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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 12:53

 

Gallimard, 220 pages. 2011

 

Edith, traductrice de son état, embauche une Fadila Amrani, une femme marocaine qui a environ 65 ans ( elle n’est pas sûre de son âge…). Elle sympathise avec Fadila, et se rend compte que son quotidien est difficile parce qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Voulez-vous que je vous apprenne ? Fadila est d’accord. Mais elle a un certain âge et n’a jamais été scolarisée. Au bout de quelques semaines de labeur, Edith se rend compte qu’elle n’arrive à rien. Fadila  ne parvient pas à se faire de représentations abstraites de notions qu’elle a acquises depuis longtemps dans des situations concrètes. Au dessus, au dessous, en haut , en bas… ne signifient rien pour elle sur une feuille de papier.  Elle ne réussit pas à mémoriser lettres et chiffres  écrits, ni à les associer au son correspondant.  Elle réussit à recopier des mots et suites de chiffres et c’est à peu près tout !

Elle a certaines représentations imagées en tête, par exemple «  RER A, RER B, RER C » parce qu’elle prend souvent le métro… et que c’est écrit en grosses lettres ( pour elle ce sont des images pas du texte…) . Alors, on pourrait essayer la méthode dite « globale » pense Edith… mais cela ne fonctionne pas non plus…

 Comment  passe-t-on de l’image au texte, du concret à l’abstrait ? Fadila a bien appris à parler !

On se pose toutes sorte de questions sur les compétences à mobilier pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. On a aussi un beau portrait de femme, dont la vie nous semble bien pire que celle de n’importe quelle française…

Ce n’est pas un roman, mais un témoignage.  Poignant.

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 16:30

Buchet-châstel, 1957

Nous voici déjà fin janvier, il est temps que je réalimente ce blog!  j'ai fouiné comme une souris dans les plus anciens titres d'une PAL qui ne fut pas toujours la mienne!

Ce roman, presque en ruine,  dont les pages n’étaient pas coupées,   traîne dans mes étagères depuis toujours.  J’ignore qui l’avait acheté et dans quelles circonstances. l'année d'achever d'imprimer est 1957.

Nous sommes en 1944 dans le milieu de la Résistance, à Paris, et pour quelques chapitres , en province dans la Bresse,, où il s’agit d’organiser un accident ferroviaire ayant pour but de supprimer un certain Von X…

Le narrateur, François Lamballe, Marat de son pseudonyme, a rejoint La Résistance depuis peu ; il   joue à ce « drôle de jeu » comme le qualifiera Annie, une jeune femme qu’il va rencontrer et qui après avoir formulé bien des réticences, jouera elle aussi ce jeu.  Selon  elle, ils ne le joueraient pas s’ils n’y prenaient un plaisir qu’elle qualifie d’enfantin et qu’amplifie la conscience du danger.

 Son récit nous met dans le bain : la vie quotidienne de jeunes intellectuels résistants (Marat est le plus âgé, à 36 ans ) qui organisent la lutte, se déplacent incessamment, toujours sur le qui vive , passent des nuits blanches à imaginer la Gestapo qui arrive et comment ils vont agir ; et tentent de vivre, font de longues dissertations sur la vie,  la mort, la lutte des classes, les raisons de s’engager. Des raisons très diverses suivant les cas : plusieurs d’entre eux étaient communistes avant la guerre, mais « Caracalla » (on reconnaît Daniel Cordier sous ce nom) soutenait l’Action Française , d’autres encore ont des motivations  différentes.

Ses aventures avec les femmes ( qui tiennent souvent du rêve à cause de la situation, mais il y a aussi un peu de passage à l’acte) occupent une place non négligeable. 

Comment préserver son individualité, et bien servir la collectivité, dans une telle situation ?

Malgré la différence de contexte,  les  propos ont encore leur intérêt, même les monologues de « Marat » (encore que ceux-ci soient un peu longs parfois) restent valables et les questions posées sont, pour la plupart, toujours d’actualité. En dépit des monologues un peu lourds, le récit est enlevé, parfois même assez léger compte tenu du sujet...

j'ai fait connaissance avec Roger Vailland ; le relirai-je? Sans doute que oui...

Un roman qui vieillit plutôt bien… actuellement , il est édité chez Phébus. 

 

 

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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 12:17

De Fallois, 2018, 635 pages.

Le pot de départ de l’inspecteur Jesse Rosenberg se termine sur une note frustrante : une jeune journaliste, Stéphanie Mailer vient lui dire que de source sûre, il s’est trompé de coupable, lui et Derek son acolyte déjà retraité, lorsqu’en 1994, ils ont pensé avoir résolu l’affaire du quadruple meurtre de la petite bourgade d’Orphea : ils n’ont pas trouvé le vrai coupable…

Au cours du festival de théâtre d’août de cette année là, une joggeuse a été abattue Meghan Padalin, ainsi que le maire Gordon son fils et sa femme, dont elle longeait la maison.

Vingt ans après, l’enquête reprend donc, d’autant plus que Stéphanie, qui en sait trop, disparaît.

Très sophistiquée, l’intrigue se tient ; on suit beaucoup de fausses pistes qui tiennent la route,  et on ne devine pas la solution, ce qui m’est fort agréable. Il y a beaucoup de personnages, la plupart sont utiles à l’intrigue mais pas tous. Il est dommage que les trois principaux enquêteurs soient très convenus…

Quelques personnages sont agréables à suivre : Kirk Harvey l’ancien chef de la police, amateur de théâtre et très fantasque, qui entreprend de refaire un festival de théâtre, avec une pièce dont il n’a que les premières répliques : le nom de l’assassin y sera donné, dit-il… les répétitions de la soi-disant pièce sont assez cocasses.  La jeune Dakota, personnage inutile à l’enquête, a  un peu d’épaisseur sans être très originale. L’histoire de Bergdorf et Alice est plaisante à suivre, et atteint des degrés de bouffonnerie sur la fin. Le petit chapitre mettant en scène les grands-parents de Jesse est très drôle, j’ai bien ri ! Dommage qu’il soit si court et qu’il faille attendre la page 490 pour en profiter. Joël Dicker a un certain talent pour le burlesque qu’il ne met pas assez en avant.

On s’en doute, malgré le tarabiscot de l’intrigue, il y a beaucoup de propos inutiles. Lorsqu’un personnage rapporte une information, un fait,  ou une conversation qu’il a eue avec un autre, hier ou vingt ans plus tôt, on peut très bien se contenter de ce propos. Mais souvent, il est repris au paragraphe suivant sous forme de scène avec des dialogues insipides. 

Dans l’ensemble, ce n’est pas déplaisant, sans être le polar de l’année.

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 11:00

Emmanuelle Richard Désintégration, 2018, l'Olivier

 

 

ce n'est pas réellement un abandon, mais j'ai eu bien du mal à l'achever...

Récit autobiographique :Le texte, touffu, sans dialogue, ni pause, déferle comme une vague, pour relater  la jeunesse d’une narratrice depuis ses dix-huit ans jusqu’à un chagrin d’amour dont elle peine à se relever la trentaine venue.

Entre temps, elle aura suivi des études de cinéma et lettres ; fait l’expérience de nombreux petits boulots mal payés et épuisants,  partagé une difficile colocation parisienne avec trois jeunes nés de l’autre côté de la bourgeoisie, et tenté de frayer avec «  ces gens-là » pour éditer ses livres, le succès étant venu qui l’a vengée du dédain dans lequel on l’avait tenue, puis elle s’en est désintéressée, vu le naufrage de son couple.

En principe le sujet me plaît, et le fait que la narratrice soit un peu vengeresse, pleine de colère, ce serait un plus. Mais j'ai des difficultés de respiration avec son écriture.

Il y a aussi les références musicales de l'auteur qui me sont étrangères...

Serge Joncour l'Amour sans le faire

Flammarion, 2012, 320 pages.

Frank et Louise, deux quadragénaires au vécu difficile. Lui est réalisateur de films documentaires et n’a plus de travail. Plus de compagne non plus, et relève de sérieux ennuis de santé. Elle travaille pour un maigre salaire dans une entreprise qui va fermer, et est harcelée par son ex-ami qu’elle ne veut plus voir.

Frank décide d’aller voir ses parents, fermiers dans le Lot, bien qu’il ne leur ait pas donné de nouvelles depuis longtemps. Au téléphone, il entend une voix d’enfant, et se rappelle son petit frère Alexandre. Justement, Alexandre c’est moi dit le petit. Mais ce frère s’est suicidé huit ans plus tôt… Frank ne croit pas aux fantômes…

Louise, elle aussi va se rendre là-bas. Elle est veuve d’Alexandre, et a confié son fils à ses beaux-parents qui l’élèvent.

Frank et Louise se sont déjà vus mais ne se connaissent pas.

Comme le dit le titre, il ne se passera rien entre Frank et Louise, mais il y a plusieurs possibilités de « rien » et là c’est vraiment très peu. Pourtant dans cette histoire, tout sonne juste, on aime bien les personnages, on apprécie certaines remarques où l’on sent que l’auteur a voulu bousculer les préjugés.

 On est d’accord pour éviter la romance entre Frank et Louise, mais on voudrait qu’il se passe quelque chose de plus….

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 19:35

Actes sud, 2018, 420 pages.

Nous sommes en 1992, à Heillange, en Lorraine ; Anthony, 14 ans et «  le cousin » un peu plus âgé, s’ennuient sur une plage près du lac, la plus mauvaise plage ( elle jouxte une décharge municipale).  Les deux garçons empruntent un canot pour rejoindre la « plage des culs-nus » où Anthony espère voir des filles à poil pour de vrai. Il va en pincer durablement pour Stéphanie ( en maillot de bain). Ce fait l’entraîne dans une fête dans une maison bourgeoise où il se fait voler la moto de son père.

Stéphanie, la moto, Hacine,  le voisin à éviter qu’on retrouve toujours, les amis des jeunes et les soucis des parents( le chômage, l’alcoolisme)  vont être les leitmotivs qui rythmeront les vacances d’Anthony jusqu’à la fin des années 90…   Anthony est fâché avec l’école et  susceptible d’obtenir un bac technique qui ne servira à rien ; Hacine est déjà déscolarisé et décidé à s’enrichir dans la petite délinquance ; Stéphanie se dirige mollement vers un avenir de cadre sup ;  ces vacances relatées tous les deux ans mettent en scène la vie dans une cité et dans les pavillons en banlieue d’une ville moyenne. Les milieux sociaux sont minutieusement décrits, avec ces petits détails qui nous font vivre dans la peau des personnages, et arpenter ces lieux désolés ( hauts fourneaux éteints, terrains vagues, centres commerciaux où l’on traîne, bistrots , piscines municipales, plage de bord de lac, genre de faux centre ville, où l’on se rend avidement en quête d’un peu d’animation.

C’est un roman d’apprentissage de la vie, et il ne se passe rien de notoire. L’auteur a eu soin d’éviter les effets faciles : il y aura beaucoup de violence mais pas de crime, beaucoup de sexe mais souvent raté, des rêveries, mais pas de passion fatales ni d’avortements sanglants. Les dialogues des jeunes sont retranscrits dans une oralité scrupuleuse, avec les tics de langage de l’époque, et les non-dits qui sont palpables dans les propos échangés : les personnages  finissent toujours par remarquer plus ou moins explicitement «  au fond, on n’a rien à se dire ».

C’est une gageure de réussir à intéresser avec ce type de sujet. Nicolas Mathieu y parvient.

 

 

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 10:43

 

Gallimard 2018 142 pages

1935, le narrateur intègre une prépa de sciences tenue par des « Jèzes » : il s’entiche de Conrad, un élève pas comme les autres, plus âgé, plus au fait des choses de la vie, notamment le sexe.  Plus encore,  il mène son existence en toute indépendance ; Robin, lui, est très proche de sa mère, et cela lui pèse. C’est un enfant »posthume » né d’un homme tué quelques mois plus tôt, dans les tranchées de la Grande Guerre.

A l’occasion d’un séjour dans la toute nouvelle station de ski de Val d’Isère, le jeune s’éprend d’une jeune fille qui voyage seule avec son carnet à dessin…

La trame narrative fait penser à ces romans dans lesquels un narrateur se lie d’amitié avec un camarade d’école différent des autres, qui le fascine et l’inquiète : le Silbermann de Lacretelle,  le Demian de Hesse, ou même,  plus simplement le Grand Meaulnes. Cette inclination mène souvent à une femme.

Dans ce roman, le protagoniste est destiné à progressivement perdre ses illusions, grâce à son nouvel ami, et ce processus est bien amené. Le collège de Jésuites est décrit comme un monde sans pitié qui préfigure l’écrasement de la guerre proche. Les scènes du village dans la neige m’ont plu également, le réalisme y côtoie le tragique et la beauté discrète des paysages. L’écriture est élégante, d’une belle tenue,  la narration sobre, un ensemble austère, un apprentissage difficile sur fond de Front populaire et nazisme menaçant.

Une auteure que je ne connaissais pas, et que je suis contente de découvrir, les hasards parfois heureux des emprunts en bibliothèque…

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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 23:38

Verticales, 2018, 285 pages.

Roman d’apprentissage : Paula Karst, jeune étudiante de 19 ans, trouve sa voie : l’école de peinture de décor  à Bruxelles, où elle apprend le trompe-l’œil en une année de travail intensif.

Après ses études, pendant les quelles elle se lie avec Kate, très farfelue, et Jonas, très doué, elle débute comme créatrice de décors : un ciel dans la chambre d’un enfant, des palais au nord de l’Italie, des décors de cinéma à Cinecitta, puis le chantier de Lascaux 4 où l’on recrée en fac-similé les peintures de la fameuse grotte, abîmée dont on ne peut plus faire visiter l’original au public.

le roman débute de façon classique par un portrait de Paula de pied en cap, et en situation: nous la visualisons : grande,  dynamique, pleine d'énergie, vacillant sur des talons hauts, aimant le froid et le vent sur sa peau. De ce qui est un apprentissage plutôt aride, l'auteur réussit à faire une conquête exaltante, un parcours exceptionnel, comme si Paula et ses amis escaladaient l'Everest.  C'est d'autant plus étonnant qu'elle nous détaille toutes les phases de l'initiation, les différents types de matériaux à reproduire sur une surface et les façons de les colorer pour créer l'illusion. Car ces patients artisans seront des illusionnistes, des magiciens!  Des artistes... 

Nous retournons sur terre lorsque subitement vers la fin du récit, le père de Paula (  jusqu'alors une silhouette sans épaisseur, en toile de fond) prend la parole pour raconter son après-midi en famille à la grotte de Lascaux ( " la vraie" ) lorsqu'il était enfant . Ce bref récit,  unique dans tout le roman par sa banalité, sa facture de petit drame familial (un gamin tente de faire un graffiti sur le mur, se fait gronder, tout le monde est privé de glace!) fait apparaître les parcours de Paula et ses amis nimbé de sublime, jusque dans leur vie quotidienne.

les phrases sont longues, mais n'en ont pas l'air, tant les virgules nombreuses et la syntaxe simple, les assouplissent, les font couler  sans heurt. Bien sûr, il y a tellement de vocabulaire savant qu'il faudrait se faire un répertoire. En ces temps où le roman est majoritairement centré sur la vie sentimentale du personnage principal, et les malheurs que lui infligent ses ascendants et des cendants, on ne peut que saluer un récit comme celui-là où l'on se tourne vers l'extérieur, le monde, les découvertes qu'on peut y faire.

a

 

 

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 16:19

Minuit, 2018, 127 pages.

Longue nouvelle plutôt que roman.

Le narrateur revient dans le village de St Fourneau «  un trou perdu au milieu de rien » avec Claire, pour assister au mariage de sa cousine Lucie, et revoir son oncle Roland. Mais il n’a pas vraiment envie de ce séjour en  famille, et la femme qui l’accompagne n’est pas Constance, sa compagne enceinte ;  Claire feint d’être Constance. La famille ne l’a jamais vue de toute façon. Deux jours vont se dérouler en milieu rural ; si Laurent, le narrateur ment sur sa situation, la famille n’est pas Claire non plus. La mère a pour compagne l’oncle : tous deux ont enterré leurs conjoints de longue date. Et de quoi sont-ils morts ? Laurent se souvient d’avoir bu de l’eau de Javel enfant, sa mère s’était trompée de bouteille…

En exergue du roman, est placée une phrase de Sartre tirée de la pièce «  les Mouches » ; on s’attendait donc à une atmosphère délétère, à des drames familiaux … et c’est surtout l’atmosphère qu’a travaillée l’auteur et de façon magistrale !  

La mort rôde en ces lieux de façon concrète : champignons, café, vin, la nourriture est suspecte ou a  goût infect… mentions d’urnes funéraires que l’on place bien en vue, cadavres de chiens, maladie de l’oncle, aspects des gens : on voit deux jambes qui dépassent d’une voiture, puis un tronc apparaît … C’est la position d’un garagiste en partie allongé sous une voiture qui fait penser à un corps morcelé. La mère qui triture de la viande avec un entrain féroce… Le bain dans un lac boueux … et toutes ces mouches, évidemment,  que l’on retrouve à chaque coin de page.

Le récit de ce court séjour est sous tension :   le malaise et bientôt l’effroi du narrateur,  sont tellement palpables

, que l’on se sent plutôt mal soi-même !

un bel exercice de style...

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 14:22

Sous titre : "roman improvisé, interruptif et pas sérieux".

(Heureusement ce n’est ni improvisé, ni" pas sérieux", bien au contraire !)

Notabilia 298 pages, parution en 2015.

 

Sophie, la narratrice,  vit dans un petit studio à Lyon, et elle est chômeuse en fin de droit ; elle perçoit l’ASS (allocation de solidarité spécifique) mais ce mois ci l’argent tarde à arriver pour cause de problèmes administratifs. Après avoir payé le gaz l’électricité, elle n’a presque rien pour manger elle se contente de pâtes, café, et poires...

Sophie écrivait un roman, mais ces temps-ci, la précarité incite au « contemplage de plafond »  …

Voilà un thème qui ne prête pas à sourire, et pourtant, dans ce contexte difficile, l’auteur a choisi l’humour (parfois noir) et réussit parfaitement son pari !

 Nous la suivons pendant plusieurs mois ; les péripéties sont minimes mais le langage est très étudié, la verve ne manque pas, (l’inspiration oulipienne est évidente) : création de mots, contes loufoques ( l’histoire du mange-consonnes qu’elle raconte à ses neveux), discussion improbable entre un grille-pain et une bouilloire ( le grille-pain va être vendu sur le Bon Coin et se plaint à la bouilloire qui le moque), faits et gestes de Lorchus ( c’est lui le Diable) qui vient, dans un langage très actuel… et hilarant,  proposer ses méchants pactes  à des malheureux précaires…

 Le roman ne manque pas de réalisme, j’ai apprécié pour sa justesse le récit des journées de Sophie comme extra dans plusieurs restaurants, éripétie dont elle restitue parfaitement le rythme effréné, les embrouilles... et la satisfaction momentanée  d'avoir rejoint le monde des actifs.

Une auteure très talentueuse, que je découvre à peine. Elle  a publié d’autres livres, que je lirai volontiers. 

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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 11:17

 

Viviane Hamy, 2003, 253 pages.

Un après-midi, Véra reçoit un appel du centre Pompidou  (le musée d’art moderne) ; son mari a fait un malaise devant un tableau, est tombé dans les pommes, puis a disparu alors qu’on appelait les secours. Il avait donné son numéro de téléphone aux agents de surveillance.

Étonnement de Véra : son mari ne s’intéresse qu’au cinéma (celui d'Hitchcock en particulier) pas aux beaux arts.   En plus, il est censé être à un rendez-vous d’affaires ( il vend de la peinture industrielle pour les avions et occupe un poste à responsabilité).

Elle fait connaissance avec les deux agents de surveillance, sympathiques, mais qui n’éclaircissent pas le mystère. Elle n’ose pas parler de cela à Antoine, c’est teeellement bizarre… mais se demande s’il n’a pas une existence cachée.

Bientôt elle apprend que le type qui s’est trouvé mal, s’intéressait à des toiles de Soutine : le fameux Groom ( titre du roman).

Antoine le mari, dont nous commençons à apprendre l’histoire, a vécu avec son père et son frère dans un immeuble de la rue de Cléry, à Paris. La demeure  appartient à une certaine Louise Rotheim : elle loge des gens dans son immeuble depuis longtemps, déjà avant la guerre, toute sorte de gens… c’est une longue histoire… dans laquelle Soutine joue un rôle particulier.

Le roman est  assez agréable à lire, avec de l’humour de temps à autre, mais bien qu’il soit bâti sur Soutine comme personnage, l’écriture est assez plate (très loin de Soutine)  et les autres personnages ne sont pas convaincants ; sauf les deux agents de surveillance du musée franchement originaux… !

On tourne autour de Soutine-Louise ( et il faut un certain temps pour qu’ils apparaissent). c'est toute une époque et une ambiance que Vallejo essaie de recréer , sans y arriver vraiment, il me semble, et c'est dommage...

On aura envie de relire une biographie du peintre, et de revoir certains de ses tableaux (préférer l’Orangerie, au centre Pompidou) et on révisera ses connaissances sur Hitchcock.

 

 

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