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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 23:38

Au Diable Vauvert, 2005, première parution aux USA en 1995.


Le parcours de deux garçons, qui ont été victime  d'actes pédophiles  à l'âge de huit ans dans une petite ville du Kansas, Hutchison. Le criminel fut leur entraîneur de base-ball.

Les deux histoires sont contées en narrations alternées.


Brian Lackey  ne se souvient de rien sauf de grands trous noirs au moment des agressions. «  cinq heures ont disparu de ma vie » . Et, à 19 ans, il enquête pour savoir ce qui lui est vraiment arrivé. Victime d'énurésie, d'évanouissements inexpliqués, vivant seul avec sa mère divorcée, sans vie sexuelle ni sociale,  il entretient un délire qui consiste à croire que pendant ces «  absences » il a été victime d'agressions de la part d'extra-terrestres. Une jeune fille, Avalyn, a vécu les mêmes choses et l'accompagne dans son enquête.

Immature, névrosé, mais pas stupide, il finit par renoncer à son explication délirante, et se lancer dans une vraie recherche qui le mène vers Neil Mc Cormick un gamin de son âge qui jouait aussi au base-ball avec lui....


Neil Mc Cormick l'autre victime, se souvient très bien,  de ce qui lui est arrivé. Il s'est laissé séduire par l'entraîneur sans difficulté, et éprouvé pour lui le sentiment amoureux.  Il vivait dans une atmosphère de relâchement sexuel, sa mère qui l'élevait étant alcoolique et nymphomane. Il appréciait les hommes vus sur ses magazines à elle.

Mais de là à franchir le fossé du fantasme à la réalité... ??

Nous comprenons que l'entraîneur a représenté pour lui une figure paternelle valorisante.

Il décrit bien, mais trop longuement les scènes qu'il vécut avec cet homme.

Le voilà aussi à 19 ans, délinquant, drogué( mais pas à mort), et prostitué aussi... c'est par l'intermédiaire d'Eric, un de ses amis, qu'il va enfin rencontrer Brian et lui raconter tout.


Ce roman  est  écrit assez correctement, mais pas suffisamment pour être une œuvre d'art, et même trop long pour un bon roman. Même chez un auteur tel que Jean Genet, dont les ambitions littéraires sont réelles et assumées, les scènes de sexe m'ennuient vite.

Ici, le talent de l'auteur, moyen, ne lui  laissait d'autre choix que le témoignage à  visée sociale.  Mais dans ce cas, il n'aurait pas dû s'étendre aussi longuement sur certains détails.

Les scènes de sexe sont trop longues, des suggestions ou quelques notations courtes eussent fait plus d'effet. Je ne vois nul intérêt à parler aussi abondamment de la vie de prostitué de Neil. Ce sont toujours les mêmes descriptions et le récit progresse peu ; sauf lorsqu'à la fin, il reçoit une raclée de la part d'un client (encore une fois il y a trop de détails inutiles pour que l'on s'émeuve, mais assez pour que l'on se dégoûte).

Trop long aussi les récits de Wendy et d'Eric, personnages utilitaires sans plus. Cinq six pages pour chacun aurait suffi. Les portraits de ces deux adolescents n'ont rien qui sorte de l'ordinaire...


L'enquête de Brian sur son passé est carrément assommante, lors de ses détours par les ovnis et extra- terrestres ! On croit difficilement que des jeunes de vingt ans puissent adhérer un seul instant à de telles sottises! J'avoue avoir passé des pages sur sa relation avec Avalyn.


Les jeunes gens vivent dans un milieu social évidemment défavorisé, avec des parents, soit délinquants eux-mêmes, soit indifférents, soit bizarrement naïfs ( la mère de Brian, celle de Neil aussi d'ailleurs, qui sont surtout bonnes cuisinière, mais rien de plus...). D'ailleurs ce même Brian, saisi d'un accès de lucidité, se dit que si ça se trouve, elle sait tout, sa mère,  mais préfère n'en pas parler. J'aurais aimé que l'on insiste sur ces non-dits car c'est là un aspect capital : que savaient ou soupçonnaient réellement les adultes, qui n'ont rien  dit et pourquoi ? On ne sait rien non plus du vrai coupable, jamais appréhendé.


Et  le témoignage à visée sociale se devait de faire intervenir un narrateur disant ce qu'il pense de la situation, en plus des récits des deux garçons.


Malgré tout, pour l'aspect documentaire,   j'aime assez le récit des festivités d'Halloween chez les enfants ; la description en est vivante et soignée.


Si  l'histoire était moins longue, elle pourrait se poursuivre utilement là où elle s'arrête, là où les deux garçons, réunis par la parole, pourraient envisager une nouvelle vie.

Mais cela n'intéresse pas forcément l'auteur. Je ne sais pas ce qu'il a voulu faire !


Ce  roman est conseillé par Ys, qui a éveillé mon attention.


J'ai exploré le site des éditions  Au Diable Vauvert,   où le roman a été publié en français. Les critiques sont élogieuses, on parle de poésie, de représentation réaliste de l'adolescence.


Je n'y ai pas été très sensible, tant pis!



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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 23:05


Laffont, (lot 49), 470 pages.

Titre original : The Echo Maker.


Michael Schluter, jeune homme de 27 ans, technicien de maintenance en informatique, est victime d'un accident. Son camion se déporte et tombe dans un fossé sur une grande route du Nebraska, à proximité de la rivière marécageuse ( célèbre ) où les grues viennent  faire halte en février, lors  de leur retour vers l'Alaska.

Grâce à un appel anonyme, il est transporté à l'hôpital, et sauvé de justesse, sort du coma pour reconnaître à son chevet, sa sœur Karin, mais nier que ce soit vraiment elle. Il développe une interprétation délirante : Ce serait une fausse Karin, un sosie ou une copie de la vraie, envoyée par on ne sait qui, à des fins malveillantes.

Il s'agit du syndrome de Capgras.

Karin est d'autant plus choquée qu'elle s'est toujours occupée de son frère, là où ses propres parents furent gravement défaillants.

Il y aussi, ce billet étrange que Mark a trouvé sur sa table de chevet «  je ne suis personne ; ce soir sur la North Line Dieu me conduit vers toi afin que tu puisses vivre et en ramène d'autres »


Qui a écrit ce texte ? Et quel sens lui donner ?

Pour Mark qui ne se souvient pas de l'accident, ce billet contient un message fort, il enquête pour trouver le rédacteur du billet qu'il appelle son « ange gardien ».

 Le billet  semble avoir un contenu religieux, Qu'avait en tête cet « ange gardien ? » Serait-ce un illuminé ?

L'accident de Mark serait-il un suicide ? Ou y aurait-il eu acte criminel ? La police établit que plusieurs véhicules se seraient trouvés au même moment sur cette route, en principe déserte, à l'heure où l'accident s'est produit...

Karin maintient sa présence auprès de son frère, et fait appel à un neurologue connu du grand public, Gerald Weber. Ce dernier a écrit plusieurs livres décrivant des cas particuliers de patients ayant développé des troubles psychiatriques à la suite de lésions cérébrales.

Il s'intéresse à Mark et vient faire un diagnostic.

Le problème c'est que Mark n'a pas subi de lésions cérébrales décelables. Ses troubles psychotiques relèvent donc d'une psychothérapie. Adepte des sciences cognitives, Weber n'est pas le toubib idéal pour lui, loin s'en faut !

Mark est entouré également de ses collègues de travail et amis, de sa copine, et d'une aide-soignante, Barbara, qui s'intéresse à lui au-delà de ce qui est requis.

Karin devient la tutrice de son frère, abandonne son job, renoue avec son ex-ami, Daniel, défenseur de l'environnement...


Dans ce roman, j'ai aimé le personnage principal, Mark : immédiatement sympathique au lecteur, plein d'énergie, et de curiosité, résolu à percer l'énigme de son accident ( il ne s'en souvient pas), doté d'un grand sens de l'humour(qui fait défaut aux autres personnages) et d'une verve exceptionnelle, où l'on trouve  le meilleur de l'écriture de l'auteur. Il nous fait parfois rire et il est bien le seul ! Son délire n'en fait pas un inquiétant paranoïaque ; il conserve du bon sens, de la joie de vivre, et une intelligence aiguë.

Le docteur Weber est un personnage sinistre, ennuyeux, et dangereux à la limite( il prescrit une thérapie comportementale, la pire des chose ! la psychologie pour les chiens !). Ses problèmes de couple nous ennuient autant que ses atermoiements,  ses interminables monologues, et sa psychologie de bazar.

D'autres personnages sont à la limite de la caricature, tel que Daniel, le défenseur de l'environnement, végétalien, vivant comme un moine, n'allumant jamais le chauffage, profondément inhibé...

Le récit comporte des pages assez belles sur les  grues et leurs déplacements : on nous explique aussi le rôle mythologique de ces animaux, dans la plupart des cultures.

On apprend aussi beaucoup de choses sur le Nebraska, son histoire, son avenir social compromis.

L'intrigue a pour signification un changement profond dans la vie de Mark, qui va mettre de la distance entre sa sœur et lui (c'est le sens de ses symptômes) et se découvrir une relation sérieuse avec une autre femme. Il le paie au prix fort, mais le résultat est à mon avis loin d'être négatif. Elle aussi Karin, change de vie, évolution lente douloureuse, frustrante. Elle s'est toujours occupée de son frère suite à une enfance traumatisante (évoquée de façon correcte) et il leur faut grandir, mener leur vie chacun de leur côté.  De ce point de vue, le récit, comme roman d'apprentissage,  est très réussi.


Nous avons aussi le contexte de l'immédiat après-onze septembre, et son influence sur les gens. C'est un peu la tarte à la crème du moment, et sur ce plan là, on n'apprendra rien que l'on ne sache déjà.

Donc, ce roman est à moitié bon. Non sans intérêt, mais décevant par rapport aux comptes-rendus, lus ici et là...je me serais bien passée du docteur Weber !!


Pour d'autres avis différent, Amanda et Keisha.


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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 10:03


Actes-sud ( Babel) 2000, 566 pages.

 

Bob Dubois réparateur de chaudière dans une petite ville du New Hampshire, laisse éclater sa rage à la veille de Noël 1979. Il n'en peut plus d'être ouvrier et de gagner un salaire de misère, même en faisant des heures supplémentaires la nuit.

Là-bas, en Floride, son frère Eddie et son pote Avery font «  des affaires », mènent la « grande vie », eux qui sont débrouillards... ils ont  promis à Bob un avenir riant.

En dépit de ses nombreuses qualités humaines, Bob est assez violent, et  sa femme n'a d'autre choix que d'accepter de tout quitter et de partir en Floride avec leurs deux fillettes.

Au paradis des moustiques et des escrocs, il ne devient pas, comme il le croyait, un self-made--man, un homme d'affaire aisé. A l'imitation de ses acolytes, il doit se lancer dans des opérations de petite et moyenne délinquance, dont il se sort mal, n'ayant pas l'âme d'une canaille, et aucune aptitude pour la malversation.


Pendant ce temps, en Haïti, l'autre héroïne, Vanise, une jeune femme pauvre, vit dans une hutte, à la merci du chef du village qui lui a fait un enfant et la délaisse déjà.

Un jour, elle  doit s'enfuir avec son neveu, son bébé, et un peu d'argent qu'elle cachait sous un matelas. En proie à la disette, ils ont volé un jambon, et sont menacés de mort.

Le bateau qu'ils ont pris doit les débarquer en Amérique, où elle a un frère,  mais on les lâche sur la minuscule île de Caicos, très loin de la Floride. Vanise n'a plus de ressources, doit travailler dur et vendre son corps, juste pour survivre avec les enfants, en espérant qu'un autre bateau l'emmène un peu plus loin...


Contées en alternance, ces deux histoires vont faire se rejoindre Bob Dubois et Vanise, au terme d'un éprouvant périple d'un peu plus d'un an...

 

Le roman est très touffu, riche, réaliste et poétique en même temps. La description de cérémonies Vaudou, les mises en perspectives du narrateur à  grands renfort de considérations cosmiques ne me convainquent qu'à moitié. En revanche, les deux histoires sont d'une grande intensité, et témoignent d'une lucidité implacable.

Le roman est pourvu d'une invocation en guise de prologue, et d'un envoi au terme du récit, comme dans les ballades. Ces deux textes sont très beaux.

Les deux personnages, victimes de l'exploitation de l'homme par l'homme, y sont magnifiés.


La dernière phrase du livre «  va mon livre, va détruire le monde tel qu'il est »  beaucoup d'illusions sont en effet détruites par ce roman.

 

Titre original «  Continental Drift », 1985.


Ce roman de Banks malgré ses longueurs m'a plu davantage que " De beaux lendemains".

Ma préférence va , sans conteste au recueil de nouvelles " l'Ange sur le toit".

 

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 11:21


Robert Laffont (Pavillons ; poche) 2005, 10 euros 50

 

Titre original : «  Revolutionary Road » première parution en 1961.

 

 Le roman est fidèle au film de Sam Mendes. Bien plus que je ne m'y attendais ! La plupart des scènes ont été conservées, et sont présentées dans le même ordre que celles du récit, bien des phrases de dialogue se retrouvent aussi.

 

Cependant, nous découvrons en détail le passé du couple Frank/ April : ce troisième enfant qui les empêche de partir en Europe réaliser leur rêve de changement de vie, n'est qu'un remake : lorsque dix ans plus tôt ils vivaient dans le « Village », d'une façon bohème, ils espéraient déjà partir : April s'est trouvée enceinte pour la première fois et a hésité à se faire avorter...

Enfants, ils n'étaient pas désirés par leurs parents. Et pour ce qui est d'April, elle fut confiée à une de ses tantes et ne voyait jamais ses parents.

 

Installés dans leur vie de famille qui leur paraît étriquée, ennuyeuse, ils se querellent sans trêve. Le ratage de la pièce de théâtre inaugure une longue période de froid glaciaire. April ne veut pas se réconcilier.

 

 

Lorsqu'un soir April le reçoit bien de nouveau, et lui reparle de partir en Europe, Frank  voit bien qu'elle se conduit à nouveau comme au théâtre«  Et ce qu'il y eut de drôle, c'est qu'en dépit de sa profonde stupéfaction, il ne put s'empêcher de remarquer que la voix d'April... possédait une faculté de jouer la comédie, de prendre un ton d'intensité qui sonnait un peu faux : bref, un air de parler moins à lui qu'à une abstraction romanesque ».

Il lui emboîte la pas, ils  se joueront la comédie tous les deux, mais il veut croire que c'est pour un résultat positif.

 

En outre, il trouve du plaisir à se regarder jouer un rôle, et jette de fréquents coups d'œil à la fameuse fenêtre panoramique qui lui renvoie son image.

Dès l'âge de dix ans, lorsque son père l'emmène visiter l'usine dans laquelle  il travaille, il se plaît à regarder son image reflétée dans une glace quelconque :

«  Mais les yeux de Frank préféraient aux machines sa propre image que réfléchissait la glace de vitrage. Il se trouvait miraculeusement plein d'une dignité nouvelle grâce à son costume neuf, à son manteau et à sa cravate qui ressemblaient à ceux de son père ; et il était tout content de regarder le couple qu'ils formaient, le père et le fils, au milieu de la foule des passants sur le trottoir ». Ce geste intervient pour le rassurer car, en fait, il a détesté à la fois l'usine, le patron qu'on lui a présenté, l'attitude complaisante, voire servile de son père à l'égard du supérieur.

 

La différence réside aussi dans les points de vue narratifs. Contée à la troisième personne, l'histoire est vue la plupart du temps par Frank. Ensuite, c'est Shep Campbell, le voisin amoureux d'April,  qui prend le relais, ce qui en fait un personnage un peu plus consistant que dans le film.

La narration est également confiée sur de courtes périodes à l'agente immobilière qui nous saoule, qui a rendu sourd son mari et dingue son fils...

 

Pendant presque tout le récit April est vue par des yeux extérieurs, et connue par ses répliques dans les dialogues. Ce n'est que dans le final tragique, où elle décide de mettre fin à ses jours, que l'on sait ce qu'elle pense vraiment... « la seule faute réelle, l'unique erreur, la seule déloyauté qu'elle pouvait se reprocher, c'était qu'elle l'avait toujours pris pour ce qu'il était, rien de plus. Oh, pour un ou deux mois, histoire de se distraire, ç'aurait pu être très bien de jouer ce jeu-là  avec un garçon ; mais pendant tant d'années ... »

Le propos d'April est sans appel. Elle s'est trompée depuis le début... 

 

C'est un excellent roman, qui vaut la peine d'être lu, même après avoir vu le film.

 

 Keisha et Cuné se sont penchées aussi à cette fenêtre...


 

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 21:34

  Lettre B du Challenge 

 

(The Angel On the Roof, 2000)

J'ai Lu, 156 pages, 3 euros 80.


Recueil de 10 nouvelles qui mettent en scène des hommes et des femmes à un moment de leur vie où un petit  événement contrariant  les remet en question et les plonge dans la confusion, la perplexité ; quelquefois le drame.

 


La première histoire « en guise d'introduction » est autobiographique. L'auteur y évoque les mensonges de ses parents lesquels l'ont mis mal à l'aise et forcé à réfléchir. Mythomane,  sa mère inventait des histoires la mettant en scène avec des personnes célèbres, prétendait ainsi avoir dédaigné un beau lycéen qui jouait avec elle dans une pièce, pour sortir avec son père. Mais l'auteur a enquêté et rétabli la vérité. Ainsi justifie-t-il sans doute son goût pour les fictions, et  a-t-il retenu les leçons de  sa mère, pour ne pas l' imiter «  Mes histoires n'ont pas de gens célèbres ».


Le père de Banks, lui, a raconté qu'il l'avait nommé Russell en souvenir d'un vieil oncle  qu'il aimait bien, or l'auteur découvre à l'âge adulte, que cet oncle n'a jamais existé. « ». lorsque j'ai su qu'il n'existait pas et que l'histoire, par conséquent, parlait non pas  de moi mais de mon père et qu'en outre, ce qui est pire, elle était inventée, je l'ai rejetée en m'en servant comme d'un indice qui me permettrait de résoudre le puzzle de la terrible psychologie de mon père  espérant sans doute démêler du même coup l'écheveau de la mienne et la mettre à bonne distance de la sienne. » 


Dans «  Assistée » , un fils et une mère âgée débattent de la façon dont ils doivent interpréter les faits et gestes du père, ancien époux de cette dame, à une époque où il s'est conduit de façon choquante, et quelle est la version des faits qui leur permettra de supporter la chose.


Le Maure met en scène un homme de cinquante ans et une femme âgée ;  ils ont eu une liaison trente ans plus tôt et se rencontrent de façon inopinée, lui, acteur occasionnel déguisé en prince arabe, et elle fêtant ses quatre-vingts ans. Pour ne pas abîmer leur ancienne histoire, ils vont se raconter des histoires,  auxquels ils ne croiront peut-être pas...


«  Moment privilégiés » relate quelques heures de vie commune entre un  père divorcé et sa fille : des moments qui n'ont rien de merveilleux, l'ironie amère du titre se dévoilant peu à peu...     .

Une de ces nouvelles «  Juste une vache » fait sourire même si elle n'est pas drôle. La narratrice raconte la vie familiale dans un mobil-home, la précarité, l'alcoolisme du couple, et la vache qu'ils élevaient pour avoir de la viande l'hiver, vache dénommée «  Protéine ».

Mal enfermée, Protéine s'est enfuie, et le couple part à sa recherche en pleine nuit...


Certaines histoires sont terribles : un homme à l'enfance malheureuse, devenu conférencier, revient sur les lieux de son enfance, cette maison, où sa mère le força à avouer qu'il avait vu son père avec une femme, puis la terrible correction du père. La maison où le traumatisme fut vécu est devenue un restaurant : le narrateur y voit un cuisinier découper des quartiers de viande et lui déclarer (ironie amère) qu'il a bien connu  son père, qu'il admirait sa forte personnalité...

La Soirée du homard : Une jeune serveuse de restaurant, Stacey, est attirée par son patron, cruel avec les animaux, dur avec ses employés,  et ambigu avec tout le monde.  Elle lui révèle un secret traumatisant de son adolescence, et redevient cette personne... les sentiments sont déplacés sur les animaux (en particulier ces homards promis à l'ébouillantage, qui se cognent contre les murs de l'aquarium).


Réalistes,  remplies de petits détails bien choisis, de personnages et situations ambigus,  dynamiques dans le ton et l'action, jamais convenues, ménageant la surprise même lorsque la fin est prévisible, ces nouvelles sont parfaites et nous les recevons comme des expériences vécues.

J'ai donc commencé mon «  challenge » avec plaisir, et avec la lettre B ; mais je pense que pour le mener à bien, cette année 2009 devra comporter vingt-six mois.


Amanda Meyre a aussi chroniqué cet ouvrage, qui lui a plu également.

 

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 00:22

Le Corbeau par Gustave Doré

 

 

 

Poe : il lui a manqué un » t » pour être un vrai poet en anglais et un T + un E en français, disent les mauvaises langues. Injuste ! Car  il est vraiment poète ! Je viens de lire son corbeau. C'est musicalement réussi !

 

Corbeau ( Raven est un de mes mots préférés je le répète souvent seule «  raven » raven : ça me fait penser à ravage, à rave et à rage  ; corbeau c'est moins bien. Le corbeau dans la littérature française est perché sur un arbre avec un fromage... ou encore il s'acharne sur sa proie «  Pies et corbeau nous ont les yeux cavés et arraché la barbe et les sourciz! »

 

 

A lire le Corbeau, j'ai ressenti quelque chose de bizarre : au lieu du nervermore je me suis surprise à répéter « encore « ! je voulais pourtant pas que le poème dure plus longtemps. Pas davantage n'étais-je charmée par la situation. Un corbeau qui entre chez vous et s'incruste en ânonnant le même mot, supposé fantôme de votre défunt bien aimé (il ne vous aimait pas tant  pour vous faire ce coup-là...un vrai coup de Poe)  avec ce que l'on imagine de croasserie, et qui ne veut pas se tirer, l'odieux personnage,  n'a rien d'alléchant.

Non, je ne sais pas ! Le sortilège des mots ?

Par ailleurs, ce poème me fait penser à l'Aigle noir de Barbara. 

 

J'ai relu un récit de Poe au hasard «  Le Cœur révélateur ». C'est un homme qui vit avec un vieux monsieur. On ne sait rien du contexte : on  ignore ce qu'est le vieux monsieur à l'œil effrayant pour le narrateur, on ne sait pas non plus ce que ces messieurs font dans la vie. Le fait est que cet œil se révèle avoir un cœur en plus !

Je remarque que le narrateur est puni de son crime : chez Poe il l'est toujours. Et le châtiment, longuement décrit, est la chute du récit, parfois aussi le corps, de sorte que vous ne pouvez le manquer. Le narrateur du chat noir est puni par le chat, William Wilson est puni par son double, l'arracheur de dents (Bérénice) est puni, l'arracheur d'œil est puni par le battement de cœur, le ministre est puni car Dupin retrouve la lettre, les sujets d'un certain roi attrapent la peste, Roderick Usher et sa sœur sont punis de leurs relations trop intimes, le magnétiseur est puni d'avoir exercé ses talents morbides sur Mr Valdemar, par l'infâme spectacle de sa dépouille mortelle vieille de neuf mois de décomposition ...bon sang que cet univers est donc moral !

Rien d'étonnant. C'est à la même époque que sévit Nathaniel Hawthorne (une sacrée épine....) et sa Lettre écarlate. Souvenez vous de ce pasteur coupable, qui défaille tout le temps, éperdu, le cœur lui manque, il s'effondre sur son estrade à cause du cœur lui aussi, de trop intenses battements. Pulsations.

Battement d'aile de corbeau.

 Une époque terrible, pleine de péchés, de remords de punitions atroces.

Et cependant Poe est drôle parfois : ce n'est pas pour rien que Breton a sélectionné son «  ange du bizarre » pour l'anthologie de l'humour noir.

 

Poe est né aujourd'hui il y a deux cents ans, trois semaines avant Abraham Lincoln ; avant que cet homme ne devienne président, Poe aura des milliers de fois trempé sa plume dans le goudron,  et aura perdu la vie. De toute manières, à lire Poe, vous n'apprenez  rien sur la société et la politique et vous ne saurez même pas que vous êtes aux  Etats-Unis. D'ailleurs la plupart du temps vous serez  dans un vieux manoir éloigné de tout, dans une prison espagnole au temps de l'Inquisition, dans une salle de bal  royale au Moyen âge, dans un hôtel particulier à Paris, dans une public school vaguement britannique, dans le ciel néerlandais perdant du lest, sur un bateau qui tangue dans les eaux tourbillonnantes d'une rivière scandinave, dans un tombeau quelque part dans une cave ....  Alors partez en voyage avec Poe ; n'hésitez pas à sauter les premières pages, concentrez-vous sur le cœur du récit, oubliez les points d'exclamation et la moitié des superlatifs.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 17:32

Titre original «  The Point » 1995, trad.2000 pour le compte des éditions Gallimard ( Du monde entier)

Des nouvelles pleines d'ironie sans laisser de côté l'émotion.

Des notations précises et concrètes mais qui suggèrent plus qu'elles ne disent et ces nouvelles sont tout à fait remarquables dans le genre réaliste.

Le fils qui gagne de l'argent à reconduire les gens ivres chez eux et établit une relation improvisée avec une vieille poivrote. Sa mère est alcoolique et il passe tout son temps avec de tristes fêtards.

Une nouvelle qui raconte l'histoire entre deux hommes dont le premier s'est suicidé et l'autre a épousé la copine de son ami.

Cette femme va à la messe tous les matins et craint que son bébé ne soit condamné, elle se sent coupable de la situation peu claire.

Et aussi cette terrible histoire «  Jacinta » ; une jeune femme instruite mais qui s'ennuie à l'université épouse un garçon qui n'a pas de conversation, fruste, Enceinte de lui, elle ne saura jamais ce qu'il en pense. Elle se veut positive, mais le couple est protégé, sinon chaperonné par un célibataire quinquagénaire qui les loge dans une maison spacieuse et fait travailler le jeune homme qui, désœuvré, s'alcoolise.

La petite Jacinta naît, le jeune mari s'y attache. Un an plus tard, la fillette meurt d'être montée dans l'abreuvoir et de s'y être noyée. Le jeune homme repique la boisson et commence à battre sa femme, ne veut plus la toucher, prend une maîtresse antillaise et s'en vante. Le quinquagénaire continue de la protéger et de faire travailler le jeune homme qui se spécialise dans le sauvetage en montagne, ne vit plus que pour cela. On y voit une façon de « sauver » sa gamine à travers d'autres gens dont certains sont des enfants.

Dorothy, voyant qu'il n'y a plus rien à faire pour sauver son couple, prend un billet d'autobus pour aller vivre chez sa sœur. On espère qu'elle ne reviendra plus mais on n'en sait rien... Dorothy s'était mise à fréquenter l'église assidûment comme l'héroïne précédente.

 

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 09:26

Actes-sud, 2008. ( The Sorrows Of An American, 2008), 394 pages.

Erik Davidsen psychothérapeute  et sa sœur Inga, prof de philo essayiste, viennent d'enterrer leur père Lars, depuis longtemps malade et vident la propriété familiale. Ils trouvent les Mémoires rédigés par le défunt, mais plus surprenant une lettre datée de 1937 ( le défunt avait 15 ans) écrite par une certaine Lisa parlant du décès d'une personne de sexe féminin dont les circonstances doivent rester secrètes. Inga et Eric  estiment que leur père a gardé cette lettre pour qu'ils la trouvent et qu'ils se mettent en quête de la mystérieuse Lisa avec qui il partageait un lourd secret.


Nous croyons que cette recherche sera le fil conducteur du roman...

Le lecteur se souvient de «  L'invention de la solitude » d'Auster : le fils découvre un secret qui est au cœur de l'intrigue...

Mais dans ce livre, Il n'en est rien !

Plusieurs histoires s'entrelacent entre elles (des tranches de vie racontées ou lues) et  ne mènent à rien de particulier.

Erik Davidsen s'éprend de sa locataire Miranda belle jamaïquaine artiste dessinatrice. Mais Miranda vit une relation complexe avec son ex-ami Jeff Lane surnommé le « Stalker », dont les agissements intriguent ceux qui lui sont proches.

Erik lit les Mémoires de son père, sa vie difficile d'émigré norvégien dans une ferme du Minnesota, ses années de guerre, ses relation avec sa nombreuse famille...

Un autre fil déroule l'existence d'Inga, la sœur d'Erik, veuve de Max Blaustein écrivain célèbre, dont le récent décès a traumatisé toue la famille. On évoque ses souvenirs à lui, son agonie, sa maîtresse, le film qu'il  mit en scène.  Dans cette partie le deuil joue un grand rôle. Inga et sa fille Sonia évoquent souvent les événements du 11 septembre qui les ont frappées car elles vivaient aux alentours du lieu de la catastrophe.

Ajoutons-y les hommes qui gravitent autour d'Inga, une journaliste jalouse,  les patients à risque d'Erik, dont Sarah qui s'est suicidée en 1992 et continue de la hanter,  la nombreuse famille d'Erik (grand-mères, arrières grand-père, cousins, oncles, voisins, amis du défunt) la famille de Miranda  .

Le très grand nombre de personnages (j'en ai dénombré une bonne soixantaine) convoqués dans la mémoire d'Eric, celle de son père, et dans sa vie,  rendent la lecture difficile : On ne les assimile pas tous.

Qui sont Rachild Lund et l'oncle Fredrik qui débarquent au cours d'une page?  Yvar était-il le grand-père ou l'arrière-grand père d'Eric ? Et Olaf ?

Qui Diable est ce Joel ? Ah oui le fils naturel de Max conçu avec une actrice !... Les personnages du film qui a tant compté pour Max, jouent un rôle secondaire mais reviennent à plusieurs reprises, et  se télescopent avec les acteurs ! On ne reconnaît pas le titre du film que l'on confond avec un lieu, là-bas dans le Minnesota, cette brasserie où le père d'Erik travaillait, où Lisa vint le voir  ...  on s'affole lorsque survient « Rosalie » qui a une piste pour retrouver Lisa. Qui donc est Rosalie ? Une cousine, oui, mais  quand et comment a-t-elle fait son entrée dans le récit...

J'ai eu l'impression d'avoir un Alzheimer naissant...

Plus de soixante personnages qui  se partagent 395 pages... c'est trop pour moi ! La plupart sont récurrents, mais ont fait l'objet d'une présentation très rapide, et lorsque je les croise à nouveau, je ne les remets pas.  


Donc plusieurs fils qui ne conduisent à rien de concluant ni de précis. C'est la vie qui va et qui vient...certaines thématiques sont développées avec succès : celle de l'être défunt ou disparu, devenu fantôme, du deuil impossible ...


Le secret de Lars et  Lisa  se révèle moins important que prévu, et même les héros sont déçus : en quoi cette histoire donnerait-elle des clefs pour comprendre mieux leur père ? Pourtant les pages qui  concernent cette dame sont d'une belle force dramatique.

Ce roman ne manque pas d'intensité mais nous n'avons pas de dénouements, de «  chutes »   des différentes intrigues. Après tout, le titre est «  Elégie », cette donnée  n'annonce pas  d'intrigues fortes.  


Il y a un certain nombre de pages intéressantes noyées dans un océan de détails.


Les rêves des différents protagonistes, l'histoire de Miranda de sa fille et de son ex-ami méritait un traitement particulier et eût dû faire l'objet d'un autre roman (court) car elle ne s'intègre pas correctement avec cette histoire familiale complexe. Le docteur Davidsen essaie d'avoir une vie personnelle,  ça on le comprend, envahi qu'il est par les problèmes familiaux remontant jusqu'à la énième génération !! Mais il aurait pu rester simple narrateur pour simplifier le récit.


On peut penser que Hustvedt s'est mise en scène elle-même dans le personnage d'Inga et qu'Auster « est » Max Blaustein. Bien que la différence d'âge soit plus importante : Inga épouse un homme qui pourrait être son père. Huit ans seulement séparent Auster et Hustvedt.

Sophie Auster a aussi plus ou moins a servi de modèle pour « Sonia » l'adolescente révoltée qui » ne veut pas vivre dans ce monde-là ».



Bref des défauts de structure, ou des choix volontaires, qui rendent ennuyeuse la lecture de ce roman pourtant intéressant et ambitieux.


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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 10:44

L'Olivier, 2007.

Une explosion atomique, suite à un conflit dont on ignore les circonstances, a profondément altéré l'environnement.

La faune et la flore ont été détruites presque en totalité. Infertile, la Terre est vaine. Une couche de cendre revêt toutes choses, les arbres sont morts et les eaux à l'aspect noir ne renferment plus de vie.

Un homme survit depuis plusieurs années avec son petit garçon, né juste après la catastrophe. Il pourrait avoir sept ans (il sait lire et tracer des mots dans le sable), raisonne, et a  développé une éthique de vie.

En sept ans, si le gamin a bien grandi, la Terre est toujours dans le même état : la destruction est trop profonde pour que quiconque ait pu faire mieux que de survivre au jour le jour. Sur la route, on rencontre des cadavres calcinés, figés là depuis des années.

L'homme et l'enfant se dirigent vers le sud, espérant y trouver plus de chaleur et la mer,  subsistent en pillant les maisons trouvées sur leur chemin, les maisons désertées où l'on peut trouver encore des vivres et des vêtements.

Il leur arrive de bonnes surprises : un pommier qui  donne des fruits, une canette de coca dans un distributeur.

Les mauvaises surprises ce sont les rencontres avec d'autres survivants. Ceux-ci sont assez nombreux, parfois organisés en bandes, souvent retournés à l'état sauvage,et assassinent les passants isolés pour les dévaliser. Des actes de cannibalisme ne sont pas rares.

Les armes à feu n'ont pas disparu. L'homme et l'enfant en possèdent une, heureusement.

Le roman est composés de paragraphes jamais très longs entrecoupés de dialogues entre le père et le fils propos laconiques, réservés à maintenir  l'essentiel de l'acte de communication.


 La fonction phatique (dirait Jacobson) tient une place énorme dans ces dialogues, (ainsi que l'informative), et c'est ce qui  en fait la force.


« Il faut qu'on sorte de la route.

Pourquoi papa ?

Quelqu'un va venir.

C'est des méchants ?

Oui. Je le crains.

Ça pourrait être des gentils. Pourquoi pas ?

Il ne répondit pas. Il regardait le ciel par habitude mais il n'y avait rien à voir.

Qu'est ce qu'on va faire, Papa ?

Partons.

On ne peut retourner à notre feu ?

Non. Viens. On n'a sans doute pas beaucoup de temps.

J'ai très faim.

Je sais.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Il faut qu'on se cache quelque part. Qu'on quitte la route.

Ils ne verront pas nos traces ?

Si.

Qu'est-ce qu'on peut y faire ?

J'en sais rien. »

Un dialogue  aussi long est à peu près inutile : chacun des deux sait parfaitement ce qu'il faut faire. Il sert à maintenir la communication. Souvent, le gamin, déprimé par la difficulté de la survie en milieu hostile, se tait, et  le père lui dit «  Il faut que tu me parles ».


La construction du roman épouse le rythme du cheminement au jour le jour. Le sujet c'est bien « la route » et rien d'autre, en tout cas, c'est ainsi que je le reçois. L'auteur nous promène dans une existence réduite à l'essentiel, à l'élémentaire de ce qui fait la vie de deux êtres qui ont un passé, mais pas d'avenir. La transmission des valeurs s'est faite du père au fils,  et peut-être l'auteur veut-il nous dire qu'elle s'est d'autant mieux faite que les deux êtes vivent dans le dénuement, et  frôlent quotidiennement la déréliction.

L'impact de la morale religieuse du roman peut  irriter, mais  on doit en parler : dans la Bible, Caïn est le premier à faire la route. Dieu l'a condamné  à l'errance.  L 'enfant qui chemine est contraint à une morale stricte,  il semble  vouloir  incarner une sorte de rédemption.


Comme dans l'autre roman de Mc Carthy que j'ai lu (L'Obscurité du dehors), la langue est riche, précise, somptueuse, et sobre en même temps et la traduction admirable.

Beaucoup de blogguers l'on lus:

Amanda Meyre



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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 15:16

 

 

 

 

 

Belfond, 2007, 378 pages. 


      J'ai emprunté ce roman à Montigny la Bibliothèque Georges Brassens. Il était dans un rayonnage intitulé « romans de plage ». Ces ouvrages sont censés être faciles à lire, divertissants, romanesques.


J'ai été surprise de trouver Milena Agus dans cette sélection : bien que je ne l'aime guère, je crois que ses ambitions se situent à un autre niveau ! 


 

Revenons à Douglas Kennedy, dont je trouve les romans plaisants, en principe. 


Celui-là met en scène Harry, américain et professeur de cinéma, débarqué à Paris en catastrophe, avec peu d'argent,  pour échapper à la justice de son pays : Il a eu une liaison désastreuse avec une étudiante. Les parents de la fille, sa femme, l'amant de celle-ci, l'université,  se sont déchaînés contre lui...

Ses tribulations le mènent à une chambre de bonne dans la rue de Paradis, qu'il loue une modeste somme à Sezer, ressortissant turc. Le même lui propose un poste de veilleur de nuit à 65 euros pour le compte d'une mystérieuse société. Les agissements de l cette entreprise sont forcément illégaux, et Harry ne doit pas chercher à savoir. Il ne doit ouvrir la porte que si le visiteur déclare «  je veux parler à monsieur Monde ».


Ce clin d'œil à Simenon n'est pas le seul ! Harry ne cesse de lire du Simenon dans sa cellule entre deux exercices d'écriture, car il s'est lancé dans un redoutable roman pour raconter sa vie, en partant de zéro.

Il en a déjà écrit six cent pages, pour relater dix-sept ans d'existence,lorsqu ' 'il décide d'aller dans un salon littéraire que lui recommande son ami Douglas, avec qui il est resté en contact.( remarquez que c'est le prénom de l'auteur!).


 


La matrone qui  tient ce salon est affreusement snob, mais  Harry  va y faire connaissance d' une femme plus âgée que lui, encore belle,  pleine de souvenirs ambigus de sa Hongrie communiste natale. Elle vit rue Linné, au cinquième, d'une façon délicieusement surannée, dans  un appartement des années 70, machine à écrire, disques vinyles, élégantes tenues noires...

Une femme merveilleuse... mais aussi  la pire rencontre que l'on puisse faire...!!!


C'est là une lecture très agréable, un rythme alerte, de l'humour, une intrigue bien menée, et la description du quartier de la Goutte d'or excellente, pleine de vie.


 

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