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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 21:14

 

Tripode, 2019

D’après des fouilles archéologiques, l’auteur a voulu retracer la destinée d’une femme inuit, vivant de façon précaire sur la banquise l’hiver, sur la toundra l’été. De chasse, pêche et cueillette.

Ça se passe en une période non datée… il y a sûrement très longtemps. Les groupes inuit sont nomades, ils se déplacent en fonction de ce que semble leur promettre l’environnement, construisent tous les hivers des maisons en pierre et peau, des igloos, vivent sous des tentes l’été.

Séparée de sa famille d’origine, la narratrice Uksuralik , va d’un groupe à l’autre, des « cousins » de diverses générations, avec qui elle va s’entendre plus ou moins. Dans le premier groupe qu'elle rejoint Le Vieux est à craindre, lorsqu'il en veut à quelqu'un, il n'hésite pas à le tuer!

Plus tard elle va sympathiser avec Sigaun , qui devient  sa mère d’adoption et sa plus fidèle alliée , des liens forts s’établissent avec elle. Uksuralik aura un enfant d’un des fils du Vieux, puis, rencontrera un étranger « Naja » un chaman, et elle devient chamane elle aussi.

Ces tribus sont extrêmement superstitieuses, et les chants-poèmes qui rythment le récit fourmillent de légendes animistes. On ne sait trop comment procèdent la narratrice et son ami pour entrer dans des états particuliers, des transes ??? Bien que très pragmatiques pour assurer leur survie, les Inuits vivent dans un univers peuplé d’esprits, de bons et mauvais sorts ; animaux et humains ont des pouvoirs bénéfiques ou maléfiques et les rites pour les appeler ou les éviter sont nombreux et complexes. Par exemple, Il faut, lorsqu’on a tué un animal, le remercier de s’être laissé prendre… sinon son esprit se vengera du chasseur.

L’auteur a choisi le présent, et des phrases simples et précises ; les chants-poèmes eux, d'abord agréables à lire, relevant d'une geste poétique réelle, finissent par lasser, et ne sont pas toujours compréhensibles, surtout lorsqu’ils sont retracés dans la langue Inuit.

C’est un récit très documenté, avec des qualités de narration, une certaine poésie;   je me suis sentie proche des personnages, dans leur vie de tous les jours, mais je suis restée étrangère au chamanisme...

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 15:17

 

Flammarion, 2019

190 pages

Je croyais qu’il s’agissait d’un adolescent homosexuel en Allemagne nazie.

Et ses problèmes… pas du tout ! C’est Livio, un adolescent, de nos jours, qui se sent homo et ne peux en parler à personne car il vit dans un environnement fruste,  où nul n’a la moindre compréhension ni même tolérance pour cette orientation sexuelle. Même sa petite amie Camille lui en veut, car elle est amoureuse de lui, et il ne peut être qu’un ami pour elle.

Dans sa classe de Terminale, un matin, il fait un exposé en histoire, sur l’autodafé et prend pour exemple Un certain Hirschfeld, Médecin homosexuel ayant ouvert un centre « de sexologie » à Berlin, qui fut détruit par les nazis en 1933, avec toute sa bibliothèque.

Je ne connaissais pas ce Hirschfeld : ce n’est ni un scientifique de haut niveau, ni un philosophe, ni un psychanalyste. Je ne pense pas que ses livres (il a pas mal écrit) soient d’un grand  intérêt. Ni sa théorie du « troisième sexe ».

 L’exemple est pourtant bien choisi puisqu’il y a eu réellement autodafé, et qu’il  témoigne de la persécution des Juifs et des homosexuels en Allemagne nazie. Après une période relativement tolérante à Berlin, le troisième Reich sème l'épouvante parmi les marginaux. 

  Le récit est bien conduit dans la mesure où il met correctement en scène une classe de terminale dans un lycée public d’une cité défavorisée, et les  réactions très vraisemblables face à l’exposé d’un camarade décidé à faire son coming-out par le biais d’un exposé où il sera question de répression policière : Livio se sent menacé comme sous le régime nazi et   Dans le milieu où il se trouve, il pense que personne ne lui viendra en aide…c’est terrible !

On sait depuis le départ qu'après ces événements, il a disparu. On interprète cette disparition comme on le sent...

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 10:35

Minuit, 190 pages, 2019.

La narratrice et son compagnon ont décidé de s’installer dans une petite localité proche de Paris et préservée de la pollution et des nuisances des grands ensembles. Architecte, elle a conçu un projet de maisons mitoyennes dans une impasse. Les habitants seraient autonomes en gaz et électricité grâce à des panneaux solaires et un retraitement des eaux usées.

L’installation faite, Eva ( son prénom sera mentionné deux fois dans le récit) a  beaucoup de soucis : son compagnon soigné pour une psychose maniaco-dépressive, ne peut travailler et passe beaucoup de temps sans sortir. Ses voisins de droite l’horrible Annabelle Lecoq son bébé et son infâme mari Arnaud. Cette Annabelle devient tout de suite son ennemie ! les autres voisins sont un peu plus accommodants mais il ne faut aps le dire trop vite ! Tout ce petit monde est férocement croqué…

Le goût de la narratrice pour le jardinage est avéré mais elle ne  cultive que les soucis !. Oui, l’humour est parfois un peu lourd… Au milieu du récit on a une parodie de roman policier. Comme souvent chez « Minuit » .

Une comédie sociale très pince-sans rire, portée par une ironie féroce et un humour plutôt noir.

Dans l’ensemble, on sourit assez souvent , parfois un éclat de rire . Un auteur que j’ai plaisir à suivre pour le moment.

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 23:32

Arléa (la Rencontre) 2019.

La narratrice va passer un dimanche dans cette ville résidentielle de la région parisienne.  Elle est venue voir sa seour Claire-Marie qui vit «  à l’ancienne » quasiment femme au foyer , un mari médecin, une fille adolescente, un pavillon de banlieue cossu, près des étangs immortalisés par Corot , et du bois de Fausses-Reposes dont l’énigmatique nom suscite bien des interprétations toutes en rapport avec le mensonge, l’apparence trompeuse, mais aussi la mort…

A Ville-d’Avray, la narratrice est dans un autre monde ; pas seulement parce que la localité vit au ralenti loin de l’agitation et du fourmillement  de la capitale ;c’est un peu un lieu hors du temps. La vie semble s’y être figée. On devrait y être heureux, aisance matérielle, sécurité, beaux paysages, temps libre… et on s’y ennuie…

Claire-Marie doit s’ennuyer pense sa sœur ; enfants, elles s’inventaient une existence aventureuse inspirée de Jane Eyre et d’un Rochester qu’elles adoraient mettre en scène. Claire-Marie est restée une incorrigible rêveuse ; la réalité lui offre sa routine sécurisante et peu d’activités intéressantes.

Cet après-midi à l’approche du crépuscule, Claire-Marie fait une confidence à sa sœur : Autrefois, il y a environ dix ans, elle a fait une rencontre dérangeante, décevante, déconcertante, guère romantique (non rien à voir avec Rochester…) l’histoire est inachevée : la narratrice soupçonne que Claire-Marie lui tait quelque chose. Mais elle n’en saura pas plus.

Et peut-être n’y a-t-il rien d’autre ?

Rien d’autre que le deuil impossible à faire de Rochester ?

«  Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout » « une salle d’attente où l’on attendrait  toute sa vie. Aucun bruit de l’autre côté. Aucun signe. « 

Un récit d’atmosphère, où l’on campe un lieu nimbé de mélancolie, de mystère, de clair-obscur, et de leurre aussi. Ce n’est pas seulement les étangs, le bois, l’automne, et le crépuscule qui offrent à Claire-Marie un espace de rêverie supplémentaire : il sera aussi question de rideau de fer, fuite éperdue, activités mystérieuses et contemplations de lieux clos qui ne livrent pas leurs secrets. Cette banale ville de la région parisienne devient, sous la plume de Dominique Babéris, un espace onirique.

Dommage que ce récit soit si bref, plus longue nouvelle que roman ! une auteure que je découvre avec ce titre, et que j’ai eu plaisir à lire.  

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 16:30

Actes sud, 2013, 445 pages.

 

Partie du village de son enfance « le Val des seuls » en Savoie, près de la frontière italienne, Carole a fait sa vie à Saint-Étienne et ailleurs, loin. Elle voit rarement son frère et sa sœur ; elle est revenue en ce début de décembre, sous un prétexte un peu futile. Leur père leur a envoyé à chacun une boule à neige : c’est sa façon de dire qu’il va peut-être venir les voir. Mais son téléphone sonne dans le vide.

Carole va passer quarante jours dans ce  village, à ressasser un drame survenu pendant son enfance ; un incendie survenu alors que sa mère était seule avec ses trois enfants au grenier de la maison familiale. Elle est sortie avec Philippe dans les bras et la narratrice, et Gaby a dû attendre les pompiers. Pourquoi Gaby fut-elle la victime ?

Gaby en a gardé des séquelles  des difficultés respiratoires et doit régulièrement se ressourcer avec de l’oxygène… Gaby vit de peu dans un bungalow avec « la Môme » une fille de 17 ans qu’elle a recueillie tout bébé dans des circonstances qui restent obscures à Carole. Philippe est garde forestier et recherche  le tracé exact suivi par Hannibal et son armée franchissant les Alpes . Pendant que Carole attend elle ne sait plus trop quoi, elle renoue avec son frère et sa sœur, avec  les gens du village qu’elle connaît plus ou moins : Jean le séducteur, la Baronne et ses chiens ; Diego le cuisinier, Franky, sa serveuse, le vieux Sam un peu mystique…

Le style de l’auteure, des phrases courtes concrètes et en suspens , décrivant des actes simples et courants avec du non-dit en dessous.  Les mêmes séquences se répètent de chapitres en chapitres avec des variations ténues. Comme ces photos que Carole prend tous les matins entre onze heures et midi de la serveuse à Franky secouant les draps par la fenêtre.

Parfois survient une révélation…

Elle installe une atmosphère qui enveloppe le lecteur.   Ici, je dirais que ça fonctionne en dépit de certaines longueurs ; c’est mon troisième «  Claudie Gallay » : j’ai aimé moyennement l’Or du temps, abandonné les Déferlantes … cette part de ciel est de loin ma  préférée pour l’instant… 

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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 22:33

 

L’Arbalète, 295 pages, 2019.

C'est un roman dont on dit beaucoup de bien, dans la presse et sur les blogs : et je e suis dit pourquoi pas, même si je ne sais rien de l'auteur et pas grand chose de l'histoire...

 

Sacha, la quarantaine, vient s’installer dans une petite ville au sud de la France une ville qu’il désigne par la lettre V. une ville charmante où coule le Rhône, proche de la mer…  pour y écrire son prochain roman… il possède un bagage « minimaliste » notamment les livres qu’il a emportés : une vingtaine seulement, bravo !

Il va retrouver « l’autostoppeur » un ami avec qui il « faisait la route » autrefois ; dans leurs jeunes années. L’autostoppeur a continué à voyager de la même façon (mais seulement en France) ; et c’est pourtant lui, qui a une famille : Marie, traductrice d’italien, et Agustín, un petit garçon. Bien sûr c’est Marie qui fait bouillir la marmite, et elle ne fera pas « autostoppeuse « des fois qu’elle en aurait envie : tous les agissements féministe du monde ne feront jamais qu’une femme se balade seule ou à deux sur les routes… d’ailleurs même le gars routard, c’est étonnant qu’après toues ces années il ne lui soit rien arrivé…

Car il les quitte fréquemment pour partir sur les routes de France ( les autoroutes d’abord, puis bientôt les petits villages aux noms suggestifs ).  

Sacha va progressivement remplacer L’autostoppeur au « foyer conjugal » …tandis que l’autostoppeur envoie des cartes postales, des photos (Polaroïd, c'est tendance...) des gens qui l’ont pris en stop… raconte son errance lorsqu’il revient.

C’est l’intrigue.

J’ai suivi le récit, de plus en plus perplexe : il est difficile de croire que l »’autostoppeur «  ne rencontre que des conducteurs sympas, avec qui il partage des moments de vie, et qui se laissent photographier et donnent leurs adresse… qu’il ne s’épuise pas de cette vie sur les routes, que la vie continue de couler douce-amère mais sans vrais heurts, pour ceux qui sont  restés à la maison… plus le récit avance, moins on y croit ! C’est d’un idéalisme désarmant ! La fin est carrément angélique...!

Sacha avait énuméré ses auteurs préférés au début, il y a Thomas Bernhard, Jim Harrison, Cormac Mc Carthy… mais curieusement le monde de Sacha, est à l’opposé de ces auteurs  pessimistes,  lucides et férocement  contestataires ! Pour lui, ça baigne ! Du coup, on croit encore moins à son histoire…

L’écriture est plutôt soignée, avec un certain art de la description, du goût pour les énumérations , mais peu de relief, d’arête, de tranchant, et pas mal de monotonie. Lorsqu’il évoque l’amour avec Jeanne puis l’amour avec Marie, il a beau tenter de varier  les adjectifs et les moments forts , on ne fait pas la différence entre les deux femmes. Pourtant Jeanne et Marie, c’est un peu l’opposé ou je me trompe ?

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 23:34

 

Seuil, 2019

En 1995, Ludvik, journaliste dans une Tchécoslovaquie en pleine mutation, qui se relève du communisme, et vient d’être scindée en deux.

A Prague, il est chargé d’enquêter sur le phénomène suivant : une certaine Vera  prétend être en relation avec Frédéric Chopin : elle retranscrit sous sa dictée des œuvres : mazurkas études etc.… elle dit avoir peu de connaissances musicales et avoir appris le piano, enfant, mais de façon très sommaire. Elle a 57 ans et travaille dans une cantine. Les œuvres qu’elle transcrit, subtils pastiches,  ne peuvent avoir été composées par elle, cette femme n’a pas les connaissances nécessaires … à moins qu’elle ne le cache bien ! Où qu’elle aie accepté de couvrir un ou plusieurs vrais compositeurs, ses « nègres » et que le truc soit une manœuvre destinée à faire vendre le futur disque….

Ludvik est censé mettre au jour la supercherie. Car le  disque va être édité : un pianiste réputé jouera les œuvres. Il faudrait aussi déterminer que  Vera joue la comédie,  ou qu’elle a des hallucinations… qui ne la troublent guère au demeurant.

Avec l’aide d’un cameraman, Ludvik interroge la médium , la filme, et engage même un détective privé pour la filer.  Vera dit qu’elle est en contact avec toutes sortes de défunts depuis sa petite enfance….

Nous croyons qu’on va découvrir le pot aux roses, et pendant un certain temps le récit captive ; d'autant plus que l'atmosphère de Prague en hiver triste et mystérieuse est très bien rendue !

mais j’ai été déçue par  la fin. J’imaginais autre chose, d'autres conclusions … Eric Faye est un auteur que je connais mal, même si j’avais aimé son «  Nagasaki ».   

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 15:36

Pris Goncourt 2016

Aimant la catégorie du « serviteur criminel «  j’ai acheté le livre assez vite après sa parution. Et je ne l’ai lu que quatre ans plus tard. Car ce sont des petits enfants qui sont les victimes de la nounou criminelle… et c’est asséné dès les premières pages.

Le style est simple, beaucoup de présents, narratifs ou pas, peu de descriptions, peu de non-dits… ça se lit très vite ; le traitement de la temporalité est assez travaillé. On a plusieurs flash-back on s’arrête à différents moments de la vie de Louise autrefois avec son mari, avec sa fille, avec les enfants qu’elle garde, avec son propriétaire qui lui fait payer cher un tout petit logement insalubre, avant de la virer ( c’est à Paris … )

Plusieurs points de vue narratifs éclairent (ou non) les événements et permettent une mise en perspective. Celui de Myriam, la mère des deux enfants, qui a repris une activité professionnelle, et se sent coupable de laisser ses enfants, d’autant plus que, comme dit son mari «  tu ne gagneras pas plus que la nounou ! Alors ?... ». c’est une des raisons qui lui font admettre que Louise s’invertisse beaucoup trop dans sa tâche …de Paul son mari, pas très  présent, sauf pour gaffer,  de la fille délaissée et disparue de Louise, la pauvre Stéphanie, le point de vue des voisins,  de la femme qui a donné de bonnes références à Louise, et de leur garçon maintenant adolescent, qui se souvient des bons soins de Louise à son égard lorsqu’il avait huit ans ( relation malsaine admet-il à part lui) ; les rare connaissances de Louise ont aussi leur mot à dire ou à penser.

On découvre donc une Louise ayant toujours vécu dans la précarité sociale, et affligée d’une pathologie du genre « manie dépressive » pour laquelle elle a été peu traitée et pendant un temps très court. Le contexte social et le psychologique s’imbriquent  et donnent un résultat très défavorable. N’ayant pas de vie personnelle, rien que des dettes laissées par son défunt mari ( largement aussi fou qu’elle !) , des dettes auxquelles elle ne comprends rien, Louise se donne à fond dans son activité professionnelle qui devient « tout » pour elle. Ne pouvant pas maintenir un équilibre raisonnable, elle en fait toujours trop ou elle sombre dans la dépression. C’est ce « trop «  qui est mal évalué par ses différents employeurs ; ils y voient une sorte de perfectionnisme qui leur plaît, d’autant que Louise en fait plus qu’on ne lui demande et insiste pour persister dans ce surplus de zèle : elle fait le ménage, la cuisine, sans être payée davantage. Ne le demande pas, va jusqu’à refuser de l’argent ! Quant aux enfants ils se laissent prendre eux –aussi. Bien que Louise s’occupe d’eux à la perfection, elle les maltraite aussi en douce, et ils ne se plaignent jamais. Les parents ont bien remarqué des tas de choses qui en vont pas chez Louise, mais ils ne réussissent pas à s’en défaire, pas assez vite en tout cas…

Elle, qui est si démunie, exerce une étonnante emprise sur ces quatre personnes ! Cet étonnant paradoxe est assez bien montré…

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 12:30

POL, 2017, 361 pages.

 

 

 

Deux personnages, Paul et Sophie apprennent à se connaître et se supporter en travaillant sur les mêmes textes pour leurs thèses respectives ; elle œuvre sur la comtesse d Ségur, qui compte pour elle, ce fut sa première lecture ; lui, bosse sur un film de Rohmer adapté des « Petits filles modèles «  qui fut tourné mais pas distribué en salle. Ce sont les recherches sur ce film qui constituent l’essentiel de la progression de l’intrigue. Sophie, prof à l’université de Caen, est proche de la retraite, Paul est un étudiant en cinéma. Il a trente ans et elle 68 environ.

Ils circulent en Normandie, dans des coins charmants, le Bec Helloin, plusieurs châteaux, Granville et sa plage, une abbaye qui renferme des archives sur Rohmer…

En dépit de ses qualités d’écriture (relatives mais réelles), d’un humour discret, de jolis lieux traversés, je me suis ennuyée, l'auteur laisse l'impression qu'il n'y a pas d'enjeu dans cette histoire, je n'ai pas cru à l'intrigue !

Et je n'ai pas aimé  la fin, que je devinais très "feel good";

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 12:49

L’Escolabe, 350 pages, 2018.

Agée de dix ans, la narratrice vit dans une famille perturbée ; papa est un prédateur redoutable, maman une amibe…. Elle n’a pour tout réconfort que Gilles son petit frère.

Elle se force à faire face à l’adversité : visiter régulièrement la «  salle des cadavres » s’y trouvent des animaux naturalisés, des fauves que son père prétend avoir chassé dans des pays étrangers ; en fait, il travaille dans un bureau, il est comptable au parc zoologique… parmi ces trophées se trouve une tête d’hyène ; et elle rit cette hyène , et même s’introduit dans le cerveau des gens…

Lorsque son petit frère traumatisé par un spectacle plus effrayant que les autres, se détache d’elle, et que sa cervelle est envahie par une armée hostile que dirige la hyène et son rire  , la narratrice décide d’agir : elle va construire une machine pour retourner dans le passé et reprendre le cours de sa vie en effaçant les derniers événements par trop insupportables. Il s’agirait ( si j’ai bien compris …) de brancher une vieille voiture à un four à micro-ondes abandonné à la décharge municipale, par une nuit de pleine lune, avec l’aide d’une sorcière qui vit en lisière des grands bois…

Jusque là le récit est intéressant, ensuite il va se muer en un récit de formation assez semblable à « My absolute Darling » de Gabriel Talent, et je lirai une énième variation sur les ravages du pervers narcissique.

A ce thème l'auteure a ajouté une touche de conte et de fantastique,  avorté dans l’œuf, mais qui colore efficacement son récit.

Certaines phrases sont bien. C’est un premier roman…  A suivre…

 

 

 

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