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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 00:46

Zulma, 2008.

Gabriel, un homme mystérieux qui vient d'emménager dans un petit hôtel d'une ville de province.

Porté par une empathie formidable, que d'aucun jugeraient suspecte,  il se montre généreux avec des être solitaires et désœuvrés, à l'aide d'un  repas succulent  préparé  à domicile qui les apaise le temps d'une soirée.


Il se fait rapidement des amis : José le patron de la brasserie du Faro, dont la femme est  hospitalisée, ses enfants ; Rita et Marco un couple mal en point, drogué, et manquant cruellement d'argent, Madeleine la réceptionniste de l'hôtel, célibataire, en manque d'amour... nul ne sait d'où il vient ni ce qu'il a fait de sa vie passée, « Vous entrez dans leur vie comme ça, l'air de rien. On dirait que vous êtes partout chez vous. (...)

 Vous me donnez le vertige, c'est tout. Vous n'êtes nulle part et partout en même temps.

Mais il écoute volontiers les malheurs des autres, en même temps qu'il les nourrit au sens propre. «  La vie c'est rien avant, rien après, et pendant on se fait chier » dit Madeleine, nihiliste. Autant vous dire que les nouveaux amis de Gabriel ont bien besoin de son aide !

 En même temps Gabriel revit son passé de façon décousue mais compréhensible, une vie très rude, un épisode tragique, le bonheur évanoui alors qu'il  était  au beau fixe.


Gabriel a une théorie ; lorsqu'un pic de bonheur survient dans une vie elle est suivie d'une chute inéluctable dans le malheur. Il faut éviter cela à tout prix...


Voilà un roman écrit de façon stylisée. Les descriptions son recherchées, l'élégance de l'expression le dispute à la simplicité. Le ton dominant :  une ironie mélancolique. Une certaine poésie est parfois atteinte, et des bonheurs d'expression...


Ce livre est le second que je lis dans la sélection pour le prix du polar de Montigny qui sera décerné le 5 décembre. Sauf que ce roman n'est pas vraiment un polar...

 Le premier était « Zulu ».

Ma foi, je les aime bien tous les deux. J'espère que les autres livres seront aussi intéressants.


 

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 14:48


Point-policier (Under The Skin)

Thriller policier.


Zoé est institutrice en Maternelle, et vit dans un appartement du centre de Londres à côté d'une artère bruyante.

 A la mort de son père,   elle s'est dépêchée d'acheter un chez-soi et n'a pas  pris le temps de choisir. Son petit ami aussi lui pèse, avec sa bande de copains   saoulés à la bière.

Bref elle veut changer de vie.

Et voila qu'elle reçoit des menaces écrites de la part d'un inconnu qui dit l'aimer et vouloir la tuer.

 Avec peine, elle réussit à intéresser la police à ses lettres de menace. Ils se convainquent que le pervers est entré chez elle et la surveille de près.

Une équipe de policiers nantis d'une psychologue commencent à enquêter avec sérieux mais le talent  semble leur faire défaut.

 Zoé de plus en plus effrayée  ne met plus les pieds dans son appartement. Grâce à son amie Louise elle reprend espoir...


Le roman est bien conduit, en trois parties bien équilibrées. On reste accroché et on ne s'ennuie pas malgré quelques pages de description un peu longues. Les policiers et la psychologue sont confondants de sottise et de bons sentiments ;  ils prêtent à sourire ! Cette satire ajoute du piment à l'affaire. Un moment de plaisir.

J'ai découvert ce roman dans la liste établie par Ys, des récits de fiction  anglo-saxons dont l'intrigue se déroule à Londres. Une liste vraiment prometteuse !


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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 10:16

Gallimard (Noire) 2008, 393 pages.

 

Ali Neuman est chef de la police au Cap. Etant enfant, il a vu son père et sa mère se faire tuer devant lui, après torture, par des « frères Zoulous » inféodés à l'Apartheid, contre quoi sa famille combattait. Expérience traumatisante qui le hante toujours.

Maintenant il s'emploie  à faire régner la justice, sans concessions, mais  sans y croire tellement.

Depuis la fin de l'apartheid, le pays est toujours en crise. Les gouvernements se succèdent mais la corruption règne à tous les échelons. La population est majoritairement pauvre, la violence et le sida font des ravages.

Une jeune blanche est retrouvée morte assassinée, dans un parterre d'iris du jardin botanique, horriblement mutilée, et droguée avec une substance inconnue des laboratoires officiels. Le père de la jeune fille était champion de rugby, et l'on pense  qu'il était jalousé...

Ali et ses  adjoints Dan Fletcher et Brian Epkeen enquêtent. Mais derrière la personne du présumé tueur se dissimulent des organisations criminelles puissantes et les policiers ne tardent pas à se sentir débordés.

 

C'est un roman éprouvant. Les cadavres se ramassent à la pelle, toujours mutilés. On saisit à quel point la colonisation de ce pays a échoué, à quel point il a du mal à se remettre de l'apartheid...

 On savait que le racisme était encore très offensif dans ce pays mais on souffre aussi de voir des Noirs s'entretuer les uns les autres.

L'intrigue est complexe et chaque fois que l'on croit avoir mis la main sur un coupable sérieux, c'est une organisation encore plus délinquante et bien structurée qui surgit...

De plus, les trois policiers ont  à affronter des vies privées  difficiles .

Voilà qui nous donne une vision fort négative de la situation politique et sociale en Afrique du sud,ceci en dépit de l'action de Nelson Mandela. Le président en exercice au moment de l'action mise ens cène dans le livre, n'est pas à la hauteur.... mais l'on n'est pas surpris.

Le roman est très bien documenté, l'arrière-plan social riche, et le romancier sait installer l'atmosphère. Nous avons réellement l'impression d'être en Afrique du sud, géographiquement et socialement parlant. Nous saisissons un peu des graves problèmes de ce pays.

 Les mots inconnus sont expliqués en pas de page. Toutefois un lexique  en fin de volume n'aurait pas été de trop.

C'est un très bon livre.

 

Rajout 27 octobre :

"Zulu" vient d'obtenir le prix " 813" .

Lire la chronique de JM Laherrère dans Actu -du noir

 

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 22:38

Rivages thriller, 2003, 287 pages.


C'est la chronique d'Ys qui m'a donné envie de lire ce thriller. Je ne connaissais rien de Lehane, sauf, par le truchement du cinéma, l'excellent « Mystic River »...

 

 

Le prologue, qui a beaucoup d'importance, est un extrait du journal intime du  docteur Sheehan  : en  1993, ce praticien âgé se sent gagné par un début d'Alzheimer. Il décide,  pendant qu'il est encore sain d'esprit, de relater l'histoire d'un être qui lui fut cher, Teddy Daniels.


" Je tiens à coucher ce récit sur le papier. Pas pour en modifier le cours à ma guise de façon à paraître sous un jour plus favorable. Non , non.Jamais il ne m'y aurait autorisé. A sa manière iben à lui, il détestait le mensonge plus que quiconque. Je veux juste sauvegarder le texte, le transférer de son abri actuel ( qui, très franchement, commence à devenir trop humide et fuit de toutes parts) à ces pages."

On se demande si  " ce texte"  est de Teddy Daniels lui-même, et si " transférer" ici veut dire recopier, ou rédiger ...

En tout cas, le récit relate quatre journées de septembre, cinquante ans plus tôt, et le narrateur en est  le docteur Sheehan.

 

Nous sommes en septembre 1954, dans une île au large de Boston. Teddy Daniels, inspecteur de police, vient de débarquer avec un adjoint, Chuck Aule, pour retrouver une patiente,  Rachel Solando, qui s'est évadée de l'asile...

Shutter Island semble abriter un  pénitencier, mais c'est  un hôpital psychiatrique où l'on traite des malades dangereux, irresponsables, ayant accompli des meurtres.

La fugitive semble s'être échappée avec la complicité de quelqu'un, aussi Teddy voit-il d'un œil critique les médecins et leurs explications fumeuses à propos des méthodes qui sont pratiquées dans cet établissement.

Plutôt que des traitements médicamenteux, et des psychothérapies, Il les suspecte de pratiquer des expériences médicales illicites.

En outre, si le sort de Rachel l'intéresse professionnellement, sa véritable raison d'être  venu ici, est  de retrouver un homme, un autre interné,  qu'il pourchasse depuis longtemps, l'accusant d'avoir causé la mort de sa femme à laquelle il ne cesse de penser....


Convaincu dès le départ que la plupart des protagonistes, y compris les personnages secondaires, ont quelque chose à cacher, le lecteur se trouve très vite conforté dans ses diverses suspicions, et navigue à vue au milieu d'une somme importante de péripéties, dans lesquelles il perd petit à petit les quelques points de repère chichement donnés au départ, le tout se trouvant corsé par le déchaînement des éléments naturels.

 

Teddy, Chuck, les patients, les infirmières,les médecins, semblent tous être embarqués dans le même tourbillon de folie, ce qui provoque des conflits violents... car chacun est persuadé d'avoir raison!!


L'intensité dramatique ne se relâche jamais, et la fin reste « ouverte », du moins pour moi, car je pense qu'elle laisse place à au moins deux interprétations.

 

Je ne suis pas déçue, c'est le moins que l'on puisse dire ! car ce thriller est en tout point remarquable.

J'en lirai d'autres...

 

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 19:08

Titre original » A Traitor To Memory »

Presses de la cité, 2001 ; 620 pages.


Au moment d'attaquer sa partie, dans le trio « l'Archiduc », Gideon Davies, violoniste estimé, est frappé d'amnésie et doit quitter la scène.

Un mois plus tard, il commence une thérapie avec Mrs Rose, qui lui recommande de tenir un journal pour explorer son passé. Soue sa plume, des silhouettes se raniment : Eugénie sa mère qui a quitté le domicile conjugal avant qu'il n'ait dix ans ; Sonia une petite sœur morte en bas âge... Un soir Eugénie Davies est retrouvée morte dans une rue à Hampstead . James Pitchley qui revenait d'un rendez-vous galant a découvert la victime, écrasée par une voiture. James est souçonné. Le meurtre d'Eugénie rappelle à certains policiers de Hampstead un procès qui eut lieu vingt ans plus tôt en vue d'éclaircir les circonstances de la mort de la petite Sonia.


Suspense : « ne pas miser sur le suspect favori mais sur les outsiders » conseillait Agatha Christie. Ici, le lecteur en sait plus que les enquêteurs, et le suspect favori n'est pas le même pour lui que pour eux, les « outsiders » non plus. Elizabeth George les multiplie pour noyer le lecteur sous une avalanche d'histoires, de destinées complexes, de mobiles divers.


Narrations : plusieurs récits contés à la troisième personne, présentent une dizaine de personnages qui énoncent chacun leurs vérités, leurs mensonges, leurs errements. Ces récits alternés rendent la lecture agréable, diversifiée, malgré les 620 pages de texte. Les récits de trois enquêteurs( dont on suit l'évolution de la vie privée) de 7 ou 8 personnages secondaires, suspects, ou liés à des suspects, les récits des victimes juste avant leurs accidents, et ce plat de résistance  qu'est  le journal de Gideon, sans compter son vécu au  jour le jour . Lorsqu'elle présente le « journal »d'un suspect comme récit central, Elizabeth George réussit bien ses romans : je me rappelle «  Playing For Ashes » qui repose en partie sur le journal d'une certaine Olivia, personnage qui intéresse tout de suite, comme Gideon...


Et pourtant je déplore, (c'est totalement subjectif),  que l'arrière plan social bienvenu, ne débouche sur une morale rigide :


Dans ce récit tous les coupables sont sévèrement punis même pour des péchés véniels. L'inspecteur qui s'est aventuré dans l'adultère fait partie des victimes sans que son élimination ne serve l'action en rien. James Pitchley qui a quitté sa cité ouvrière pour se faire une place dans la bourgeoisie est l'objet d'un chantage de la part de ses frères. Il fréquente des femmes légères ? Cela lui vaudra des ennuis à n'en plus finir avec la police. Les auteurs de faux témoignages en prennent pour vingt ans... La femme qui a quitté sa famille abandonnant son enfant en mauvaise posture, le paie de sa vie. Le meurtrier prêt à s'amender est condamné à répéter son forfait... ! Le violon lui-même(ne dit-on pas que c'est l'instrument du Diable ?) finit ses jours en miettes, comme la pauvre Eugénie. La psychanalyste est punie d'avoir lancé son patient dans l'exploration du passé, la manœuvre se révèlant catastrophique... la jeune fille qui s'est rendue coupable de vandalisme, en perd la vie ! Le monde est à ce point impitoyable, que Thomas Lynley, notre inspecteur chéri, tremble que les menus écarts de conduite de son propre passé ne rejaillissent sur sa vie actuelle. Pour avoir lu «  Sans l'ombre d'un témoin », je sais qu'il a raison de s'inquiéter !

Bien des faits cruels et s'il ‘on y regarde de près totalement gratuits, ne servant pas la logique de l'histoire,et laissent à penser que l'auteur cherche à régler des comptes personnels : avec la musique ? Avec un frère jalousé ? Avec ses compatriotes ? le personnage de Libby, est une caricature grossière de la jeune américaine d'aujourd'hui...

 La fin je l'ai trouvée terriblement pessimiste.


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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 13:12

Seuil-Policier, 1997. 542 pages.

53 chapitres non titrés.


Jack Mc Evoy tient la chronique des faits divers criminels dans un quotidien de Boston. Il doit enquêter sur le meurtre de son frère jumeau, inspecteur de police, meurtre qui a été maquillé en suicide. Il se substitue au mort en pensée, veut conduire son investigation comme le ferait un policier, avec l'aide d'agents du FBI qu'il a mobilisé pour l'affaire. Mais ceux-ci sont aussi ses ennemis.

L'enquête met à jour plusieurs faux suicides de flics, tous accompagnés de messages d'adieux à la vie curieusement littéraires, et des crimes de pédophiles suivent chaque meurtre.


Nous suivons en alternance les agissements d'un criminel pédophile et l'enquête difficile de Jack Mc Evoy vers la vérité.

Deux récits qui vont alterner, le journaliste enquêteur et le criminel, un tueur, qui, malgré le nom qu'on lui donne et l'utilisation des poèmes de Poe, n'est pas poète le moins du monde, mais seulement fou.

L'intrigue est classique : une fausse piste en recouvre une autre et ainsi de suite. Les affrontements violents sont au nombre de deux, ce qui est parfaitement mesuré. Jack n'est pas un coureur de jupons, et son aventure sentimentale menée sobrement et sans vulgarité s'intègre habilement dans la progression de l'enquête, et fait surgir des suspects. Les scènes d'action et la romance alternent avec de tristes souvenirs d'enfance, les relations de Jack avec son jumeau ayant été fort ambiguës par le passé. Le jumeau faisait régner l'ordre (dominant Jack) et avait épousé la femme qu'il convoitait. 

Précise et efficace et méticuleuse, l'écriture de Connelly intéresse lorsqu'elle sert l'action et la porte. Mais les trop nombreuses répétitions finissent par lasser. A force de lire des articles et des comptes rendus sur les suicides de flics et de nous en faire longuement profiter, Jack se répète. A chaque fois que l'enquêteur est introduit et présenté à de nouvelles personnes qui s'occupent de la même affaire, on ressasse les mêmes faits avec presque les mêmes mots.

De même les dialogues sont trop longs avec des répliques parfaitement attendues.

Nous avons tout de même une intrigue intelligente et bien structurée, et une vision objective (sinon une dénonciation) du journalisme de faits divers au travers du cas de conscience de Jack. Devoir écrire un » papier » qui se vendra bien, et des révélations sensationnelles ... sur la mort de son frère. Son activité professionnelle lui paraît quelque peu condamnable mais il n'y renonce pas.

L'avis d'Ysa ( plus enthousiaste)

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 16:40

Le Masque, 2008.

Le commandant Lanester est devenu aveugle, après avoir vu une scène éprouvante : le tueur a énucléé sa victime et dessiné un œil à ses côtés. L'œil de Caïn a décidé Lanester qui appelle le tueur de ce nom.

Un ophtalmologiste émérite ne lui trouve aucune lésion. Lanester serait donc atteint d'une forme d'hystérie « de conversion » ? Il se trouve une praticienne et commence une psychothérapie tout en poursuivant son enquête. Il revit son passé, une enfance difficile, voire tragique et tâtonne à la recherche du tueur.

Le roman s'inscrit dans la tradition du policier purement psychologique, mais sans étude de mœurs, en quoi il diffère de beaucoup d'entre eux.

Je me pose les questions qui font de ce genre de polar une réussite ou non

Est-ce que l'on a peur ? Non. Les scènes décrites sont horribles, mais on n'y croit pas tout à fait. C'est d'ailleurs assez curieux, dans le livre de Vargas (Un lieu incertain)qu j'ai lu récemment,  la manière de décrire des scènes de crime insoutenables, les rendent  dérisoires ! Est-ce la multiplication des détails macabres qui a cet effet? Ou la façon dont les spectateurs de ces scènes y réagissent? On sent que pour l'auteur la descripton de ces scènes est un passage obligé auquel il ne croit pas vraiment. 

 Ya-t-il énigme ? Cogite-t-on pour trouver l'assassin ? Non, encore.  Nous savons très bien qui c'est depuis le début. La fausse piste ne tient pas. Idem chez Vargas, d'ailleurs...

La psychologie des personnages ? Elle frise la caricature...On peut admettre que le commissaire "perde la vue" à cause d'un traumatisme mais pas d'une manière aussi radicale. Il aurait pu avoir des moments de trou noir, d'éblouissement ou de "flou" et ç'eut été plus vraisemblable. De plus je ne le trouve pas assez paniqué pour quelqu'un qui se retrouve dans cet état. 

Les autres personnages sont à peine dessinés à l'exception du chauffeur de taxi Kacek auquel on s'attache. Lanester a un frère, Xavier, dont il parle beaucoup, et je m'attendais à ce que l'on fasse sa connaissance.

La cohérence et la structure  sont correctes.Le style est "passe-partout".



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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 23:00
Phyllis Dorothy James a 88 ans aujourdhui.



Tous ces romans sont publiés dans le Livre de poche policier.

Cet opus n'est pas tellement connu. On cite toujours «  Un certain goût pour la mort ».

 


J'ai un goût particulier pour celui-là, court et excellent que j'hésite à poster en littérature policière, d'autant plus que nul représentant de la loi, ni l'inspecteur Dalgliesh ( que j'aime profondément à l'égal de Mrs James elle-même) ni la courageuse Cordélia Gray n'interviennent dans cette  enquête menée par une jeune narratrice...


Philippa Palfrey vient d'avoir dix-huit ans. Adoptée dix ans plus tôt , sans aucun souvenir des ses premières années, elle se met en quête de ses origines, obtient de l'administration son acte de naissance :

«  Rose Ducton, fille de Marie et Martin Ducton ».


 A l'adresse où ses parents biologiques sont censés vivre, elle apprend que son père a violé une fillette 10 ans auparavant, et que sa mère étranglé l'enfant. Condamnée à perpétuité, Marie Ducton a été élargie et doit sortir le 15 août....


Très secouée par cette nouvelle, Philippa va s'expliquer bruyamment avec ses parents adoptifs. Maurice Palfrey est professeur de sociologie et chercheur ( l'intérêt qu'il a porté à Philippa enfant n'est pas étranger à ses préoccupations professionnelles). Hilda, son  épouse,  se passionne pour la cuisine et les travaux domestiques.

 Mal assorti, ce couple  a peu de choses en commun. Enfant précoce, Philippa semble avoir été adoptée aussi pour jouer un rôle d'interlocutrice cultivée avec Mrs Palfrey, rôle que sa femme ne tient pas.

 


 En dépit des mises en garde de ses parents adoptifs, Philippa décide de vivre trois mois ( ses vacances) avec sa mère biologique «  pour faire une expérience ». Elle veut devenir écrivain et imagine là une histoire inédite, qui, en outre, serait la sienne...

Mécontent de son départ, Maurice découvre qu'il tient à elle davantage qu'il ne pensait...


Philippa et sa mère s'installent dans un appartement modeste à Marylebone. Elles s'entendent bien, partagent les tâches domestiques, se découvrent des lectures communes.
Pourtant Philippa n'apprend rien de son enfance avant l'adoption. Sa mètre tente d'expliquer  le meurtre de la petite voisine,  mais se tait sur Philippa elle-même et leurs relations d'autrefois.

La jeune fille a des souvenirs fugitifs de violence extrême, mais ne veut pas   en savoir plus.
Les trois mois écoulés, elle ne veut plus quitter sa mère, capable de complicité voire d'amitié avec elle.
Philippa est en passe de renoncer à ses études, de se condamner à la solitude en vivant avec une reprise de justice...

Mais un homme, George Scase, cherche depuis longtemps la meurtrière de sa fillette, et peut faire évoluer la situation...



Voilà un roman excellent, par le suspense psychologique, l'art de la description et du dialogue, l'intelligence  des personnages, et de leurs motivations.


Grâce à ce talent, la petite cuisine d'un appartement miteux, un étalage de fruits et légumes, un pot de géranium, une roseraie,( apparue dans une sorte de rêve), une bibliothèque un meurtrier étrange vêtu d'un imperméable transparent , des mains qui tremblent, toutes ces petites choses  deviennent précieuses.


Les personnages : c'est la relation ambiguë entre Philippa et sa mère qui nous intéresse le plus, mais les autres personnages ont tous de l' envergure.

 Cette femme restera-elle  incompréhensible ?

Philippa peut évoquer une «  Marie Bell »* qui aurait bien tourné, grâce à une adoption-sauvetage, et au fait que ses géniteurs, délinquants jusqu'au crime, avaient, dès le départ, un désir particulier de s'élever dans leur misère.

Avec Georges Scase, PD James renouvelle le thème du vengeur. Peu convaincu de son désir de vengeance, promesse faite à l'épouse, il recherche dans son passé de petit garçon craintif ce qui pourrait le motiver...


* Marie Bell est une petite fille de onze ans qui a défrayé la chronique dans les années soixante. Sévèrement  maltraitée par sa mère, elle est devenue agressive jusqu'à tuer un camarade de classe...

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 23:44

le jour des Parques

 


Ce roman a été publié en 1968 pour la première fois

L’édition que j’ai eue entre les mains est Rivages ( Mystères).

 

Une jeune femme Sherry doit faire face à la violence de son mari qui prend régulièrement des hallucinogènes pour écrire ; perdant tout contrôle il a blessé Johnny leur petit garçon ; Sherry l’a assommé en retour. Légitime défense.

 

Pendant que son enfant est  en observation à l’hôpital, elle s’installe dans la pension Peabody, toute proche, tenue par un couple dont la fillette est retardée mentale. Dans cette pension se trouvent aussi trois vieilles dames ( les Parques) qui jouent aux Dames, observent les autres pensionnaires, et les spectacles occasionnels par la fenêtre( notamment l'arrivée des ambulances), et commentent…

 

Les Parques vont bientôt exulter, il  se passe quelque chose à la pension !!


En effet, Edward Rynhard le beau-père de Sherry a l’intention de faire divorcer son fils( alité chez eux et toujours dans les vapes) et d’obtenir la garde du petit Johnny. Pas facile, car Sherry est une mère modèle… Edward embauche Cliff un garçon de sa connaissance lui promettant un bon redressement de situation financière s’il réussit à prouver que Sherry n’est pas digne de garder son fils.

Cliff s’installe à Peabody . Sans scrupule, il va inventer toutes sortes de machinations, et nous faire craindre pour l’héroïne. Bientôt c’est une partie de bras de fer qui se joue entre les deux protagonistes….sous les yeux des Parques.


Pas mal, sauf que Sherry est un peu trop parfaite, Cliff un peu trop méchant. Et le papa de Johnny devenu fou et dangereux à vie ,à cause du LSD, c’est un peu exagéré…

Un roman  qui se lit avec plaisir en dépit de son manichéisme, car l'intrigue est bien conduite.


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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 21:39

L.A. Garcia-Roza. «  Bon anniversaire Gabriel ! »

Actes-sud Noir

Rio de Janeiro en 2005. Employé administratif de presque trente ans, Gabriel vit avec sa mère dans un appartement minuscule. Son existence se résume à elle et son emploi depuis que le père est mort vingt ans plus tôt ;

Voilà que ce terne  fonctionnaire demande une entrevue au commissaire Espinosa parce qu'il craint de commettre un assassinat et veut qu'on l'empêche. Dix mois plus tôt pour son vingt-neuvième anniversaire, un diseur de bonne aventure lui en a prédit une bien mauvaise.

Il croit à la véracité de la prophétie et son anniversaire approche.

C'est avant tout un roman psychologique, parfois humoristique, explorant la relation fusionnelle impossible à rompre entre la mère et le fils.





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