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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 21:04
Texte de 1956. Rivages ( Mystère).

Suite à un conflit avec sa femme ( il se croit trop vieux pour elle) Il a  mélangé  un poison mortel à de l'huile d'olive dans une petite bouteille en vue de mettre fin à ses jours.
  Mais,  ne pouvant se résoudre à accomplir le geste fatal  chez lui, il sort, commence une journée apparemment normale, dans l'attente du meilleur moment pour s'envoyer dans l'autre monde sans trop de regrets.
 Il hésite, retourne le problème dans sa tête, cogite abondamment. Le temps passe, il est de retour à la maison et n'a plus envie de se suicider.
Tant mieux !
Mais la bouteille, qu'est -t-elle devenue ? Où a t'il pu l'oublier ? Dans le supposé dernier bus qu'il  a pris ? Dans le magasin, où il fit ses ultimes courses ? ...
Une bande de joyeux villageois, un auxiliaire de police, le héros lui-même, partent à la recherche de  la bouteille  dans toute la ville et ses alentours, se perdent en bavardages,  et en sentences diverses. 
Une course-poursuite qui ne manque pas de comique.
   

 
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 21:57

Liana Lévi, 2008.( 2007 pour la parution en anglais «  The Mao Case ») 315 pages.

Une enquête de l'inspecteur Chen Cao, la première pour moi.

Fin lettré, poète, ce policier pourrait faire penser au surintendant  Dalgliesh, qui, dans les romans de PD James lit et compose également des vers (mais sans citer les siens).

Fausse piste ! Car nous sommes en Chine, de nos jours, et le policier poète est mandé par le ministre de la Sécurité Intérieure, Huang, pour enquêter sur Jiao, une jeune fille dont la grand-mère fut une concubine du Grand Timonier. Le train de vie de la jeune fille, autrefois modeste standardiste, s'est subitement amélioré et on la soupçonne de se faire entretenir par un Gros-Sous et de posséder des documents compromettants sur  Mao et sa grand-mère.

Travailler pour le Parti ne plaît guère à Chen, mais il ne peut s'y soustraire. Le voilà donc à fréquenter un vieux monsieur Xie, survivant de la Révolution culturelle, qui donne des bals démodés pour les « vieilles lunes » et enseigne la peinture à de jolies jeunes filles, dont Jiao, dans son manoir de Changaï. Chen se fait passer sans mal pour un écrivain.

L'enquête policière est prétexte à nous donner un aperçu des contradictions politiques et culturelles en milieu urbain. Nous vivons une époque où Mao est de nouveau à l'honneur. Ses poèmes, sentences, sa vie privée, son action politique, les exactions qu'il commit, notamment envers les femmes,  hantent le livre. Les personnes qu'interroge Chen, vont chacun à leur manière témoigne de cette époque troublée. Anciens gardes rouges repentis ou non, victimes diverses de la Révolution culturelle, nouveaux riches maoïsés, tous livrent des témoignages accablants...l'évocation est complexe, où se télescopent  l'histoire de la Chine ancienne, celle de Mao, et le contexte actuel où le fossé entre classes sociales se creuse tous les jours davantage.

C'est un texte riche,  réaliste et poétique à la fois, qui  recèle une mine d'informations sur certains milieux sociaux actuels en Chine.

Et pour ne rien gâter, on apprend beaucoup sur  la cuisine chinoise : l'inspecteur Chen  mène ses interrogatoires au restaurant de la simple gargote au restaurant impérial à Pékin, en passant par tous les salons de thé imaginables, les petites bouffes à la maison, les casse-croûte en train. Vous aurez envie de déguster « un œuf de cent ans », une tête de carpe fumée, un poisson vivant des mers du Centre et du Sud au gingembre et ciboule, des tranches de canard frites à l'ail vert...




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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 23:54

Viviane Hamy (Chemins nocturnes), 2008.


Le commissaire Adamsberg, surnommé le «  pelleteur de nuages »,  cherche un tueur qui morcèle les corps.


On a trouvé dix-sept pieds coupés et chaussés devant le cimetière de Highgate. Puis à Garches, en France, un vieil original dont le cadavre est explosé dans sa salle de séjour,  selon une logique difficile à cerner.


Grâce à l'érudition et aux souvenirs d'enfance  de son inspecteur, Danglard, et aux intuitions géniales mais capricieuses du policier,  l'enquête s'oriente vers les vampires. Adamsberg  se hâte vers Kisilova, un petit village de Serbie,  « berceau » (si l'on ose dire...)  de ces créatures de la nuit, dont le tombeau est le refuge par excellence...

Le commissaire est d'autant plus fasciné par les morts-vivants, qu'il se révèle apte à donner la vie, et à mettre au monde...


Outre l'assassin, Adamsberg doit se méfier de l'un des siens, mais il rencontre quantité d'alliés à priori sympathiques : le  jardinier du défunt, Emile, violent mais pacifique, son ostéopathe qui redresse les os et les torts, un chien dévoué, un jeune traducteur  exubérant, une aubergiste pleine de charme qui lui donne le goût des langues slaves...


Ça se lit comme un conte de fée pour adultes...

Lisez des avis enthousiastes :

actu du noir( Jean-Marc Laherrère)

 

 

les routes de l'imaginaire( Cathe)

 

Un avis négatif :

Arc et ciel

 

Et faites votre choix.

 

 


 

 


 


 






 
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:20

Editions Fayard 2001

L'auteur,  Ed Mc Bain, une référence dans le domaine du polar,  a commandé trois « novellas »  (plus longues que des nouvelles, et plus courts que des romans, soit de 70 à cent ou cent vingt pages environ) à des romanciers reconnus.


Des billets sur la planche

Le premier texte est de Westlake et c'est une aventure de Dortmunder. Ce dernier et son complice Kelp acceptent d'aider Querk,  employé d'imprimerie, à fabriquer des billets de banque pour un petit pays d'Amérique latine. Pendant la fermeture de l'usine, ils en émettront un certain nombre et devront ensuite se rendre dans ce pays les échanger contre des dollars... mais  Kelp et Dordmunder se méfient de l'amie de  Querk qui tient une agence de voyage...


Otages

Le deuxième opus est d'Anne Perry. En Irlande du nord la famille d'un pasteur intransigeant se trouve prise en otage par un groupe catholique qui veut faire prendre au pasteur Connel sa retraite pour le remplacer par un modéré. Le pasteur ne veut pas céder même si ces messieurs sont armés et sa famille en danger. C'est Bridget,  jusque là épouse soumise et vouée aux rôles subalternes, qui  va créer une stratégie de survie...


La princesse Maïs : une histoire d'amour.


De Joyce-Carol Oates, qui a excellé aussi bien dans le roman psychologique que dans le polar.

Passionnée par les psychopathes, elle met ici en scène Jude Trahern, élève de 4eme d'un collège privé. La gamine vit avec sa grand-mère, malmenée par l'âge, incapable de l'élever. Avec deux copines qui se trouvent laides, elle a tenté sans succès de plaire au jeune professeur d'informatique.

Toutes trois  échafaudent un plan terrible : kidnapper  Marissa une élève de sixième un peu farouche et mal adaptée, qui possède de magnifiques cheveux blonds très clairs, en l'entraînant chez elle, sous le prétexte de lui offrir une bière dans laquelle elles ont mis de la drogue.

                                         « Bandes de cons !

Quoipourquoi mais ses cheveux pardi voilà pourquoi.

Non mais ces cheveux ! Et bon moi comme je les ai vus au soleil ils sont blonds doré pâle comme des soies de maïs le soleil y allumerait presque des étincelles. Et ses yeux qui me souriaient  avec comme de la nervosité et de l'espoir l'air de ne pas savoir ( mais qui pourrait savoir ?) quel vœu Jude a fait. Car je suis Jude l'Obscure, je suis la maîtresse des regards. »


Marissa est ensuite enfermée dans la cave ;  Jude veut procéder au sacrifice de la fillette pré pubère, semblable à ceux qu'accomplissaient les Iroquois pour demander au dieu de bonnes récoltes de maïs.

L'auteur nous montre des victimes qui s'attaquent à d'autres victimes : Jude Trahern et ses amies ont un physique ingrat, se sentent abandonnées par leurs familles. Leur souffre-douleur, marginale aussi, vit seule avec sa mère, dans un cocon. Toutes sont en échec scolaire.

Le seul avantage de Marissa, aux yeux de Jude, sont ses « magnifiques cheveux » et sa mère qui s'occupe d'elle jusqu'à la couver.  

Les adultes pâtissant aussi de la vengeance des fillettes (la mère de Marissa, et le jeune professeur d'informatique)  sont également fragiles,  et mal intégrés dans la société.


La construction est habile : on entend des monologues  en « j e » et en « il », les voix des  différents personnages alternant entre elles, semés de  rapports de dossiers psychologiques sur la fillette ( dont les résultats se contredisent), de coupures de journaux relatant la disparition et l'enquête, au final une utilisation judicieuse de différents procédés narratifs.  


Cette dernière histoire est fort réussie,  le portrait de la psychopathe intéressant ainsi que le suspense bien conduit. Voilà une novella qui devrait être éditée à part.


En tous cas j'ai bien l'intention de lire les quatre volumes de «  Transgressions »...


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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:10

Métailié-Noir, 2006, 192 pages.

Silvano reçoit une demande en grâce de la part de Raffaello, incarcéré à perpétuité, par l'entremise d'un avocat et de charitables  visiteuses de prisons.

Quinze ans plus tôt, Raffaello a braqué une bijouterie avec un complice. Drogué, et interpellé par les flics il a tué la femme et l'enfant de Silvano que tous deux avaient pris en otage...

A présent Raffaello est malade et pourrait bénéficier d'une suspension de peine.

Silvano n'a en tête depuis quinze ans que Clara sa femme, qui, à l'instant de mourir lui communiquait sa détresse «  tout est noir, je ne vois plus rien, Silvano, j'ai peur... »une phrase qui se répète comme un leitmotiv.  


A l'aide d'une narration alternée, nous suivons  le développement du conflit entre les deux hommes, tantôt dans les pensées et le récit de Raffaello tantôt de Silvano. Tous deux souffrent...et agissent.

Le suspense est bien mené, le récit enlevé, sans ornements.

Certaines choses sonnent faux : la façon de parler du délinquant, à mon avis trop saturée de gros mots  et de vulgarités faciles, pour imiter le parler « taulard ».

«  Putain, j'arrive pas y croire. Quand le type des achats s'est pointé avec ses journauxet qu'il m'a dit : «  Y'a une lettre de Contin pour toi, je pensais qu'il se foutait de ma gueule et j'avais déjà pensé à lui en faire passer l'envie en lui tailladant la tronche aux douches. Mais c'était vrai. Putains, de fêlé de Contin a pondu une belle petite lettre bien nickel ».


 Peut-être est-ce juste et bien documenté, mais c'est un peu forcé.


 Raffaello devient sur la fin, bandit au grand cœur, issue pas invraisemblable, mais ici un peu débordante de bons sentiments.


Ces défauts n'empêchent pas de suivre l'action avec intérêt ; la construction est bonne.


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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 10:56

Gallimard (la noire) 1977.

Sous le nom d'Aimée Joubert, Mélanie Horst, tueuse sans gages, qui ne s'autorise que d'elle-même,  assassine méthodiquement  les hommes «  les gros cons » de Bléville (capitale du fric) et des environs. Des bourgeois bien sûr, petits et grands de toutes les professions,  mais aussi un noble, le baron Jules qu'elle aurait voulu épargner.  Puis,  le drame : une autre femme Sonia, lui fait la peau parce qu'elle a estourbi son mec, et se fait justice.

Les deux agonisantes se réconcilient.

Aimée mesurait 1mètre 61 pour  46 kg.

Je le confesse, non sans honte : c'est surtout ça que je lui trouvais d'admirable. Pour le reste, ce roman est un peu facile et pas très surprenant, quoique bien écrit. Très inférieur au Petit bleu !

Jean Echenoz a signé la postface. On remarquera  que Ravel (dans le roman « Ravel »  que j'avais commenté, je viens de relire mon article, il ne m'a pas ennuyée...) a des mensurations pratiquement égales à celles d'Aimée Joubert !

Cette intertextualité m'impressionne.

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 23:51

 

Gallimard (Noire), 1976.184 pages.

 

Le titre original  fait signe aux polars américains ( côte Ouest, bleu = blues) que Manchette appréciait ceux de Chandler en particulier.

Georges Gerfaut cadre commercial, femme, enfants, existence sans surprise,  s'apprête à partir en vacances en famille à St -George-de-Didonne, comme tous les ans.

Il a coutume de rouler sur le périphérique de nuit, enivré au whisky, en écoutant du jazz ; c'est même son loisir favori. Une nuit, il porte secours à un automobiliste qui vient d'avoir  un accident grave. Il le laisse à l'hôpital...

Bientôt il se rend compte que deux tueurs veulent le liquider...

Georges Gerfaut qui n'a jamais eu affaire à la délinquance, ni même tenu une arme, doit se défendre contre des tueurs  professionnels. Il leur résiste, et parvient à les anéantir, ainsi que leur chef, escroc notoire, et même à se trouver un complice. Pour eux il n'est que » l'imbécile » qui doit être éliminé, pour avoir été en relation avec le type qu'ils poursuivaient, et que Georges a cru victime d'un accident de voiture...

Gerfaut devrait être un héros. Mais la façon d'écrire ironique, distanciée, sèche,  imitée des polars « hard-boiled », donne de la saveur de l'intelligence, et du réalisme au  récit. On prend plaisir au style de Manchette autant et plus qu'au contenu du roman.

L'auteur est un maître de la  description : introduction de la femme de Gerfaut :

-C‘est idiot, c'est une histoire de fou, dit Béa.

Béa : Béatrice Gerfaut, née Changarnier, des origines catholiques et protestantes, bordelaises et alsaciennes, bourgeoises et bourgeoises ; exerçant la profession d'attachée de presse free lance après avoir enseigné les techniques audiovisuelles à l'université de Vincennes et tenu une épicerie diététique à Sèvres...femme -jument superbe et horrible »

la description d'autant plus intéressantes qu'elle ne sert à rien pour l'action ni la compréhension,  la femme en question n'ayant qu'un rôle extrêmement mineur. On y retrouve la misogynie des romanciers de la série noire, que l'on veut bien endurer tant qu'elle nous amuse.

Manchette joue avec les noms et les apparences Béa (béat) grande femme brune solidement charpentée, Gerfaut ( nom d'un faucon) blond  plus petit et sans carrure spéciale, qui changerai de nom pour Sorel ( parodie  du roman de formation).

Il joue aussi avec les contradictions de la pensée:
«  je ne t'aime pas, dit-il à Alphonsine. Je ne t'aime pas. Tu es très belle, mais tu es une personne de qualité moyenne. Tu me plais beaucoup ».

Les deux tueurs sont naïfs,  sympathiques,un peu ridicules( leurs dialogues de braves types qui parlent simplement de choses et d'autres... la façon dont Carlo fait le deuil de son ami : il lit une ode à Spiderman, profère des imprécations de vengeance, suivies d'un peu de latin de pages roses...) 

l'un d'eux est «  le type aux dents de cheval » l'autre c'est «  l'homme aux mèches livides ». Ils n'ont rien de commun avec les  forfaits qu'ils accomplissent.

Les milieus sociaux décrits témoignent que rien n'a vraiment changé depuis trente deux ans dans le domaine de l'immigration : "les bûcherons portugais étaient huit...ils séjournaient illégalement en France,n'avaient aucune sorte de sécurité sociale et touchaient un peu plus de la moitié du SMIC pour un travail de soixante à soixante-dix heures par semaine..."

Celui-ci possède un prélude et une fin qui se rejoignent montrant pour l'éternité un homme qui roule sur le Périphérique grisé de musique et d'alcool, qui a peut-être rêvé ce qui lui est arrivé...



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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 19:00
Ken Bruen : Le Martyre des Magdalènes Gallimard ( noire), 2006.9782070305209.gif
(une enquête de Jack Taylor) .
   Après un prologue désespérément sadique, où une jeune femme récemment dépossédée de ce qu’elle avait de plus cher, et qui  nettoie, en larmes,   le sol  d’une buanderie,  se fait  attaquer  par une nonne armée d’un rosaire…
 
Jack Taylor entre en scène à la première personne du singulier. Plus déprimé que ce flic là vous aurez peine à en dénicher un. A ses côtés, le Philip Marlowe de Chandler, qui écluse tout autant,  l’inspecteur Melchior de Demouzon, le Kurt Wallander de Mankell, et même l' Erlendur d'Indridason, font figure de  joyeux lurons.

Toutes les semaines, Jack atterrit à l’hôpital ivre-mort et ce doit être la dernière fois ( qui se prolonge). Les jours ordinaires, il " mange seul, boit seul, renaît seul »et relit l’essai d’Alvarez sur le suicide «  j’étais arrivé au chapitre où il exposait sa propre tentative, avortée. S’il y avait une chose de moi (que) je ne voulais pas foirer c’était ça. » .

Jack est  PS. ça veut dire "prétendant au suicide".

On  ne sait trop s’il voudrait trouver le moyen d’en finir au plus vite, ou s’il cherche de l’aide. En tout cas il est dans une phase aiguë qui doit durer trois semaines, et se chuchote des prédictions «  je serais mort à Noël » «  je ne verrai pas l’été » ( mais Léthé seulement).
 Cherche un appui auprès des gardes-barrières.
Si vous êtes garde-barrière, faites quelque chose pour Jack Taylor  !
 

Il est de Galway  et l'on pense à cette jeune femme dans «  Les Morts » qui évoquait le souvenir de son premier amour ( mort jeune), à l'occasion d' une  fête familiale  sinistre ( le jeune homme était originaire de cette ville d'Irlande. Peut-être Jack est -il la réincarnation de ce Michael Furey?)

 

Je la lui prêterais bien, à Jack, la seringue qui trône depuis longtemps au-dessus du four à micro-onde dans ma cuisine à côté d’une bouteille thermos et d’un bougeoir (nul ne sait pourquoi  ces objets s’obstinent à rester là) , mais je ne sais s’il le veut vraiment.
S'il n'en veut pas je saurai quoi en faire.
A force de nager dans la blogosphère, c'est à dire l'" universel reportage " où, blalblabla, on s'autopromotionne, on bling-blingue à souhait...

Et l’enquête dans tout ça ?
Eh bien Jack est contacté par Bill, un pote dont la mère était une « Maggie », une fille- mère placée dans la terrible blanchisserie des Magdalènes ; elle n’a dû son salut qu’à Rita Monroe qui lui a permis de s’enfuir.

Retrouve Rita Monroe, Jack!
C'est pas gagné ... Jack  se sent incapable de mener une véritable enquête. En  revanche, il bouquine, et le roman est truffé de citations qui nous impressionnent grave mais n'aideront pas les victimes à s'affranchir des assassins.
 

 
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 09:57

(A Fatal Inversion, 1988) in « Œuvres » traduction  Frédéric Nathan, 1992 Laffont ( Bouquins), 246 pages.


Depuis le « Jeune homme et la mort » en mars, je relis Rendell avec plaisir quand le roman n'excède pas 250 pages en français.

Au-delà, il y a un délayage parfois pénible...qui m'avait fait trouver pesant  le Journal D'Asta et la Maison de la mort.

Rien de tel dans l'Eté de Trapellune, roman de mœurs et psychologique intelligent, et thriller vigoureusement mené.

 L'Eté de Trapellune (Mot français fabriqué je suppose pour faire une anagramme de Nulle part) fait référence à un lieu tenu secret ainsi qu'à l'été 1976, célèbre pour ses températures exceptionnellement clémentes dès le printemps. A Nunes petit village du Suffolk, règne la canicule. C'est par un jour de juin riant qu'Adam, 19 ans, étudiant en linguistique,  découvre le manoir de son grand-oncle et ses dix hectares de terrain boisés avec lac verger, prairies... Le vieil homme, à présent décédé, l'a rendu seul héritier, pour se moquer de son père qui lui léchait les bottes depuis des lustres, en vue d'obtenir ce legs.

Adam s'installe dans ses murs avec son ami Rufus étudiant en médecine. Bientôt d'autres jeunes gens viennent se joindre à eux, l'une veut fonder une communauté, d'autres y squattent  sans but réel, des couples se forment, des conflits éclatent de personnes,de classe sociale et d'ethnies. Ces vacances vont tourner au drame...

Dix ans plus tard, les nouveaux propriétaires de Wyni Hall, qui veulent enterrer leur chien dans le cimetière d'animaux de la propriété, y trouvent des ossements humains. Une enquête policière commence.

 Les souvenirs affluent chez  Adam, Rufus et Shiva qui, chacun de leur côté, ont survécu tant bien que mal au fatal été...

En alternant les points de vue de ces trois personnages dont l'existence est  envahie de plus en plus par le passé et qui mêlent leurs voix en un crescendo affolant.

 

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 23:04

1985. 230 pages.

In Œuvres Lafont (Bouquins) 1992.

Ce roman comme le précédent,  traite de l'enlèvement d'enfant par une femme qui vient de perdre le sien. Ce thème est récurrent chez Ruth Rendell. Le Journal d'Asta qui est le roman le plus ambitieux sur ce sujet, pèche par sa longueur. Ces ceux-là sont fort bons, pour les mateurs du genre...

Romancière à succès, Brigitt  est aussi mère célibataire assumée de James un petite garçon de deux ans. Le père a été choisi parce qu'il était séduisant mais il n'a pas les qualités requises par la jeune femme pour une cohabitation conjugale. L'auteur du best-seller«  les liens du mariage »  doit en savoir quelque chose !

Cependant Brigitte doit  faire face à la visite de sa mère, Mopsa, perturbée mentalement depuis toujours, et à la perte subite de James.

La mère est terrorisée par un objet qui se trouve dans la salle d'hôpital des enfants que James a à peine eu le temps de fréquenter : l'arbre à mains. Cet arbre réalisé en carton a de multiples branches desquelles pendent des mains accrochées en papier découpé, faisant des gestes courant, comme le montrer du doigt, la jonction en signe de prière, etc.

Cet arbre à mains, qui fait l'objet du titre anglais, la jeune femme va le retrouver en plusieurs occurrences, et même en fabriquer un...

Terrassée par le chagrin, Brigitte reste alitée longtemps, jusqu'au jour où elle s'aperçoit que  sa mère a amené un autre petit garçon dans la maison...


L'intrigue est assez complexe mais suffisamment resserrée pour ne pas lasser. L'opposition entre la mère bourgeoise attentionnée aimante, culpabilisée, et la mère prolétaire, aux nombreux amants, qui ne sait quoi faire de sa progéniture est sans doute convenue, sauf que les deux femmes ont été également persécutées dans leur enfance, et que les hommes qu'elles rencontrent, même bien intentionnés, ne font que les gêner... quand ce n'est pas pire. Il y a aussi une histoire humoristique, celle d'un gigolo angoissé, qui cherche à vendre la propriété de sa vieille maîtresse...




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