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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 23:31
chambre-du-fils.jpgArte (enregistrement du 7 mai 2007)
 
Titre original « La Stanza del figlio », 2001.
 

Le cinéaste a voulu montrer ce qu’il advient d’une famille équilibrée autant que possible, lors de la perte d’un membre essentiel (le fils) comment ils survivent, et a choisi la profession de psychanalyste pour le père.


Il illustre sa conviction que « la douleur ne réunit pas, elle sépare » dans la deuxième partie de ce film réaliste quasi-documentaire, d’une grande sobriété, mais il ne s’agit pas d’une œuvre esthétique.


Le sujet, au-delà de le mort d’un enfant, est donc la séparation.

 

Stanza veut dire « pièce, chambre », mais aussi « cabinet » .Comme celui de l’analyste ?

 

Giovanni est donc psychanalyste,( nous ne savons de quelle école, mais il paraît sérieux et sincère) et son fils Andrea, pratique la plongée sous-marine, ce qui, inconsciemment, semble être un équivalent symbolique de l’activité professionnelle de son père.

Giovanni et Paola ont deux enfants adolescents très différents. Si Andrea a du goût pour l’exploration des profondeurs, le repli, et aussi les traces du passé (il a subtilisé un fossile d’ammonite dans la salle de biologie), Irena, sa sœur, on la filme souvent en position verticale, phallique, dressée, sur un terrain de basket où elle se montre très performante.

 

Le père juge, sans le dire ni oser l’interdire, que la plongée est dangereuse pour Andréa ; il essaie de l’en empêcher tant qu’il le peut, de remplacer par des discussions des promenades d’autres sports, les dimanches matins où Andréa a coutume de rejoindre des amis pour se lancer à l’aventure des profondeurs sous-marines, du monde du silence…

 

Mais un dimanche matin, justement,injustement, la mort (que Jacques Lacan désigna parfois du terme"l’Autre absolu") fait irruption dans la famille.

Giovanni se rend chez un patient qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’une maladie mortelle. Pendant ce temps, Andréa part en plongée et trouve la mort s’étant perdu dans « une grotte sous-marine ».

 

Le drame que l’on attend survient au milieu du film. Il y aura donc un avant et un après. En réalité, la vie « avant » ne paraît pas aussi différente que le voudrait le cinéaste. Le spectateur sait ce qui va se passer, il perçoit une famille menacée, plutôt qu’une famille heureuse. Les images d’ « avant » sont un peu trop connotées « famille idéale » pour emporter l’adhésion.

 

En outre, l’ « après » est constellé de flash-back de la part de Giovanni (narrateur de l’histoire) qui revient sur le passé, persuadé qu’il a dû faire une faute à un moment particulier, que son fils n’est pas mort par hasard, même s’il est mort par accident.

En tant que psychanalyste, il ne peut admettre totalement le hasard. Il se reproche d’être parti ce dimanche matin. Implicite, l’idée que la mort d’Andréa soit un acte manqué (ou plutôt réussi), qu’Andréa ait succombé à quelque chose comme « retourner dans le sein maternel », plane aussi sur l’enquête personnelle de Giovanni à propos des raisons du drame…cependant cette piste-là sera maintenue en suspend.

 

C’est la famille qui doit apprendre à survivre, les parents se querellent, songent à divorcer, Giovanni donne congé à ses patients, se fâche contre Dieu, casse des objets.

Irena erre dans la maison, toujours active et seule levée.

Paola veut retrouver l’ex-amie de son fils, Ariana, comme persuadée qu’elle détient la clef. Ou plutôt le fil.

En effet, la jeune fille se montre, en compagnie d’un autre garçon. N’ayant plus de nouvelles d’Andrea elle s’est trouvé un autre ami. Giovanni et Paola s’intéressent à ce jeune couple, les emmènent à la frontière française. Ariana leur montre que l’on peut continuer à vivre, même séparé d’Andréa. La famille entière va réussir à vivre dans un monde cruel où règne la séparation.

 
 

Ce que j'ai aimé dans ce film, c'est  une représentation du psychanalyste non caricaturale,chose rare dans les œuvres de fiction. En effet, il n’est pas psychopathe, ni victime d’un serial-killer, il ne couche pas avec ses patientes, (et même,il se contente de son épouse !!) ne trempe dans aucune affaire louche, écoute tout banalement des gens raconter leurs symptômes (récits répétitifs et monotones…). Enfin, une approche réaliste de la psychanalyse comme métier, approche un peu sommaire peut-être, mais honnête.

 
 
 
 
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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 13:20

 ***+

D’après  le roman de Daniel Woodrell

 

Les Mont Ozarks, à la frontière de l’Arkansas et du Missouri.

Grandes forêts, beaucoup de neige, paysages rudes austère, et beaux.

Ree Dolly (Jennifer Lawrence) dix-sept ans, s’occupe de ses frères et sœur plus jeunes, et de sa mère psychiquement très perturbée. Ils vivent dans un bungalow, probablement des subsides des services sociaux. Il leur arrive de chasser l’écureuil, pour se nourrir. L’oncle de Ree, Larme défiguré d'un côté,  et sa femme viennent leur apporter des provisions assez souvent. Gail, l'amie de Ree est déjà mère à 17 ans.

Les deux jeunes frère et soeur Sonnie, toute petite, et Harold une dizaine d’années comptent sur Ree, comme sur une mère. .Comme un père, parfois; elle va leur apprendre à tirer à la carabine, leur donne des conseils de sécurité. Joue avec eux aussi. Des séquences émouvantes jamais mélodramatiques.

Le père de Ree, Jessup, trafiquant de drogues, comme tout le monde dans cette famille, a été incarcéré puis relâché. Il doit se présenter à son procès, sans quoi le chérif prendra la maison et le terrain appartenant à la famille de Ree, car les maigres possessions de la maison ont servi de caution pour le libérer.  Elle le recherche. Où plutôt cherche son cadavre, car on sait que presque sûrement il a été assassiné….

Gail emprunte la voiture de son ami au risque de sa faire tabasser, pour aller loin, avec Ree,là où son père gît peut-être. Il y aura de mauvaises rencontres ( Blond Milton) de méchantes femmes, et des obstacles à priori insurmontables...

La jeune actrice est très convaincante. Les frères et sœur, l’oncle, tout le monde joue bien.

 

Winter’s Bone Debra Granik
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 10:26

1984.

 

Paul Hackett,( Griffin Dunne) informaticien, a dragué une blonde (Rosanna Arquette)après ses heures de bureau. Elle l’invite dans le loft qu’elle partage avec une autre fille qui sculpte des presse-papiers. Lorsqu’il arrive, la copine à moitié nue, sculpte en fait un supplicié hurlant avec du plâtre et du papier journal. Elle demande un massage et s’endort. La blonde et elle se comportent de façon bizarre. Paul les soupçonne d’être  folles droguées ou /et sado-maso. Il se tire, veut rentrer mais a perdu son billet de banque,  et le prix du ticket de métro a subitement augmenté.

Il va dans un bar tout proche. Le garçon lui promet un dollar et demi (prix d’un ticket) s’il va chez lui vérifier qu’il n’a pas été cambriolé. Car il y a des voleurs dans le coin…Paul lui donne sa clé de maison en gage. Hélas, là-bas, on le prend pour un de ces cambrioleurs. Il se réfugie dans un bar, mais ne peut consommer, va chez une fille, mais elle veut des rapports sexuels et il se défile. Pour se venger, elle le dénonce à la bande de mécontents comme cambrioleur. La bande le poursuit.  Il se réfugie chez la blonde qu’il avait draguée. La voilà inanimée ! Très malheureux, il en profite cependant pour regarder ses cicatrices de masochisme Ce ne sont que des tatouages ! Elle était droguée un peu, déprimée beaucoup, perverse, pas du tout ! Le loft a été cambriolé…

Un film noir inquiétant par certains côtés, mouvementé, mais loufoque la plupart du temps. Le bureaucrate Hackett survit à sa folle nuit je vous laisse deviner comment, si par hasard vous ne connaissez pas le film. La fin est excellente…

 


  J'étais loin de me douter que Scorsese avait un tel sens de l'humour...

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 22:09
enfance-nue2.gifL’Enfance nue : 1er film de Maurice Pialat,
Arte 20h 40 .5/07/06.
 
J’ai vu ce film pour la 1ère fois au moment de sa sortie (le journal précise : en 1968). Agée donc d’une quinzaine d’années. Ma mère nous avait emmenés le voir, mes demi frère et soeur (12 et 9ans) et moi.
C’était son choix : «  ça vous servira de leçon. Vous vous plaignez tout le temps, vous allez voir ce que c’est d’être privés de parents, d’être livré à n’importe qui ». Bien sûr, j’ai, à ce moment-là,  détesté le film sans vraiment le  regarder. Il n’y a pas eu de discussion ensuite ; il s’agissait juste de « recevoir une bonne leçon ».
 
Mais trente et des poussières plu tard, on s’aperçoit que   l’orphelin François n’est pas « livré à n’importe qui »…
 
François, dix ans, est le personnage principal de ce film quasi-documentaire. Il a une mère qui ne s’en occupe pas. Les abandons d’enfants sont de nature variable ; certains sont indécelables parce que l’enfant étranger à sa famille vit cependant au domicile d’un couple, va à l’école et ne souffre pas de la faim. Ici, l’abandon est patent. François ne reçoit de sa mère ni logement ni nourriture et ne reçoit pas de lettres. Elle n’a pas pour autant signé de documents officiels qui permettraient à l’enfant d’être définitivement adopté. On ne peut que le placer dans des familles d’accueil en attendant mieux.
 
Le film s’ouvre sur une manifestation : Les banderoles réclament  le « plein emploi ». On nous a dit, ressassé, rabâché, que pendant les «  trente glorieuses » les adultes avaient joui de la situation enviable du plein emploi… !!
 
Puis nous sommes autour d’une table ; la maîtresse de maison, 30 ans reçoit l’éducateur qui suit François et l’a fait placer. La femme est nerveuse, à bout de force, elle en est venue à se négliger : ses longs cheveux teints en blond roux laissent voir plusieurs centimètres de racines brunes. Cette femme et son mari répètent leurs motivations : un seul enfant et nulle possibilité d’en avoir d’autres, ainsi que le désir d’un fils. Ils ne peuvent pourtant plus garder François pour 2000 F. par mois.
 
Ce qui frappe chez François, c’est son regard indéchiffrable, et qui le restera. Le film est en focalisation externe. On voit qu’il se sent agressé par la plus menue vexation. Josette, l’enfant légitime du couple ayant gagné la partie contre lui à un jeu de société, il s’empare du chat de la fillette et le jette du haut de plusieurs étages. Le matou a survécu, François l’insulte et s’emploie à l’achever. Le jour du départ, il achète un cadeau pour la maîtresse de maison avec l’argent de poche qu’elle lui donnait.
 
Deuxième famille : un couple sexagénaire, remariage de deux veufs,la mère octogénaire et un garçon de quatorze ans, Raoul, également placé, que François attaque assez vite ( le menaçant d’un poignard) : Raoul est relativement adapté et a de bonnes notes en classe.
 
François va passer de plus en plus de temps à des actes de petite délinquance avec de plus âgés que lui.
 
C’est avec la femme octogénaire, dite «  mémère la vieille » que François a une relation positive. Parce qu’elle est comme lui, hors norme, faible, souvent alitée,  se détachant chaque jour davantage de la société ( à cause de son âge),  et conduite à observer une distance ( bienveillante cependant) vis-à-vis d’elle. Elle ne fait jamais la morale  à François et n’est pas chargée de le surveiller ni de l’éduquer ; de ce fait la relation est  ludique. On a des scènes amusantes et justes entre François et «  mémère la vieille » ; François n’hésite pas à lui demander «  mémère, t’as déjà été la maîtresse d’un homme ? ». A un mariage il la prend en photo. Un jour, la charmante vieille dame meurt dans son sommeil, et François accumule les actes de délinquance ; cette mort précipite son départ de la seconde famille. Nouveau départ pour un centre éducatif : quelques mois plus tard, François envoie une lettre au couple qui l’a accueilli : «  je construis un abat-jour pour moi ». Cette lettre est-elle vraiment personnelle où forcée et plus ou moins dictée, on n’en saura rien. François aimait bien cette famille ; s’il n’a pu vivre avec eux, c’est qu’il ne s’y autorisait pas. Le problème est qu’il n’est pas officiellement adoptable et ne peut nouer des relations durables qui risquent d’être interrompues.
 
C’est un film riche et juste. Il n’y a pas de manichéisme ; François n’est pas agressif parce qu’il est maltraité : les familles d’accueil sont sympathiques et aimantes même si elles ne le comprennent pas. On nous fait partager les problèmes des enfants et des éducateurs :  par exemple la xénophobie dont discutent les éducateurs ; les familles refusent presque toutes d’adopter un enfant noir.
 
           
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 13:53

Cyril (Thomas Doret) ; Cécile de France ; Jérémie Rénier( le père)

 

Cyril est placé dans un foyer d’orphelins. Il a douze ans, cherche à retrouver son père pour vivre avec lui. Fait des fugues réussit à se trouver devant la morte close de son ancien appartement. Son vélo a disparu. Les éducateurs le poursuivent ; il se réfugie dans un centre médical du même immeuble de cette résidence. Dans sa fuite éperdue il entre en collision avec une jeune femme ; cette collision impromptue prend la forme d’une embrassade, d’une étreinte involontaire…

Des Lors Cécile, coiffeuse de son état, va s’occuper de lui. Elle rachète son vélo que le père de Cyril avait vendu à des voisins. Etant de la cité elle a pu rapidement identifier le gamin qui roule sur le vélo de Cyril.  Elle trouve aussi le lieu de travail du père, et Cyril y est conduit.  Le père est devenu restaurateur. Il songe à refaire sa vie, ne veut plus entendre parler de Cyril, qui lui rappelle un passé qu’il veut oublier. La jeune femme l’oblige à dire cela à Cyril.

Dès lors, Cyril passe ses weekends chez Cécile. Il est  un peu caractériel. L ‘ami de Cécile lui demande de choisir entre lui et Cyril….

Mais ce n’est pas une mère que recherche Cyril à douze ans. Plutôt un homme ou un garçon plus âgé à qui s’identifier. Le dealer de la cité fait l’affaire.

………..

Il propose au garçon de voler la recette du libraire après l’avoir assommé au moment où il sort sa sacoche pour la rentrer dans son coffre de voiture.

Le père du libraire survient… Cyril les assomme tous deux. Son dealer ne veut plus entendre parler de lui. Cyril va porter l’argent volé à son père au restaurant. Le père n’en veut pas et le fiche dehors.

Finalement Cyril ne sachant comment se sortir de ce mauvais pas, revient vers Cécile, lui avoue tout, et demande à se faire adopter par elle.

Cyril fait des excuses. Cécile va rembourser avec lui l’agent volé en petites traites.

Tout semble à peu près arrangé.

 

Mais le fils du libraire, voyant Cyril à vélo avec un sac de course le poursuit. Le gamin grimpe dans un arbre, l’agresseur leur envoie une pierre ? Chute. Cyril ne bouge plus. Evanoui ? Mort ?

S’il est mort dit le père de l’agresseur, on dira qu’il t’a insulté.

 

Cyril se ranime et s’en va. Le père veut appeler une ambulance. Cyril a reçu une commotion. Il refuse et s’en va. On ne sait s’il est OK. 

 

 

Musique : les Dardenne ont mis quelques bribes du concerto l’Empereur à deux reprises (Cyril est à vélo) . Cela introduit une ambiance dramatique insolite chez eux. Le concerto reprend au générique.

 

J'ai aimé tous les films des Dardenne, celui-là ne fait pas exception.

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 13:06

 

Film de Paolo et Vittorio Taviani (1977)

 

 

Vers 1920 en Sardaigne une famille de paysans élève des  chèvres. Ils ont plusieurs enfants et vivent dans la précarité.

Le père fait irrruption un jour à l’école du viallge pour en arrache Gavino son fils aîné âgé de 6 ans . C’est l’incipit du film. Malgré les supplications de l’institutrice, il emmène le gamin non sans avoir expliqué ce que sera sa vie : là-haut sur la montagne, il y a la bergerie familiale ;le garçon va s’en occuper, seul, la nuit comme le jour.

Ce premier épisode est dramatique ; mais nous comprenons que le destin de Gavino, qu’on pressent singulier, est aussi celui de la plupart des autres élèves, qui craignent eux aussi de devoir quitter l’école pour travailler…

 

 

 

retiré de l'école

 

Tout au long du film, les relations de Gavino avec les autres bergers ( souvent contrariées nous sont montrées) ; on a l’occasion d’apprécier que son père est particulièrement sadique.

 

 

Gavino demeure berger jusqu’à ses vingt ans : existence dans une cabane, ne voyant jamais âme qui vive ; il lui est défendu de communiquer avec les autres bergers. Tout manquement aux règles se solde par des corrections paternelles d’une rare violence, dont l’une faillit lui coûter la vie.


battu par le père

 

  Il ne parle qu'avec les chèvres qui lui font des reproches ; aucun pitié n'est à attendre , ni des hommes ni des animaux.

 

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Le paysage montré est rude, les tons sobres. L'être perdu dans l'immensité alterne avec les gros plans.

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 Un jour, au printemps, il voit passer un accordéoniste qui joue une valse de Strauss. La musique va désormais compter pour Gavino ;il réussira à se procurer l’instrument et à en jouer.

 

 

 

Les sons ont toujours beaucoup compté pour lui : mais en lieu et place des bruits de la nature, il va découvrir le monde plus riche de la musique.

 

 

Un hiver particulièrement rude qui met à mal la plantation d’oliviers change le cours de la vie de Gavino.

 

tu étais riche mai ça a mal tourné

 

 

Il va pouvoir quitter la maison familiale, se scolariser, découvrir que le monde existe, la guerre, l’art, la société, s’affronter avec son père, gagner son indépendance et une sorte de liberté.

 

Toutefois,   les  rassemblements de la famille et de la communauté sont fréquents et Gavino y a sa place, un peu différent tout de même. Il a perdu l’habitude de parler, et est affecté par moment d’un balancement rythmique qui évoque la schizophrénie. Ce symptôme revient tout au long du film. Il est  la conséquence de  la solitude d’un isolement répété,  et des mauvais traitements infligés.

 

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La lutte sans merci avecle père est un moment clef du film : la violence extrême y est accompagné du concerto pour clarinette de Mozart, musique insupportable au père. le monstre prend la famille à partie

mon père ce monstre

 

 

Les Frères Taviani se sont inspiré d’un récit de vie autobiographique «  l’Education d’un berger Sarde »écrit par Gavino Ledda, qui prend la parole à la fin du film. Disant à quel point il est attaché à ses racines, et demeurera un fils maudit.

Gavino Ledda

 

Gavino reste un être singulier aux prises avec l’élémentaire de la communication, ce qui suppose de sa part une intelligence des complexités des langues, et de la façon dont elles  gouvernent les civilisations.

Le film a été réalisé avec un petit budget pour la télévision ; cependant il fut présenté à Canne et y remporte la palme d’or en 1977.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 13:46

 


L’histoire apparement  toute simple, et filmée de façon géniale, d’une fillette de onze ans, que sa nouvelle voisine de son âge prend pour un garçon. Car elle porte ses cheveux courts, et à cet âge, nombre d’enfants des deux sexes ont l’air androgyne. Tomboy (signifie garçon manqué) relève le défi de sa petite voisine, et se rebaptise «  Mickaël " ( en fait, elle s’appelle Laure et l’or c’est le symbole du phallus).

 

D'entrée de jeu, on voit la fillette dont on sait, grâce au titre que c'est un garçon manqué, conduire la voiture familiale aux côtés de son père. Cela semble un banal "complexe d'Electre".

 

Pourtant, la mise en scène m'a beaucoup séduite.


Sa voisine, Lisa, est déjà presque adolescente( elle a de la poitrine porte des robes et ses cheveux longs). Tomboy apprend à se battre, à jouer au foot, à défendre sa petite sœur, et se fabrique un pénis en pâte à modeler.

Mais elle apprend aussi à embrasser sa voisine, et à laisser maquiller par elle. Moments délicieux un peu troublants.

Puis Tomboy doit se révéler fille et subir des sévices de la part de ses nouveaux copains. Mais avec la voisine, une amitié sérieuse va peut-être débuter…

dans la famille un bébé est né. On ne sait si c’est un garçon…

 

Le sujet est traité avec une grande délicatesse!  Il ya une sensualité discrète dans la façon de filmer les fillettes, aussi bien Laure-Mickaël que sa voisine. De la première la beauté et le charme androgyne sont bien présents, sans être appuyés. De la jeune voisine, la puberté bien avancée, la gaucherie et les élans pleins de timiditée combattue. La petite soeur Jeanne et les garçons du voisinage sont intelligement suivis dans leur déplacements. L'image est intéressante, séduisante souvent,  sans être jolie. Les troubles et les efforts des enfants sont bien rendus. 

La famille de Mickaël semble stable et équilibrée. Lorsque la mère se rend compt que sa fille s'est fait passer ( avec un certain succès ) pour un garçon, elle intervient avec réalisme, mais sans méchanceté ni idées préconçues :  Laure est une fille, la rentrée scolaire est proche, et la société ne fait pas de cadeaux.

 

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Mine de rien, la réalisation réserve beaucoup d'ambiguïté. Sur la relation que Laure-Mikaël a commencé à entretenir avec sa voisine. Sur le bébé que la famille attend et dont la naissance paraît remmettre les choses en place mais jusqu'à quel point?

On veut la suite!


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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 00:24

Dans l’Arrkansas, Fin du 19 eme siècle, la petite ville de Port Smith.

Mattie raconte comment , à l’âge de 14 ans, elle a réussi à venger  son père, tué par Tom Chaney un bandit.

La fillette est seule à veiller la dépouille de son père, et ne perd pas de temps : sachant que la shériff ne fera rien, elle s’apprête à engager un marshal pour qu’il l’aide à rendre justice, et  compte jusqu’au moindre denier( «  car tout s’achète sauf la grâce » dit-elle).

Elle négocie âprement auprès des autorités une somme d’argent pour s’acheter une belle jument fringante en guise de monture, et embaucher un marshal vantard et alcoolique, Rooster ( ce nom signifie le coq) sur lequel je n’aurais rien parié du tout.  Un autre homme, le ranger du Texas, La bœuf ( autre nom de dérision) plus déguisé que vêtu, est intéressé par la chasse à l’homme. Il poursuit Chaney depuis longtemps.

Les deux hommes se mettent d’accord pour suivre la trace de Chaney, mais ne veulent pas de l’adolescente. Laboeuf lui donne une fessée ( la première fois qu’il l’a vue il a parlé de l’embrasser…).

Mais  Mattie  a les manières et l’assurance d’un jeune garçon, et les nattes d’une fillette.

En dépit de l’hostilité des deux hommes, elle réussit à les accompagner et à les monter l’un contre l’autre. Laboeuf se tire, et Rooster se fait à cette compagnie déroutante. La jeune fille participe à la tâche ( elle monte à un arbre pour dépendre un pendu, puis sur un toit bouche une cheminée pour enfumer une cabane).  Pendant les chevauchées, Rooster, le plus souvent ivre, lui raconte sa vie.

La poursuite du criminel passe par un certain nombre de scènes classiques, guet, fusillades intrépides, kidnapping,  devises autour de feux de camps, longues chevauchées au milieu de beaux paysages désertiques, dé troussages de cadavres, chutes dans une grotte pleine de serpents, et d’autres plus cocasses plus proches du comique propres aux frère Coen, comme la rencontre avec un homme déguisé en ours, qui s’avère être un guérisseur,  ou la neige tombant sur les grandes plaines désertiques.

Je m’attendais à plus de comique, de la part des Coen, plus de scènes déconcertantes, plus de détournements du genre western. Les aspects burlesques ( il y en a heureusement)sont presque tous liés aux faits et gestes du marshal Rooster.

Pourtant on ne s’ennuie pas à ce film.   Ayant admis l’improbable d’une fillette très mûre  pour son âge, engagée avec détermination et efficacité dans la poursuite de dangereux malfaiteurs, on s’attache facilement aux personnages et aux différentes actions. Les paysages sont magnifiques, les cadrages excellents, les effets splendides.  La jeune Hailee Steinfeld est crédible dans le rôle de Mattie, mais  je l’ai trouvée tout de même assez psychorigide, elle sourit rarement sauf à sa fidèle Blakie, il est vrai que, ce cheval mis à part, à qui peut-elle réellement faire confiance ?

 

True grit 2

L’acteur excellent ici, c’est  Jeff Bridge, un vrai régal.


Mais je n’ai vu le film  d’Hataway qu’à la télévision, et de ce fait, il ne m’avait guère laissé de souvenirs. Et je ne vois que rarement des westerns en salle. Les habitués  auront peut-être une perception différente…


La fin est plutôt rude. La voix off de Mattie , dévoile son apparence 25 ans plus tard, à l’air sévère d’une vieille fille revêche au visage ingrat, veillant sur ses pères défunts . Cela correspond de façon un peu caricaturale au destin de la fille qui venge son père, et lui reste fidèle… 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 13:36

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Une famille de péquenauds, as de la culture potagère, sexagénaires, qui travaillent encore, lui comme géologue elle comme psychologue. Franchement ils manquent totalement de culture livresque. Ils accueillent  volontiers Mary seule et quinquagénaire.Par bonté d'âme? Pour s'occuper? Pour se dire qu'ils sont charitables? parce qu'elle les amuse, elle qui veut se remarier et fait fuir tous les types, quoique encore assez jolie, bien foutue, bien conservée. Elle le dit, et le redit, car elleest consciente d'être dans un film de Mike Leigh où c'est pas fréquent d'exhiber des appas corrects.

Saoule en permanence, elle se plaint, bavarde à longueur de soirée et de journée.

 

Elle louche depuis longtemps sur le fils des propriètaires. Il est moche, peu expressif, gras pour ses trente ans. Une drôle de petite conversation qu'il a avec Mary dans le jardin en Eté, montre que, lui enfant, et elle jeune femme, ils se sont bien entendus, on ne sait trop jusqu'à quel point...

 

Automne :  le fils se trouve une amie, elle est déçue. Espérait sortir avec lui. Elle n’est plus admise chez ces gens, ne les amuse plus, et se transforme en pique-assiette. Franchement à sa place je n’aurais pas accordé l’ombre d’un regard à ce trentenaire mou et déjà bedonnant…les parents, qui, implicitement, s'inquiétaient de l'orientation sexuelle du fils, on le voit à leurs petites question anodines et inquiètes, les parents sont aux anges.

Les voilà qui se mettent à faire des plaisanteries grossières sur les "pédés" .Mary,elle, est en plein désarroi. Cette famille, qui semblait l'apprécier, qu'elle amusait, qui se rassurait sur eux-mêmes, en la voyant si misérable, cette famille n'ayant plus besoin d'elle, la rejette, sans pitié.

C'est l'hiver, ils ont enterré leurs morts, et largué Mary. On ne te doit rien!!

 

Franchement, Mike Leign s'est surpassé : cette famille de petits bourgeois amoureux de leurs légumes et avides de respectabilité, est odieuse!

Mary n'est pas pour autant sympathique....

 

Je ne sais pas ce que le cinéaste a voulu nous montrer...

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 22:27

avec Javier Bardem

 

  Biutiful      L’incipit montre  Le héros Uxbal dans la neige, fumant une cigarette avec un jeune homme et échangeant avec lui de menus mais mystérieux propos. La scène se renouvelle beaucoup plus tard et l’on saisira davantage...

 

Dans la banlieue pauvre de Barcelone, Uxbal, un homme de 35/ 40 ans, vit de diverses magouilles afin de pourvoir aux besoins de sa famille deux jeunes enfants Ana et Mateo et une femme souffrant de troubles maniaco-dépressifs.

 

C’est ainsi que pour une certaine somme il va recruter une trentaine de familles chinoises sans papier ni domicile pour travailler sur un chantier moyennant de maigres salaires. Ce personnes vivent dans une cave à même le sol. Uxbal leur procure des radiateurs pour se chauffer la nuit. Mais ces appareils défectueux les asphyxieront...

Uxbal lui non plus n’est pas loin de sa fin. Un cancer à métastase progresse dans son organisme. Il envisage de laisser ses enfants à une jeune sénégalaise immigrée qu’il loge chez lui et lui donne de l’argent pour cela. Je n’ai pas compris si elle accepte .

 

 

J’ai oublié l’essentiel : Uxbal est persuadé qu’il a le pouvoir de parler avec les âmes des morts. Il tient cette certitude de sa confidente, une femme sortie de nulle part à qui il va périodiquement conter ses ennuis et qui le conseille.

Effectivement au début du film Uxbal parle à un enfant mort qui lui explique où il caché une certaine montre.

A mon avis on doit le prendre comme des hallucinations. Car Uxbal n’est pas croyant. Tut au plus est-il conscient que la frontière entre la vie et la mort n’est pas si étanche qu’on voudrait croire.

Au moment de mourir, il s’interroge sur sa filiation : son père est parti pour le Mexique (patrie d’Inarritu) avant sa naissance et y est mort. Il obtient de voir ce cadavre, qui, embaumé, possède une certaine consistance et le tâte, s’imprègne de lui, sans communiquer pour autant.

 

Deux heures dix-sept pour filmer les dernières semaines de vie d’Uxbal, son agonie, debout, allongé, chancelant, avec des détails hyperréalistes : l’homme est victime de fréquentes hématuries, doit porter des protections hygiéniques, il observe les chinois morts dans la cave à côté de leurs vomi, enlace les enfants en sanglotant. Certaines scènes sont spectaculaires : les cadavres des travailleurs chinois, balancés à la mer et revenant vers le rivage ; la brutalité bruyante d’un night-club où le presque mourant vient s’échouer. De cèlèbres monuments barcelonais sont filmés abîmés et couverts de suie, pendant quelques secondes.

 

On ne peut rester insensible à un tel film, même si on peut penser qu’Inarritu a voulu traiter trop de sujets à la fois : La misère sociale , l’immigration clandestine, la paternité et la filiation, le tragique de la vie qui s’achève, la mort (omniprésente) … et en insistant sur le malheur d’où un côté mélodramatique.

biutiful 2

 

Esthétisme, hyperréalisme, mélodrame, grandes scènes, longueurs.

Bien tout de même.Impressionnant.

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