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20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 13:42


Actes-sud 2022
Barcelone, 2025. La maire de la ville, Virginia Oliver, fondatrice d’un parti ultraconservateur et xénophobe, est victime d’un chantage à la « sextape ». Elle risque de voir son intimité dévoilée si elle ne verse pas 300 000 euros. Qui peut lui en vouloir ? S’agit-il d’une manœuvre de déstabilisation ou d’une simple tentative d’extorsion de fonds ? Dans Indépendance, Melchor Marin, le policier épris de justice, autant réputé pour sa discrétion que pour sa perspicacité, découvert dans Terra Alta (Actes Sud, 2021), enquête sur cette affaire.
 Dans ce deuxième tome de la trilogie, Javier Cercas confirme sa rupture (passagère ?) avec le genre qui l’a consacré comme l’un des plus grands écrivains espagnols actuels : le roman autobiographique et sans fiction (Les Soldats de Salamine, L’Imposteur, Le Monarque des Ombres…, Actes Sud, 2002, 2015 et 2018), qui lui permettait d’interroger le passé conflictuel de l’Espagne – la guerre civile, le franquisme, la transition démocratique.
Une caste de privilégiés

Ici, c’est l’histoire récente du pays qui nourrit l’essentiel de son récit : le « Procés », cette tentative de sécession de la Catalogne, culminant en 2017, et qui a laissé des traces indélébiles sur la région. Plongeant dans le milieu de la haute bourgeoisie locale, Cercas raconte la façon dont une caste de privilégiés, capables des pires méfaits, a réussi à se maintenir au pouvoir et a même précipité les événements ayant mené à la tenue du référendum, jugé illégal, sur l’autonomie.

 

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 14:30

Folio-Policier, 519 pages.

Le cadavre d’une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène. Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l’oeuvre du basajaun, un être mythologique ? L’inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l’enquête, se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu’elle a tenté de fuir toute sa vie durant.
Jonglant entre les techniques d’investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d’Elizondo.

L’intérêt du roman est de nous faire découvrir le Pays basque espagnol, la Navarre, la vallée de la Baztan ( Bidassoa )  ses grandes forêts de légende : Un être mythologique bienveillant, mi-homme mi animal velu et mesurant deux mètres le basajaun, fait des apparitions et l’on est prié de croire au surnaturel car des caméras de surveillance l’ont filmé. Amaia verra aussi une femme près d’une grotte qui lui enjoint d’y laisser une pierre pour booster sa fertilité.

En effet Amaia voudrait un bébé de son compagnon James ( et lui encore davantage) mais elle ne veut pas de ces traitements barbares ( la fécondation in vitro…) .

On recherche un serial killer comme le dit la couverture, et on sait qu’il est du village d’Elizondo où Amaia est revenue pour enquêter. Elle y a laissé de mauvais souvenirs : sa mère , perturbée psychiquement l’avait prise comme souffre-douleur. Sa sœur aînée Flora qui a repris l’usine familale de fabrication de pâtisseries locales ( des txatxingorri , on apprend que ça  le goût des madeleines )

C’est un policier thriller plutôt classique. Certains personnages sont sympathiques ( Amaia, ses sœurs, sa tante) les hommes sont en dessous de tout, ou alors assez fades, et le compagnon d’Amaia trop parfait pour retenir l’attention.

Malgré des qualités des narration et de description, ça manque d’originalité…

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 12:03

 

Vicente, jeune polonais juif, a émigré en Argentine, à Buenos Aires en 1928. Il y a fait sa vie, épousé une femme aimante qui se résigne à rester ménagère car elle ne parvient pas à reprendre ses études.

Vicente tient un magasin de meubles que possède son beau-père. Il a eu trois enfants. Tout irait bien si sa mère et son frère n’étaient pas restés en Pologne, et si son autre sœur ne se trouvait en Union soviétique.

Après l’invasion de la Pologne, Vicente s’inquiète pour les siens qui sont bientôt isolés et maltraités dans le ghetto de Varsovie. Les nouvelles inquiétantes, il les apprend par les journaux et reçoit de temps à autre une lettre qui ne le rassure pas.

Lui, qui n’était ni croyant ni pratiquant, commence à se sentir juif par la force des choses. Ce sont les nazis qui les y  contraignent, et Vicente n’y trouve aucun avantage : dans les premiers temps de sa réflexion, il ne sait même pas, si, se définissant maintenant comme juif, il doit se considérer comme faisant partie d’un peuple, ou seulement d’une religion ? Ou les deux…

Il se sent coupable d’avoir laissé  là-bas sa mère (et son frère) même s’il lui a plusieurs fois au cours des années précédentes demandé de venir le rejoindre (tout en souhaitant qu’elle ne vienne pas).

A présent,  il sombre dans la dépression et fait toujours le même cauchemar : il est entouré d’un mur qui se resserre autour de lui, et ce mur c’est sa propre chair : en voulant abattre ce mur avec une hache, c’est lui-même qu’il attaque.

Même si Vicente n’a qu’une vague idée de ce qu’est la » solution finale «  mise en acte par les nazis et dont quelques journaux parlent parfois  dans un entrefilet en énième page, il se doute que sa mère ( et de nombreux autres juifs ) souffrent en Europe . Vicente ne se sent pas le droit de vivre normalement ; il délaisse femme et enfant pour s’enfermer dans un silence dont il ne sortira pas.

L’auteur et narrateur du récit est  le petit fils de Vicente. A cet ancêtre dévoré de culpabilité,  Il a voulu donner une voix et restituer son propos, bien après sa mort. Il a réussi à reconstituer son tourment et nous le faire partager.

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 11:44

 

Métailié, 2019, 428 pages

Mario Conde va avoir 60 ans dans un mois ! Quelle catastrophe ! En attendant ce jour, il se saoule deux fois plus en compagnie de Carlos le Flaco, et le Conejo, ses vieux amis. Et soigne son vieux chien encore plus vieux que lui…  Les femmes cuisinent et retrouvent les hommes  au lit et n’ont pas grand-chose à dire comme d’hab’… Pas méchant mais d’un machisme assez primitif, c’est Mario Conde…il aime Hemingway,  et aussi Chandler  dont il n’a pas le don pour le cynisme et la formule assassine et laconique…non , lui c’est plutôt l’épanchement , et les digressions sans fin…

Un ancien ami de lycée Bobby vient le consulter : il possédait une vierge noire léguée par le mari de sa grand-mère, un Catalan qui l’avait rapportée de chez lui. Ancienne, probablement sculptée au Moyen âge, elle a de la valeur, et elle fait des miracles… pour ceux qui y croient. Son ami à qui il avait confié la maison l’a volée, en même temps que certaines babioles, et s’est tiré…

Mario accepte de rechercher la vierge : il s’aide de comparses policiers, et visite des quartiers sinistrés de La Havane, où pourrait se trouver la sculpture, chez des  jeunes gens qui vivotent plutôt mal  de commerces illégaux ; il va aussi chez des marchands d’art tout aussi en disgrâce avec la loi, mais qui roulent sur l’or… ce qui nous vaut des contrastes frappants. Et voilà que la vierge bien faisante   se met à semer des cadavres !  

En parallèle nous suivons l’histoire d’un chevrier Catalan chargé de protéger ladite vierge, récit qui nous conduit jusque chez les Templiers, et de retour des Croisades,  c’est le côté « roman d’aventure », bien documenté d’un point de vue historique.

 

Ce récit a bien des qualités, mais il est trop long, encombré de répétitions. On se lasse un peu, on finit par ne plus savoir pourquoi Bobby  est « un sale type » selon Mario, on a dû rater quelque chose… d’autre petites choses restent également obscures.

 

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 18:59

Point-Poche, 2018, 591 pages.

 

Années 1780 peu avant le début de la Révolution française ; deux membres de l’Académie royale espagnole sont envoyés à Paris pour acheter et ramener les 28 volumes de l’Encyclopédie des Arts sciences et lettres  la première édition la seule vraiment complète. Il s’agit de Don Hermogenes et don Pedro ; l’un est le bibliothécaire de  l’Académie, l’autre un ancien amiral de l’Armée, ayant participé à la bataille de Toulon, et depuis composé un dictionnaire de la marine. Tous deux sont sexagénaires, érudits, convaincus du bien fondé de la philosophie des Lumières . Ils ont, sans le savoir, des ennemis : deux autres académiciens  embauchent un mercenaire pour leur mettre des bâtons dans les roues…

Le récit commence par un duel qui intrigue le lecteur. Qu’à- t’il pu arriver pour qu’un de ces messieurs ( des intellectuels, tout de même !) soit amené à se battre en duel ?

Le récit est fort bien documenté, et l’auteur nous fait participer à ses recherches et à la mise en scène de son roman, sans que pour autant nous cessions de croire à la fiction qu’il créé à partir de faits réels. Les personnages secondaires sont très bien, notamment l’abbé Bringas, fort singulier personnage qui va guider les deux voyageurs dans un Paris prérévolutionnaire.

Ce roman fait penser à Club Dumas ( lu il y a longtemps…) mais dans ce récit des années 90, c’est un traité de démonologie que l’on cherchait…

un de mes préférés de l'année.

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:58

 

Points, Grands romans, 804 pages.

1 ère publication 2009, actuelle en poche 2014

Trois récits en alternance : 1 ) Ivan, écrivain cubain exilé et devenu vétérinaire, raconte sa vie, et notamment sa rencontre, pas si fortuite,  de l’homme qui aimait les chiens...  Tous les protagonistes aiment les chiens dans ce récit, c'est ce qui les rapproche...et tous les personnages élèvent des " Barzoï " y compris Ramon Lopez Mercader: ce chien, un lévrier russe à poils longs, n'est pas n’importe quel chien. C'est une race qu’élevait traditionnellement la noblesse russe. Nos protagonistes, tous prolétaires, ou/ et révolutionnaires, vénèrent ces chiens... !

Yvan apprend de ce curieux homme malade accompagné de ses chiens, une incroyable histoire qu'il finira par écrire et dont nous avons le contenu dans les deux autres récits. augmenté de ses recherches sur le personnage de Trotski;  et de son vécu personnel très pénible à Cuba, dont le socialisme vieillit mal très mal.

2)  l’exil et le fuite de Trotski (Lev Davidovvitch) depuis son séjour forcé en Sibérie à Ama-Alta jusqu’à son assassinat près de Mexico le 20 août 1940 ; entre les deux les séjours en Turquie, puis en France (rapide et anxiogène) où résidait son fils, en Norvège, et au Mexique près de Frida Kalho et son compagnon Rivera entre autres.

Son travail acharné, ses écrits, son étonnement, ses remords de certaines décisions malencontreuses pour ne pas dire tragique. Les purges staliniennes sans fin, et la mort de tous ses enfants ; son effort pour regrouper ce qui lui reste de famille.

3) la vie et les œuvres de Ramon Mercader, assassin de Trotski : catalan, membre du PCE ainsi que sa mère et son frère, il devient résolument stalinien après une enfance et jeunesse chaotique. Le lent travail d’entraînement (physique et psychologique) auquel il se soumet, pour devenir agent infiltré et approcher sa victime, sous les ordres d’un certain Kotov ( qui change de nom tout le temps aussi) et de sa mère. Mercader a passé 20 ans en prison avant de rejoindre Moscou où il fut plutôt bien traité ( mieux que son mentor). Lorsque Ivan  le rencontre à Cuba, il semble avoir compris qu’on l’a manipulé et n’est plus si fier de son geste…

Un roman très bien documenté, où l’on plonge en pleine guerre civile d’Espagne, et où l’on comprend que toutes ces factions de gauche (socialiste, communistes, anarchistes, républicains, trotskistes) se faisaient la guerre entre eux , d’où comment s’étonner que Franco ait fini par gagner ?! On ressent que Mercader en se soumettant à sa mère et à son amant, n’a jamais réussi, ni cherché à être indépendant, se croyant un héros.

Le personnage de Trotski est plutôt bien vu, pas idéalisé, mais pas non plus antipathique, l’auteur a su être assez subtil. Staline apparaît comme un stratège rusé et efficace, puis comme un monstre, et aussi comme un rustre, sans culture ni éducation. Trotski aurait échoué parce qu'il  était trop intellectuel. C'est déjà l'idée qu'on s'en faisait.

Il ya tout de même beaucoup de répétitions (interminables les rencontres à Moscou entre Mercader et son mentor, qui n’avancent pas beaucoup dans le réflexion.

Un ensemble intéressant, plein d'informations sur Trotski, sur la vie à Cuba dans les très difficiles années 80, sur le lent et implacable travail pour devenir un agent infiltré, et un assassin...

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 13:27

Respirar por la herida, 2013

Actes sud Noir, 476 pages.

Eduardo a fait de la prison pour avoir vengé sa femme et sa fille, tuées par un chauffard qui avait embouti leur voiture sur une petite route 14 ans plus tôt. Quelques mois après les faits, une certaine Olga lui a révélé avoir vu la voiture et le chauffeur et noté la plaque d’immatriculation. Résultat : un mort Teo, sa femme Maribel devenue infirme, et le garçon, fils adoptif d’origine chinoise, Who, qui, à son tour, doit venger sa mère et son père victimes d'Eduardo… pour l’instant Who est devenu prostitué et travaille pour Chang ; ce dernier utilise aussi des chinoises arrivées clandestinement pour les faire travailler comme des brutes. En attendant des les prostituer. Who veut sauver Mei l’une d’entre elles…

Qu’est devenu Eduardo ? Il en a gardé une infirmité au genou et un alcoolisme durable. Il vit chez Graciela une femme dépressive, amputée du sein gauche . Graciela voudrait bien qu’Eduardo se mette en ménage avec elle, mais il la repousse gentiment mais fermement. Elle a une fille Sara, probablement schizophrène,qui dialogue avec un chat chinois en matière plastique trouvé dans le métro.

Eduardo qui fut peintre de métier reçoit une commande d’une femme nommée Gloria, par l’intermédiaire de la fameuse Olga qui est galeriste.

Pour Gloria A Tagger, violoniste un peu bizarre, Eduardo doit faire le portrait d Arthur Fernandez un ex-poète devenu homme d’affaire, et qui va sortir de prison.

Lui aussi a tué avec sa voiture : deux enfants Ian Mc Kenzie fils de Gloria, et Rebeca petite fille d’un individu qu’on appelle l’Arménien. Il les a écrasés, ivre, et sa voiture a atterri dans une vitrine.

Gloria voudrait sans doute se venger d’Arthur, mais pourquoi demander son portrait ?

Arthur tient à la vie : en prison il s’est assuré la protection d’Ibrahim, ancien du FNL,(Arthur était pied-noir et connait aussi l’Algérie). Sorti de prison, Ibrahim l’aide toujours… mais c’est Andrea sa femme qui l’intéresse ; il est amoureux d’elle depuis longtemps et pense pouvoir renouer ;t Andrea et Arthur ont eu une fille Ahora qui a fugué après des épisodes sévères de drogues et probablement de prostitution. Ibrahim la recherche pour Andrea ; Arthur la recherche aussi et pour cela a embauché Guzman un type de la CIA (ou de la mafia ?) expert en filature, torture et tout ce que vous voudrez de tel. Car il a servi sous Pinochet…

Guzman fait des découvertes chez un vieux vendeur d’antiquités, Damaso , chez un homme d’affaire assassiné à présent, Magnus Olsen, et voilà qu'on reparle du fameux fils de Gloria, Ian celui que Arthur a percuté en voiture.

Vous suivez??

Quelques uns de ces personnages vont se faire trucider, mais pas tous, ne vous inquiétez pas ou sont déjà morts ( vous n'allez pas les regretter, allez!)

J’ai passé quelques pages ; il y a trop de personnages chacun a son histoire, on ne peut s’intéresser à tous. Beaucoup de choses paraissent invraisemblables :on a une concentration maximum de crimes et de perversions et aussi de grandes passions, et de désir de vengeance… cela fait un peu romantisme noir… c’est la deuxième fois que je lis cet auteur. Je n’avais pas trop aimé le précédent, je n'aime pas davantage celui-là ; l'auteur a de l'ambition, c'est sûr! Il impressionne malgré tout...

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 17:17

Actes sud 2009, 317 pages

(Las Viudas de los Jueves, 2005 )

Les environs de Buenos Aires : un lotissement nommé « le Country » banlieue verte réservées à des familles de la bourgeoisie aisée. Ce ne sont pas des « bobos » car ils ne sont porteur d’aucun potentiel culturel. Les hommes sont ingénieurs, gérants de grosse société, les femmes au foyer, à l’exception de Virginia.

Ce quartier est fermé de l’extérieur, de sorte que les familles vivent en circuit clos dans une enclave bien gardée (caméras de surveillance, systèmes d’alarme, chiens, vigiles). Les attractions principales sont le tennis et le golf, surtout pratiqués par les hommes. Les femmes fréquentent l’atelier dessin peinture, la piscine, organisent des ventes de charité, s’occupent de leurs jardins…

Dès le début, on sait qu’un drame a eu lieu, pendant que plusieurs hommes jouaient aux cartes et se saoulaient au bord de la piscine des Scaglia, le jeudi, un jeudi pas come les autres… qui ne sera élucidé qu’à la fin.

Deux narratrices relatent la vie dans « le Country » et les mœurs des habitants , ainsi que la lente dégradation du niveau de vie dû à la crise économique qui met les maris au chômage les uns après les autres… l’une de ces narratrice c’est Virginia. De1989 à 2001 Virginia y a vécu avec Ronie son époux et Juani leur fils. Après quelques années fastes, Ronie s’est retrouvé au chômage ; Virginia a lancé son propre cabinet d’agence immobilière. Ils ont vivoté plutôt au dessus de leurs moyens. Et ils se sont retrouvés plus ou moins marginalisés dans ce quartier : Virginia est la seule femme de ce quartier à gagner sa vie ; elle observe ses voisins et note bien des choses dans son petit carnet rouge célèbre chez ses voisins. Son fils aussi est observateur, et d’esprit trop indépendant pour le coin. L’autre narratrice anonyme, est une de ces femmes au foyer qui a vécu très exactement comme le requiert la mentalité du « Country » et y habite encore. Les deux témoignages nous instruisent avec ironie et force détails des mœurs de ces gens qui on l’aura deviné ne sont guère sympathiques, mais pas non plus des caricatures. Une bonne étude de mœurs, très détaillée. Une belle réussite !

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 18:20

Il y a bien des façons d’être en échec et bien des choses à perdre dans ce recueil : ses illusions par exemple, l’amour de l’autre, mais aussi bien souvent la vie.

Voici donc 11 nouvelles éditées en 1977, sous le titre « Alguien que anda por ahi » éditées par Gallimard en français " Façons de perdre".

Le titre espagnol est celui de l’avant-dernière nouvelle du recueil ; Jiménez un exilé de la révolution cubaine, y retourne clandestinement pour perpétrer un acte terroriste. En attendant de s’y livrer il écoute avec nostalgie une pianiste dans un motel en compagnie d’un étranger…

Cette nouvelle appartient à une thématique politique, et fantastique en même temps.

Une autre nouvelle politique, célèbre, « la Deuxième fois » met en scène des citoyens de Buenos Aires convoqués dans un bureau administratif sans savoir pourquoi ; ils remplissent des quantités de formulaires et doivent revenir trois jours plus tard… court, sec, et d’une ironie terrible ( car le point de vue des employés du bureau recoupe celui des convoqués notamment une jeune femme intriguée et vaguement effrayée) le récit se réfère aux victimes des « disparitions forcées » de la dictature militaire en Argentine.

« L’Apocalypse de Solentiname « reprend le thème de « les fils de la vierge » : un photographe développe ses clichés et y voit autre chose que ce qu’il a cru avoir fixé dans l’objectif : dans ce cas, des exactions commises par la Junte militaire. « Le soir de Napoles » raconte un match de boxe vu par un spectateur, en fait un terroriste qui doit pendant le spectacle, remettre des documents compromettants à un autre membre de son groupe. A travers son ressenti du match et les commentaires sibyllins de l’autre, on entrevoit une sinistre réalité…

La seconde thématique du recueil est consacrée aux échecs de la vie de couple : « Nouvelle visite à Venise » : A Rome, Valentina a sympathisé avec une autre touriste, et s’est trouvé un amour de vacances : mais ces deux individus épris d’elle, la femme et l’homme, la poursuivent à Venise, et ne veulent plus la lâcher. « Eclairage » met en scène un homme et une femme qui s’éprennent l’un de l’autre sans s’être vus, et s’étant rencontrés dans la vraie vie, ne peuvent renoncer à l’image virtuelle qu’ils avaient l’un de l’autre. « Vents Alizés » parle d’un couple fatigué de la routine qu’implique leur vie à deux. Ils tentent de se rencontrer à nouveau comme s’ils ne se connaissaient pas…

Deux autre nouvelles sont intéressantes : « Vous êtes allongée à ses côtés « met en scène une femme encore jeune et son fils de quinze ans qui entretiennent des relations ambigües quasi-incestueuses : l’auteur utilise le procédé de mélanger les points de vue de l’adolescent et de la mère à tel point que ceux-ci changent plusieurs fois dans la même phrase comme ci les deux protagonistes étaient entortillés dans un fil. « Au nom de Boby » c’est un petit garçon qui a deux mamans : la sienne et sa tante qui vit avec eux. Le petit garçon souffre de cauchemars; sa tante s’en inquiète, tout en profitant de la situation…

Deux autres nouvelles ne m’ont laissé aucun souvenir.

L’ensemble est globalement bon. Ce qui est remarquable dans ces nouvelles, c’est la sobriété elliptique des récits et l’ambiguïté des chutes qui peuvent être comprises de façons diverses. Ce recueil est à lire pour découvrir Cortázar nouvelliste, au même titre que « Tous les feux le feu « et « Fin d’un jeu ».

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 12:28

Gallimard, 121 pages.

La narratrice a onze ans. Elle apprend le français à La Plata. Nous sommes sous la dictature, en 1978. Ses parents, opposants actifs au régime, anciens compagnons du Che, ont été poursuivis. Son père est en prison, sa mère déjà réfugiée en France.

La fillette rejoint sa mère ; elles vivent dans une cité HLM au Blanc Mesnil et survivent vaillamment ; d’autres réfugiés les aident, on a procuré un emploi à la maman, pas facile et peu rémunérateur.

La fillette raconte un an de son existence ; ses lettres à son père, dans lesquelles on apprend la signification du titre Le Bleu des abeilles ( un ouvrage de Maeterlink que je ne connaissais pas) l’école où elle se fait des camarades, une semaine de vacances dans les Alpes, la langue française à laquelle elle s’accoutume plutôt bien, et qu’elle décrit de façon amusante et judicieuse.

L’auteur réussit bien à se remettre dans la peau de la fillette qu’elle fut. Elle trouve le ton juste pour parler d’un quotidien difficile à vivre mais qu’elle affronte avec calme et intelligence, dans un esprit de découverte, attentive aux épisodes de sa nouvelle vie, avide de communiquer avec les gens qui l’entourent. Car ses camarades de la cité HLM ont aussi leurs problèmes qu’elle partage pleinement.

Je lirai bien « les Passagers de l’Anna C. », dans lequel elle raconte l’expérience de ses parents au service d’une action politique combative.

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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