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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 10:56
 Kishwai Desai Les Origines de l’amour***

L’Aube Noire, 2015, 450 pages.

A Bombay une clinique gynécologique dirigée par Anita et Pashwar : ils organisent la gestation pour autrui : les mères porteuses sont de jeunes indiennes illettrées et ayant un besoin urgent de quelques sous (pour leur famille nécessiteuses). Les embryons sont fournis par des couples indiens à l’aise financièrement, et le plus souvent par des couples étrangers surtout britanniques et australiens. La clinique pourvoit aux désirs d’enfants des homosexuels. Elle peut fournir des ovules, ou des spermatozoïdes,en cas de stérilité.

La sœur d’Anita, Singh est une assistante sociale rattachée à cette clinique. Elle s’occupe du bien-être des mères porteuses et des enfants qui naissent. Une petite Amelia a vu le jour, qui est séropositive ; sa mère porteuse a disparu et le couple anglais censé adopter l’enfant, a trouvé la mort dans un accident de voiture suspect. Singh enquête

C’est là un roman social plus qu’une enquête policière ; nous savons tout de suite qui est le coupable, et ce qui a pu se passer. On peut supposer certaines autres anomalies, concernant Kate et Ben, un jeune couple auquel on s’intéresse, mais elles n’existent que dans l’imagination du lecteur, et à la fin, ces personnages ne sont pas différents de ce qu’ils étaient au début ! Ils ne nous cachaient rien en quelque sorte !

Concernant les problèmes de la GPA et de certaines utilisations d’embryons humains, on n’apprend rien de plus que ce que l’on savait déjà. C’est bien écrit et le récit est correctement mené. On s’attache au personnage de Sonia, jeune mère porteuse indienne prisonnière d’un homme qui la bat, on regrette que le happy end final, ne soit pas également pour elle.

portrait de l'auteur et interview d'elle

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 22:43

Belfond, 2010, 482 pages.

Titre original : The Six Suspects, 2008.

En dépit du titre français, il n’y a pas l’ombre d’une ressemblance entre le film de Peter Greenaway (Meurtre dans un jardin anglais dont le vrai titre était d’ailleurs autre), œuvre plutôt cérébrale, alors que celle-ci appartient au genre du roman populaire.

Nous sommes dans le nord de l’Inde, et nous lisons l’article d’un certain Arun, journaliste d’investigation qui veut éclaircir le meurtre de Vicky Rai, homme d’affaire corrompu, et ouvertement criminel. Ainsi a-t-il tué une serveuse de night-club qui lui refusait à boire parce que la boîte allait fermer. Acquitté, Vicky n’en soulevait pas moins de fortes vagues d’indignation. Pour cette affaire, comme pour bien d’autres auparavant, il collectionnait les ennemis…

Nous avons ici un roman d’aventures, bien plus qu’un roman policier, qui relate les parcours de six suspects, et les péripéties qui les ont menés à se trouver tous les six, un certain soir, à la garden-party de Vicky Rai, et à se faire appréhender par la police, en possession d’une arme, après l’assassinat du maître des lieux.

D’abord Mohan Kumar, haut fonctionnaire à la retraite, tout aussi ignoble que Vicky Rai ; Devenu fou, Il se prend pour Gandhi pendant des périodes plus ou moins longues. Pour Gandhi, ou plutôt pour l’idée qu’on peut s’en faire, superficiellement. Alors, il se conduit de façon opposée à sa personnalité réelle, entrainant divers malentendus. L’actrice Shabnam Saxena, s’est assuré la fortune en multipliant les rôles glamour dans les blockbusters. A force de lire son abondant courrier de fans, elle se laisse intriguer par la lettre d’une admiratrice de province. L’américain Larry Page, ouvrier naïf et bon enfant, est venu en Inde pour se marier avec une certaine Sapna, par le biais d’un site de rencontres. Munna dit « Mobile » est un jeune homme pauvre, spécialisé dans le vol de téléphones portables. Eketi, un jeune homme noir, vient des îles Andaman : il a quitté sa tribu pour retrouver une pierre noire sacrée, un « shivling » qu’on a volé à son peuple. Jagannath Rai, père de Vicky, et ministre de l’intérieur de l’Uttar Pradesh, doit faire face à toutes sortes de tracas, en rapport avec les malversations de son fils, lesquelles s’ajoutent fâcheusement aux siennes.

L’histoire de chacun des suspects est développée. Certains des récits sont relatés classiquement, d’autres sont des fragments de journaux intimes, et le récit concernant Jagannath Rai consiste en conversations téléphoniques. Les histoires les plus réussies sont celles de l’aborigène Eketi ( un vrai petit roman d’initiation) et de l’américain Larry ( loufoque, et assez amusante même si les effets sont faciles) ; comique aussi est le parcours de Mohan, tandis que l’histoire de Munna est pas mal dans le romanesque réaliste. Celles des deux derniers ( l’actrice et le ministre) sont relativement ennuyeuses, mais on est entraîné car on veut savoir ce qui est arrivé dans ce fameux jardin. On a assez vite compris qui était coupable, mais il y a bien d’autres aspects de l’affaire à éclaircir !

L’ensemble est inégal, mais tout de même agréable à suivre. Je ne connaissais pas les îles Andaman, ni cette tribu « onge », qui est menacée d’extinction ainsi que plusieurs autres dans la même région. On nous promène dans diverses autres contrées (de Bénarès au Pakistan !) et même si le survol est rapide, il donne envie de connaître l’Inde…

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 12:31

Le dieu des petits riens» Indes (booker prize de1998 )

 

langue anglaise nationalité indienne

 

 

 Un drame sur plusieurs génération. Une femme trop intelligente, obligée d'épouser un alcoolique pour se sortir de sa famille qui tient une épicerie au bord du Gange.

L'alcoolique n'a pas réellement d'argent, est bête, et lui a donné deux jumeaux garçon et fille.

 

Contrainte de revenir au logis familial, elle s'ennuie et s'éprend d'un "intouchable" qui vit de l'autre côté du fleuve. Les enfants, elle les repousse un peu. Leur grand-mère les martyrise surtout verbalement.

 

Voilà le frère aîné qui arrive d'Angleterre avec son épouse, et Sophie, la petite cousine des jumeaux. Les jumeaux sont jaloux de Sophie, parce que leur mère dont la vie est une impasse jalouse son frère et sa réussite assez médiocre mais dont il se vante.

 

Les événements se précipitent: les trois enfants vont jouer sur le fleuve, le frère découvre la liaison de sa soeur...


 

 

C’est assez vivant avec des personnages justement campés, des allers-retours du passé au présent qui sont harmonieusement distribués, un effort couronné de succès pour rendre les émotions et pensées enfantines. Les meilleures pages sont celles où les jumeaux et la cousine  sont seuls ensemble.


J’ai pourtant passé de longues pages de descriptions de la jungle et du fleuve, qui se veulent esthétiques, mais sont seulement lassantes parce que trop  verbeuses.

L'arrière-plan politique et social m'a  plu. Il est réaliste et bien documenté.

Je n'ai pas trop aimé  le traitement hyper romanesque, sentimental  mal maîtrisé, de sujets tels que l'inceste entre les jumeaux et  l'histoire d'amour impossible,  entre la mère et un intouchable.L'auteur en rajoute, décrivant la vie du garçon infirme de  manière à exciter la pitié...

 

J'apprécie que l'on traite des tels sujets mais un autre ton serait souhaitable.

 

 

Pour un premier roman, c'est néanmoins très bon.


 

L'auteur, une belle femme qui se consacre à la politique,désormais. Cependant elle travaille à une nouvelle oeuvre.


arundhati-roy

 

 

 

 

 

 

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