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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 12:30

POL, 2017, 361 pages.

 

 

 

Deux personnages, Paul et Sophie apprennent à se connaître et se supporter en travaillant sur les mêmes textes pour leurs thèses respectives ; elle œuvre sur la comtesse d Ségur, qui compte pour elle, ce fut sa première lecture ; lui, bosse sur un film de Rohmer adapté des « Petits filles modèles «  qui fut tourné mais pas distribué en salle. Ce sont les recherches sur ce film qui constituent l’essentiel de la progression de l’intrigue. Sophie, prof à l’université de Caen, est proche de la retraite, Paul est un étudiant en cinéma. Il a trente ans et elle 68 environ.

Ils circulent en Normandie, dans des coins charmants, le Bec Helloin, plusieurs châteaux, Granville et sa plage, une abbaye qui renferme des archives sur Rohmer…

En dépit de ses qualités d’écriture (relatives mais réelles), d’un humour discret, de jolis lieux traversés, je me suis ennuyée, l'auteur laisse l'impression qu'il n'y a pas d'enjeu dans cette histoire, je n'ai pas cru à l'intrigue !

Et je n'ai pas aimé  la fin, que je devinais très "feel good";

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 12:49

L’Escolabe, 350 pages, 2018.

Agée de dix ans, la narratrice vit dans une famille perturbée ; papa est un prédateur redoutable, maman une amibe…. Elle n’a pour tout réconfort que Gilles son petit frère.

Elle se force à faire face à l’adversité : visiter régulièrement la «  salle des cadavres » s’y trouvent des animaux naturalisés, des fauves que son père prétend avoir chassé dans des pays étrangers ; en fait, il travaille dans un bureau, il est comptable au parc zoologique… parmi ces trophées se trouve une tête d’hyène ; et elle rit cette hyène , et même s’introduit dans le cerveau des gens…

Lorsque son petit frère traumatisé par un spectacle plus effrayant que les autres, se détache d’elle, et que sa cervelle est envahie par une armée hostile que dirige la hyène et son rire  , la narratrice décide d’agir : elle va construire une machine pour retourner dans le passé et reprendre le cours de sa vie en effaçant les derniers événements par trop insupportables. Il s’agirait ( si j’ai bien compris …) de brancher une vieille voiture à un four à micro-ondes abandonné à la décharge municipale, par une nuit de pleine lune, avec l’aide d’une sorcière qui vit en lisière des grands bois…

Jusque là le récit est intéressant, ensuite il va se muer en un récit de formation assez semblable à « My absolute Darling » de Gabriel Talent, et je lirai une énième variation sur les ravages du pervers narcissique.

A ce thème l'auteure a ajouté une touche de conte et de fantastique,  avorté dans l’œuf, mais qui colore efficacement son récit.

Certaines phrases sont bien. C’est un premier roman…  A suivre…

 

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 23:57

In scènes de la vie parisienne

période 1845-1850 environ

Lisbeth Fisher roturière de province,hébergée  chez les Hulot, veut se venger de cette famille spécialement  de sa sœur  Adeline, baronne Hulot, dont elle est très jalouse. Adeline a fait un mariage d’amour et d’argent, en épousant  Hector, le  baron Hulot ! Lisbeth en a profité un peu en tant que sœur de la belle et vertueuse Adeline ; elle vit dans cette famille mais est restée célibataire : on dit qu’elle a un physique spécial, grande maigre, brune, osseuse,  rien selon le narrateur qu’une parisienne n’eût su arranger à son avantage, mais Lisbeth est restée provinciale… et doit faire des travaux de couture pour améliorer sa condition.

En attendant, Le baron Hulot ruine sa famille , à dépenser à tout va pour ses maîtresses. Adeline reçoit la visite de Célestin Crevel, un amateur de chair fraîche lui aussi ; on l’appelle « l’ancien parfumeur » . Voulant se venger de Hulot, qui lui  avait ravi une maîtresse, il vient proposer ses vieux charmes à La baronne en échange d’une grosse somme d’argent qui la tirerait d’affaire. Adeline a 48 ans ; c’est beaucoup mais « la baronne aurait pu être préférée à sa fille par les amateurs de couchers de soleil » ; or la fille est tout à fait charmante. Bien sûr Adeline, très honnête refuse de se prostituer. Ça viendra, préconise l’affreux Crevel… l’affaire n’est pas mûre…

Après cette pénible scène, Lisbeth court voir son protégé : Wenceslas compte Steinbock, jeune polonais, sculpteur à ses heures, qu’elle entretient chichement, dans un méchant garni, sous les combles. Wenceslas c’est le même genre que Lucien de Rubembré , il est hésitant, charmant, langoureux, doué mais rêveur, paresseux. Lisbeth en est amoureuse à sa façon : il est sa chose….

Et puis, les choses évoluent : il arrive que Wenceslas sorte de sa soupente...

Lisbeth va s'associer avec Valérie Marneffe, une bourgeoise dont le mari veut devenir chef de bureau ;  Valérie est apprentie courtisane et séduit tous les messieurs et les mène à la baguette,  rien ne lui résiste ! Il faut dire que Lisbeth l’aide à sa manière. Toujours dans un esprit de vengeance…

D’amusantes réflexions, beaucoup de verve... des scènes de théâtre nuancées diversement,  comédie, drame, burlesque! Balzac en très grande forme! le contexte politique est très présent aussi.

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 17:16

Gallimard, 1925, 360 pages

 

Gide l’appelle «  son faux premier roman » ; il a été précédé de plusieurs récits  qu’on peut tenir pour des romans ou de longues nouvelles et qui n’ont que peu de personnages : par exemple la Symphonie pastorale ; d’autres livres tenant plus de l’essai : les Nourritures terrestres et des récits burlesques : les Caves du Vatican que Gide appelle « une sotie ».  Je n’ai pas relu ces livres,je le ferai peut-être.

 


 

C’est bien son premier roman dans la mesure où il est assez long et comporte un grand nombre de personnages ;  la genèse du roman, de nombreuses scènes  devant servir à ce roman, et des réflexions sur le genre romanesque, sont relatée dans un texte parallèle «  le journal d’Edouard » , réalité supposée qui jouxte la fiction du roman. Romancier en herbe, auteur du journal, personnage du roman, essayiste à ses heures,  Edouard est la figure principale des Faux monnayeurs. 

Le roman en tant que fiction,  débute avec Bernard, jeune homme qui achève ses années de lycée ; il découvre que son père légitime n’est pas son père biologique. Et quitte la maison après avoir écrit une très méchante lettre à ce «  faux « père qui n’a d’autres défaut que de porter un nom ridicule ( Profitendieu) ; Bernard va se réfugier chez son ami Olivier, autre futur bachelier : ils sont très proches, mais leurs orientations sexuelles sont différentes (on le devine facilement, ce n’est pas dit en toutes lettres,  nous sommes au début du 20eme siècle). C’est un début extrêmement traditionnel : le bâtard est un personnage de roman classique qui part à l’aventure, libéré de ses attaches familiales. Un narrateur omniscient s’adresse au lecteur avec un « nous » un peu ironique, et nous donne de temps à autre, quelques détails sur l’avancement de l’action ou sur ce que nous saurons(ou pas) concernant l’intrigue. Cela aussi est très classique…  Le « journal d’Edouard » n’intervient qu’après quelques chapitres. Nous avons déjà entendu parler d’Edouard par Olivier  qui espère bientôt le revoir.

les récits que narre Edouard dans son journal  à propos des personnages qu’il rencontre et dont il rapporte et commente le comportement, et le roman proprement dit (celui de l’auteur ?) ne différent pas pour ce qui est de l’intrigue et des personnages.

L’intérêt est de montrer un roman en train de se faire et un roman  achevé. De passer  ironiquement d’une réalité supposée ( le journal d’Edouard) à une fiction (le roman) de sorte que nous ne savons pas toujours ce qui ressort de la fiction ou de la réalité supposée.

On aime les notes que prend Edouard  pour s’interroger sur le genre «  roman ». Ces interrogations sont parfois mises en scène. Lorsque Edouard parle de son futur roman avec certains des personnages, ils  entreprennent   une  discussion sur «  faut-il partir de la réalité ou d’une idée pour composer un roman ». Edouard ne veut surtout pas de réalisme, les autres se moquent de lui : si l’on ne part pas de la réalité, rien ne peut advenir !

En accord avec Edouard,  l’auteur fuit le réalisme, en évitant les notations trop concrètes : il ne décrit pas les personnages, seulement leurs pensées et leurs propos ; pour les paysages et les lieux de vie, rien que le strict minimum.

Le titre « faux monnayeurs «  se réfère à un véritable trafic de fausse monnaie perpétré par quelques uns des personnages, mais aussi et surtout à la fausseté des apparences : chacun joue un rôle et triche sur ses pensées et intentions véritables. Certains personnages sont plus faux que d’autres : le comte de Passavent est un romancier à la mode, superficiel, vain, mondain, détestable.

On a dit que les « Faux monnayeurs » préfiguraient le Nouveau roman, je n’y vois rien d’autre qu’un roman classique ; le fait que l’un des personnages tienne un journal de ses rapports avec les autres et s’interroge sur les techniques du roman est un ajout  qui ne détruit nullement  l’illusion romanesque ; je dirai même que parfois ça la renforce ! Quelquefois,  au contraire, les dissertations d’Edouard sont un peu longuettes… le choix de refuser le réalisme conduit à multiplier des notations  psychologiques à présent vieillies.

Le ton des différents récits est assez alerte, l’atmosphère change vite, l’humour le dispute au tragique. Les préoccupations culturelles de l’époque sont mises en scène ; nous y croisons Alfred Jarry, des artistes surréalistes, des réflexions sur la psychologie, bien datées de mon point de vue (mais de nos jours avec le succès du « développement personnel » pourquoi pas )  , et sur la musique moderne. Les jeunes gens du roman sont exaltés, tentés par le suicide, cela ne change pas avec les époques, mais certaines considérations sur le corps et l’âme, le désir de pureté… ne passent plus très bien !

Le principal  défaut du roman c’est  la présence d’un grand nombre de personnages secondaires qui ont l’air prometteurs à leur apparition,  et dont l’auteur ne fait finalement pas grand-chose.  Parmi les personnages principaux, Edouard et Bernard ne vieillissent pas trop mal ; Olivier par contre est plutôt agaçant…  bref ! Les Faux Monnayeurs tiennent-ils encore la route près d’un siècle après ? Plus ou moins…

 

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 23:16

POL, 2019

Farah vit depuis l’âge de  6 ans   à « Liberty House « ;  un domaine situé en zone blanche et habité par une communauté plus ou moins hippie ( c’est ce mot qui me semble convenir le mieux, tant pis s’il est tombé en désuétude) . Sa mère allergique aux ondes électriques, y a trouvé refuge. Son père, qui n’avait jamais occupé d’emploi lui convenant, s’est épanoui à s’occuper de la serre. Séduite par  le naturisme, La grand-mère les a suivis.

« Liberty House » n’est pas le type de communauté dont on parle dans les journaux pour cause de scandale.  Il y a un bien un gourou, connu sous le nom d’ »Arcady »  la cinquantaine très babacoole, son personnage est celui d’un homme mûr, porté sur le sexe, adepte des théories millénaristes courante . Il est plutôt soft comme gourou ; il sollicite la fortune de certains nantis, des vieilles dames, mais elles peuvent se rétracter comme bon leur semblent. Il ne force personne à rien, mais professe que lorsqu’on est sollicité pour une relation sexuelle ( on dit « amour »)il est généreux d’accepter l’offre .  Les enfants de la secte sont scolarisés normalement, et connaissent les façons de vivre  de la vie au dehors.

Farah comme les autres enfants de la communauté,  vit depuis son plus jeune âge avec des adultes rarement vêtus devant les enfants, et pratiquant le sexe quand ça les chante, à deux ou plus, sans se dissimuler. Au dehors on appelle cela exhibitionnisme ; Les pulsions érotiques des enfants, dont Farah, sont donc sollicitées. Cela pourrait les émousser ou les exacerber : c’est le deuxième cas pour Farah. A l’approche de ses Quinze ans elle rêve d’être initiée sexuellement par Arcady . Ses parents ne s’occupent pas trop d’elle, c’est lui son éducateur. Après une visite chez le gynéco, Farah apprend qu’elle est malformée sexuellement :. ses organes génitaux sont distribués anarchiquement : des ovaires, mais pas d’utérus, un vagin réduit à une « cupule » , un développement de testicules nains, une musculature de garçon. Dans ce cas, on opte généralement pour le sexe qui paraît le plus probable  dans l’apparence extérieure du sujet.

Farah, elle, après s’être interrogée longuement, s’enthousiasme pour un troisième sexe le sexe de l’avenir…

La narratrice ( Farah) décrit son expérience de vie : cela m’a  semblé au départ empreint d’une fine ironie, montrant qu’elle s’est détachée de Liberty House, tout en gardant une profonde nostalgie de cette existence qui l’a façonnée.   

L’écriture est assez élégante, parfois belle,  mais on se lasse des nombreuses descriptions sexuelles, y compris des rêveries dans la belle nature préservée, rien de très neuf dans tout cela. Ni de très surprenant.  Les personnages ne sont pas tout à fait plausibles, certains à la limite de la caricature, je suis restée à distance, sans me  sentir  très concernée.

Exception faite  des interrogations de Farah, qu’est ce que ce corps  qui est le mien, que vais-je en faire? Qui sont communes à tous les adolescents, normalement sexués  ou pas, et  ces interrogations sont bien exprimées.

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 10:53

LP, 1962 ( 1ere publication en 1958) relecture.

 

Un «   classique du roman français au siècle dernier, surtout popularisé par le film de Louis Malle ; il me semblait que le personnage masculin était joué par Jean-Paul Belmondo que je voyais bien dans le rôle… las ! C’était Robert Hossein…

 

 

On a du mal à croire que Geneviève l’héroïne soit aussi masochiste !

Se laisser séduire par un homme rencontré par hasard qu’elle a » empêché «  de se suicider ( mais il avait pris trop peu de comprimés, non ?) Pourquoi pas…

 L’installer chez elle, prendre son pied sexuellement, oui, cela va un temps. 

Mais le temps passe, Renaud est alcoolique, il la maltraite, parfois la bat, se fait entretenir, passe son temps à déclamer de longues tirades plus ou moins incohérentes , avec moult citations , au début, on le trouve asse brillant, assez vite on s’ennuie… Elle ne sait et ne saura rien de son passé, et ne demandera jamais !

 

Puis elle rechute de sa tuberculose, va en sana, écrit une lettre d’adieu à son bonhomme !!  le mélo s’invite avec ses gros sabots pleins de sanglots…

Il la retrouve et tout recommence comme avant, sauf que leur existence devient mondaine sans en être plus intéressante, au contraire.

Et puis Renaud va enfin trépasser pour de bon, tandis que Geneviève est enceinte de lui… et contente de l’être ! On le sait dès le départ, cela…

 Franchement, ça craint cette histoire ! mais ça existe encore : actuellement on parle de « pervers narcissique » pour désigner les gens comme Renaud.

 Je me souvenais du personnage de Rafaele , jeune femme rencontrée dans le sud, un peu androgyne,  amusante, dont Geneviève se pense jalouse ( en fait, elle en est un peu amoureuse),  personnage assez piquant, qui aurait mérité plus de développement… le style de Christiane Rochefort, exubérant, les longs délires alcooliques de Renaud  les interrogations de la pauvre Geneviève lassent assez vite, les 50 dernière pages  se lisent en diagonale…

Un vieux poche à l’encre pâlie, que je m’empresse de jeter après l’avoir relu…

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 11:40

 

 

Je lis julien green pour la première fois ! C’est accablant ! Un romancier qu’on ne lit plus guère. Impossible de trouver un article genre «  actualité de Julien Green » ! Même Jeanneney ne s’y est point frotté ! Il me reste à fouiller dans mes archives du Magazine littéraire ( le vieux modèle) voir si je trouve quelque chose.

J’appelle cela incursion dans ma vieille PAL celle qui n’est pas forcément la mienne… qui passa dans d’autres mains avant la mienne !

Challenge « incursion dans de vieilles PAL :

  • Le livre doit dater d’au moins vingt ans révolus (achevé d’imprimer)  et ne pas avoir été lu
  • Il  est dans votre bibliothèque depuis vingt ans au moins et bien plus si possible.
  •  

C’est Daté ? Pas l’histoire en tout cas … Adrienne a dix-huit ans, et elle est tenue enfermée par un père tyrannique. Le matin, elle fait un peu de ménage ( sous la surveillance de sa sœur malade) , l’après midi elle cueille les fleurs au jardin pour en faire des bouquets. Elle a droit de temps à autre à une petite promenade dans la campagne. Elle ne rencontre jamais personne. C’est la domestique qui fait les courses, ce serait l’occasion de parler avec d’autres gens ( nous sommes en 1907, il n’y a pas de  supermarchés) . S’il y a une sortie ( un bal de printemps) elle y  va avec son père. Cet homme ne bouge pas de la journée : la sœur aînée Germaine a déjà dépassé la trentaine : elle ne sort pas non plus ; elle souffre d’une maladie qui n’est pas traitée. Sans doute une tuberculose ( on ne saura pas) ; son père fait mine de ne s’apercevoir de rien. Elle n’a jamais vu un docteur.

Adrienne  jeune et en bonne santé, est attirée par le sexe opposé.  Sa seule distraction c'est de regarder par sa fenêtre. Les fenêtres jouent un grand rôle dans le roman.

Un jour elle aperçoit un homme dans une de ces voitures à cheval, leurs regards se croisent. Rien que de très ordinaire, mais Adrienne a le coup de foudre ; elle voit un homme pour la première fois dirait-on. Il est bien plus âgé qu’elle, n’a rien de particulier, mais… il est plus ou moins son voisin. Sa sœur se rend compte qu’elle commence à se promener le soir, après le couvre-feu maison… elle est jalouse et va cafter…

L’écriture est classique, mais le roman est fort bien écrit, les personnages parfaitement campés, l’intrigue bien menée, et l’on se promène dans la tête d’Adrienne, et ça va de plus en plus mal… C’est complètement déprimant mais tellement bien observé.

 

 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 13:34

2019, 223 pages

D’après sa documentation, et son imagination personnelle, l’écrivaine narre une biographie du dictateur Pol Pot ( de son vrai nom Saloth Sâr  qui signifie « l’homme-nuit ») .

Elle arrête le récit lorsque les Khmers rouges envahissent Phnom-Penh et vident la ville, massacrant tout le monde sur leur passage et détruisant tout ce qui a trait à la civilisation et à la culture , y compris l’argent.

Cette première partie campe un garçon méprisé par sa famille, humilié par ses comparses,  envoyé tôt dans un pensionnat rigide , où l’on passe beaucoup de temps à réciter des formules sacrées , des mantras  et répéter à l’infini des gestes stéréotypés ( qui ont beaucoup d’importance pour tenir le coup).  A Paris, envoyé par un oncle comme étudiant, alors qu’il est singulièrement ignorant, il va s’initier à la lutte armée, entrevoir une possibilité d’être quelqu’un.

Un apprentissage  lamentable, mais pas si rare, et tous les ratés ne deviennent pas des Pol Pot…

Le portrait qu’elle dresse de Sâr est celui d’un garçon sans doute schizophrène.  Il est mort sans avoir été jugé.

Nous voilà à la deuxième partie, L’auteure raconte sa propre histoire , sous le pseudo «  Dorritt «  ( je n’ai pas lu le roman de Dickens malheureusement, donc je n’en déduis rien pour l’instant).

Curieusement elle pense avoir quelque chose de commun avec Pol Pot. Il faut oser ! Et rédige quelques leitmotivs en parallèle .

Nous voilà au titre : les "lèvres de pierre sont celles du Bouddha : un sourire lisse, un sourire à tout faire, qui ne révèle rien de la personne. Elle l'a pratiqué ce sourire. Et lui aussi.

On a du mal à y croire… Dorritt c’est plutôt une hystérique très douée. Elle a eu des liaisons avec tous ses profs de fac, certaines  lui ont laissé un assez bon souvenir ; elle a épousé un homme de son choix. En dépit de ses autres malheurs, le bilan se révèle plutôt positif… je me sens nulle à côté d’elle.

Elle se pose pourtant des questions intéressantes ; Pourquoi ses amis  et elle ont-il soutenu des   dictateurs dans les années 70 ( celui là dont elle a déjà parlé mas aussi Mao et l’on pense à Foucauld fasciné par l’ayatollah Khomeiny etc.) ?

 Comme tous les écrits de Nancy Huston, celui-là non plus, en dépit de ses bizarreries ne laisse pas indifférent.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 12:53

Gallimard, 220 pages. 2011

 

Edith, traductrice de son état, embauche une Fadila Amrani, une femme marocaine qui a environ 65 ans ( elle n’est pas sûre de son âge…). Elle sympathise avec Fadila, et se rend compte que son quotidien est difficile parce qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Voulez-vous que je vous apprenne ? Fadila est d’accord. Mais elle a un certain âge et n’a jamais été scolarisée. Au bout de quelques semaines de labeur, Edith se rend compte qu’elle n’arrive à rien. Fadila  ne parvient pas à se faire de représentations abstraites de notions qu’elle a acquises depuis longtemps dans des situations concrètes. Au dessus, au dessous, en haut , en bas… ne signifient rien pour elle sur une feuille de papier.  Elle ne réussit pas à mémoriser lettres et chiffres  écrits, ni à les associer au son correspondant.  Elle réussit à recopier des mots et suites de chiffres et c’est à peu près tout !

Elle a certaines représentations imagées en tête, par exemple «  RER A, RER B, RER C » parce qu’elle prend souvent le métro… et que c’est écrit en grosses lettres ( pour elle ce sont des images pas du texte…) . Alors, on pourrait essayer la méthode dite « globale » pense Edith… mais cela ne fonctionne pas non plus…

 Comment  passe-t-on de l’image au texte, du concret à l’abstrait ? Fadila a bien appris à parler !

On se pose toutes sorte de questions sur les compétences à mobilier pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. On a aussi un beau portrait de femme, dont la vie nous semble bien pire que celle de n’importe quelle française…

Ce n’est pas un roman, mais un témoignage.  Poignant.

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 16:30

Buchet-châstel, 1957

Nous voici déjà fin janvier, il est temps que je réalimente ce blog!  j'ai fouiné comme une souris dans les plus anciens titres d'une PAL qui ne fut pas toujours la mienne!

Ce roman, presque en ruine,  dont les pages n’étaient pas coupées,   traîne dans mes étagères depuis toujours.  J’ignore qui l’avait acheté et dans quelles circonstances. l'année d'achever d'imprimer est 1957.

Nous sommes en 1944 dans le milieu de la Résistance, à Paris, et pour quelques chapitres , en province dans la Bresse,, où il s’agit d’organiser un accident ferroviaire ayant pour but de supprimer un certain Von X…

Le narrateur, François Lamballe, Marat de son pseudonyme, a rejoint La Résistance depuis peu ; il   joue à ce « drôle de jeu » comme le qualifiera Annie, une jeune femme qu’il va rencontrer et qui après avoir formulé bien des réticences, jouera elle aussi ce jeu.  Selon  elle, ils ne le joueraient pas s’ils n’y prenaient un plaisir qu’elle qualifie d’enfantin et qu’amplifie la conscience du danger.

 Son récit nous met dans le bain : la vie quotidienne de jeunes intellectuels résistants (Marat est le plus âgé, à 36 ans ) qui organisent la lutte, se déplacent incessamment, toujours sur le qui vive , passent des nuits blanches à imaginer la Gestapo qui arrive et comment ils vont agir ; et tentent de vivre, font de longues dissertations sur la vie,  la mort, la lutte des classes, les raisons de s’engager. Des raisons très diverses suivant les cas : plusieurs d’entre eux étaient communistes avant la guerre, mais « Caracalla » (on reconnaît Daniel Cordier sous ce nom) soutenait l’Action Française , d’autres encore ont des motivations  différentes.

Ses aventures avec les femmes ( qui tiennent souvent du rêve à cause de la situation, mais il y a aussi un peu de passage à l’acte) occupent une place non négligeable. 

Comment préserver son individualité, et bien servir la collectivité, dans une telle situation ?

Malgré la différence de contexte,  les  propos ont encore leur intérêt, même les monologues de « Marat » (encore que ceux-ci soient un peu longs parfois) restent valables et les questions posées sont, pour la plupart, toujours d’actualité. En dépit des monologues un peu lourds, le récit est enlevé, parfois même assez léger compte tenu du sujet...

j'ai fait connaissance avec Roger Vailland ; le relirai-je? Sans doute que oui...

Un roman qui vieillit plutôt bien… actuellement , il est édité chez Phébus. 

 

 

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