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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 22:33

 

L’Arbalète, 295 pages, 2019.

C'est un roman dont on dit beaucoup de bien, dans la presse et sur les blogs : et je e suis dit pourquoi pas, même si je ne sais rien de l'auteur et pas grand chose de l'histoire...

 

Sacha, la quarantaine, vient s’installer dans une petite ville au sud de la France une ville qu’il désigne par la lettre V. une ville charmante où coule le Rhône, proche de la mer…  pour y écrire son prochain roman… il possède un bagage « minimaliste » notamment les livres qu’il a emportés : une vingtaine seulement, bravo !

Il va retrouver « l’autostoppeur » un ami avec qui il « faisait la route » autrefois ; dans leurs jeunes années. L’autostoppeur a continué à voyager de la même façon (mais seulement en France) ; et c’est pourtant lui, qui a une famille : Marie, traductrice d’italien, et Agustín, un petit garçon. Bien sûr c’est Marie qui fait bouillir la marmite, et elle ne fera pas « autostoppeuse « des fois qu’elle en aurait envie : tous les agissements féministe du monde ne feront jamais qu’une femme se balade seule ou à deux sur les routes… d’ailleurs même le gars routard, c’est étonnant qu’après toues ces années il ne lui soit rien arrivé…

Car il les quitte fréquemment pour partir sur les routes de France ( les autoroutes d’abord, puis bientôt les petits villages aux noms suggestifs ).  

Sacha va progressivement remplacer L’autostoppeur au « foyer conjugal » …tandis que l’autostoppeur envoie des cartes postales, des photos (Polaroïd, c'est tendance...) des gens qui l’ont pris en stop… raconte son errance lorsqu’il revient.

C’est l’intrigue.

J’ai suivi le récit, de plus en plus perplexe : il est difficile de croire que l »’autostoppeur «  ne rencontre que des conducteurs sympas, avec qui il partage des moments de vie, et qui se laissent photographier et donnent leurs adresse… qu’il ne s’épuise pas de cette vie sur les routes, que la vie continue de couler douce-amère mais sans vrais heurts, pour ceux qui sont  restés à la maison… plus le récit avance, moins on y croit ! C’est d’un idéalisme désarmant ! La fin est carrément angélique...!

Sacha avait énuméré ses auteurs préférés au début, il y a Thomas Bernhard, Jim Harrison, Cormac Mc Carthy… mais curieusement le monde de Sacha, est à l’opposé de ces auteurs  pessimistes,  lucides et férocement  contestataires ! Pour lui, ça baigne ! Du coup, on croit encore moins à son histoire…

L’écriture est plutôt soignée, avec un certain art de la description, du goût pour les énumérations , mais peu de relief, d’arête, de tranchant, et pas mal de monotonie. Lorsqu’il évoque l’amour avec Jeanne puis l’amour avec Marie, il a beau tenter de varier  les adjectifs et les moments forts , on ne fait pas la différence entre les deux femmes. Pourtant Jeanne et Marie, c’est un peu l’opposé ou je me trompe ?

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 23:34

 

Seuil, 2019

En 1995, Ludvik, journaliste dans une Tchécoslovaquie en pleine mutation, qui se relève du communisme, et vient d’être scindée en deux.

A Prague, il est chargé d’enquêter sur le phénomène suivant : une certaine Vera  prétend être en relation avec Frédéric Chopin : elle retranscrit sous sa dictée des œuvres : mazurkas études etc.… elle dit avoir peu de connaissances musicales et avoir appris le piano, enfant, mais de façon très sommaire. Elle a 57 ans et travaille dans une cantine. Les œuvres qu’elle transcrit, subtils pastiches,  ne peuvent avoir été composées par elle, cette femme n’a pas les connaissances nécessaires … à moins qu’elle ne le cache bien ! Où qu’elle aie accepté de couvrir un ou plusieurs vrais compositeurs, ses « nègres » et que le truc soit une manœuvre destinée à faire vendre le futur disque….

Ludvik est censé mettre au jour la supercherie. Car le  disque va être édité : un pianiste réputé jouera les œuvres. Il faudrait aussi déterminer que  Vera joue la comédie,  ou qu’elle a des hallucinations… qui ne la troublent guère au demeurant.

Avec l’aide d’un cameraman, Ludvik interroge la médium , la filme, et engage même un détective privé pour la filer.  Vera dit qu’elle est en contact avec toutes sortes de défunts depuis sa petite enfance….

Nous croyons qu’on va découvrir le pot aux roses, et pendant un certain temps le récit captive ; d'autant plus que l'atmosphère de Prague en hiver triste et mystérieuse est très bien rendue !

mais j’ai été déçue par  la fin. J’imaginais autre chose, d'autres conclusions … Eric Faye est un auteur que je connais mal, même si j’avais aimé son «  Nagasaki ».   

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 15:36

Pris Goncourt 2016

Aimant la catégorie du « serviteur criminel «  j’ai acheté le livre assez vite après sa parution. Et je ne l’ai lu que quatre ans plus tard. Car ce sont des petits enfants qui sont les victimes de la nounou criminelle… et c’est asséné dès les premières pages.

Le style est simple, beaucoup de présents, narratifs ou pas, peu de descriptions, peu de non-dits… ça se lit très vite ; le traitement de la temporalité est assez travaillé. On a plusieurs flash-back on s’arrête à différents moments de la vie de Louise autrefois avec son mari, avec sa fille, avec les enfants qu’elle garde, avec son propriétaire qui lui fait payer cher un tout petit logement insalubre, avant de la virer ( c’est à Paris … )

Plusieurs points de vue narratifs éclairent (ou non) les événements et permettent une mise en perspective. Celui de Myriam, la mère des deux enfants, qui a repris une activité professionnelle, et se sent coupable de laisser ses enfants, d’autant plus que, comme dit son mari «  tu ne gagneras pas plus que la nounou ! Alors ?... ». c’est une des raisons qui lui font admettre que Louise s’invertisse beaucoup trop dans sa tâche …de Paul son mari, pas très  présent, sauf pour gaffer,  de la fille délaissée et disparue de Louise, la pauvre Stéphanie, le point de vue des voisins,  de la femme qui a donné de bonnes références à Louise, et de leur garçon maintenant adolescent, qui se souvient des bons soins de Louise à son égard lorsqu’il avait huit ans ( relation malsaine admet-il à part lui) ; les rare connaissances de Louise ont aussi leur mot à dire ou à penser.

On découvre donc une Louise ayant toujours vécu dans la précarité sociale, et affligée d’une pathologie du genre « manie dépressive » pour laquelle elle a été peu traitée et pendant un temps très court. Le contexte social et le psychologique s’imbriquent  et donnent un résultat très défavorable. N’ayant pas de vie personnelle, rien que des dettes laissées par son défunt mari ( largement aussi fou qu’elle !) , des dettes auxquelles elle ne comprends rien, Louise se donne à fond dans son activité professionnelle qui devient « tout » pour elle. Ne pouvant pas maintenir un équilibre raisonnable, elle en fait toujours trop ou elle sombre dans la dépression. C’est ce « trop «  qui est mal évalué par ses différents employeurs ; ils y voient une sorte de perfectionnisme qui leur plaît, d’autant que Louise en fait plus qu’on ne lui demande et insiste pour persister dans ce surplus de zèle : elle fait le ménage, la cuisine, sans être payée davantage. Ne le demande pas, va jusqu’à refuser de l’argent ! Quant aux enfants ils se laissent prendre eux –aussi. Bien que Louise s’occupe d’eux à la perfection, elle les maltraite aussi en douce, et ils ne se plaignent jamais. Les parents ont bien remarqué des tas de choses qui en vont pas chez Louise, mais ils ne réussissent pas à s’en défaire, pas assez vite en tout cas…

Elle, qui est si démunie, exerce une étonnante emprise sur ces quatre personnes ! Cet étonnant paradoxe est assez bien montré…

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 12:30

POL, 2017, 361 pages.

 

 

 

Deux personnages, Paul et Sophie apprennent à se connaître et se supporter en travaillant sur les mêmes textes pour leurs thèses respectives ; elle œuvre sur la comtesse d Ségur, qui compte pour elle, ce fut sa première lecture ; lui, bosse sur un film de Rohmer adapté des « Petits filles modèles «  qui fut tourné mais pas distribué en salle. Ce sont les recherches sur ce film qui constituent l’essentiel de la progression de l’intrigue. Sophie, prof à l’université de Caen, est proche de la retraite, Paul est un étudiant en cinéma. Il a trente ans et elle 68 environ.

Ils circulent en Normandie, dans des coins charmants, le Bec Helloin, plusieurs châteaux, Granville et sa plage, une abbaye qui renferme des archives sur Rohmer…

En dépit de ses qualités d’écriture (relatives mais réelles), d’un humour discret, de jolis lieux traversés, je me suis ennuyée, l'auteur laisse l'impression qu'il n'y a pas d'enjeu dans cette histoire, je n'ai pas cru à l'intrigue !

Et je n'ai pas aimé  la fin, que je devinais très "feel good";

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 12:49

L’Escolabe, 350 pages, 2018.

Agée de dix ans, la narratrice vit dans une famille perturbée ; papa est un prédateur redoutable, maman une amibe…. Elle n’a pour tout réconfort que Gilles son petit frère.

Elle se force à faire face à l’adversité : visiter régulièrement la «  salle des cadavres » s’y trouvent des animaux naturalisés, des fauves que son père prétend avoir chassé dans des pays étrangers ; en fait, il travaille dans un bureau, il est comptable au parc zoologique… parmi ces trophées se trouve une tête d’hyène ; et elle rit cette hyène , et même s’introduit dans le cerveau des gens…

Lorsque son petit frère traumatisé par un spectacle plus effrayant que les autres, se détache d’elle, et que sa cervelle est envahie par une armée hostile que dirige la hyène et son rire  , la narratrice décide d’agir : elle va construire une machine pour retourner dans le passé et reprendre le cours de sa vie en effaçant les derniers événements par trop insupportables. Il s’agirait ( si j’ai bien compris …) de brancher une vieille voiture à un four à micro-ondes abandonné à la décharge municipale, par une nuit de pleine lune, avec l’aide d’une sorcière qui vit en lisière des grands bois…

Jusque là le récit est intéressant, ensuite il va se muer en un récit de formation assez semblable à « My absolute Darling » de Gabriel Talent, et je lirai une énième variation sur les ravages du pervers narcissique.

A ce thème l'auteure a ajouté une touche de conte et de fantastique,  avorté dans l’œuf, mais qui colore efficacement son récit.

Certaines phrases sont bien. C’est un premier roman…  A suivre…

 

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 23:57

In scènes de la vie parisienne

période 1845-1850 environ

Lisbeth Fisher roturière de province,hébergée  chez les Hulot, veut se venger de cette famille spécialement  de sa sœur  Adeline, baronne Hulot, dont elle est très jalouse. Adeline a fait un mariage d’amour et d’argent, en épousant  Hector, le  baron Hulot ! Lisbeth en a profité un peu en tant que sœur de la belle et vertueuse Adeline ; elle vit dans cette famille mais est restée célibataire : on dit qu’elle a un physique spécial, grande maigre, brune, osseuse,  rien selon le narrateur qu’une parisienne n’eût su arranger à son avantage, mais Lisbeth est restée provinciale… et doit faire des travaux de couture pour améliorer sa condition.

En attendant, Le baron Hulot ruine sa famille , à dépenser à tout va pour ses maîtresses. Adeline reçoit la visite de Célestin Crevel, un amateur de chair fraîche lui aussi ; on l’appelle « l’ancien parfumeur » . Voulant se venger de Hulot, qui lui  avait ravi une maîtresse, il vient proposer ses vieux charmes à La baronne en échange d’une grosse somme d’argent qui la tirerait d’affaire. Adeline a 48 ans ; c’est beaucoup mais « la baronne aurait pu être préférée à sa fille par les amateurs de couchers de soleil » ; or la fille est tout à fait charmante. Bien sûr Adeline, très honnête refuse de se prostituer. Ça viendra, préconise l’affreux Crevel… l’affaire n’est pas mûre…

Après cette pénible scène, Lisbeth court voir son protégé : Wenceslas compte Steinbock, jeune polonais, sculpteur à ses heures, qu’elle entretient chichement, dans un méchant garni, sous les combles. Wenceslas c’est le même genre que Lucien de Rubembré , il est hésitant, charmant, langoureux, doué mais rêveur, paresseux. Lisbeth en est amoureuse à sa façon : il est sa chose….

Et puis, les choses évoluent : il arrive que Wenceslas sorte de sa soupente...

Lisbeth va s'associer avec Valérie Marneffe, une bourgeoise dont le mari veut devenir chef de bureau ;  Valérie est apprentie courtisane et séduit tous les messieurs et les mène à la baguette,  rien ne lui résiste ! Il faut dire que Lisbeth l’aide à sa manière. Toujours dans un esprit de vengeance…

D’amusantes réflexions, beaucoup de verve... des scènes de théâtre nuancées diversement,  comédie, drame, burlesque! Balzac en très grande forme! le contexte politique est très présent aussi.

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 17:16

Gallimard, 1925, 360 pages

 

Gide l’appelle «  son faux premier roman » ; il a été précédé de plusieurs récits  qu’on peut tenir pour des romans ou de longues nouvelles et qui n’ont que peu de personnages : par exemple la Symphonie pastorale ; d’autres livres tenant plus de l’essai : les Nourritures terrestres et des récits burlesques : les Caves du Vatican que Gide appelle « une sotie ».  Je n’ai pas relu ces livres,je le ferai peut-être.

 


 

C’est bien son premier roman dans la mesure où il est assez long et comporte un grand nombre de personnages ;  la genèse du roman, de nombreuses scènes  devant servir à ce roman, et des réflexions sur le genre romanesque, sont relatée dans un texte parallèle «  le journal d’Edouard » , réalité supposée qui jouxte la fiction du roman. Romancier en herbe, auteur du journal, personnage du roman, essayiste à ses heures,  Edouard est la figure principale des Faux monnayeurs. 

Le roman en tant que fiction,  débute avec Bernard, jeune homme qui achève ses années de lycée ; il découvre que son père légitime n’est pas son père biologique. Et quitte la maison après avoir écrit une très méchante lettre à ce «  faux « père qui n’a d’autres défaut que de porter un nom ridicule ( Profitendieu) ; Bernard va se réfugier chez son ami Olivier, autre futur bachelier : ils sont très proches, mais leurs orientations sexuelles sont différentes (on le devine facilement, ce n’est pas dit en toutes lettres,  nous sommes au début du 20eme siècle). C’est un début extrêmement traditionnel : le bâtard est un personnage de roman classique qui part à l’aventure, libéré de ses attaches familiales. Un narrateur omniscient s’adresse au lecteur avec un « nous » un peu ironique, et nous donne de temps à autre, quelques détails sur l’avancement de l’action ou sur ce que nous saurons(ou pas) concernant l’intrigue. Cela aussi est très classique…  Le « journal d’Edouard » n’intervient qu’après quelques chapitres. Nous avons déjà entendu parler d’Edouard par Olivier  qui espère bientôt le revoir.

les récits que narre Edouard dans son journal  à propos des personnages qu’il rencontre et dont il rapporte et commente le comportement, et le roman proprement dit (celui de l’auteur ?) ne différent pas pour ce qui est de l’intrigue et des personnages.

L’intérêt est de montrer un roman en train de se faire et un roman  achevé. De passer  ironiquement d’une réalité supposée ( le journal d’Edouard) à une fiction (le roman) de sorte que nous ne savons pas toujours ce qui ressort de la fiction ou de la réalité supposée.

On aime les notes que prend Edouard  pour s’interroger sur le genre «  roman ». Ces interrogations sont parfois mises en scène. Lorsque Edouard parle de son futur roman avec certains des personnages, ils  entreprennent   une  discussion sur «  faut-il partir de la réalité ou d’une idée pour composer un roman ». Edouard ne veut surtout pas de réalisme, les autres se moquent de lui : si l’on ne part pas de la réalité, rien ne peut advenir !

En accord avec Edouard,  l’auteur fuit le réalisme, en évitant les notations trop concrètes : il ne décrit pas les personnages, seulement leurs pensées et leurs propos ; pour les paysages et les lieux de vie, rien que le strict minimum.

Le titre « faux monnayeurs «  se réfère à un véritable trafic de fausse monnaie perpétré par quelques uns des personnages, mais aussi et surtout à la fausseté des apparences : chacun joue un rôle et triche sur ses pensées et intentions véritables. Certains personnages sont plus faux que d’autres : le comte de Passavent est un romancier à la mode, superficiel, vain, mondain, détestable.

On a dit que les « Faux monnayeurs » préfiguraient le Nouveau roman, je n’y vois rien d’autre qu’un roman classique ; le fait que l’un des personnages tienne un journal de ses rapports avec les autres et s’interroge sur les techniques du roman est un ajout  qui ne détruit nullement  l’illusion romanesque ; je dirai même que parfois ça la renforce ! Quelquefois,  au contraire, les dissertations d’Edouard sont un peu longuettes… le choix de refuser le réalisme conduit à multiplier des notations  psychologiques à présent vieillies.

Le ton des différents récits est assez alerte, l’atmosphère change vite, l’humour le dispute au tragique. Les préoccupations culturelles de l’époque sont mises en scène ; nous y croisons Alfred Jarry, des artistes surréalistes, des réflexions sur la psychologie, bien datées de mon point de vue (mais de nos jours avec le succès du « développement personnel » pourquoi pas )  , et sur la musique moderne. Les jeunes gens du roman sont exaltés, tentés par le suicide, cela ne change pas avec les époques, mais certaines considérations sur le corps et l’âme, le désir de pureté… ne passent plus très bien !

Le principal  défaut du roman c’est  la présence d’un grand nombre de personnages secondaires qui ont l’air prometteurs à leur apparition,  et dont l’auteur ne fait finalement pas grand-chose.  Parmi les personnages principaux, Edouard et Bernard ne vieillissent pas trop mal ; Olivier par contre est plutôt agaçant…  bref ! Les Faux Monnayeurs tiennent-ils encore la route près d’un siècle après ? Plus ou moins…

 

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 23:16

POL, 2019

Farah vit depuis l’âge de  6 ans   à « Liberty House « ;  un domaine situé en zone blanche et habité par une communauté plus ou moins hippie ( c’est ce mot qui me semble convenir le mieux, tant pis s’il est tombé en désuétude) . Sa mère allergique aux ondes électriques, y a trouvé refuge. Son père, qui n’avait jamais occupé d’emploi lui convenant, s’est épanoui à s’occuper de la serre. Séduite par  le naturisme, La grand-mère les a suivis.

« Liberty House » n’est pas le type de communauté dont on parle dans les journaux pour cause de scandale.  Il y a un bien un gourou, connu sous le nom d’ »Arcady »  la cinquantaine très babacoole, son personnage est celui d’un homme mûr, porté sur le sexe, adepte des théories millénaristes courante . Il est plutôt soft comme gourou ; il sollicite la fortune de certains nantis, des vieilles dames, mais elles peuvent se rétracter comme bon leur semblent. Il ne force personne à rien, mais professe que lorsqu’on est sollicité pour une relation sexuelle ( on dit « amour »)il est généreux d’accepter l’offre .  Les enfants de la secte sont scolarisés normalement, et connaissent les façons de vivre  de la vie au dehors.

Farah comme les autres enfants de la communauté,  vit depuis son plus jeune âge avec des adultes rarement vêtus devant les enfants, et pratiquant le sexe quand ça les chante, à deux ou plus, sans se dissimuler. Au dehors on appelle cela exhibitionnisme ; Les pulsions érotiques des enfants, dont Farah, sont donc sollicitées. Cela pourrait les émousser ou les exacerber : c’est le deuxième cas pour Farah. A l’approche de ses Quinze ans elle rêve d’être initiée sexuellement par Arcady . Ses parents ne s’occupent pas trop d’elle, c’est lui son éducateur. Après une visite chez le gynéco, Farah apprend qu’elle est malformée sexuellement :. ses organes génitaux sont distribués anarchiquement : des ovaires, mais pas d’utérus, un vagin réduit à une « cupule » , un développement de testicules nains, une musculature de garçon. Dans ce cas, on opte généralement pour le sexe qui paraît le plus probable  dans l’apparence extérieure du sujet.

Farah, elle, après s’être interrogée longuement, s’enthousiasme pour un troisième sexe le sexe de l’avenir…

La narratrice ( Farah) décrit son expérience de vie : cela m’a  semblé au départ empreint d’une fine ironie, montrant qu’elle s’est détachée de Liberty House, tout en gardant une profonde nostalgie de cette existence qui l’a façonnée.   

L’écriture est assez élégante, parfois belle,  mais on se lasse des nombreuses descriptions sexuelles, y compris des rêveries dans la belle nature préservée, rien de très neuf dans tout cela. Ni de très surprenant.  Les personnages ne sont pas tout à fait plausibles, certains à la limite de la caricature, je suis restée à distance, sans me  sentir  très concernée.

Exception faite  des interrogations de Farah, qu’est ce que ce corps  qui est le mien, que vais-je en faire? Qui sont communes à tous les adolescents, normalement sexués  ou pas, et  ces interrogations sont bien exprimées.

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 10:53

 

LP, 1962 ( 1ere publication en 1958) relecture.

 

Un «   classique du roman français au siècle dernier, surtout popularisé par le film de Louis Malle ; il me semblait que le personnage masculin était joué par Jean-Paul Belmondo que je voyais bien dans le rôle… las ! C’était Robert Hossein…

 

 

On a du mal à croire que Geneviève l’héroïne soit aussi masochiste !

Se laisser séduire par un homme rencontré par hasard qu’elle a » empêché «  de se suicider ( mais il avait pris trop peu de comprimés, non ?) Pourquoi pas…

 L’installer chez elle, prendre son pied sexuellement, oui, cela va un temps. 

Mais le temps passe, Renaud est alcoolique, il la maltraite, parfois la bat, se fait entretenir, passe son temps à déclamer de longues tirades plus ou moins incohérentes , avec moult citations , au début, on le trouve asse brillant, assez vite on s’ennuie… Elle ne sait et ne saura rien de son passé, et ne demandera jamais !

 

Puis elle rechute de sa tuberculose, va en sana, écrit une lettre d’adieu à son bonhomme !!  le mélo s’invite avec ses gros sabots pleins de sanglots…

Il la retrouve et tout recommence comme avant, sauf que leur existence devient mondaine sans en être plus intéressante, au contraire.

Et puis Renaud va enfin trépasser pour de bon, tandis que Geneviève est enceinte de lui… et contente de l’être ! On le sait dès le départ, cela…

 Franchement, ça craint cette histoire ! mais ça existe encore : actuellement on parle de « pervers narcissique » pour désigner les gens comme Renaud.

 Je me souvenais du personnage de Rafaele , jeune femme rencontrée dans le sud, un peu androgyne,  amusante, dont Geneviève se pense jalouse ( en fait, elle en est un peu amoureuse),  personnage assez piquant, qui aurait mérité plus de développement… le style de Christiane Rochefort, exubérant, les longs délires alcooliques de Renaud  les interrogations de la pauvre Geneviève lassent assez vite, les 50 dernière pages  se lisent en diagonale…

Un vieux poche à l’encre pâlie, que je m’empresse de jeter après l’avoir relu…

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 11:40

 

 

Je lis julien green pour la première fois ! C’est accablant ! Un romancier qu’on ne lit plus guère. Impossible de trouver un article genre «  actualité de Julien Green » ! Même Jeanneney ne s’y est point frotté ! Il me reste à fouiller dans mes archives du Magazine littéraire ( le vieux modèle) voir si je trouve quelque chose.

J’appelle cela incursion dans ma vieille PAL celle qui n’est pas forcément la mienne… qui passa dans d’autres mains avant la mienne !

Challenge « incursion dans de vieilles PAL :

  • Le livre doit dater d’au moins vingt ans révolus (achevé d’imprimer)  et ne pas avoir été lu
  • Il  est dans votre bibliothèque depuis vingt ans au moins et bien plus si possible.
  •  

C’est Daté ? Pas l’histoire en tout cas … Adrienne a dix-huit ans, et elle est tenue enfermée par un père tyrannique. Le matin, elle fait un peu de ménage ( sous la surveillance de sa sœur malade) , l’après midi elle cueille les fleurs au jardin pour en faire des bouquets. Elle a droit de temps à autre à une petite promenade dans la campagne. Elle ne rencontre jamais personne. C’est la domestique qui fait les courses, ce serait l’occasion de parler avec d’autres gens ( nous sommes en 1907, il n’y a pas de  supermarchés) . S’il y a une sortie ( un bal de printemps) elle y  va avec son père. Cet homme ne bouge pas de la journée : la sœur aînée Germaine a déjà dépassé la trentaine : elle ne sort pas non plus ; elle souffre d’une maladie qui n’est pas traitée. Sans doute une tuberculose ( on ne saura pas) ; son père fait mine de ne s’apercevoir de rien. Elle n’a jamais vu un docteur.

Adrienne  jeune et en bonne santé, est attirée par le sexe opposé.  Sa seule distraction c'est de regarder par sa fenêtre. Les fenêtres jouent un grand rôle dans le roman.

Un jour elle aperçoit un homme dans une de ces voitures à cheval, leurs regards se croisent. Rien que de très ordinaire, mais Adrienne a le coup de foudre ; elle voit un homme pour la première fois dirait-on. Il est bien plus âgé qu’elle, n’a rien de particulier, mais… il est plus ou moins son voisin. Sa sœur se rend compte qu’elle commence à se promener le soir, après le couvre-feu maison… elle est jalouse et va cafter…

L’écriture est classique, mais le roman est fort bien écrit, les personnages parfaitement campés, l’intrigue bien menée, et l’on se promène dans la tête d’Adrienne, et ça va de plus en plus mal… C’est complètement déprimant mais tellement bien observé.

 

 

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