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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 17:16

Gallimard, 1925, 360 pages

 

Gide l’appelle «  son faux premier roman » ; il a été précédé de plusieurs récits  qu’on peut tenir pour des romans ou de longues nouvelles et qui n’ont que peu de personnages : par exemple la Symphonie pastorale ; d’autres livres tenant plus de l’essai : les Nourritures terrestres et des récits burlesques : les Caves du Vatican que Gide appelle « une sotie ».  Je n’ai pas relu ces livres,je le ferai peut-être.

 


 

C’est bien son premier roman dans la mesure où il est assez long et comporte un grand nombre de personnages ;  la genèse du roman, de nombreuses scènes  devant servir à ce roman, et des réflexions sur le genre romanesque, sont relatée dans un texte parallèle «  le journal d’Edouard » , réalité supposée qui jouxte la fiction du roman. Romancier en herbe, auteur du journal, personnage du roman, essayiste à ses heures,  Edouard est la figure principale des Faux monnayeurs. 

Le roman en tant que fiction,  débute avec Bernard, jeune homme qui achève ses années de lycée ; il découvre que son père légitime n’est pas son père biologique. Et quitte la maison après avoir écrit une très méchante lettre à ce «  faux « père qui n’a d’autres défaut que de porter un nom ridicule ( Profitendieu) ; Bernard va se réfugier chez son ami Olivier, autre futur bachelier : ils sont très proches, mais leurs orientations sexuelles sont différentes (on le devine facilement, ce n’est pas dit en toutes lettres,  nous sommes au début du 20eme siècle). C’est un début extrêmement traditionnel : le bâtard est un personnage de roman classique qui part à l’aventure, libéré de ses attaches familiales. Un narrateur omniscient s’adresse au lecteur avec un « nous » un peu ironique, et nous donne de temps à autre, quelques détails sur l’avancement de l’action ou sur ce que nous saurons(ou pas) concernant l’intrigue. Cela aussi est très classique…  Le « journal d’Edouard » n’intervient qu’après quelques chapitres. Nous avons déjà entendu parler d’Edouard par Olivier  qui espère bientôt le revoir.

les récits que narre Edouard dans son journal  à propos des personnages qu’il rencontre et dont il rapporte et commente le comportement, et le roman proprement dit (celui de l’auteur ?) ne différent pas pour ce qui est de l’intrigue et des personnages.

L’intérêt est de montrer un roman en train de se faire et un roman  achevé. De passer  ironiquement d’une réalité supposée ( le journal d’Edouard) à une fiction (le roman) de sorte que nous ne savons pas toujours ce qui ressort de la fiction ou de la réalité supposée.

On aime les notes que prend Edouard  pour s’interroger sur le genre «  roman ». Ces interrogations sont parfois mises en scène. Lorsque Edouard parle de son futur roman avec certains des personnages, ils  entreprennent   une  discussion sur «  faut-il partir de la réalité ou d’une idée pour composer un roman ». Edouard ne veut surtout pas de réalisme, les autres se moquent de lui : si l’on ne part pas de la réalité, rien ne peut advenir !

En accord avec Edouard,  l’auteur fuit le réalisme, en évitant les notations trop concrètes : il ne décrit pas les personnages, seulement leurs pensées et leurs propos ; pour les paysages et les lieux de vie, rien que le strict minimum.

Le titre « faux monnayeurs «  se réfère à un véritable trafic de fausse monnaie perpétré par quelques uns des personnages, mais aussi et surtout à la fausseté des apparences : chacun joue un rôle et triche sur ses pensées et intentions véritables. Certains personnages sont plus faux que d’autres : le comte de Passavent est un romancier à la mode, superficiel, vain, mondain, détestable.

On a dit que les « Faux monnayeurs » préfiguraient le Nouveau roman, je n’y vois rien d’autre qu’un roman classique ; le fait que l’un des personnages tienne un journal de ses rapports avec les autres et s’interroge sur les techniques du roman est un ajout  qui ne détruit nullement  l’illusion romanesque ; je dirai même que parfois ça la renforce ! Quelquefois,  au contraire, les dissertations d’Edouard sont un peu longuettes… le choix de refuser le réalisme conduit à multiplier des notations  psychologiques à présent vieillies.

Le ton des différents récits est assez alerte, l’atmosphère change vite, l’humour le dispute au tragique. Les préoccupations culturelles de l’époque sont mises en scène ; nous y croisons Alfred Jarry, des artistes surréalistes, des réflexions sur la psychologie, bien datées de mon point de vue (mais de nos jours avec le succès du « développement personnel » pourquoi pas )  , et sur la musique moderne. Les jeunes gens du roman sont exaltés, tentés par le suicide, cela ne change pas avec les époques, mais certaines considérations sur le corps et l’âme, le désir de pureté… ne passent plus très bien !

Le principal  défaut du roman c’est  la présence d’un grand nombre de personnages secondaires qui ont l’air prometteurs à leur apparition,  et dont l’auteur ne fait finalement pas grand-chose.  Parmi les personnages principaux, Edouard et Bernard ne vieillissent pas trop mal ; Olivier par contre est plutôt agaçant…  bref ! Les Faux Monnayeurs tiennent-ils encore la route près d’un siècle après ? Plus ou moins…

 

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 10:53

 

LP, 1962 ( 1ere publication en 1958) relecture.

 

Un «   classique du roman français au siècle dernier, surtout popularisé par le film de Louis Malle ; il me semblait que le personnage masculin était joué par Jean-Paul Belmondo que je voyais bien dans le rôle… las ! C’était Robert Hossein…

 

 

On a du mal à croire que Geneviève l’héroïne soit aussi masochiste !

Se laisser séduire par un homme rencontré par hasard qu’elle a » empêché «  de se suicider ( mais il avait pris trop peu de comprimés, non ?) Pourquoi pas…

 L’installer chez elle, prendre son pied sexuellement, oui, cela va un temps. 

Mais le temps passe, Renaud est alcoolique, il la maltraite, parfois la bat, se fait entretenir, passe son temps à déclamer de longues tirades plus ou moins incohérentes , avec moult citations , au début, on le trouve asse brillant, assez vite on s’ennuie… Elle ne sait et ne saura rien de son passé, et ne demandera jamais !

 

Puis elle rechute de sa tuberculose, va en sana, écrit une lettre d’adieu à son bonhomme !!  le mélo s’invite avec ses gros sabots pleins de sanglots…

Il la retrouve et tout recommence comme avant, sauf que leur existence devient mondaine sans en être plus intéressante, au contraire.

Et puis Renaud va enfin trépasser pour de bon, tandis que Geneviève est enceinte de lui… et contente de l’être ! On le sait dès le départ, cela…

 Franchement, ça craint cette histoire ! mais ça existe encore : actuellement on parle de « pervers narcissique » pour désigner les gens comme Renaud.

 Je me souvenais du personnage de Rafaele , jeune femme rencontrée dans le sud, un peu androgyne,  amusante, dont Geneviève se pense jalouse ( en fait, elle en est un peu amoureuse),  personnage assez piquant, qui aurait mérité plus de développement… le style de Christiane Rochefort, exubérant, les longs délires alcooliques de Renaud  les interrogations de la pauvre Geneviève lassent assez vite, les 50 dernière pages  se lisent en diagonale…

Un vieux poche à l’encre pâlie, que je m’empresse de jeter après l’avoir relu…

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 18:10

Se rendre invisible : c’est ce qu’a réussi à faire un jeune chimiste impécunieux, dans ce célèbre roman considéré comme un classique de la science-fiction.

Griffin, comme il l’expliquera à un de ses condisciples retrouvé, dont il espère faire son complice,  s’est focalisé sur ce type de recherche, parce qu’il est albinos : cette anomalie le conduit à faire des recherches sur les phénomènes de réflexion et réfraction des rayons lumineux et  les mécanismes  de ce qu'on appelle perception visuelle. L’absence chez un individu comme lui de mélatonine aurait favorisé son devenir « invisible »!

Au-delà de  ses théories loufoques,  les albinos étant mis à l’écart, voire persécutés, on sent bien qu’il aspire à l’invisibilité pour ne plus être remarqué. C’est pourtant l’inverse qui se produira. Et l’urgence de tester sa découverte sur lui-même, lui est dictée par le désir d’échapper aux nombreuses dettes qu’il a contractées…

L’homme invisible est d’abord un homme en fuite, et le récit est largement l’histoire de sa cavale.  le début de l'intrigue, son séjour à l'auberge d'Iping, petite ville du sud de l'Angleterre, est un mélange de burlesque et d'humour noir, ses agissements, et les réactions des  gens vont d'abord amuser le lecteur ; l'effet d'étrangeté qui, peut-être prévalait il y a un siècle, n'est plus guère de mise de nos jours. Cependant, le roman va vite devenir une haletante course-poursuite très bien menée.

L'intérêt est relancé lorsque  Griffin se révèle  un dangereux délinquant, rêvant de devenir maître du monde !

Etre invisible, voir sans être vu, est un fantasme vieux comme le monde.  On ne peut s'empêcher  d'évoquer  la légende grecque de l’anneau de Gygès : ce berger tombant par hasard sur un anneau qui rend invisible réussit à s’emparer du trône et à en évincer le roi.  La destinée de Griffin qu’on relit avec un mélange de peine et de soulagement est bien différente…

Un personnage complexe, des second rôles bien campés,  de l'action et du suspens, c'est là un classique qui vieillit plutôt bien.

 

retrouvez  Herbert-George Wells sur Lecture-écriture

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 20:53

LP, 1955, 392 pages.

plus de quarante ans après, je reprends ce roman! j'avais oublié plein de détails, et même certains personnages.

J’avais oublié, surtout, que le narrateur du roman est une servante ( Mrs Dean, appelée Hélène ou Nelly suivant les cas) et que nulle autre personne ne donne son avis ! les autres récits ( ceux de Zillah une autre servante, une lettre d’Isabelle, les points de vue de la jeune Cathy) sont rapportés aussi par Nelly.

 

Mr Lockwood, revenu de Hurlevent la demeure qui appartient à son propriétaire Heathcliff, demande à sa servante Nelly de lui parler des êtres curieux qu’il a vus là-bas, Heathcliff, le sinistre patron, Hareton son neveu par alliance, et Cathy sa nièce, veuve de son fils Linton.

C’està Thrushcross Grange l’autre demeure, guère différente de Hurlevent, et distante de quelques milles de celle-ci qu’il apprend toute l’histoire, de ces deux malheureuses familles les Earnshaw et les Linton.

Nelly avait à peu près l’âge du fils aîné Earnshaw, Hindley, soit 15 ans, lorsque le maître de maison, rentra d’un petit voyage en ramenant Heathcliff ; ce garçon avait à peu près six ans, l’âge de Catherine la fille des Earnshaw. La maitre de maison le présenta comme un petit orphelin mourant de faim presque mort, qu’il a recueilli, parce qu’il lui rappelle un de ses enfants mort en bas âge.

Le lecteur pense, lui, que ce « petit bohémien » comme le désigne la servante, est peut-être un fils naturel du maître qu’il a recueilli parce qu’il n’avait plus de mère.

Quoiqu’il en soit, il manifeste le désir qu’il soit élevé avec et comme ses propres enfants.

C’est alors que la dissension naît . Hindley persécute ce petit garçon dont il est jaloux, Catherine en fait son compagnon de jeu. Nelly, qui est à al fois servante, et compagne de jeu des enfants, déteste Heathcliff, à l’égal d’Hindley dont elle est plus ou moins amoureuse. C’est pourquoi nous n’auront jamais de point de vue un peu neutre sur la situation.  Franchement je le regrette!

 

La grande affaire, on le sait,  c’est la passion amoureuse que se vouent Heathcliff et Catherine. Une passion que Nelly s’emploie à mettre à mal ; elle fait tout ce qu’elle peut pour éloigner les amoureux et les fâcher, et favoriser les accointances de Cathy pour le jeune homme qui vit dans la demeure de Thrushcross Grange.

Les caractères sont très tranchés, il y a les forts et les faibles. On meurt beaucoup, et on agonise loonguement dans ce récit de « romantisme très noir ». On se tape dessus, on fait des crises d’hystérie, on gémit, on se morfond. Je croyais me souvenir de belles et sombres descriptions de la lande dévastée par les vents. Mais, à la relecture, il me semble que les descriptions sont un peu maigres...

Bien contente d’être arrivée à la fin !

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 23:09

Dusty Answer, 1ere publication 1927

Phébus, 2003, 382 pages.

le récit dles premiers émois amoureux de Judith, jeune fille solitaire, au début du vingtième siècle, dans la campagne anglaise.

Fille unique, voyant assez peu ses parents, Judith est éduquée à domicile par des précepteurs, et à l’occasion par son père. Elle fait des études sérieuses, de vraies humanités (c’était rare au début du vingtième siècle pour les filles) sort peu, et ne fréquente que les enfants de la propriété voisine : quatre garçons et une fille , deux des garçons sont frères, les autres enfants cousins, élevés par leur grand-mère: Charlie, le préféré de Judith, Julien le frère de Charlie intelligent mais pas très beau, Martin qui l’adore et qu’elle trouve casse-pied, Roddy insaisissable et mystérieux, et Mariella la fille, passionnée surtout par les animaux.

A 18 ans, Judith n’a pas vu ses amis depuis plusieurs années ; et voilà qu’ils reviennent amputés de Charlie, mort à la guerre. Mariella est veuve de Charlie, et a un petit garçon dont elle ne sait que faire. Julien a fait de bonnes études comme Judith, il devrait être son interlocuteur et peut-être plus. Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Judith intègre un collège de jeune filles, pour achever ses études ; elle va y cultiver une relation privilégiée avec l’irrésistible Jennifer. Cependant Jennifer voudrait quelque chose de plus charnel ...

La première éducation sentimentale de Judith s’achève avec le roman. Elle est au seuil d’une nouvelle existence…

Le roman est émaillé de jolies descriptions de nature qui rappellent les belles heures du romantisme. Les êtres, eux, sont exactement à l’inverse de cette belle nature : insatisfaits, malheureux, se heurtant durement les uns aux autres ; et aussi il faut bien le dire, plutôt riches et désœuvrés sinon oisifs. les personnages sont bien campés.

Un roman un peu long mais qui a ses charmes.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 17:01

La Mère de Pearl Buck

Lu vers douze ans ; l'un de mes premiers livres " adultes".

Dans la Chine du milieu du vingtième siècle( pas de date mais on devine) une famille de paysans qui cultivent le riz et élèvent des poules.

La mère ( toujours désignée sous ce nom) est contente de son sort : concevoir, être enceinte , enfanter, sarcler dans les champs, s'occuper de nourrir enfants mari et vieille belle-mère, vivre au rythme des saisons. Le mari,au contraire, dépressif , part pour la ville et ne revient pas. La mère continue, le temps passe, elle a un amant, et la grossesse à faire passer comme sanction. Puis sa fille devient aveugle, son fils aîné se marie, une belle fille vient vivre avec eux, le plus jeune fils se fait décapiter : il militait activement en tant que communiste...

La façon dont vivent ces paysans est terrible : tout le monde partage le même lit, il n'est jamais question de faire d'ablutions, on ne change guère de vêtements, le soir on enlève ceux de dessus, et on les remet le matin. Ils ne mangent que du riz, quelquefois avec un peu de chou et un œuf dessus...

Il n'y a pas de nom dans ce livre ; on désigne la mère, le père le fils aîné, la fillette, la cousine, le fils cadet...

Après cette première lecture, j'ai lu au moins une dizaine d'autres Pearl Buck, en moins d'un an, avec des noms et des lieux plus déterminés.

Vitia Hessel Le Temps des parents

Mercure de France, 1969; Un roman que j’ai adoré à l’âge de seize ans. Ouh là là ! Ce que ça vieillit (le livre, surtout).

J'avais adoré ce roman. Je m'étais identifiée à cette adolescente de mon âge ( Nana ou Nathalie) , née juste après la guerre ,ses problèmes, son amie qui lui fait faux bond ( Renée) les garçons auxquels elle commence à s'intéresser. Son vécu au début des années 60 me convenait mieux que l'après 68, période où il fallait avoir obligatoirement un ou plusieurs copains et commencer à coucher, ou alors faire partie des petites filles modèles.

J'enviais aussi ces enfants nés dans un milieu intellectuel, le Lycée Fénelon, les études classiques, un avenir préservé du pire, entouré de gens, sinon vraiment cultivés, en tout cas instruits... Lorsqu'un enfant ( le garçon nommé JP) avait des symptômes de névrose gênants, on l'emmenait voir un psychanalyste. Cette personne l'écoutait et ne le menaçait pas de le faire interner. Même si la "fameuse Dame" n'était pas un génie et ne résolvait pas tous les problèmes, JP finissait par se sentir mieux. Les parents ne maltraitaient pas leurs enfants. Ils faisaient des erreurs, mais tâchaient de les rattraper. J'enviais même la grande fille "Dominique", dont le père avait disparu sans laisser de traces.

J'ai longtemps vécu avec ces personnages.Si malheureux, bien que reconnaissant par moments leur relatif bonheur.

Je revivais les scènes avec eux. Je rêvais de vivre dans un tel milieu.J'ai même utilisé les trois jeunes et le petit garçon (Jojo) dont il est question dans le récit, pour en faire des personnages d'un feuilleton personnel.

Vitia Hessel a été l'épouse de Stéphane Hessel, qui a fait fait parler de lui pendant quelques temps, pour ses prises de position politiques, pas neuves, mais pleines de bon sens. Elle est décédée bien avant lui.

D'où l'idée de relire ce roman, sûrement autobiographique. Je n'ai pu vraiment mettre à bien cette tâche; il a pris de l'âge, et moi aussi. Les personnages sont trop présents à mon esprit, trop ancrés dans une époque révolue, pour que je puisse le reprendre avec un œil neuf.

N'empêche je me demande si Stéphane Hessel est bien le "mari " ennuyé mais correct, décrit dans le roman,et qui peut bien être son ami Simon, alter-égo, l'époux de Diane , le disparu, jetant le trouble dans la famille.

l'homme décrit dans le Temps des parents,pratique le même métier qu'Hessel, au début des années 60, et sa position politique "mendésiste" est semblable. On y parle abondamment de la guerre d'Algérie, cela s'achève ou presque, sur Charonne. L'homme du roman ne fut pas,en tout cas, un rédacteur de la charte des droits de l'homme, bien qu'il y ait participé.

Mais franchement je n'arrive pas bien à le relire!

De ces livre que l'on a lu très jeunes et avec lesquels " on a vécu", demeure l'impression étrange qu'ils n'existent que dans cette époque révolue, quoique encore présente à l'esprit. Les lignes que l'on a devant les yeux ne parviennent pas à signifier quelque chose pour le contexte présent.

Je ressens la même chose pour Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier. L'ayant lu jeune, et relu plusieurs fois avec passion, chaque fois que je veux le reprendre, je ne sais quoi en penser.

Le Lys de Brooklyn de Betty Smith ;***

Lu et relu entre 1965 et 1968 sur le vieil exemplaire sorti du grenier par ma grand-mère.

46 ans plus tard Belfond le réédite !

Je n’avais pas oublié grand-chose de cette histoire ( au début du vingtième siècle, dans un quartier pauvre de Brooklyn, l’histoire de Francie Nolan de 11 à 17 ans et des flash-back) évidemment, je n’éprouve pas la même chose qu’avant. Pour moi, à présent, C’est un roman populaire, de bonne facture, sans style particulier. Le récit d’apprentissage de l’héroïne reste intéressant en dépit de facilités sentimentales et d’un peu de misérabilisme. J’aime bien le passage où Francie entre en conflit avec son institutrice parce qu’elle a abandonné les rédactions pleines de jolis récits et de détails « bourgeois » pour écrire ses « histoires de papa ». En mémoire de son père, décédé tôt, chanteur de cabaret sous-employé, barman et alcoolique, elle commence à décrire son existence d’artiste frustré de père pauvre et aimant quoique malhabile et sans ressources ; elle en vient à décrire la vie des familles nécessiteuses comme la sienne : l’institutrice lui met de mauvaises notes : on ne doit pas parler de ces choses-là ! Et Francie résiste, et pour finir cesse de remettre ses rédactions et brûle les trucs complaisants qu’elle écrivait autrefois.

Relectures partielles
Relectures partielles

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 08:45

LOL

 

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C'est en 1964, que Margurite Duras, dont on fête le centenaire cette année, publie "Le Ravissement de Lol V.Stein".

 

 Lola Valérie Stein, jeune fille de dix-neuf ans appartenant à la bourgeoisie aisée de T.Beach,  est fiancée à Samuel Richardson ,autre jeune oisif. Un soir au bal du casino, Samuel s’éprend brutalement d’une étrangère, Anne-Marie Stretter. Lol et son amie Tatiana les regardent danser toute la nuit sans réagir ni l’une ni l’autre. Lol semble heureuse de les contempler. Les deux amants partis aux premières lueurs du jour, on éteint les lumières et Lol s’évanouit.

Après quelque temps de totale prostration, elle  rencontre Jean Bedford, violoniste, qui l'épouse, quoiqu’on la tienne pour folle, et la ramène dans sa ville natale S.Thala. Lol n'a pas à s'occuper de sa maison ni de sa progéniture. Elle marche dans les rues, au hasard, et fait une rencontre : Jacques Hold.

 

Le narrateur de l'histoire, c’est Jaques Hold,  médecin amant de Tatiana. Lol l'a vu en compagnie de Tatiana, et la voilà réintégrée dans le monde du désir : rejouer la scène du bal, mais en ayant le beau rôle...


Jacques Hold se laisse faire, d'une certaine façon...
Il aime Lol mais surtout décide de l’aider pour qu’elle sorte d’un état de confusion mentale consécutive à la « scène du bal ».

 Jacques Hold ne sait pas grand chose de l'affaire: «  C’est à partir du faux-semblant indiqué par Tatiana, de ce que j’invente sur la nuit du casino de T.beach, que je raconterai ensuite mon histoire de Lol V.Stein. »

C’est de son enquête, plus que d'amour, qu’il nous fait part, et elle se déroule chronologiquement.

-il se fait raconter Lol avant le bal selon les souvenirs de Tatiana : Lol  «  absente de sa propre existence », « cœur inachevé ». Tatiana n’a jamais cru que Lol  aimait son fiancé ni qui que ce soit. « elle vous filait entre les doigts comme de l’eau »

Et pourtant, après avoir perdu ce jeune homme, elle s'effondre! Pourquoi?

Lol se voit ravir (dérober) son fiancé sous ses yeux ,de la façon la plus  explicite, par Anne-Marie Stretter (personnage central du « vice-consul » qui fait ici une apparition pour « enlever » Michaël,  une proie facile).

Lol est ravie, elle jouit du spectacle au lieu d’en souffrir,  d’éprouver désespoir colère et haine à l’égard des protagonistes.

A la fin du bal,  lorsque les lumières s’éteignent, que le couple s’éclipse  la fascination retombe.

Jacques Hold l’emmène sur le lieu «  du crime » a-t’on envie de dire afin qu’elle puisse « vivre ce qu’elle n’a pas vécu »;

 

Cette histoire de couples à trois, où nul n'y trouve son compte, cette amitié entre deux femmes qui n'en est pas une, ce chagrin d'amour d'une jeune fille qui  ne s'en remet jamais... parce qu'elle ne l'a pas éprouvé, nous intrigue, et pourrait nous ennuyer à la fin, parce que le narrateur ressasse un peu toujours les mêmes phrases sans que rien ne puisse se régler.

L'autre problème, c'est que Duras nous place dans une sorte d'abstraction, où l'on voit se mouvoir des silhouettes, où l'on peut même se figurer pleinement "la scène du bal " mais les personnages évoluent dans un espace-temps quasiment sidéral, on suit leurs évolutions, on ne ressent pas d'empathie pour eux.


Et pourtant le problème de Lol nous concerne : nous sommes tous à un moment donné, complètement largués par quelqu'un qui se détourne de nous, qui nous replace en régression dans la position de l'enfant en  face de la dite scène primitive. Nous n'en sommes pas pour autant, comme elle,  frappés de folie durable, mais, tout de même...

 

  Les phrases dans LVS sont désincarnées, ressassées distantes, parfois  incantatoires :
Elles ressemblent autant que possible à l’héroïne Lol, absente à elle-même et au monde en même temps.

Le narrateur veut expliquer avec des mots la V ( érité) de Lol V. Stein.

La «  grâce ployante d’oiseau mort » d’Anne-Marie Stetter, « emblème d’une obscure négation de la nature, son élégance et son repos dans le mouvement …inquiétait. »

  Nous sommes invités à contempler cette danse de la scène du bal comme une danse macabre. C’est la mort incarnée dans une femme, qui est entrée dans la salle.

 Jacques Hold qui, au fond, s’ennuie avec Tatiana, voit en Lol la possibilité d’une dimension d’être supplémentaire,  mais c’est sur le mode du non-être qu’elle lui parvient. comme il est le narrateur, on se trouve nous aussi placés dans l'ennui et le non-être.
Lol et Hold se conjoignent phonétiquement, mais pas dans l'histoire où rien ne va advenir. Stein désigne sans doute l’état de Lol après le bal : pétrifiée.

 

Il y a de la poésie dans beaucoup d' heureuses formulations, et les relations entre ces personnes, pour insatisfaisantes qu'elles soient, me paraissent justes et bien vues. Maintenant que Marguerite Duras et ses emportements sont loin derrière, à tête froide, je trouve que ce texte, au moins, tient encore la route, me plaît encore.

 

 

Sources de Lol:

1) C’est dans un asile psychiatrique, et au cours d’un bal, que Marguerite Duras a «  rencontré » ( si l’on peut dire ) la jeune femme qui serait Lol V.Stein. Et tenté de la connaître. Lol l’a impressionnée parce que «  peu marquée par la maladie », ce qui est rare chez ceux qui vivent en institution. Avant d’écrire , elle imagine un scénario un film, et une actrice pour l’interpréter : Loleh Bellon.

 Elle pense que c’est une bonne chose «  que l’on puisse réagir comme Lol en perdant l’objet aimé sans souffrir, sans haine »…ces instants de dépossession de soi sont fréquents , tous l’éprouvent ; certains s’en rendent compte. Le « ravissement » ( rapture, fading) généralisé serait une sorte de fraternité supérieure , un monde où tout pourrait s’échanger, il n’y aurait pas de perte de l’objet car pas de possession non plus.
Mais Lol V.Stein  telle que Jacques Hold la décrit est une victime, non une marginale.

 

2) Alcoolisme : M.Duras était en cure de désintoxication lorsqu’elle écrivit  «  Le Ravissement » ; cela compte beaucoup pour l’explication du roman : les liquides y sont nombreux et pas de boisson forte. Ils habitent S.Thala ( abréviation de thalassa) au bord de l’eau, Lol » vous fuit entre les mains comme de l’eau » ; Jacques Hold veut boire «  le lait insipide et brumeux qui sort de la bouche de Lol »

 

3) Le « ravissement «  désigne enfin et en dernière analyse la position de l’écrivain en regard de ce qu’il écrit et aussi en regard du monde. L’étrange état de dépossession de soi de Lol est aussi le sien. Ce qu’il écrit est sa création, pas son monde. Il n’y vit pas autrement que Lol dans la « scène du bal » ; il en est fasciné et rejeté. 

La société où il vit le regarde à peu près comme on regarde Lol : absent parti vivant ailleurs, fou peut-être. Comme Lol il n’est ni dans son monde fictif ni dans le monde de la réalité.

Comment vivre cela  est aussi la question du livre. Mais «  Lol n’aurait pas écrit »  dit Marguerite.

 

 

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:59

  la ferme des animaux

 

 

Les animaux de la ferme de M. Jones sont différents des autres : ils se sont trouvés un ancêtre Sage l’Ancien, de l’espèce porcine, dont les propos circulent dans les mémoires après sa mort «  nous avons un ennemi commun l’homme, qui nous exploite ; cela ne peut plus durer !"

Profitant d’une vacance du pouvoir humain, les animaux s’emparent de la ferme. Sage l’Ancien, a des disciples devenus naturellement leaders : Napoléon et Boule de neige font merveille  pour rédiger sept commandements réglant leur vie future, plus la décision de vivre en autarcie, un drapeau, un chant révolutionnaire Bêtes d’Angleterre, dont les couplets sont donnés : essayez de le fredonner sur l’air de l’Internationale, cela fonctionne.

 

Trop inventif, Boule de Neige provoque la jalousie de son acolyte et pourtant rival Napoléon  qui l’évince et désormais régnera par la force avec des chiens-soldats. Il y aura des purges napoléoniennes des massacres en série. Enfin retour au … calme… avec cette loi devenue célèbre «  tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres ».

 

Orwell joue sur les différentes appréhensions du porc. Aujourd’hui affublé de connotations négatives, il fut considéré comme sacré…

Il insiste sur l’absence de révolte de la part des animaux : l’âne Benjamin comprend la situation mais ne cherche pas à mobiliser ses congénères  contre les cochons déviants. D’aucun le diraient cynique.

Un effet comique remarquable est obtenu avec les moutons ( accessoires indispensables du pouvoir parce qu’ils répètent ce qui se dit le plus fort) en train de bêler les slogans.

Si certains animaux n’arrivent pas à s’alphabétiser correctement, c’est que l’instruction autorise le savoir ( lire les commandements) et qu’ils ont peur de savoir…

 

Une lecture réjouissante quoique pessimiste pour les adolescents et tous les âges! 

 

Indispensable à faire étudier au collège!

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 15:57

  l'aliéniste00

1896 à New-York. Le psychiatre Kreizler s’intéresse de près à la série de meurtres perpétrés sur des enfants et adolescents ainsi qu’aux mutilations odieuses subies par les victimes. En marge des enquêteurs officiels, se constitue une cellule de recherche pour établir l’identité du tueur , et se donner une chance de découvrir ses motivations pathologiques.

Kreizler est secondé par Phil, journaliste, Sara, secrétaire au bureau de la police judiciaire, Teddie ( 12 ans ) et Cyrus, tous deux anciens délinquants « guéris » par Kreizler. La cellule est protégée par Theodor Roosevelt, alors préfet de police. Le groupe n’a pas que le tueur pour cible, mais doit légalement se protéger contre un policier vendu à la pègre, et se garder d’un personnage ambigu mi-truand mi-socialiste, lui aussi à la tête d’un groupe armé.

L’enquête conduit le groupe dans les asiles ( dont le tristement célèbre Sing Sing) , les quartiers sinistrés de New-York, et les night-club où l’on prostitue de jeunes garçons.

Le petit groupe se frome intellectuellement en lisant Wiliam  James, Kraeplin, Kraft-Ebbing (ces deux derniers ont fourni des descriptions poussées des diverses pathologies) et Darwin. On évoque aussi les expériences de Freud et Breuer. Bref, les voilà à la pointe du progrès…

Le roman est travaillé dans le sens d’une langue correcte et précise, les descriptions sociales des milieux asilaires et délinquants sont soigneusement observées. On y dresse  un inventaire des connaissances en psychiatrie et psychologie de l’époque. Les rebondissements et suspenses se produisent à point nommé, lorsque l’on sent que l’on va s’ennuyer.

On peut s’étonner de voir Theodor Roosevelt protéger un groupe qui entreprend une enquête tenue pour diabolique, à l’époque. L’histoire est inventée à partir de documents véritables.

L’intérêt scientifique de Kreizler pour le meurtrier qu’il voudrait « faire parler » afin d’en apprendre davantage sur la psychopathologie, se double du dégoût de Phil, le journaliste qui avait rêvé le tueur comme un personnage hors du commun, et l’ayant vu et entendu s’écrie «  ce n’était que ça ! »

En effet, le tueur est un « pauvre type » une brute, un cas social, et sans doute un débile pas vraiment léger.  Malgré tout, Kreizler reste fasciné, persuadé qu’il y a une vérité, des mobiles cachés, chez l’être irrécupérable qu’il tente de faire s’exprimer. Epris d’aventure, Phil avait auréolé le criminel d’un prestige, et le voyant s’en détourne, déçu. L’aliéniste, lui, continue , en quelques sorte à l’idéaliser.

Or, comme disait Brecht, les « grands » criminels ne sont que des auteurs de grands crimes. (in « la Résistible ascension d’Arturo Ui »).

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 00:53

  Edith Clever La Marquise d'O

 

La Marquise d'O Edith Clever ( film de Rohmer)

 

 

 

la Marquise d'OLa nouvelle titre reprend une anecdote contée par Montaigne dans ses Essais

 

La marquise fait mettre une annonce dans les journaux locaux : elle est enceinte et prie le père de l’enfant de l’épouser. Or c’est une femme de bonne réputation veuve depuis trois ans, et déjà mère de famille nombreuse…

 

 

Il y a un an :

La marquise, en son château de M. ( Italie) attaqué par les russes est sur le point d’être violée par des soldats ; un officier le comte F. fait fuir les indésirables, la ^porte, évanouie dans une chambre que l’armée n’a pas envahie. Illui parle en français…

Cet officier disparaît, est même donné pour mort après avoir été blessé ; il criait dans son délire «  Julietta ! Cette balle te venge ! » A ce moment, le prénom de la marquise apparaît…

Aux premiers signes de la grossesse la marquise feint, ainsi que sa mère de n’y pas croire. . Le comte F. reparaît vivant , et lui offre de l’épouser. Il se fait éconduire.

Le combat douloureux se prolonge entre le comte qui tente de se faire accepter comme époux et de réparer sa faute( une faute grave car il est également amoureux). Et la marquise qui exige de lui des épreuves toujours plus importantes pour la mériter un jour.

Les épreuves : obligation de se déclarer publiquement pour ce qu’il fut , et que suggère l’annonce dans la gazette, de subir un refus ; le mariage finalement accompli, le Comte devra procéder par séries d’approches successives, pour « gagner son épouse »  et le droit de vivre avec elle maritalement.

La mère de la marquise est toujours présente pour énoncer à voix haute ce que sa fille pense dela situation et qu’elle tait, afin que le Comte poursuive son entreprise…

Ce rituel me semble prévu dès le début de l’aventure.  Menacée par des êtres dépravés, la marquise vit apparaître le Comte «  comme un ange ». L’Ange de l’Annonciation ?

Dans ces circonstances troublées, ils s’éprennent l’un de l’autre. Ces circonstances sont d’ailleurs tout à fait propices à la naissance d’un sentiment amoureux.

La marquise s’évanouit alors que  tout danger de la part des brutes est écarté. Son éducation  ne l’autorise pas à consentir de façon consciente. Plus tard, le Comte sera  à la hauteur de ce qu’on lui demande.  

 

Ce récit reprend de façon originale le thème du roman courtois. Il met en scène ce qu’une femme peut désirer d’un homme.

L’histoire se termine bien, profitez-en, car ce ne sera pas toujours le cas !

 

 

Le Tremblement de terre au Chili.

 

La situation historique a une importance symbolique. C’est une fin du monde.

Dona Joséfa fille de gentilhomme, mise enceinte par un jeune espagnol Jeronimo Rugera, est condamnée à mort. Lui, également emprisonné, veut se pendre.

A ce moment, donc la terre tremble à Santiago. Les éléments   naturels se mettent en accord avec la situation d’urgence désespérée des jeunes gens.

Le bouleversement rend le suicidaire décidé à sauver sa vie et épargne Josefa du châtiment promis .

Pendant les moments critiques le jeune couple et son bébé sont en sécurité. Les rescapés s’entendent entre eux, et les identités ne comptent plus.

C’est après le retour  en ville, que les deux jeunes gens sont à nouveau en danger. On va les accuser d’avoir provoqué le séisme en offensant Dieu….

 

Comme dans la précédente nouvelle, le thème du sentiment paternel est très présent. Jeronimo a tout de suite aimé son fils, et Don Fernando l’aimera comme un père, ayant perdu le sien.

 

Fiançailles à Saint-Domingue

Au temps de la révolution française, près de Port au Prince, l’abolition de l’esclavage a permis aux noirs  une certaine revanche.

 

Congo  Hoango s’est débarrassé de son patron et vit sur ses terres avec une servante et sa fille Toni, métisse. Les deux femmes doivent  attirer les voyageurs blancs que Hoango massacrera.

Un de ces voyageurs ( suisse de Genève) et Toni  se plaisent et passent la nuit ensemble. Ils décident de fuir, et de se marier plus tard.

Mais pour donner le change à son maître, Toni est forcé d’user de subterfuges qui paraissent à son amoureux très ambigus…

 

L’Enfant trouvé

En accueillant  le jeune Niccolo  atteint d’une maladie contagieuse,Piachi  prend un risque pour son propre fils Paolo. Ce dont meurt Paolo semble être du geste de son père, qui le met en danger pour un inconnu malade dont il ne sait rien. Geste étrange, car il n’est pas coutumier des « bonnes œuvres ».  Mais Elvire, la jeune épouse de Piachi  est possédée par des souvenirs…

  Adopté, Niccolo a tout pour devenir le fils maudit. En fait, il sera le révélateur de ce que la famille Piachi a de bizarre...

 

Toutes ces nouvelles mettent en scène des intrigues amoureuses, des passions, trahisons… qui font songer aux Chroniques italiennes de Stendhal.  Pour faire quelque chose de ces mélos, ce n’était pas gagné. Kleist y parvient grâce à ses narrations très classiques, l’absence de fioritures dans l’exposition des faits,  et l’abondance de non-dits, dans le récit et  les pensées des personnages.

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