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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 11:50
Andreï Ziaghintsev Elena.

2012 film russe.

Elena, infirmière 65 ans environ, retraitée, vit avec Vladimir, un ancien patient à elle, qu’on estime à peu près dix ans plus âgé. Elle l’a séduit dix ans auparavant et ils se sont mariés plus tard. Vladimir a de la fortune ; ils vivent dans un bel appartement plutôt froid. De temps à autre ils ont une relation sexuelle : On a une séquence d’Elena de dos, sa chevelure dénouée, on aperçoit un peu de son dos nu. Débarrassée de ses tenues « bobonne », on la devine encore pulpeuse.

V. possède un coffre fort dans lequel Elena puise à petites doses. Pour sa famille : le fils Sergueï, une belle fille, un petit fils de 17 ans Sacha, un autre petit-fils encore bébé. Ils vivent en HLM près d’une centrale nucléaire. Nul ne travaille, ni le père, ni la mère, ni Sacha fâché avec l’école. Il est déjà semi-délinquant.

Elena les entretient avec l’aide (volontaire et involontaire) de Vladimir qui entretient aussi Katia sa fille, réfractaire au travail, elle aussi. Vladimir voit peu sa fille, mais il l’apprécie et la qualifie d’hédoniste.

Lorsque V. fait un infarctus, Il se réconcilie avec Katia, et de retrou à la maison, veut faire son testament. Une rente sera versée à Elena, mensuelle, mais plus rien à sa famille de parasites. Elena décide de le tuer. Elle lui fait ingurgiter une bonne dose de viagra dans son repas.

Elle hérite donc de la moitié des biens de V. après destruction du testament, et vide entièrement le coffre. Katia ne fait pas attention, (il lui en restera toujours assez). Elena et les siens s’installent dans le bel appartement, sans gêne. On se doute que Katia n’y séjournera pas.

Action lente, beaucoup de plans fixes, un suivi méticuleux des faits et gestes ordinaires d’Elena et les siens. De ses pérégrinations, des rituels de tous les jours ( repas, passage dans l’ascenseur, marche dans les rues du quartier cossu de V. au HLM des enfants d’Elena prés de la grosse centrale nucléaire). La musique de Philippe Glass convient à cette mise en scène plate méticuleuse, triviale, attentive aux moindres gestes, répétitive, chargée aussi de cris de corneilles. Elena a peu d’état d’âme, et se concentre sur ce qu’elle fait, dans le crime comme dans les gestes de tous les jours. Elle panique un peu, mais se ressaisit vite, et réussit à sangloter pendant les funérailles. D’ailleurs, il n’est pas exclu qu’elle aimait bien Vladimir, même si de toute évidence il ne va pas lui manquer. Elle aime beaucoup jouer avec le bébé, le seul rejeton de sa descendance qui lui témoigne de l’affection. Le fils et le petit fils, prennent l’argent, réussissent à lui en barboter encore un peu plus et se précipitent sur les canettes de bière et les jeux vidéo. Elena, qui est loin d’être un monstre, se console avec le bébé. On aime un peu Katia la fille du vieux, très égocentrique mais vive, naturelle, capable d’humour noir et d’élans de tendresse. Les autres personnages sont seulement antipathiques . Il n’y a pas l’atmosphère dramatique, la tension forte du « Retour »…

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 11:49
Fritz  Lang les Contrebandiers de Moonfleet

Film de 1955 (d’après John Meade Falk Moonfleet)

Jeremy Fox est le contrebandier, enrichi, vivant de son commerce et passant ses soirées en beuveries et galanteries. Survient un gamin de dix ans environ John Mohune. Orphelin, envoyé par sa mère, que jadis Fox fréquenta. Jeremy Fox dépêche le garçon dans un pensionnat mais celui-ci s’évade. Il ne veut pas lâcher cet homme Fox, qu’il admire, comme s’il devait être son père. Il est peut-^tre le fils naturel de cet homme. Fox vit dans le château de Mohune qu’il a arraché à la famille de John.

John trouve la tombe de « Barberousse » un ancêtre Mohune, et dedans se trouve un parchemin codé devant mener à un diamant de prix...

Fox tente de fausser compagnie au gamin (il ne cesse de chercher à s’en débarrasser depuis le début mais se ravise tout le temps et prend des risques pour lui).Finalement Il prend un coup mortel et retourne vers l’enfant lui remettre le diamant ; il l’envoie chez le pasteur qui l’élèvera avec sa fille. Fox lui dit qu’il s’en va et reviendra peut-être un jour. En fait il est mourant. John reste à l’ignorer et continuera à l’attendre.

C’est un film noir et au-delà du récit de découverte du trésor, on aime le climat crépusculaire, le gamin qui atterrit dans une tombe et bouscule le squelette de son ancêtre, les cris des hiboux, les gredins, toutes ces scènes de nuit. Les répliques ironiques « l’exercice a été profitable, monsieur »que se renvoient les protagonistes scelle leur affection mutuelle distanciée.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 12:46
Steven Soderbergh Effets secondaires

Side Effects 2012

Rooney Mara Emily; Jude Law le dr Banks; Catherine Zeta-Jones la psychiatre Victoria Siberg

Emily jeune femme déprimée a foncé dans le mur du parking avec sa voiture. Elle rencontre le dr Banks et lui dit que son époux Martin vient de sortir de prison où il purgeait 4 ans pour escroquerie

Elle a perdu ses repères. Le docteur la soigne avec des médicaments divers qui ne lui conviennent jamais. Jusqu’au jour où , avec une équipe de psychiatres ils tentent un nouvel antidépresseur dont la commercialisation doit lui rapporter beaucoup. Ça lui donne l’occasion de rencontrer l’ex-psychiatre d’ Emily, Victoria, femme obséquieuse et aguicheuse, pas claire.

Emily , un soir , tue son mari avec un couteau. Dans un premier temps, Banks est accusé des effets secondaires de son médicament. Emily est acquittée, et internée. Elle était fragile, son médoc ne lui réussissait pas, elle avait des accès de somnambulisme, et plusieurs fois a failli se suicider. On fait circuler des photos d’Emily qui aurait été prises par Banks. Pour comprendre ce qui s’est passé il injecte à Emily un genre de sérum pour la faire parler dans un état plus ou moins hypnotique.

C’est un film divertissant, sans grandes ambitions, mais qui fait mouche. On ne devine pas le vrai rôle joué par Emily ( Rooney Mara est très bonne) et on se méfie de Victoria (Catherine Zeta-Jones très bonne aussi )ans savoir pourquoi. on le comprend en même temps que le toubib. On se fait avoir. Le film est astucieux.

De Soderbergh, j’ai détesté Sexe mensonge et vidéo, aimé assez the Good German et Solaris.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 14:23
Yella film de Christian Pudzold

2007 allemand.

Nina Hoss pour la jeune fille.

D’une vingtaine d’année, vivant à Wittenberg, Yella part de chez son père un matin pour Hanovre où elle a trouvé une place de comptable en entreprise. Hâte de partir, car son ex-mari la harcèle pour qu’ils se remettent ensemble. Il l’attend devant chez elle, et prétend seulement vouloir la conduire à la gare. Hélas, il l’entraîne ailleurs, sur les rives de l’Elbe, lui réclame de l’argent et de l’amour, qu’elle ne peut plus donner. La querelle tourne mal, le conducteur fait une fausse manœuvre ( peut-être volontaire) et la voiture tombe dans la rivière.

La jeune femme se hisse sur la rive, et reprend son chemin vers la gare. Dans la train, elle s’apprête à revêtir des vêtements secs( car elle a récupéré son sac) mais croit voir quelqu’un la regarder par le rideau. S’endort à demi-vêtue. Remet le même chemisier rouge… s’installe dans l’hôtel où elle a prévu de vivre jusqu’à son 1er salaire.

Suivent des épisodes à la fois étranges… et réalistes. Elle n’a pas le job, mais rencontre un homme d’affaire ( plus ou moins escroc) qui se livre à des négociations avec des entrepreneurs ,e telle devient son associée. Et même un soir son amant, lorsqu’elle cherche à échapper à Ben ( son ex-mari) qui la poursuit toujours. Car on ne sait pas très bien si Ben a péri dans l’accident ou non. Soit il est vivant et la poursuit, soit elle voit un fantôme (elle s’est jetée de frayeur, dans les bras de Philippe et le poursuivant a disparu comme par enchantement ! ).

On pense que l’accident lui a fait subir un traumatisme : elle entend de l’eau couler tout autour d’elle, de temps, à autre, et n’entend plus rien d’autre s’isole comme dans une bulle; puis le phénomène s’arrête ; elle entame elle aussi une négociation avec un homme d’affaire, et ensuite on retrouve cet homme noyé dans un plan d’eau au fond de son jardin. Fréquemment aussi, elle aperçoit une haute branche d’arbre agitée par le vent qu’elle a aussi vue lorsqu’elle s’est hissée sur la rive à près l’accident.

Un jour, elle prend le volant de la voiture de Philippe, et le conduit sur les rives de l’Elbe, sans raison apparente.

La fin surprend (mais pas complètement)

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 12:43
Stephen Frears Chéri

Film de 2009, d’après Colette.

Avec Michelle Pfeiffer ( Léa) et Rupert Friend ( Fred alias Chéri)

Début du 20 eme siècle. Léa est une cocotte comme elle le dit si bien, et cette situation lui convient. Elle a entre 35 et 40 ans à peu près. Une ex-amie plus âgée lui présente son fils de 19 ans Fred. En dépit de son jeune âge ; il a une belle carrière de gigolo derrière lui. Léa et Fred débutent une liaison ; ils ont l’habitude, elle des hommes plus jeunes, lui des femmes qui pourraient être sa mère. Ils n’ont pas l’habitude de tomber amoureux ; cependant la liaison dure six ans. Puis Fred-Chéri accepte de se laisser marier à une très jeune femme. Sa mère veut des petits enfants. Elle veut aussi le ravir à Léa avec qui il s’entend trop bien à son goût. Cette séparation est un désastre pour les deux protagonistes, et pourtant, ils ne parviendront pas à reprendre la vie commune. Quelque chose s’est brisé.

Le traitement est à la fois ironique et sentimental, tient aussi du film à d’époque à costume. L’ensemble m’a plu davantage que prévu ( le ciné-club de Caen ne trouve aucune qualité et Télérama dit que le comédien la joue Dorian Gray ; je n’ai pas eu du tout ce sentiment.) j’ai aimé ! Cela donne envie de lire le roman.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 17:41
Blancanieves Pablo Berger

2012

Film en noir et blanc muet. Après « The Artist » on ne s’étonne plus de ce choix esthétique.

Donc la future Blanche-Neige, Carmen, naît sous de mauvais auspices : sa mère meurt en lui donnant le jour, et son père, torero, vient d’avoir un accident dans l’arène, qui le laisse impotent.

Carmen est élevée par sa grand-mère, mais la marâtre rôde dès le départ, et à la mort de la vieille dame, s’empare de la situation. Elle installe le papa au premier étage d’une demeure cossue, l’épouse, prend un amant pour des pratiques saxo-maso, coupe les cheveux de Carmen et la prend comme bonne à tout faire. La fillette s’acquitte bravement des tâches et se prend d’amitié pour un coq : lorsque l’animal s’aventure au 1er étage, elle le suit (bien qu’on lui ait interdit l’étage) et fait la connaissance de son père, qui n’avait jamais voulu la voir ( à cause de son état, ou parce qu’elle avait causé la mort de sa mère ?) ils prennent l’habitude de se voir pendant que la marâtre est à la chasse. Il lui apprend la tauromachie, elle danse pour lui au son d’un phono…toutefois la marâtre veille...

Le conte se termine tragiquement, c’est une surprise !

On a dit que les nains faisaient penser à « Freaks » ce n’est pas tout à fait exact, l’ambiance onirique et impitoyable de Freaks n’est pas au rendez-vous.

En voyant Blanche-Neige en roulotte avec eux j’ai pensé à la Strada, le traitement est ici plus réaliste. Cependant lorsque Carmen est dans la rivière, on voudrait penser à l’Ophélie des peintres même si c’est noir et blanc, et on n’y parvient pas, l’image est banale. Les apparitions du coq sont une excellente idée. De même lorsque la fillette imagine dans la cuisse de volaille déposée dans l’assiette son oiseau bien aimé, ce n’est pas mal… on voudrait plus de scènes comme celle-là…

Les comédiens ne sont pas très expressifs, et la belle-mère semble croire que faire des grimaces tout le temps, c’est interpréter un rôle dans un film muet !

De temps à autre on a des surprise agréables, mais dans l’ensemble cela manque d’ »inquiétante étrangeté », ou simplement d’originalité.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 13:15
Tel père, tel fils Hirokazu Kore-Eda

Ryoeta est architecte et a bien réussi dans la vie, mieux que sa condition d’origine ne lui laissait espérer. Lui et sa femme Midori ont un garçon de 6 ans Keita. Il joue souvent seul ou s’ennuie, n’ayant ni frère ni sœur, un père qui rentre tard, une mère un peu triste et l’obligation de travailler le piano pour lequel il n’a visiblement aucune disposition. Ryoeta a fait de gros efforts pour accéder à la bourgeoisie relativement aisée et élever son fils en rapport.

La petite famille apprend un jour, que Keita a été échangé avec un autre bébé à la maternité. L’infirmière responsable a avoué avoir pratiqué cet échange. On saura plus tard qu’elle était déprimée et s’est vengée sur des personnes qu’elles ne connaissaient pas.

Midori s’interroge bouleversée. Comment a-t-elle pu ne pas s’apercevoir que ce bébé n’était pas le sien ? Elle est restée alitée plusieurs jours, mal en point, et n’a que très peu vu son bébé pendant tout ce temps. Sans doute ne l’a-t-elle pas vu, juste après la naissance ….

L’autre famille victime de l’échange est de condition plus modeste et de classe sociale populaire : le mari tient un commerce d’électroménager et une bonne formation de mécanicien. Ils ont deux autres enfants plus jeunes que Ryusei. Le mari et la femme jouent beaucoup avec les gamins, et entretiennent des relations très familières avec eux. Le père prend le bain avec ses trois gosses et ils jouent à se cracher de l’eau les uns sur les autres.

Les deux familles font connaissance. Ryoeta est choqué par les façons de la famille de Ryusei, tandis que Midori, qui a peu de contacts sociaux, est enchantée de faire la connaissance d’ une autre jeune femme.

Ryoeta croit aux liens du sang. Apprenant que Keita n’est pas son fils, il croit que ses succès mitigés en matière d’éducation, viennent du fait que le garçon n’est pas de son cru.

Les deux familles prennent l’habitude d’échanger les garçons un jour par semaine, pour les habituer à l’autre famille. Ils y consentent facilement, et se familiarisent plus ou moins avec leur famille biologique. Mais lorsque la décision est prise de restituer définitivement chaque garçon à sa famille d’origine (étrange décision !!!) les ennuis commencent.

Le sujet est traité d’une façon sérieuse mais incomplète. Certaines choses restent peu crédibles. La maman de Ryusei, qui semble avoir accouché normalement, comment ne s’est-t-elle rendu compte de rien ? Lorsqu’on a vu son bébé après la naissance, et que le lendemain on vous en amène un autre, il y a peu de chances que vous ne vous en aperceviez pas.

D’autre part, si une semblable méprise se produit, à la faveur de circonstances particulières, et que chaque couple, induit en erreur, part avec un bébé qui n’est pas le sien, l’inconscient de ces personnes n’ignore pas la vérité, et cela devrait provoquer des symptômes plus ou moins pathologiques.

Peu vraisemblable aussi que les enfants consentent étonnamment vite à fréquenter l’autre famille, alors même qu’on ne leur donne pas d’explication valable. Cependant Ryoeta trouve pour son fils une explication assez astucieuse… la conclusion (que chaque enfant doit rester dans sa famille nourricière) est tellement évidente qu’on se demande comment autre chose a pu être envisagé.

Le sens du film semble être que Ryoeta apprend à accepter réellement ce fils qu’au début du film, il trouvait décevant par rapport à ce qu’il aurait voulu. A travers l’épreuve qu’il traverse, il se rend compte que l’autre enfant, son fils biologique, ressemble à la famille qui l’a élevée. Il n’a aucun don particulier ( pour le piano par exemple !) et forcément il ne s’intègre pas à sa famille biologique, qu’il vient juste de découvrir. Ryoeta comprend que des liens forts existent entre lui et le garçon qu’il élève avec sa femme depuis six ans. On peut penser qu’il l’accepte enfin… parce que ce n’est pas son fils biologique, justement !

Sinon, on s’intéresse tout de même à ces personnages :les personnages adultes sont pas mal, les enfants sont très touchants. Comme toujours chez ce cinéaste. On aurait préféré les voir davantage.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 15:21
Le vent se lève Hayao Miyazaki 2014

Au début du vingtième siècle, Jiro, un jeune garçon pacifique et myope, rêve qu’il a construit un avion et vole dedans. Mais très vite, de petites bombes noires font exploser la belle machine.

Jiro rencontre ( en rêve et en réalité) l’ingénieur italien Caproni, qui lui donne envie de construire des avions (car trop myope il ne peut devenir pilote).

Jiro part à l’université en train. Une tornade s’abat su la campagne. Il secourt une fillette et sa mère et les ramène chez elles. Plus tard au cours d’un séjour à la campagne, il reverra la fillette devenue grande et s’en éprendra. C’est réciproque, mais la fille se meurt de la tuberculose…

En dépit de son pacifisme, Jiro finit par construire des « avions Zéro » qui serviront à décimer l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Et pourtant comme le dit le premier vers du poème de Valéry repris en leitmotiv « Le vent se lève, il faut tenter de vivre »

Dans ce film sur le vol et les avions il y a aussi beaucoup de trains, des locomotives quelques peu effrayantes. Le métier de Jiro rend le film un peu longuet car je ne comprends évidemment rien à la construction des avions.

On apprécie de les voir voler (ascension, espoir, beauté des circonvolutions) et cela est toujours suivie d’un processus de destruction violente , d’explosions, de destruction. Lorsque l’avion n’explose pas, Jiro voit en rêve ( anticipe ) un immense cimetière d’avions, un impressionnant charnier.

Les références à la culture occidentale sont nombreuses ( Mann la Montagne magique ; Jiro va se sentir comme Castorp… protégé puis lancé dans la tourmente) ; on joue des morceaux classiques au piano…

Le film est lucide, poétique, triste et gai, irréprochable dans sa construction, mais on s’ennuie lors des discussions « technologiques » et des exposés de Jiro ainsi que des calculs interminables auxquels il se livre, si l’on ne connaît rien au sujet (c’est mon cas).

Le vrai problème, c’est que ce film de Miyazaki est sans magie. Et ce n’est pas ce que j’en attends. D’ordinaire, les créatures de toute sorte dans ses films volent toute seule, se déplacent magiquement dans l’air ou dans la mer, et ici il faut construire des machines pour pouvoir voler !! Scandale…. Puis les créatures, ici sont humaines, rien qu’humaines, trop humaines.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 12:48
Olivier Assayas L’Heure d’été

Dans une belle propriété, Une femme de 75 ans (Edith Scob) fête son anniversaire avec ses trois enfants leurs conjoints, et ses petits enfants. Cette femme est préoccupée de l’héritage qu’elle va laisser : et cet héritage est fait en grande partie des objets et créations laissés à elle par le peintre Paul Berthier, l’homme de sa vie. Il ne fut pas le père des enfants ; de celui-là on dit peu de chose.

L’aîné des enfants, domicilié à Paris prof d’économie à Science Po, est attaché à sa mère et veut garder la propriété ; il fait même une fixette sur deux tableaux de Corot. Mais d’autres objets d’art nous sont montrés, et font l’objet de discussions diverses.

Le fils cadet est domicilié en Chine avec sa famille et y développe une entreprise ; la benjamine Adrienne (Juliette Binoche pas facile à reconnaître dans ce rôle avec sweat -shirt à capuche et long cheveux blonds…) vit aux USA, et s’occupe de design.

La femme âgée meurt comme on pouvait s’y attendre, et on décide de vendre la maison et son contenu, ce qui était attendu aussi. Le fils aîné en est tout chagrin. Mais il s’en remettra.

Avant que la propriété ne soit vendue, la petite fille aînée de la défunte est autorisée à organiser une « boum » en ces lieux. Les jeunes arrivent s’installent avec leurs boissons, drogues et disques de rock. C’est fou ce qu’elle a comme copains ! La jeune fille s’éloigne avec son ami pour plus d’intimité.

Il ne se passe rien à proprement parler dans ce film. Il y aurait bien des conflits mais ils restent larvés. Les gens sont polis cherchent des arrangements, les trouvent et voilà. On aurait aimé que les enfants souffrent que leur mère ait dédié sa vie à ce Paul Berthier, et que leur père ne compte pas. On aurait aimé que la femme souffre aussi d’avoir vécu pour Berthier davantage que pour elle. D’ailleurs, c’est le cas, mais ce n’est que suggéré. Et pourquoi pas ? Mais ces conflits juste suggérés ne le sont pas de façon convaincante.

Les personnages ne m’ont pas touchée, sauf la vieille dame, un peu. Comme toujours chez Assayas, je me sens loin de ce qui est mis en scène (pareil pour Clean et pourtant le sujet était fort !).

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 12:47
Asghar Fahradi  Le Passé

2013

Bérénice Béjo : Marie ; Tahar Rahim : Samir ; Ali Mossafa Ahmad ; Elyes Aguis : Fouad ; Sabrina Ouazani : Naima.

Un pavillon de banlieue( le film a été tourné à Sevran Seine-Saint-Denis). Marie, employée de pharmacie, a fait venir de Téhéran Ahmad, son ex-compagnon qu’elle n’a pas vu depuis quatre ans.

C’est pour signer les derniers papiers relatifs à leur divorce. Mais en fait, Marie est sur le point de refaire sa vie (pour la troisième fois) avec Samir, qui tient un pressing. Marie demande à Ahmad de discuter avec Lucie sa fille aînée, lycéenne, avec qui elle est en conflit.

Ahmad n’a pas vu les deux filles depuis 4 ans, mais le contact avec elle est tout de suite bon. Ces deux gamines ne voient presque pas leur père qui vit en Belgique.

On ne sait pas pourquoi Marie s’est séparée d’Ahmad, on croit savoir que c’est elle qui a commencé à fréquenter un autre homme ( ce qui a rendu Ahmad dépressif pendant une période) mais rien n’est sûr.

Marie, Samir, Léa et Lucie, les deux filles, et Fouad le fils de Samir, sont bouleversés. En effet, la femme de Samir, Céline, a tenté de se suicider, plusieurs mois auparavant, sur son lieu de travail en avalant du détergent. Elle est dans le coma, et ne donne aucun signe de conscience.

En faisant parler Lucie, et en provoquant des confidences chez les autres, Ahmad fait mettre au grand jour des éléments qui font que la plupart des personnages se sentent responsables de ce suicide. Le petit Fouad, parce que sa mère a commencé à être dépressive après sa naissance. Samir parce qu’il a noué une relation extraconjugale, avec Marie, ce que l’état dépressif de Céline a dû favoriser. Marie, parce qu’elle craint que le suicide ne soit dû au fait que Céline s’est sentie abandonnée. Lucie parce qu’elle a communiqué à Céline les mails que Marie et Samir s’échangeaient (mais comment cette adolescente a-t-elle pu avoir connaissance des mails intimes que sa mère et Samir s’échangeaient ?? voilà une question qu’on ne pose pas…)

Et ce n’est pas tout ! L’employée du pressing ( Naïma) a joué un rôle elle aussi.

Pendant le film, les différents protagonistes se rejettent la culpabilité les uns sur les autres. Le spectateur lui, ne peut trancher. Il n’y a pas de retour en arrière, et l’on ne voit Céline que dans le coma, sans espoir de réveil. On la connait à travers les paroles des autres. Ne connaissant pas son histoire avec Samir, ni son histoire tout court, on ne sait que penser. La fin ne permet pas de régler le problème.

Au terme du film, Marie renvoie Ahmad à qui elle avait demandé un service, et qui est allé au-delà de ce qu’on lui demandait. Il s’est impliqué dans les problèmes des protagonistes. On a l’impression que c’est lui l’homme de la famille. Et pourtant, il s’en va, sans faire d’histoire, lorsque Marie le renvoie.

Le film pose de multiples questions et n’en résout aucune. On s’intéresse aux personnages, des gens simples de la classe moyenne, tout le monde joue bien, mention spéciale à Fouad, un petit garçon très lucide, et on est sûr au moins qu’il sera content d’avoir en Marie une nouvelle mère, même si celle-ci est légèrement hystérique.

La maison familiale de Marie ressemble à beaucoup de pavillons de banlieue, avec ses meubles ordinaires, son petit jardin mal entretenu, ses draps de lit en boule, ses murs à moitié peints, ses problèmes d’écoulement du lavabo, ses objets qui traînent un peu partout. Tout cela est sympathique, on sent qu’on y vit. Les meilleures séquences se déroulent dans cette maison (excepté la séquence du métro avec Fouad excellente aussi) et celles qui concernent la vie quotidienne et ses incidents sont les meilleures. Beaucoup de bonnes choses dans ce film, et aussi une faiblesse d’intrigue. J'ai préféré la " Séparation" le film précédent. Cependant tous les films de Fahradi me plaisent depuis " les Enfants de Belleville" jusqu'à celui-ci. On est immédiatement pris par l'histoire et les personnages.

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