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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 09:30

 Folio 2 eurosgibier d'élevage

120P 1958.

 

 

      le grand  écrivian japonais Oe Kenzabûro, lauréat du prix Nobel de littérature en 1994 a écrit ce texte dans les années 50; cette nouvelle est l'une de ses toutes premières oeuvres, et a reçu un prix au Japon en 1958.

 

 

      Pendant la seconde guerre mondiale, dans un village retiré, un avion américain s’est écrasé dans la forêt , et les villageois ont fait prisonnier l’unique rescapé, un soldat noir et l’ont enchaîné dans une cave. Le prisonnier est signalé à la ville et l’on attend qu’un fonctionnaire surnommé «  Gratte-papier » en informe la préfecture qui doit décider de son sort.

        Ces villageois vivent de façon très rustique. Ils n’ont pas l’eau courante, ni savon, ni vêtements de rechange, se baignent dans la fontaine du village et dans la rivière en contrebas. Les enfants sont livrés à eux-mêmes et n’ont pas reçu d’éducation.

Le narrateur est un garçon de huit-dix ans qui vit avec son père et son jeune frère. Le père chasse les belettes  pour leurs peaux qu’il vend à la ville.

 

C’est l’été et les enfants ne vont plus à l’école. Le narrateur et ses amis sont pénétrés par la crainte de la présence du prisonnier noir. Pour eux ce n’est pas un « ennemi » ;ils assimilent les gens de couleur  à des animaux. Le Noir est bien plus grand et plus fort qu’aucun être humain adulte du village. Son langage, ils ne le saisissent pas comme une langue étrangère. Ils éprouvent une terreur sacrée.

Ce personnage va devenir pour les enfants un animal-dieu, un être plus ou moins sacré «  à cause de son absolue beauté ».  Les mois passent  et les adultes s’en désintéressent en attendant les ordres de la préfecture tandis que pour le narrateur et ses amis il est le principal centre d’attraction. D’inquiétant, il devient bienveillant, voire un compagnon de jeu pour les enfants, sans cesser d’avoir pour eux un caractère animal et sacré. La relation est ambigüe, mais elle évolue…

Puis les adultes interviennent à nouveau, changeant la donne.  La fin est très cruelle et ne laisse aucune illusion sur les relations humaines, «  A War of Everyone against Everyone » comme disait le philosophe  Hobbes.

Et pourtant j’ai été assez satisfaite du tout dernier événement, d’une sorte de justice sauvage perpétrée par les enfants.  

 

Le narrateur a bien le point de vue d’un enfant, privé de toute éducation, mais il s’exprime dans un langage soutenu, une prose simple mais élaborée, qui ne convient guère à sa condition sociale telle qu’il la décrit. On le suppose adulte, sorti de  la misère et de l’inculture, et relatant de façon aussi réaliste que possible un terrible souvenir d’enfance, en le plaçant dans une perspective mythique.  

Un récit remarquable de justesse et de vérité.****

 

 

Découvrez aussi :

 

Kenzabûro Oe Le Jeu du siècle

 

Le Plan déchiqueté ( Kobo Abe)

 

Kobo Abe " La Femme des sables"

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 08:54

Washington Square

Cercle du Bibliophile,1964, 255 pages.

 

 

Ce roman est paru pourla 1ere fois en1881. Henry James est âgé de 38 ans. Peu après il fera paraître « Portrait Of A Lady », que certain disent son chef d’oeuvre.

 

 

 

A 22 ans, Catherine Sloper rencontre Morris Townsend dans une soirée. Elle a l’impression de lui plaire. Catherine n’a jamais été courtisée encore. Elle est très timide, effacée, sans charme apparent, et de l’avis de son père s’habille comme « un chien savant » autant dire qu’elle ne sait pas se mettre en valeur…Morris est le plus beau jeune homme qu’elle ait jamais vu. Elle ose presque croire au conte de fée…

 

Elle a toujours vécu dans l’ombre de son père, qu’elle admire et craint. Le docteur Sloper médecin apprécié vit dans une spacieuse maison près de Washington Square. Ce parc n’a rien de séduisant, au milieu du 19eme siècle, mais il est plein d’arbustes et d’ombres bienveillantes. Catherine a été élevée par sa tante Mrs Penniman : une dame romanesque et chimérique, tout le contraire de Catherine.

 

Aussitôt que le prétendant a fait son apparition, Mrs Penniman s’empare de l’affaire, invite le jeune homme , rêve pour Catherine de mariage secret, de rendez-vous dans le fameux square, dont elle serait l’instigatrice. Mais tout aussi bien rêve-t-elle du contraire, car les séparations ne manquent pas de charme non plus… Pour le docteur qui a tout de suite appréhendé Morris comme un coureur de dot , ce mariage ne doit pas se faire : en effet, Catherine possède une rente confortable de feue sa mère, et devrait hériter de bien plus de la part du docteur. Morris n’a pas un sou, est aventurier, beau parleur, bien de sa personne vit chez sa sœur, et ne se presse pas de trouver une situation.

Amoureuse, presque autant que sa tante, et d’une façon fort différente, Catherine va trouver là l’occasion d’affirmer, lentement mais sûrement, sa personnalité face à ces deux adultes contre qui elle apprend à se battre, son père et sa tante, et de même face à son prétendant: et ce ne sont pas des cadeaux !

On a parfois comparé Washinton Square à Eugénie Grandet : c’est bien la même histoire, mais le roman de James est plus subtil à mes yeux. Les quatre personnages principaux sont bien plus intrigants, et l’ambiguïté quant à leurs vraies motivations s’amplifie au fil du texte, et ne se résout jamais de sorte que le lecteur reste libre d’interpréter les faits. Tour à tour dramatique et drôle, jamais dépourvu de fine ironie, et même de passages ouvertement comiques.

Bien que Catherine soit l'héroïne du roman, et le conflit avec son père le sujet dominant, je ne suis pas loin de penser que Mrs Penniman dans toute sa perversité et ses contradictions est le personnage le plus réussi.

Ce roman est tout simplement remarquable.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 08:51

Nouvelles de la Maison Bleue

Actes sud Babel, 2004.

 

Dans un petit village hollandais deux sœurs âgées d’environ 60 ans viennent d’emménager dans la Maison Bleue où elles ont passé leur enfance. C’est pour y faire leurs adieux car elles vont vendre cette demeure…

 

Les habitants du village se souviennent de Nina et Felicia lorsqu’elles étaient jeunes et de leur père, un architectede talent, qui a conçu la fameuse Maison Bleue, ainsi que de leur mère surnommée l’Argentine, qui les a emmenées à Buenos Aires après le décès de son époux.

 

Veuve d’un ambassadeur, Felicia est une femme mondaine qui s’est toujours ennuyée dans la vie. Nina est veuve de Ramon chanteur et guitariste, qui a sillonné l’Amérique du sud avec elle etle groupe des Companeros :ces artistes étaient aussi engagés politiquement, et Nina a vécu une existence difficile et mouvementée , mais elle aimait Ramon et supportait son guérillero de fils. Les deux sœurs ne s’entendent pas…

 

Dans les environs immédiats de la Maison Bleue, deux autres femmes vivent aussi un destin problématique : Wanda Meening, jeune femme instable, mécontente de sa vie et de son couple. Nora Mount qui reste fixée à une jeunesse humiliée, et à un unique moment de bonheur qu’elle idéalise… Plusieurs drames vont se jouer dans l’espace de La Maison Bleue, commentés par la voix off, en italique, le « nous » des habitants du village qui se veulent aussi « le chœur de cette tragédie ». Je n’ai pas trouvé cette Maison aussi envoûtante que prévu .

 

Les quatre femmes ont des préoccupations bien différentes qui se rejoignent de manière un peu forcées. Le récit tend à se disperser quelque peu dans des directions diverses : les personnalités des femmes, largement représentées par leurs souvenirs passés qu'elles évoquent,  sont peut-être trop rapidement campées pour le petit nombre de pages( 183.). Pour parler sérieusement de Nora et Nina ( les plus intéressantes) il  eût fallu leur consacrer plus de texte ou peut-être mettre en place des éléments plus significatifs.

 

De sorte que je ne suis pas trop convaincue par cette composition malgré tout assez habile…

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 16:11


Christian Bourgois, 2008

 

Parution originale en 1990 La Pruba

120 pages

 

Dans le quartier de Flores, où si l’on a déjà lu  certains roman d’Aira,  on a coutume de faire de singulières et périlleuses rencontres (Les Nuits de Flores) .

Marcia, une lycéenne de seize ans qui marche en rêvassant, se fait accoster par Mao et Lénine, deux punkettes agressives qui prétendent vouloir la baiser, puis l’aimer. Les deux filles sont provocantes certes, mais aussi terriblement sérieuses. Marcia cherche à s’en défaire, mais en dépit du monde autour d’eux, elle se sent très seule…

Hésitant entre frayeur et fascination, Marcia les suit( jusqu’à quel point a-t-elle le choix, vu l’attitude des gens rencontrés) dans un troquet, leur parle, finit par les accompagner dans une dérive sanglante et spectaculaire, qui, pour elle en tout cas, constitue une « preuve » de leur amour pour elle…

Le roman, qui est davantage une longue nouvelle, est très bon jusqu’au milieu du livre, la tension ne se relâche pas, et l’exploration des mentalités des trois jeunes filles est bien menée et rendue. On apprécie l’ambiguïté des personnages secondaires rencontrés par les punkettes ( indifférence feinte, dissimulant la frayeur ou le désarroi lorsque la jeune fille sort un couteau ou moralisme pour couvrir une sorte de fascination).  

 

Pourtant, je trouve que la fin c’est un peu n’importe quoi ! L’auteur a voulu édifier un morceau de bravoure, et n’a réussi qu’un morceau de bravitude…

 

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:59

 

 

 

les nuits de FloresCésar Aira Les Nuits de Flores

Edité aussi chez Christian Bourgois.

 

Aldo et Rosita un couple âgé, livre des pizzas le soir pour arrondir ses fins de mois. Ce qui est étonnant c’est qu’ils font ce travail à pied, comme si les clients vivant près de la pizzeria ne pouvaient pas se déplacer ! Mais Aldo et Rosita semblent aller loin et livrent régulièrement des pizzas à des bonnes sœurs ! Les autres livreurs sont bien sûr des adolescents et jeunes gens à mobylette qui se font de l’argent de poche. Ils ne semblent pas s’inquiéter du vieux couple.

 

Un jour, Jonathan l’un des jeunes livreurs est kidnappé et retrouvé mort. L’un de ses coéquipiers, Walter lui avait prêté son casque ; et cette même nuit, Walter poursuivait Diego, un autre jeune livreur, qu’il soupçonne d’être une jolie jeune fille déguisée.

Le vieux couple est bientôt escorté d’un personnage de très petite taille avec un bec de perroquet dont ils ne peuvent  se débarrasser.

Tous ces faits sont prétextes à des descriptions  somptueuses et originales du quartier la nuit, et  à des réflexions qui tirent le roman vers le social, tandis qu’une intrigue  policière se développe peu à peu…

 

Comme le précédent, l’intrigue se développe agréablement, le récit hésite entre délire surréaliste et discours rationnel, et la fin  est trop outrée à mon goût.

 

 

En dépit de ces réserves, les récits de César Aira sont très au-dessus de la production ordinaire de littérature, et davantage, ceux que j’ai chroniqué auparavant !

 

Moritz Rugendas,peintre et aventurier

 

  "J'étais une petite fille de sept ans"

 

  "Varamo"

 

Plutôt que de se tourner vers une morne rentrée littéraire où l’on n’entends déjà plus parler que du vulgaire macho de service et du chapeau de la gamine, tournons-nous vers l’Amérique du sud.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 23:08

Quitter le monde

Pocket,  2009, 694 pages.

Jane Howard, l’héroïne, a connu les affres d’une famille désunie. A l’âge d treize ans, elle a juré devant la énième querelle de ses parents, qu’elle ne se marierait pas et n’aurait pas d’enfant. Son père a quitté la maison ce jour-là pour ne plus revenir. L’un et l’autre parent ne cesseront jamais de lui reprocher d’avoir provoqué la rupture avec cette déclaration.

Jane quitte tôt la maison pour Harvard, a une liaison avec son professeur de thèse, mais l’affaire se termine mal … Plus tard elle tente de devenir trader pour changer de vie. Avec un doctorat de littérature ce n’est pas banal … et plutôt aventureux.

Bientôt elle a des ennuis à cause de son père, devenu escroc, qu’elle a aidé à quitter le pays. Puis elle se lie avec un cinéphile qui rêve de fonder sa propre agence de cinéma. Théo est un intellectuel comme elle, Jane le trouve passionnant quoique affligé de symptômes obsessionnels. Ils ont un enfant, et le jeune homme s’éloigne d’elle, pour monter une entreprise foireuse avec Adrienne Clegg une actrice intrigante vulgaire et sotte… Bien sûr Jane leur a prêté de l’argent et bien sûr elle se retrouve encore avec des créanciers sur le dos …

 

C’est à partir de l’apparition d’Adrienne Clegg que j’ai commencé à me lasser sérieusement du bouquin, soit à la page 300 environ.

 

Jusqu’ici j’avais avalé sans trop protester les aventures de Jane. Mais ce nouveau rebondissement m’a paru très artificiel et peu crédible. Comment son ami qu’elle présente comme intelligent et cultivé peut-il s’associer avec une femme aussi ridicule et peu tentante ? Il aurait pris une maîtresse normale c’eût été admissible. Mais là vu le portrait très chargé que l’on fait d’Adrienne … le comportement de Théo par la suite correspond de moins en moins à ce que l’on nous en a dit.

 

De plus l’auteur fait pleuvoir gratuitement des tonnes de catastrophes sur Jane, et l’on commence à passer les pages à grande vitesse. En outre l’auteur prend un fâcheux plaisir à faire durer des dialogues peu intéressants, et à lancer ses personnages dans des récits informatifs de leur situation qu’ils répètent à chaque nouvel interlocuteur !

Bref, on court aux derniers chapitres pour lire en diagonale la fin, on s’attarde sans réel plaisir à une nouvelle aventure de Jane devenue cette fois détective et justicière malgré elle… !

 

J’ai rarement connu D Kennedy aussi ennuyeux ! J’en suis à mon quatrième roman de lui, ( j’en lis un tous les ans en août) et les précédents, même s’ils possédaient des longueurs ne m’avaient point rebutée.

 

Là je dis stop ! Il tire à la ligne outrageusement…

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 18:07

Après lecture de l'article de Keisha sur  le rouleau de l'oeuvre de Kerouac, et prenant conscience que certains des blogueurs qui me lisent, s'intéressent à ce document, je rediffuse mon article de 2008 ( ouais, ici, c'est aussi nul que la télé, on rediffuse à tour de bras...), sur mon expérience Kerouacquienne. Le billet n'ayant pas reçu de commentaires, et n'étant pas lié à une date significative, il ne perd rien à être publié à nouveau.

 

Fans de Kerouac profitez-en pour le défendre contre mes vilaines attaques!

 

 

 

  1) Début des années 70, je continue à lire les romans qu’il faut avoir lu à tout prix : me voilà plongée dans Kerouac.

 

 On the road est un des premiers livres que j’ai lu en VO; deux autres lectures, en version française,  l’avait précédé :«  Les Clochard célestes »(un des titres les plus stupides jamais inventés pour rendre «  The Dharma Bums » ) m’avait plu, et obtenu l‘aval de ma mère, ainsi que  « Le Vagabond solitaire » mais … 

 

en faisant connaissance avec au moins un texte en langue originale ,patatras!

 

Sur la route ( 1957) fut et reste pour moi  décevant.


Moriarty, un réprouvé, hors-la-loi, errant, est un personnage type de roman picaresque, genre auquel appartient pleinement Sur la route.

Il y a de bons romans picaresques : Jacques le fataliste est mon préféré.

Balzac, tout ce qui met en scène Vautrin, est picaresque et c'est très bon.

Il en est d'un peu longs, mais corrects ( La Ville des prodiges de Mendoza)

Il  en est de pénibles, mais fréquentables( la vie de Lazarillo de Tormes).

Il y en a d'interminables, illisibles : Don Quichotte, par exemple. "Sur la route" relève de  cette dernière catégorie...


Dean ne cherche pas à s'élever socialement. 

Il est vrai, dans le roman picaresque, ce n'est pas une obligation. Le picaro est fier de son origine et de son parcours.

Il  vient de sortir de prison lorsqu'il rencontre Sal Paradise (narrateurdu récit ) pour qui il sera un héros, une source inépuisable d'admiration. Sal est un étudiant qui n'étudie pas, et vit d'une modeste pension de guerre.

  Dean est un type minable, un petit  délinquant sans envergure, et Sal Paradise un  imbécile qui tient gentiment compagnie aux filles que Moriarty va baiser.

  Ils ne font rien de leur vie ni l’un ni l’autre, et ne sont même pas intelligents. Leurs copains sont pénibles aussi, et les filles sont très bêtes… ils font la route…  au début de cette lecture, on espère  apprendre à se repérer géographiquement dans les Etats Unis...


J’ai noté :

 

Sal Paradise, narrateur. Soleil Paradis.

 

Dean Moriarty un gars de l’Ouest de la race solaire

 

Marylou une belle petite poule (les filles sont toutes désignées de cette façon !!)

 Carlo Marx discours délirant  et loufoque

Elmer Hassel; Old Bull Lee criminel ricaneur

Chad le nitzschéen anthropologue

 

Rémi Boncoeur ; Lee Ann

 

Paterson (chez sa tante)

 

Greyhound 34 eme rue

 

Yonkers

 

Rive est de l’Hudson ( source des Adirondacks)

Le pont de Bear Mountain que franchit la route 6 venant de la Nlle Angleterre


Pennsylvanie ( tout se joue en Pennsylvannie??)

Ohio

 

Indiana

 

Chicago

 

Joliet ( Illinois) 

Iowa Davenport Des Moines Adel Stuart 

Council Bluffs 

Omaha le Missouri

 

Nebraska vallée du Platte 

Montana Shelton 

North Platte les grandes Landes  

Et puis zut! A Denver, ça recommence, les fêtes, les parties foireuses ,les bavardages, les errances. 

 

Un jour, Sal Paradise suit sa route sans son compagnon, et tombe sur une fille qui a un bébé (The Mexican Girl) part plusieurs mois avec elle, travaille dans les champs à cueillir du chanvre,  s’occupe un peu de l’enfant, commence une vie de couple avec de la tendresse et un peu de sexe.

C’est le seul bon passage du livre, mais Sal repart.


JOUER  CE ROLE, OUI UN PEU, MAIS PAS L'ASSUMER...


On ne fixe pas, on ne prend pas de responsabilité.

Sal passe aussi du temps chez un couple de français les Boncoeur, en Californie. Disputes violentes, beuveries. Sal se tire, retrouve Dean et ses voitures chouravées, ses drogués, ses " belles petites poules"...

 

J’abandonne…

 

C’est le livre le plus nul de toute la littérature me dis-je, en 1970.On m’a trompée. Ce Kerouac est réac et même patriote. Pas agnostique du tout. Je ne sais pourquoi, j’avais cru…

 

 

2) Je me prends à suspecter les autres écrivains beat. 

 

On me conseille Burroughs. J’ai lu le Festin nu : je n’ai aucun souvenir de ce livre, et ne pourrais en parler, mais à l’époque il m’avait intéressée.

Burroughs dit que la drogue, on n’a pas besoin de faire l’article pour la vendre…c'est plus simple que la prostitution par exemple : nul besoin de parer la marchandise de je ne sais quels attraits.


Je me suis intéressée à la technique du cut up qui a des points communs avec l’écriture automatique : j’ai même sorti le ruban magnétique de la cassette audio de Sergent Pepper et l’ai découpée en plusieurs morceaux que j’ai recollés avec du scotch. Puis j’ai réenroulé le ruban dans le support. Ce fut un travail considérable. Le ruban magnétique était incroyablement long. A l’écoute, on entendait des sons bizarres, mais pas de heurts , pas de mots scalpés… j’ai compris que j’avais réenroulé le ruban à l’envers. 

 


3) Nous sommes toujours en 1970.

Une copine à qui j’ai parlé de mon exploit « cut-up », se dit vivement intéressée :

« sur A Day In The Life, à l’envers, on entend les bruits du terrible accident qui coûta la vie à Paul Mc Cartney !

 

- Ah ? Parce qu’il est mort ?

 

- Bien sûr ! Mais on n’a pas voulu rendre publique la nouvelle ; on lui a trouvé un sosie, qui chante à sa place. Mais en guise de cérémonie funèbre, l’accident de voiture est reproduit sur l’envers d’A Day In The Life.

 

-Ben, dis-je, à l’écoute, c’est loin d’être évident…

 

Elle est venue écouter et n’a pas trouvé ça concluant, malgré qu’elle crût dur comme fer à cette histoire de sosie.


 

4) Nous sommes en 1972 :


J’ai lu « Junkie » !

Burroughs y dit que la femme est un être inférieur ; je ne m’attendais pas à ça ! J’ai jeté le bouquin par la fenêtre de la chambre du huitième  ( j’habitais une chambre de bonne.)

Sans compter que sa femme, il l'a tuée, et n'a pas été inquiété...

 


 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:07

 

la peine du menuisier

   Marie-Yvonne  subit un choc le jour où son petit voisin de deux ans décède d’une chute de vélo.

   Elle a déjà quatre ans  et ressent ce qu’est la mort.

 

     D’autant que dans sa propre famille, la mort est omniprésente, ainsi que la maladie, la souffrance, la solitude, et l’absence de communication. On parle peu et jamais de l’essentiel !

 

      Marie-Yvonne est née d’un couple déjà âgé, qui ne voulait plus d’enfants.

la sœur aînée de la fillette, Jeanne souffre de psychose, ou de retard mental ( on ne saura pas…) , plusieurs personnes de sa famille ( oncles, tantes, cousins …) sont morts en bas âge, ou jeunes. Sa mère Louise semble avoir des problèmes de surdité précoce.

 

Les drames se sont succédés, la famille semble frappée par le malheur «  l’Ankou «  en breton.

 

 Car cela  se passe en Bretagne, dans le Finistère ;  mais je n'ai pas ressenti  l’atmosphère de la Bretagne, je n'ai pas vu la mer, ni deviné  le Menez Hom, pourtant nommé. C’est bien dommage !

Il y a beaucoup de termes bretons et je n’ai pas trouvé, bizarrement, que ce fait nous enracinait… en Bretagne.

Ni ailleurs…

 

La narratrice passe son temps dans les cimetières, les albums photos des disparus, les greniers, à scruter des regards fermés, terrifiés, morts, à entendre des femmes en deuil prier interminablement.

Comme dirait Jacques Brel «  chez ces gens là on ne parle pas… on prie ».

 

Mais  c’est le Menuisier qui est surtout porteur d’un pénible secret.

 

Le Menuisier est en fait ouvrier à l’Arsenal, C’est à ses moments libres qu’il travaille le bois.

Marie-Yvonne la narratrice ne l’appelle que de ce nom, qui ne rend pas compte de leur filiation. Sa mère c’est « Louise », pas très proche non plus. Marie-Yvonne a le tort d’être née, et encore plus semble-t-il de ressembler à sa grand-mère paternelle.

 

Devenue adulte, elle enquête auprès de sa famille, des personnes âgées encore vivantes,  et finit par savoir …cette révélation me fait comprendre que cette famille, extrêmement superstitieuse, s’est crue maudite à jamais, et je crois aussi saisir pourquoi le père de Marie-Yvonne père craignait le contact avec elle.

 

A propos de l’événement traumatisant, dont elle prend connaissance, j’aurais bien voulu savoir ce qu’elle en pensait, ce qu’elle pensait de l’attitude des acteurs du drame,  et des autres priés de  se taire.

 

Je pense que tout cela manque de réflexion, de questionnement, de mise à distance, n’est pas approfondi, ni suffisamment mis en valeur.

 

Je n’ai pas aimé l’écriture et j’ai passé des pages pour savoir la fin. Une écriture sans coloration même pas «  blanche » qui ne réussit pas à créer une atmosphère.

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 20:13

Les-Europeens

Points Seuil, 1993, 236 pages.

 

Il a paru en 1878, c’est l’un des premiers romans d’Henry James, alors âgé de trente-cinq ans.

 

L’auteur met en place  certaines  des constantes de son œuvre : l’opposition entre Nouveau et Ancien monde, les problèmes d’argent et d’ascension sociale.

 

Frère et sœur,  Félix et Eugénie viennent d’arriver à Boston. Américains, ayant toujours vécu en Europe, ils découvrent ce continent pour la première fois.

Sans fortune, Eugénie a dû contracter un mariage « morganatique » en Allemagne. Cela signifie qu’elle a épousé un prince, n’ayant pas elle-même d’origine noble.

Par ailleurs, on soupçonne aussi qu’elle n’est pas mariée légalement, puisque ledit prince veut la répudier. En tous cas, elle a fui cette situation sans issue.

Félix, son jeune frère d’un heureux caractère (comme l’indique son prénom) se définit comme un aventurier ; il a été comédien, chanteur, et maintenant dessinateur, et vit de petits jobs depuis toujours.

Leurs situations précaires les ont amenés à se souvenir de leurs riches cousins américains, dont ils espèrent tirer quelque bonne fortune.  Eugénie, déjà 33 ans, pourrait se remarier correctement…

 

  Les Wentworth vivent en banlieue.

Nous sommes au dix-neuvième siècle et ces banlieues rupines du Massachussetts sont fort agréables à Félix, un peu moins à Eugénie, qui depuis le début du récit se déplaît fort ici.

Il n’est pas facile de se présenter chez des cousins que l’on n’a jamais vus, avec des arrières pensées intéressées,  et de prétendre avoir seulement envie de les connaître, sans pouvoir réellement celer qu’on est  économiquement faible, comparé à eux.

    Les  Wentworth sont une famille austère.Ils  fréquentent l’église assidûment ,n’ont guère d’imagination et vivent tristement une routine ennuyeuse. La jeune fille sur laquelle Félix a jeté son dévolu, est promise à un pasteur plutôt coincé.

 

Habiles, charmants, aptes aux intrigues,  Eugénie et Félix s’invitent, se font héberger, courtisent et se font courtiser.   

Eugénie va se faire appeler «  la Baronne de Münster », et composer un personnage mystérieux, plein de bizarreries. A l’opposé, Félix adopte une spontanéité déjà presque américaine, et annonce pour tout métier «amateur », mot qui va faire effet auprès des Wentworth.

 

«  Je n’ai jamais étudié ; je n’ai pas de formation. Je fais un peu de tout, mais rien de bien . je ne suis qu’un amateur ».

Cela faisait encore plus de plaisir à Gertrude de penser qu’il était un amateur que de penser qu’il était un artiste ; le premier offrait à son imagination des associations encore plus subtiles… Mr Wentworth, lui, l’employait abondamment, car, bien qu’il ne lui fût à vrai dire pas très habituel, il le trouvait commode pour aider à situer Félix qui, jeune homme extrêmement intelligent, actif, apparemment honorable, et cependant sans profession définie, constituait un phénomène gênant. »

 

Il ne cache pas son passé aventurier «  bohème , et pierre qui roule » sachant l’impact que ces mots peuvent avoir sur une jeune fille élevée avec des principes, mais qui s’ennuie est et prête à la romance. Eugénie elle aussi, tente de faire le siège d’un cousin, puis d’un autre

 

les caractères que James prête à cette famille américaine ( naïveté,  générosité, ignorance des usages,  repli sur soi ,  puritanisme ) ne les empêchent pas de loger leurs cousins européens, et de les écouter en dépit de leur méfiance. De nos jours, la connaissance du vaste monde leur aurait moins fait défaut et leur sens de l’hospitalité en eût été amoindri.

Lorsque j’ai lu Daisy Miller ou Les Ailes de la colombe, les portraits des américains tels que les voit Henry James m’ont paru vraisemblables, et ceux-là un peu moins !

 

 

Le séjour d’Eugénie et Félix près de Boston, leurs marivaudages incessants,  ne manquent pas d’intérêt. Il y a beaucoup de parties dialoguées, avec de courtes répliques, bien plus que je n’en ai relevées dans mes précédentes lectures de l’auteur. Des métaphores amusantes et inédites, et des situations cocasses le récit n’en manque pas, mais il n’est pas tout rose, loin de là !

 

 

 L’ensemble est une lecture agréable, sans être aussi intéressant que mes précédentes lectures de James.

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 23:00

les lieux sombresSonatine, 450 pages

Voilà un roman que j’ai eu envie de lire après  avoir vu une dizaine d’avis positifs sur les blogs que je lis.

 

Début janvier 1985, dans une ferme du Kansas,près de la ville de Kinnakee, deux fillettes et leur mère ont été assassinées. La plus jeune fille Libby, âgée de sept ans, a eu la vie sauve. Son frère aîné Ben,15 ans, a été reconnu coupable de ce forfait et vit en prison.

 

25 ans plus tard, Libby la rescapée, narratrice de, l’histoire, n’a plus de quoi vivre. Elle a gagné de l’argent pendant longtemps, parce que le massacre de sa famille se vendait bien sous la forme de livres, articles, interviews diverses. A présent, le public a cessé de s’intéresser à ces meurtres. Sauf que Libby est encore contactée par un comité de défense de Ben, son frère, que de charitables visiteuses de prison, tiennent pour innocent et veulent faire libérer.

Libby enquête donc, sérieusement, sur ce passé auquel elle ne veut pas penser d’ordinaire. Elle est chargée de convoquer ses souvenirs et d’aller interviewer les amis de l’époque de Ben et le reste de sa famille, notamment son père…

En alternance de cette enquête de Libby, nous suivons deux récits relatant la veille de cette terrible nuit. L’un met en scène Patty, la mère de Libby et Ben. Endettée depuis très longtemps, menacée par un usurier, son mari, des parents d’élèves qui accusent Ben de pédophilie, plus le temps passe, plus les soucis pleuvent sur elle.

L’autre récit se focalise sur Ben et ses amis d’alors. Des adolescents déjantés, drogués, tentés par des actes fous, avec cette différence que Ben étant nécessiteux, ses amis de familles aisées l’humilient en permanence. A l’école, il est mal vu car il doit faire le ménage de l’école, pour gagner quelques sous.

 

Au total, on a un roman réussi surtout par les descriptions très réalistes des problèmes sociaux et psychologiques rencontrés par la famille Day, marginalisée par d'impitoyables voisins . Un aperçu de certaines dérives adolescentes, d’enfants laissés en plan par leurs familles, de diverses façons.  Les personnages de Libby et Ben sont fort bien observés, mais les rôles secondaires sont très intéressants aussi.

 

Pour ce qui est du suspens, puisqu’il s’agit d’une enquête, il est bien mené : la tension s’accroît à mesure que l’on approche du moment crucial, et les événements se précipitent.

 

Il reste que, pour  l’explication finale, certains éléments s’admettent, tandis que d’autres  ne tiennent pas debout.

On trouve aussi peu vraisemblable la facilité avec laquelle Libby retrouve des gens de l’entourage des Day, qu’elle n’a pour ainsi dire jamais vus, qui n’ont plus de contact avec sa famille depuis 25 ans...

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