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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:07

Folio-policier, 846 pages.2011, pour la traduction.

C’est le 8 eme volume des aventures policières d’Harry Hole, flic d’Oslo dont les enquêtes sont toujours très mouvementées, éprouvantes et à multiples rebondissements. Ce n’est pas mon style de polar préféré, mais de temps à autre, je me laisse tenter.

J’avais lu le précédent « Le Bonhomme de neige », mais en lisant les références à ce roman, dans celui-ci, je me rends compte que j’ai oublié les détails.

Harry est à Hong-Kong plongé dans les brouillards de l’opium. Une collègue Kaja Solness vient l’y rechercher ; on a besoin de lui pour attraper un nouveau tueur qui a assassiné déjà trois ou quatre femmes (on n’est pas sûr).

L’arme du crime est originale : il s’agit de la pomme de Léopold, le sanguinaire roi de Belgique, variante de la poire d’angoisse, mais en plus sophistiqué. La boule que l’on enfonce dans la bouche de la victime, est rattachée à un cordon, que la malheureuse voudra tirer dans l’espoir de sortir l’objet qui l’étouffe ; et là… je vous laisse apprécier !

A peine Harry se penche t’il sur ces crimes, qu’une nouvelle victime est découverte Marit Olsen, députée travailliste, retrouvée dans la piscine vide d’un grand parc. Elle faisait du jogging le soir, pour ne pas être vue…

Entre elle et les précédentes victimes, Harry se rend compte que la seule chose qui les relie est un séjour dans un chalet de montagne quelques temps auparavant.

Son enquête va mener Harry au Congo, pour différentes raisons notamment la recherche de l’arme du crime chez un collectionneur belge, de la lave retrouvée sur le corps qui vient d’un volcan en éruption là-bas, et d’un métal que l’on y exploite. Mais aussi dans les montagnes norvégiennes vers le chalet où ont séjourné les victimes, ainsi que dans une corderie près d’un lac, et à l’hôpital d’Oslo, où son père vit ses derniers moments.

Harry est aidé et entravé à la fois par les flics de la Kripos notamment Mickaël Bellman, personnage récurrent, et certains de ses sous-fifres, et est accompagné de Kaja, un réconfort certain. Les suspects sont nombreux. Harry se met dans des situations impossibles et frôle la mort plusieurs fois.

Il m’a fait l’effet de n‘avoir pas beaucoup réfléchi, lors qu’il décide de tendre un piège au tueur en l’attirant vers le chalet : il fait savoir à la presse qu’un témoin clef, une femme, va venir d’Australie pour faire une reconstitution de ce qui s’est passé dans ce chalet où elle séjournait le fameux soir. Lui Kaja ( qui jouera le rôle de ce témoin ) Harry et un flic de la Kripos, se tiendront dans le chalet à attendre le tueur, tandis qu’une escouade d’autres flics armés, se tiendront autour dissimulés dans la neige.

L’idée est bonne, mais Harry et Kaja n’avaient aucune raison de venir pour de bon dans le chalet ; ils auraient pu rester aux alentours ; dès que le tueur se serait approché, il suffisait de lui tirer dans les jambes… toutefois, être pris dans une avalanche avec sa chérie et devoir frôler la mort est un agrément sans pareil !

En tout cas, l’on continue à lire ; au 3/4 du livre, un suspect sérieux est arrêté ; mais l’enquête se poursuivra…

Un bon divertissement, en dépit des nombreuses invraisemblances, le sens du suspens et du rebondissement, des fils d’intrigue complexe, l’invention de cette pomme de Léopold, l’ensemble est tout de même bien fait.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:36

2016, le Masque 334 pages.

Katie Knox nous raconte un épisode dramatique de l’histoire de sa famille Sa fille Devon, de 15 ans et demi, est une gymnaste promise à un avenir olympique. Son petit garçon, Drew, passionné d’expériences scientifiques, est un peu sacrifié à l’avenir de sa sœur…

Depuis que Devon , à l’âge de 3 ans, a été amputée de deux orteils à cause de sa tondeuse à gazon mal gérée, Eric le père, fait le maximum pour qu’elle puisse réussir sa carrière de championne.

Pour cette famille, c’est une vie tout entière vouée à la réussite de Devon : des journées entières sur des gradins à observer ses entraînements, un endettement permanent pour payer les cours, le coaching, les accessoires … , l’obligation de trouver des sponsors ( la pénible et fortunée Gwen qui investit et qu’on doit fréquenter, d’autres femmes à peine plus estimables ayant toutes de futures petites génies moins douées que Devon). A part ces femmes, il y a cet homme très déterminé le coach T. entraîneur de Devon, et sa nièce Hailey ex-nageuse, entraîneuse des enfants.

 

 

La seule attraction pour tous c’est Tom un garçon de piscine, devenu cuisinier qui aide à l’entraînement, très beau et dragueur, ami d’Hailey.

Ce jeune homme est renversé par une voiture qui s’enfuit et meurt sur le coup. Le meurtrier est quelqu’un du groupe…

J’ai bien aimé cette histoire : on partage le quotidien très pénible de Katie, obligée de se vouer à la carrière de sa fille. La future vedette, elle-même est soumise à un entraînement inhumain. Prise dans cette vie extrêmement contraignante et monotone, les membres de la famille ne réagissent plus normalement ; ils sont entraînés dans une sorte de psychose : tout est bon pour faire gagner Devon… cette vie effrayante du sport de compétition à haut niveau, fait penser aussi aux campagnes pour les élections présidentielles…

Citations de Nadia Comaneci, « la petite communiste qui ne souriait jamais » ( je ‘ai pas lu ce livre…).

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 14:53

( Darkening Hour) 2016 sonatine, 422 pages

Mona, est une jeune marocaine, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Elle a perdu son travail , et son ami Ali est parti « soi-disant pour aider à combattre ses amis Berbères «, mais selon d’autres informations, Mona en est venue à croire qu’il était à Londres.

Grâce à une amie qui travaille pour une famille londonienne installée au Maroc, elle obtient un poste d’employée de maison dans la capitale du Royaume Uni. Il est écrit sur son passeport le nom de son employeur ; elle n’a pas le droit d’en changer…

C’est à Deptford, au sud-est de la City, que Mona découvre son employeuse Theodora, divorcée de Roger ( qui vit au Maroc). Elle héberge son vieux papa atteint d’Alzheimer, relégué au sous-sol. Theodora travaille pour la télé présente une émission «  people ». Elle n’aime pas le quartier où elle vit, sauf la rue où elle habite : les maisons y sont d’une architecture classique, très bourgeoise, un îlot de bon chic bon genre au milieu d’un environnement que Dora estime mal famé.

En plus du papa, il y a Léo, le fils de 18 ans, en situation d’échec scolaire, qui passe tout son temps devant la télé. Et Max l’amant américain, qu’elle voit de temps à autre pour une coucherie vite fait. Max est passionné par les statues et les histoires érotiques que lui raconte Dora ; il lui faut des stimulants pour consentir à s’occuper du corps de sa maîtresse…

Mona doit s’occuper du papa, de la cuisine, du ménage, repassage et blanchisserie. Elle n’a jamais de congé, jamais une minute à elle, ne sort que pour faire les courses.  L’argent que lui donne sa patronne elle l’envoie au Maroc pour sa petite fille et sa mère. Elle en donne aussi à un buraliste Sayed, qui doit l’aider à retrouver Ali.

Theodora devient de plus en plus despote avec son employée, lui commande de descendre la nuit lorsque le vieux appelle. On lui colle un papyphone dans le débarras où elle dort ( elle n’a pas eu droit à la chambre d’ami…) Dora lui confisque son passeport, l’accuse de la voler,  lui rend la vie impossible… Mona passe ses journées avec le papy (maintenant incontinent) et Léo avachi sur le canapé devant la télé. Elle le secoue, lui donne des conseils de bon sens, découvre que le garçon est hypocondriaque…

Découverte avec le très bon «  Désordre », Penny Handcock récidive ! Son «  Darkening Hour » est de qualité. On y retrouve son habilité à tresser des portraits psychologiques, et à manier le suspense. Les descriptions sont toujours aussi bonnes. Comme dans l’autre roman, il y a la Tamise toute proche, froide, menaçante, qui ne demande qu’à accueillir un corps (mais qui donc va y passer ?).

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 12:37

Denoël, 302 pages 2016.

 

Après la Champagne et les montagnes albanaises, c’est en Patagonie que nous entraîne L’auteur. Toujours plus loin !

Dans la région des plaines au climat semi-aride, au début du vingtième siècle, nous partageons l’existence d’une famille d’éleveurs de vaches et moutons ; qui se compose de « la mère » , et ses fils :  les jumeaux Mauro, grand et fort ,son frère Joaquin, Steban dit le débile, et Rafael «  le petit ».

Ces êtres vivent d’une façon très frustres, ne se lavent jamais, ne vont pas à l’école, toute leur vie c’est le travail , d’abord s’occuper des bêtes, cultiver aussi un peu, toute la journée, sans aucun congé, et dès qu’ils savent marcher, ils bossent ! Ce qui frappe c’est l’extrême violence des rapports qu’on hésite à dire «  filiaux ». Ces êtres se haïssent et se craignent. Les aînés maltraitent les plus jeunes surtout le « petit » un peu moins le débile, qui a eu la riche idée de se faire passer pour tellement idiot qu’il intéresse moins la féroce jalousie des terribles jumeaux. La mère ne protège pas les plus jeunes. Elle les déteste tous, ne compte que leur capacité de travail. Et tout les quatre obéissent à la mère, et la craignent. C’est que la mère elle a réussi à faire fuir le père ( le débile en sait plus que les autres là-dessus…)

Un jour, à la ville, la mère a tout perdu au poker. Le fermier a gagné Joaquin qu’elle avait mis en jeu. Le voilà parti travailler chez un autre propriétaire.

Un autre jour, c’est Rafael, qui part à la recherche des chevaux qui se sont enfuis.

Ces deux départs vont amener des changements à la ferme.

 

Décrivant l’existence de cette famille de sauvages, rendus à un total dénuement affectif,  l’auteur nous montre les rapports de force, ( détruire le plus faible) et ce  qui est à la base du lien social : le sentiment de crainte ; les fils craignent la mère, et ne remettent pas en cause son hégémonie ; ils attendent aussi d’elle le nourrissage, tous les quatre, les bourreaux comme les victimes. Enfin, le travail  le rendement, le rapport à leurs animaux qui leur est d’un grand secours. Apparemment, ces êtres n’ont pas d’affection les uns pour les autres ; mais ils recherchent des alliances.  La progression du récit  montre l’humanisation de Rafael le « petit » capable de commencer à créer le fameux lien social, lorsque l’occasion lui en est donnée. En fait, il reste davantage que la poussière...

Le vocabulaire est très précis ; l’élevage des moutons et vaches n’a pas de secrets pour l'auteur, ni la vie élémentaire de chasseur-cueilleur, la nature est rude mais belle ( comme la voit Rafael) et il y a de la poésie dans ces pages austères. Encore une pleine réussite pour Sandrine Collette, une très bonne romancière.

Je n’aurais pas édité ce livre dans une collection de romans policiers. S’il y a un crime ou plusieurs, dans un roman, ce n’est pas une raison pour décréter que c’est un policier !

 

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 23:03
Robert Galbraith La Carrière du mal

Grasset, 2016, 600 pages.

Robin, l’associée de Cormoran Strike, brillant détective privé londonien, reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Cormoran est persuadé qu’on veut s’en prendre à lui, à travers la jeune femme, se venger, faire couler son agence, maintenant réputée après la résolution d’affaires difficiles.

Réfléchissant à son passé il se voit trois ennemis particulièrement coriaces et pervers susceptibles de vouloir sa perte. L’un d’entre n’est autre que son ex-beau père qu’il pense coupable du décès prématuré de sa mère. Les deux autres sont d’anciennes connaissances de l’armée dont il aurait bien voulu se passer.

On pourchasse donc les fantômes du passé encore bien vivants, à deux, même si Robin est menacée par le tueur.

On retrouve la propriétaire de la jambe dans le congélateur de son appartement ; bien que très jeune la fille possédait son propre appartement ? Et qui était-elle ?

L’intrigue progresse sur plusieurs fils :

- les recherches de Cormoran et Robien ensemble à travers l’Angleterre et l’Ecosse, et dans la capitale pour retrouver les traces des trois suspects ; leurs errements, leurs rencontres de diverses personnes ayant pu connaître les suspects, voire les avoir hébergés. On se balade, on rencontre des gens divers, dans des endroits variés (toujours bien campés). Certaines situations sont humoristiques, le salon de massage thaïlandais par exemple.

-les pérégrinations de Robin, seule, pour qui l’on craint, sachant qu’elle est poursuivie, et qu’elle n’hésite pas à rencontrer seule des personnes de l’entourage des suspects,

- A partir des découvertes des policiers du Yard concernant la victime, les investigations de nos détectives dans l’entourage de la fille à la jambe coupée) : là aussi, nous rencontrons une galeries de gens bizarres, effrayants, parfois drôles (humour noir). Notamment les acromotophiles…

- Le fil de narration concernant le tueur, qui intervient à la première personne, et souvent, pour dire ses pensées et raconter ses méfaits ; Ce contenu est discutable ; Je m’en serais passée…

- les souvenirs de Cormoran à propos des suspects qu’il a bien connus : ils suffisaient amplement à mon avis, pour se faire une idée des profils de ces messieurs…

D’autres fils de narration servent à retarder la résolution de l’enquête :

  • Robin et Cormoran font des filatures n’ayant rien à voir avec l’enquête en cours ; c’est la routine de leur métier. Cela tombe un peu à plat, même si les personnes suivies ont des noms prometteurs ( Platine, Mad Dad…)
  • Robin se querelle avec son fiancé, parfois avec sa famille, interrompt puis reprend la préparation de son mariage avec ce jeune homme que l’on connaît déjà : un sinistre crétin selon Cormoran…le tueur l’appelle Jolicoeur
  • Cormoran fréquente sans enthousiasme une femme assez ennuyeuse…
  • Robin et Cormoran qui s’aiment sans se l’avouer, se querellent se réconcilient…

Les apartés qui servent à retarder l’enquête sont inévitables dans les polars : dans les bons polars, ils sont attrayants. Le second concernant Robin retient l’attention, il révèle quelque chose de son passé. Mais rien de très passionnant, tout de même… Robin se révèle assez conformiste.

Les personnages : les suspects se ressemblent ; du moins dans l’esprit du lecteur. On les confond parfois : l’un est du genre plutôt pédophile, l’autre est cruel avec les femmes, le troisième l’ex-beau-père de Cormoran est comme le second, mais il est complètement camé.

Ces suspects ne sont pas assez différents les uns des autres…

Au final, le roman se lit bien, et reste attrayant, malgré ses défauts. Les fils de narration sont bien alternés ; le meilleur ( le pérégrinations de Robin et Cormoran à travers Londres et la province, et la rencontre de différents témoins potentiels) fait passer le moins bon ( Le côté thriller que je n’aime pas , la femme que fréquente Cormoran, le peu de personnalité des « méchants »).

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 10:10
SJ Watson Une autre vie

Sonatine, 2015

Julia est photographe de métier. Dans une exposition elle reconnaît une de ses œuvres ; y apparaît un certain Marcus( nu dans le miroir...), importante figure d’un passé peu glorieux, qu’elle voudrait oublier.

A présent, elle mène une vie rangée, un mari chirurgien, un fils, Connor, qui n’est que son neveu. C’est à 16 ans que sa sœur l’a mis au monde, et elle ne réussissait pas à s’en occuper ; avec le temps, l’héroïne et son mari sont devenus les parents adoptifs de l'enfant, et le chérissent, mais ils n'ont pu l'adopter légalement.

Doris, la jeune sœur voudrait reprendre Connor !

Et voilà qu’elle se fait assassiner…

Pour retrouver l’assassin de sa sœur, Julia consulte un site de rencontre sur Internet où elle avait l’habitude d’aller. Elle y est encouragée par Anna la colocataire de sa sœur.

Elle fait connaissance de Lucas sur le site; se rend compte que sa sœur avait peu de chance de le connaître, mais dans le doute… et surtout Lucas lui plaît, mais qui est vraiment Lucas ?

Une histoire bien ficelée et qu’on suit avec plaisir, mais l’écriture est une vraie désolation ! les personnages n’arrêtent pas de répéter « désolée, désolé, absolument désolée » (c’est un tic que l’on regrettait déjà dans le dernier opus…) et le reste est servi de façon ordinaire. Des efforts de style l’auteur en a beaucoup à faire ! mais qu'est-ce qui m'a pris de relire Watson? Il faut croire qu'il a des qualités...

Peut-être que le traducteur aurait pu pallier l’inconvénient : les synonymes de sorry ne manquent pas. Attristé, peiné, chagriné, contrarié, navré, consterné….

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 18:40

Actes sud Noir 2011

Ishigami, enseigne les mathématique à des collégiens peu intéressés, et passe tout son temps libre à résoudre de difficiles problèmes. Rien d’étonnant à ce cette vie austère et isolée lui pèse, même s’il ne s’en rend pas compte. Le résultat c’est qu’il a fini par tomber amoureux de sa voisine Yusako, une fraîche jeune femme, qui travaille dans un restaurant et élève seule sa fille. Lorsque Yusako, poursuivie par un ex-mari violent et pingre, en vient à le tuer avec l’aide de sa fille, il vole à son secours : n’importe qui aurait hésité à se rendre complice d’un meurtre, mais l’amour rend fou, on le sait.

Grâce au système élaboré par l’ingénieux professeur, la police tourne autour de Yusako, principale suspecte, et ne peut rien prouver, ni même comprendre. Que faisait le cadavre du mari près d’un campement de SDF ? Pourquoi avait-il emprunté un vélo neuf, abandonné en mauvais état près d’une station de métro ? Pourquoi les doigts du mort sont-ils brûlés et son crâne défoncé, puisqu’on n’a aucun mal à l’identifier ? Enfin, Yusako a un alibi en béton…

Des questions que l’inspecteur Kusanagi n’arrête pas de retourner dans sa tête, sans rien trouver de valable. Il en vient à s’ouvrir à son ami Yukawa, physicien qu’il connaît depuis l’université. Or Ishigami a fréquenté la même université, et Yukawa l’a bien connu. Ce dernier décide de rendre une petite visite à son ex-ami, le voisin de la suspecte....

C’est là sûrement le meilleur roman d’Higashino, bien que les autres méritent aussi le détour. En effet la stratégie d’Ishigami ne cesse de surprendre, et même si le lecteur en sait plus que la police, il est loin de tout deviner, et le suspense est maintenu jusqu'au bout, rendant cette enquête passionnante.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 09:08

Albin Michel, 2016 , 650 pages.

En 1994, une jeune fille est retrouvée morte fauchée par une voiture perchée en haut d’un arbre, d’où l’a propulsée le véhicule de l’assassin.

Elle participait à un stage de formation culturelle à Bornholm, une île du Danemark.

On a conclu à un accident, et le chauffard s’est révélé introuvable.

Le policier qui s’en occupait, Hansatt appelle Carl Morck pour lui dire de rouvrir l’enquête. Morck l’envoie promener, mais Hansatt se suicide lors de son pot de départ à la retraite.

Morck et ses acolytes décident alors de s’occuper de cette affaire.

On découvre que La jeune fille, Rachel, flirtait avec un garçon du stage et qu’elle l’avait laissé pour un homme plus âgé, vivant dans une communauté hippie.

Les trois policiers sont à la recherche de cet homme. Une longue recherche s’ensuit, on ne tarde pas à découvrir que la veuve d’Hansatt avait-elle aussi- succombé au charme du mystérieux hippie tendance Hari Krishna doublé de Dom Juan…

Parallèlement, nous faisons connaissance avec le centre de « naturabsortion » sis sur l’île d’Öland en Suède; il est tenu par un certain Atu Sahmanesh Dumuzi , révéré comme un dieu : il s’approprie des femmes de la communauté à sa guise. Son adjointe Pirjo, est extrêmement jalouse de ces femmes.

Voilà un roman très bien documenté sur les différentes pratiques issues du « développement durable » associé ( ou pas, selon les cas) à des rituels religieux et à un régime de dictature et de charlatanisme plus ou moins avancé.

C’est une enquête classique, bien menée, et les policiers sont bien typés. Évidemment ce roman étant le septième de la série on ne comprend pas tout du vécu de ces policiers, Rose en particulier...

j'ai l'intention de continuer la série par le premier roman, à l'occasion.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:27
Johann Theorin Fin d’été ****+

Albin Michel, 2013

Retour à Öland ; le vieux Gerlof sort de sa maison de retraite pour l’été ; il commence à trouver le temps long.

Il y a 70 ans, début des années 30, il aidait le fossoyeur pour se faire un peu d’argent l’été. On enterrait Edvard Kloss , mort écrasé sous un mur d’une dépendance de sa maison. Mort sûrement pas accidentelle… au moment de la descente en terre un gamin de douze ans Aron Fredh apparaît pour aider à descendre le cercueil. Des coups sourds, pendant l’ensevelissement font croire qu’il est vivant. On le ressort, mais le docteur Blom est formel : bien mort… on le ré enterre et les coups reprennent…

Ce n’est qu’à la fin du roman que Gerlof entrevoit une explication rationnelle.

Entre temps il aura à aider pour sauver des vies dans une histoire de vengeance. Aron Fred ( dit le Revenant) 70 ans plus tard est de retour au pays et cherche à se venger des Kloss.

Mais il y a des « bons Kloss » le petit Jonas, confident de Gerlof, qui a vu des morts vivants ! et son papa Niklas frère cadet de Kent Kloss, descendant tout aussi méchant qu’Edvard le mort des années 30…

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cet auteur . je regrette un peu qu'il soit retourné à l’île d’Öland, son précédent roman nous avait transporté ailleurs... toutefois, l'intrigue est très intéressante, et l'on a aussi la terrible expérience du goulag ( ce n'est pas Ivan Denissovitch mais c'est très bien tout de même).

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 14:19
Joël Dicker le Livre des Baltimore ***

De Fallois, 450 pages

Marcus Goldman l’écrivain de « L’Affaire Harry Québert », s’est installé en Floride dans la maison de feu son oncle Saul ; il veut écrire un livre sur sa jeunesse et celle de ses cousins les « Goldman-de-Baltimore » avec qui il formait un clan particulièrement soudé : à présent, rien de tout cela n’existe plus, car il y a eu « le Drame » dix ans auparavant.

Marcus vivait avec ses parents à Monclair ; l’oncle Saul, ainsi que Hillel son fils, et Woody leur enfant adoptif, habitaient Baltimore avec un train de vie nettement plus élevé que la famille de Marcus. Celui-ci les admirait et les enviait : toutefois, il faisait partie du clan.

Avec les années il apparut que quelques fissures lézardaient le merveilleux groupe. L’affection inconditionnelle que se portaient les membres n’excluait pas la rivalité et parfois la haine… et les adultes ne sont pas en reste ! Jusqu’au fameux « Drame ».

Marcus revient en arrière, faisant alterner plusieurs périodes : certaines concernent l’enfance de Hillel, sa rencontre avec Woody, leur amitié, d’autres des moments de leur adolescence où se produisent des incidents qui paraissent mineurs mais auront leur importance par la suite, des moments d’après le Drame, de sorte que nous passons d’une époque à l’autre ( et il y en a une bonne douzaine) jusqu’à ce que soit élucidé complètement la véritable histoire des Goldman .

La construction du récit est bonne, et elle ménage le suspense et les révélations, mais le récit lui-même est souvent laborieux et le propos naïf. Ce qu’il y a de bon dans le roman, ce sont les personnages d’Hillel et Woody et l’évolution de leur relation. Le reste m’a déplu, je l’avoue.

Un exemple : Le personnage d’Alexandra ! Le narrateur est incapable de lui donner le moindre relief ! On reste à ignorer le type de chansons qu’elle compose (on a l’impression fâcheuse que ce sont de banales chansons d’amour…), on ne sait rien de son style d’interprétation, de son jeu de scène, et même sa personnalité se réduit à des superlatifs : géniale, extrêmement belle, pétillante…

Hillel et Woody mis à part, et un peu l’oncle Saul, les personnages ne sont pas caractérisés, ils n’ont rien de particulier. C’est bien dommage pour un roman de cette longueur ! Quant aux nombreuses pages sur le football, et le droit commercial, elles sont longues et répétitives… malgré les qualités de construction, et le duo Hillel-Woody, bien souvent le récit m’a fait l’effet d’un pensum.

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