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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 21:17

                                                

 

Edtions Faber paperback 1972, 258 pages                                                 

Gallimard ( L'Imaginaire) 2007, 271 p

 

 

 

C’est un des livres les plus anciens de ma PAL. Il m’attend depuis 1974, et j’en lisais de temps à autre quelques pages, sans comprendre suffisamment. Ma lecture était toujours longue et laborieuse. Mon anglais n’est pas fameux et la langue américaine m’est encore moins familière.

J’ai fini par acheter  une  traduction à laquelle j’ai eu hélas souvent recours.

C’est donc la seule œuvre de type romanesque de Sylvia Plath, écrite un an avant sa mort en 1962 .

 

Elle s’y met en scène sous le nom d’Esther Greenwood, jeune étudiante de dix-neuf ans, venue à New-York , après avoir gagné un concours organisé par un magazine, pour lequel elle a composé des poésies, histoires, et slogans publicitaires. Elles sont une douzaine de jeunes lauréates qui vont travailler à la rédaction du magazine pendant quelques semaines. Travailler pour tenter d’être admises au cours d’écriture organisé par un écrivain célèbre au mois d’août.

Mais Esther qui n’a jamais quitté  sa Pennsylvanie natale se trouve prise dans un tourbillon de sorties de soirées dansantes décevantes avec sa copine Dorreen et des types de rencontre bêtes et méchants… cela convient à sa nature exubérante mais pas à son esprit critique. Le magazine en question ne donne pas dans la littérature et elle se sent aussi dépaysée intellectuellement.

D’entrée de jeu, la narratrice éprouve un malaise encore plus sérieux ; le roman s’ouvre sur l’exécution des Rosenberg ( nous sommes à la fin du printemps 1953) qui terrifie Esther. Elle ne sait pas grand-chose de ce couple maudit, c’est l’idée de l’électrocution qui la torture…

Puis elle se sent vide comme aspirée par la fameuse cloche de verre qui la menace et revient comme un leitmotiv tout le long du texte.

E n même temps qu’elle évoque de façon très imagée, vive, cocasse, humoristique, les événements de ce mois new-yorkais,  elle revient à son jeune passé ( disparition du père ; déception sentimentale avec un étudiant en médecine particulièrement buté ; conflits avec sa mère ;

et cette curieuse expérience en montagne où, débutante,  elle s’est précipitée sur une piste de ski dangereuse, sachant qu’elle allait tomber et éprouvant une sensation enivrante…)

 

«  The thought that I might kill myself  formed in my mind coolly as a tree or a flower.

… people and tress receded on either hand like the dark sides of a tunnel as I hurtled on to the still, bright point at the end of it, the pebble at the bottom of the well, the white sweet baby cradled in its mother’s bell"

 

De retour chez sa mère, Esther apprend qu’elle n’a pas été retenue pour le cours d’écriture du mois d’août. Elle sombre dans la dépression, fait une tentative de suicide sérieuse, se trouve ballotée d’hôpitaux psychiatriques en cliniques où les traitements qu’on lui inflige sont les pires qui soient. Elle ne semble même pas avoir bénéficié d’une psychothérapie, ou alors c’était tellement succinct que cela ne lui a pas laissé de souvenirs…

Ce récit est tout ensemble terrible et comique au second degré : les portraits des personnages et situations comportent une bonne part  de dérision et d’ironie. La plupart des personnages, femmes, hommes, jeunes, vieux, professeurs, psychiatres, femmes au foyer, compagnes de classe, voisines de chambre, boy-friends,  sont ridicules ( descriptions de vêtements bizarres, de posture, de gestes, de répliques sottes) ou affligeants de bêtise. Pas épargnée non plus,  cette auteure, Philoména Guinéa, qui lui est venue en aide, en la transférant dans une clinique moins dure que la précédente :

C’est le monde où a vécu l’auteur,  et elle n’idéalise pas. Nul ne résiste à sa plume, qui l’air de rien, est bien féroce. Souvent aussi, elle engendre de belles métaphores.

 

Un très bon récit…  

 

 

Lu aussi par Titine et Lilly

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 09:20

la fille du fossoyeur

 

  Philippe Rey, 2010, 650 pages.

   Titre original » The Gravedigger’s Daughter « 

 

    Rebecca Schwart travaille dans une usine de caoutchouc pour élever son petit garcon de trios ans Niley. Nous sommes dans la vallée du Chautauqua état de New-York en 1959.

     Rebecca a aussi un mari Tignor, délinquant et violent qui ne lui donne pas d’argent, et la bat.

 

      Sur le chemin de halage qui mène jusque chez elle, un homme la suit, qui l’appelle “Hazel Jones” puis disparaît. Rebecca rêve sur ce nom, qui lui semble tellement plus léger que le sien…

 

       Le récit se poursuit par un flash back  : on remonte à la naissance de Rebecca, 23 ans plus tôt  sur le bateau qui transportait ses parents et ses frères, ainsi que d’autres juifs fuyant l’Allemagne nazie.

 

 

 

Les Schwart, juifs allemands non pratiquants, issus de la bourgeoisie moyenne cultivée, se retrouvent tout en bas de l’échelle sociale, en tant que réfugiés aux Etats Unis. Après l’éprouvante traversée en mer, le père de famille, Jacob, est employé comme fosssoyeur à Milburne petite ville de l’état de New-York. Le logement de fonction est une masure insalubre.

  La métaphore du gardien de cimetière, ne pousse pas Jacob Schwart à enterrer le passé, mais il ne peux pas non plus s'en prévaloir...c'est bien plus un mort qui garde les morts...

Envahis par les soucis matériels,  inadaptés au groupe social dont ils font désormais partie, poursuivis par un fort antisémitisme, les Schwarts se replient sur eux-même, maltraitent leurs enfants, sombrent dans la dépression et la paranoia…

 

Les flashback évoquant le passé de Rebecca alternant avec un présent guère plus réjouissant pour Rebecca. Victime des violences de son père, elle l’est aussi de son mari, épousé sur un coup de tête, pour oublier un passé traumatisant, et va bientôt fuir ce destin malheureux avec son petit garcon…

 

Un gros roman qui relate la vie presque entière de Rebecca qui va s’efforcer  de transformer son existence dangereuse et misérable, en vivant de petits travaux et de fuites  perpétuelles. Puis des périodes de sédentarité de plus en plus longues

Petit à petit la fille du fossoyeur fait son trou, rend possible à son fils l’épanouissement de ses facultés artistiques, et dans le dernier chapitre va se réconcilier avec sa filiation.

 

C’est  sa grand-mère à qui est dédié le roman, dont JC Oates a relate l’histoire, une femme courageuse et pleine de resources dans l’adversité.

Un grand roman social qui montre l'antisémitisme, la difficile intégrations de réfugiés à peine tolérés, et met en scène comme presque toujours chez Oates les relations de victimes et bourreaux, la perversion et la maladie mentale, des thèmes qui lui sont familiers.Une écriture très simple mais qui sonne juste.

 

 

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 09:18

Moon Palace

 

LP, 317 pages, 1990

 

Citation en exergue «  Rien ne saurait étonner un américain »

                                                            Jules Verne «  De la Terre à la Lune ».

 

Marco Stanley Fogg nous fait le récit de sa vie de 1965 à 1972 .

De dix-huit ans lorsqu’il arrive  à l’université Columbia à NY pour y commencer ses études jusqu’à vingt cinq ans où nous le trouvons dans un lieu fort différent ,et de toutes autres dispositions , il connut  une période qui s’avéra capitale pour son initiation.

Ce récit est tout entier résumé dans le premier paragraphe du roman qui fonctionne comme une longue quatrième de couverture.  Cette présentation laisse à penser que le roman est bien structuré. Inversement, pendant la lecture , nous aurons l'impression d'une errance sans fin.

Lisons donc attentivement ce premier paragraphe, afin de n'être pas trop dérouté  par cette histoire qui comporte sept chapitres très denses, et de fréquentes digressions.

 

A dix-huit ans, Marco quitte son oncle Victor, la seule famille connue qu’il lui restait. L’oncle, un brin désordonné, et aussi rêveur que lui, l’a persuadé que son nom Fogg le même que celui du héros de Jules Verne,  et ses  prénoms Marco Stanley étaient signes du destin :

» D’après lui, cela prouvait que j’avais le voyage dans le sang, que la vie m’emportait en des lieux où nul homme n’avait encore été. Marco, bien entendu rappelait Marco Polo, premier européen à se rendre en Chine. Stanley, le journaliste américain qui avait t=retrouvé la trace du Dr Livingstone au cœur des ténèbres africaines"

Pour commencer son aventure se déroule en chambre : les livres de son oncle rangés dans des cartons de tailles différentes lui servent de mobilier jusqu’à ce qu’il soit forcé de les vendre ( non sans les avoir lus) car il n’a plus d’argent, son oncle est décédé, et il ne cherche pas de travail.

Pourquoi chercher du travail dit Fogg au concierge de son immeuble, je me lève tous les matins, je vis, j'endure ma journée,  et je vais jusqu'au bout de celle-ci,  c'est déjà une tâche importante...

Il a parfaitement raison! 

 Il vit en mangeant très peu, en remuant le moins possible, faisant de sa grande précarité une expérience quasi mystique (Je voulais vivre dangereusement) Il va et vient dans sa chambre à présent vide, s’étend sur son matelas, consigne des réflexions dans son carnet. Il est heureux, parfois. Mais fait l’expérience que nous sommes conditionnés par la matière, car il souffre  de la faim. 

On a souvent dit que les pages dans lesquelles Fogg fait l'expérience de l'inanition étaient inspirées de "La Faim" de Knut Hamsun. Je n'ai pas lu cet ouvrage, mais à  présent j'en ai bien envie.

Expulsé de son appartement, il traîne quelque temps dans Central Park, fouillant les poubelles et regardant les étoiles.

Nous voilà en 1969, deux hommes ont marché sur la Lune «  Depuis le jour de son expulsion du Paradis, jamais Adam ne s’était trouvé aussi loin de chez lui ».

 

Pas vraiment suicidaire, Marco va se remettre et chercher tout de même un emploi : Le voilà au service d’un vieil homme en chaise roulante, Thomas Effing, un vieux despote qui lui conte sa vie ( qu'il appelle sa "notice nécrologique" )que Fogg doit ensuite dactylographier.

En dépit du caractère difficile du vieux monsieur, une relation forte s’établit entre lui et Marco, qui a souffert  du manque de père dans sa vie.

Le vieux monsieur irascible se révèle un être passionnant, et même parfois comique, lorsqu'il tient à se balader dans les rues de Manhattan un parapuie ouvert, sous un soleil resplendissant...

Les récits d’Effing lui plaisent, bien qu’il le soupçonne de mentir, en particulier lorsque le vieux monsieur évoque son passage dans une caverne pleine de bandits de trésors de pillage, qui semble sortir des Mille et une nuits, et d’autres aventures à caractère  plutôt « Robinsonniennes « 

Fogg continue à rêver, encouragé par son mentor» le projet Apollo. Apollon dieu de la musique. L’ouest, la guerre contre les Indiens ; la guerre au Vietnam, jadis appelée l’Indochine. Je me disais : armes bombes explosives nuages nucléaires dans les déserts de l’Utah et du Nevada ; et puis je me demandais Pourquoi l’ouest américain ressemble-t-il tant au paysage de la Lune ? »

Marco apprend à décrire ce qu’il voit dans la rue pour en faire le récit à son patron ; ce dernier prétend être aveugle ( Marco n’en est pas sûr…) et l’oblige à des descriptions minutieuses ;  Ces exercices lui apprennent à écrire !

Ce roman est sympathique car fort optimiste. Faire de pareilles rencontres lorsque vous êtes seul, attaché à la solitude, et indigent, cela relève du rêve ou du conte.

Le héros est agréable le récit parfois poétique, toujours aventureux.

Les histoires s’emboîtent les unes dans les autres. Fogg raconte quelques années décisives de sa vie, Ce faisant, il rapporte l’histoire de la vie de Thomas Effing le vieux monsieur qui en fait son « nègre » en quelque sorte.Son nègre , et davantage encore...

Et la relation de la vie contient aussi celles de Blakelock peintre et ses toiles «  au clair de Lune » , des toiles très étranges, poétiques sans être romanesques qui entraînent une réflexion sur l'art et ses buts; de Samuel Barber, autre personnage qui revêt une grande importance tant pour Effing que pour Marco. Puis viendra la relation du livre de Barber, véritable conte de science fiction…

 

Livre ambitieux, car voulant nous donner la mesure de l’imaginaire américain,   souvent intéressant, parfois poétique, d’une intelligence aigüe, avec des passages comiques.

Mais aussi des longueurs impitoyables. J’ai passé une cinquantaine de pages sur 317, car certaines histoires ne font que répéter les précédentes.  Ce qui est faible dans ce livre, c'est la relation sentimentale avec une jeune chinoise, qui reste bien conventionnelle, mais qui occupe une trop grande part du récit. De même, le personnage de Samuel Barber est...barbant.

 

Dans l’ensemble je m’attendais à apprécier beaucoup plus ce roman. Dès que Fogg en a terminé avec l'excentrique vieux monsieur Effing, le récit m'a moins plu. Le héros semble fluctuant, on sait qu’il recherche son père, à travers ses pérégrinations, mais il ne semble pas pour autant tendre vers un but pour lui-même.

Le roman d’ailleurs, à mon sens ne s’achève pas !

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 21:51

« Farewell  To My Lovely », 1940.

Disponible en folio-policier.

Mose Malloy, bagnard cambrioleur, deux mètres et cent vingt kilos, recherche Velma, son ancienne amie, chanteuse du cabaret « Le Florian ».  Il vient de purger une peine de huit ans de prison. Le patron du night-club  qui prétend ne pas pouvoir lui donner de renseignements, en perd la vie illico. Philip Marlowe assiste à la scène et prend en sympathie Malloy toujours amoureux de la femme qui l'a vendu à la police afin de s'en débarrasser. Il décide d'aider l'ex-bagnard.  

Le lendemain il  se rend chez la veuve Florian, ne réussit pas à la faire parler. De retour à son agence, il est embauché  par  un certain Lindsay Mariott qui veut racheter moins cher qu'il ne vaut,  un collier de jade volé à son amie. Cet homme a rendez-vous pour la rançon dans une combe, un peu à l'écart de Miramar del Vasto où il loge, et veut se faire accompagner par sécurité. Le rendez-vous est pour ce soir...


Ce roman de Chandler est un grand classique  et il est structuré à la perfection. L'action se déroule sur six jours du 30 mars au  6 avril, les événements y sont savamment distribués, sans temps mort ni ennui. Des personnages  interviennent dans l'action à un rythme soutenu.   Nous ne saisissons pas  immédiatement leur  rôle dans l'intrigue :   Lindsay et son collier, Mrs Grayle la riche héritière, Jules Amthor et son indien officiant dans une fausse clinique, le grand chef Lairde Brunette et son bar flottant...

Le  charme de Chandler est dans sa conception très elliptique de la narration.

L'action se produit, de bonnes descriptions l'accompagnent,  on ne comprend rien...mais tout finit par s'expliquer ... et  ces personnages sont fort bien agencés, y compris les petits rôles : l'indien, les  flics marginaux bien disposés «  Hemingway » et  Red que l'on n'oublie pas.


On aime le moment où avant de se faire tirer comme un lapin, Malloy veut embrasser son ancienne amie et lui lance amoureusement «  J'te préférais en rouquine ».


Des deux films qui en ont été tirés, je n'ai vu que le second avec Charlotte Rampling et Robert Michum en 1975. Il est très bon. 


 
 
 
 
 
 
 


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 08:54

Washington Square

Cercle du Bibliophile,1964, 255 pages.

 

 

Ce roman est paru pourla 1ere fois en1881. Henry James est âgé de 38 ans. Peu après il fera paraître « Portrait Of A Lady », que certain disent son chef d’oeuvre.

 

 

 

A 22 ans, Catherine Sloper rencontre Morris Townsend dans une soirée. Elle a l’impression de lui plaire. Catherine n’a jamais été courtisée encore. Elle est très timide, effacée, sans charme apparent, et de l’avis de son père s’habille comme « un chien savant » autant dire qu’elle ne sait pas se mettre en valeur…Morris est le plus beau jeune homme qu’elle ait jamais vu. Elle ose presque croire au conte de fée…

 

Elle a toujours vécu dans l’ombre de son père, qu’elle admire et craint. Le docteur Sloper médecin apprécié vit dans une spacieuse maison près de Washington Square. Ce parc n’a rien de séduisant, au milieu du 19eme siècle, mais il est plein d’arbustes et d’ombres bienveillantes. Catherine a été élevée par sa tante Mrs Penniman : une dame romanesque et chimérique, tout le contraire de Catherine.

 

Aussitôt que le prétendant a fait son apparition, Mrs Penniman s’empare de l’affaire, invite le jeune homme , rêve pour Catherine de mariage secret, de rendez-vous dans le fameux square, dont elle serait l’instigatrice. Mais tout aussi bien rêve-t-elle du contraire, car les séparations ne manquent pas de charme non plus… Pour le docteur qui a tout de suite appréhendé Morris comme un coureur de dot , ce mariage ne doit pas se faire : en effet, Catherine possède une rente confortable de feue sa mère, et devrait hériter de bien plus de la part du docteur. Morris n’a pas un sou, est aventurier, beau parleur, bien de sa personne vit chez sa sœur, et ne se presse pas de trouver une situation.

Amoureuse, presque autant que sa tante, et d’une façon fort différente, Catherine va trouver là l’occasion d’affirmer, lentement mais sûrement, sa personnalité face à ces deux adultes contre qui elle apprend à se battre, son père et sa tante, et de même face à son prétendant: et ce ne sont pas des cadeaux !

On a parfois comparé Washinton Square à Eugénie Grandet : c’est bien la même histoire, mais le roman de James est plus subtil à mes yeux. Les quatre personnages principaux sont bien plus intrigants, et l’ambiguïté quant à leurs vraies motivations s’amplifie au fil du texte, et ne se résout jamais de sorte que le lecteur reste libre d’interpréter les faits. Tour à tour dramatique et drôle, jamais dépourvu de fine ironie, et même de passages ouvertement comiques.

Bien que Catherine soit l'héroïne du roman, et le conflit avec son père le sujet dominant, je ne suis pas loin de penser que Mrs Penniman dans toute sa perversité et ses contradictions est le personnage le plus réussi.

Ce roman est tout simplement remarquable.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 23:08

Quitter le monde

Pocket,  2009, 694 pages.

Jane Howard, l’héroïne, a connu les affres d’une famille désunie. A l’âge d treize ans, elle a juré devant la énième querelle de ses parents, qu’elle ne se marierait pas et n’aurait pas d’enfant. Son père a quitté la maison ce jour-là pour ne plus revenir. L’un et l’autre parent ne cesseront jamais de lui reprocher d’avoir provoqué la rupture avec cette déclaration.

Jane quitte tôt la maison pour Harvard, a une liaison avec son professeur de thèse, mais l’affaire se termine mal … Plus tard elle tente de devenir trader pour changer de vie. Avec un doctorat de littérature ce n’est pas banal … et plutôt aventureux.

Bientôt elle a des ennuis à cause de son père, devenu escroc, qu’elle a aidé à quitter le pays. Puis elle se lie avec un cinéphile qui rêve de fonder sa propre agence de cinéma. Théo est un intellectuel comme elle, Jane le trouve passionnant quoique affligé de symptômes obsessionnels. Ils ont un enfant, et le jeune homme s’éloigne d’elle, pour monter une entreprise foireuse avec Adrienne Clegg une actrice intrigante vulgaire et sotte… Bien sûr Jane leur a prêté de l’argent et bien sûr elle se retrouve encore avec des créanciers sur le dos …

 

C’est à partir de l’apparition d’Adrienne Clegg que j’ai commencé à me lasser sérieusement du bouquin, soit à la page 300 environ.

 

Jusqu’ici j’avais avalé sans trop protester les aventures de Jane. Mais ce nouveau rebondissement m’a paru très artificiel et peu crédible. Comment son ami qu’elle présente comme intelligent et cultivé peut-il s’associer avec une femme aussi ridicule et peu tentante ? Il aurait pris une maîtresse normale c’eût été admissible. Mais là vu le portrait très chargé que l’on fait d’Adrienne … le comportement de Théo par la suite correspond de moins en moins à ce que l’on nous en a dit.

 

De plus l’auteur fait pleuvoir gratuitement des tonnes de catastrophes sur Jane, et l’on commence à passer les pages à grande vitesse. En outre l’auteur prend un fâcheux plaisir à faire durer des dialogues peu intéressants, et à lancer ses personnages dans des récits informatifs de leur situation qu’ils répètent à chaque nouvel interlocuteur !

Bref, on court aux derniers chapitres pour lire en diagonale la fin, on s’attarde sans réel plaisir à une nouvelle aventure de Jane devenue cette fois détective et justicière malgré elle… !

 

J’ai rarement connu D Kennedy aussi ennuyeux ! J’en suis à mon quatrième roman de lui, ( j’en lis un tous les ans en août) et les précédents, même s’ils possédaient des longueurs ne m’avaient point rebutée.

 

Là je dis stop ! Il tire à la ligne outrageusement…

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 18:07

Après lecture de l'article de Keisha sur  le rouleau de l'oeuvre de Kerouac, et prenant conscience que certains des blogueurs qui me lisent, s'intéressent à ce document, je rediffuse mon article de 2008 ( ouais, ici, c'est aussi nul que la télé, on rediffuse à tour de bras...), sur mon expérience Kerouacquienne. Le billet n'ayant pas reçu de commentaires, et n'étant pas lié à une date significative, il ne perd rien à être publié à nouveau.

 

Fans de Kerouac profitez-en pour le défendre contre mes vilaines attaques!

 

 

 

  1) Début des années 70, je continue à lire les romans qu’il faut avoir lu à tout prix : me voilà plongée dans Kerouac.

 

 On the road est un des premiers livres que j’ai lu en VO; deux autres lectures, en version française,  l’avait précédé :«  Les Clochard célestes »(un des titres les plus stupides jamais inventés pour rendre «  The Dharma Bums » ) m’avait plu, et obtenu l‘aval de ma mère, ainsi que  « Le Vagabond solitaire » mais … 

 

en faisant connaissance avec au moins un texte en langue originale ,patatras!

 

Sur la route ( 1957) fut et reste pour moi  décevant.


Moriarty, un réprouvé, hors-la-loi, errant, est un personnage type de roman picaresque, genre auquel appartient pleinement Sur la route.

Il y a de bons romans picaresques : Jacques le fataliste est mon préféré.

Balzac, tout ce qui met en scène Vautrin, est picaresque et c'est très bon.

Il en est d'un peu longs, mais corrects ( La Ville des prodiges de Mendoza)

Il  en est de pénibles, mais fréquentables( la vie de Lazarillo de Tormes).

Il y en a d'interminables, illisibles : Don Quichotte, par exemple. "Sur la route" relève de  cette dernière catégorie...


Dean ne cherche pas à s'élever socialement. 

Il est vrai, dans le roman picaresque, ce n'est pas une obligation. Le picaro est fier de son origine et de son parcours.

Il  vient de sortir de prison lorsqu'il rencontre Sal Paradise (narrateurdu récit ) pour qui il sera un héros, une source inépuisable d'admiration. Sal est un étudiant qui n'étudie pas, et vit d'une modeste pension de guerre.

  Dean est un type minable, un petit  délinquant sans envergure, et Sal Paradise un  imbécile qui tient gentiment compagnie aux filles que Moriarty va baiser.

  Ils ne font rien de leur vie ni l’un ni l’autre, et ne sont même pas intelligents. Leurs copains sont pénibles aussi, et les filles sont très bêtes… ils font la route…  au début de cette lecture, on espère  apprendre à se repérer géographiquement dans les Etats Unis...


J’ai noté :

 

Sal Paradise, narrateur. Soleil Paradis.

 

Dean Moriarty un gars de l’Ouest de la race solaire

 

Marylou une belle petite poule (les filles sont toutes désignées de cette façon !!)

 Carlo Marx discours délirant  et loufoque

Elmer Hassel; Old Bull Lee criminel ricaneur

Chad le nitzschéen anthropologue

 

Rémi Boncoeur ; Lee Ann

 

Paterson (chez sa tante)

 

Greyhound 34 eme rue

 

Yonkers

 

Rive est de l’Hudson ( source des Adirondacks)

Le pont de Bear Mountain que franchit la route 6 venant de la Nlle Angleterre


Pennsylvanie ( tout se joue en Pennsylvannie??)

Ohio

 

Indiana

 

Chicago

 

Joliet ( Illinois) 

Iowa Davenport Des Moines Adel Stuart 

Council Bluffs 

Omaha le Missouri

 

Nebraska vallée du Platte 

Montana Shelton 

North Platte les grandes Landes  

Et puis zut! A Denver, ça recommence, les fêtes, les parties foireuses ,les bavardages, les errances. 

 

Un jour, Sal Paradise suit sa route sans son compagnon, et tombe sur une fille qui a un bébé (The Mexican Girl) part plusieurs mois avec elle, travaille dans les champs à cueillir du chanvre,  s’occupe un peu de l’enfant, commence une vie de couple avec de la tendresse et un peu de sexe.

C’est le seul bon passage du livre, mais Sal repart.


JOUER  CE ROLE, OUI UN PEU, MAIS PAS L'ASSUMER...


On ne fixe pas, on ne prend pas de responsabilité.

Sal passe aussi du temps chez un couple de français les Boncoeur, en Californie. Disputes violentes, beuveries. Sal se tire, retrouve Dean et ses voitures chouravées, ses drogués, ses " belles petites poules"...

 

J’abandonne…

 

C’est le livre le plus nul de toute la littérature me dis-je, en 1970.On m’a trompée. Ce Kerouac est réac et même patriote. Pas agnostique du tout. Je ne sais pourquoi, j’avais cru…

 

 

2) Je me prends à suspecter les autres écrivains beat. 

 

On me conseille Burroughs. J’ai lu le Festin nu : je n’ai aucun souvenir de ce livre, et ne pourrais en parler, mais à l’époque il m’avait intéressée.

Burroughs dit que la drogue, on n’a pas besoin de faire l’article pour la vendre…c'est plus simple que la prostitution par exemple : nul besoin de parer la marchandise de je ne sais quels attraits.


Je me suis intéressée à la technique du cut up qui a des points communs avec l’écriture automatique : j’ai même sorti le ruban magnétique de la cassette audio de Sergent Pepper et l’ai découpée en plusieurs morceaux que j’ai recollés avec du scotch. Puis j’ai réenroulé le ruban dans le support. Ce fut un travail considérable. Le ruban magnétique était incroyablement long. A l’écoute, on entendait des sons bizarres, mais pas de heurts , pas de mots scalpés… j’ai compris que j’avais réenroulé le ruban à l’envers. 

 


3) Nous sommes toujours en 1970.

Une copine à qui j’ai parlé de mon exploit « cut-up », se dit vivement intéressée :

« sur A Day In The Life, à l’envers, on entend les bruits du terrible accident qui coûta la vie à Paul Mc Cartney !

 

- Ah ? Parce qu’il est mort ?

 

- Bien sûr ! Mais on n’a pas voulu rendre publique la nouvelle ; on lui a trouvé un sosie, qui chante à sa place. Mais en guise de cérémonie funèbre, l’accident de voiture est reproduit sur l’envers d’A Day In The Life.

 

-Ben, dis-je, à l’écoute, c’est loin d’être évident…

 

Elle est venue écouter et n’a pas trouvé ça concluant, malgré qu’elle crût dur comme fer à cette histoire de sosie.


 

4) Nous sommes en 1972 :


J’ai lu « Junkie » !

Burroughs y dit que la femme est un être inférieur ; je ne m’attendais pas à ça ! J’ai jeté le bouquin par la fenêtre de la chambre du huitième  ( j’habitais une chambre de bonne.)

Sans compter que sa femme, il l'a tuée, et n'a pas été inquiété...

 


 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 20:13

Les-Europeens

Points Seuil, 1993, 236 pages.

 

Il a paru en 1878, c’est l’un des premiers romans d’Henry James, alors âgé de trente-cinq ans.

 

L’auteur met en place  certaines  des constantes de son œuvre : l’opposition entre Nouveau et Ancien monde, les problèmes d’argent et d’ascension sociale.

 

Frère et sœur,  Félix et Eugénie viennent d’arriver à Boston. Américains, ayant toujours vécu en Europe, ils découvrent ce continent pour la première fois.

Sans fortune, Eugénie a dû contracter un mariage « morganatique » en Allemagne. Cela signifie qu’elle a épousé un prince, n’ayant pas elle-même d’origine noble.

Par ailleurs, on soupçonne aussi qu’elle n’est pas mariée légalement, puisque ledit prince veut la répudier. En tous cas, elle a fui cette situation sans issue.

Félix, son jeune frère d’un heureux caractère (comme l’indique son prénom) se définit comme un aventurier ; il a été comédien, chanteur, et maintenant dessinateur, et vit de petits jobs depuis toujours.

Leurs situations précaires les ont amenés à se souvenir de leurs riches cousins américains, dont ils espèrent tirer quelque bonne fortune.  Eugénie, déjà 33 ans, pourrait se remarier correctement…

 

  Les Wentworth vivent en banlieue.

Nous sommes au dix-neuvième siècle et ces banlieues rupines du Massachussetts sont fort agréables à Félix, un peu moins à Eugénie, qui depuis le début du récit se déplaît fort ici.

Il n’est pas facile de se présenter chez des cousins que l’on n’a jamais vus, avec des arrières pensées intéressées,  et de prétendre avoir seulement envie de les connaître, sans pouvoir réellement celer qu’on est  économiquement faible, comparé à eux.

    Les  Wentworth sont une famille austère.Ils  fréquentent l’église assidûment ,n’ont guère d’imagination et vivent tristement une routine ennuyeuse. La jeune fille sur laquelle Félix a jeté son dévolu, est promise à un pasteur plutôt coincé.

 

Habiles, charmants, aptes aux intrigues,  Eugénie et Félix s’invitent, se font héberger, courtisent et se font courtiser.   

Eugénie va se faire appeler «  la Baronne de Münster », et composer un personnage mystérieux, plein de bizarreries. A l’opposé, Félix adopte une spontanéité déjà presque américaine, et annonce pour tout métier «amateur », mot qui va faire effet auprès des Wentworth.

 

«  Je n’ai jamais étudié ; je n’ai pas de formation. Je fais un peu de tout, mais rien de bien . je ne suis qu’un amateur ».

Cela faisait encore plus de plaisir à Gertrude de penser qu’il était un amateur que de penser qu’il était un artiste ; le premier offrait à son imagination des associations encore plus subtiles… Mr Wentworth, lui, l’employait abondamment, car, bien qu’il ne lui fût à vrai dire pas très habituel, il le trouvait commode pour aider à situer Félix qui, jeune homme extrêmement intelligent, actif, apparemment honorable, et cependant sans profession définie, constituait un phénomène gênant. »

 

Il ne cache pas son passé aventurier «  bohème , et pierre qui roule » sachant l’impact que ces mots peuvent avoir sur une jeune fille élevée avec des principes, mais qui s’ennuie est et prête à la romance. Eugénie elle aussi, tente de faire le siège d’un cousin, puis d’un autre

 

les caractères que James prête à cette famille américaine ( naïveté,  générosité, ignorance des usages,  repli sur soi ,  puritanisme ) ne les empêchent pas de loger leurs cousins européens, et de les écouter en dépit de leur méfiance. De nos jours, la connaissance du vaste monde leur aurait moins fait défaut et leur sens de l’hospitalité en eût été amoindri.

Lorsque j’ai lu Daisy Miller ou Les Ailes de la colombe, les portraits des américains tels que les voit Henry James m’ont paru vraisemblables, et ceux-là un peu moins !

 

 

Le séjour d’Eugénie et Félix près de Boston, leurs marivaudages incessants,  ne manquent pas d’intérêt. Il y a beaucoup de parties dialoguées, avec de courtes répliques, bien plus que je n’en ai relevées dans mes précédentes lectures de l’auteur. Des métaphores amusantes et inédites, et des situations cocasses le récit n’en manque pas, mais il n’est pas tout rose, loin de là !

 

 

 L’ensemble est une lecture agréable, sans être aussi intéressant que mes précédentes lectures de James.

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 13:37

Mère disparue

Titre original Missing Mom, 2005

 

Phlippe Rey, 2007, 289 pages.

 

L’auteur a placé en exergue «  En souvenir de Carolina Oates » ( 1916- 2003) qui fut prbablement la propre mère de l’auteur.

 

La mère du récit Gwendolyn Eaton, ( que l’on surnomme «  Gwen » et aussi « Plume ») organise un propre repas de fête des mère le 4 mai 2004, auquel sont conviées ses deux filles Nikki la narratrice, et Clare son aînée, accompagnée de son mari et de ses deux enfants. Il y a beaucoup d’autres invités, des vieilles tantes, un soupirant de Gwen, une amie de longue date, un révérend,   et même un employé venu  ce matin  pour exterminer les fourmis rouges dans la maison.

La maison de Gwen, c’est un peu la maison du Bon Dieu, elle  cultive une quantité appréciable de relations diverses,  nouées lors d’occupations variées : piscine, cours de loisirs créatifs, bénévolats divers, à la bibliothèque, à l’hôpital, à l’église car elle s’occupe de la réinsertion de délinquants avec l’aide du prêtre de la paroisse.

Dans l’ensemble, des personnes que Nikki supporte difficilement. Sa sœur mariée, embourgeoisée, la vieille amie hypocondriaque, le prêtre assommant, le soupirant ridicule…

Nikki a 31 ans, 25 de moins que sa mère ; elle se considère comme une rebelle, mais cette différence consiste surtout à se vêtir en punk et à en adopter la coiffure, à entretenir une liaison avec un homme marié, à ne pas avoir d’enfant, à être journaliste pour une revue Underground pour laquelle elle interviewe des chanteurs de blues et rock. Rien de bien extraordinaire à nos yeux mais nous sommes dans la petite ville de Mont Ephraïm dans l’état de New-York, une petite bourgade pleine de préjugés d’un autre âge, comme on a déjà pu le constater dans « Nous étions les Mulvaney ».

 

C’était  la dernière fois que Nikki voyait sa mère ; cette dernière va se faire assassiner une semaine plus tard, par un repris de justice dont elle s’occupait plus ou moins, à qui elle confiait de petits travaux. Nikki et sa sœur  l’avait déjà chassé, mais ni Gwen, ni le prêtre de la paroisse qui aidait aussi  à sa réinsertion ne l’avaient perçu comme dangereux.

 

L’action dure un an et consiste pour Nikki à vivre sans  sa mère, à survivre au choc ( c’est elle qui a trouvé le corps), à « faire le deuil » comme on dit souvent. Sauf que le récit s’achève sur es mots «  Ainsi s’acheva la première année où ma mère me manqua », ce qui laisse prévoir un deuil interminable. Nikki  n’ayant pas d’attaches familiales contrairement à sa sœur, et un emploi « à domicile »qui lui laisse du temps, c’est à elle que revient de s’occuper des affaires de sa mère, de s’en rapprocher,  de réfléchir sur le passé de sa mère, sur  sa relation avec elle.

Elle s’installe dans la maison de sa mère, et  s’adonne à certaines de ses activités, notamment apprendre ses recettes de cuisine, fréquenter ses relations, fouiller  dans son passé : elle n’y trouvera rien de très surprenant,  mais tout de même une sorte de réponse au fait que sa mère  se soit montrée bien trop charitable et même imprudente. .. Comment a-t-elle pu ne pas vouloir s’apercevoir que l’individu était dangereux ?

Par- delà cette introspection bienvenue, on peut s’inquiéter que la mère disparue devienne de plus en plus omniprésente. Le fait que la mort de Gwen ait été particulièrement tragique, aide à  ce renforcement de liens.

L’inspecteur qui s’occupe de l’enquête lui promet «  après le procès, votre vie recommencera ».

Ce n’est pas mon avis ! Après le procès, Nikki se rapproche encore plus étroitement de sa mère, au point de partir avec son nouvel  amant au lieu même où se propres parents allèrent en voyage de noces. Heureusement aucun mariage ne semble se profiler à l’horizon !

 

Le roman comprends cinq parties divisées chacune en plusieurs chapitres titrés au moyen de  bribes de phrases ou simples répliques, questions, mouvements d’humeur, exclamations… tout comme la narration qui est pleine de vivacité, à fleur de peau, manifestations de langage familier, dialogues enlevés, avec des passages plus classiques. Bien des scènes sont extrêmement vivantes et bien rendues. La découverte du corps par Nikki est un passage remarquable ; toutes les scènes avec le vieux chat de sa mère, l’amie farfelue et hypocondriaques, les essais de cuisine sont fort  bons.

Mais j’ai passé des pages !  Parce que les problèmes sentimentaux de Nikki, qui tiennent beaucoup de place sont extrêmement ennuyeux.  On est peut-être déçu aussi  que les principaux personnages ( Nikki et feu sa mère) n’aient pas changé à la fin du roman.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 13:28

Tar baby


10/18 ( Domaine étranger)1996, 432 pages

2dition d’origine : Tar Baby, 1981.AB+

 

Titre : Tar baby «  bébé goudron » est  une façon de désigner les noirs pas plus amène que « nigger » ;

 

Un homme en fuite, dénommé étrangement «  Fils » s’introduit clandestinement sur l’île des Chevaliers dans les Antilles, ayant suivi deux femmes.  Il rôde autour de la demeure de Valerian Street, 70 ans riche retraité qui passe ses journées dans une serre à écouter de la musique.

Les deux femmes s’avèrent être son épouse Margaret, qu’il a épousé très jeune et qui ne s’est jamais adaptée à son existance paraît-il facile, et Jadine  une jeune femme métisse nièce des employés de maison qui sert à Margaret de demoiselle de compagnie en attendant de rejoindre la France où elle travaille comme mannequin.

 

Tous attendent Noël et l’arrivée du fils des propriétaires Michael, qui a semble-t-il connu une enfance perturbée au milieu de cette engeance.

 

Mais c’est l’étranger,( «  fils », un surnom qu’il endure depuis toujours) qui sera l’invité-surprise, et va faire exploser le fragile équilibre de la maison, provoquant chez chacun une remise en question. Les employés de maison vont se sentir spoliés et après s’en être pris à l’étranger, vont se dresser contre leurs maîtres. Un autre couple de noirs infériorisés par les domestiques précédemment cités, et méprisés de tous, vont se rebeller à leur manière ; Jadine et l’étranger sont attirés l’un par l’autre, mais ils ne viennent pas non plus du même monde, quoique tous deux afro-américains, et leur union va se révéler problématique.

 

Un roman très riche qui traite de l’affrontement de milieux sociaux opposés, aussi bien chez les noirs que chez les blancs,  dont le rapprochement induit querelles et identification pour certains d’entre eux à d’anciennes révoltes d’esclaves noirs. La lucidité du texte est de montrer que les noirs  se dressent les uns contre les autres,  aussi bien que contre les blancs. La discorde révélée par l’apparition de l’étranger, ne cesse de provoquer des dissensions, des vengeances, que rien ne viendra apaiser.

Un récit vraiment réaliste et un roman social éclairé. J’ai remarqué aussi la façon qu’a l’auteur de faire parler les éléments naturels, en ce qu’ils participent de mythes fondateurs ; au départ dans cette île, des colons saccagèrent la nature, et s’affrontèrent  aux populations indigènes.

 

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