le devenir de quatre scientifiques qui élaborèrent en 1973 un rapport dit"21" reposant sur
des combinaisons de scénarios fournis par un ordinateur IBM familièrement appelé " Gros Bébé"; en effet par rapport aux ordinateurs qu'on utilise de nos jours il occupe beaucoup de place et consomme de l'énergie.
"quatre chercheurs qui, sur le campus de Berkeley cette fois, mais toujours au début des années 1970, se fixent pour objectif d'« analyser les causes et les conséquences à long terme de la croissance sur la démographie et l'économie mondiales ».
Mildred Dundee et son époux Eugène : effrayés par les résultats de leurs recherches se dirigent vers l'écologie et finiront par élever des porcs bio après des essais de militantisme moyennement couronnés de succès
Paul Quérillot mettra ses compétences au service de l'exploitation pétrolière
Johannes Gudsonn le mathématicien de l'équipe , atteint de troubles mentaux sévères( préexistant à son travail concernant le rapport) ne fera que développer ses certitudes délirantes jusqu'à devenir dangereux...
Et alors ?
Eh bien, je me suis ennuyée, et j'ai failli ne pas finir tant les élucubrations du mathématicien délirant sont appuyées .
Quant aux autres, ils ont fait leurs choix...
je ne m'attendais pas à ce type de récit où l'on accumule les perversions minutieusement et longuement décrites dans un style terriblement plat ; on s'ennuie alors qu'on devrait être horrifié ; on sait que c'est possible et pourtant on n'y croit pas. Plus l'auteur surenchérit moins j'y crois. Je ne m'y attendais pas car, après tout les éditions Rivages, c'est pas de la m... paraît-il ?
après un prologue où une jeune fille se fait sauvagement torturer avant de rendre l'âme,scène vue par les yeux du tortionnaire, pas totalement assouvi , débute le premier chapitre d'une histoire contée en alternance par plusieurs narrateurs.
Chloé 17 ans vient d'arriver au Cap avec trois autres ados l'une seulement est majeure. Les parents les ont laissé partir pour les vacances d'hiver (10-15 jours ) ; la maison est louée à une ressortissante Afrikaane revêche , les filles seront surveillées discrètement par Albert un ami de la mère de Chloé ,qu'on devine ému par ces mignonnes, surtout par Thaïs ,la pin-up du groupe. Il leur a loué une voiture que Juliette qui est majeure conduira.
Le récit de Chloé met en scène une fille superficielle, qui aligne des banalités sur ses copines et elle-même. Les descriptions de sorties ne dépaysent pas. Même le Cap de Bonne espérance, on n'y est pas l'auteur aurait pu potasser un minimum de guides touristiques...
Chloé est lycéenne à Henri iv ; vraiment ? Elle lit le "Seigneur des porcheries" ,vraiment ? Enfin, bon, elle s'endort dessus...
A l'opposé, elle enchaîne les films d'horreur à la TV avec ses comparses. Elles vont au Night club avec deux potes à Thaïs dont Chloé ne sait rien et qui n'ont pas de relief particulier à nos yeux ... elles se perdent dans la nature se font piquer leur voiture , ça on y croit : l'intérêt renaît ; puis Manon disparaît :pourquoi elle ? ça devrait être Thaïs...non?
Deuxième chapitre une certaine Béatrice , la mère de Manon, à Paris dans le sixième; zut! on a quitté le Cap sans avoir vraiment visité... elle paie pour se faire mettre ,qu'est-ce qu'on en a à faire ? Toujours la première personne , toujours le présent simple, descriptions plates et banales ... puis vient le mari Raphaël et sa maison d'éditions, ses maîtresses , les ghost writers, les jeunes auteurs inquiets de leur avenir, toujours rien de surprenant... arrive la soeur Béatrice, non c'est Florence et là on comprend qu'on a une famille "tuyau d'poêle " , ce qui ne nous émeut guère, vu que les personnages sont peu caractérisés: ah mais c'est qu'ils sont aussi des criminels notoires !
le chapitre Wayne donne un petit regain d'intérêt : les faubourgs pauvres du Cap, le racisme toujours très présent, la recherche du coupable que Wayne désigne sans avoir de preuves (il nous déçoit)
la suite, je l'ai lue en diagonale en passant beaucoup de pages ; de la façon dont c'est décrit très scolaire (mais non sans faute de grammaire) et sans aucun relief, on n'arrive pas à s'y intéresser.
un prof d'université à la retraite, a écrit la biographie d'un certain Robert Willow , un poète américain inconnu en France ; ce Willow a un air délicieusement rétro, d'abord fils de prolétaire puis communiste, pourchassé, réfugié en France, amateur de Jazz et adepte des soirées Jazz à st Germain des prés. Puis retiré à Étampes dans une fermette et écrivant des chansons médiévales à la manière de Charles d'Orléans, avant de finir encore jeune dans un accident de la route...
mais la présentation du livre tourne mal. Le prof se voit accuser d'abord de n'avoir pas assez dit que Willow était noir, ensuite de s'être défendu en osant dire que le fait d'être noir, Willow n'y accordait pas une grande importance, et enfin, que comme le prof est blanc il ne devait pas écrire sur un noir...
D'où s'en suit une cabale sur les réseaux sociaux comme cela arrive parfois, un procès, le livre est retiré de la vente...
Le roman colle un peu trop à une actualité polémique , on a l'impression de lire un "livre de journaliste" qui n'a pas assez de recul; d'autre part le mystère de Willow on le devine très vite... et les personnages sont tout de même assez caricaturaux j'ai détesté la femme du prof par exemple.
Laure, une prof d'université, qui s'ennuie avec son mari pépère, et doit gérer une ado très activiste, bien sûr elle n'y arrive pas, rencontre un trader qui lui plaît immédiatement ;ses mains pour commencer... et ce n'est pas franchement réciproque, on le sent bien, mais il consent à essayer cette liaison.
Or, l'homme 50 ans, vit avec son chien, àgé et malade, et c'est son seul vrai lien cet animal... Il y a aussi cette maman redoutable qu'il vouvoie ( je croyais que l'on se vouvoyait en famille seulement chez les aristocrates ?) et des bizarreries qu'il se découvre au fil de cette aventure
Nous avons une alternance de points de vue, tantôt lui, tantôt elle; et les dialogues sont vifs , coupant, entrelacés de nombreux monologues intérieurs ou soliloques, le narrateur se parle, parle à son chien (qu'il appelle Papa...) puis à sa mère, la narratrice fait de même mais imagine les commentaires de sa grand-mère et de sa mère ( toutes deux décédées) et les réponses qu'elle pourrait leur faire... mais il y a aussi d'autres relais de parole et l'on passe très vite de l'un à l'autre, sans compter les réflexions impromptues sur la société, la vie, et les propos concernant l'avancée de l'action...
tout cela est mené tambour-battant et très bien orchestré ; une écriture brillante, habile, qui retient le lecteur (comme dans " Avancer " le précédent livre qu j'ai lu d'elle; ici ce sera davantage pessimiste mais j'ai aimé cette lecture dans l'ensemble.
1956
Invité à séjourner chez monsieur et madame Stirl, Olivier Lérins débarque un beau matin à Barcos-les-Bains, station climatique du Pays basque.
On n’est pas venu l’attendre à la gare !
Par rapport à son précédent séjour dans leur maison de Savoie, Olivier (peintre de son état) est déçu. La situation a évolué ; l’état de Mr Stirl ( anglais typique, architecte de son état) tuberculeux de longue date, semble avoir empiré ; mais il se tient parfaitement bien et allume toujours sa pipe qu’il ne peut plus fumer. Sa femme, pour qui Olivier nourrit un amour non avoué et apparemment platonique, a beaucoup changé. Elle élève désormais deux gros chiens qui ne la quittent pas et ils se témoignent une affection débordante ; il y a aussi ( oh horreur…) un couple de ouistitis. Par ailleurs cette femme est toujours pleine de vie ( « électrique » pense Olivier) mais elle lui bat froid . Les échanges verbaux sont décevants, hostiles, ou superficiels…
La situation s’envenime, Olivier finit par soupçonner qu’on veut se débarrasser de lui, voire le tuer carrément…
Le lecteur pense que le couple est sous tension, parce que Mr Stirl va mal et que la mort approche. Mais pourquoi ont-ils invité Olivier dans ces conditions, qu’attendent-ils de lui ? Qu’il ne leur donne évidemment pas…
Un huis-clos étouffant, plein de non-dits…une langue soutenue très belle ! description du Pays Basque et d’un Cambo-les bains spécialement mortifère qui ne plaira pas aux autochtones
Cinq filles d'un peu plus de vingt ans dans une petite ville des environs de Roanne. La narratrice, Jess, aide ses parents et sa grand-mère à tenir un hôtel de catégorie modeste qui bat de l'aile. Elle a vécu un an avec Antonio à Lyon et il n'a plus voulu d'elle...
Sa meilleure amie Juliette ( fille des coiffeurs) est un peu trop surperficielle, cherche à devenir mannequin ou actrice et son frère est passé maître dans l'art de chaparder des trucs un peu partout...
Avec trois autres amies ( dont Brousailles qui est employée à la boulangerie,Camille qui aménage un combi Volkswagen pour en faire un salon d'esthétique itinérant, et la dernière ( je ne remets pas son nom) est déjà mariée avec un petit Paul de trois ans.
Les cinq filles vivent de petits boulots et ne sont pas très contentes de leur vie. Voilà qu'un projet naît : pour la fête du printemps elles vont organiser un défilé : il faut se confectionner des vêtements originaux, trouver des musiques pour les présenter, apprendre à marcher...
Juliette a trouvé un emploi partiel de dame de compagnie chez une aristocrate parisienne septuagénaire Mme Barnes. Quelques péripéties plus tard, Juliette doit rester chez elle et demande à Jess de la remplacer provisoirement chez Mme Barnes...on dirait qu'elles ne se déplaisent pas!
Attachant parfois,agaçant quelquefois... agréable dans l'ensemble avec des moments pénibles.
Mais je trouve que le style de Claudie Gallay ces petites phrases à la fois descriptives , tristounettes , et d'une poésie discrète mais réelle, ces petites phrases font mouche.
Petit hôtel dans les Alpes une montagne rebaptisée l’Altefrau, une station thermale en Suisse , V. que je n’arrive pas à identifier avec son pont baroque, son château de S. son eau soufrée son hôtel Majestic…
un abattoir transformé en maison d’habitation, un chien qui mord, les pensionnaires de l’hôtel : Eric et Christine Vasseur ( elle fut danseuse elle n’est plus que femme au foyer surveillée par son mari et déprimée) la narratrice et son Franck de mari qui termine sa thèse interminable ; la patronne qui rêve des Antilles, la serveuse muette et son chignon étrange , le lac ,
l’habitude de regarder ce qui se reflète dans les vitres de toute sorte, ou dans l’eau, notamment d’y observer les gens plutôt que de les regarder en face, et chercher à deviner ceux de leurs mouvements qu’on ne voit pas ; et ce que peuvent signifier leurs expressions,
et le trublion Serge, (un agent du renseignement?) , qui se cache et n’en drague pas moins ces dames...
Beaucoup de citations plutôt bienvenues…une écriture riche comme toujours avec cette auteure, et de l'ambiguité à souhait. J'adore!
Lorsque la narratrice arrive à Hollywood pour y effectuer une recherche biographique sur Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va bifurquer dans une direction très personnelle, réveillant le souvenir d'Henri, ce frère « différent » qui l'a accompagnée pendant toute son enfance.
Quel rapport entre ce garçon dont le développement mental s'est interrompu, et le génie comique qui deviendra l'un des inventeurs du cinéma ?
Henri semble perpétuellement ailleurs. Encombré d'un corps dont il ne sait que faire, il doit subir la rééducation musculaire quotidienne que lui impose son père, et qui ressemble à une suite ininterrompue de tortures.
Joseph Frank Keaton Jr, dit « Buster », naît un siècle plus tôt dans une famille de saltimbanques dont il devient bientôt la vedette, lorsque son père découvre qu'il semble insensible à la douleur.
Henri est le frère du nouveau mari de la mère de la narratrice . IL a onze ans et il est handicapé physique et mental, pas assez pour vivre à l(hosto assez pour vivre en famille , à condition qu'on s'occupe de lui ; il est attachant dans sa différence. Son père l'a elevé à la dure espérant le rendre quasi-normal puis à abandonné la partie...
En parallèle ma narratrice raconte l'histoire de Buster Keaton, le comique triste qui fait des cabrioles sans souffrir apparemment. O n découvre que comme le demi-frère Henri , il a été duremeent traité par son père.
A vrai dire je ne connissais qu'un ou deux films de Keaton et rien sur lui. Le récit m'apprend quelque chose. Et aussi ce qu'est la vie avec un^ proche handicapé ,déconcertant, et attachant...
tout ceci est bien rendu.
S’adresse aux lecteurs qui ont lu, enfants, un certain nombre d’aventures de la série « le Club des Cinq » et s’en souviennent assez bien.
L’auteur imagine le club des cinq se retrouvant quelque quarante ans plus tard (ou moins , cela dépend quand on a cessé de lire leurs aventures …)
François , devenu commissaire de police, est très puritain, il se presse vers le château de Kernach , dans lequel se retrouvaient les cinq en vacances, chez Claude ( la fille qui se faisait passer pour un garçon). Une réunion des "Cinq" devenus adulte est prévue. Sauf le chien Dago, les chiens ne vivent pas trente ou quarante ans...
Claude est devenue scientifique de haut niveau comme son père et vit avec une autre femme ; elle fréquente aussi Jean-Jacques le pêcheur (c’était un personnage récurrent nous dit-on mais je ne m’en souviens pas). Mick est devenu délinquant et il est en couple avec Jo la gitane (je me souviens un peu de Jo mais pour moi ce n’est pas un personnage récurrent). Il y a aussi Pilou ( je n’en ai aucun souvenir) et Annie devenue alcoolique divorcée et nantie d’une fillette …
Cette idée d’avoir transformé ces enfants plutôt bien élevés en losers finis … est plutôt cruelle. Avançant dans le récit on s’aperçoit que les cinq devenus adulte sont hantés, chacun à sa manière, par leur homologues anglais ( le Club des cinq est une traduction des romans d’Enid Blyton « The Famous Five »)
Un retour en arrière nous amène à l’arrêt de la série; les enfants détectives aux prises avec la puberté fut un épisode décisif.
Et maintenant , que va-t-il se passer ?
J'ai trouvé ce récit original mais très très noir!
Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion.
Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce…
Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?
Bien que le récit soit à la 3 eme personne, il est en focalisation interne, nous ne sortons pas franchement des pensées de Me Susane.
Elle est avocate, chargée de défendre la femme de Gilles Principaux.
Dès que cet homme est entré dans son bureau elle croit le reconnaître : il a changé sa vie l'espace d'un après-midi à l’âge de dix ans, ce qui s’est passé ce jour là elle n’en sait rien , son souvenir globalement flou et précis dans certains détails ( peu éclairants toutefois ) relève du fantasme.
C’était dans « une maison Mauresque « croit se souvenir Mme Susane , sa mère « un Bois lacté » carrément ! le père lui pense que sa fille a passé un mauvais quart d’heure…et ne s'en est jamais remise.
La femme de Principaux a noyé ses trois enfants dans le bain. Pas un seul n’a réussi à s’échapper même l’aîné qui avait six ans. Est-ce qu’elle avait fermé la porte à clé ? me suis-je demandé bêtement, car je me suis imaginé dans la peau de l’enfant qui cherche à sauver sa vie…
et je n’ai pas trop réussi à décoller de cette vision d’horreur. Cette femme, Marlyne, aimait ses enfants et s’en occupait minutieusement, mais « elle aurait préféré ne pas les avoir ». Elle parle de son crime en disant « j’ai posé mon acte » comme si elle devait forcément accomplir cela comme si c’était le destin. Le mari paraît soulagé lui aussi. On devait avoir ces enfants, on devait les tuer, maintenant le pire est arrivé le plus dur est fait… étrange et effrayante famille !
Par ailleurs, Me Susane, (on ne la connaît que sous ce nom bien qu’elle ne soit pas toujours maître ou maîtresse d’elle-même…) s’intéresse à l’avenir de son employée de maison Sharon, venue de l’île Maurice, et sans papiers, dont elle voudrait qu’elle soit régularisée. Elle la paie même si elle ne fait pas le ménage ; les autres employeuses de Sharon sont de méchantes femmes… Me Susane porte à Sharon un intérêt qui va au-delà de ce qu’on attendrait d’une bienfaitrice, et cela gêne la jeune femme.
D’autres personnages font leur apparition, l’ex-compagnon de Me Susane Rudy, et Lila la petite belle fille de Me Susane ; et curieusement Me Susane s’inquiète beaucoup du sort de cette enfant, qu’à vrai dire elle connaît très peu. Elle croit déceler sur son visage son apparence des signes montrant qu’elle est maltraitée (par la méchante mère de Principaux ? qu’elle n’a jamais vue…)
Longtemps après avoir fini la lecture, on ne sait toujours pas quoi penser de ce qu’on a lu. Et pourtant, le talent spécial de Marie N’Diaye fait qu’on imagine très bien les personnages et les situations et qu’on ressent le mal être physique aussi bien que mental, les doutes et les frayeurs de Me Susane. Voire de certains autres personnages… Sans pouvoir en déduire quoi que ce soit…
:
Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr