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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 11:02

Charleston, 2020, 350 pages

Une réécriture d’une partie de la guerre de Troie du point de vue de Briséis, à partir du moment où  la captive d’Achille  dût partager la couche de celui-ci et la vie des prisonnière des Grecs. Le quotidien des femmes captives (les «  Troyennes »  en somme, mais celles d’Euripide sont ici personnages secondaires. ) Briséis parle à la première personne, et en alternance, une voix omnisciente conte le vécu d’Achille.

la vie quotidienne de Briséis est faite d'ennui et d'effroi; tout le jour tisser des vêtements et de la literie , servir à table, attendre qu'on vienne la chercher (ou non) pour le service sexuel et craindre à tout moment que son sort ne bascule dans une situation pire! Les hommes ont le droit de vie et de mort sur les captives ( mais sur les épouses et les soeurs également...) La jeune femme a le sentiment de ne rien contrôler, cependant au fil des jours, elle impose sa personnalité de façon imperceptible mais réelle...

Le langage adopté est moderne ce qui pourrait choquer les spécialistes des textes antiques ; les autres apprécieront de se sentir plus familiers avec l’Iliade, le récit est très bien documenté, L’histoire est rendue vraisemblable, et les personnages plausibles.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:17

Belfond, 2011, 467 pages.

Titre original : The Slap, 2008.

C’est un roman australien, d’un romancier d’origine grecque, conseillé par Manu, (dont on a tiré une série pour la TV que je n’ai pas vue) où s’expriment plusieurs personnages chacun faisant l’objet d’un chapitre.

Tous étaient présents au barbecue organisé chez Hector et Aisha, et tous ont été témoins de la fameuse gifle donnée par Harry, le cousin d’Hector, à Hugo, petit garçon de trois ans insupportable, brise-fer, agressif, affecté d’un père frustré et porté sur la bouteille, et d’une maman-poule qui l’allaite encore à la demande…

Cette gifle divise les protagonistes : deux camps se sont formés, ceux qui donnent raison à Harry, ou du moins excusent sa conduite, et ceux qui soutiennent les parents qui ont porté plainte, et ne veulent plus rien savoir de Harry. Les discussions sur la gifle engendrent des querelles entre les couples ( le couple qui a porté plainte, celui de Harry qui est accusé, les organisateur s du barbecue, et les parents d’Hector ) ; mais la gifle divise aussi trois amies intimes, une lycéenne et sa tante et derrière ces dissensions à propos de châtiment corporel, éclatent d’autres conflits jusque là laissés dans l’ombre…

En suivant chaque personnage de son point de vue, L’auteur raconte sa vie à la troisième personne, informe de ses pensées entre guillemets, et fait avancer l’intrigue qui va durer plusieurs mois. A travers Hector, Anouk, Harry, Connie, Manolis, Rosie, Aisha, et Richie, se dessine le portrait d’une société d’âges divers ( de dix-huit à 70 ans) de classes sociales et culturelles différentes, de projets de vie hétérogènes, de valeurs également diverses ainsi que les ethnies : (Grecs, anglais d’origine, aborigènes…)Chaque personnage s’exprime dans un langage qui lui est propre (plusieurs d’entre eux sont franchement vulgaires) ; on peut dire qu’en dépit des différences, tous sont portés à s’enivrer peu ou prou (sauf le couple musulman) ; et que tous ( excepté les septuagénaires et les musulmans) se droguent régulièrement : la coke, l’ecstasy le speed, sont des recours fréquents, assaisonnés de somnifères et de Valium.

Bref un microcosme censé révéler une société qui va mal, aussi bien les protagonistes que les personnages secondaires bien dessinés aux aussi. Un ensemble intéressant malgré certaines longueurs. Pour certains de ces personnages, le récit de leur vie est trop détaillé et se révèle ennuyeux. J’ai passé des pages concernant le papa d’Hector, qui enterre un de ses amis : je ne sais pas pourquoi les vieux couples m’ont énervée… question de subjectivité ! Dans l’ensemble ce récit est une bonne étude de mœurs.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 16:43

 

 

 

 

Voici la première réduction de pal :

 

 

 

Christian Bourgois, 105 pages.

 


 

 

Titre original «  Disquiet »

 

Une femme revient d'Australie chez sa mère en France avec ses deux enfants ; elle s'introduit par effraction mais est correctement accueillie par sa père et la vieille servante, dans la grand propriété où elle a vécu jadis. Son mari la battait. En même temps, le frère de cette femme, et son épouse Sophie arrivent de l'hôpital. Sophie a donné naissance à une fillette mort-née : Alice. Elle ne veut pas s'en séparer.

 

Le récit se déroule sur plusieurs jours, et concerne essentiellement les tentatives des divers proches de Sophie pour lui faire abandonner son bébé défunt et pratiquer un enterrement. Ainsi que l'essai de fuite du petit garçon Andy et de sa soeur sur le lac de la propriété à bord d'un canot.

 

Le narrateur créé la surprise et voile d'anxiété l'atmosphère, en décrivant les allées et venues et actions des uns et des autres avec précision, ne distillant qu'avec parcimonie des informations nécessaires à la compréhension. Les dialogues sont nombreux et courts se limitant souvent à des informations pratiques, ou à des formules relevant de la fonction phatique.

Le narrateur désigne la mère et les deux enfants en disant «  la femme »; « le petit garçon »; « la petite fille, » alors que leurs proches les appellent par leurs prénoms et qu'ils se nomment eux-mêmes entre eux. Par ailleurs le narrateur appelle les autres personnages par leur nom.

Sans doute veut-il par là montrer à quel point cette femme est devenue étrangère à ses proches ainsi que ses enfants qui les voient pour la première fois.

Mais c'est la famille tout entière que le lecteur appréhende de façon distanciée, comme s'il les voyait de loin. Pourtant l'on partage le désarroi des uns et des autres concernant la folie de Sophie, qui impose la présence de son bébé mort à tous, se demandant si elle est destinée à durer. La femme et ses deux enfants reste plus mystérieuse, on ne sait pas quelles relations complexes elle avait noué avec cet homme en Australie, ni s'il faut le craindre.

 

C'est avant tout un récit d'atmosphère, une vision du monde inquiétante, donnée à ressentir  à travers quelques jours d'une famille vivant une situation délicate, mais non désespérée.

 

Une écriture et un type d'atmosphère que j'affectionne particulièrement. La situation de deuil et son évolution sont décrites avec une rare justesse!

 

Lu aussi par Mango  Papillon et Lilly

 

 


 

Julia Leigh  Julia Leigh est australienne, née à Sydney, et âgée de 40 ans. Elle a publié un autre roman traduit en français " le Chasseur" que je commanderais un jour sur Internet , car il est introuvable en librarie.


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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 23:00

Cette nouvelle célèbre que l'on peut trouver aussi dans l'intégrale des « Nouvelles » publiées chez Stock, raconte l'histoire d'un faux écrivain, gigolo et homosexuel raté.

 


L'infortuné Raoul Duquette, 26 ans. Il s'adresse au lecteur avec beaucoup d'auto-suffisance, mâtinée d'ironie et de dérision. Le garçon se moque de lui-même tout en se prenant au sérieux, et l'ambiguïté du ton est telle qu'on ne sait jamais jusqu'à quel point.


«  Réellement, je ne crois pas à l'âme humaine, je n'y ai jamais cru. J'ai la conviction quel les gens sont comme des valises ;remplies de choses diverses, elles sont expédiées, jusqu'à ce qu'enfin, l'Ultime Porteur les jette dans l'Ultime Train, et qu'elles roulent au loin dans un bruit de ferraille... »


Le narrateur se tient dans un petit café pas cher, à Paris dont il décrit la clientèle, et les allées et venues du serveur avec autant de brio que ses états d'âme et ses sentences farfelues.


«  Croyez-vous que chaque endroit ait son heure du jour, pendant laquelle il prend vie? Ce n'est pas là tout à fait ce que je veux dire; c'est plutôt ceci : il semble qu'en réalité il y ait un moment où vous sentez que vous arrivez par hasard sur la scène, à la minute exacte où vous y étiez attendu : tout est préparé, en suspens... »


Sur un coin de table, il écrit de petites phrases qu'il sait être assez mauvaises, parce qu'un jour il a repéré un dessous de main sur lequel était écrit « je ne parle pas français », phrase qui, comme la madeleine de Proust, fait déferler des réminiscences.


Ce détail a fait remonter en lui des souvenirs d'enfance sous la forme d'une blanchisseuse noire qui le caressait régulièrement, en échange d'une pâtisserie. La première «  qui ne parlait pas français ».

la deuxième ce fut une jeune anglaise «  Mouse » de laquelle il s'est vengé de l'humiliation que lui faisait subir son ami Dick, qui le trait comme un « fox-terrier » .

Il précise son ambiguïté sexuelle avec un autoportrait «  petit mince peau olivâtre, yeux noirs aux longs cils... petites dents cariées... on m'a dit «  vous avez des mains à faire des pâtisseries fines... je suis assez charmant, grassouillet, presque comme une fille.. »


Avant de nous conter par le menu, son histoire avec les deux Anglais, il commence son autobiographie et se met en scène dans un petit appartement à un cinquième étage, censé devenir écrivain sans y croire plus qu'à présent. Il fait des dettes, tâche de se produire dans des endroits à la mode, réussit à publier des textes aux noms évocateurs «  Fausse monnaie » ; «  Erreurs de porte »...


C'est un texte assez loufoque, Raoul s'y met en scène tantôt comme écrivain, nous gratifiant d'histoires qu'il invente ( parfois il demande au lecteur si le texte lui plaît), tantôt comme narrateur de sa propre vie, mélangeant fiction et réalité ainsi que le présent et le passé, et les différentes époques du passé, les pensées et les actions, le tout forme un monologue savamment décousu, tantôt cocasse tantôt triste, vif, et elliptique , en tout cas très original.

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