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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 23:01

LP, 403 pages Prix Pulitzer 2009

13 chapitres qui sont comme des nouvelles avec  des titres autour du personnage d’Olive, sur une période de 30 ans environ ( 40 à 70 ans) ; cette femme difficile à vivre et pourtant sympathique, est ( et fut) professeur de mathématique du collège de Crosby, petite ville côtière du Maine. Souvent elle est le personnage principal du chapitre, sinon il s’agit d’un de ses proches ( Henry, le mari, Christopher le fils) d’un ou d’une ami ou ennemie , d’une voisine, d’un ancien élève , d’un personne de passage. Avec un style vif et enlevé, où l’humour, les situations cocasses  sont fréquentes qui tempèrent la mélancolie. la vie s’écoule, des drames des joies, des conflits ; la construction est excellente : le changement de personnage central à chaque chapitre relance l’intérêt, le changement de ton aussi !  On attend la suite des problèmes d’Olive, et parfois elle n’est citée que dans un vague souvenir d’un ancien élève engagé dans un processus personnel  qui ne la concerne pas toujours !

On aime ce personnage autoritaire, susceptible, qu’on n’aimerait pas rencontrer mais qui dans la fiction fait merveille : on rit lorsque voulant punir sa belle-fille dont elle a surpris des propos peu flatteurs sur elle, Olive se venge comme une gamine en sabotant une partie de sa garde –robe… elle aura lieu de le regretter d’ailleurs !

Il y a aussi des pages joliment lyriques sur les états d’âme de certains personnages et la mer toute proche…  des situations tragiques comme la jeune anorexique de passage dont Henry ( le mari d’Olive) tombe amoureux, quand ce n’est pas de sa préparatrice en pharmacie…. Le chapitre d’un braquage dans un hôpital ( Une autre route) dont les protagonistes ressortent différents après s’être  lâchés dans tous les sens su terme.

Un régal ! un auteur que je lirai encore…

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 23:49

Phébus( Libretto) 275 pages. 1987 ( 1 ère publication  originale 1936)

Au début du 18 eme siècle , en plein hiver dans les plaines de Silésie, deux hommes souffrent du froid et de la faim. L’un est un jeune noble Christian de Tornefeld, qui a déserté l’armée dans laquelle il était censé servir : il voudrait traverser la frontière et rejoindre l’armée suédoise, qui est celle de sa patrie. L’autre homme est un voleur connu sous le nom de Piège-à-poules : rusé, intelligent, mais nomade et vivant dans une extrême précarité depuis toujours. Tous deux sont recherchés et risquent le gibet…  Ils trouvent refuge dans un moulin des environs. Mais leur hôte est un être étrange,  le fantôme de l’ancien meunier, se dit le voleur.  Ce fantôme lui propose un emploi dans les forges de l’évêque pour le tirer d’affaire.

Avant cela,  le voleur  accepte  cependant d’aller quérir un uniforme  des armes et de l’argent pour Christian, chez son cousin qui vit quelques kilomètres plus loin.

Arrivé chez le cousin, il s’introduit par effraction, comme il en a l’habitude : le domaine est spolié par les différents serviteurs, l’intendant, et  d’autres gens tout aussi corrompus. Le cousin de Christian est mort, sa jeune fille, maîtresse du domaine, et promise à Christian,  est dans de mauvais draps…

 

C’est un roman très agréable à lire, bourré de péripéties, dont la langue est raffinée, stylée, souvent humoristique, volontiers moyenâgeuse,  parfois proche des poésies de « Gaspard de la nuit », voire de l’univers du conte, mâtiné d’éléments fantastiques.   Toutefois, il s’agit d’un roman picaresque, puisque le héros, parti de rien, s’élève progressivement dans la hiérarchie, et frauduleusement aussi, nous le savons dès le départ.

Léo Pérutz le désignait comme « son roman le plus parfait ». Reste à en essayer un autre pour vérifier…

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 10:39

Phébus, 403 pages.

"Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la camp"

( in le blog Lecturissime )que je vous invite à consulter.

 

Agréable au début, les Forestiers se révèlent vite un pensum plutôt ennuyeux. Les personnages finissent par lasser. Hardy met dans la bouche du médecin quelques citations philosophiques, puis dès qu’il s’éprend de Grace, puis de Felice, ce vernis disparaît, et on le trouve assez commun, semblable à tous les amoureux indécis et volages. De même Grace a de l’éducation et des manières, on lui a fait lire quelques pièces de Shakespeare, mais cela ne suffit pas à lui donner de la personnalité. Le personnage de Giles va se révéler christique. Cela ne me plait guère… Le vrai personnage c’est la forêt, la nature ( pour sa beauté et ses productions ).

On remarque les superstitions des gens de la campagne : un homme se croit menacé par l’arbre qui jouxte sa fenêtre ; on abat l’arbre, cause de l’obsession et  l’homme meurt au lieu d’abandonner ses craintes ! Son symptôme le maintenait en vie…

Une vieille dame a légué son crâne au docteur Fitzpiers (il le trouve spécialement grand et voudrait l’étudier après sa mort) contre une certaine somme ; mais elle en tombe malade. Tout cela est bien observé, mais ce roman vieillit plutôt mal. Le problème, c’est d’avoir trop mis l’accent sur les sentiments amoureux, de façon mélodramatique…

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 10:28

LP 2017, 415 pages  (1ere édition française Stock)

Titre original : Swimming Lessons

Une petite île au large de la côte du Dorset, environs de l’île de Wight

récits en alternance : 1)Ingrid, épouse de Gil Coleman, romancier à succès d’un roman salace «  Lhomme de plaisir » imaginé par elle et rédigé par lui.

Dans des lettres disséminées  à l’intérieur de quelques uns de leurs nombreux livres , elle lui écrit en 1992 pour lui relater l’histoire de leur mariage de son point de vue à  elle. Une histoire qui débute en 1976 et va s’achever avec la disparition d’Ingrid annoncée dans l’ultime lettre.

2 ) Flora fille cadette d’Ingrid en 2003 ; elle a un peu plus de vingt ans , et se réveille brusquement du lit où elle dormait avec son copain Richard ; sa sœur Nan vient de l’appeler pour lui dire que son père avait fait une chute dans les rochers et qu’il est hospitalisé.  Les quelques semaines qui suivront verront la dispersion de cette famille, et la mort du père, entouré de son ex-maîtresse, de ses filles, de son ami Jonathan, de Richard, et de Gabriel, son fils non reconnu.

Flora, étudiante en art s’installe dans ce qui reste de la propriété, l’épilogue nous suggère que Ingrid refait son apparition.

On comprend que les lettres d’Ingrid , qui a disparu onze ans plus tôt, annoncent une mise en scène : elle laisse entendre  son prochain suicide ( son plaisir est de nager et d’aller plus loin qu’il ne faudrait) dit au revoir dans son ultime lettre et s’arrange pour qu’on la voit partir comme si elle allait nager, seule .

Gil ne s’y laisse prendre qu’à moitié, après avoir lu l’ultime lettre , il croit voir sa femme par la fenêtre et fait une chute en lui courant après…

On est surpris qu’en 1976, un professeur d’université londonienne et son étudiante se voient virés pour avoir eu une liaison et s’être mariés. On n’est pas aux USA tout de même…

Le récit se lit bien mais il est hyper-romanesque, très convenu…

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 13:06

Belfond, 250 pages, (titre original : I am, I am, I am,  Seventeen Brushes with Death)

J’avais déjà feuilleté L’Etrange disparition d’Esmé Lennox et avais conclu que c’était trop exubérant et pas très crédible…

Pourtant me voilà de nouveau avec un livre de l’auteur, autobiographique cette fois, et je l’ai lu en entier.

En 17 chapitres l’auteur nous relate donc des moments où elle a échappé de peu à la mort : 16 chapitres en fait, l’ultime étant le récit du combat permanent pour sauver sa propre fille victime d’une faiblesse du système immunitaire depuis la naissance, se manifestant par des allergies sévères en particulier.

Mais bien sûr la narratrice a elle-même beaucoup souffert : principalement à l’âge de huit ans, d’une encéphalite qui l’a sévèrement handicapée pendant plusieurs années ; elle se présente comme un cas très particulier : elle aurait dû mourir, elle a survécu, elle aurait dû rester handicapée moteur grave, elle vit presque normalement avec des séquelles ennuyeuses mais gérables. Autrement dit c’est ce type de femme qui met en défaut les meilleurs spécialistes … une hystérique à grand spectacle, avec de grosses pathologies, une hystérie un peu à l’ancienne ?

Les points forts impressionnants de son récit, outre cette encéphalite, c’est son terrible accouchement : elle avait dit à un toubib très bien coté, que les séquelles de son mal ne lui permettaient pas d’accoucher normalement et qu’il lui fallait une césarienne. Qu’il ne voulut pas programmer : d’où une césarienne tardive « chaotique » et sanglante, où le bébé et elles manquèrent y rester.

Les autres chapitres témoignent d’un tempérament de rébellion chez l’auteur, du goût de se mettre en danger, d’autant plus tentant que ses « déficiences neurologiques «  entrent en jeu. Accident manqué en se jetant devant les voitures, agressions de la part d’hommes voleurs, voire criminels, même en présence de son compagnon  qui ne peut rien faire… chaque chapitre est précédé d’un schéma précis d’un ou de plusieurs organes du corps humain, celui qui va être en danger, ou attaqué par la maladie ; des maladies qui sont très bien expliquées avec de nombreux détails. Une écriture oralisée, précise, le sens de la mise en scène,  des comparaison inédites, parfois poétiques ( le délire de la fillette atteinte d’encéphalite… Le verbe est exubérant, comme je l’avais déjà remarqué. Il y a de temps à autre des trouvailles (le récit du voyage scolaire à Rome…).

Plusieurs accidents se produisent dans l’eau, dans la mer : la narratrice a plusieurs fois manqué se noyer ( une fois avec son fils ! ) elle ne cache pas qu’elle est attirée par les profondeurs ce goudron noir et fascinant

Vu tout ce qu’elle a vécu, on a envie de féliciter l’auteur d’être toujours en vie (ainsi que sa fille) et, inévitablement elle est une héroïne dans le sens de « phénomène rare», ainsi que « incroyablement courageuse «. 

Tout cela est un peu agaçant.

Les  pages sur la fausse couche sont assez intéressantes, il y a des questions pertinentes «  est-on  encore enceinte lorsque le fœtus est mort ? « comment traiter ce type de situation…

 

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 11:40

 

 

Je lis julien green pour la première fois ! C’est accablant ! Un romancier qu’on ne lit plus guère. Impossible de trouver un article genre «  actualité de Julien Green » ! Même Jeanneney ne s’y est point frotté ! Il me reste à fouiller dans mes archives du Magazine littéraire ( le vieux modèle) voir si je trouve quelque chose.

J’appelle cela incursion dans ma vieille PAL celle qui n’est pas forcément la mienne… qui passa dans d’autres mains avant la mienne !

Challenge « incursion dans de vieilles PAL :

  • Le livre doit dater d’au moins vingt ans révolus (achevé d’imprimer)  et ne pas avoir été lu
  • Il  est dans votre bibliothèque depuis vingt ans au moins et bien plus si possible.
  •  

C’est Daté ? Pas l’histoire en tout cas … Adrienne a dix-huit ans, et elle est tenue enfermée par un père tyrannique. Le matin, elle fait un peu de ménage ( sous la surveillance de sa sœur malade) , l’après midi elle cueille les fleurs au jardin pour en faire des bouquets. Elle a droit de temps à autre à une petite promenade dans la campagne. Elle ne rencontre jamais personne. C’est la domestique qui fait les courses, ce serait l’occasion de parler avec d’autres gens ( nous sommes en 1907, il n’y a pas de  supermarchés) . S’il y a une sortie ( un bal de printemps) elle y  va avec son père. Cet homme ne bouge pas de la journée : la sœur aînée Germaine a déjà dépassé la trentaine : elle ne sort pas non plus ; elle souffre d’une maladie qui n’est pas traitée. Sans doute une tuberculose ( on ne saura pas) ; son père fait mine de ne s’apercevoir de rien. Elle n’a jamais vu un docteur.

Adrienne  jeune et en bonne santé, est attirée par le sexe opposé.  Sa seule distraction c'est de regarder par sa fenêtre. Les fenêtres jouent un grand rôle dans le roman.

Un jour elle aperçoit un homme dans une de ces voitures à cheval, leurs regards se croisent. Rien que de très ordinaire, mais Adrienne a le coup de foudre ; elle voit un homme pour la première fois dirait-on. Il est bien plus âgé qu’elle, n’a rien de particulier, mais… il est plus ou moins son voisin. Sa sœur se rend compte qu’elle commence à se promener le soir, après le couvre-feu maison… elle est jalouse et va cafter…

L’écriture est classique, mais le roman est fort bien écrit, les personnages parfaitement campés, l’intrigue bien menée, et l’on se promène dans la tête d’Adrienne, et ça va de plus en plus mal… C’est complètement déprimant mais tellement bien observé.

 

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 21:14

 

 

Livre de Poche folio, 2006 , 437 pages (1ere publication en 1966).

Les années 60, la vie dans un kibboutz, dans les environs de Tel Aviv, dont témoigne l’un de ses membres. Ce narrateur c’est « nous », il parle au nom des membres de la communauté, et, pour le roman, des personnages secondaires, peu ou pas connus du lecteur.

Les habitants du kibboutz s’observent les uns les autres, bavardent, se jugent, commentent les comportements de leurs comparses.

Nous faisons connaissance avec deux familles à problèmes : les Renouven et les Berger : Harich enseigne l’ hébreu dans la  communauté, et la littérature générale ; il a aussi l’habitude de composer des vers avec les événements (plus ou moins ordinaires) qui ponctuent ou secouent sa vie et / ou celles de ses comparses. Sa femme Eva, a quitté la communauté, et son époux aussi par conséquent, pour un destin tout différent en Allemagne. Elle a laissé au kibboutz deux enfants, dont la charmante Noga, trop intelligente pour s’intéresser aux garçons de son âge,  qu’un admirateur très empressé baptise joliment «  petite Turquoise ». Renouven privé de femme s’est rapproché d’une certaine Bronka. Ils sont très malheureux…

Personne , au kibboutz n’est content de son sort ; même si certains sont résignés. Ils sont proches d’une zone ennemie et les Palestiniens ne se font pas oublier. D’un côté comme de l’autre, on est sur le qui-vive, prêt à un conflit armé. Les jeunes garçons de la communauté ne rêvent que d’engagement et d’héroïsme, les petits garçons jouent à la guerre, très sérieusement…

C’est un récit très vivant, l’on s’attache à tous les personnages, on participe à leur vie communautaire, et ce qu’elle implique de contraintes assumées, à leurs craintes d’une guerre proche, aux problèmes de couple,  de certains d’entre eux.

D’Amos Oz , récemment disparu,  j’avais lu son dernier  roman «  Judas » ; il me tardait de le lire encore.

 

 

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 12:51

LP, 2004, 412 pages.

Titre original : Case Histories

 

D’abord, nous avons les exposés de trois cas de disparition et/ ou assassinats à des époques et dans des familles très différentes  qui ne se connaissaient pas.

Les Land : une nuit de canicule, Olivia trois ans , benjamine d’une famille de 4 fillettes, disparaît pendant une nuit qu’elle passait sous une tente dans le jardin familial avec sa sœur Amelia.

Elle a disparu avec son doudou  la fameuse « souris bleue » ; nous sommes en 1970, et ces quelques pages nous brossent un tableau rapide d’une famille perturbée, avec des parents «  toxiques «  comme on dit à présent. Le père, toujours enfermé dans son bureau, à faire des maths (mais pas seulement devine-t-on…) , la mère , ex-infirmière, enceinte de son cinquième enfant, elle aussi retirée dans un monde à part, s’occupe des gosses… pour leur donner une aspirine tous les matins !! La fille aînée, Sylvia , entend des voix, celle de dieu précisément , et l’a dit à sa mère que ça n’a pas troublé, et qui a répondu «  c’est gentil »…

En 1994, un avocat Théo, a perdu sa fille de 18 ans , Laura. Un individu s’est présenté au bureau du père , l’a demandé et a abattu la jeune fille, qui y travaillait… on ne l’a aps retrouvé…

En 1979, c’est à la campagne dans une ferme, que Michelle a fendu le crâne de son époux ; elle était en colère, d’avoir dû lâcher ses études pour devenir épouse et mère…

En 2004, Jackson, détective, fait une filature ( une femme soupçonnée d’infidélité). Il s’ennuie, mais bientôt, il va avoir un vrai travail. Les deux sœurs  les moins perturbées de la petite Olivia , vident la maison après le décès de leur père. Elles retrouvent « la souris bleue » dans son secrétaire fermé à clef. Elles veulent aussi retrouver la petite fille… où ce qui en reste… Jackson va devoir chercher ce qui lui est arrivé…

Mais Théo vient aussi consulter le détective, pour qu’il enquête sur l’assassinat de sa fille. Inconsolable, Théo a pris beaucoup de poids, mauvaise santé, grosse déprime… Cependant, il  s’intéresse à une SDF «  aux cheveux jaune canari «  qui a plus ou moins l’âge que sa  fille aurait…

Enfin, voilà une certaine Caroline, qui a refait sa vie,  mais est prête à sauter encore le pas, avec  le pasteur de la paroisse, qui est vraiment irrésistible…

Les enquêtes se croisent et se complexifient, car Jackson est lui aussi poursuivi par un drôle de type… et doit s’occuper de sa fille, Marlee, huit ans.

On parle de ce roman comme d’un récit humoristique, mais j’ai trouvé personnellement que c’était l le côté sombre qui prévalait largement.  La mort est omniprésente, même Jackson  souffre de plusieurs deuils ( mère sœur frère tous disparus lorsqu’il était jeune… il passe aussi beaucoup de temps au cimetière…) ; il est vrai que fort heureusement, les survivants ont droit, après maintes souffrances à  des happys-ends relatifs mais réels et qui surviennent un peu comme des cheveux sur la soupe.

Il y a beaucoup de personnages ; l’auteure les multiplie comme les pains ! on finit par les confondre : qui est Emma ? se demande-t-on avant de revenir en arrière pour retrouver le petit passage où elle nous est rapidement présentée comme une amie de lycée de l’infortunée Laura. Les chats et chiens qui sont assez nombreux on les confond aussi ; Poppy , c’est un chien ou un chat ? Et qui donc est son maître ? Ou sa maîtresse ?  Les personnages principaux ont une psychologie assez banale , ils ne surprennent pas.  Le nombre de mauvaises rencontres qu’ils font, évidemment, c’est la fiction qui veut ça mais de mon point de vue, ce n’est pas amené de façon très futée. 

Les moments amusants sont en fait rares : le duo des deux femmes ( Julia et Amelia) amené comme un des morceaux de choix du roman, m’a plu pendant vingt ou trente pages, ensuite ça se répète.   La pauvre pécheresse schizophrène, abusée et maltraitée pendant l’enfance, qui  se réfugie dans un couvent, c’est très convenu… Le destin de cette pauvre Laura est d’une banalité absolue.  Michelle était plus intéressante, mais il lui aurait fallu un roman pour elle toute seule !

Marlee la fillette de Jackson est pratiquement la seule qui m’ait fait rire, et qui a fait des réflexions surprenantes.

Entrecroiser plusieurs intrigues n’est pas facile : l’auteure les a bien structurées, mais le suspens n’est pas au rendez-vous, car on sait bien avant Jackson de quoi il retourne ou à peu près.

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 13:34

2019, 223 pages

D’après sa documentation, et son imagination personnelle, l’écrivaine narre une biographie du dictateur Pol Pot ( de son vrai nom Saloth Sâr  qui signifie « l’homme-nuit ») .

Elle arrête le récit lorsque les Khmers rouges envahissent Phnom-Penh et vident la ville, massacrant tout le monde sur leur passage et détruisant tout ce qui a trait à la civilisation et à la culture , y compris l’argent.

Cette première partie campe un garçon méprisé par sa famille, humilié par ses comparses,  envoyé tôt dans un pensionnat rigide , où l’on passe beaucoup de temps à réciter des formules sacrées , des mantras  et répéter à l’infini des gestes stéréotypés ( qui ont beaucoup d’importance pour tenir le coup).  A Paris, envoyé par un oncle comme étudiant, alors qu’il est singulièrement ignorant, il va s’initier à la lutte armée, entrevoir une possibilité d’être quelqu’un.

Un apprentissage  lamentable, mais pas si rare, et tous les ratés ne deviennent pas des Pol Pot…

Le portrait qu’elle dresse de Sâr est celui d’un garçon sans doute schizophrène.  Il est mort sans avoir été jugé.

Nous voilà à la deuxième partie, L’auteure raconte sa propre histoire , sous le pseudo «  Dorritt «  ( je n’ai pas lu le roman de Dickens malheureusement, donc je n’en déduis rien pour l’instant).

Curieusement elle pense avoir quelque chose de commun avec Pol Pot. Il faut oser ! Et rédige quelques leitmotivs en parallèle .

Nous voilà au titre : les "lèvres de pierre sont celles du Bouddha : un sourire lisse, un sourire à tout faire, qui ne révèle rien de la personne. Elle l'a pratiqué ce sourire. Et lui aussi.

On a du mal à y croire… Dorritt c’est plutôt une hystérique très douée. Elle a eu des liaisons avec tous ses profs de fac, certaines  lui ont laissé un assez bon souvenir ; elle a épousé un homme de son choix. En dépit de ses autres malheurs, le bilan se révèle plutôt positif… je me sens nulle à côté d’elle.

Elle se pose pourtant des questions intéressantes ; Pourquoi ses amis  et elle ont-il soutenu des   dictateurs dans les années 70 ( celui là dont elle a déjà parlé mas aussi Mao et l’on pense à Foucauld fasciné par l’ayatollah Khomeiny etc.) ?

 Comme tous les écrits de Nancy Huston, celui-là non plus, en dépit de ses bizarreries ne laisse pas indifférent.

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 18:11

POL, La collection, 1992,

Une très jolie collection, belle couverture, beau papier solide etc… dont je possède plusieurs titres ( dont les Grandes espérances) ; et qui a hélas duré très peu de temps…

1885 : Dans un café londonien le « Divan fumoir bohémien » trois amis désargentés et au chômage, se retrouvent : l’un d’eux Paul Somerset, voyant dans les annonces du Standard  qu’un individu louche est recherché dont on donne la description, propose de se faire détective pour toucher la récompense ; ses deux comparses Chaloner, et Desborough y sont peu enclins. Chacun d’eux promet pourtant de se jeter dans la première aventure qui leur échouera.

Chaloner va aider une jeune fille qui vient de s’échapper d’une demeure après une forte explosion : elle va lui demander son aide, et lui raconter une histoire incroyable mais fort dramatique à propos de sa jeunesse dans l’Utah aux prises avec de terribles Mormons qui auraient fait tuer ses parents et l’exécuteur auquel elle tente de se soustraire…

Paul Somerset, sera lui approché par une vieille dame fantasque qui lui confie son hôtel particulier dans lequel il ne se contente pas de loger mais qu’il va louer à un individu étrange et dangereux avec lequel il se lie pourtant d’amitié…

Desborough  a pour voisine une belle jeune femme, qui lui raconte être née à Cuba d’une mère esclave et d’un père poursuivi ; narre sa fuite éperdue au milieu de grands dangers (jungle, serpents venimeux, maître impitoyable, sorciers sacrificateurs…) avant d’être devenue réfugiée à Londres ; elle est en possession d’une boîte contenant paraît-il tous ses bijoux…

Ce roman est d’une lecture agréable, pleine de fantaisie et d’aventures ; il est à prendre au second degré ! En dépit de récits horrifiques, l’humour domine, et  si le lecteur prenait tout au sérieux,  il trouverait que les anarchistes ne sont de vrais gamins et les Mormons extrêmement dangereux !

D’après Wikipeadia , Stevenson aurait écrit ce roman avec son épouse Fanny, ce qui explique la présence de trois femmes comme personnages principaux.

On peut aussi lire la préface de Dominique Fernandez, mais après lecture du roman, car cette préface suppose la lecture complète.

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