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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 17:55

Richard Russo Retour à Martha’ s Vineyard ***

La Table ronde ( Quai Voltaire) 2019, 377 pages

Titre original : Chances Are…

Le 1er décembre 1969, Teddy, Lincoln et Mickey, étudiants boursiers dans une fac huppée de la côte Est, voient leur destin se jouer en direct à la télévision alors qu'ils assistent, comme des millions d'Américains, au tirage au sort qui déterminera l'ordre d'appel au service militaire de la guerre du Vietnam. Un an et demi plus tard, diplôme en poche, ils passent un dernier week-end ensemble à Martha's Vineyard, dans la maison de vacances de Lincoln, en compagnie de Jacy, le quatrième mousquetaire, l'amie dont ils sont tous les trois fous amoureux.
Septembre 2015. Lincoln s'apprête à vendre la maison, et les trois amis se retrouvent à nouveau sur l'île. A bord du ferry déjà, les souvenirs affluent dans la mémoire de Lincoln, le "beau gosse" devenu agent immobilier et père de famille, dans celle de Teddy, éditeur universitaire toujours en proie à ses crises d'angoisse, et dans celle de Mickey, la forte tête, rockeur invétéré qui débarque sur sa Harley.
Parmi ces souvenirs, celui de Jacy, mystérieusement disparue après leur week-end de 1971.

Martha's Vineyard est une petite île au large de la côte Est des États-Unis, dans le Massachussetts  A l'instar de la presqu'île de Cape Cod et de l'île de Nantucket, toutes proches, elle se situe dans un secteur touristique très prisé.

J’ai relu plusieurs fois les 100 premières pages n’arrivant pas à accrocher. Bien que les personnages soient très différents, ce qui ressort de la traduction est plat et ne les met pas en valeur. On se rend compte que Lincoln est très dépendant de sa famille qu’il a laissée pour ce weekend entre amis. Il téléphone tout le temps à sa femme Anita ( ou c’est elle qui appelle) pour raconter le peu qui vient de se passer, des petits détails sans importance !

Ah ces portables, quel esclavage, parfois.

De temps à autre, souvent, il s’imagine son vieux père (90 ans) commentant ses actes et pensées. C’est lourd ! je le plains…

Lincoln est BCBG, et Mickey apparemment est « un musico » qui vit une existence supposée non-conformiste ; et pourtant lui aussi imagine son père commentant ses faits et gestes plus ou moins négativement… Mickey avait tiré un ticket pour le Vietnam, il s’est enfui au Canada pour y échapper… son défunt père ne cesse de le lui reprocher !

Le seul qui n’évoque pas trop ses parents, c’est Teddy, l’éditeur , mais lui est dépendant d’autres personnes notamment son prof de fac à présent décédé…

Et tous trois n’arrêtent pas de penser à Jacy , leur amie d’université, disparue c weekend de 1971, il y a quarante quatre ans ! Ils n’ont pas tourné la page.

Jacy représentait ( et représente toujours) la liberté qu’ils n’ont pas eue, une liberté dont ils rêvent encore, la femme idéale sous la forme d’une jolie fille qui-ne-porte-pas-de soutien-gorge et accessoirement qui ressemble à Audrey Hepburn, .

Elle était des leurs qu’est-ce qui lui est arrivé ? Ils espéraient tous les trois qu’elle était là pour échapper à son fiancé forcément riche et ennuyeux comme ses parents, et qu’elle allait choisir l’un des trois pour commencer une vie exaltante libre de toute contrainte… mais elle a disparu le matin du départ alors qu’ils dormaient encore en laissant un mot  d’adieu… le fait que ni ses parent ni son  fade fiancé ne l’aient revue non plus n’empêche pas l’amertume.  

Lincoln commence à mener une enquête quasi-policière, Teddy revisite le moment délicieux où ils se sont frottés l’un à l’autre , et Mickey, on ne sait trop ce qu’il pense ; Lincoln comprend qu’il sait quelque chose sur cette disparition, mais il préfère interviewer un vrai flic….

Contrairement à sortilège du Cap Cod j’ai réussi à terminer le bouquin. Quelle patience !

 Les références musicales ne m’ont pas trop parlé ( je n’ai jamais été très rock…) l’atmosphère m’a paru plombante,   les pensées des hommes peu originales, et bien sûr l’histoire est très déprimante.  La dernière partie lorsque l’on apprend  ce qui est arrivé à Jacy est fort longue et très "mélo" ; je suis sûre que cette histoire aurait pu me plaire, racontée autrement... avec de l'humour noir, de l'originalité.

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 10:01

A l’âge de 13 ans environ, Giovanna entend ses parents se dire à mi-voix que leur fille ressemble à Vittoria, sa tante, la sœur de son père qu’il déteste au point d’avoir  noirci son image sur les photos de famille où elle apparaît. Surtout, Giovanna entend dire qu’elle devient « laide » comme cette tante.

Elle va chercher à la connaître ; son père vient d’une famille très modeste, et il a fait beaucoup d’étude, jusqu’à devenir universitaire. La tante Vittoria est restée fidèle au genre de la famille, elle en fait même un peu trop : usage effréné du dialecte napolitain, vulgarité , obscénités… cependant Giovanna va la fréquenter ainsi que la famille de son ex-amant dont elle s’occupe , volant la vedette à al femme légitime.

L’adolescente fait des va-et-vient entre le milieu populaire et le milieu intellectuel, réussissant à vivre pas trop mal dans l’un et l’autre et à y jouer un rôle dominant. En effet les leçons de Vittoria c’est comment résister et prendre le pouvoir. Tout, dans ce roman est une question de rapports de force, que donnent l’autorité personnelle et l’argent,   et à la fin du roman, Giovanna n’a que   16 ans mais a du charisme et un fort ascendant sur diverses personnes de son entourage,  qu’elle a appris à manipuler , y compris la fameuse tante qu’elle réconcilie avec son père. Une belle réussite pour Giovanna, entourée qu’elle est de gens faibles et superficiels… même son grand amour de Roberto ne me fait pas grand effet… elle n’en fera qu’une bouchée s’il y a une suite !

Un récit très réaliste, qui serait presque balzacien si Elena Ferrante avait plus de souffle…mais son style finit par ennuyer.  Le bon point du récit, c’est qu’il ne génère pas d’illusions. Les personnages sont pénibles, voire détestables, l’héroïne y compris… c’est un peu comme dans la vie !

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 13:31

 ( de polichinelle les secrets !)

(The Confession, roman britannique.)

L’histoire se déroule sur deux périodes ( trois ans au début des années 80, et environ 1 an de 2017 à 2018. En 1980, Élise jeune fille de vingt ans, serveuse dans un bar à Pimlico et modèle au Royal College of Art, rencontre une femme Constance Holden , au cours d’un promenade à Hamstead Heath.  C’est le coup de foudre, pour chacune des deux. Elles entament une liaison.

Constance est romancière ( elle écrit des romans psychologiques ) et Élise en a lu au moins un » Cœur de cire » qu’elle a aimé. Le temps passe et Constance va partir à Los Angeles pour participer à l’adaptation cinématographique de son roman ; elle emmène avec elle Élise qui ne travaille plus et vit d’amour mais pas d’eau fraîche ( préférence pour les boissons fortes !).

Là-bas en Californie, la vie luxueuse et artificielle des stars de cinéma déroute Élise et plaît à Constance qui s’entiche de la comédienne Barbara Lowden ( Est-ce Barbara Loden qui a servi de modèle ? On ne saura pas…)

En 2017, Rosie , la fille d’Élise , est avec son papa au bord de la mer, en France. Elle n’en finit pas de s’interroger saur sa mère qu’elle n’a pas connue. Son père lui a dit qu’Élise avait disparu peu après sa naissance à New-York. Il l’ a élevée seul après être retourné en Angleterre.  Deux romans de Constance sont découverts par Rosie dont le fameux Cœur de cire.  De son père elle apprend que sa mère était proche de Constance ; voulant en savoir plus elle se fait embaucher comme secrétaire de la romancière, se présentant sous un faux nom.

Ce n’est pas, et de loin, le meilleur roman de cette auteure dont j’avais apprécié le Miniaturiste et les Filles au lion. Dès le départ j’ai eu du mal à croire à cette idylle entre les deux femmes. La faute en est à l’écriture vraiment plate, qui multiplie les états d’âme et les explications sans originalité des comportements. L’intrigue est classique et correcte, mais l’inspiration n’y est pas. Je n’ai pas réussi à m‘intéresser aux personnages.L’auteure ne les fait pas exister suffisamment. Même Hamstead Heath elle peine à la faire exister, faute de description un peu originale…

la finale est assez bien menée mais retombe à plat. Un feu d'artifice à la pyrotechnie faiblarde, et sans bouquet final.  C’est de la littérature de divertissement, et justement on en attend des surprises des coups de théâtre qui sont ici manqués.   

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 11:19

Un étudiant occupant une minuscule chambre à Paris, ne se rend pas à son examen de sociologie qui doit valider sa licence. A partir de ce manquement à ses obligations, il en vient beaucoup d'autres : il ne fait plus rien; rien qui ait un sens en tout cas.

Il s’adresse à lui-même ou à n’importe qui d’autre, à la deuxième personne du singulier. De ce fait, nous sommes censés nous sentir concernés (davantage qu’avec un je ou un il)

Et se sentir concerné c’est pas évident, car  le sujet va abandonner toute préoccupation sociale, s’essayer à l’indifférence, par jeu, curiosité, et manque de conviction soudain pour la vie active voire même la vie routinière ; par dépit de son avenir tout tracé ( travail, famille, patrie en quelque sorte)  il reste dans sa chambre sa chambre de bonne d’étudiant, ou chez ses parents , il ferait penser à ces jeunes japonais qui ne veulent plus sortir de chez eux ( les hikikomori).  

Est-ce une dépression ou profond ras-le bol, ou une expérience ? Les deux semble-t-il. Il vit sa dépression comme une expérience. Pour ne pas trop en souffrir ?

Dès lors son quotidien sera : l’observation  des choses autour de lui, choses usuelles, domestiques , sans intérêt, et répétition de ses observations : la fissure au plafond, la bassine de plastique rose avec les chaussettes dedans, le lavabo du palier qui goutte ( mais pas toutes les secondes…) 

-l’arpentage de rues parisiennes, en suivant des itinéraires compliqués ou les promenades dans la campagne ( sous-bois ou chemins de terre) plus monotones encore.

-le refus de tout contact social

- des lectures ou des relectures de livres qu’il connaît déjà par cœur, ou du Journal le Monde, en n’exceptant rien , ne choisissant aucun article. Comme il détaille longuement les différentes rubriques, on se rend compte que le Monde a bien changé depuis 1967 !

Dans une seconde partie cette torpeur qui ne le faisait pas souffrir se met à lui causer de la frayeur.

Dans le miroir brisé où il vérifiait l’intégrité de son image corporelle, il commence à moins s’y reconnaître. Surtout, lorsqu’il traîne au lit, dans un demi-sommeil, en divaguant, dans un état d’autohypnose, ses sensations corporelles commencent à lui jouer des tours. L’appréhension qu’il a de son corps se morcèle ; on dirait que des monstres viennent l’assaillir….  C’est comme un trip, acceptable au début, qui dégénère  lentement ! 

Le sujet va finalement céder à l’anxiété laquelle vire à la panique… et revenir à la vie. Il s’intéresse à son voisin de chambre (l’autre) imagine son existence, se demande s’il l’a déjà croisé. Voit les gens dans la rue, des gens marginaux comme lui, et les perçoit de plus en plus proches.

Il agit aussi sur le plan de la raison : son expérience lui a montré que l’indifférence absolue, d’une part est impossible, d’autre part ne mène à rien de plus que de la déréliction, il revient « à lui » ou « au monde » ? Et recommence à éprouver des sensations, et des sentiments. Le premier sentiment qui s’impose à lui à nouveau, on l’a vu, c’est la peur.

Tu as déjà vécu cela ? Mais pas exactement comme lui… et pas décrit de façon aussi complète, scrupuleuse , intelligente…

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 12:59

USA, 2020 , Albin Michel, 560 pages.

La petite ville de Saint-Canaan, dans cet état des USA, le « quart nord est » ; on célèbre les funérailles de Rick le fils du chef de la police locale. Il s’était engagé pour la guerre en Irak et y a perdu la vie. On n’a pas retrouvé son corps…

Certains de ses amis de toujours ne sont pas présents ; notamment Bill Ashcraft , le seul du coin à ‘s’être opposé à cette guerre. On l’a renvoyé du Lycée pour ses opinions.

Les jeunes avaient eu 16/ 18 ans en 2001.

Il y a aussi Kaylyn, qui passe pour avoir été la petite amie, voire la fiancée de Rick  elle doit prononcer un genre de discours et n’y parvient pas. Elle se drogue régulièrement et n’est pas plus sobre aujourd’hui que d’ordinaire… De plus , être l’amie de Rick était aussi pour elle une sorte de « couverture » pour se faire bien voir…

Ensuite, le roman met en scène quatre acolytes de Rick, chacun avoisinant la trentaine.qui  se connaissaient depuis l’école voire avant.

 Ils se rencontrent un soir d’été en 2012  à Saint Canaan, se retrouvent ou se croisent, par hasard, ou volontairement. 

Le roman devient «  choral » comme on dit, mais au style indirect libre. Chaque personnage voyage dans le passé en imagination, et revient à la réalité entre deux réminiscences.

Bill Ashcraft , vivant de petits boulots, alcoolique  et souvent défoncé , vient de Louisiane avec un paquet collé dans le dos ; il est payé pour le remettre à Kaylyn. En panne de voiture, il marche, toujours en quête d'un shoot ou d'un alcool fort, rêvant de Lisa qu'il a longtemps cherchée et de ses incursions ratées dans  diverses ONG...

Stacey Moore, a rendez-vous avec la mère de Lisa qui a disparu.

Lisa Han : son ancienne amie dont elle ne reçoit que des mails venus d'on ne sait où...d’origine asiatique, Lisa  s’intéressait aux livres : elle a réussi à faire des lecteurs autour d’elle, même des garçons s’y sont  mis.

Seule à avoir fait des études, Stacey  débute une thèse de lettres ; elle a échappé aux garçons du coin … parce qu’elle préfère les filles… et que ses parents bons catholiques ne l’ont pas condamnée.

Dan a  fait la guerre en Irak, et même en Afghanistan ! IL a trouvé ça horrible, mais y doit aussi les meilleurs moments de son existence… il  a rendez-vous avec son ex-amie Hailey, qui en a eu marre de l’attendre, et en a épousé un autre.

Tina, à présent caissière au Walmart, a rendez-vous avec Todd de qui elle était amoureuse.

Todd était champion de foot (comme les autres, il y a trop de foot dans ce bouquin…) et Tina s’est laissée entraîner dans une soirée où on l’a droguée et tout le monde est passé dessus sans y mettre les formes.

Ce récit, est long, et répétitif, mais plutôt bien structuré ; l’apparent désordre mène vers un but inexorable. Ces jeunes dont plusieurs sont de vrais criminels, font froid dans le dos. Nés dans un petit coin du Middle West, de condition modeste, ou de la classe moyenne, ils ont passé leurs adolescence à jouer au foot ( les garçons) au volley ( les filles) et les filles admiraient les garçons dans leurs exploits sportifs, et les garçons draguaient les filles, et l'on buvait … ceux qui tentaient d'avoir des projets un peu plus pointus ont eu de grosses difficultés parfois insurmontables.

J'ai apprécié  la construction globale , le bon déroulement des intrigues, la narration élastique et certains passages bien décrits.  d'autres sont à lire en diagonale...

 

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 12:54

Joëlle Losfeld, 2005 ,194 pages .

New-York, 1968 ; Sophie la quarantaine bien sonnée se fait mordre par un chat qu’elle souhaitait apprivoiser. Elle a peur des piqûres contre la rage. Elle est déçue par le chat. Elle est déçue par Otto son mari, avocat, qui vient de se séparer de son associé Charlie, l’un et l’autre pètent les plombs ; elle est déçue par son ex-amant Francis, un personnage que le lecteur trouve particulièrement inconsistant et on se demande pour quoi elle pense encore à lui ; Déçue par son métier de traductrice de français. Ils en ont marre Otto et Sophie, et c’est la grosse déprime ; Mais ils ne vont pas se séparer, et le chat ira à la SPA,  ça lui apprendra …

L’auteure sait installer une atmosphère, mais les personnages restent inconsistants, sauf l’héroïne Sophie ( et encore…) mais le chat est très vivant !

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 12:52

    10/18, 309  pages. ( 1ere publication Sonatine, 2018)

Thad et Aiden sont amis depuis l'enfance, celle-ci ayant été particulièrement difficile pour

eux, marquées par la violence et l'alcool, la drogue, la pauvreté. Ils vivent dans un vieux mobile home, au chômage. Aiden est l’amant d’April la mère de Thad. Elle n’a jamais aimé Thad produit d’un viol et qui a mal tourné. Aiden, orphelin de bonne heure, considère Thad comme son seul ami… Un ami dangereux qui l’entraîne dans des coups de plus en plus foireux.

Ils vivent en Caroline du sud, une petite ville nommée Little Canada, proche de Charleys Creek.
Thad a fait  l'armée, Afghanistan, en est revenu encore plus perturbé.

Après La mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden vont se retrouver avec une grosse somme d'argent et de la drogue à écouler....

C’est  un récit réaliste, bien ancré dans une contrée ( on s'y croirait), avec de belles qualités d'écriture et de narration... et très,  très noir…

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 23:32

Ed des Deux Terres, 2014

Titre original : the Saint-Zita Society, 2012.

Le quotidien des employés de maison de quelques bourgeois aisés de Hexam Place à Londres.

June, demoiselle de compagnie de la Princesse, 78 ans, décide de fonder un genre de syndicats qui se réunit au Dugong pub. Les autres membres le sont devenus pour lui faire plaisir...

Il y a Henry chauffeur de Lord Studley, qui passe son temps à attendre son maître, et le reste à faire des galipettes avec la gent féminine de la haute société.

Il ne s’en plaint pas trop, sauf qu’il a très peur d’être découvert, et que les  femmes ne font rien pour éviter de le compromettre… le docteur est très sympathique avec Jimmy parce que comme lui il a des origines roturières ; Beacon est le chauffeur noir des Still ( l’homme est banquier) il est outré par les mœurs de sa patronne.

Montserrat est catalane comme son nom l’indique ; elle est entrée au service des Still grâce à son père, et n’a rien à faire mis à part servir le thé, ouvrir une certaine porte à certaines heures et surveiller...

Rab est un acteur apprécié de séries télévisées médicales type « urgences » et le petit neveu de June ; la Princesse le reçoit aussi.

C’est Rabia une jeune pakistanaise, qui s’occupe des enfants Still notamment le petit Thomas qu’elle affectionne particulièrement car elle a perdu des enfants en bas âge.

On doit aussi mentionner Dex le jardinier : il adore les plantes et les fleurs et s’en occupe à la perfection.

Et Thea, une drôle de femme qui sert de domestique à tout le monde, tout en proclamant qu’elle n’est pas une domestique !! Sa culpabilité et son orgueil lui coûtent cher…

Le crime se commet à la moitié du roman, ne soyez pas trop pressés !

Un bon Rendell, des personnages divers et bien campés, une action lente mais agréable à suivre, un humour féroce, crime et assassinats au rendez-vous ; Rendell est toujours bonne lorsqu’elle fait évoluer des employés de maison…

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 00:02

Das Besondere Gedächtnis der Rosa Masur

Métailié, 2016, 410 pages.

« Si l’ennemi s’incruste dans ton âme, tu es perdu , sauf si tu réussis à geler ton âme »

Dans une petite ville d’Allemagne, Gigricht, une famille russe a récemment émigré ; nous sommes à la fin du 20 eme siècle ; Rosa a 92 ans , elle vit avec son fils et se belle-fille sexagénaires. Son petit fils déjà installé dans cette ville depuis un certain temps a influencé leur migration.

Dans un souci d’intégrer les étrangers la municipalité invite tous ceux qui viennent d’ailleurs à raconter leur histoire : le meilleur récit sera primé et gratifié de 5000 marks. Rosa a décidé de participer –et de gagner, car elle a besoin de cet argent ; elle veut que son fils puisse aller passer quelques jours à Aix en Provence- pour lui c’est le paradis. Et son fils a toujours eu beaucoup de problèmes dont elle se sent-à tort-responsable.

Rosa va donc se faire interviewer, mais cela ne suffira pas ; d’autres Juifs russes émigrés ont leur histoire à raconter ; pour être sélectionnée, elle produit un document extraordinaire qui suscite la curiosité de ceux qui préparent l’interview.

C’est toute la vie de Rosa qui va se dérouler dans ce récit, une vie qui débute en 1907 dans la petit village de Vitchi en Biélorussie. La famille est pauvre, Juive, et en butte à des persécutions : l’histoire de ces persécutions ( plus ou moins forte suivant les gouvernements, et les hasards) et la façon d’y résister sont une des composantes majeures de l’histoire.

Mais il y a aussi tous les événements qui sont le lot de ce sinistre vingtième siècle : chute du tsarisme, mise en place de la Russie soviétique, première guerre mondiale, occupation nazie, stalinisme… et leurs répercussions sur la vie de Rosa ses parents, la famille qu’elle fonde, ses diverses occupations professionnelles, ses relations, son amie Macha restée présente par delà la mort…

Car Rosa va partir à Leningrad, jeune encore et pleine d’espoir : sous Lénine, les femmes travaillent et étudient. D’autres obstacles l’attendent. Sa vie mouvementée, les moments difficiles tels que le siège de Leningrad, reflètent bien les problèmes sociaux et politiques de l’époque, en même temps ils mettent en scène de façon vivante un destin et une expérience individuelle.

Tout cela est très impressionnant, et l’on reste admiratif de ce que Rosa a pu vivre et de tout ce qu’elle a surmonté.

Rosa nous laisse à penser que certains événements qu’elle narre sont fictifs, sans nous dire lesquels, à nous de faire la part des choses. On n'a guère de mal à imaginer ce qui est fictif. Je trouve d’ailleurs que Rosa force un peu le trait, au risque de faire apparaître certains éléments de son récit comme caricaturaux.

Le récit ne manque pas d'humour, discret, mais souvent très noir, d'autres parties sont empreintes d'une forte tension dramatique, ou de mélancolie.

Vraiment un récit très fort.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 09:02
Patricia Highsmith Carol et l'Empreinte du faux

Carol ***

Au début des années 50, à NY, Therese jeune fille désireuse de débuter comme décoratrice de théâtre, vend des poupées dans un grand magasin aux approches de Noël, c’est un job saisonnier, contraignant. Une femme mûre encore belle, blonde et vêtue élégamment, attire son attention. Therese a une liaison avec un jeune homme Richard peintre raté, et s’ennuie avec lui. Depuis son enfance dans une école religieuse, elle se sent plus attirée par les femmes que par les hommes. Cela devient évident, lorsque la belle inconnue s’approche d’elle. La transaction terminée les deux femmes vont se revoir : Carol est en instance de divorce, son mari et elles, se disputent leur fillette.

Progressivement Therese et Carol vont se rapprocher l’une de l’autre, et partir en voyage pour mieux se connaître ; la liaison devient charnelle (je ne dirais pas érotique car ces quelques ébats n’ont rien d’excitant). Hélas, le mari a engagé un détective pour les suivre.

Ce roman est plutôt ennuyeux, même si on s’intéresse aux deux héroïnes, la façon de raconter cette histoire est assez plate. Dans ses romans psychologiques non criminels Highsmith a du mal à être originale ; quand je dis « roman non criminels » je n’en vois qu’un d’ailleurs (celui-ci justement).

Patricia Highsmith L’Empreinte du faux ****+

The Tremor of Forgery 1969

Howard Ingham romancier, débarque à Tunis, début juin 1967, dans le but de s’imprégner de l’atmosphère tunisienne pendant trois semaines. C’est John Castlewood metteur en scène ami qui l’y a envoyé. Tous deux doivent écrire un scénario intitulé « Trio » une histoire d’amour à trois en Tunisie, et qui finit mal.

Howard loue un bungalow à Hammamet, et commence à écrire un autre récit, auquel il tient davantage: une histoire de faussaire… se lie avec son voisin, Adams. Ce dernier est un personnage moralisateur, redresseur de torts, favorable à la guerre du Vietnam. Il écrit pour la radio des discours de propagande pour expliquer aux russes « Our Way Of Life ». Howard ne l’aime guère, et le surnomme à part lui Owl (sigle pour Our Way of Life). Howard fait aussi la connaissance d’un peintre danois, Jensen, qui vit à la dure pour y pratiquer son art.

Mais Howard attend surtout des nouvelles de John, et encore plus d’Inès, sa presque fiancée. Les lettres sont bien longues à arriver, il pense que c’est à cause de la guerre des six jours qui vient d’éclater… puis les nouvelles arrivent et elles sont stupéfiantes : John Castlewood s’est suicidé, et Inès tient des propos ambigus. Que s’est-il passé là-bas ?

Les ennuis se mettent à pleuvoir sur Howard, déstabilisé. Sa voiture forcée, son bungalow cambriolé… Lorsqu’un individu s’y introduit de nouveau en pleine nuit, Howard lui jette sa machine à écrire à la tête.

Cela ressemble à un bon livre, et pourtant je me suis ennuyée au tiers … et l’ai néanmoins achevé. Les portraits psychologiques sont intéressants, la narration se traîne un peu, mais l'atmosphère d'anxiété est bien rendue.

Patricia Highsmith Carol et l'Empreinte du faux
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