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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 15:50

C'est flippant prendre-un-pot-avec-Jack-.jpg!

Je suis nulle en politique mais de temps à autre il m'arrive de rêver d'un homme politique. Une  fois par an. Afin de saisir au vol un petit quelque chose sur la future  élection j'ai  relu mes rêves politiques les plus récents.

Donc, revenons en 2004, pour commencer :
 

 Dans mon lycée, je suis en classe de première dans la section «  reconquête des savoirs», une des plus successfoule s’il vous plaît, et  je cherche un homme.

 Sortir avec un homme célèbre pour épater  les copines.

En descendant le perron, je vois Jack Lang, un grand brun mince bouclé dans les cinquante, qui cela pourrait-il être d’autre que Jack?  Il distribue des prospectus Jack,  pour son parti, je parie, il est vachement cool, avec sa cravate blue pervenche. 

 Je lui souris, il me salue, tiens ? Je le connais ? Où s’est-on vus ?

  Le soir commence à tomber. Jack et moi, descendons la rue, et nous engouffrons dans la même troquet.

  Toutes mes amies sont là devant leurs consommations, l’air de s’ennuyer tellement qu’elle font attention à tout ceux qui rentrent : c’est le moment! je  l’embrasse sur la bouche le Jack. Il n’est pas coopérant. Il fait à peine semblant d’y répondre.

Je commande un café avec un mètre de crème chantilly,  me disant qu’il va me payer ça tout de même.  Il sort une cigarette ce n’est pas une mauvaise idée de recommencer à fumer, j’en pends une.

Jack n’utilise pas de fume-cigarette. Enfin, tant pis.

 Je jette un coup d’œil circulaire pour vérifier si mes compagnes de classe ont toujours les yeux vrillés sur cet improbable mais vrai couple.

 Il ne faudrait pas qu’elles aient constaté que Jack refusait mon baiser.

Mais les consommatrices  ont l’air de nous considérer sérieusement.

Je me donne une contenance parce que Jack   n’a pas du tout l’air empressé. J’ouvre mon livre d’allemand pour faire la version dont le titre est « Ein Mann hat Langeweile » j’y comprends rien dis-je à Jack tu pourrais m’aider ? Jack fait une moue boudeuse qui lui va très bien, répond que Hat c’est chapeau et que Mann c’est homme. Puis il  s’extirpe du siège, dit  devoir rentrer chez lui.

Je me dis c’est pas possible ce mec  sait  l’allemand il me prend pour une idiote.

Je  quitte mon siège comme une flèche et  pique un mégasprint vers le métrop.  Avant qu’il n’ait fichu le camp.

 Tout de même, pensé-je, ce n’est pas mauvais d’être vue en train d’embrasser le premier ministre.

 Comme j’émerge à l’air libre, la  nuit est bien tombée, c’est une voûte de ciel curieuse avec de grosses  taches  rouille  sur du gris anthracite , comme des  signes de vieillesse. C’est un crépustule, phénomène climatique rare auquel il m’est donné d’assister. Rare mais pas gai.

 C’est la nuit, je rentre chez moi : il me reste des cigarettes que j’ai piquée au paquet Jack, des Lucky, je suis bien contente je les fume. Je souhaite recommencer, me rends chez la buraliste, et, ne voulant pas en fumer beaucoup, je demande des cigarettes au détail. Je n’ai pas la monnaie désirée, on me donne un étui pour un morceau et des pièces en cuivre. Pour passer le temps je fume, je fume, et j’imagine la suite d’une liaison avec Jack Lang. J’habite au huitième comme dans ma jeunesse, la chambre mansardée. Mais soudain : la cigarette, maman va la sentir ! Que faire ?

J’allume la radio : en écoutant les nouvelles j’entends que Le premier ministre n’est pas Lang mais Raffarin. Lang n’est même pas dans le gouvernement.

Mais si je suis vue en compagnie de Raffarin, tout premier ministre soit-il, ça ne fera aucun effet sur mes copines, je ne pourrais pas fumer, et je ne retrouverais pas ma chambre d’étudiante.

Mieux vaut se prendre un petit ami comme les autres.

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 22:58
Nous sommes dimanche

M. Birou fait ses prières.   Laurelle et Hardie sont fâchées : c’est de votre faute si nous sommes enfermés ont-elles dit : à force de raconter des bobards, nous a avons cru qu’  elle allait nous recevoir…

Qui ? Alix Krautt ? Mais non ! C’est France Prauffond  son nom véritable.

Ah, vous croyez encore que quelqu’u va nous recevoir !

Puis elles se sont querellées l’une l’autre ; le petit mec aux joues rondes a sorti de son sac de toile un litre de vin ordinaire et un jambon beurre ; il me faisait peine, isolé seul de son âge l’air de rien y comprendre. Un orphelin, me dis-je, un Oliver Twist.

  

Cependant je n’ avais pas le temps de  m’attendrir. A ce stade,   on devait organiser notre évasion ; tout le monde fut d’accord pour creuser un trou dans le sol quand il fut devenu évident que les portes même la porte-fenêtre qui donnait sur le green étaient blindées et que nul ne pourrait en venir à bout.

Creuser un trou mais avec quels outils ? Alonso possède un cran d’arrêt. Les  deux commères des canifs. L’infâme Dominique, que Rosalyne hait puissamment détient un scalpel.

Le trou en restera à l’évocation.  

                                                                                                                   

Alonso Kircensi avait narré à tous son histoire, certainement inventée, de toréador au chômage. Il la répétait sans cesse tout en y ajoutant des phrases du genre ne vous laissez pas abattre, on va sortir d’ici, je vous le promets ; avec des trémolos et en rallongeant la sauce .mais il n’avait pas plus de solution que les autres. Quand même il en aurait eu il ne les aurait pas mises en œuvre car il était bien trop content de nous avoir à sa merci. Nous sommes forcés de l’entendre quand il ne discourt plus, il va vers chacun de nous et prononce quelques mots  à notre adresse ; nul ne lui répond mais il se renvoie la réplique avec conviction. Il déblatère avant de changer de victime puis reprend ses harangues.

Devant cette nouvelle donne, les autres manipulent fébrilement leur mobile pour appeler les amis famille et relations à la rescousse. Sauf M. Birou qui appelle directement le Seigneur, avec son portable invisible.

 Rosalyne est  pragmatique ; compte sur les doigts de  sa main (gauche ?)les relations  à qui   elle est  susceptible d’encore formuler une demande ; appelle Jacky en premier car c’est  son chevalier servant ; il  la comble de gratitude, oui mon chat, ma biche, mon chou je t’adore et promets de venir te délivrer en personne à la tête d’une armée de bienfaiteurs et de zélés fans, et qui sait peut-être  un ou deux faons, mais ce sera difficile à réunir ; et il faut  que j’en  ai  fini avec mes obligations mondaines.

  Elle a  appelé Holly  son « ami de toujours » ; il s’étonne je dois avoir mal saisi la situation ; ou alors je rêve tout éveillée. Enfin dit-il mal convaincu, j’aviserai : tu te mets toujours dans des situations incroyables ! 

Enfin  Rosalyne  forme le numéro de  père. Oui  elle aurait  préféré l’éviter ; ils n’ont plus rien à  se dire depuis longtemps.
- Je suis prisonnière, c’est un guet-apens.

-Pourquoi me déranges-tu, demande- t’il je suis en train de composer une sonate en ré mineur il me faut du silence et de la concentration. Toi tu me tires vers la sonate d’alarme.  Comment es-tu venue  en ce lieu ?

…Comment ? reconquérir ta fleur ? C’est impossible ! On ne peut faire tabula rasa, c’est parce que l’on se lance dans des projets irréalisables que l’on se retrouve dans des pièces d’où l’on ne peut sortir.

 

 

Père n’a sans doute pas tort mais à force de vouloir expliquer la situation, il ne fait rien. 

Oliver s’ennuie qui aime l’action. Il n’est pas vilain mais un peu lisse se dit Rosalyne cet épi, ce petit nez pointu ces joues un peu trop rondes… de son côté Oliver a quelques objections à formuler à l’idée de  conter fleurette à Rosalyne de vingt ans son aînée. Il l’aurait préférée avec un jean et une chemise. Sans maquillage.

Ils s’ennuient cependant dans cette prison.

  Mais de toute manière, comment  se feraient-ils la cour ?

On ne peut s’isoler, avec tous ces crétins rassemblés dans une pièce carrée comme des volailles attendant ….

Rosalyne a rappelé son père.

- Toujours pareil papa ! Mais à présent … On dirait que nous sommes morts.

Père s’impatiente :
 « Drôle de métaphore ma fille !

Et… comment la vivez-vous cette mort ? »

Rosalyne trouve son père comique.

C’est rare.
 

- Ben, dit-elle, Alonso s’en fiche d’être mort, pourvu qu’il continue à se faire voir et entendre.  M. Birou prie ou c’est tout comme : donc ça ne le dérange pas non plus.

 Les autres et moi,  nous voulons en sortir quoique ces autres prisonniers soient fort peu estimables…

 

- Ici ça ne vaut  guère mieux que  dans ton songe, Rosalyne. Mais j’ai bien analysé  ta situation : tu peux sortir de ton cauchemar. Ils peuvent aussi partir, n’importe lequel d’entre eux, il suffit de dire le  mot de passe.

- Le mot de passe ?

 - Oui, cette phrase célèbre  qu’un autre a dit dans une situation  similaire.  

- Je ne la connais pas !

 - Rosalyne, voyons ! Réfléchis ! Ne te rappelle-tu point une scène semblable ?  Et cette réplique  fameuse en cinq syllabes et six mots dite par un certain Garcin !

-Jérôme Garcin?

- je ne le connais pas... non, Garcin tout court! Et Inès et Estelle, ça ne te dit rien?

Rosalyne  se creuse les méninges, ne  saisit pas. Père n’a pas été assez explicite.

Père voudrait la lui souffler, la phrase, mais le Malin a paralysé sa voix.

Les autres ? A priori, ils ne trouvent pas non plus. Ils ne cherchent peut-être pas ? 

Rosalyne veut mourir ; l’éternité c’est très long et ceci bien avant la fin.

Aidez Rosalyne à trouver le mot de passe !

 
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 11:13

virginitude-39.jpgPlusieurs jours se sont écoulés ; nous sommes toujours dans la salle d’attente de Mme Krautt ; la situation n’évolue pas.

Le premier jour,  j’ai observé les patients  tous assis par terre entre les plantes grimpantes et les cactées  aux pointes aiguës.

Alonso passait le temps à mâchouiller un chiffon rouge souvenir du temps qu’il fut torero ; Fernandel écholaliait , incompréhensible, avec de grand gestes obscènes,  M., mutique, fumait sans discontinuer, hochait la tête et, parfois à voix basse récitait des vers ou des suites de chiffres,  M. Bacante, le dernier venu bêlait avec ses brebis, M. Birout  rédigeait son curriculum vitae en grec latin et basque,  sûr d'être appelé le premier, la suite le détromperait. Deux autres femmes que moi sont assises à terre en jean l’une massive la coupe en brosse et l’autre filiforme, Laurelle et Hardie. Deux autres femme que moi! lol! Sont-ce vraiment des femmes? Elles ont récupéré des jeans et des pulls informes dans des brocantes! Elles sacrifient à la nouvelles mode " moins je me maquille, plus j'ai l'air dinde plus j'ai de chance d'avoir ma photo dans une revue  . Cette mode des femmes qui osent être laides! Vous avez vu ça! Elles nous observaient avec acrimonie, supposant que je voulais flirter avec Alonso. ce pauvre Alonso avec son sourire niais et sa figure comme un jour sans vin.

Pourtant,  Mme Krautt ne m'appelant pas, je me suis résignée à  confier à  Alonso comment j’ai perdu ma virginitude au pied d’un mur d’où j’étais tombée en compagnie d’un individu du sexe 1 ; je lui expose mes raisons de vouloir redevenir vierge «…  Au moment qu’il y parvenait, dis-je il m’a crié tu n’es plus gamine ! j’ai trouvé cela sympathique, car c’était spontané, comme dans son village … mais il avait laissé sa radio portative à nos côtés dans l’herbe, et l’on entendait « les Bals populaires »… une faute de goût insupportable ». Je n’ai eu de cesse de recouvrer ( recouvrir ? ) récupérer! ma virginitude."

-Attendez fait Alonso, les balspopu… de michel sardou ? moi j’aime bien !  Bon, je vous accorde  que l’on peut préférer «  si les ricains n’étaient pas  v’nus… »

Vous me connaissez, j’ai des principes ! Il n’était plus question que je parle à Alonso.

Je me suis tue.

Un petit mec joufflu à peine majeur,des épis dans les tiffes, regardait sa montre avec impatience. C’est alors que je me suis rendue compte ( rendu conte ?) que nous attendions depuis des heures. L’impatience a gagné l’ensemble des infortunés  que nous sommes.  

 Nous avons d’abord cru à un retard, puis remarquant que nul n’était appelé par la secrétaire,  Fernandel a voulu ouvrir la porte de communication qui  mène au corridor ; cette dernière implacablement résistait à toute manipulation de la poignée ainsi qu’à diverses poussées qui furent effectuées par les  présents.

Je  n’ai encore manqué de rien car j’ai coutume d’emporter avec moi ma part de pizza royale mon petit chèvre, mon fraisier  ainsi que ma bouteille de chianti. Alonso  garde par devers lui  des sandwiches à la turque, et de la vodka Zwsk.   Les autres se contenteront de leurs médicaments ; il y a très longtemps qu’ils ne jurent plus que par clairasil, Mogador, déroksatt, et autre ontalgic.

 

 Toutefois, devant l’impossibilité d’ouvrir la porte-fenêtre qui donne sur un carré d’herbe, lequel paraissait séduisant à cause des possibilités qu’il offre de  satisfaire à des besoins naturels,   nous  commençons à  nous inquiéter.

Nous craignons un je ne sais pas ? une sorte de ...hui(t ? s ?)
clos!

chapitre précédent
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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 16:04

Virginitude-3.jpgRosalyne et moi on fait la queue chez la toubibe dans le but de reconquérir notre virginitude.

Devant et derrière nous , des silhouettes, des ombres  Un de nos frères passe devant elle, quelle surprise il s’est un peu arrangé, le sourire n’est plus celui de Fernandel, la posture est droite, le geste élégamment désinvolte, est-ce le comportement ou la chirurgie esthétique ?

Il s’éloigne sans rien expliquer, à présent voici l’homme que j’avais vu s’inscrire sur l’écran de télévision un jour de noir et blanc à l’émission « Messieurs les jurés », il défendait un homosexuel, il s’appelait Mathieu, il était journaliste, avait des cheveux bruns et bouclés en désordre tout cela dans un nuage de fumée blanche.

Rosalyne me dit je n'ai pas confiance en lui, tu sais!


Ah cette fumée blanche qui masque et dévoile un peu de charnelle incarnation !

On s'en fout, on ne veux rien savoir de ces messieurs.

On veut reconquérir notre virginitude.

on sait ce qu'on veut le programme est précis; pas de » j’ai du malêtre, jsuis angustiée je comprends plus rien à lavis…"

Non.

Nous entrons dans une salle à décor de plantes vertes de type cactées. Des magazines culturels illustrés en couleur traînent sur la table basse, nul ne s’en préoccupe. La salle d’attente d’ Alix Krautt, une psychothérapeute chez qui tous les névrosés bien informés font la queue en ce moment, moi comme les autres et elle qui a bien voulu m'accompagner.

je les visite tous et je fais des comparaisons. Laquelle me fera conquérir cette virginitude après quoi j’aspire comme dans une paille plantée dans un verre vide ?

Pas de place assise. Tout de même !

Nous ne voyons pas leurs visages, tous sont penchés sur leurs médicaments : ils ont déjà reçu des traitements médicaux nombreux et variés. Indiscrète, on les écoute parler de leurs remèdes homéopathiques, des gélules de diverses couleurs et des comprimés.

Toutes les cinq minutes, l’un d’eux vérifie la mollesse des gélules qui trempent dans une cuvette remplie d’eau. Je reconnais ces gélules c’est du Carbosylane rouge et noir ; et puis voilà le Cleareasil, les Pall Mall si grandes et blanches, les Cachoubes ronds couleur « Bois de rose » et hérissées de petites pointes au doigt.

« Des Pall Mall dans l’eau ! Si ce n’est pas une honte ! »

« Je ne peux pas les avaler sinon je m’étrangle, geint le patient d’une toute petite voix.

-Quel est votre nom ? Demande Rosalyne, curieuse

« Alonso Kiskazy ; me répond-il découvrant des dents trop parfaites. Toréador, j’ai perdu mon emploi.

- Moi c’est Rosalyne Geole. Je suis là pour... présente-toi chuchote-t-elle ne sois pas timide.

J'ouvre la bouche et, c'est comme les rêves aucun son n'en sort.

Alonso ne mouffte pas et continue à tremper ses cibiches, gravement.

Ce patient a suffisamment perdu la tête pour confondre des cigarettes et des médicaments.

Enfin l’un de ces hommes se lève, brun et trapu, cette fois, et fait remarquer que ces médicaments vont être inutilisables, l’eau c’est très corrosif, la preuve : les falaises qui s’effritent. Un autre me dit qu’il a acheté pour mille euros de médicaments encore remboursables et qu’il s’apprête à les congeler pour qu’ils servent encore quand ce sera hors de prix.

« Bandes d’hypocondriaques ! » me dis-je en moi-même ; mais à haute voix, diplomatiquement je feins de les approuver.

Rosy hoche la tête : « Il ne faut pas recongeler ce qui l’a été une fois déjà » c’est d’un philosophe d’antan.

Soucieuse d’élever le débat et de le pousser à son paroxysme, je poursuis : « On ne peut pas se recongeler deux fois. Si tu te réveille après ton sommeil de mort que tu as eu la chance que ton fils unique t’ai congelé et l’autre chance que le corps médical ait été plus que scientifique, alors ne meurs plus ; si c’était le cas, tu n’aurais pas une troisième chance…

« Objection, votre honneur !dit l'Alonso faiblement, on peut congeler deux fois mais pas dans le même frigo. »

- Mon honneur, justement c’est ce que je voudrais retrouver…

A ce moment, je disparaîs spectatrice de Rosalyne qui continue seule à jouer.

C'est normal, je m'évanouis très vite dans la plupart des situations et elle prend le relai.

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 11:19

Hier lundi, j’ai encore été à la  fnac je ne sais rien faire d’autre ; j’ai pris le même en cas que d’ordinaire un café allongé et un muffin ; c’est ce qu’il y a de moins cher lorsque l’on veut boire ; bien sûr je me sentirais moins coupable si je prenais de l’eau minérale (non gazeuse pour éviter le sel) mais cela ne rendrait pas ma prose plus intéressante. Je ne sais ce que j’aurais dû faire sans doute disparaître dans un trou de souris.

 

 

Pour me racheter j’ai pris avec moi «  Souvenirs pieux » de Marguerite Yourcenar ; Je ne lis pas volontiers marguerite Y. parce que j’ai des préjugés : cette femme aurait été de droite, conservatrice. Elle représente une sorte de dix-neuvième siècle dans le vingtième etc. Mais comme je n’ai plus guère d’espoir de comprendre et d’aimer la littérature dite d’avant-garde, je suis ouverte à toutes les possibilités…

Heureusement ces souvenirs n’ont rien de pieux. Les personnages, des nobles belges au début du vingtième siècle sont dépeints souffrant d’une bêtise quasi flaubertienne : le père de Marguerite joueur, dépensier, plein de préjugés, les oncles Octave et Théobald aristocrates désoeuvrés et faibles ne faisant rien de leur vie…la redoutable belle-mère Noémi très lâche cependant…

Le grand mystère c’est que, malgré tout, ils ont engendré marguerite…

J’ai lu le premier chapitre «  L’accouchement » ; c’est vivant d’une lecture agréable et avec un arrière-plan ironique teinté de mélancolie. Les derniers jours de vie de la mère sont rapportés sobrement par le compte rendu d’une feuille de température tenue par le mari de Fernande. Ces notations sont plus pathétiques que n’importe quel témoignage d’affliction.

 

    Plus loin, elle évoque ses ascendants et surtout Fernande, sa mère, dont elle tente de reconstituer le caractère et les états d’esprit à travers les étapes de son existence qu’elle reconstitue. Comme toutes les filles, elle cherche éperdument un témoignage que sa mère a eu son idylle avant d’être prise dans le carcan du mariage et compose la scène : «  … leurs audaces n’allèrent pas très loin, mais fernande du moins a posé sa tête sur l’épaule d’un homme ; elle s’est abandonnée à cette violente douceur qui bouleverse tout l’être. Elle sait désormais que son corps est autre chose qu’une machine à dormir à marcher et à manger, autre chose aussi qu’un mannequin de chair qu’on couvre d’une robe. La suave sauvagerie sylvestre la transporte dans un monde où n’ont plus cours les petites fausses hontes qui la paralysent dans sa pension de famille ». Cette découverte est touchante.

 

Un enfant est né : marguerite ; un autre est mort : pauline.

 

 Armée pour le pire,  j’ai parcouru 

 

« Tous les enfants sauf un » de Philippe Forest 

depuis l’Enfant éternel, que j’avais lu, terrorisée, il y a peu, je mets le nez dans chaque nouveau livre de Forest, même si le propos ne concerne pas le drame qui a eu lieu, comme si je voulais prendre des nouvelles d’amis dans le pétrin.  Même l’essai  «  un roman est-il encore possible ? » paraissait vouloir dire « un enfant (ou « une vie ») est il/elle encore possible ? et je n’avais rien retenu de l’argumentaire ! …impossible de considérer Philippe Forest comme un écrivain, de prendre son style en considération. Non. On vient prendre des nouvelles des suites du drame,  on ne peut se tenir à bonne distance.

Et là encore une fois je me surprends à des considérations qui n’ont rien de littéraires ; va-t-on nous annoncer qu’on a tourné la page qu’il y aura un autre enfant ? Bien que le titre démente entièrement cette possibilité et que, de toute manière, s’il y a un autre livre, c’est qu’il n’y a d’autre enfant que  Pauline l’enfant unique frappée par le mal  dont on nous parle depuis dix ans de telle façon qu’on a l’impression que ça nous est arrivé plus qu’à moitié.

Et l’auteur raconte à nouveau ce malheur d’une façon plus sobre plus ramassée quoique avec tous les détails essentiels que l’on connaissait.

  Il en profite pour dire que le cancer n’est pas une maladie psychosomatique et qualifier d’ignominieuse la théorie de Fritz Zorn qui dans «  Mars » explique son cancer par la névrose, comme si ce cancer était ce que Freud avait nommé en son temps (et qui est peut-être dépassé mais je n’ai pas d’autre mots) une « hystérie de conversion ».  Il prend appui sur les idées de Susan Sontag qui a longtemps lutté contre la maladie. Le hasard existe : la maladie n’a rien de psychosomatique. Eux qui la veulent ainsi cherchent à se protéger  contre  l’absurdité de la maladie ; non seulement elle nous frappe mais elle n’a absolument aucun sens, c’est ce qui la rend insupportable : pour l’humaniser pour donner un sens à ce processus, on l’intègre  aux désirs inconscients  de la personne affectée : c’est moi lui elle qui l’ai voulu…punition ou manifestation des dits désirs par le symptôme.

Rien de scientifique ne vient corroborer ces affirmations.

Il y a du vrai là-dedans ; et pourtant le mal qui affecta  Pauline a frappé fort  à l’âge où les parents songent souvent à une autre naissance. Elle restera une enfant unique, inoubliable, et avoir un autre enfant après elle paraît à ses parents un sacrilège une hérésie, un non-sens, comme si par ce geste on voulait la remplacer.

Il n’est pas question d’être infidèle à son souvenir.


Dans la bibliographie de l’auteur figure aussi «  Erotique du deuil au temps de la mort sèche » de Jean Allouch : ce dernier défend la thèse que  le deuil est inachevable mais non pas qu’il est impossible de changer son fusil d’épaule…

 
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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 22:04
Je ne suis plus amène et confiante comme au début de ma fréquentation du web et de ma recherche de relations par ce biais ; j’ai envoyé des tonnes de contributions ; on les a prises on ne m’a jamais référencée ; j’ai invité une dizaine de personnes sur mon blog une seule réponse condescendante insipide faussement polie qui n’appelait aucune répartie ; j’ai été sur des sites et des forums nombreux mais je tombe toujours sur un petit groupe d’habitués qui admettent les apports de l’extérieur pour montrer qu’ils ont de la fréquentation mais ne veulent pas entrer en relation avec les nouveaux. J’ai écrit parfois à des gens qui tiennent des sites, ai proposé  des échanges de mails …niet  
Le Web est une région inhospitalière, un monstre froid comme disait Nietzsche à propos de l’état.
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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 13:12
 Il y eut quelques intermèdes. Un soir après les cours, nous allâmes au cinéma Nelly et moi assister à la projection d’ «  Un soir… un train » film d’André Delvaux : professeur d’université, Yves Montand , en crise avec ses étudiants et sa femme, s’endort dans un train, se réveille dans le même train mais dans un autre monde, arpente la campagne avoisinante avec des compagnons plus que bizarres rencontre des paysans qui n’en sont pas, entend des langages qu’il ne saisit pas et aussi du silence, prend part à une étrange fête villageoise, danse avec une étrange serveuse … se réveille une nouvelle fois dans le premier train déraillé auprès de sa femme morte. On a utilisé pour ces films l’expression «  réalisme magique », qui servit aussi pour désigner certaines fictions latino-américaines (Alejo Carpentier, Julio Cortázar, Juan Rulfo…) dont je devins également friande bien plus tard. Nelly déclara que c’était un bon film et je m’en étonnais car si je lui reconnaissais du bon sens, de l’intelligence, de l’humour et beaucoup d’habileté, je la supposais dépourvue d’imagination. Je trouve fort étrange aujourd’hui que ce soit ce film là que nous vîmes ensemble et que, pendant cette projection, je n’entendisse pas une seconde le bruit de ses mastications d’habitude incessantes ni les claquements des chewing-gums.
Cependant Nelly n’avait pas sa pareille pour obtenir des renseignements sur les gens, sans les interroger ; Quoiqu’elle dise à l’époque vouloir devenir comédienne, l’espionnage lui aurait convenu. Elle réussit à savoir que je redoublais la seconde, alors que mon âge ne le laissait nullement supposer.
 
   A quelque temps de là, Nelly m’invita à passer quelques jours au sud-ouest de la France : le programme qu’elle me le présenta consistait à prendre le train jusqu’à une certaine ville dont j’ai oublié le nom, puis circuler à vélo pendant la journée et s’arrêter la nuit dans des fermes ou chez des gens de rencontres ; je ne comprenais pas très bien comment nous pourrions être logés pour la nuit dans n’importe quelle maison de rencontre, et n’imaginai pas que ce devaient être des militants, que par conséquent ces vacances prendraient un tour particulier, que nous serions un groupe de vélocipédistes mus par d’ activistes ardeurs . Dans ma grande naïveté, je présumai qu’elle appréciait enfin ma compagnie et souhaitait passer des vacances seule avec moi  créant l’occasion de nouer de vrais liens… ma mère refusa, au motif qu’elle aurait des ennuis à me laisser partir seule, malheureusement cria-t-elle, je suis responsable de toi.
 
 
 Un dimanche hivernal, je partis avec un groupe où se trouvait Nelly et son frère aîné ou son cousin. A Noisy- le- sec,   chacun s’en fut avec une dizaine de gazettes sous le bras et une liste de personnes intéressées chez qui nous devions nous rendre pour leur vendre un exemplaire et expliquer les bienfaits et les avantages de la lutte révolutionnaire telle que l’entendait L.O. Je n’avais jamais encore arpenté une ville de HLM de ce type là : ces blocs de béton semblaient endormis ou figés, aucun magasin n’était en vue, personne ne marchait dans les rues. Fuyant les ascenseurs en forme de boîte, je dus gravir un escalier jusqu’au dixième au moins. Le sympathisant voulait acheter L.O. mais pas avant d’avoir discuté ; toute sa petite famille était réunie devant la télé. Je me sauvai et ne trouvai nul courage pour affronter d’autres escaliers et adeptes ; plusieurs journaux furent déposés dans une poubelle et j’en gardais deux ou trois pour prétendre n’avoir pas trouvé les personnes à qui ils étaient destinés. Quant aux   exemplaires jetés, je dus les déclarer vendus et les payer de ma poche.
 Je décidais alors de cesser cette coûteuse activité qui ne m’avait pas permis de me faire des amis. On n’avait le droit de parler que de politique. Si l’on partait en vacances ce serait en groupe et j’y craignais une espèce de scoutisme.
 
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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 13:08
 
  On me donna un rendez-vous à la Coupole et l’on m’enjoignit de lire «  Germinal » pendant la semaine et de revenir en disant mes impressions, de réfléchir si j’étais toujours d’accord.

Je ne pus me décider à faire cette lecture ; une semaine plus tard j’avais lu  « Thérèse Raquin » mais pas Germinal. Je n’en dis rien et fit quelques vagues commentaires sur ce que j’étais censée avoir lu. J’aurais préféré parler des deux unions conjugales désastreuses que Thérèse est contrainte de subir, des cadavres de noyés examinés par Laurent, du chat et des fantômes etc. l’eus-je fait, je doute qu’un échange de propos plus intéressant aurait pu avoir lieu.

 On m’estima bonne pour le service. Il fallait s’abonner à «  Lutte ouvrière » et payer une cotisation ; je recevais 10 F par semaine, fumais 1 paquet de gauloises par jour, achetais 1 livre et 1 place de cinéma par semaine, sans compter les innombrables consommations dans les cafés du coin avec des « copains » bavards et fuyants de qui j’espérais apprendre car, de mon point de vue, ils connaissaient la vie.

Le soir, j’étais contrainte de vendre le journal à la criée gare Saint-Lazare en compagnie de Nelly. Je ne réussissais pas à prononcer la phrase rituelle:

«  Demandez L.O., hebdomadaire communiste révolutionnaire ! »

 D’autant plus que ce journal, je ne parvenais pas à le lire. J’en parquais les exemplaires dans le tiroir de ma commode ; ma mère les trouvait et feignait l’effroi.
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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 15:40

Des albums de Lucky Luke, traînent sur le pavé, dans le passage pour piétons. Je les ramasse me disant qu'ils sont en très bon état et que j'en tirerai un bon prix. J'entre précipitamment dans la galerie marchande, personne ne m'a vue ; après un long périple dans ce couloir illuminé de guirlandes, je suis enfin chez moi : mais c'est déconcertant, il s'y trouve une animation peu coutumière, et un groupe d'enfants bruyants. Serait-ce l'anniversaire de ma fille ? Je suis en retard et je ne savais rien... Je n'ai pas cuisiné de gâteau, tu es mauvaise mère, fous le camp !

   C'est mauvais pour moi, je forme le projet de ressortir pour effectuer cette vente de BD. qui me donnera un peu d'argent de poche.   

     Arrivée à la fête foraine où l'on doit attendre devant un stand que des curieux s'intéressent à notre camelote, je rencontre ma mère, qui me retient par un bras. Sa voix est grave et mesurée, on ne dirait pas ma mère  qui d'ordinaire s'exclame bruyamment ou chuchote de façon obscène quelque soit son propos!

 Je suis séduite par cette nouvelle voix, je prête l'oreille. 

« Veux-tu savoir comment Philippe est venu parmi nous ? Veux-tu savoir comment il est né ? »

Toujours complaisante à l'égard des élucubrations de ma mère, espérant encore y puiser des renseignements valables pour reconstituer mon histoire personnelle, je m'en vais pour approuver mais elle ne m 'en laisse pas le temps et  me  montre un vieux carnet de format moyen à couverture grisâtre et empoussiérée. Aux pages jaunies à outrance. Tellement jaunies que je me demande si  on n'a pas uriné là-dessus. A vrai dire, ça ressemble à sa vieille Bible. Je n'ose pas le lui dire...

 Chouette ! Le carnet a disparu.

 

 


Cinéma!

 C'est un vieux film, les images sont approximatives, on dirait le ciné-club du lycée ;  on montre une fête villageoise ; cela ressemble à  La Rosière de Pessac, Trois filles sont désignées  comme les Parques les Moires ou les gagnantes de je ne sais quel  tirage.


 J'ai joué dans ce spectacle, je me reconnais avec des filles de l'école,  j'ignorais qu'on nous avait filmées...

C'était il y a longtemps. Nous avions des chapeaux et des robes blanches. La troisième c'était moi. Un gamin  de dix ans s'avance pour annoncer la nouvelle que tout le monde chuchote : Une des ces filles a gagné... un bébé. Aussitôt je sais que c'est moi. Les concours de beauté ? Jamais ! Un bébé ? Possible !  Le gosse monte sur une  estrade, criant le nom du cadeau « Vingt mille lieues sous les mers ! ». Puis il  ajoute  «  c'est un bébé ».

On me met le bébé dans les bras, il est à moi,  c'est  mon frère. Un instant plus tard je suis vide du fardeau ! Ma mère l'a pris; elle est bien bonne de prendre un enfant de plus. Il y avait plusieurs bébés à gagner mais pour aujourd'hui c'est fini.

Le carnet répugnant, se manifeste à nouveau, c'est un agenda. Je regarde la date des événements du film: 26 juin 1956. « Philippe allait avoir deux mois, me dis-je en comptant mentalement ; alors c'est que Philippe n'est pas mon frère ! car j'avais trois ans à cette date, et dans le film je suis beaucoup plus âgée ». Je suis heureuse de cette découverte. Je reprends mes albums de Lucky Luke, je contemple sa démarche en arceaux.

" Tu viens Jolly Jumper?"

C'est à moi que l'on s'adresse?

Il est temps de les vendre ces albums...

  Tout en les  triant par ordre alphabétique  de titres, je pense : Ai-je vraiment pris le bébé, un instant ?

 Tout cela n'est pas vrai : mon frère est mon frère est mon frère.  C'est ma triste réalité.  Lui Abel, moi Cahine pas câline. 


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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 09:24
Je me sens ridicule. La raison pour laquelle aucune copine n’est jamais venue à la maison m’apparaît dans toute sa flagrance.

Dans ma chambre, Nelly ne regarde ni les livres ni les disques, elle s’installe à côté de mon bureau, le dos à la fenêtre, ouvre  son album de bandes dessinées, et me donne à faire des exercices d’anglais qu’elle a sélectionnés dans le manuel. Je me dis que c’est à moi de l’intéresser à mes pénates, mais rien ne vient la distraire de sa BD.

Ma mère entre avec une table roulante à deux plateaux sur lesquels sont présentés un kugelhof et  un quatre-quarts, deux types de gâteaux qu’elle a coutume de confectionner, deux pots de confiture, une carafe de jus d’orange ; Nelly s’écrie aussitôt qu’elle n’en prendra pas, secouant vivement la tête, même pas ironique, on sent que son honneur est en jeu.
Je me vois obligée de refuser à mon tour, espérant sauver quelque chose de la relation amicale que je souhaite entretenir avec Nelly. Rien ne sera sauvé, et de plus, ma mère qui ne m’a jamais été très favorable, se voyant refuser la seule chose qu’elle sait encore me donner (de la nourriture), se vengera plus tard par des persécutions de plus en plus impitoyables.
Peu après, Nelly décide de s’en aller, je la raccompagne au métro pour retarder le tête-à –tête avec ma mère, et je comprends qu’elle faisait une enquête sur la famille, pour le compte de «  Lutte Ouvrière ». L’aurais-je saisi clairement que j’aurais refusé, mais la visite de Nelly à la maison, je préférais la percevoir comme une étape propice à une future relation amicale.
Toutefois Nelly me fait part d’une observation personnelle : ce vieux monsieur qu’elle a aperçu dans le séjour ne peut être mon père, il n’est sûrement pas ingénieur, et elle ne l’imagine même pas en train d’occuper une fonction salariée ; il est beaucoup trop âgé pour tout cela. «  Il ne faut pas croire tout ce qu’on te raconte » me dit-elle, et elle me livre son hypothèse : ce serait un vieux monsieur isolé qui aurait accepté de partager sa pension de retraite avec ta mère et ses enfants en échange d’une vie familiale. « Il ne fait pas forcément partie de la famille ; il faut te renseigner. »
Jamais je n’ai osé imaginer une pareille chose, mais cela  a tout l’air d’une parole vraie ; à compter de ce jour je n’appellerais plus cet homme que « mon beau-père » à part moi ; à tel point que sur-le champ, j’oublie comment j’ai pu le tenir pour mon père, l’appeler papa. Ce souvenir restera occulté.
A Nelly, je demande ce qu’il en est de son père à elle. Elle répond qu’il est mort sans plus de commentaire et je comprends qu’elle n’admettra aucune question.
Seule une amie pouvait me livrer des considérations aussi pertinentes et honnêtes sur ma prétendue parenté ; cependant je n’étais rien pour elle... 
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