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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 13:35

La Martinière, 2018, 346 pages.

Ari Thor doit faire la lumière sur une affaire qui remonte à plus de 50 ans. Un homme Hesdin, vient lui demander ce qui a pu arriver à sa tante, Jorrun, qui est décédée quelques mois après sa naissance en ayant avalé de la mort aux rats en place de sucre dans son café.

Accident ou suicide ? L’affaire a été classée. A cette époque les parents de Hesdin son oncle et sa tante vivaient tous à Hedinfjördur, un endroit éloigné de Siglufjördur, la ville la plus proche, où Ari Thor  exerce son métier.

Les deux couples avaient repris une ancienne ferme, qu’ils ont rapidement quittée après le décès de Jorunn.  Une photo a été mise en circulation qui représente les deux couples et un jeune homme employé sans doute là, qui tient le bébé (on est en 1957 peu après la naissance de Hesdin).

Ari se fait aider de la journaliste Isrún,  dont on a fait la connaissance dans « Nátt « ; elle est très énergique et aide beaucoup à la résolution de l’enquête. Mais bien que ce personnage soit agréable, elle enquête sur une autre affaire sans rapport avec la première, ce qui gâche un peu les choses. Cette autre enquête est trop rapide, on n’a pas le temps de s’intéresser aux protagonistes qu’on ne fait qu’entrevoir et on préférerait être centré sur l’enquête d’Ari…

On remarque qu’Ari n’a pas encore d’enfant dans cet opus alors que dans « Mörck « que j'ai lu en second il est père… le livre paru en second est donc en fait le quatrième ; en effet, dans Nátt, Ari est séparé de Kristin, et n’a pas d’enfant. Dans Sôtt (le volume que j’ai en main) ils sont réconciliés et envisagent de procréer. Et dans Snjör, il vient de s’installer à Siglufjördur, avec Kristin, et a une aventure avec une autre femme, qui compromet cette relation.

Donc l’ordre des romans est 1) Snjör. 2) Nátt.  3) Sôtt. Et 4) Mörck ; (ce qui ne correspond nullement à l’ordre dans lequel les romans sont parus en français).   

ça n'a pas l'air, mais j'ai lu presque tous les Jonasson! ce ne sont pas des chef d'oeuvre loin de là, mais les intrigues sont correctes, je regrette cependant le manque de belles descriptions...

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 23:35

10 / 18 , 356 pages

A  Trondheim , petite localité de Norvège, une ferme, où vit Tor, quinquagénaire qui élève des porcs ou plutôt des truies. Il les aime, et s'en occupe de façon touchante. Il aime aussi sa mère mais voilà qu’elle ne se lève plus.

Tor ne voulait pas aller chercher le médecin. Il se raconte n'importe quoi pour ne pas voir que sa mère va mal ... et elle ne dément pas. La situation de déni est bien observée!

...le reste de la famille arrive pour les derniers instants, et les funérailles : Margido le second frère entrepreneur de pompes funèbres, vieux garçon sans doute puceau et passionné par les rites funéraires ( le temps passé avec lui dans le roman , je veux dire où il est narrateur m’a semblé long ) ; puis vient Erlend le petit dernier qui vit à Copenhague avec son compagnon et travaille comme décorateur de vitrines. Un portrait sympathique, mais tout de même assez chargé : Erlend est un grand enfant, obsédé par sa collection de figurines en verre (figurez-vous que la licorne a perdu sa corne, c’est un drame..)  et c’est un peu exagéré ...

enfin Torunn, la fille que Tor eut dans sa jeunesse ; ils sont restés éloignés.   Elle travaille  dans une clinique vétérinaire. (lui c’est les porcs, elle les chiens, …)

Tout ce monde va se retrouver pour l’enterrement . Elle avait un mari  qu’on appelle « le père » : il ne parle  pas beaucoup, ne se lave plus, et paraît indifférent à tout. Il aura quelque chose à dire au repas de Noël. Et ce «  secret » dont on se doutait un peu, ne devrait pas changer grand-chose.

Un roman qui se laisse lire en dépit de longueurs déjà mentionnées. J'ai trouvé de bons passages : en fait, ces bons moments concernent Tor et Torunn sa fille, les autres personnages m'ennuient. Le secret révélé du papa me déçoit. C'est tellement convenu!

Ce vieux monsieur est plus intéressant quand il ne dit rien, et se comporte de façon asociale et  irrévérencieuse.

Il y a une suite, et même deux, mais je ne vais pas continuer à suivre ces personnages.

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 09:42

 

Deux adolescents Edmund et Erik vont passer leur vacances d’été  dans une maison délabrée « Tibériade »  à 200 km de Stockholm,  au bord d’un lac infesté de moustiques, ce fut ,  se souvient Erik , le narrateur, un été particulier ,  celui de la Catastrophe…

La mère d’Erik est hospitalisée ; le père est resté avec elle.  Edmund, l'ami d'Erik,   est content d'échapper à  sa mère à lui alcoolique ; son père gardien de prison n’a pas de vacances.

 Dans la petite bicoque près du lac, les deux adolescents sont livrés à eux-même ;  c’est presque le paradis ! puis voilà que Le frère ainé d’Erik , Henry, amène  une belle femme Eva Kaludis : les garçons la connaissent c’est une prof de leur collège (ils l’appellent  «  Kim Novak ») . Ils en sont évidemment très amoureux. Eva est imbriquée dans une histoire sentimentale compliquée : outre Henry, elle sort avec un joueur de handball jaloux et violent…

A la mi-roman la Catastrophe se produit. Un assassinat, bien sûr...

C’est pour cela qu’Erik se souvient. Car, il enquête toujours, des années après, pour  tâcher de saisir la vérité au moins pour lui.  

Les relations des deux adolescents et leur «  mental », leur façon de vivre une situation difficile, de chercher à sortir de leur condition sociale défavorisée, de profiter tout de même un peu des plaisirs de leur âge, tout cela est fort bien mis en scène ! C'est ce qui fait l'intérêt du roman.

L’intrigue policière n’est pas mal, mais on aurait pu s’en passer.

Curieusement, ce récit commence par être humoristique, même pince-sans rire, et de plus en plus à mesure qu’on progresse dans le récit, c’est le tragique qui domine ; je le regrette un peu.

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:07

Folio-policier, 846 pages.2011, pour la traduction.

C’est le 8 eme volume des aventures policières d’Harry Hole, flic d’Oslo dont les enquêtes sont toujours très mouvementées, éprouvantes et à multiples rebondissements. Ce n’est pas mon style de polar préféré, mais de temps à autre, je me laisse tenter.

J’avais lu le précédent « Le Bonhomme de neige », mais en lisant les références à ce roman, dans celui-ci, je me rends compte que j’ai oublié les détails.

Harry est à Hong-Kong plongé dans les brouillards de l’opium. Une collègue Kaja Solness vient l’y rechercher ; on a besoin de lui pour attraper un nouveau tueur qui a assassiné déjà trois ou quatre femmes (on n’est pas sûr).

L’arme du crime est originale : il s’agit de la pomme de Léopold, le sanguinaire roi de Belgique, variante de la poire d’angoisse, mais en plus sophistiqué. La boule que l’on enfonce dans la bouche de la victime, est rattachée à un cordon, que la malheureuse voudra tirer dans l’espoir de sortir l’objet qui l’étouffe ; et là… je vous laisse apprécier !

A peine Harry se penche t’il sur ces crimes, qu’une nouvelle victime est découverte Marit Olsen, députée travailliste, retrouvée dans la piscine vide d’un grand parc. Elle faisait du jogging le soir, pour ne pas être vue…

Entre elle et les précédentes victimes, Harry se rend compte que la seule chose qui les relie est un séjour dans un chalet de montagne quelques temps auparavant.

Son enquête va mener Harry au Congo, pour différentes raisons notamment la recherche de l’arme du crime chez un collectionneur belge, de la lave retrouvée sur le corps qui vient d’un volcan en éruption là-bas, et d’un métal que l’on y exploite. Mais aussi dans les montagnes norvégiennes vers le chalet où ont séjourné les victimes, ainsi que dans une corderie près d’un lac, et à l’hôpital d’Oslo, où son père vit ses derniers moments.

Harry est aidé et entravé à la fois par les flics de la Kripos notamment Mickaël Bellman, personnage récurrent, et certains de ses sous-fifres, et est accompagné de Kaja, un réconfort certain. Les suspects sont nombreux. Harry se met dans des situations impossibles et frôle la mort plusieurs fois.

Il m’a fait l’effet de n‘avoir pas beaucoup réfléchi, lors qu’il décide de tendre un piège au tueur en l’attirant vers le chalet : il fait savoir à la presse qu’un témoin clef, une femme, va venir d’Australie pour faire une reconstitution de ce qui s’est passé dans ce chalet où elle séjournait le fameux soir. Lui Kaja ( qui jouera le rôle de ce témoin ) Harry et un flic de la Kripos, se tiendront dans le chalet à attendre le tueur, tandis qu’une escouade d’autres flics armés, se tiendront autour dissimulés dans la neige.

L’idée est bonne, mais Harry et Kaja n’avaient aucune raison de venir pour de bon dans le chalet ; ils auraient pu rester aux alentours ; dès que le tueur se serait approché, il suffisait de lui tirer dans les jambes… toutefois, être pris dans une avalanche avec sa chérie et devoir frôler la mort est un agrément sans pareil !

En tout cas, l’on continue à lire ; au 3/4 du livre, un suspect sérieux est arrêté ; mais l’enquête se poursuivra…

Un bon divertissement, en dépit des nombreuses invraisemblances, le sens du suspens et du rebondissement, des fils d’intrigue complexe, l’invention de cette pomme de Léopold, l’ensemble est tout de même bien fait.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 14:03

montecore Small  

Le roman se présente comme la biographie du père de l’auteur, que l’on connaîtra sous le nom d’Abbas Khemiri.

Le héros est né en Algérie dans les années 50, et a vécu en Tunisie, rencontré Pernilla, une suédoise, émigré à Stockholm, et vécu une existence de travailleur immigré, père de famille, mal intégré, rêvant de devenir photographe comme Robert Capa ou Robert Frank, et s’y préparant avec obstination, tâche qu’il fait partager à son fils Jonas. La seconde partie sera consacrée au conflit père / fils, que Kadir pourrait éventuellement atténuer.

  

Le récit, ce sont deux voix principales : Jonas fils d’Abbas, et Kadir « le plus vieil ami de ton père ». Le prologue fortement ironique à propos de son père ce héros, est de Jonas, et l’épilogue, fort  contrarié,  de Kadir. Le récit, c’est aussi, accessoirement, quelques lettres d’Abbas traduites par Kadir, donc un troisième narrateur, qui parle à peu près comme Kadir.

Le contraste entre ces deux voix nous est agréable : Kadir s’exprime dans un suédois mâtiné d’arabe, rempli de métaphores inédites et d’inexactitudes linguistiques qui sont autant d’inventions.

«  Ne sois pas un péage sur la large autoroute que l’on appelle amour »

«  Je me suis promené le long de ma vie comme on se promène le long d’un corridor fraîchement coloré »

Jonas s’exprime à la deuxième personne du singulier et nomme son père « les papas », écrit un langage plus vif, au débit plus rapide, violent,  avec de l’ironie, (quand Kadir préfère largement l’humour…). Tout cela pour exprimer le désarroi  d’un petit  garçon qui se rend compte, en fréquentant l’école, que son père est très différent des autres : tempérament méditerranéen, expansif, bavard, bruyant, qui parle un suédois si étrange que Jonas l’appelle «  le Khémirois ,  une langue qui mélange toutes les langues, une langue où il y a de tout, des semi-voyelles et des noms propres composés… une langue faite de gros mots arabes d’interrogatifs espagnols, de déclarations d’amour françaises, de citations de photographes anglaises et de jeux de mots suédois. Une langue où le « g » et le « h » grommèlent tout bas dans le ventre… »

 

Les emails de Kadir sont très variés, exhortations  pour que Jonas s’attelle à la biographie de son père, souvenirs de l’enfance et du jeune âge de Kadir et Abbas en Tunisie,  des conseils pour l’écriture du futur roman de Jonas, et des textes que Kadir veut voir figurer tels quels dans ce récit :

«  Écris ceci : « A Jendouba, se trouvaient des immans et des figues, des femmes moustachues et du houx, des bœufs fatigués et des tempêtes désertiques régulières… »

 

Le texte voulu par Kadir apparaît donc dans le récit final, mais l’injonction n’est pas supprimée, ce qui produit sur le lecteur divers effets (comiques surtout…).

 

Les deux biographes se contredisent, s’accusant mutuellement et avec impétuosité, d’exagérer, voire de mentir, et ce que nous avons comme récit terminé, est également un échange de propos conflictuel, et un récit en construction, dont l’exactitude ( «  la vérité de la réalité » dit Kadir) est loin d’être avérée.

 

Au final, une œuvre  vraiment intéressante, beaucoup d’habileté dans la construction, un récit dynamique et dense, des propos  truculents,  une lecture qui semble facile à première vue, mais est plus complexe qu’il n’y paraît.

 

Un livre conseillé par Keisha, et que j’avais aussitôt noté….

 

Et le tigre, le tigre du titre ??? Eh bien, non, je ne me souviens d’aucun tigre. Les animaux qui jouent un rôle dans l’histoire (et pas des moindres) sont des chiens. Le tigre, je ne vois pas… j’ai dû rater quelque chose!

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 09:08

Albin Michel, 2016 , 650 pages.

En 1994, une jeune fille est retrouvée morte fauchée par une voiture perchée en haut d’un arbre, d’où l’a propulsée le véhicule de l’assassin.

Elle participait à un stage de formation culturelle à Bornholm, une île du Danemark.

On a conclu à un accident, et le chauffard s’est révélé introuvable.

Le policier qui s’en occupait, Hansatt appelle Carl Morck pour lui dire de rouvrir l’enquête. Morck l’envoie promener, mais Hansatt se suicide lors de son pot de départ à la retraite.

Morck et ses acolytes décident alors de s’occuper de cette affaire.

On découvre que La jeune fille, Rachel, flirtait avec un garçon du stage et qu’elle l’avait laissé pour un homme plus âgé, vivant dans une communauté hippie.

Les trois policiers sont à la recherche de cet homme. Une longue recherche s’ensuit, on ne tarde pas à découvrir que la veuve d’Hansatt avait-elle aussi- succombé au charme du mystérieux hippie tendance Hari Krishna doublé de Dom Juan…

Parallèlement, nous faisons connaissance avec le centre de « naturabsortion » sis sur l’île d’Öland en Suède; il est tenu par un certain Atu Sahmanesh Dumuzi , révéré comme un dieu : il s’approprie des femmes de la communauté à sa guise. Son adjointe Pirjo, est extrêmement jalouse de ces femmes.

Voilà un roman très bien documenté sur les différentes pratiques issues du « développement durable » associé ( ou pas, selon les cas) à des rituels religieux et à un régime de dictature et de charlatanisme plus ou moins avancé.

C’est une enquête classique, bien menée, et les policiers sont bien typés. Évidemment ce roman étant le septième de la série on ne comprend pas tout du vécu de ces policiers, Rose en particulier...

j'ai l'intention de continuer la série par le premier roman, à l'occasion.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:27
Johann Theorin Fin d’été ****+

Albin Michel, 2013

Retour à Öland ; le vieux Gerlof sort de sa maison de retraite pour l’été ; il commence à trouver le temps long.

Il y a 70 ans, début des années 30, il aidait le fossoyeur pour se faire un peu d’argent l’été. On enterrait Edvard Kloss , mort écrasé sous un mur d’une dépendance de sa maison. Mort sûrement pas accidentelle… au moment de la descente en terre un gamin de douze ans Aron Fredh apparaît pour aider à descendre le cercueil. Des coups sourds, pendant l’ensevelissement font croire qu’il est vivant. On le ressort, mais le docteur Blom est formel : bien mort… on le ré enterre et les coups reprennent…

Ce n’est qu’à la fin du roman que Gerlof entrevoit une explication rationnelle.

Entre temps il aura à aider pour sauver des vies dans une histoire de vengeance. Aron Fred ( dit le Revenant) 70 ans plus tard est de retour au pays et cherche à se venger des Kloss.

Mais il y a des « bons Kloss » le petit Jonas, confident de Gerlof, qui a vu des morts vivants ! et son papa Niklas frère cadet de Kent Kloss, descendant tout aussi méchant qu’Edvard le mort des années 30…

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cet auteur . je regrette un peu qu'il soit retourné à l’île d’Öland, son précédent roman nous avait transporté ailleurs... toutefois, l'intrigue est très intéressante, et l'on a aussi la terrible expérience du goulag ( ce n'est pas Ivan Denissovitch mais c'est très bien tout de même).

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:27

2011, 396 pages.

Hannah jeune fille de 18 ans, tout au nord de la Suède. Famille pauvre, la mère ne peut plus la garder. La confie à Jonathan Forsman qui a du bien, et ne lui fera pas de mal « car il est converti ». Hannan part pour la ville, devient servante de Joanthan, puis est admise sur un navire en partance pour l’Australie pour y être cuisinière. Forsman possède la chargement, et la protège encore ; de fait, elle ne se fait pas violer, mais rencontre un jeune marin timide et agréable. Ils se marient. Hélas, l’idylle dure peu car il attrape une fièvre mortelle.

Hannah est choquée, elle ne peut plus reste sur la navire, débarque clandestinement au Mozambique, dans le premier port où ‘s’arrête le navire. Elle s’installe dans un hôtel tout près du port. C’est un bordel mais d’abord elle n’en sait rien ! elle est malade, reste longtemps alitée, et là encore, on la protège ( son statut de blanche ainsi que sa forte personnalité …) car le bordel est tenu par un portugais Vaz qui fait travailler des Noires, et qui témoigne un grand respect à cette jeune femme seule qui vient d'arriver...

Ecrit simplement, bien structuré, ce roman ausculte le racisme anti-noir au début du 20eme siècle en Afrique, les tentatives de révolte des populations odieusement soumises, leurs stratégies de défense, les superstitions des blancs et celles des noirs.

Il m’a plu. C’est même le roman de Mankell que j’ai préféré.

L'héroïne a un côté " vierge intouchable" qui n'est peut-être pas tout à fait crédible... on doit imaginer que sa personnalité, quelque chose en elle force le respect... outre le fait qu'elle est blanche.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:12
Olivier Truc Le Détroit du Loup **+

Métailié, Noir 2014, 410 pages.

Nord de la Norvège, exploitation pétrolière et gazière en mer de Barents. Le jeune Nils Sormi travaille comme plongeur pour le compte de l’entreprise Norgoil. C’est un métier dangereux et peu plaisant aux yeux du lecteur (il ne s’agit pas de contempler les fonds marins ni de les photographier, encore moins de chercher des fossiles ou des épaves…) mais il en est très fier et il est considéré à l’égal d’une star… pas chercher à comprendre, les mœurs sont très différents d’ici.

Dans le coin, il y a une activité rurale intense toujours en conflit avec l’industrielle. C’est celle des éleveurs de rennes. Ils ont besoin des pâturages.

Justement nous sommes en avril, et les bêtes vont commencer leur transhumance ; pour gagner le plateau à présent libéré de neige, le troupeau du jeune Erik (autrefois ami de classe de Nils) doit traverser le fameux détroit du Loup. Mais pendant cette délicate traversée, un individu perché sur un rocher, que les éleveurs tiennent pour sacré, et où ils déposent des offrandes, un individu disais-je, fait des signes qui effraient les rennes et les affolent : le troupeau tourne en rond, bien des bêtes risquent de se noyer. Erik se précipite dans le détroit avec sa barque… et c’est lui qui se noie…

Cet accident n’est que le début d’une suite de morts suspectes d’anciens plongeurs , d’hommes d’affaires liés à l’industrie pétrolière. Nina et Klemet ont de quoi enquêter.

Un peu plus ennuyeux que le Dernier Lapon… le personnage de Nina s’affirme comme principal au détriment de Klemet, réduit à jouer les utilités. Ensemble correct.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:32

le Chinois 

Livre de poche policier

 

 

Dix-neuf personnes âgées ont été retrouvées mortes, sauvagement assassinées dans un petit village au nord de la Suède. L’équipe policière cherche encore à identifier les victimes, que Birgitta (juge de son état, la cinquantaine), vivant à Stockholm, se rend compte que le vieux couple Andrès, du nombre des victimes, furent les parents adoptifs de sa mère, à présent décédée.

Par intérêt pour le village où sa mère a grandi, et la vie qui fut la sienne, dont elle est restée à presque tout ignorer, elle se rend sur les lieux, profitant de quelques jours de liberté dans son emploi du temps.

Là-bas, elle furète dans la maison des Andrès, et y trouve un vieux journal intime, rédigé par un ancêtre de la famille, demeurant aux Etats-Unis.Un siècle et demi plus tôt, Il y était contremaître, et dirigeait des Noirs, des Indiens, et des Chinois, pour construire une voie ferrée.

Sans le vouloir vraiment, Birgitta se met à enquêter, trouve une vraie piste, alors que la police piétine.

 

Dans une seconde partie, le narrateur est un Chinois vivant au 19 eme siècle dans d’épouvantables conditions traité comme une bête. Après d'épouvantables tribulations,  le voilà aux Etas Unis avec un de ses frère, sous la direction de James le contremaître du journal lu par Birgitta...

Ce récit débute bien comme un roman policier, avec une brillante scène de crime, et les trouvailles de Birgitta, sont pleines de promesses.

Ensuite, c’est davantage un roman historique, relaté par le menu. La vie du Chinois, en question, les mauvais traitements, le désir de vengeance, sa fréquentation de deux missionnaires qui lui sauvent la vie, l’instruisent, tout en le frustrant. Après ce très long intermède, pas inintéressant, mais où l’on délaisse l’aspect policier, l’enquête de Birgitta va reprendre, et le lecteur se réveiller d’une certaine somnolence. Mais là encore, le récit historique reprend vite ses droits : on nous détaille cent ans d’histoire de la Chine, avec pour héros, si l’on peut dire, des descendants du Chinois initial, et leurs querelles mortifères, au sein d’un régime corrompu.  La fin tarde à venir. Elle n’est pas mal,mais il faut être patient. Le mobile des crimes n’apparaît pas clairement, la solution ne nous satisfait pas. Le récit historique est très documenté mais raconté de façon ennuyeuse à mon goût.

Mankell n’aurait pas dû vouloir jongler entre Histoire et récit policier.

Ni l’un ni l’autre n’ont ici à y gagner.

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