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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 09:01

210 pages, publié en 1972 inachevé

Une femme et son futur ex-gendre conduisent la fille et fiancée de ceux-ci Ineko dans une maison de repos. Ineko est atteinte d’une curieuse maladie considérée comme la manifestation d’un trouble de la personnalité : elle ne voit plus le corps humain, de temps à autre. En fait, elle ne voit plus le corps de son fiancé en dessous des épaules. Cela a commencé alors qu’ils avaient une relation sexuelle apprend le jeune homme à la mère.En fait, le malaise est bien plus ancien. On apprend petit à petit comment Ineko a développé son symptôme, le rôle ambigu qu’elle devait jouer auprès de son père

Le fiancé n’est pas d’accord pour interner Ineko ; il va la délivrer menace t-il. En chemin ils voient des choses bizarres : le garçon une souris blanche la mère un champ de pissenlit qui ressemble à des êtres humains jeunes ou angéliques ??? Elle ne sait pas ; toutes les demi-heures ils entendent sonner la cloche de l’asile supposant que c’est Ineko qui la fait sonner et les appelle. Cependant la cloche ne sonne jamais de la même façon et leur inspire des sentiments variés.

Ils s’arrêtent dans une auberge.

L’échange de propos entre la mère et le fiancé est intéressant. Ces deux êtres cultivent des sentiments contradictoires envers Ineko et leurs ressentis sont exprimés avec beaucoup de poésie, ainsi que des quiproquos parfois amusants. Ils nous informent sur le trouble d’Ineko, le rendent moins mystérieux, mais pas moins problématique : le dialogue baigne dans une atmosphère mélancolique et inquiétante, parsemée aussi de propos humoristiques. Au fond ces deux là s’entendent bien mieux qu’ils n’en ont l’air. On se demande s’ils ne vont pas former un vrai couple, la pauvre Ineko étant définitivement écartée de l’affaire… on ne saura pas car l’histoire est inachevée. Cet inachèvement contrarie mais n'empêche pas d'être encore une fois envoûté par la belle prose de ce grand écrivain.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 09:21

Presse-Pocket, 1965, 186 pages.

C’est l’histoire de Louis Cuchas né fin du 19 eme siècle rue Mouffetard cinquième des six enfants de Gabrielle Cuchas, dont le mari alcoolique a disparu ; elle est marchande des quatre saisons aux Halles. A beaucoup d’amants de passage, et tout le monde dort dans la même pièce les enfants séparés des adultes par un simple drap tendu.

Louis est différent de ses frères et sœur, il est très observateur, se tient en deçà des histoires de la famille au jour le jour, bien qu’il se tienne au courant, et parle peu. La contemplation est son activité favorite. Un des amants de sa mère lui offre des crayons de couleur et joue avec lui aux échecs. Ces deux activités vont décider de son avenir. Il deviendra peintre après avoir aidé sa mère dans son métier et être devenu commerçant aux Halles pendant pas mal d’années. Peintre sans école, ni surréaliste, ni cubiste, ni rien de tout cela, mais pas non plus académique ou pompier. Un talent très personnel. Des tableaux sont décrits et permettent d’imaginer la chose.

Son surnom « petit saint » lui vient du fait qu’il ne se bagarre pas en classe, en rend pas les coups qu’on lui donne ( il est vraiment petit, ne dépassera pas 1m55) et reste franchement très raisonnable pour un garçon qui a reçu peu d’éducation et est entouré de mauvais exemples. Mais sa sagesse n’a rien d’un choix moral, elle est due à son indifférence pour les passions humaines. Il n’éprouve ni envie, ni jalousie, ni peine ni regret, tout entier plongé dans la contemplation.

Outre l’apprentissage de Louis qu’il rend crédible et assez intéressant, l’auteur décrit la vie des gens dans ce quartier populaire, où l’on est pauvre sans être nécessiteux. Les personnages de la famille de Louis sont bien rendus, peu fouillés (le roman est court)mais plus que de simples silhouettes.

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 10:32

Actes-sud 2014 365 pages.

C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur : Drick qui est psychothérapeute dans un centre psychiatrique, et Suzanne anesthésiste dans un hôpital. Ils ont toujours été proches : très jeunes ils ont perdu leur mère, accidentée d’une falaise (suicide accident, voire crime ?) leur père qui était présent, s’est éloigné d’eux et leur tante, Leida infirmière les a élevés : elle a suscité leurs vocations dans le milieu médical, bien qu’elle ait lâché son métier pour les élever. Ne s’est pas mariée non plus. Bref un sacrifice total sur lequel on s’interroge.

Drik et sa femme Hannah n’ont pas eu d’enfant ( lui n’en voulait pas, elle on ne sait pas, étaient-ils stériles ? on dit qu’ils ont « conservé leur secrets » ????) Suzanne a eu une fille Rose, et Peter son mari est psy tout comme Drik : les deux couples et l’unique descendante sont très proches. Sauf que Rose a voulu vivre seule subitement, ce que Suzanne vit mal. Aurait-elle un copain ?

Au début du roman, Drik a perdu Hannah victime d’une maladie incurable. Il recommence à travailler et reçoit son premier patient depuis la mort de sa femme. Le jeune Allard interne en première année de psychiatrie semble avoir une raison importante de venir ; il ne se plaît pas dans la spécialité qu’il a choisie, et se demande s’il ne doit pas en changer. Tout de suite, Drik a un mauvais pressentiment, ce patient lui déplaît ; mais il attribue ce malaise au fait qu’il est resté trop longtemps sans travailler : il doit tenir bon !

Et pourtant la petite famille si soudée va bientôt voler en éclat !

Dans une post face l’auteur explique qu’elle a voulu mettre en face l’analyse, lieu où l’on cherche à se souvenir, à prendre conscience d’événements et de pensées refoulées, et l’anesthésie, discipline basée sur l’oubli, le sommeil, l’absence de douleur. Avec Drik le lecteur perçoit les difficultés d’une psychothérapie qui se voudrait classique avec un patient qui réagit bizarrement ; avec Suzanne on pénètre dans les blocs opératoires, et on assiste à moult opérations certaines complexes et risquées ; on partage les problèmes des médecins et chirurgiens certains actes chirurgicaux sont « obligatoires mais complètement inutiles, car le patient ne vivra pas longtemps de toute façon ». La proximité de la mort que confère l’anesthésie donne un sentiment de toute-puissance, et Suzanne s’afflige de découvrir que même les anesthésistes peuvent eux-aussi atterrir au bloc opératoire au titre de patients.

La façon dont cette famille (Drik Suzanne et leurs proches) très soudée va progressivement se déliter, est bien décrite, la vie professionnelle de Suzanne intéresse car très bien documentée. Pourtant, on finit par s’ennuyer : d’abord avec Drik et son patient, ces séances laborieuses et qui ne mènent à rien. Drik en dit beaucoup trop à son patient, il ne le laisse pas s’exprimer.

Le bloc opératoire, va nous tenir en haleine plus longuement mais l’écriture est loin d’être aussi convaincante que par exemple « Réparer les vivants » avec laquelle on ne peut s’empêcher de faire quelques comparaisons.

Quant à l’intrigue elle-même, l’élément perturbateur devrait dévoiler tout ce qui ne va pas dans cette famille. Ce n’est pas franchement le cas…

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 22:23
Alice Munro Rien que la vie ****+

L’Olivier octobre 2014, 313 pages.

Titre original :Dear Life 2012

Nous avons là une quinzaine de nouvelles courtes d’Alice Munro qu’on ne cesse de comparer à Tchekhov depuis qu’elle a obtenu le Nobel.

L’auteur décrit la vie de quelques personnages, leur vie quotidienne et une portion importante de leur vie tout court, avec les faits importants qui en ont infléchi le cours. Souvent il ne se passe rien au sens d’un événement romanesque, et pourtant les récits fourmillent d’aventures et de rebondissements. L’auteur se plaît à mettre en place des situations frustrantes: dans Admunssen ; la jeune institutrice qui trouve un poste dans un sanatorium, n’a pas le droit d’enseigner vraiment. Elle s’applique à éprouver de l’amour pour le médecin, car elle s’ennuie : pas de romance évidemment, et pas de vrais regrets. Sauf pour l’admirable paysage… Un autre personnage de ce sanatorium, une lycéenne enthousiaste et pleine de ressources dans cet univers triste et austère, reste une énigme : comment s’y prend-elle pour être heureuse ?

J’ai aimé particulièrement la nouvelle « Train » : un soldat qui revient du front, saute du train trente kilomètres avant sa destination, lorsque l’engin ralentit suffisamment. Nous restons à ignorer longtemps (presque jusqu’au terme du récit !)pourquoi il ne voulait pas aller jusqu’au bout ; pendant ce temps Jackson vivra sa vie : rencontre fortuite d’une vache dynamique, d’une fermière enjouée, vivant dans le passé, et dans des conditions vétuste, avec qui il s’établit, puis les circonstances qui lui font aller en ville…

Dans « Corrie » un couple illégitime est victime de chantage de la part d’une domestique. Sur ce thème vraiment classique, l’auteur a brodé quelque chose d’original. Il y a aussi des situations vraiment dramatiques comme dans « La Gravière » : deux fillettes et leur chien, un couple désuni, le ressentiment de la cadette envers une aînée trop entreprenante cette hyperactivité masquant son désarroi.

Dans « Vue sur le lac » on ne devine pas tout de suite ce que signifie l’errance de la narratrice qui cherche dans une ville inconnue un médecin apparemment introuvable. Ce récit est d’une féroce ironie. L’ironie est présente dans la plupart des récits , plus ou moins appuyée. Le titre anglais « Dear Life » est également ironique, ce que ne dit pas le titre français.

Un recueil qui m’a bien plu dans l’ensemble. L’auteur nous présente les quatre dernières nouvelles comme plus autobiographiques que les précédentes « je crois qu’elles sont les premières et dernières choses- et aussi les plus proches-que j’aie à dire de ma propre vie ». Elles sont centrées sur l’expérience du deuil, notamment celui de la jeune servante à qui la narratrice était fort attachée, victime d’un accident mortel. La fillette appréhende de voir un corps mort , son premier mort, et finalement n’éprouve pas du tout ce à quoi elle s’attendait…précisément, c’est là une des jouissances offertes par ce recueil : on est toujours surpris !

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 13:42
Olivier Adam Peine perdue**+

L’Olivier, 2014

Antoine, jeune chômeur, footballeur prometteur mais violent, fait un petit boulot dans un camping, dans les environs de la corniche de l’Estérel. Repeindre des mobil-homes. C’est là qu’il se fait fracasser la crâne, on ne sait pas par qui. Il n’a pas pu aller cherche Nino son petit garçon pour aller voir nager les dauphins. Et il n’ira pas de sitôt. En plus, une tempête menace…

On a 22 monologues à la troisième personne, de gens qui vivent là dans ce paradis pour touristes, qui est leur décor naturel car pour la plupart, ils y sont nés. Des jeunes gens de trente ans et des poussières, qui sont chômeurs, ou font des travaux difficiles et sous-payés ; avec des petits enfants (ou non). D’autres gens venus de Paris, à la dérive, squattant une maison, se droguant, souhaitant mourir pour x raisons…

Au début, on s’intéresse à eux, à leurs problèmes, jusqu’à la page 100 environ, puis on trouve que ça se répète, on passe pas mal de pages. Les défauts d’Adam sont toujours un peu les mêmes : forcer dans le misérabilisme, trop traîner dans le sentimental, manquer de sobriété. En faire trop. Il nous inonde, nous submerge comme la fameuse tempête …

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:20
Valérie Zénatti Jacob, Jacob ****

L’Olivier, août 2014, 166 pages

C’est une famille de juifs pauvres à Constantine en 1944 ; le plus jeune fils de Rachel, Jacob, est appelé au front. Il vient juste d’obtenir son baccalauréat. La famille : Haïm le père cordonnier, Abraham le fils aîné, cordonnier aussi, boivent beaucoup, battent femmes et enfants. Deux autres fils Isaac et Alfred sont présentés comme ne valant pas grand-chose ; Madeleine, femme d’Abraham, et ses trois enfants Gabriel, Fanny, et Camille aiment profondément Jacob

Les femmes sont toujours à la cuisine, ménage, service des hommes, aucune distraction ni joie, les enfants dorment sur des matelas, ne sont pas nourris à leur faim. Jacob est le seul élément civilisé, parmi les adultes, et il va se battre en première ligne, pour délivrer la France, à l’hiver 1944, à Mulhouse. Ses camarades sont juifs arabes chrétiens, ils s’entendent encore bien, et chacun respecte les traditions, la religion du voisin. Tous sont logés à la même enseigne, cruelle, donner leur vie pour la France !

Le neveu de Jacob Gabriel fera plus tard la guerre d’Algérie, dans un contexte différent : il devra tuer des Arabes.

Récit poétique, bien écrit, à fleur de peau, sensible ; on s’attache immédiatement aux personnages ; il n’y a guère d’espoir pour cette famille plus ou moins sacrifiée. Deux descendants de Jacob survivent à ces conditions difficiles et auront une vie presque normale.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 14:28
Yves Ravey Cutter

Minuit, 142 pages, 2009

Le narrateur est un adolescent (ou peut-être n’a-t-il que 12-13 ans ?) et c’est son oncle Pithiviers qui décide de son destin. Hélas cet oncle est un bien méchant personnage ; dès le début, il oblige le jeune garçon à l’aider à castrer un chat (avec le fameux cutter) et à asphyxier les petits de la portée. Pithiviers est jardinier et son neveu l’aide : après le chat, il y aura mort d’homme. En effet Mme Kaltenmuller la maîtresse de maison a décidé de sa débarrasser de son mari en simulant un suicide ; avec l’aide de Pithiviers. Le narrateur voudrait bien aider sa sœur Lili sur qui passent tous les hommes qui la croisent…. Peut-il faire confiance à l’inspecteur de police venu enquêter ?

Ce récit est écrit semblablement aux précédents, pour chasser l’aspect dramatique des situations, l’auteur évite le passé simple, le présent de narration, et le monologue intérieur. Le narrateur rapporte des faits précis et concrets. On a des jeux de mots « Je me suis tu » : ce verbe taire, est ici mis en relation avec le pronom « tu » comme si l’on cherchait à aller du je au tu ( le lecteur ?) ; et bien sûr le verbe « tuer » est aussi de la partie.

Au bout de trois opus on est un peu las d’Yves Ravey.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 20:56
Chloe Hooper Fiançailles ****+

Christian Bourgois, 2013, 303 pages.

Liese Campbell, agent immobilier pour le compte de son oncle, fait visiter des appartements à vendre à Melbourne et dans les environs. Elle s’est exilée après avoir été licenciée de son job d’architecte dans son Angleterre natale.

Liese a des dettes, car depuis longtemps elle vit au-dessus de ses moyens, et ne peut s’empêcher d’acheter des objets coûteux lorsqu’elle se sent dépressive ( c'est-à-dire souvent).

Pour améliorer sa situation financière, elle se prostitue : un seul client, Alexander Quolqu’houn, fermier prospère, avec qui elle se livre à des jeux érotiques plus ou moins pervers dans les appartements qu’elle est censée faire visiter. Ces jeux sont assortis de scénarios mis au point par Liese qui fait semblant d’être prostituée depuis longtemps et d’avoir d’autres clients, pour mieux exciter Alex… et elle-même.

Sa liaison rémunérée lui plaît autant qu’à Alexander, et elle n’a semble-t-il nul besoin de feindre le plaisir. Cependant, elle veut quitter l’Australie pour Shanghai : un nouveau job et d’autres aventures.

Elle accepte avec enthousiasme la proposition écrite d’Alexander lui proposant un dernier week-end ensemble, encore mieux payé que d’ordinaire, dans sa propriété en plein milieu du bush. Elle ne connaît pas du tout, ayant passé tout son temps en ville.

Aussitôt arrivée dans cette propriété loin de tout, Liese se sent dépaysée, et se rend compte qu’Alexander ne veut pas jouer le même jeu que d’habitude : il affecte le mépris pour la prostitution, ne veut pas la toucher, lui insinue tranquillement qu’ils vont rester ensemble se marier, avoir des enfants. Lise se rend compte qu’elle ne peut quitter la propriété, Alexander l’enferme, plus ou moins. Il détient des lettres compromettantes… La comédie du mariage et du sauvetage de la fille perdue, c’est un scénario que doivent parfois jouer les prostituées. Tout de même Alexander pousse le bouchon un peu loin !

Liese est paniquée. Elle veut s’enfuir. En même temps, elle ne déteste pas complètement la situation. Alexander continue à lui plaire tout en l’effrayant et en lui posant un problème insoluble

Ce qui disent les lettres est faux, mais révèle quelque chose de Lise. Serait--elle un peu nymphomane justement ? Aurait-elle envie de se marier finalement ? Pourquoi a-t-t-elle accepté de suivre cet homme dans un endroit si loin de tout ?

Le roman ne permet pas de répondre de façon sûre à ces questions. La fin surprend mais ne résout pas tout. On continue à s’interroger sur certains points, la dernière page tournée.

Cela me fait penser au roman « Une fille qui danse » de Julian Barnes ; car dans ce récit également, la fin ne m’a pas permis de tout comprendre ! Mais, c’est assez bien enlevé, les deux personnages sont complexes, le repas de fiançailles avec de nouveaux personnages aux petits rôles bien fignolés est un morceau de choix…

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 20:27

Christian Bourgois, 2010, 273 pages.

Alex et Sonia sont mariés depuis dix-huit ans, et ont une petite fille. Leur couple a connu bien des vicissitudes : architectes tous deux, ils avaient monté une agence qui a bien marché puis fait faillite et recommence à tourner. Issus de milieux différents ( grands bourgeois pour elle, petits pour lui) ils ne se sont jamais sentis bien ensemble. Sexuellement, ça marchait couci-couça : Alex a toujours eu une maîtresse Iwona une Polonaise clandestine en Allemagne, très pieuse, sans culture, énigmatique et très versée dans une sorte de mysticisme humble. Cette femme ne semble pas du tout lui convenir, encore moins que son épouse, mais plus le temps passe, plus le lien mystérieux qui les lie se resserre!

C’est l’histoire de ce couple « à trois » que raconte Alex qui parle à la première personne.

Il ne se passe rien d’extraordinaire dans le récit, mais les personnages ont chacun leur énigme, leur parcours personnel ; chacun d’entre eux est intéressant ; les petits rôles ( les amis les ex-amis et même les parents ) sont bien campés. Un ensemble original, une atmosphère bien particulière.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 11:33
Emile Zola Nana*****

1ere édition en 1880 après parution en feuilleton.

L’action débute en 1868 ;fille de Gervaise et de Coupeau ( tous deux décédés d'alcoolisme dans l’Assommoir) Nana a dix sept ans, elle débute au théâtre des Variétés dans le rôle de Vénus qui vient semer le trouble parmi les dieux de l’Olympe : la pièce est une fantaisie musicale, mise en scène par un artiste bon vivant : Bordenave. Il croit en Nana : non pas en ses talents d’actrice, elle n’en a aucun et chante faux mais dans son charme ( beauté du visage, volupté et opulence des formes, aptitude à séduire).

Nana est déjà une fille entretenue. Un riche marchand de Moscou l’a installée dans un appartement boulevard Haussmann ; elle a même une femme de chambre qui exerce des fonctions d’intendante ; mais le bienfaiteur a disparu et Nana se cherche un autre amant prodigue : elle compte sur le banquier Steiner qui l’a déjà pas mal aidée. Il lui faut aussi de l’argent pour récupérer son fils que la nourrice garde en attendant qu’on la règle. Cet enfant est encore un bébé, et Nana ne sait de qui elle l’a eu.

La situation évolue : Nana se fait entretenir par le banquier, qui lui achète une maison de campagne « les Mignottes » ; là-bas, elle subit ce vieil amant, tout en goûtant des plaisirs de son âge avec Georges dit » Zizi », un très jeune homme qui fait le mur tous les soir pour la rejoindre. Nous avons là un très joli moment champêtre, où Nana vit à peu près comme une fille normale, s'amusant et rêvant avec son copain.

On nous montre aussi la société fréquentée par le comte Muffat et sa femme Sabine. Ce couple est assez austère, mais va changer bien vite, le comte Muffat étant amoureux de Nana et après une très longue cour va finalement devenir son amant. Avant cela Nana aura une liaison sérieuse avec un de ses collègues acteurs. Ils se mettent en ménage, mais Fontan laisse rapidement apparaître son caractère violent…

Le comte Muffat est un haut dignitaire, attiré par la fraîche jeune fille ( pour lui," le péché", car il est très pieux) l’installe dans un hôtel avenue de Villiers ; ce sera la grande vie pendant un temps assez court. Nana ne joue plus au théâtre , s’ennuie à mourir à attendre ce monsieur tous les jours, ce qui la fait dépenser bien plus d’argent qu’on ne lui en donne, devoir pour cela se prostituer chez « la Picon » et aussi s’entourer de jeunes gens de son âge (dont Georges qui en est très épris…) pour passer le temps, et d'hommes plus âgés...

Une vie très compliquée qui donne l’occasion à l’auteur d’explorer plusieurs groupes sociaux : le milieu théâtral de boulevard, la haute société avec les Muffat, le groupe de demi-mondaines amies de Nana et qui seront seules à ses côtés à la fin ; la maison de passe de la Picon, et cette jeune orpheline prostituée homosexuelle qu’on appelle Satin ; le monde des domestiques , avec notamment la figure de Zoé. Tout est fignolé même les petits rôles ( le fils de Nana pauvre petit garçon malade, où la vieille Maloir qui vient ponctuellement faire un bésigue ) Comme dans tout roman de Zola j’ai repéré un morceau de bravoure : ce sera le concours hippique où court une jument nommée Nana …

Un roman riche, très complet dans l’observation de plusieurs groupes sociaux, avec des personnages vivants et bien mis en scène ; plusieurs d’entre eux sont assez complexes, vraiment une des œuvres les plus réussies de Zola. Evidemment, on a peine à croire que plusieurs hommes riches se ruinent pour une simple jeune fille, mais Zola s'est inspiré de plusieurs récits de vie.

Nana interprétée par Martine Carol

Nana interprétée par Martine Carol

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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