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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:14

 

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2013

 

Mr Schulz, arpente le sud des USA en tirant un fourgon, au-dessus se trouve une énorme molaire, qui lui sert de coffre-fort. Autrefois dentiste, il est devenu chasseur de primes. Dans une grande forêt, le voilà à discuter avec un de ces fermiers qui se promène avec une cohorte d’esclave noirs, fers aux pieds. Mr Schulz demande à tous hasards quelqu’un ne connaîtrait pas les gens qu’il doit ramener à la Justice. Un discours sophistiqué, ironique, assaisonné de tirades et de formules faussement obséquieuses. Django dit connaître les futures victimes. Cependant le fermier hérissé par les manières de Schulz refuse de vendre son esclave. Schulz en rajoute une couche, et cette fois ponctue par des coups de feu qui ne ratent pas leurs buts. Le sang jaillit en gerbe, et les victimes hurlent.

Tous les esclaves sont libérés et Django repart avec Schulz. Début d’une aventure héroïque, hyper-sanglante, loufoque, chevaleresque. L’ex-esclave noir devient l’employé de Schulz ; leur but ultime sera de délivrer la belle captive Broomhilda des griffes d’un odieux propriétaire. 

L’homme noir héros de western ?…. Apparemment.

En fait, le personnage qui mène le film et lui donne son originalité c’est Mr Schulz l’étrange allemand lettré, émigré aux USA qui joue de la gâchette et du verbe avec maestria. Et invente des rôles pour Django et lui lors de chaque prestation, des rôles costumés, en plus !  Django ne ferait rien sans lui. Schulz lui invente même un destin de légende « Siegfried «  dont Django suivra le programme (une partie en tout cas).

L’enjeu véritable, c’est lorsque Schulz s’affronte avec La Canda, négrier sadique qui fait combattre les noirs les uns avec les autres, jusqu’à mort de l’un d’entre eux, et fait tuer l’autre par ses chiens, cherchant la provocation.  L’allemand jusqu’alors loufoque, cynique, ingénieux,  sensé, suivant les cas, devient subitement tragique : son geste sacrificiel, indique que tous les Blancs doivent disparaître. En effet, Il n’en reste plus un seul lorsqu’arrive la fin, qui s’est fait attendre.

Le travail ultime de Django à estourbir tous les ennemis restant, est un peu longuet. D'un autre côté, cette fin est logique.La geste de Django impose qu'il s'afranchisse seul, prenant possession, par la violence, de tout ce que les Blancs se sont appropriés. 

Les prestations de Christoph Waltz et Di Caprio sont meilleures que celle de Jamie Foxx et son rôle reste conventionnel. Sa bien aimée est réduite à un rôle passif et décoratif (les flash-back de Django sont surtout décoratifs) ce qui est assez irritant.


Dans l’ensemble, C’est tout de même un bon film, vigoureux, le comique de situation le dispute au tragique, voire à la farce ( la scène des cagoules des apprentis Klu-klux-klan souvent citée). L’action et les temps de repos sont bien alternés, les différences de ton aussi. Mon regret , c’est donc surtout que les Noirs ne soient pas heu… j’allais dire suffisamment concernés ! J’exagère, bien sûr… !

J’ai préféré Inglourious Basterd, mais ce film-là reste bien davantage qu'un bon divertissement.

 

Lire le billet de Dasola ,enthousiaste sans réserve. 

 

Après avoir écouté la série de France-Culture sur l'éloge de la parodie, dont le dernier épisode est consacré à Tarentino, je me rends compte qu'il faudrait regarder longuement de DVD, et réfléchir, avant de parler d'un film aussi riche. Comme d'habitude, je suis contrainte à en rester aux premières impressions.

 

 Django unchained

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:08

les bêtes du sud sauvage 0

 

 

 

USA 2013

1er long métrage.


Une petite fille de 6-8ans, prénommée Huspuppy ( il paraît que cela veut dire beignet de maïs soufflé ?) Vit avec son père en Louisiane dans le bayou. La mère de la fillette est partie (on ne sait quand ni où) et Hushpuppy parle avec elle et l’entend lui répondre. La fillette vit dans une cabane et son père dans une autre, contiguë. Ils élèvent des poules et des moutons, tirent aussi un peu parti du sol et pêchent. D’autres familles vivent ainsi, et tous forment une communauté qui s’entraide et fait souvent la fête. Hushpuppy est le porte-parole de cette histoire, une voix souvent off qui raconte son vécu mi-vrai mi-fantasmatique. Les enfants ont une institutrice qui leur parle de la banquise qui fond, des troupeaux d’aurochs qui ont vécu pendant la préhistoire, l’histoire de la Terre dont les humains font partie. L’ensemble est une fable qui emprunte au mythe du bon sauvage.

L’ouragan décime les cabanes. Hushpuppy et son père naviguent dans une arche de fortune. Ils passent voit leurs voisins. On survit tant bien que mal. Plutôt mal, car les eaux qui ont monté sont amères, les poissons meurent, et les bêtes domestiques aussi. Cependant la petite communauté ne veut pas rejoindre la civilisation. Des images remarquables sont tirées de ce déluge. Du tsunami qui le précéda. Un ensemble poétique, mais aussi concret rude, sans fioritures.

Hushpuppy est absolument merveilleuse!


A force de s’enfuir, Hushpuppy et ses amies se retrouvent dans un bordel sur l’eau. Hushpuppy y rencontre une jeune prostituée serveuse cuisinière qui la prend dans ses bras la berce et lui dit des choses plutôt amères sur la vie. Ce pourrait être la mère d’Hushppupy, et elle pourrait bien lui annoncer son triste avenir…

Mais le film s’achève sur la mort du père qu’on laisse partir sur l’eau en disant des prières. Hushpuppy devra affronter la civilisation.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:20

Série en six épisodes de Todd Haynes d'après le roman de James Mc Cain.

Kate Winslet dans le rôle de Mildred.

 

Années 30, Californie. La petite ville de Glendale. Une femme de la classe moyenne, met son mari à la porte ; il est trop heureux d’obtempérer, sa maîtresse l’occupe. Mildred a deux fillettes ( 5 et 10 ans à peu près) la grande étudie le piano, la petite est mignonne. Mildred n’a plus assez d’argent pour les faire vivre décemment. Elle cherche un emploi, finit par devenir serveuse ; c’est loin de son milieu social. Elle s’adapte, mais dissimule son emploi à ses enfants. Toutefois sa grande fille l’apprend et se moque d’elle. Avec l’aide d’un ami de son mari, Mildred se prépare à ouvrir un restaurant. Elle fera la cuisine, elle est très douée pour cela.Du poulet et des tartes, pour une clientèle de la classe moyenne.

Pour la gestion, elle se débrouille.

Pour le sexe, L’ami du mari est loin d’être une affaire.

Mais, elle rencontre un espagnol basané et passe le weekend end avec lui à Pasadena. Au retour sa plus jeune fille est gravement malade (une méningite ?) et meurt. Je n’aime pas cet épisode ! La petite semble n’être morte que parce que sa mère a pris du bon temps avec un homme, laissant ses filles à la garde des grands-parents. Elle est donc punie ! on retrouve cela dans des romans du 19 eme siècle ( le fils de Mme de Rénal tombe malade lorsqu’elle a couché avec Julien ; le fils de Mme Arnoux tombe malade lorsqu’elle s’apprête à rejoindre Frédéric et empêche cette rencontre…)

Malgré tout, elle fait tourner son restaurant et continue sa liaison avec ce Monthy, qui vit d’actions en bourse et d’alcool,  est rapidement ruiné et devient son gigolo. Elle le vire. Elle découvre qu’il est rien en dehors de son soit-disant sex-appeal.

Violentes querelles avec sa fille aînée, Léda, qui lui reproche de faire la popote, pas assez distingué pour cette jeune pimbêche, même si elle profite de l’argent de sa mère. Léda attend le cygne…


Les deux derniers chapitres : Mildred a ouvert deux autres restaurants ! Des plats chics pour les nantis de Beverley Hill. Du poisson et des steaks pour les touristes de Laguna Beach. Un succès complet… mais sa fille...Bon, sa fille s’appelle Véda et non Véga ou Léda comme je l’avais cru la semaine passée ; donc pas de cygne… sa fille,  la seule qui lui reste, occupe le terrain de ces deux derniers chapitres dans le rôle du méchant, de l’opposant, du mal… caractère impulsif et querelleur, mais brillante et sachant séduire, elle devient une grande chanteuse d’opéra ( un peu trop vite pour que l’on y croie ! ) et sa mère fait des frais et des dettes pour se rapprocher d’elle… en vain, car Véda l’aime un jour, et la hait le lendemain, et rien n’y peut changer. Puis Mildred s’est réconciliée avec son gigolo : on ne sait pas trop s’il a de nouveau de l’argent où s’il bluffe : le fait est qu’on achète une grande demeure que l’on meuble, et qu’un mariage coûteux est prévu sous peu… sauf que Mildred va surprendre Veda avec Monty au lit, et tenter d’étrangler sa fille.


Ce que j’en pense ? D’un point de vue sociologique, c’est assez bien vu, mais il y a du flou. Et surtout,  il y a trop de mélo. Kate Winslet n’y est pour rien. C’est une actrice que j’apprécie.  J’aime bien ses tenues dans le film. Ses chemises de nuit, son uniforme cet uniforme qui joue un rôle important, ses tenues strictes, puis tout d’un coup cette robe verte à décolleté et grand volants le soir où elle éconduit l’affreux Monty. Je me demande ce qu’elle lui trouve.   

Sans y parvenir ! A l’étrangler, disais-je. Finalement Veda s’en va avec Monty et Mildred se remet en ménage avec son époux, dix ans après l’avoir éconduit. Qu’elle aille au diable ! disent-ils de Veda en trinquant à leur santé.  Au final deux portraits de femmes qui ont brillament réussi à exister dans un monde où seuls les hommes faisaient la loi.

 

 Veda ( Rachel Wood)

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:18

Michel Bouquet (Renoir à la barbe presque pointue et au chapeau) Christa Théret (Andrée Hessling, le modèle) Vincent Rottiers (Pierre Renoir futur cinéaste)

 

 

C’est une très jeune fille qui vient aux « Collette » dans la propriété des Renoir, près de Cagne-sur mer. Elle s’appelle Andrée ; le vieux maître dit « une fille de nulle part recommandée par une morte, je la garde ». Andrée s’est laissé dire par la femme de Renoir, à présent décédée, que son époux cherchait un modèle.

Renoir dit encore au début du film «  près d’ici vit un peintre qui fuit les modèles, peint des pommes et des mannequins en bois. Moi je préfère le vivant ». Renoir se définit d’entrée de jeu comme l’anti-Cézanne. Reste à savoir ce qu’est ce vivant-là.

Si l’on pense que Cézanne est un grand peintre et que Renoir n’est que « joli », on se dit «  que suis-je venu faire dans ce film ? «.  Mais l’on reste. Car la peinture de Renoir est réconfortante. Et ce film imite la peinture de Renoir, en distillant un grand nombre d’exercices de style parfaitement réussis même si un peu trop appuyés.

Il n’y a pas que du Renoir, d’ailleurs,  on nous montre aussi une charogne d’animal, de jeunes soldats défigurés par la guerre, des tempêtes, le vieil homme souffrant et métamorphosé par la maladie( un peu de Cézanne donc), et cinq minutes de Toulouse-Lautrec, lorsque Pierre va rechercher Andrée dans un lupanar où elle s’était réfugiée, après leur brouille.

Les personnages ne sont pas idéalisés, le vieux maître n’est pas facile, il ne paie pas ses modèles, les femmes commencent modèles et finissent domestiques de la maison lorsqu’elles n’inspirent plus le maître.  Le petit Claude, « Coco » fils tardif de Renoir est en révolte. On n’a pas de peine à reconnaître le « gamin au vélo «  des frères Dardenne. Il a de la personnalité. Les acteurs sont tous bons y compris Michel Bouquet, bien sûr. Le seul vrai défaut du film, c’est qu’il ne raconte pas grand-chose… il n’y a pas d’intrigue véritable.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:18

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Fabrice Gobert, 2010 (enregistrement du 7 ; FR3)

 

 

Un cadavre est trouvé dans une forêt de la banlieue parisienne à proximité d’une cité pavillonnaire.

Les jeunes s’étaient retrouvés à danser pour fêter les 18 ans de Jérémie… la fête s’interrompt, pour aller patrouiller dans la forêt…

La victime est  Simon Werner, lycéen de Terminale du lycée proche ; il avait disparu depuis plusieurs jours.

Ensuite, ces jours, celui de la disparition et les suivants, jusqu’à la découverte du cadavre, sont vécus en 4 chapitres vus par quatre lycéens différents de la classe de Simon.  Jérémie, garçon sportif au visage intéressant, qui va fêter ses 18 ans, avec un pied dans le plâtre qu’il s’est fracturé au football. Alice (Ana Girardot) blonde roux, cheveux jusqu’aux reins, mignonne, amie de Simon( on verra que ce n’est pas la seule)qui réfléchit sur sa disparition et pense à une fugue ; Rabier ( Jean-Baptiste seulement désigné par son patronyme car il est un peu la tête de turc des autres) qui voit son propre père prof de physique soupçonné par les autres élèves de la disparition de Simon. Il finit par s’enfuir avec Laetitia une jolie  maghrébine punk ; Simon lui –même jusqu’à sa propre fin, vite arrivée, ce dernier chapitre étant très court…

Les quatre récits narrent des scènes similaires, selon des points de vue différents. Le logement de fonction de Rabier père est visité par Jérémie et un de ses amis, persuadés que l’homme est psychopathe ; On réussit à créer une impression d’étrangeté par rapport à ce logement en fait assez banal ! Jérémie terrifié par le prof tombe avec ses béquilles.

Simon sur le terrain de sport a été vu remettant une enveloppe avec des billets à l’entraîneur. Suivant Alice, « il est racketté », suivant l’autre garçon «  ils sont complices dans un trafic de drogue », l’entraîneur, aussi bien que Rabier père sont accusés de pédophilie et serial-killing.

Les jeunes se regroupent et se séparent dans le logis où l’on danse. Dans la forêt où ils cherchent Simon de nuit. La forêt joue aussi un rôle le jour.

Rabier et Laetitia en position d’infériorité, sont souvent seuls et finalement ensemble. J'adore less deux grandes méches rouges de Laetitia. Je connais une sympathique coiffeuse qui a les mêmes.

Les scènes sont courtes et s’arrêtent assez vite. Le récit suit un cheminement elliptique. Souvent les adolescents se disent des propos qu’on n’entend pas bien. Le procédé est fréquent : soit ce qu’ils disent n’a pas d’importance mais pour cette séquence il est nécessaire de donner l’impression du dialogue, soit le bruit de voix participe de l’esthétique du film, soit ces propos sont intéressants mais il faut les deviner. Ici on a le choix !

Dans l’ensemble,  on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Le film a été comparé  à Elephant, certes il en reprend la construction, mais le cinéaste est encore débutant.

Ce serait un bon film, si Gobert avait su donner une signification à la mise à mort de Simon, la relier aux péripéties précédentes. Par exemple : cette mort aurait pu avoir un sens sacrificiel, être inconsciemment voulue par les autres, les gêner d’une façon ou d’une autre. Ils auraient pu être traumatisés par le cadavre…. Ce n’est pas le cas. Les funérailles se passent bien et la vie reprend son cours. Donc c’est un peu court, justement…

la morale de l’histoire semble être qu’il ne faut pas donner du feu à n’importe qui. Si vous avez cessé de fumer, vous ne risquez rien.

 

Simon Werner-Jules-Pelissier-l-ancien-candidat-de-la-Nouvel

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 00:14


Royal Affair g-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx

 

 

 

 

 

La jeune reine du Danemark exilée, écrit à ses deux enfants qu’on lui a soustrait fort jeunes. Elle raconte ses neuf ans de règne mouvementés qui s’achevèrent tragiquement, afin que ses enfants sachent la vérité.

Caroline, anglaise d’origine, arrive au Danemark fait connaissance de son époux. Christian est atteint de symptômes hystériques ( ou maniaques plutôt) sujets à des accès de violence, loufoquerie, bizarreries en tout genre, débauche affichée. Il a un petit quelque chose de l’Amadeus Mozart de Forman. Cependant, ne créant pas d’œuvre, il n’a rien pour se stabiliser.  La reine le fuit, et se consacre à l’héritier, puis à ses livres qui ne plaisent guère car ce sont les philosophes de l’Aufklärung .

L’insupportable Christian se voit attribuer un » médecin personnel » allemand , Johannes Strueesen, chargé de le distraire et de le modérer dans ses excès. Le médecin comprend son goût pour le théâtre et le jeu et œuvre à canaliser son énergie. Il a de l’influence sur lui. Une sorte de relation homosexuelle platonique s’instaure. Du moins pour Christian, car Johann n’a d’yeux que pour la reine… Libre penseur, il ne tarde pas à bien s’entendre avec elle, qui lui ouvre son cœur et son lit. Habile et idéaliste, Johann joue de son influence pour faire quelques réformes importantes dans le royaume : vaccination de la variole ; abolition du servage, début d’instruction du peuple, instauration de mesures d’hygiène… s’appuyant sur Christian, il fait virer tout le conseil d’état. Le roi c’est lui, et Christian le fou… ce jeu leur convient, d’ailleurs ils avaient commencé par jouer aux citations shakespeariennes.

Bien sûr la mère de Christian, et les gens du conseil d’état révoqué, vont faire cesser cet épisode insolite, d’autant plus vite que la liaison de Johann et Caroline s’ébruite et qu’une naissance s’en est suivie…

Film en costumes, romanesque, à la mise en scène classique, n’évitant pas les scènes voyantes, lyriques et mélodramatiques.

Film politique ?  Pas vraiment. Car Johann n’a pas eu le temps de bien régner ; ses idées philosophiques des "lumières" restent embryonnaires, l’aspect politique n’est pas développé. Sauf que très vite, « il faut de l’argent », et l’on commence à taxer les nobles, on voudrait s’attaquer au clergé, mais il est trop tard.

Dans l’ensemble, on est séduit et on ne s’ennuie pas. Mads Mikkelson a la présence qu’il faut. J’étais sûre d’avoir déjà vu cet acteur quelque part. Sa filmographie m’apprend qu’il a joué le viking muet  dans «  le guerrier silencieux » de Nicholas Refkin  Film qu’on peut trouver plus original que celui-là (quoique le côté ésotérique m’ait ennuyée).

 

L'histoire contée dans Royal Affair a aussi fait l'objet d'un roman " Le Médecin personnel du roi" de Pier-Olov Enquist, dont on peut lire la traduction française chez Actes sud.

 

Billet de Dasola

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:41

avant d'aller dormir

 

 

Sonatine, 2011, 375 pages

Une femme se réveille un matin amnésique. Elle ne reconnaît pas le lit, ni la chambre dans laquelle elle a dormi. Ni l’homme qui dort à ses côtés. Il est bien trop âgé pour elle ! A-t-elle bu la veille ? Dans le miroir de la salle de bain, elle se reconnaît,  mais avec au moins vingt ans de plus !

Elle apprend de l’homme à ses côtés, qu’elle s’appelle Christine Lucas, et a perdu la mémoire longtemps auparavant, lors d’un accident suivi d’une commotion cérébrale. Elle se souvient de ce qui lui arrive pendant le jour, mais a tout oublié le matin suivant.

  Lui, est son mari : Ben. Il lui montre des photos d’eux plus jeunes.

Dans la matinée, Christine effrayée de sa situation, a jugé plus prudent de rester à la maison, pendant que Ben est parti travailler. Elle tente d’avoir des souvenirs personnels mais rien ne vient.

Tout à coup, son portable sonne. Le correspondant dit s’appeler le docteur Nash. Il est spécialiste des troubles de la mémoire, et aide Christine à s’y retrouver.  

Nous nous voyons plusieurs fois par semaine, apprend-il à l’infortunée héroïne, et vous tenez un journal des événements de chaque jour et des souvenirs qui vous viennent, que vous cachez dans votre armoire.  Christine est bien aise de trouver le journal. Cela va lui donner une identité et des informations sur elle, ces derniers jours. Ainsi qu’au lecteur…

Tout cela se répète quotidiennement. Et il ne faut pas montrer le journal à Ben. En effet, elle ne tarde pas à y lire, que les souvenirs qui lui reviennent et qu’elle y consigne, contredisent plus ou moins ce que Ben lui apprend. Il ne voulait pas qu’elle consulte le Dr Nash, ce qu’elle fait en cachette. 


Un thriller plutôt qu’un policier. On ne tarde pas à comprendre la vérité, mais on est avide de savoir les détails, et comment la situation va évoluer. Ce n’est pas un mauvais livre, mais, dans le but de faire mijoter le lecteur dans un maximum de suspense, l’auteur commet beaucoup de répétitions pénibles. Bien sûr le fait de répéter la même chose tous les jours avec des variantes fait partie de cette intrigue spéciale où l’héroïne oublie tout du jour au lendemain. Mais l’auteur en abuse parfois.

Le mot «  désolé(é) » apparaît bien trop souvent. L’une des protagonistes de l’histoire commence toutes ses phrases par « Putain ! » ce qui m’énerve considérablement. On peut aussi voir dans cette histoire une leçon de morale…

 Before I Go to Sleep est le premier roman de Stevens  J Watson, L’histoire se déroule en Angleterre, aux alentours de Londres, à Londres et à Brighton. Mais ne vous attendez pas à des descriptions de ville et de paysages ni à une ambiance british…

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 10:37

Quelques heures de printemps D6D6-f jpg-q x-xxyxx

 

Y-a-t-il une vie après la mère?

 

 

 

 Réalisé par Stéphane Brizé.

Acteurs : Vincent Lindon , Hélène Vincent, Emmanuelle Seigner.

 

Après dix-huit mois de prison effectués pour avoir accepté de passer de la drogue dans son camion, Alain, célibataire d’âge mûr, revient vivre chez sa mère. Elle n’a pratiquement jamais été le voir en prison. Elle l’héberge, mais lui dit qu’il n’est pas chez lui. Le fils et la mère sont en conflit ouvert. Ils ne partagent pas la même table ni les mêmes repas. Ils « communiquent » par l’intermédiaire du chien qu’ils aiment tous les deux, et sinon se disent des injures. Après une terrible échauffourée, Alain va vivre chez son voisin,ex-collègue de travail.


Alain ne peut reprendre son emploi de transporteur. Il se fait embaucher à trier le contenu des poubelles « carton » à la voirie. Au café, il rencontre une femme : Emmanuelle Seigner à qui les chemises à carreaux, les queues de cheval et un  jeu »naturel simple et gai» vont bien. Mais à ce moment de la relation où l’on parle à l’autre de soi, de sa vie, il se trouve minable et fuit, fâché, sans s’être expliqué.

Donne sa démission de l’emploi qu’il occupait.

Jusque là, le sujet semble être l’impossible réinsertion d’un individu marginalisé. Qui vit avec sa mère. 

L’état de santé de  Mme Evrard est préoccupant. Cancer et métastases. Elle choisit le suicide assisté  en Suisse avant d’avoir des symptômes sévères qui l’amèneraient à croupir dans un hôpital. «  C’est la seule chose que j’aurais choisie dans ma vie » dit-elle. Une phrase terrible ? Ou peut-être simplement la lucidité. Les Evrard mère comme fils sont sans illusions. Ils ont eu une vie moche, dont ils sont l’un et l’autre mécontent, et c’est pour cela qu’ils se querellent. 

Les critiques ont fait remarquer qu’Yvette et son fils ne se parlaient pas.  Certains critiques ont dit que dans les milieux modestes on n’a pas beaucoup de mots pour exprimer les sentiments. Au contraire, dans les milieux modestes, on parle souvent beaucoup, on s’exprime, lorsque l’on en a le désir, la possibilité. Comme partout.

Dans ce contexte, même si Yvette et Alain n’étaient pas en conflit, ils auraient peu  à se dire de toute façon !  Le fils, devenu un homme depuis bien longtemps, a forcément d’autres préoccupations que sa mère.

Cependant Mme Evrard tient à son fils. Elle a acheté une cafetière parce qu’il n’aime pas le café en poudre. Lui parti, elle cherche à le faire revenir, se servant du chien. Alain ne reviendra que pour le chien… elle le sait.

Et finalement pour le suicide assisté. C’est le deuxième sujet du film. Quel est son rapport avec le premier sujet ( la marginalité) ?  On ne sait pas ce qui va changer pour Alain, sa mère étant défunte. 

La façon de présenter le suicide assisté : plusieurs personnes viennent à la maison demander à Yvette si elle a eu une bonne vie. Puis lorsqu’elle esquive la question, l’assurer qu’elle est « un être précieux et unique ». Je suppose que l’équipe de psychologues cherche à savoir si Yvette est vraiment décidée à ce geste. Pour ce faire, ils devraient plutôt lui rappeler que le suicide assisté reste un suicide.

Je n’avais jamais tenté d’imaginer comment se déroule un suicide assisté. Je n’avais même pas imaginé que l’on y recourait alors que l’on avait peu de symptômes graves, mais la certitude venue de l’autorité médicale que ça allait empirer. Cela paraît tout simple, et très effrayant tout de même. Juste ingurgiter une boisson au goût d’orange. Pleurer brièvement son fils, et plonger dans son dernier sommeil. Et cette unique image de la Suisse une petite rivière coulant  avec une montagne en arrière-plan ? C’est tout ce qu’ils auront eu comme vacances.


Certains critiques trouvent le film sentimental voire misérabiliste, et plein de bons sentiments. D’autres le trouvent pudique et sachant éviter le pathos et les bons sentiments. Personnellement je trouve que pour éviter totalement  le côté sentimental ou cliché il aurait fallu  supprimer le personnage du voisin chez qui Alain trouve refuge, et le médecin de Mme Evrard qui  bêtifie sur  la nécessité de subir les soins palliatifs.

D’autres trouvent la mise en scène banale. Personne ne dit la même chose !

C’est un film intéressant, les personnages sont crédibles et confrontés à de vrais problèmes. Des gens qui connaissent la vie et savent ce que l’on peut en tirer…

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:22

Bertrand Bonnello 2010

Le film commence « au crépuscule du 20eme siècle » en 1899. L’Apollonide est une maison parisienne tenue par une tenancière qui y loge ainsi que ses deux petites filles, et une douzaine de prostituées. La maison comprends plusieurs étages : au premier, les filles reçoivent les clients, boivent avec eux, font leur travail de séduction. Le premier est un lieu cossu et accueillant. S’y trouve un canapé où se prélasse une panthère noire, appartenant à un client.

Au second Marie-France loge sa famille. Au troisième, les filles subissent le commerce charnel dans des chambres séparées. Au quatrième, il y a un grenier, une salle de bain, des chambres. Les filles se lavent avec application, se revêtent de chemises de nuit blanches et occupent les lits ( à deux ou trois).

Le prologue montre Madeleine ‘la Juive » avec un client. Elle ouvre une boîte contenant une émeraude et s’étonne qu’on lui fasse ce cadeau. Le client la pénètre avec un masque blanc.

Ensuite, on assiste au début de soirée, au premier étage. Chaque fille boit avec son client. Elles sont joliment habillées, bien maquillées, pas vulgaires. Un peu plus jolies que l’ensemble des femmes. Ont l’air accueillantes, mais la façon dont elle tourne leur doigts le long du verre de champagne, et d’autres détails disent combien elles sont lasses.

Madeleine monte avec son client ; elle lui raconte le rêve qu’elle a fait. Il demande s’il peut l’attacher. Elle répond oui (elle est obligée suppose-t-on). Et il lui lacère le visage des deux côtés de la bouche. Madeleine est devenue « la femme qui rit ». Elle ne va plus coucher, et s’occupera de l’entretien de la maison. Le client pervers continue à venir. D’autres sont intéressée par la mutilation. Madeleine sera un jour forcée d’aller dans une partie fine où elle sera humiliée.

Autres péripéties : Julie attrape la syphilis et meurt rapidement. Pauline est une nouvelle venue : elle a seize ans, voudrait se prostituer « pour être libre et indépendante » ce qui fait rire Marie-France. Après quelques semaines (ou mois ?) de pratique, Pauline quittera la maison, surtout lorsque la maladie de Julie sera déclarée.

Les filles enferment Le client avec la panthère à la fin du film…

L’une des jeunes femmes Clothilde, espérait se faire épouser mais son client la délaisse. Elle se met à fumer l’opium…

Le film est somptueux et la photographie magnifique. La journée que les filles passent au bord de la Seine à se baigner donne l’occasion d’émouvants tableaux impressionnistes. Ce ne sont pas les seuls.

L’ultime soirée de l’Apollonide, le bal masqué du 14 juillet, est également d’une esthétique très travaillée qui diffuse une atmosphère inquiétante. Ainsi que la terrible partie fine…

Bien sûr, c’est un film d’homme, donc il y a de beaux plans sur les corps des filles, pourtant les désagréments du plus vieux métier du monde ne sont pas masqués. De longs plans sur les visages des filles en train de subir l’accouplement, visages impassibles, ennuyés, las, parfois à la limite de l’exaspération, témoignent de leur souffrance. Les longues séances répétitives dans la salle de bain, les montrent se frottant énergiquement avec des produits corrosifs pour contrer la maladie (ou la grossesse) ; ces fréquentes ablutions sont fort loin de ce qu’on appelle « les joies du bain », et ces séquences sont tout le contraire des tableaux genre « femme à sa toilette ».

Les simagrées auxquelles doivent se livrer les jeunes femmes sont fort contraignantes : l’un doit jouer à être un mannequin, l’autre se plonger dans un bain de champagne, une troisième se grimer en geisha… le supplice de Madeleine, son agression, est répétée tout au long du film, avec chaque fois des détails différents ( car elle ne cesse de revivre ce traumatisme et nous avec elle).

Lorsque Samira explique le travail qui l’attend à Pauline, rien là-dedans n’est édulcoré : « tu fais semblant » lui dit-elle, pour expliquer le processus de séduction, et l’obligation de feindre le plaisir, avant de s’étendre longuement sur le déroulement des ablutions.

Les longues matinées au lit lorsque les jeunes femmes récupèrent … et s’ennuient…

Bref ces souvenirs sont loin d’être nostalgiques ! Le film est à la fois esthétiquement beau, émouvant, théâtral, inquiétant, et d’un réalisme implacable. Beaucoup de qualités, et l’on n’est pas loin du chef d’œuvre…

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 11:15

  l'ami américain

D’après Ripley s’amuse de Patricia Highsmith( 1977)

 

Je n’ai pas lu les Ripley d’Highsmith, le personnage me déplaît et m’ennuie.En revanche, j’aime beaucoup ce film, au point de l’avoir revu avec plaisir même sur petit écran

 

6 décembre 1976 «  Rien à craindre sinon la crainte elle-même . je sais de moins en moins qui je suis ou qui est n’importe qui d’autre… » répété deux fois de façon identique, le message enregistré( pour qui ?) de Jonathan en voiture, le visage méconnaissable la seconde fois, et inconnue la première, à cause de diverses lumières au néon qui lui en barrent une partie. Il lui reste une nuit à vivre.

 

Cela commence à Hambourg dans une vente aux enchères. Tom Ripley est trafiquant de tableaux américains, connu pour ses escroqueries. Il va faire l’acquisition d’un tableau. Jonathan est restaurateur et encadreur. Venu avec un ami, ils commentent la mesquinerie de tous ces acheteurs. Présenté à Ripley, il lui signifie avec mépris bien sûr j’ai entendu parler de vous. Nous lisons les regards inquiets des acheteurs éventuels qui l’observent.

Ripley apprend très vite que Jonathan est leucémique. Il décide de se servir de lui pour assassiner un homme( on ne saura pas qui ni pourquoi) . Il s’agit de convaincre Jonathan qu’il est condamné à courte échéance et de lui offrir une grosse somme d’argent à laisser à son fils et à sa femme.

Jonathan, artisan et amateur d’art sans histoire, va devenir tueur à gages, pour le compte d’un homme qu’il méprise. Il accepte la proposition et se laisse convaincre que son médecin lui ment . Depuis quatre ans, qu’il souffre de ce mal, il s’attend à mourir d’un jour à l’autre. La maladie peut évoluer très vite, ou sommeiller longtemps, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Il n’en peut plus de cette existence. Les nuits sont bleues ( non pas blanches car c’est un film noir ) . La zone d’interdiction entre mort et meurtre s’efface.

-le voyage à Paris pour le premier contrat a lieu dans le RER du côté de la Défense. Course-poursuites escaliers, tunnels interminables, chambres d’hôtel ternes, paysage gris et menaçant. En se sauvant, en courant, Jonathan conserve cet air de confiance trahie, cette allure sobre et un peu gauche, un visage doucement égaré, qui contrastent avec ses nouvelles fonctions. On ne sait jamais très bien s’il va se suicider ou tuer… ce qui l’a rapproché de Ripley, c’est la proximité de la mort dont ils sont tous deux coutumiers.

L’atelier de Jonathan est plus ou moins sombre, même de jour. Les personnages n’y sont qu’à demi-éclairés. On remarque le visage torturé » de la femme, son vêtement rouge (une veste autrichienne) . Une maison qui est déjà une tombe, guère plus rassurante que les couloirs de métro.

Le second meurtre ; Ripley intervient sachant que Jonathan ne pourra  parvenir seul.  Une série d’actions rapides ,  gestes comiques et étranges s’en suivent : personne assassinée dans les toilettes de train, rencontres et bousculades imprévues, précipitant la tragédie.

Le film vaut pour son décor  admirable de poésie bleue sombre, triste et terrifiante, pour l’ambiance.

 

l'ami américain2

 

 

 

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