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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 23:26

Seuil, 2006.

330 pages.

Surtout connu pour ses romans policiers, Henning Mankell a aussi écrit plusieurs romans ; celui-là est aussi bon que certains de ses polars.

Voilà un écrivain  qui  énerve son éditeur à ne publier que des recueils de « poèmes hermétiques ».  Ce dernier le presse d'écrire un polar pour se vendre enfin.  En outre, il vient de passer trois semaines aux îles et  se plaît à observer son bronzage. Son ami Andréa est infirmière parce qu'il est hypocondriaque ; mais elle va bientôt le quitter car il ne veut pas d'enfant et ils avoisinent la quarantaine.


Un jour, une lecture à la bibliothèque de Göteborg va changer la donne. Les  participants sont des travailleurs immigrés invités par la bibliothécaire pour  qu'ils prennent contact avec les livres. L'échange est plutôt  musclé,  il prend conscience qu'il existe un autre monde... à force de fréquenter les quartiers annexes, il  va faire la connaissance de trois jeunes filles. la première est africaine, la seconde russe : sans papières, ni domicile fixe, elles sont arrivées en Suède après avoir subi de terribles épreuves. La troisième, iranienne, persécutée par les hommes de sa famille vit aussi un enfer.

Il se met en tête d'écrire un livre pour les faire témoigner de leurs expériences, et leur obtenir  le droit de séjour...

Nous avons là trois récits bouleversants  sur  les problèmes et souffrances des immigrés en Suède.

Le portrait du romancier  me trouble: avant de connaître les trois jeunes filles et  le poids de la précarité sociale, le héros écrivait des poèmes hermétiques et se regardait bronzer. Je me demande  qui Mankell voulait épingler. Tous les poètes ne se regardent pas bronzer, et  le mot "hermétisme"  est-il ici une condamnation?

 

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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 06:49

9782742761579.gifStieg Larsson (1954-2004) « Millénium 1 : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes » Actes-sud noir 2004.

 


Un titre français un peu curieux pour un excellent polar suédois qui comporte deux intrigues, l’une se déroulant dans le milieu de la finance, des spéculations boursières, l’autre dans celui de la psychopathologie du serial-killing, les deux habilement entremêlées.

 

Mikaël Bloomkvist, rédacteur en chef de la revue Millénium ( qui  tient d’ Alternatives économiques et du Canard enchaîné), a écrit un article sur  l’homme d’affaire Wennerström, l'accusant d' avoir monté, en Pologne, une société bidon, et gardé l’argent emprunté à cet effet pour spéculer.

D’autres forfaits plus graves lui sont ausssi reprochés.

N’ayant pu prouver ce qu’il avançait, Bloomkvist  est attaqué  en diffamation, et son journal bat de l’aile.


Pendant ce temps, Erik Vanger, 82 ans, homme d’affaire à la retraite, reçoit pour la 44 eme  année consécutive  une fleur rare  conservée sous verre,  comme cadeau d'anniversaire anonyme.   Les envois ont débuté en 1966, lorsqu’ Harriett sa nièce bien aimée qu’il élevait, a disparu lors d’une fête de famille. Vanger soupçonne ses proches  d’assassinat. Certains sont adeptes du nazisme et militent activement.

Il engage Bloomkvist, à présent chômeur,  comme détective, et lui promet, s'il tire l'affaire au clair, de lui révéler une information permettant de coincer Wennerström.


Mikaël va  enquêter avec une étrange coéquipière, Lisbeth Salander, dont la figure attachante  de  jeune délinquante hors normes, fantasque et pragmatique, farouche et sincère, virtuose du  piratage informatique, domine le roman. Elle  fait songer à Arsène Lupin version punk. De nos jours, c’est dans les disques durs des ordinateurs et les messageries privées que s'introduisent les cambrioleurs efficaces…


  Nous avons dans ce livre une galerie complète de personnages exemplaires : fausses victimes,  politiciens véreux, hommes d’affaires escrocs, pervers criminels , grande famille suspecte avec chevalier d’industrie sur le déclin ...

 

«  La Bourse de Stockhlom était en chute libre et les morveux de la finance menaçaient de se jeter par diverses fenêtres. On lui avait posé la question sur la responsabilité de Millenium dans le naufrage de l’économie suédoise auquel on assistait en ce moment :

«  Affirmer que l’économie suédoise est en train de faire naufrage relève du non-sens avait répliqué Mikaël du tac au tac.

Nous vivons en ce moment le plus gros écroulement individuel de l’histoire boursière et vous prétendez que c’est du non-sens ?

Ecoutez, il faut distinguer deux choses – l’économie suédoise  et le marché boursier suédois.
L’économie suédoise est la somme de toutes les marchandises et de tous les services qui sont produits
dans ce pays chaque jour. Il s’agit des voitures de chez Ericsson, des poulets de chez Scan, des voitures de chez volvo, des transports qui vont de Kiruna à Skövde. Voilà l’économie suédoise et elle est exactement aussi puissante ou faible aujourd’hui qu’il y a une semaine. …



Stieg Larsson, comme son héros Bloomkvist, était journaliste, avec l'économie pour spécialité, et son analyse est bonne.

On peut regretter la lourdeur du style, dont  je ne sais si elle est imputable au texte original ou à la traduction.


Mais j'ai bien apprécié le traitement de l'intrigue criminelle ainsi que la critique sociale aiguë de l'hyperlibéralisme et de ses dérives.


"la Bourse, c’est autre chose. Il n’y a aucune économie et aucune production de marchandises ou de service. Il n’y a que des fantasmes où d’heure en heure on décide que maintenant telle ou telle entreprise vaut quelques milliards de plus ou de moins… cela signifie seulement qu’un tas de gros spéculateurs sont en train de transférer leurs portefeuilles boursiers des entreprises suédoises vers les entreprises allemandes. Ce sont eux les hyènes de la finance qu’un reporter avec un peu de couilles devrait identifier et mettre au pilori comme traîtres à la patrie ».



D'autres avis :

De livre en livre

Bérénice
(mitigé)

 
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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 18:27
Femme-en-vert.jpg
La Femme en vert. Folio-policier, 2003.
 

Lors d’un goûter d’anniversaire, le héros de la petite fête délaisse ses cadeaux pour une jolie petite pierre de forme curieuse, et la prête à sa sœur d’un an qui la suce avec énergie. Las ! le jouet inédit atterrit entre les mains d’adultes qui y reconnaissent un os humain…

L'inspecteur Erlendur enquête sur le squelette auquel l’os appartient, découvert dans les environs de Reykjavik, alors que l'on creuse des fondations pour une nouvelle demeure…

Il pressent un crime qui remonte à un demi-siècle environ. Nous étions en pleine guerre, et l'on va interroger des soldats anglais et américains de l'époque, témoins de faits anormaux, ainsi que des familles, alors affectées par des disparitions inexpliquées..

L’inspectrice Elinborg entend le témoignage d’un vieux monsieur qui a vu à plusieurs reprises une mystérieuse femme en vert hanter des massifs de groseilliers proche du lieu suspect, comme une âme spectrale tourmentée cherchant le repos en vain.

 

Un archéologue est dépêché sur les lieux et tous les jours, émerge un élément supplémentaire, vrai ou faux indice…

En récit alterné, nous assistons à un drame conjugal survenu autrefois : à l’horreur du supplice s’ajoute son incroyable longévité.

Erlendur doit aussi s'occuper de sa progéniture en détresse ce qui ne fait que rendre plus sinistre l'atmosphère actuelle, qui ne le cède en rien aux tragédies du siècle précédent.

La description de toutes ces souffrances montre à l’évidence des services sociaux complètement impuissants à soulager la misère sociale et psychologique des populations dans les pays dits « développés », ainsi qu’à lutter contre la délinquance.

Un polar pessimiste et réaliste qui ne manque pas de suspense et de rebondissements avec une dose d'humour noir, un peu de mélodrame, et la présence de personnages parfois un peu manichéens : des Victimes absolument immolées, des Persécuteurs absolument monstrueux, des rescapés exemplaires, des bons trop bons et des méchants trop méchants.

 
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 14:17

la-cit---des-jarres-.gif" La Cité des jarres" est disponible en Folio-policier pour huit euros. Il a été traduit en 2005, mais est paru en 2000 dans son pays d'origine.


Un chauffeur routier de 69 ans est tué dans son appartement à Reykjavik d’un coup de cendrier. On retrouve un papier où le meurtrier a écrit «  je suis LUI ». crise d’identité ? Cas de clonage ? et la photo d’une tombe d’enfant dans un cimetière.

La victime a de vilains antécédents. Viol, filiation non reconnue…

L’enquêteur Erlendur fait autopsier des cadavres, part à la recherche d’organes volés conservés dans la cité des jarres où l’on fait des recherches sur les maladies génétiques à moins que l’on ne collectionne les viscères chez soi.

 

Reykjavik en automne, il  pleut il vente, on ne verra pas le soleil. Erlendur ne rentre chez lui que pour avoir affaire aux ennemis de sa fille un peu délinquante. Il dort tout habillé se réveille en sursaut quand le téléphone sonne…

Atmosphère sombre, au début pleine d’intrigues, au milieu on a déjà tout compris, et la fin ne surprend pas. La morale implicite de cette histoire ,c'est que la descendance d’un violeur est inapte à la vie et vouée à la mort au désespoir… dans un autre roman publié en 1987 « Crocodile Bird », la romancière anglaise Ruth Rendell faisait le pari inverse. Son héroïne, produit d'un viol, se tirait d’affaire et prenait de la distance avec les parents défaillants.

 

J’ajoute à cela que le style m’a paru plat comme un trottoir de rue ; sans doute la traduction passe mal. Eva Lind la fille du commissaire Erlendur surprend un peu au départ par son langage cru, ses manières hystériques ; elle ajoute du piment à l’affaire. Mais vers la fin, elle devient sentimentale ! Moi qui ai acheté aussi « la femme en vert » parce qu’on disait tellement de bien de ces romans islandais !!!

J’attendrais un certain temps pour tenter de me plonger dans l’autre.

 
 
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 15:49
avantgel.jpgHenning Mankell. Avant le gel .Seuil policiers : 2005.
 
    En Suède, à l’automne 2001, une secte menée par un ancien fabricant de sandales. Sacrifices d’animaux par le feu, incendies d’églises suivis de sacrifices humains, pendaisons, décapitations… le commissaire Kurt Wallander enquête avec l’aide de sa fille, Linda qui va entrer dans la police une semaine plus tard. Elle se révèle très utile à cause de son amie Anna qui disparaît, reparaît, dissimulant ses relations avec son père que l’on soupçonne fortement n’être autre que le gourou de la secte qui « rêve de renouer avec l’époque des premiers martyres chrétiens ».

   Le narrateur nous fait longuement pénétrer dans la conscience du Maître et partager sa délirante logique. Laquelle ne nous surprend pas. On a aussi droit en prime, aux élucubrations du premier disciple, nullement différentes. C’est carrément chiant ! Si vous avez déjà entendu des prédications et des sermons religieux, qu'ils émanent d'un psychopathe ou d'un bon chrétien,vous comprendrez ce que je veux dire...
 
  L’auteur veut nous montrer que le fanatisme religieux est un problème qui concerne aussi bien le monde chrétien que l’islam ; que c’est une plaie internationale. Lorsque l’enquête est enfin close, les protagonistes apprennent la catastrophe du 11 septembre qui vient de se produire.   

    Pour pimenter l’inquiétant propos , Linda se dispute avec son père : ils s’adorent, s’envoient des objets contondants à la figure, des gifles, et des insultes, se reprochant mutuellement leurs difficultés à se trouver des partenaires sexuels satisfaisants.
 
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