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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 18:53

Edition les Moutons électriques, 2012

S’adresse aux lecteurs qui ont lu, enfants, un certain nombre d’aventures de la série «  le Club des Cinq » et s’en souviennent assez bien.

L’auteur imagine le club des cinq se retrouvant quelque quarante ans plus tard (ou moins , cela dépend quand on a cessé de lire leurs aventures …)

François , devenu commissaire de police, est très puritain, il se presse vers le  château de Kernach , dans lequel se retrouvaient les cinq en vacances, chez Claude ( la fille qui se faisait passer pour un garçon). Une réunion des "Cinq" devenus adulte est prévue. Sauf le chien Dago, les chiens ne vivent pas trente ou quarante ans...

Claude est devenue scientifique de haut niveau comme son père et vit avec une autre femme ; elle fréquente aussi Jean-Jacques le pêcheur (c’était un personnage récurrent nous dit-on mais je ne m’en souviens pas). Mick est devenu délinquant et il est en couple avec Jo la gitane (je me souviens un peu de Jo mais pour moi ce n’est pas un personnage récurrent). Il y a aussi Pilou ( je n’en ai aucun souvenir) et Annie devenue alcoolique divorcée et nantie d’une fillette …

Cette idée d’avoir transformé ces enfants plutôt bien élevés en losers  finis … est plutôt cruelle. Avançant dans le récit on s’aperçoit que les cinq devenus adulte sont hantés, chacun à sa manière, par leur homologues anglais ( le Club des cinq est une traduction des romans d’Enid Blyton «  The Famous Five »)

Un retour en arrière nous amène à  l’arrêt de la série; les enfants détectives aux prises avec la puberté fut un épisode décisif.

Et maintenant , que va-t-il se passer ? 

J'ai trouvé ce récit original mais très très noir!

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 13:02

Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion.
Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce…
Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

Bien que le récit soit à la 3 eme personne, il est en focalisation interne, nous ne sortons pas franchement des pensées de Me Susane

Elle est avocate, chargée de défendre la femme de Gilles Principaux.

Dès que cet homme est entré dans son bureau elle croit le reconnaître : il a changé sa vie l'espace d'un après-midi à l’âge de dix ans, ce qui s’est passé ce jour là elle  n’en sait rien , son souvenir globalement flou et précis dans certains détails ( peu éclairants toutefois ) relève du fantasme.

C’était dans « une maison Mauresque «  croit se souvenir Mme Susane , sa mère « un Bois lacté » carrément ! le père lui pense que sa fille a passé un mauvais quart  d’heure…et ne s'en est jamais remise.

  La femme de Principaux a noyé ses trois enfants dans le bain. Pas un seul n’a réussi à s’échapper même l’aîné qui avait six ans. Est-ce qu’elle avait fermé la porte à clé ? me suis-je demandé bêtement, car je me suis imaginé dans la peau de l’enfant qui cherche à sauver sa vie…

et je n’ai pas trop réussi à décoller de cette vision d’horreur. Cette femme, Marlyne, aimait ses enfants et s’en occupait minutieusement, mais « elle aurait préféré ne pas les avoir ». Elle parle de son crime en disant « j’ai posé mon acte » comme si elle devait forcément accomplir cela comme si c’était le destin. Le mari paraît soulagé lui aussi. On devait avoir ces enfants, on devait les tuer, maintenant le pire est arrivé le plus dur est fait… étrange et effrayante famille !

Par ailleurs, Me Susane, (on ne la connaît que sous ce nom bien qu’elle ne soit pas toujours maître ou maîtresse d’elle-même…) s’intéresse à l’avenir de son employée de maison Sharon, venue de l’île Maurice, et sans papiers, dont elle voudrait qu’elle soit régularisée. Elle la paie même si elle ne fait pas le ménage ; les autres employeuses de Sharon sont de méchantes femmes… Me Susane porte  à Sharon un intérêt   qui va au-delà de ce qu’on attendrait d’une  bienfaitrice, et cela gêne la jeune femme.

D’autres personnages font leur apparition, l’ex-compagnon de Me Susane Rudy, et Lila la petite belle fille de Me Susane ; et curieusement Me Susane s’inquiète beaucoup du sort de cette enfant, qu’à vrai dire elle connaît très peu. Elle croit déceler sur son visage son apparence des signes montrant qu’elle est maltraitée (par la méchante mère de Principaux ? qu’elle n’a jamais vue…)

Longtemps après avoir fini la lecture, on ne sait toujours pas quoi penser de ce qu’on a lu. Et pourtant, le talent spécial de Marie N’Diaye  fait qu’on imagine très bien les personnages et les situations et qu’on ressent le mal être physique aussi bien que mental,  les doutes et les frayeurs de Me Susane.  Voire de certains autres personnages… Sans pouvoir en déduire  quoi que ce soit…

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 17:48

Folio-Policier thriller, 366  pages, 2019

Andrey Grimaud journaliste enquête sur les crimes de l’Empailleur, un taxidermiste qui dépèce ses victimes et les naturalise.

Enfant, elle vivait souvent au Hameau des Purs une secte, une existence à peu près comme les Amish( eh oui , la lampe à huile !) sans la religion car  ses grands parents Gabrielle et Abel (elle, la cuisine, surtout les crêpes, lui , sculptant les pipes…)y résidaient et elle aimait y passer dut temps.

Et pourtant, elle n’y était acceptée que du bout des lèvres ; le frère Bonaventure ne voulait plus d’elle mais le frère Hippolyte la protégeait. Elle y  fréquentait « le Gars » dont le vrai nom était Léman qui partageait la vie  de la Crochue, sa grand –mère.

Les gens de la secte sont parents avec les autres  habitants  du Hameau : on ne sait pas très bien qui est parent de qui…  Tout le monde est barjot, Audrey y compris…

Audrey raconte tout cela au commissaire Frank Tiberge, devenu son amant. Il y a eu un incendie chez les Purs (en effet « puros «  c’est le feu !!)  et les séquestrés de la cave ont été carbonisés.

A peine a-t-on eu le temps de voir Frank qu’il se fait dépecer lui aussi ! Audrey enquête chez une vieille  dame qui lui révèle plein de choses bizarres sur le taxidermiste ( un certain « Wenger », quasiment « Venger « façon suisse allemand) le père de Léman, qu’Audrey ne voit plus. La vieille se fait estourbir évidemment. Puis Audrey et son coéquipier tombent dans  un piège idiot concocté par un soi-disant confrère de la gazette locale.

La fin est plutôt ennuyeuse : on met du temps à comprendre ce qui s’est réellement passé pour Audrey. Quant au tueur, on le connaît peu, seulement par ouï dire, et lorsqu’on fait sa connaissance on est obligé de rechercher dans la seconde partie ce qu’on dit sur lui, tant ça ne rappelle rien… je suis héroïque d’avoir lu ça jusqu’au bout !

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:24

Point-Seuil 2013, 118 pages. ( 1ere publication 1988)

Préface d’Olivier Adam.

Le narrateur se souvient de quelques temps ( une année ou deux ?) vécues à Jouy en Josas près de Versailles dans les années 50 ; ses parents ne pouvaient s’en occuper et l’avaient confié à des amies qui occupaient un maison rue du docteur Dordaine . Une maison plutôt grande et qui abrite, entre autres merveilles,  la tombe du docteur Guillotin et une auto tamponneuse  ; le gamin a une mère actrice en tournée en Afrique du nord ; son père « fait des affaires » du côté de Brazzaville… il fait de temps en temps un apparition et emmène son monde à l’auberge «  Robin de bois » ; il paraît aussi que le château tout au bout de la rue, appartient à  un certain «  Eliot Salter marquis de Caussade » qui y séjourne de temps à autre…

Le narrateur est surnommé «  Patoche «  par les femmes qui s’occupent d lui et de son petit frère. Ces femmes : la petite Hélène, qui boîte un peu et fur autrefois trapéziste avant son accident. Annie qui travaille au «  Carroll’s » un lieu que les enfants n’ont jamais vu mais qu’ils assimilent à un cirque.

Ils voient tous deux leur avenir dans le monde du cirque. La nuit, parfois ils sortent et vont vers le château sans oser aller très loin. Le jour, il leur arrive de se glisser près du moulin à eau dans le bois des Mets ( Metz ?).

La mère d’Annie , Mathilde appelle Patoche «  l’Imbécile heureux «  elle ne semble pas savoir que c’est une insulte. Ou peut-être que si ? Peut-être n’a-t-elle pas toute sa tête ? Elle fait un peu peur eux deux garçons lorsqu’elle dit  «  je suis protestante ». Annie a prétendu être la mère de Patoche lorsqu’elle l’a inscrit à l'école. Mais les enseignants sont méfiants :  Annie, Hélène, et la baby-sitter qu’il appelle Blanche Neige, brune au teint pâle, ne s’habillent pas comme la plupart de femmes des années 50 : elles portent des blousons de cuir, Hélène une culotte de cheval et des bottes, Annie un blue-jean… Patoche se  fait à cet environnement, même s’il trouve cette existence plutôt un peu effrayante.

Le narrateur se transporte également plus tard lorsqu’il écrivait un roman dans une « minuscule chambre mansardée, square de Graisivaudan » (près de la Porte de Champerret à deux pas du Périphérique) . Il y repense à son père, arrêté sous l’Occupation, libéré par un homme qui ensuite l ‘hébergea et lui procura une occupation lucrative ( le Marché noir comme on disait). Son père se cachait doublement  parce que juif , commerçant clandestin, et plus tard agent secret au service des allemands .  Il semble que les femmes ( et quelques hommes ) qui s’occupèrent du narrateur enfant en l’absence des parents étaient de cette même bande d’ »individus peu recommandables » . Peu recommandables mais sympathiques et faisant tout leur possible pour procurer  du bonheur à ces enfants quasi-orphelins.

Dans ses souvenirs, le désir de trouver des points de repère lui fait multiplier les noms de lieux emblématiques, et les prénoms et patronymes de ceux qui se sont occupé de lui et leurs amis.

Ainsi cette liste de noms de garage, parmi lesquels se trouve le point de jonction possible entre « l’endroit où Annie nous emmenait «  et celui où travaillait l’homme avec qui son père autrefois  faisait du trafic mais aussi l’espère t’il bien d’autres choses.

Un récit très émouvant.

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 11:19

Un étudiant occupant une minuscule chambre à Paris, ne se rend pas à son examen de sociologie qui doit valider sa licence. A partir de ce manquement à ses obligations, il en vient beaucoup d'autres : il ne fait plus rien; rien qui ait un sens en tout cas.

Il s’adresse à lui-même ou à n’importe qui d’autre, à la deuxième personne du singulier. De ce fait, nous sommes censés nous sentir concernés (davantage qu’avec un je ou un il)

Et se sentir concerné c’est pas évident, car  le sujet va abandonner toute préoccupation sociale, s’essayer à l’indifférence, par jeu, curiosité, et manque de conviction soudain pour la vie active voire même la vie routinière ; par dépit de son avenir tout tracé ( travail, famille, patrie en quelque sorte)  il reste dans sa chambre sa chambre de bonne d’étudiant, ou chez ses parents , il ferait penser à ces jeunes japonais qui ne veulent plus sortir de chez eux ( les hikikomori).  

Est-ce une dépression ou profond ras-le bol, ou une expérience ? Les deux semble-t-il. Il vit sa dépression comme une expérience. Pour ne pas trop en souffrir ?

Dès lors son quotidien sera : l’observation  des choses autour de lui, choses usuelles, domestiques , sans intérêt, et répétition de ses observations : la fissure au plafond, la bassine de plastique rose avec les chaussettes dedans, le lavabo du palier qui goutte ( mais pas toutes les secondes…) 

-l’arpentage de rues parisiennes, en suivant des itinéraires compliqués ou les promenades dans la campagne ( sous-bois ou chemins de terre) plus monotones encore.

-le refus de tout contact social

- des lectures ou des relectures de livres qu’il connaît déjà par cœur, ou du Journal le Monde, en n’exceptant rien , ne choisissant aucun article. Comme il détaille longuement les différentes rubriques, on se rend compte que le Monde a bien changé depuis 1967 !

Dans une seconde partie cette torpeur qui ne le faisait pas souffrir se met à lui causer de la frayeur.

Dans le miroir brisé où il vérifiait l’intégrité de son image corporelle, il commence à moins s’y reconnaître. Surtout, lorsqu’il traîne au lit, dans un demi-sommeil, en divaguant, dans un état d’autohypnose, ses sensations corporelles commencent à lui jouer des tours. L’appréhension qu’il a de son corps se morcèle ; on dirait que des monstres viennent l’assaillir….  C’est comme un trip, acceptable au début, qui dégénère  lentement ! 

Le sujet va finalement céder à l’anxiété laquelle vire à la panique… et revenir à la vie. Il s’intéresse à son voisin de chambre (l’autre) imagine son existence, se demande s’il l’a déjà croisé. Voit les gens dans la rue, des gens marginaux comme lui, et les perçoit de plus en plus proches.

Il agit aussi sur le plan de la raison : son expérience lui a montré que l’indifférence absolue, d’une part est impossible, d’autre part ne mène à rien de plus que de la déréliction, il revient « à lui » ou « au monde » ? Et recommence à éprouver des sensations, et des sentiments. Le premier sentiment qui s’impose à lui à nouveau, on l’a vu, c’est la peur.

Tu as déjà vécu cela ? Mais pas exactement comme lui… et pas décrit de façon aussi complète, scrupuleuse , intelligente…

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 12:09

Gallimard ; 2012, 382 pages

Le narrateur 87 ans,  sachant son temps compté, a tenu un journal réservé à Lison sa fille, dont il a toujours été proche. Ce sera le Journal de son corps : pas de journal intime, quoique raconter et décrire les ressentis de son corps à sa fille, c’est tout de même dévoiler une sacrée intimité.  Mais elle le lira lorsqu’il sera mort, donc elle sera indulgente à son égard, voire contente… en tout cas, il se montre certain de lui faire une surprise plutôt heureuse. D’ailleurs, dit-il, si ce journal devrait être rendu public, je le dédierai aux femmes.

Lectorat féminin attendu. Il s’agit bien d’un journal intime et même du plus intime qui soit. Le narrateur va raconter à sa fille comment il s’est masturbé, comment se déroulent ses relations sexuelles avec certaines femmes, sa mère y compris. Il l’épargne, en racontant une relation avec sa mère irréprochable : coup de foudre partagé, mariage d’amour, entente sexuelle merveilleuse durant plusieurs décennies. Rare… mais possible, pourquoi pas ?

Ce récit est sympathique, malicieux, triste et gai, comme toujours avec Pennac. Un poil trop plaisant, et aussi répétitif, ne retenant que le meilleur, vraisemblable pourtant. Les deuils successifs et les souffrances sont bien là, et les détails aussi. Qu’est-ce qui me fait dire que c’est édulcoré ? Quelque chose d’enfantin dans l’expression. (Pennac est surtout bon lorsqu’il écrit pour les enfants). Un vocabulaire correct et précis, une langue soutenue, familière lorsqu’il le faut, des références littéraires judicieuses. Quelques uns des personnages sont bien rendus : Le père du narrateur, sa chère Violette, son petit fils Grégoire. J’aime bien lorsqu’il parle de ces trois-là, et même de Frédéric l’ami de Grégoire, son dernier médecin traitant.

Un corps : il s’agit du ressenti du narrateur par rapport à son corps ; de réalité plus ou moins fantasmée. 

Ensemble qu’on lit très vite, en survolant certains récits.

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 20:30

Gallimard 2020

Ce roman commence par la présentation d’un certain nombre de personnages dont on relate la vie et les préoccupations actuelles. Cette première partie est assez ennuyeuse, les personnages sont convenus : le tueur à gages méticuleux, l’écrivain aux succès très moyens qui vit de traductions et aime une femme bien plus jeune, la femme célibataire qui aime moyennement un type bien plus âgé…

l’intérêt s’éveille un peu avec le ficus desséché, retombe puis revient à cause de la grenouille renaissante d’une petite Sophia ; d’une femme qui découvre que le joli poème composé pour elle, était le recopiage d’une récitation d’écolier péniblement apprise…  

Enfin, l’intrigue se met en place : le pilote de  l’avion, qu’on avait quitté moribond, va se poser à l’aéroport JFK, mais il est tout de suite dérouté sur une base militaire avec sa cargaison de passagers… nous sommes en juin 2021, et son avion s’est déjà posé avec les mêmes passagers et le même équipage, trois mois plus tôt en mars.

Cette intrigue de personnages dédoublés trois mois plus tard, à cause semble-t-il d’une mystérieuse turbulence qui a violemment secoué l’avion, est bien conduite, et réserve quelques moments désopilants : les mises en place de cellules de crises, les interventions de hauts personnages de l’état, les embrouillaminis des scientifiques, les considérations des religieux, les quiproquos engendrés par les situations, et le suspense bien mené.

On aime aussi quelques phrases bien tournées, des aphorismes (inventés ou non) , des poèmes et des chansons, des pastiches, certains mais pas tous, car il faut reconnaître que «  la première fois qu’Adrian avait vu Meredith il l’avait trouvée franchement laide… » c’est un peu lourd.

Ce qui est nettement moins bon c’est la psychologie des personnages ; ils sont peu caractérisés, et leurs conflits amoureux tellement semblables qu’on ne sait plus si l’homme d’âge mûr que Lucie endure c’est André ou Victor, et que l’on préfère qu' Adrian et Meredith parlent de leurs protocoles drôlissimes plutôt que de leurs états d’âme.

Il n’est pas facile de donner un avis tant le récit passe du très bon, voire de l’excellent au franchement plombant !

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 13:30

Patrick Modiano De si braves garçons ****

Souvenirs de collège de Valvert : une école privée pour garçons dont les parents ne s’occupent pas mais ont les moyens de payer. Un décor agréable, une discipline forte, mais des professeurs bienveillants. Toutefois  on les sent déjà abandonnés ; curieusement les professeurs, du moins certains d’entre eux,  le sont aussi.

Quant à ce qu’ils sont devenus plus tard, on verra que c’est la catastrophe ! l’un d’eux est devenus comédien «  pour de tout petits rôles, un autre s’est engagé dans l’armée, tant ses parents ( qui pratiquent le « trafic d’influence ») l’ont rejeté. Un autre est sous la tutelle d’un « médecin » qui est l’amant de sa fiancée ; plusieurs se marient et rompent leur lien peu après…dans ce concert de ratages on croise « la petite bijou » abandonnée elle aussi par sa mère qui se prend pour une star, et que le narrateur va garder toute une année avant qu’elle ne disparaisse (elle fera l’objet d’un roman) …

Très déprimant…très lucide !

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 20:47

le roman s'ouvre sur le réveil d’Armand un petit garçon de cinq ans, ses réflexions sur ses frères encore endormis, sa hâte de   retrouver une jeune fille venue aider la famille à faire une grande lessive au temps où il n’y  a pas de lave-linge, à la campagne dans le Cantal.

mais une tragédie va influer sur le destin de cette famille.

C’est l’histoire du frère jumeau Paul qui prend le relai ; arrogant, brillant, pressé de vivre à fond,  il entame très jeune, une liaison avec l’infirmière du lycée d'Aurillac, où il est pensionnaire. Cette femme va garder l’enfant qui en naîtra ; on ne sait pas trop si et quand Paul sera au courant ce qui est sûr c’est que son fils ne le connaîtra pas et ne sera pas reçu chez lui.

Sa mère Gabrielle le confie à sa sœur et à son beau-frère qui l’élèvent comme leur fils,  et vit « sa vie » à Paris. Une vie dont on ne saura pas grand-chose. On connaît mieux celle d’André, le garçon né de cette curieuse union, pour qui le pays natal c’est Figeac dans le Lot.

Sa quête pour en apprendre davantage, quête qu’il lègue à son fils…

L’écriture est rude, heurtée, violente bien que sobre. La thématique est celle de la quête d’identité , recherche d’une place dans la lignée biologique lorsque l’enfant est adopté , et son malaise, même si sa famille d’adoption lui permet de s’épanouir. Le pays où l’on a vécu et celui où l’on aurait dû vivre si l’on n’en avait pas été en quelque sorte « banni » a une grande importance.

André est chez lui dans le Lot, à Figeac, mais la capitale où sa mère et son père biologique ne l’on pas accueilli pose problème ; ainsi que le domaine de Chanterelle dans le Cantal, fief de la famille de Paul …

Il n’y aurait qu’un reproche à faire à ce récit intéressant, c’est que les personnages ne sont pas suffisamment mis en scène, leurs existences nous est relatée de façons accélérée, on reste à ignorer pas mal de choses, des événements , des attitudes, des pensées qui ne sont pas vraiment suggérées, de sorte qu'on a peine à les imaginer...

C’est qu’ils sont très nombreux les personnages ! Ce sont plusieurs fratries qui naissent, grandissent, mûrissent, meurent se reproduisent, dans un petit nombre de pages…

 

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 17:32

Grasset, 2020, 380 pages.

«  La propagande faisait du mariage un devoir patriotique. Nous , les jeunes filles, avions le devoir de donner aux GI’s une raison de se battre et de rester en vie »

Du coup Eliza a épousé un homme qui ne lui disait trop rien… ce choix se révèle catastrophique, car ledit mari est carrément un délinquant ! Il a joué un mauvais rôle dans les émeutes de Chicago. Eliza,quand à elle, a photographié la misère des Noirs , et les exactions commises.

 Pour éviter que son mari ne la fasse vraiment assassiner, elle s’enfuit à Paris avec un faux passeport, contrainte d’abandonner son garçon de huit ans qui ne craint rien avec son père.

Là-bas à Paris, elle  est Violet, et vit dans un hôtel de passe, trouve des jobs pour gagner sa vie, prend des photos en pleine rue ( c'est son métier...) rencontre un autre homme ; et s’en éprend ; on se doutait bien qu’il y avait angoche sous rille, le bel homme se révèle plus qu'ambigu... heureusement, apparaît un saxophoniste vraiment sincère... mais va-t-elle revoir son fils  un jour?

voilà un roman bien documenté sur le Chicago du vingtième siècle, la misère sociale des Noirs, la Paris des années dites "folles" et la suite moins drôle. Eliza-Violet est un curieux mélange, de femme engagée, forte et débrouillarde,  d'amoureuse très fleur-bleue, et c'est aussi quelqu'un pétri de bons sentiments. ç'aurait pu être une aventurière, mais il a manqué quelque chose: de l'originalité dans l'écriture et la narration, dans la composition du personnage peut-être? Un sujet qui méritait mieux.

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