavorisé ; une rivière la Passaïc très polluée, qui empuantit l’atmosphère.

Ednetta cherche partout sa fille Sybilla, de 14 ans, qui a disparu. Une prof de son collège, Ada, finit par la retrouver dans une cave, blessée en plusieurs endroits, ligotée avec de la corde à linge, maculée de merde de chien, avec des inscriptions racistes écrites sur son corps.

Sybilla est conduite à l’hôpital et sa mère est convoquée. Toutes deux refusent les examens pour déterminer si elle a été, comme elle le dit, violée. Et aussi une partie des soins qu’on veut lui prodiguer ; et surtout, elles ne veulent pas parler, ni déposer plainte. La policière hispanique portoricaine, Iglesias désignée pour s’occuper du cas, pense qu’il s’agit d’une mise en scène. Sybilla a sans doute reçu une correction de quelqu’un que sa mère veut protéger. Son beau-père Anis par exemple. Mais elle a des doutes. Les deux femmes repartent sans avoir rien dit.

Sybilla est hébergée par sa grand-mère ; Ednetta n’ouvre pas à Iglesias, refuse de parler.

Et pourtant, le cas Sybilla va être récupéré, d’abord par un pasteur qui organise une croisade de justice, afin de récupérer de l’argent pour son propre compte, et du pouvoir. Il leur fait faire de faux témoignages, faciles à contrer, et la situation devient gênante ; les deux femmes pourraient être conduites au tribunal. Puis c’est un islamiste extrémiste, « le Prince Noir », qui s’occupe des deux femmes, parès avoir, sans vergogne, poignardé le pasteur… ! Sybilla est éloignée de sa mère, kidnappée par les extrémistes, et nous savons qu’elle souffre de quelque chose (grossesse qui se passe mal, infection génitale ???) et qu’elle n’est pas soignée…

Pas beaucoup de suspense, dans cet horrible récit : nous comprenons dès le départ, avec Iglesias, que la jeune Sybilla a été blessée sérieusement par son très dangereux beau-père Anis,(lequel a déjà fait de la prison pour meurtre d’une ou deux femmes), et qu’Ednetta a, contre toute attente décidé de le protéger. Elle dit d’ailleurs, que quoique fassent les femmes noires, quoiqu’elles disent ou non, la police ne les protège pas. Et c’est vrai. Toutefois, on est anéanti par cette obsession d’Ednetta à aider un homme qui est néfaste pour elle et ses enfants.

Le récit est à plusieurs voix, celle de la mère, de la fille, du beau-père, de la policière impuissante, du pasteur corrompu, de son frère, de la professeur du collège, de la cousine de Sybilla, de l’un des hommes accusé par faux témoignage… cela fait beaucoup de voix. Oates tente d’imiter le langage des noirs vivant dans des logements défavorisés. Elle en contrefait le style oral, les élisions dans les phrases, les mots tronqués, le débit souvent saccadé et confus.

De l’ensemble, ressort des détails sordides, un misérabilisme accentué, des portraits de noirs, vivant dans des conditions infâmes, et devenus forcément criminels, alcooliques, malades mentaux… une plongée dans l’horreur et le désespoir…

Une lecture très pénible.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:55

j'ai appris le décès récent de cette romancière dont j'avais abandonné autrefois un récit ( La Légende de la servante) en dépit de ses indéniables qualités.

Cette fois, J'ai choisi le dieu des cauchemars à la bibliothèque , espérant aller jusqu'au bout!

 

Joëlle Losfeld, 2002 ( 1ere publication 1990). 215 pages.

Helen débarque pour la première fois loin de chez elle. Sa mère l'a envoyée  à La Nlle Orléans pour y retrouver Lulu, la sœur avec qui elle a dansé jadis dans les cabarets, et la ramener en Nouvelle Angleterre. 

C'est dans ce lieu et ce climat très éloigné de ce qu'elle connaît qu'Helen, âgée de 18 ans, va faire son apprentissage.

Le récit couvre essentiellement  ces quelques mois qui précédèrent l’entrée en guerre des USA en 1941. Helen travaille dans un magasin de prêt à porter, loue une chambre à un couple singulier et sympathique Gerald ( poète) et Catherine ; fait connaissance de Claude, homosexuel traqué par la police et des groupes extrémistes ; rencontre Lulu devenue alcoolique au dernier degré, aidée par Len un jeune homme juif   dont elle tombe aussitôt amoureuse. Figurez-vous que Len possède une extraordinaire chevelure argentée...mais il tarde à répondre à ses avances...

Puis elle se fait une amie de son âge Nina Weir, dactylo, elle aussi vivant d’une façon assez précaire, chaotique …. Tout ce monde bohème, et le climat de la Nlle Orléans, les moeurs différentes, le racisme, les rivalités amoureuses, la jeunesse.

Tard dans sa vie, Helen se rendra compte que sa vie était basée plus ou moins sur un mensonge. Le lecteur lui s’en était rendu compte, mais cela ne gâche pas la lecture!

L' écriture est basée sur le ressenti intime d' Helen ; des passages parfois originaux, parfois incompréhensibles ( la dernière lettre de la mère ???) le non-dit entre les lignes souvent bien rendu, parfois un peu charabiesque. Un peu d’ennui tout de même…Certes, Paula Fox était bien une voix singulière dans la littérature, et ce récit ne manque pas de charme.

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