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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:20

Editions Fayard 2001

L'auteur,  Ed Mc Bain, une référence dans le domaine du polar,  a commandé trois « novellas »  (plus longues que des nouvelles, et plus courts que des romans, soit de 70 à cent ou cent vingt pages environ) à des romanciers reconnus.


Des billets sur la planche

Le premier texte est de Westlake et c'est une aventure de Dortmunder. Ce dernier et son complice Kelp acceptent d'aider Querk,  employé d'imprimerie, à fabriquer des billets de banque pour un petit pays d'Amérique latine. Pendant la fermeture de l'usine, ils en émettront un certain nombre et devront ensuite se rendre dans ce pays les échanger contre des dollars... mais  Kelp et Dordmunder se méfient de l'amie de  Querk qui tient une agence de voyage...


Otages

Le deuxième opus est d'Anne Perry. En Irlande du nord la famille d'un pasteur intransigeant se trouve prise en otage par un groupe catholique qui veut faire prendre au pasteur Connel sa retraite pour le remplacer par un modéré. Le pasteur ne veut pas céder même si ces messieurs sont armés et sa famille en danger. C'est Bridget,  jusque là épouse soumise et vouée aux rôles subalternes, qui  va créer une stratégie de survie...


La princesse Maïs : une histoire d'amour.


De Joyce-Carol Oates, qui a excellé aussi bien dans le roman psychologique que dans le polar.

Passionnée par les psychopathes, elle met ici en scène Jude Trahern, élève de 4eme d'un collège privé. La gamine vit avec sa grand-mère, malmenée par l'âge, incapable de l'élever. Avec deux copines qui se trouvent laides, elle a tenté sans succès de plaire au jeune professeur d'informatique.

Toutes trois  échafaudent un plan terrible : kidnapper  Marissa une élève de sixième un peu farouche et mal adaptée, qui possède de magnifiques cheveux blonds très clairs, en l'entraînant chez elle, sous le prétexte de lui offrir une bière dans laquelle elles ont mis de la drogue.

                                         « Bandes de cons !

Quoipourquoi mais ses cheveux pardi voilà pourquoi.

Non mais ces cheveux ! Et bon moi comme je les ai vus au soleil ils sont blonds doré pâle comme des soies de maïs le soleil y allumerait presque des étincelles. Et ses yeux qui me souriaient  avec comme de la nervosité et de l'espoir l'air de ne pas savoir ( mais qui pourrait savoir ?) quel vœu Jude a fait. Car je suis Jude l'Obscure, je suis la maîtresse des regards. »


Marissa est ensuite enfermée dans la cave ;  Jude veut procéder au sacrifice de la fillette pré pubère, semblable à ceux qu'accomplissaient les Iroquois pour demander au dieu de bonnes récoltes de maïs.

L'auteur nous montre des victimes qui s'attaquent à d'autres victimes : Jude Trahern et ses amies ont un physique ingrat, se sentent abandonnées par leurs familles. Leur souffre-douleur, marginale aussi, vit seule avec sa mère, dans un cocon. Toutes sont en échec scolaire.

Le seul avantage de Marissa, aux yeux de Jude, sont ses « magnifiques cheveux » et sa mère qui s'occupe d'elle jusqu'à la couver.  

Les adultes pâtissant aussi de la vengeance des fillettes (la mère de Marissa, et le jeune professeur d'informatique)  sont également fragiles,  et mal intégrés dans la société.


La construction est habile : on entend des monologues  en « j e » et en « il », les voix des  différents personnages alternant entre elles, semés de  rapports de dossiers psychologiques sur la fillette ( dont les résultats se contredisent), de coupures de journaux relatant la disparition et l'enquête, au final une utilisation judicieuse de différents procédés narratifs.  


Cette dernière histoire est fort réussie,  le portrait de la psychopathe intéressant ainsi que le suspense bien conduit. Voilà une novella qui devrait être éditée à part.


En tous cas j'ai bien l'intention de lire les quatre volumes de «  Transgressions »...


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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 23:47

Titre original " The Sweet Thereafter".

Actes-sud (Babel), 1994. 327 pages.


    Un accident d'autocar a eu lieu dans le nord de l'état de New-York à Sam Dent, une petite bourgade enneigée. Les victimes sont quatorze enfants du coin que le bus ramasse tous les matins pour les emmener à l'école.


Le roman consiste en cinq monologues de personnes ayant un rapport proche ou lointain avec l'accident. D'abord la conductrice Dolorès Driscoll, qui a freiné brutalement ce matin là, ayant cru voir un chien juste devant elle. Le bus a fait un plongeon dans le ravin (sans garde-fou) et  la moitié arrière s'est abîmée en contrebas dans une sablière pleine d'eau.

Dolorès donne au lecteur les informations nécessaires à une première appréhension de la tragédie et  raconte ce trajet qui s'avéra  mortel, cherchant, sans les trouver, des pressentiments et des causes plausibles. Dans son examen (qui est aussi un examen de conscience)  elle présente les principales familles concernées, leurs enfants maintenant morts (ou non), leurs différents problèmes sociaux et personnels. Ainsi que sa vie à elle, son mari Abbott, paralytique, et parlant par borborygmes qu'elle interprète comme s'il était une pythie...

Ensuite c'est Billy Ansel, le garagiste, veuf, et maintenant privé aussi de ses deux jumeaux.  Depuis l'accident, il a renoncé à sa liaison avec Risa et tous deux ne se parlent plus. Ce monologue est une longue méditation sur la culpabilité et le deuil.

L'avocat Stephens s'exprime  à son tour : il a voulu s'occuper de l'affaire pour  accuser de négligence   la municipalité, les services sociaux et la compagnie de bus, et tenter de faire verser des indemnités aux familles. Il visite les sinistrés et nous en donne une idée différente de celle des deux précédents narrateurs.

L'avocat  a aussi des ennuis familiaux, sa fille Zoé qui se drogue et se détruit à petit feu, raison pour laquelle il se sent en phase avec les victimes.

Nicole Burnell une rescapée de quatorze ans, se retrouve désormais en chaise roulante. Avant l'accident, elle songeait au suicide, son père  la forçait à des relations incestueuses. A présent, il n'osera plus la toucher, et elle pourra toujours s'enfermer dans  sa chambre. Etant donné qu'elle est interrogée par des avocats, elle lui fait peur et tire satisfaction (amère) de sa vengeance.

Elle trouve des avantages à sa nouvelle situation. Le titre «  The Sweet Thereafter » trouve ici une justification, tout aussi ironique que pour les autres narrateurs, mais plus concrète...

Là aussi le thème de la culpabilité est à l'œuvre et l'accident a mis fin à des relations sexuelles prohibées.

Le dernier monologue est à nouveau  Dolorès Driscoll, mais je n'ai pas eu envie de le lire. Je pense qu'il n'apporte rien de plus...

Un roman réaliste, en prise avec les problèmes sociaux. Des gens qui, à l'occasion  d'un coup dur, très dur, tentent  non seulement de survivre (parfois au prix de se considérer mort) mais de  tirer de cette nouvelle situation des vérités sur eux.

Le premier monologue m'a bien plu ; Dolorès à la fois naïve et réaliste, vive et  méticuleuse dans sa restitution des événements et des sensations,  augure bien du roman. Billy Ansel paraît étonnamment lucide, mis à distance de sa vie passée et capable d'en tirer ce qui en était déconcertant, ce qui suscite des questions. Au milieu du monologue d'Ansel, j'ai commencé pourtant à me lasser, et cet ennui relatif a perduré tout le long du rapport de Stephen Mitchell.

L'intérêt s'est relancé pour Nicole Burnell : le point de vue de l'adolescente  nous fait changer de monde.

Mais je n'ai pas lu le dernier monologue.

D'où vient cet ennui relatif ?


A chaque monologue, l'auteur épouse bien le point de vue du personnage, son entourage, ses expériences personnelles sont bien décrites de sa place.

Un autre travail est de changer  de  voix et de ton pour donner à chacun son accent particulier. L'auteur s'est efforcé de faire parler l'adolescente d'une façon plus directe et plus vive, avec  du mordant. Dolorès a aussi un certain brio, tandis qu'Ansel est porté sur l'introspection, et l'avocat considère les êtres de l'extérieur avec l'objectivité particulière de celui qui ne dépend pas de cette communauté.

Cela ne suffit pas toujours à garantir l'originalité du récit. Lorsque le même événement, la même description est répétée par un personnage différent,  il ne rend pas toujours un autre son, n'apporte pas toujours de nouvelles informations. Un certain piétinement, un ressassement sont à l'œuvre.


Dans l'ensemble, c'est tout de même un livre important.

L'avis d'Amanda

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 02:49

Cormac Mc Carthy. L’Obscurité du dehors

Titre original «  Outer Dark »publié en 1968, traduit en 1991 pour les éditions Actes sud.

236 pages.
 

J’ai eu l’idée de lire Mc Carthy en voulant lire l’original de No Country For Old Men, le film des frères Coen. J’ai trouvé ce roman qui réunit à peu près les mêmes ingrédients.

Mc Carthy est un auteur important ; on dira inspiré par Faulkner, comme tant d’autres et même un peu plus mais c’est une évidence, et il faudrait plutôt voir jusqu’à quel point il est différent.

 

 Quelque part dans le sud, Culla Holme et sa sœur vivent misérablement et dissimulés dans une cabane au fond des bois. Et maritalement aussi, puisque Rinthy accouche seule d’un petit garçon que son frère subtilise et abandonne dans la forêt. Après un épisode violents ils partent chacun de leur côté, elle pour retrouver son bébé qu’elle sait avoir été récupéré par un vieux colporteur, lui pour fuir, sans but précis. Deux errances parallèles et tragiques. Elle va de maison en maison acceptant un repas une couche pour la nuit, un parcours en carriole… des indications sur le colporteur. Il se fait journalier, et tous les jours fuit vers un autre village. Un trio de tueurs fous rôde dans les environs, s’attaque à des villageois et des passants au hasard, les pendent dans les arbres, profanent des tombes.

 

L’écriture est somptueuse, luxuriante parfois, précise ; on imagine aisément la silhouette le moindre petit détail d’une personne d’un lieu, d’un objet…

 

L’auteur a le goût du clair-obscur : «  Elle fut accueillie à la porte de la petite maison par un homme qui tenait en l’air une lanterne au-delà de laquelle se dessinait dans une frange de mince lumière les visages serrés de plusieurs femmes de tous âges, dont une antique commère qui n’avait point de nez »   

 

« son balluchon qu’elle tenait haut devant elle, la lampe juste à hauteur de son coude, tourmentée par un papillon de nuit dont la sombre forme projetée sur son visage semblait emprisonnée dans le crâne délicat, l’os mince et luisant d’une lueur rose comme une chose conservée dans un masque de porcelaine ».

«  Tard dans l’après-midi, elle entra dans la clairière, arrivant par le sentier où les étroites ornières des charrettes avaient écrasé les herbes et prenant ainsi à travers bois, à demi sauvage et hagarde dans son linceul informe, usé par le soleil, et pourtant si délicate comme l’est toujours une jeune biche, donc pénétrant dans la clairière et s’arrêtant un instant enclose dans une grâle de verdâtre et venteuse lumière, mince et tremblante et pâle avec des mains pareilles à des baguettes magiques pour interpeller ces formes sans squelette qui l’entouraient ».

 
 

Les dialogues sont remarquables de vérité, entre personnes qui parlent un langage simple pauvre même, mais que l’auteur sait rendre essentiel.

 

Le récit, vers la fin, tourne à la parabole biblique : des pourceaux qui courent et attaquent leurs maîtres, Culla, devenu bouc émissaire, doit fuir devant un prédicateur pervers et des porchers vindicatifs, il rencontre plusieurs fois un aveugle sur sa route et s’en suivent des considérations pseudo-philosophiques  sur les chemins qui vont et ne mènent nulle part, pour les voyants surtout…

Je dois dire que le récit me plaît moins vers la fin…

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 00:03

 

Christian Bourgois, 2007.247 pages.


A l’âge de 17ans, Kristy Sweetland passe quelques jours de vacances à Pine Ridge avec d’autres pom-pom girls. Gymnastique, feux de camp, et conditionnement à outrance dans le style "aimer la patrie, faire le bien, positiver », etc.…

Au deuxième jour, elle n’en peut plus et part en balade dans son auto neuve avec deux amies Desiree et Kristi. Les filles rencontrent deux adolescents dans une vieille voiture, qui les suivent tant bien que mal . Elles  leur font un peu de strip-tease en les croisant sur la route, près d’un lac, et  rentrent au camp.

L’angoisse ne tarde pas à s’emparer de Kristy : selon sa voisine, les deux garçons rôdent aux alentours, selon Desiree, ils sont fous, selon les flics ils ont disparu de chez eux, et elle nie les avoir vus près du lac. Kristy a toujours vu des fantômes par les nuits obscures, elle se souvient d’expériences traumatisantes de sa vie, d'accidents mortels… Son amie Desiree sort avec le maître-nageur, et passe toutes le nuits dans les bois…les deux jeunes l’invitent le soir du 4 juillet à faire du canoé sur le lac des Amants et une partie triangulaire sur la plage.

Au matin, Kristy découvre la bagnole des garçons croisés deux jours avant près du lac : elle a dérapé dans le ravin …

 

Le récit est bien conduit, comme toujours avec cet auteur, le suspense est à l’œuvre, la critique sociale bien menée, les descriptions d’états d’âme justes, l’ambiguïté des deux amies de la narratrice est réussie.Cependant, on s’égare un peu dans les fantasmes de Kristy, mais on apprécie dans l’ensemble.

Dans «  La Vie devant ses yeux » du même auteur, une femme aussi était rongée par la culpabilité à propos d'une catastrophe survenue dans sa jeunesse, et plongeait en plein délire, bien restitué. Là aussi, ça s’achevait dans l’épouvante… 

 
 

 

 

 

 

 

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 11:42
Publication originale en 1985.

Edité en 1997 le Livre de poche ( Biblio).

285 pages.

Monica, jeune femme de trente ans, divorcée, a voulu refaire sa vie loin de son échec précédent. La voilà en Pennsylvanie, professeur dans un collège de garçons chic.

Elle s’adapte tant bien que mal à ses collègues, qui donnent dans le religieux ostentatoire, et la mission éducative.


Sa voisine, Sheila Trask, est très différente, artiste peintre, bohème, fantasque, et cyclothymique. Monica et elle se lient d’amitié. Ce lien, va devenir beaucoup plus fort que ne le souhaite Monica. Tiraillée entre sa vie de professeur qu’elle commence à trouver médiocre, et sa relation avec Sheila, séduisante et despote, la jeune femme souffre.

Au contact de l’artiste, qui joue à la perfection une multiplicité de rôles, le monde du collège se révèle une autre comédie, beaucoup moins réussie.

Elle accepte de s’occuper des affaires de Sheila, croyant la contrôler alors que son amie la persécute, et délaisse son travail…

L’évolution des rapports entre les deux femmes nous est contée du solstice d’hiver à celui d’été, d’où le titre.

La traductrice Anne Rabinovitch est célèbre. Je n’ose donc accuser la traduction, et me dis que le style de Oates dans ce roman n’a pas grand intérêt.

Mais la narration est bien assumée, la tension dramatique forte, et l’on a quelques portraits féroces de bourgeois intensément charitables et trop bien intentionnés, de jeunes et vieux snobs, et des deux protagonistes, Sheila étant un personnage contradictoire fort intéressant.

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:57

Niagara-chutes-450px-Firmin_Didot_Freres_Falls.PNGJoyce-Carol Oates Les Chutes. Philippe Rey, 2004.504 pages.

 

 

 

Pas étonnant que l’une des plus grandes spécialistes du roman-fleuve américain, se lance à corps perdu dans les chutes du Niagara !

 

Et je dois dire qu’elle y navigue  à vue ! moi qui n’ai jamais dépassé la centaine de pages dans « Blonde », moi qui préfère de cet auteur les récits courts,   j’ai lu ce roman là d’une traite, sans faiblir.

 

 

 

En juin 1950, Ariah qui a 29 ans, fraîchement mariée, commence son épopée conjugale à Niagara Falls, lieu fort apprécié pour les voyages de noce. Et c'est la tragédie!  Le marié, Erskine, gravement perturbé par sa nuit (de haine plutôt que d'amour) va  se jeter à l’aube dans les Horseschoe Falls ( les chutes du fer à cheval)
l’endroit le plus  dangereux du Goat Island, en même temps que le plus beau et le plus envoûtant. Là les rapides sont pris de frénésie. Une eau blanche bouillonnante, écumeuse, fuse à cinq mètres dans les airs… trois mille tonnes d’eau se précipitent chaque seconde dans les gorges. L’air gronde, vibre. Le sol tremble sous vos pieds. Comme si la terre même commençait à se fendre, à se désintégrer, jusqu’à son centre en fusion.

 

 

 

Pendant une semaine, Ariah participe aux recherches pour retrouver le corps et parcourt inlassablement les environs ; sa silhouette encapuchonnée, son allure singulière, hallucinée, la font surnommer «  la veuve blanche », voir le «  Fantôme des Chutes ».

 

Elle intéresse Dirk Burnaby, avocat d’affaire dans la ville, qui s’en éprend aussitôt.

 

 

 

Cette intrigue très romanesque, prend assez vite une épaisseur sociale et psychologique. La famille de Dirk n’accepte pas Ariah, venue d’un milieu plus modeste. Le second mariage d’Ariah, trop proche du premier veuvage, choque tout le monde.   

 

Les Burnaby ont des difficultés avec leurs enfants qui ne savent où se situer. Le premier enfant du couple reste lié à la tragédie initiale. La fascination pour les chutes y joue un grand rôle.

 

 

 

Mais les chutes ne sont pas que de la beauté naturelle. Des usines chimiques se sont implantées dans les environs, et polluent gravement le sol et l’air.

 

Dirk fait la connaissance d’une famille malade de la pollution, qui vit dans les HLM des environs, et veut porter plainte. Le sol qui sert de fondement aux habitations, à l’école du quartier, le sol des jardins est saturé de déchets, notamment radioactifs qui  détruit la santé  des  habitants économiquement faibles…

 

 Ariah domine la distribution, personnage contradictoire, ambigu, détestable, émouvant.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 15:23
  l'austérité telle que nous l'entendons en français n'a pas, d'ordinaire, de points communs avec l'Austérité. Tout au plus avions-nous le dépouillement dans "Anna Blume".

 Voilà pourtant une exception. 
 

Le titre anglais indique qu’il s’agit de « voyages », faisant par là référence au fait que Mr Blank voyage en imagination : dans son passé (souvenirs d’enfance et d’adolescence) dans le manuscrit esquissé d’un certain John Trause dont il imagine la suite.


Ces voyages restent limités. Mr Blank dont le nom évoque la page blanche, l’espace vide, la désincarnation, est un vieux monsieur plus ou moins amnésique, quelque peu handicapé physique, qui vit dans une pièce fermée dont il ne sait s’il peut sortir. On lui conseille en tout cas de rester cloîtré. Il reçoit des visites de la part de gens qu’il se rappelle avoir envoyé autrefois en mission ( des missions difficiles et périlleuses). Ils lui en veulent, tout en étant secourables. C’est Anna Blume qui paraît être le personnage central.


Peut-être le roman  dont  son auteur est le plus satisfait ?


Mr Blank se pense prisonnier de créatures qui lui veulent du mal, mais il sait aussi que c’est plus complexe que cela… 
 

 Mr Blank apparaît cousin des créatures de  Beckett : le thème du vieux monsieur, en détresse, enfermé, entravé dans ses mouvements… surtout l’insistance sur les problèmes matériels, les besoins corporels, les obstacles physiques… mais c’est du Beckett « light ». Mr Blank , si triste que soit sa position, se paye des  petits instant de bonheur et de fantaisie qu’envierait un Molloy.  


De plus il est capable de concevoir une intrigue et de la détailler, en imaginant la suite du récit de John Trause, dont il a lu le début, un manuscrit posé sur son bureau.


Ce récit est intéressant : Les dirigeants du pays imaginé par Trause, La Confédération, veulent à tout prix déclencher une guerre contre leurs voisins les Primitifs (que Mr. Blank va rebaptiser les Djiens) pour exalter le sentiment patriotique; ils veulent également que ce soit les Djiens qui passent pour les avoir attaqués, afin de légitimer ladite guerre. Ils envoient une armée en territoire Djien, et la déciment eux-mêmes, voyant que les Djiens ne réagissent pas. Et se servent d’un haut fonctionnaire Graf, pour lui faire constater, alors qu’il est en territoire Djien, la décimation de cette armée. Ce récit de Graf va servir à laisser croire que les Djiens ont attaqué l’armée en question.


Voilà donc le commentaire d’Auster sur la politique étrangère de son pays. Il n’a rien de rassurant !  Pour pouvoir entrer en guerre contre un pays, faire croire à la population que ce dernier nous a attaqué... 

 

      On croit comprendre que Mr Blank, est sujet d’étude d’un narrateur qui l’espionne avec des micros et des caméras (d’où le ton de précision clinique employé pour décrire ses faits et gestes), et qu’il  a rendez-vous avec les personnages de certains des romans précédents d’Auster, appelés ici « chargés de mission »ou « pupilles » qu’il a envoyés dans le monde  et qu’il ne différencie pas des gens qu’il a connus dans la réalité.

Parce que ses «  créatures », il les avait modelées à partir de personnes réelles.


Il confond ainsi Sophie, son premier flirt dans la réalité, avec Sophie Fanshawe de «  La Chambre dérobée », qui vient lui porter un plateau de repas et le mettre au lit.


 Les personnages sont très remontés contre lui (les femmes excepté) et veulent se venger des destins lamentables qu’il leur a concoctés. Benjamin Sachs, de Léviathan, veut sa mort.

 

Le personnage qui se retourne contre son auteur est un sujet de roman souvent traité. 

Si l’on lit « Cœur de pierre » de Pierre Péju, sorti dernièrement, on constate aussi la présence de personnages de roman qui veulent leur indépendance...


 C’est l’homme qui se fâche contre Dieu, sauf qu’ici les personnages ont des pouvoirs (au moins celui d’inquiéter Mr Blank) et que ce dernier n’est pas tout puissant,  il s’en faut… !


Nous ne savons pas comment le narrateur, certes au courant des faits et gestes et paroles de Blank, à cause des micros et caméras postés dans sa chambre, peut aussi lire dans ses pensées… car, si ce narrateur était vraiment omniscient il n’aurait pas besoin de micros.

S’il  doit en utiliser, c’est qu’il ne connaît pas les pensées de Blank… à la fin du livre, nous apprenons que Blank est devenu le personnage du narrateur, ce qui ne règle pas le problème que j’énonçais.


Le narrateur de l’histoire se présente comme l’un des personnages et parle en leurs noms : «  Mr Blank est l’un d’entre nous désormais, et si désespérément qu’il s’efforce de comprendre, il sera toujours perdu…sans lui nous ne sommes rien, et le paradoxe, c’est que nous, les chimères du cerveau d’un autre, nous survivrons au cerveau qui nous a fabriqués, car une fois lancés dans le monde, nous continuons à exister à jamais et on continue à raconter nos histoires, même après notre mort ».

Il se présente aussi comme le créateur du personnage Blank. Lequel lit le  récit d’un autre parlant de  sa propre personne…

 Auster, Blank, le narrateur, John Trause, tous les mêmes ( écrivains et personnages) mais pas tous dans la même position. 

 

L’ensemble laisse l’impression d’une condition humaine où chacun vit un certain enfermement, (deux des personnages, Blank et Graf, sont prisonniers) sans savoir qui les a enfermés, et ce que sera la suite. Ils se  créent une existence en fabriquant des récits.

 

Ils n’existent chacun que dans le récit ou le rêve d’un autre,( on pense à cette célèbre nouvelle de Borges) y compris s’il se racontent eux-mêmes, ils sont  "l’autre" de leur récit.

Beaucoup de questions métaphysiques hantent le texte : «  Qui est-il ? Que fait-il là ? Quand est-il arrivé là et jusqu’à quand y restera t‘il ? »

 

Un texte riche,  d’où n’est pas absente la réflexion politique.


 
 
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 08:39

Seb-Knight-copie-2.jpgNabokov,Vladimir ( 1899-1977) " La Vraie vie de Sébastien Knight" roman américain.

Année de publication :1941

Edition :SEUIL (-Point roman)

Résumé :Sebastian est né en 1899, à St Pétersbourg, de père russe et de mère anglaise : il est resté très attaché à cette mère, Virginia, qu’il a à peine connue : elle est partie tôt avec un amant. Devenu adulte et écrivain, il adopte son nom de jeune fille , Knight, un nom qui signifie « chevalier », et il écrit en anglais. Son père était mort pour elle, en duel.

Après la mort, en 1936, de Sebastian, son demi-frère, narrateur de l’histoire, veut écrire sa biographie. D’abord pour le réhabiliter, car Sebastian, après un certain succès, est à présent considéré comme un écrivain obscur, pratiquant une écriture trop expérimentale, et d’autre part individualiste, narcissique, étranger à son époque.

Le narrateur, en outre , a toujours été attiré par Sebastian et lui voue une forte admiration depuis l’enfance. Or, Sébastian, de six ans son aîné, « trop jeune pour être un guide, trop âgé pour que s’établisse une complicité, n’a jamais voulu communiquer avec lui. A la fin de sa vie, pourtant, il lui a enfin écrit une lettre dans laquelle il réclamait sa présence. Sans le dire, il était mourant, et son demi-frère restait sa seule famille. Mais le narrateur a également manqué cet ultime rendez-vous : il veillait un autre mourant sans le savoir !

Pour en savoir davantage sur Sébastian, le narrateur s’inspire de ses ouvrages, l’un d’eux, « Objets trouvés « , contient beaucoup d’éléments biographiques. Il contacte les proches du défunt : Mr Goodmann, son dernier secrétaire, qui écrivit sur lui une biographie ironique, Clare Bishop, la compagne essentielle de Sebastian pendant six ans , ne veut pas le rencontrer et décède peu après . Un poète, Sheldon, une amie de Clare, Mlle Pratt lui donnent de quoi recomposer certaines scènes. Un ami de collège, Rosanov, lui parle de sa jeunesse russe et d’une. mystérieuse jeune femme que Sebastian rencontra en Alsace. Il se fait aider d’un détective.

Le narrateur s’est-il réellement approché de Sebastian ? Une série de portraits négatifs mais intéressants, et quelques séquences reconstituées sont un maigre butin. Le narrateur est obligé de compléter subjectivement le portrait, s’exprime en son propre nom, et s’éloigne de son modèle tout en sentant s’être glissé dans sa peau.

Commentaires : Le livre explore les relations de l’écrivain et de son personnage. Sebastian est devenu un personnage de fiction pour son biographe.

Sebastian veut être anglais comme sa mère qui lui a manqué., écrit en anglais et redevient russe dans les dernières années de sa courte vie. Nabokov écrit là son premier roman en anglais. Avons-nous le Nabokov russe qui se penche sur l’exilé anglophone ? Le narrateur recherche très systématiquement ce qui reste de russe chez Sebastian.

Expérimentations : « Sebastian a présenté dans son premier livre les différentes manières de composition à travers des personnages… Dans le second, il explore l’idée du destin, les procédés utilisés pour le rendre ».

Solitude de l’intellectuel : Sebastian est incompris des critiques et écrivains frivoles de son époque, qui le jugent obscur, ne saisissant même pas la parodie, et ignorant la lecture au second degré qu’on doit pratiquer dans son cas. Ils manquent singulièrement de culture : Mr Goodmann ne reconnaît même pas une parodie simple de Hamlet dans une nouvelle de Sebastian.

Fausse autobiographie : Nabokov a mélangé des détails connus de son histoire personnelle avec d’autres qui en diffèrent complètement pour tirer le portrait de Sébastian.

En contemplant le portrait de Sebastian, »sentant que Narcisse se reflétant dans l’eau », éxécuté par un bon peintre qui ne le connut que très peu, le narrateur médite : « Je ne sais quel fut son secret à lui, mais j’ai moi aussi appris un secret à savoir : que l’âme n’est qu’une manière d(être, non un état constant, que toute âme peut être vôtre, si vous découvrez et suivez son ondoiement. L’au-delà , ce n’est peut-être que la pleine aptitude à vivre consciemment en toute âme choisie, en autant d’âmes que l’on veut, toutes inconscientes de ce qu’elles portent d’interchangeables. Et donc, je suis Sebastian Knight… je ne puis sortir de mon rôle : le masque de Sebastian a épousé la forme de mon visage…Je suis Sebastian, ou Sebastian est moi, ou peut-être sommes-nous , lui et moi, un autre que personne ne connaîtSeb-Knight-copie-1.jpg

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 17:33

 

A-moi-pour-toujours.jpg

 

 

 

 

 

Titre original «  Be Mine » USA, édition française Christian Bourgois, 2007.

 


           Sherry Seymour, la quarantaine, prof d’anglais dans une université du Michigan. Elle vit en banlieue, Jon son mari est concepteur de logiciels, Chad, son fils unique, pour qui elle a été une vraie mère poule, étudie  le droit à Berkeley. L’existence ordinaire d’une bourgeoise moyenne, jouissant d’une certaine qualité de vie. Son métier, enseigner l’anglais à des étudiants défavorisés, est davantage une mission sociale qu’intellectuelle.

Elle souffre de n’avoir pas d’activité intéressante en dehors de sa routine (ce livre de Virginia Woolf que je ne finirais jamais…) et s’ennuie quelque peu.

Les déclarations d’amour d’un admirateur anonyme sont déposées dans son casier. Malgré la grande banalité de ces missives, Sherry est piquée de curiosité, en parle à tout le monde ( son amie, son fils, son mari) et cherche à savoir de qui il s’agit.

Son mari  s’intéresse beaucoup à ces billets  doux. En effet, Jon et Sherry partagent un fantasme, qui est depuis toujours la base de leur sexualité : chacun s’imagine  en train de séduire un (e) partenaire extérieur(e ) et raconte à l’autre le scénario…c'est leur façon de "jouir".


Mais  si le «  partenaire imaginaire » se matérialisait, qu’adviendrait-il d’eux ?


Voilà une question  à quoi le roman répond adroitement avec réalisme, ironie, une certaine vraisemblance,  et de temps à autre, des morceaux de prose poétique bien tournés.

 Le chemin de la compréhension du problème passe par toute sorte de petits accidents anticipateurs du dénouement. L’intérêt ne faiblit pas parce que l’héroïne considère les incidents de la vie et les comportements de ses proches comme autant de signes à interpréter, qu’elle se trompe, et nous trompe aussi. 

De Laura Kasischke, j’ai déjà lu , avant le blog,«  Un Oiseau blanc dans le blizzard », empli de belles métaphores de « neige » et d’un mystère à propos de la disparition de la mère de l’héroïne adolescente,  élucidé entre les lignes, mais qui n’épuise pas l’intérêt du roman à propos de l’évolution de la narratrice.

Et «  La Vie devant ses yeux », plus tragique et effrayant que les autres est aussi le plus riche poétiquement, tant l’héroïne, également une femme mariée à problèmes, vit dans un passé traumatisant et éprouve des sensations proches de l’hallucination qui créent un univers onirique original. Si on ne devait en lire qu’un il faudrait choisir ce dernier.


 Toutefois on peut lire les trois avec plaisir.


Laura Kasischke est souvent, à juste titre, comparée à Joyce-Carol Oates.

 
 
 
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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 14:29

 

Publié aux éditions  Gaalade en février 2007


 

Le Cluedo : David, quinze ans aujourd’hui, jettera t’il sa gourme ? Son frère aîné Jacob écrivain en panne arrivera t’il encore à créer ? Marian   célibataire esseulée trouvera t’elle une âme frère ? Susan peut- elle aimer encore Jacob ? …
en attendant, ils jouent tristement au cluedo  
les personnages du jeu s’animent pendant la partie : Mlle Rose ne sait si elle veut que le colonel Moutarde la viole ou non, le colonel veut bien mais n’est pas sûr d’éprouver du plaisir, le professeur Olive se demande s’il veut vraiment voir ça, Le docteur Violet se perd dans les passages secrets sous la maison veut revenir en arrière mais poursuit sa route, Mme Pervenche se demande si elle est ou non jalouse de Mme Leblanc qui ne sait pas si elle doit rire ou pleurer ! Beaucoup de questions, rien ne se résout, la partie peut-elle s’achever ?
Le ton est ironique, parfois sentimental, avec quelques belles descriptions et les personnages du cluedo sont plus complexes que les joueurs.

 

Le Rideau : un petit garçon, autorisé à se rendre seul au cinéma, s’aventure dans les coulisses, contemple et détaille avec excitation et un peu d’effroi des personnages de films archétypaux, les suppose vivants, mais comme Saint Thomas, veut toucher …une jolie fille qui arpente sa loge en répétant des phrases tragiques à moitié dites… et s’enfonce dans une substance épaisse, de la chair peut-être , de la peau , sûrement pas… vue par les yeux d’un enfant l’aventure garde un côté insolite, effrayant proche du fantastique et aussi de ce que Freud nomme « l’inquiétante étrangeté » très présente dans ce texte.

Le Musée Barnum : il consiste en une multitude de salles où sont présentées des scènes de foire et des décor de faux semblant : avaleurs de sabres, dragon cracheurs de feu, aquarium avec rochers où nagent des apparences de sirènes, faux et vrais monstres en tous genre.

Bien des gens sont fascinés, ou attirés comme par des aimants dans cet ensemble où l’on se perd volontiers mais où un gardien vous reconduit toujours. Des visiteurs en sont las d’autres persistent à l’aimer. Il ressemble à l’Enfer (plusieurs nouveaux au-dessus et en dessous, des sous-sol qui descendent toujours plus bas l’on ne sait jusqu’où).

Phinéas Barnum est l’inventeur des effets spéciaux et des artifices. 

C’est peut-être aussi une métaphore du monde comme cirque. L’une des meilleures pages de «  La Vie trop brève d’Edwin Mulhouse » est la description d’un champ de foire à peu près vide où deux gamins de 11 ans se rappellent les splendeurs d’antan (de leurs six-huit ans, lorsque la foire battait son plein).  

Borges voyait le monde comme une immense bibliothèque…on peut le voir aussi comme une foire bruyante et tapageuse.

 

 

 

 

Carte postale sépia : Il a quitté Claudia avec qui il s’est querellé et s’est logé dans l’hôtel d’un petite bled battu par de violentes pluies et de fortes bourrasques de vent.

Par désoeuvrement, il achète une carte postale dans une boutique de Souvenirs où l’on vent toute sorte d’objets anciens à prix divers, une accumulation de petits objets dont l’auteur aime à faire des descriptions interminables. Le dessin de la carte qu’il achète l’effraie, les personnages au début indistincts prennent du relief comme tout ce qui commence à vous obséder, les personnages de la carte semblent embarqués dans une querelle grave, la femme est menacée par un homme armé d’un couteau. Indiscrets, ils vont réveiller le dormeur en pleine nuit…

 

Le Huitième voyage de Sindbad

De tous ces récits je crois que c’est mon préféré.

Le récit progresse en trois narrations alternées.

Sindbad, devenu vieux, sentant sa fin prochaine, assis dans son patio en dessous d’un oranger, rêve à ses voyages, se demande s’il les a déjà effectués et de quelle manière, cherche à se rappeler des détails pour répondre valablement à la question.

Le narrateur   effectue un travail de réflexion et d’enquête sur   les Mille et une nuit, comment elles furent popularisées en Europe, ce que l’on peut en penser, et s’interroge aussi sur les procédés d’énonciation dans ces textes et les différents destinataires : Shéhérazade raconte en une vingtaine de nuit à son époux ce que Sindbad a vécu en six jours et qu’il relate lui-même en trois soirées à des marchands et à un ouvrier…

Sindbad conte son dernier voyage à l’imitation des précédents ; le héros arrive dans unne ville –fantôme, après un naufrage, il est peut-être mort, rencontre des navigateurs, des négociants, un roi, et le célèbre oiseau roc…

 

Pluie : un homme qui sort du cinéma est agressé par une pluie violente ; d’abord inquiet pour ses vêtements, puis pour sa conduite, car il n’arrive pas à essuyer ses lunettes, et les essuie-glaces sont insuffisants, il est immobilisé dans une ornière puis dans une cabine téléphonique du centre commercial noyé, qui se dissout tandis que lui-même assiste à sa propre liquéfaction avant de disparaître ;  je dois dire que c’est d’actualité et l’on ne peut rêver récit d’un ton plus  juste.

 

Dans l’ensemble, une écriture toujours  belle sur le thème de l’illusion ;  certains récits sont trop longs (le Musée Barnum), d’autres sont agaçants ( le tout dernier sur  un illusionniste allemand, deux autres que je n’ai pas nommés non lus et dont on peut bien se passer…)

Les deux tiers  du volume se lisent avec plaisir.

 

 

 

 
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