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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 17:54

Vox-copie-1.jpg   Publié chez Viviane Hamy.

 

 Le serial killer, un être que l’on connaît par cœur, mais l’on suit bien volontiers les péripéties.

Celui-là est hanté par certains timbres de voix féminines profondes et chantantes.

Il les assassine, persuadé de les retrouver dans une autre vie parfaite où la mort n’existera plus.

 Le domaine exploré est celui des neurosciences qui ont tourné la tête au pauvre type comme à plein de gens qui imaginent la victoire prochaine et la pureté sans faille des machines qui vont remplacer les hommes….


Nous, le lecteur, assistons à la mise à mort de la troisième victime, une présentatrice de télé, Isabelle, qui animait des émissions culturelles bavardes et creuses.

Elle avait des amis intimes : un comédien atypique, une autre animatrice de spectacles…tous complètement éplorés à première vue.

Et que penser du journaliste malade d’amour et saoul tous le jour, du profileur à l’esprit tordu…


Martine, une fliquesse émérite, se trouve posséder le type de voix qui plaît au tueur. Elle accepte de servir d’appât, en échange, elle changerait de poste pour un travail plus intéressant.

Mais l’inspecteur chargé de l’enquête, la soupçonne de celer un passé chargé et trouble dont elle devrait parler pour éclaircir la situation.

 
Un petit polar  nerveux, bien construit,  qui se lit sans ennui.
 
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 14:08


Mikaël Blomkvist a rencontré un couple de chercheurs, Doug et Mia Svensson, qui écrivent sur le commerce du sexe dans la Suède contemporaine, révélant des faits de délinquance dans les sphères les plus hautes de la société. Un ouvrage "explosif "doit bientôt paraître. 

Pendant ce temps Lisbeth Salander est aux prises avec son tuteur Bjurman, pervers notoire lui aussi.

Amoureuse de Mickaël Bloomkvist, Lisbeth se tient à l'écart de lui, convaincue qu' il ne partage pas ses sentiments. 


Mais leurs chemins semblent devoir se croiser de nouveau, à l’occasion  de  crimes en série...


 Larsson-Stieg.jpg

Ce roman est, plus encore que le premier,  basé sur la personne de Lisbeth qui est au centre de l’action et de l’intrigue.  Ce que l'on apprend du passé de l'héroïne ,et son  identification revendiquée à Fifi Brin d’Acier, peuvent la rendre plus attrayante à certains lecteurs.


A mon avis, ces éléments banalisent Lisbeth, dont la silhouette encore elliptique, dans le tome 1, me plaisait bien.

Ils  la banalisent, paradoxalement, en révélant des faits qui la consacrent héroïne au sens fort du mot. J'aurais  préféré un personnage plus humain. Ici l’on frise la caricature.

De plus, l’accumulation d’intrigues complexes,  servant à  multiplier les exploits de Lisbeth et de ses comparses, finit par lasser.

Les scènes de perversion et de cruauté sont  longues et détaillées, elle procurent un sentiment de malaise ( pourquoi insister inutilement lorsque ce n’est pas utile à l’intrigue ?), et  génèrent davantage l'ennui que la révolte. En un mot c'est trop " gore" pour mon goût. 

C'est pour les mêmes raisons que je me suis lassée de Thierry Jonquet, et n'ai pu lire Dantec.


Le nombre des enquêteurs et des héros se multiplie lui aussi, délayant l’action et amoindrissant son efficacité. le poids politique et la critique sociale s’en trouvent affadis ,noyés au milieu d’un océan d’intrigues. Nous aimons bien que Doug Svensson enquête sur le commerce du sexe, mais rien que l’exposé de sa thèse croule sous les petits détails ennuyeux.


Le message du roman se trouve  assez sottement manichéen :Lisbeth va tuer tous les méchants et ne résistera à personne sauf à son bien aimé !!

La montagne accouche d’une souris.

L’auteur en fait trop à tous les points de vue.  Il y a peu de chance que je lise le tome 3.   

 
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 16:01
Perez-Reverte-Club-Dumas.jpgArturo Perez-Reverte 
Club Dumas ou l’ombre de Richelieu, 1ère édition, 1993.
Livre de poche.
 

Né à Carthagène en 1951, Arturo Perez-reverte a été journaliste de presse, de radio, et de TV.

 

Il est l’auteur d’un de mes romans préférés dans le genre « policier »

 

Il a cherché à faire un polar  très documenté,voire érudit : c’est devenu courant, ça l’était moins en 1993...


Le contenu  porte sur trois domaines : la bibliologie du livre ancien, l’histoire de la magie noire, et la littérature française de cape et d’épée, dont Alexandre Dumas est le meilleur représentant.

 

Boris Balkan, narrateur, qui intervient plusieurs fois en son nom propre à des moments stratégiques de l’histoire, s’occupe de littérature française, spécialement de Dumas.

Il nous raconte avoir reçu la visite de Lucas Corso, bibliophile espagnol «  mercenaire », chasseur de livres à gages, et alcoolique. Boris a éprouvé à son égard une sympathie complice.

Lucas avait entre les mains un exemplaire donné pour authentique d’une feuille d’un chapitre des «  Trois mousquetaires » intitulé «  Le Vin d’Anjou »

Da Ponte, un libraire de ses amis, le lui avait confié pour qu’il le fasse examiner par un spécialiste de Dumas.


Boris ne l’achète pas. Il faut que Lucas  recherche le reste du chapitre.


On apprend que Corso est client de Varo Borjas, collectionneur de magie noire à Madrid. Borjas lui a remis le Livre des neufs portes du royaume des ombres, un ouvrage permettant d’invoquer le Diable. Convaincu de sorcellerie, le premier  éditeur des Neuf portes a trouvé la mort sur le bûcher au 17eme siècle.

Lucas  doit retrouver deux autres exemplaires de ce livre de démonologie pour comparer les trois exemplaires et  déterminer lequel est l’original.

Il dispose de deux adresses l’une à Paris l’autre à Sintra (Portugal) pour retrouver les livres.


Toutes sortes d’embûches se dressent sur son chemin.
Bien sûr lorsque l’on cherche un ouvrage de ce type, le Diable ne tarde pas à s’en mêler…

Le chauffeur qui emmène Corso ressemble à un personnage des Trois Mousquetaires et il ne le lâche pas !

Lucas fait nombre de rencontres improbables et inquiétantes. Il croit deviner un lien entre le roman de Dumas et le livre de démonologie qu’il recherche…

 
Pour bien apprécier ce roman, il ne faut pas perdre de vue la mise en abyme : Il y a un livre dans le livre...

  On doit aussi se souvenir que le narrateur est Boris Balkan, qui relate un récit raconté par Lucas Corso.

Ces deux personnages principaux offrent deux points de vue différents de l’existence à travers leur appréhension de cette histoire :  L’esthète( Boris)  s’amuse à un jeu qu’il ignore être dangereux, et le mercenaire aventurier( Lucas) accueille le danger à bras ouverts.

 

Pérez-Reverte a aussi publié La Peau du tambour, plus tourné vers le roman d'aventure : vous aimerez aussi ce livre : piratage d'ordinateur par une vieille dame surdouée, et ecclésiaste esthète  entraîné dans une histoire d'amour,  qui se fait déniaiser sans que ce soit ridicule le moins du monde, au milieu d'une bande de truands bien campés qui font penser à certains romans de Balzac.

 
 
 
 
 
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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 14:49
Publié en 1967.
traduit chez Rivages dans la collection noire. Disponible en poche.
 

Edwin Topliss a écrit vingt huit romans pornos en presque dix jours chacun, depuis qu’il est nègre pour le compte de son ancien ami d’université, Rod, lequel emploie pas mal de nègres sous-payés  pour écrire sous son pseudo de Dirk Smirff.

Il était livreur de canettes de bière lorsque Rod a fait appel à lui : «  Si tu es capable d’écrire une lettre à ton percepteur, tu peux tout aussi bien écrire un roman porno »

Ainsi fut fait.

Mais ce matin, le 21 novembre 1967, Edwin cale. 
On l’avait également prévenu « personne ne peut écrire ce genre de merde ad vitam aeternam »

Le jour de panne est arrivé.
Edwin n’y croit plus. C'est-à-dire qu’il n’imagine plus aucun lecteur. 

Alors il s’adresse à lui-même, sombre dans l’autobiographie. Avec son nom, avec un autre nom. Son passé, son quotidien…sa vie de famille médiocre, son mariage forcé avec une jeune femme  de passage qu’il avait mise enceinte.

Il se rabâche aussi les quatre schémas d’intrigues passe-partout servant à produire des romans et démarre des « bouts d’essai » en réutilisant des passages d’anciens livres. 

 Pour se donner de l’inspiration, il saupoudre sa propre vie  de conquêtes amoureuses avec détails pornos destinés à se remettre sur les rails.

Quelques jours s’écoulent,  voilà qu’il commence un nouveau chapitre affolant.

Sa femme a lu le début de son nouveau manuscrit et l’a pris au sérieux…
 

C’est un roman sur l’impossibilité d’écrire, en même temps que sur le métier d’écrivain. Westlake s’est sûrement inspiré de ses débuts et de ses pannes, lui dont la production est si féconde et l’imagination si abondante.

 

 Ecrire  pour  s’adresser à quelqu’un. C’est ce dont le narrateur, nègre exploité jusqu’à la corde,  devient conscient, alors même qu’il se révèle incapable d’honorer une nouvelle commande. Il prend à partie le lecteur «  vous », et finit même par écrire des lettres qui ne seront pas envoyées. Il est saisi de «  smith-coronite , espèce de psychose de la machine à écrire ».

Cette  histoire désolante est contée avec brio sens du burlesque et de l’humour noir comme Westlake y excelle.

 Voir aussi  "Smoke" et "Un jumeau singulier" ainsi que " Le Couperet" dont Costa Gavras a tiré un bon film avec  José Garcia dans le rôle principal.
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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 10:47
Le-Meurtre-de-L--on-culman-getimage.php.jpg L’Elan, 2005.

 (Parution originale 1999)


Léon, 78 ans, portier à la retraite, aux environs de Copenhague, reçoit par la poste une lettre lui apprenant qu’il sera exécuté ce soir jeudi, 19 octobre 1998, en raison de ses méfaits passés.


Toute la journée, il vit une longue agonie, car le meurtrier rôde autour de lui, et sera nécessairement l’un des invités.  Sa femme Anna et lui, font la fête tous  les jeudis avec deux autres couples qu’ils connaissent depuis longtemps,ainsi que leur fille, une amie de celle-ci, et ce soir elle amène son nouveau fiancé…

Léon revit le passé : qui veut le supprimer ? Et pourquoi ?

Il a toujours eu des relations conflictuelles avec ses proches…
Tous lui en veulent  sans le dire.

  Pire encore,  un voisin, puis une voisine, jusque là anodins, paraissent subitement suspects. Y compris le portier de l’hôtel, et ses proches, sa fille, sa femme ... Léon se pose des questions sur tout le monde. Par la même occasion, il revisite fébrilement son passé, cherchant à comprendre.

Lui-même a été portier aux USA ; un fantôme reviendrait-il ?


Le suspense est excellent et ne prend fin qu’au tout dernier moment.


Le récit est  un mélange de réalisme, d’humour noir, et de rêve éveillé, des métaphores poétiques, un vrai plaisir de lecture.

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 10:54

guerillero.gifA travers ces diverses nouvelles, l’auteur cherche à faire la lumière sur certaines périodes riches de l’histoire, et ,à l’intérieur de celles-ci montrer comment certains événements ou certaines façons de les vivre, ont été occultés par les récits officiels et les « on-dit ».

 

Le Monument : un soldat, pendant la première guerre mondiale, déserte après avoir été condamné à mort pour avoir chanté la chanson de Craonne. Il porte une lettre d’un de ses compagnons d’infortune qui vient de se suicider. Cette précieuse missive qu’il doit remettre en main propres à une femme, l’amie du mort, il la garde par devers lui, court mille danger avec elle, imaginant son contenu amoureux. Mais la fille est devenue prostituée, et le message était qu’il la hait, qu’il a tout appris, et qu’il se tue…

 

On aime aussi le récit fort bien documenté, d’un ouvrier qui commence à travailler à seize ans, au début du Front Populaire. Le jeune homme décrit les espoirs les manifestations, les grèves dures, les moments de liesse et de découragement, la sensation d’une victoire et les relations intenses (parfois bonnes) que les ouvriers entretenaient. Les problèmes avec le pouvoir en place. 

 Et la conclusion en 1948, bien amère.

 

En attendant Rodolphe : Catherine Chasseneuil, se marie avec un musicien zaïrois, Patrick qui a un orchestre. La famille Lohé-Lohé au complet avec ses traditions mi-païennes, mi-catholiques s’est rendue près de Bruxelles pour la cérémonie. Le père digère mal ce gendre noir. Et sa fille qui est enceinte ! Puis arrive Rodolphe, le frère aîné, qui doit sauver la face. Il s’est expatrié au USA, comme parachutiste. La fierté de ses parents …

Le voilà qui sort d’une limousine, déguisé en drag-queen. Il est devenu en fait chanteuse de cabaret et c’est pour cela qu’il tardait tant à revenir. Il tente tout de suite de draguer son futeur beau-frère, et Cathy lui rétorque :

«  Maintenant que je suis grande, je ne te laisserais plus jouer avec mes poupées ! « 

 
Incroyable chute !
 

Tragiques, dures ou pleines d’humour, ces nouvelles sont remarquables

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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 15:55

( Peregrine, 1981) polar USA

Editions Rivages (noir), 2007. 389 pages.


Pam Barrett est journaliste pour Channel 8, une chaîne de télé portée sur le « sensationnel ».

Elle est témoin de la mise à mort d'une jeune patineuse à Manhattan, au Rockefeller Center, par un faucon immense.


Cet animal de l'espèce pèlerin niais, est une femelle mutante.  Deux fauconniers sont interviewés et apportent des précisions.


Pam devient une animatrice vedette à cause de sa façon de couvrir l'affaire...

 Après une nouvelle mise à mort du même style, L'inspecteur Janeck commence à enquêter et Pam reçoit des lettres d'amour signé Pèlerin, car le faucon est dressé à tuer par un psychopathe.


La jeune journaliste de télé est fascinée par le fauconnier pervers, c'est leur histoire qui se déroule sous nos yeux, et Janeck  qui veut la protéger est tombé sur un os... bréchet ?

 


A l'heure actuelle ce sont les chiens dressés qui ensanglantent nombre de thrillers, mais au début des années 80, William Bayer mise sur le faucon. Bien documenté sur le sujet, les descriptions soignées, un suspense correct. Ce n'est pas le Faucon de Malte ! C'est fort divertissant tout de même...


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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 06:49

9782742761579.gifStieg Larsson (1954-2004) « Millénium 1 : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes » Actes-sud noir 2004.

 


Un titre français un peu curieux pour un excellent polar suédois qui comporte deux intrigues, l’une se déroulant dans le milieu de la finance, des spéculations boursières, l’autre dans celui de la psychopathologie du serial-killing, les deux habilement entremêlées.

 

Mikaël Bloomkvist, rédacteur en chef de la revue Millénium ( qui  tient d’ Alternatives économiques et du Canard enchaîné), a écrit un article sur  l’homme d’affaire Wennerström, l'accusant d' avoir monté, en Pologne, une société bidon, et gardé l’argent emprunté à cet effet pour spéculer.

D’autres forfaits plus graves lui sont ausssi reprochés.

N’ayant pu prouver ce qu’il avançait, Bloomkvist  est attaqué  en diffamation, et son journal bat de l’aile.


Pendant ce temps, Erik Vanger, 82 ans, homme d’affaire à la retraite, reçoit pour la 44 eme  année consécutive  une fleur rare  conservée sous verre,  comme cadeau d'anniversaire anonyme.   Les envois ont débuté en 1966, lorsqu’ Harriett sa nièce bien aimée qu’il élevait, a disparu lors d’une fête de famille. Vanger soupçonne ses proches  d’assassinat. Certains sont adeptes du nazisme et militent activement.

Il engage Bloomkvist, à présent chômeur,  comme détective, et lui promet, s'il tire l'affaire au clair, de lui révéler une information permettant de coincer Wennerström.


Mikaël va  enquêter avec une étrange coéquipière, Lisbeth Salander, dont la figure attachante  de  jeune délinquante hors normes, fantasque et pragmatique, farouche et sincère, virtuose du  piratage informatique, domine le roman. Elle  fait songer à Arsène Lupin version punk. De nos jours, c’est dans les disques durs des ordinateurs et les messageries privées que s'introduisent les cambrioleurs efficaces…


  Nous avons dans ce livre une galerie complète de personnages exemplaires : fausses victimes,  politiciens véreux, hommes d’affaires escrocs, pervers criminels , grande famille suspecte avec chevalier d’industrie sur le déclin ...

 

«  La Bourse de Stockhlom était en chute libre et les morveux de la finance menaçaient de se jeter par diverses fenêtres. On lui avait posé la question sur la responsabilité de Millenium dans le naufrage de l’économie suédoise auquel on assistait en ce moment :

«  Affirmer que l’économie suédoise est en train de faire naufrage relève du non-sens avait répliqué Mikaël du tac au tac.

Nous vivons en ce moment le plus gros écroulement individuel de l’histoire boursière et vous prétendez que c’est du non-sens ?

Ecoutez, il faut distinguer deux choses – l’économie suédoise  et le marché boursier suédois.
L’économie suédoise est la somme de toutes les marchandises et de tous les services qui sont produits
dans ce pays chaque jour. Il s’agit des voitures de chez Ericsson, des poulets de chez Scan, des voitures de chez volvo, des transports qui vont de Kiruna à Skövde. Voilà l’économie suédoise et elle est exactement aussi puissante ou faible aujourd’hui qu’il y a une semaine. …



Stieg Larsson, comme son héros Bloomkvist, était journaliste, avec l'économie pour spécialité, et son analyse est bonne.

On peut regretter la lourdeur du style, dont  je ne sais si elle est imputable au texte original ou à la traduction.


Mais j'ai bien apprécié le traitement de l'intrigue criminelle ainsi que la critique sociale aiguë de l'hyperlibéralisme et de ses dérives.


"la Bourse, c’est autre chose. Il n’y a aucune économie et aucune production de marchandises ou de service. Il n’y a que des fantasmes où d’heure en heure on décide que maintenant telle ou telle entreprise vaut quelques milliards de plus ou de moins… cela signifie seulement qu’un tas de gros spéculateurs sont en train de transférer leurs portefeuilles boursiers des entreprises suédoises vers les entreprises allemandes. Ce sont eux les hyènes de la finance qu’un reporter avec un peu de couilles devrait identifier et mettre au pilori comme traîtres à la patrie ».



D'autres avis :

De livre en livre

Bérénice
(mitigé)

 
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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 06:38
le-d--partement-de-musique.jpgRosamond Smith : Le Département de musique, LP policier
(titre original «  Némésis », 1990)
 

Maggie Blackburn, professeur de piano,  organise une réunion chez elle pour  accueillir  les nouveaux étudiants du département de musique de l’université du Connecticut, dont elle est directrice et enseignante, et les présenter à leurs futurs  maîtres.

L’un de ses hôtes, Rolfe Christensen, compositeur résident, star du Département,  entraîne chez lui   Brendan,  le petit nouveau,  jeune, pauvre, tout juste sorti du séminaire, sous le prétexte de lui faire écouter un de ses enregistrements.
Brendan est intelligent mais naïf, aime la musique atonale, et  s'est intronisé compositeur de contre-musique à base de bruits divers.
Mais cette nuit-là, en fait de musique,  il   subit  un viol avec sévices aggravés.

 Brendan se confie à Maggie qui veut aussitôt que justice soit rendue. Mais, soucieux de sa réputation, l’ensemble du département de musique  cherche à étouffer l’affaire. Rolfe  n'en est pas moins assassiné et Brendan,  l'ex- séminariste soupçonné de meurtre.
Maggie,  se lance dans une enquête approfondie, aidée par le quasi-fantôme de son père qui administrait la justice en tant que procureur.

 Pleine d'ardeur,  philanthrope, timide, Maggie  va découvrir des fait tous plus déconcertants les uns que les autres.

Le roman  emprunte au thriller, au  roman psychologique, ainsi qu'  au  récit à énigmes. Relatée  sur un ton ironique, l’enquête de Maggie ne manque  pas  de rebondissements ni de suspense. La pianiste intègre, soupçonne tout le monde comme le lui suggère feu son père… y compris elle-même. Au passage, on dénonce l’hypocrisie, le chantage, les faux génies, on glisse quelques vérités bien assénées et parfois poétiques sur l’art, la vie, la musique.

«  Les recherches récemment entreprises par Maggie… lui avaient suggéré l’existence possible d’un vaste réseau souterrain dans la profession à laquelle elle avait voué sa vie par amour : une espèce d’organisation secrète ou de jeux d’alliances complexes où les hommes se protégeaient systématiquement les uns les autres, se promouvaient, mentaient, s’attribuaient récompenses, prix, affectations universitaires- tout en se détestant fréquemment. Comment était-ce possible ? »

Les deux personnages principaux, sont consistants, et possèdent une originalité peu fréquente dans un polar.

Rosamond Smith est plus connue sous le nom de Joyce-Carol Oates, auteur de «  Blonde », «  Confession d’un gang de filles.. »; «  Eux… » mais les polars qu’elle a signés sous son pseudonyme, ne manquent pas de qualités non plus.

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 12:23
beinhart0117web.jpgLe Bibliothécaire de Larry Beinhart USA, 2004.

 Fin octobre 2004 : David Godberg, bibliothécaire dans une université,  accepte de remplacer une amie défaillante pour classer les documents d’  Alan Stowe, bailleur de fond du président Gus Scott qui est à deux doigts de se faire réélire pour quatre ans à la Maison Blanche.

David aime bien Stowe qui récite du Kipling et fredonne des protests songs. Mais alors qu’il a tout juste commencé à  mettre un peu d’ordre dans les papiers  du vieux renard sur l’ordi, un colonel vient voir ce qu’il en est, et David craint de se faire virer. Candide, il ne saisit pas pourquoi, n’y croit pas, et tombe amoureux de Niobé, aux yeux d’océan houleux, Niobé  la femme de ce colonel extrêmement militariste et belliqueux.

Cependant les amis de Gus Scott, se donnent à fond pour empêcher la victoire de la candidate démocrate Anne Lynn Murphy, dont l’argument principal est d’avoir servi comme infirmière au Vietnam.

Pas question de laisser la « nanarchie » s’installer au faîte de l’état… !

Les ennuis les plus graves se mettent à pleuvoir sur David, qui est  suspecté avoir eu vent de documents qui devaient rester secrets chez Stowe… et ce secret qu’il est censé détenir il le recherche assidûment avec l’aide de plusieurs femmes, tout en échappant

Cela ne manque pas de rebondissements, course-poursuite, épisodes musclés, hilarants, ou le burlesque le dispute à l’effrayant. Pour la satire sociale, on n’est pas surpris mais certaines choses restent assez invraisemblables ; peut-être est-ce voulu ?

 
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