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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:36

La Mariage de Maria Braun D6D6D6-f jpg-q x-20041103 123240

 

 

Arte 18 juin.

 

Maria se marie en pleine guerre, pendant un bombardement et les époux à terre dans une cour délabrée, signent l’acte de mariage en péril. Le lendemain, Hermann le mari part au Front. Reste longtemps absent. Maria et son amie Betti se promènent avec des pancartes portant le nom des époux disparus. Dès fois qu’on les retrouve. L’impression laissée par ces énormes pancartes sur les femmes est terrible.

Maria vit avec sa mère, veuve, et son grand-père « Berger » plus ou moins sénile. Il est question de survie en guerre et de petits plaisirs gagnés grâce au Marché noir. Maria est habile à se procurer des objets des cigarettes, à faire du troc. Lorsque Betti retrouve son mari elle apprend qu’Hermann est mort. Ou plus exactement porté disparu. Elle décide de vendre ses charmes dans un bar américain, mais s’attache surtout à un soldat noir, sympathique, et sans doute bon amant (vision rapprochées de peaux noires et claires luisantes de sueur avec dialogues de contentement) mais vraiment pas sexy… il lui apprend l’anglais et la met enceinte.

Maria est contente. De tout. De l’amant pas sexy, du bébé en dépit de la guerre, du commerce, elle rayonne. Quand elle perd le bébé auquel elle tenait, aucun chagrin non plus.

Sauf lorsque Hermann réapparaît pour la surprendre avec son amant. Il y a de la violence et mort d’homme, pourtant la scène est curieusement lente. Hermann prend son temps, observe les amants avant de flanquer sa femme à terre violemment. Il s’assoit et attend encore… l’amant relève Maria vient vers lui pour se battre. Maria lui écrase une bouteille sur la tête. Celle de l’amant. On a peine à croire qu’elle l’a tué.

Un tribunal la juge longuement puis Hermann s’accuse. C’est lui qui sera incarcéré.

Maria vient le visiter à la prison, lui annonce qu’elle va travailler pour leur fabriquer une vie correcte à sa sortie de prison. Elle continue à rayonner, vive, pétulante, aimant être belle.

Hermann depuis le début semble sinistre. Petit, les traits quelconques, fade, pas sexy du tout, lui non plus. On est un peu obligé de se faire cette remarque, tant Maria a du caractère et de la présence.

Elle devient secrétaire d’un industriel français, pas du tout sexy non plus, et en fait pourtant son amant. La demande vient d’elle. Elle ne tarde pas à être un élément déterminant de la réussite de cette entreprise, et  gagne bien sa vie. Achète un maison pour elle seule, cossue, de beaux vêtements. L’amant français est déprimé et va voir Hermann » je voulais rencontrer l’homme qu’elle aime ».

Du point de vue du spectateur Maria n’a aucune raison de préférer l’un des deux hommes ; tous deux sont quelconques quoique sympathiques. On pense donc que Maria se sent des obligations vis-à-vis d’Hermann qui s’est sacrifié pour elle.

Mais le jour où elle vient le chercher à la prison, il est parti « en Australie » ou au Canada, devenir un homme « avant de lui revenir. Il lui envoie une rose tous les mois.

Le spectateur pense qu’il cherche à se faire un pécule, pour ne pas dépendre d’elle.

L’amant français meurt d’une crise cardiaque.

Hermann revient, sans argent, s’installe sur le canapé dans la maison de Maria. C’est la scène finale (longue) et très éprouvant qui débute. Maria est en sous-vêtements noirs très »pute »et très sexy, pour le recevoir. Hermann reste de marbre (depuis le début, il manifeste peu d’expressivité). Maria fuit, redescend vêtue de blanc. Le dialogue est laconique, on parle sans entrain, de se retrouver, de faire un voyage de noces. Les voix sont à moitié couvertes par la radio, un journaliste sportif commente un match  en hurlant, et nul ne cherche à baisser le son, nul ne s’intéresse au match non plus, ce qui accentue le profond malaise. L’arrivée du comptable et de la notaire fait à peine diversion : Maria est de nouveau en sous-vêtements noirs, et reste un petit moment ainsi avant de remonter se vêtir. Le testament de l’amant français nous apprend cependant que les biens de ce dernier vont à Hermann et Maria. Hermann et l’autre n’étaient pas censés se connaître  au point que l’un soit l’héritier de l’autre ? Et Hermann n’a donc pas gagné d’argent à l’étranger ? (questions du spectateur)

Enfin Maria redescend tout en blanc et allume sa cigarette à la gazinière. Elle provoque l’explosion fatale. Le gaz n’était pas éteint. On ne sait si c’est un suicide, ou un accident.

Maria était malheureuse ; tout ce qu’elle avait obtenu ne lui apportait rien ???

La guerre est finie depuis plusieurs années mais tout est encore détruit, et rien ne se reconstruit.

On se pose beaucoup de questions. Le film est en focalisation externe. Ni flash-back, ni voix off, et rien d’autre qui nous apprenne ce que pensent les personnages. Les gestes, les dialogues, les mimiques, et les événements, tels qu’ils sont présentés, suscitent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:30

De l'autre côté D6D6D6-f jpg-q x-20080117 024847

 

 

Hannah Shygulla dans le rôle de la maman de Susanne.

 

Allemagne Brême. Un homme âgé, Ali, retraité, Turc vivant en Allemagne depuis 30 ans au moins, va chez une prostituée compatriote, Yeter. Elle semble avoir entre 40 et 50 ans. Il la revoit et lui propose de s’installer chez lui ; il la paiera, moins chez certes, mais elle aura « un foyer ». Yeter accepte, d’autant plus que des hommes de son pays la menacent le soir, quand elle rentre chez elle, démaquillée, en tenue normale, de lui faire la peau si elle continue à se prostituer.

Le vieil homme vit avec son fils Nejat, qu’il a élevé seul. Ce garçon a bien réussi, il est devenu professeur de littérature à l’Université. Mais ses étudiants semblent dormir à poings fermés.

Dès que Yeter est dans la place, l’homme âgé fête ça en se saoulant. Le lendemain, il est à l’hôpital victime d’un infarctus. Il se remet vite. A la maison, il se rend compte que Nejat et Yeter ont sympathisé, et les accuse d’avoir couché ensemble. Peut-être, ce n’est pas sûr.

Entre Yeter et lui le ton monte souvent, elle se refuse à lui. Il lui donne un coup violent et la voilà morte. Il est incarcéré. Yeter avait confié à Nejat avoir une fille de 27 ans, restée en Turquie, à qui elle envoyait de l’argent, et  dont elle n’avait plus de nouvelles et en souffrait. Il décide de la retrouver pour lui annoncer le décès de sa mère… et pour la connaître ; de plus cela lui fait une occasion de revoir son pays. Une fois à Istanbul, il cherche à s’établir, et achète une librairie.

Ayten la fille de Yeter,  fait partie d’un mouvement de résistance contre le régime. Après une manifestation musclée, elle est recherchée par la police. Ses amis la font fuir un Allemagne sous un faux nom : Gul. Arrivée à l’aéroport, elle emprunte de l’argent à un compatriote, puis se balade dans l’université, emprunte de l’argent à une étudiante Lotte, pour déjeuner. Puis Charlotte l’installe chez elle. La jeune fille vit avec sa mère Susanne (Hannah Shygulla). La mère a été « hippie » autrefois, et a fait un voyage en Inde passant par la Turquie. «  C’était la mode à l’époque » dit-elle. Charlotte et Ayten sont très amoureuse l’une de l’autre. Ayten recherche sa mère et ne la trouve pas. Yeter ne lui avait pas dit qu’elle était prostituée et avait prétendu travailler dans un magasin de chaussures. En outre, Ayten n’a qu’un faux passeport. Découverte par la police, elle fait une demande d’asile, qui est rejetée. La voilà de retour à Istanbul, là-bas elle est incarcérée. Lotte la suit, fait connaissance avec Nejat le libraire, s’installe dans une chambre qu’il loue dans son appartement. Elle n’obtient plus d’argent de sa mère, qui depuis longtemps en a marre de cette situation et la somme de revenir.

Cependant Lotte réussit à rendre visite à Ayten. Cette dernière lui passe un papier indiquant de se rendre à une certaine adresse. Lotte y trouve un revolver, destiné à son amie. Elle s’effraie un peu, le met dans son sac que des gamins lui arrachent dans une ruelle. Lotte les retrouve mais un gamin tire sur elle, et la tue.

La mère de Lotte vient à Istanbul, s’installe dans la chambre de sa fille, lit son journal, retrouve le goût de vivre. Elle a aimé cette ville autrefois.  En visite à la prison, elle assure Ayten qu’elle va lui payer un avocat et sortira bientôt. Susanne sympathise aussi avec Nejat, et il pense à son père cet assassin dont il ne voulait plus rien savoir.

Nejat part au bord de la mer quelques jours revoir son vieux père, qui, sorti de prison, s’est réinstallé à Istanbul, lui aussi, et s’adonne à la pêche.

Il l’attend assis sur la plage.

Fin, générique.

 

Film plutôt bon, les deux histoires se recoupent et ont des points communs. Nejat et son père, Charlotte et sa mère. Fâcherie et finale réconciliation. Le vieux et Ayten incarcéré. Deux meurtres de personnages-clé, qui sont des homicides involontaires ( le gamin n’avait pas l’intention de tuer Charlotte, ni le vieux de tuer Yeter). Des déplacements significatifs de Brême à Istanbul, pour finir à Istanbul. Le sentiment amoureux : de Lotte pour Aytent, et plus discrètement de Nejat pour Yeter qui le pousse chercher Ayten( dont il va faire la connaissance, après le film, puisque Susanne la fait sortir de prison et la mènera à la chambre qu’à présent elle occupe et loue à Nejat).

Des choses joliment suggérées, de la violence inévitable, de la résistance féminine en particulier contre des mœurs et un régime archaïque ;  dans l’ensemble des personnages meilleurs que dans la vie…

Ce film est très différent de Head-On, précédemment vu du même réalisateur. En effet Head-On était beaucoup plus violent et désespéré    . On retrouve néanmoins le thème du crime passionnel, et de la femme qui cherche à se libérer.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 10:34

 

les larmes amères de Petra von Kant-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-2

 

 

Un décor «  baroque » de la chambre de Petra (Margrit Carstensen) styliste de mode. C’est le lit qui occupe les deux-tiers de la pièce. Une grande reproduction de peinture occupe toute la surface d’un des quatre pans de mur. Il s’agit d’une scène mythologique. Peut-être un Poussin. On ne la voit jamais toute entière. Les personnages se déplacent devant et s’arrêtent, voisinant avec un homme nu debout sur la toile, des femmes dans des positions assises ou allongées, des éléments de nature, et des animaux, notamment un léopard.  Cet arrière-plan n’en est pas tout à fait un, il est trop proche. Les personnages se déplacent aussi entre les nombreux mannequins du loft, tournés dans diverses positions et qui ont l’air de regarder la scène voire, de penser, ce que soulignent les mouvements de caméra. Et il y a Marlene, la domestique de Petra, qui la sert comme une esclave, et que l’autre morigène, à qui elle donne des ordres et qu’elle menace sans ménagement. Marlène dessine, tape à la machine avec un bruit d’enfer, elle dont le silence est tonitruant, sert des plateau-repas et des boissons (sur le lit toujours) écoute, reste coite, sans expression, ne dit mot. Petra reçoit une amie, à qui elle explique ses problèmes de couple qui l’ont conduite au divorce (bavardage qui n’apprend rien sur Petra). Puis une jeune fille Karin (Hannah Shygulla) qui veut débuter comme mannequin. Petra la trouve très sexy et l’installe chez elle. C'est-à-dire dans son lit. On comprend vite que Karin va faire la loi ! Petra en devient très amoureuse, l’autre profite d’elle, mais ne lui cède pas, et lui fait la nique. Puis Karin se tire. Petra devient de plus en plus odieuse, se saoule, met à la porte ses invitées (sa fille, son amie, la mère de son amie). Elle propose enfin à Marlène de partager sa couche.

Marlène aussitôt fait sa valise, et sort de quelque part un revolver. J’ai espéré qu’elle s’en servirait pour abattre son odieuse maîtresse, mais non !  Elle va se suicider avec.

C’est paraît-il que Marlène était amoureuse de Petra… je ne l’ai pas soupçonné. Je croyais qu’elle attendait son heure pour s’en débarrasser…on comprend dès le départ que Marlene est le personnage-clé et on attend quelque chose d’elle…

En dépit de l’extraordinaire décor du loft, qui jette un éclairage étrange et ironique sur les personnages, des costumes extravagants, de l’intrigue,  j’ai trouvé les deux heures du film plutôt longuettes.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 20:45

  Bois-De-Bouleaux-Le-Vo-Brzezina-VHS-626980235 ML

 

 

Dans un petit village de Pologne, un paysan propriétaire ,Borslaw vit avec sa fillette dans le culte agressif de sa femme morte.

Sa cérémonie de deuil c’est de battre la fillette en essayant de lui faire avouer que sa mère trompait son père et donner le nom de l’amant. Michel, le présumé coupable, est un bûcheron de belle taille, calme et ironique. Il incarne une puissance physique évidente. Lorsque Borslaw le voit abattre d’énormes arbres, en contre-plongée et plans obliques, nous avons peur de ce géant souriant et sarcastique.

Borslaw n’ose rien dire et file à toute allure sur son cheval avec la fillette devant, ces chevauchées rageuses sont un leitmotiv du film.

La servanteMalina passe dans le bois, une jeune fille aimable, voire radieuse,n’ayant jamais l’air de besogner, blonde au soleil des clairières. Elle posède un carré de tissu imprimé, de couleurs vives, qui lui sert tantôt de coiffe, tantôt de châle, tantôt de jupe, tout cela avec un égal bonheur.

Borslaw la rudoie, tout en l’obervant avec une aviditée rentrée.

Voici qu’arrive Stanislaw , le frère du veuf. Gai et sympathique, il s’ennuie vite chez son frère, malgré Malina avec qui il débute une liaison. Il réclame son piano, resté à la vielle en ces termes : «  Tant pis, le piano sera plus lourd à porter que mon cercueil ». Stan n’est-il pas venu se reposer quelques mois ?

Oui, mais Stan, étant phtisique au dernier degré, vient finir ses jours ici. Borslaw ne veut pas le croire mais c’est vrai « la fin prochaine donne une certaine vitalité, c’est pourquoi je n’ai pas l’air malade ».

L’attitude de Stan vis-à vis de sa fin prochaine  ne se démentira pas. Souriant, humoristique, il joue du piano, ou avec Malina, devant Borslaw qui l’épie, plus mort que ce moribond enjoué et plein de vie.

Vers la fin, il court vers le bois, avec des signes évidents de souffrance, se nourrit de glaçons, rosées, d’étreintes tant que c’est possible.

 

La caméra se pose sur des détails en gros plan, les corps sans privilégier les visages ni les éviter. La toilette du mort, lente et soignée, effectuée par Malina, ses cris brefs. Après avoir vu Stan si vivant, on verra longuement son corps mort, et la pénombre de la pièce contrastant avec la lumière vive et abondante qui, souvent règne dans le bois. La tombée du jour, le bleu du crépuscule. Des mouvements toujours assez lents qui laissent le temps d’une forte imprégnation. Peu de paroles, sauf Stan qui commente tout ce qu’il voit, et voit clair. Beaucoup de regards des sourires ambigus.

Le bois est toujours associé aux faits et gestes de cette communauté paysanne à laquelle le jeune citadin finissant ses jours se joint avec élégance.

Donc un film d’atmosphère ou d’ambiance ?  Ce type de films du maître polonais est tout aussi réussi que ses films politiques, l’Homme de fer ou Danton. Ils méritent d’être connus davantage.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:03

Nobody knows 4  

A Tokyo, une femme de trente ans à la voix de fillette, et son fils de 12 ans Akira, emménagent dans un appartement. Aussitôt la porte refermée, les valises s’ouvrent une à une. Trois enfants en sortent, deux fillettes et un garçonnet. Enfants clandestins, non déclarés aux services sociaux, ni à la propriétaire de l’immeuble. Ces enfants ne veulent pas être séparé, les uns des autres ni de leurs mère,  quelqu’en soit le prix. Ce prix, le film existe pour nous montrer à quel point il est élevé.

A voir sortir une, puis deux fillettes des valises, j'ai le souvenir d’un autre film japonais, d’Hiroshi Kurosawa «  Séance ». Une fillette venait se réfugier dans une valise pour échapper à un poursuivant et y restait prisonnière… En un éclair, on imagine un destin peu enviable pour ces enfants là.

Mais le présent est bien assez préoccupant. Les trois enfants clandestins sont condamnés à vivre cloîtrés dans l’appartement. Ils peuvent compter sur Akira, mais  la mère s’absente souvent, et les enveloppes garnies de billets se font de plus en plus rares. Akira cesse d’aller en classe, Kyoko n’espère plus être scolarisée et tapote inlassablement sur le clavier d'un petit piano mécanique. Cet émouvant quatuor d’enfants abandonnés, manifeste beaucoup de savoir-vivre et de sérieux. Ils n’ont pas de relations avec l’extérieur et vivent sur ce que la mère leur a appris. Brossage des dents, vaisselle, bains en commun longuement filmés. Quelque part, les enfants se persuadent de vivre in utero, d’être en sécurité, non sans savoir que de vrais dangers les menacent.

L’hiver arrive, avec les dernières enveloppes de la mère ; ils se font des cadeaux de Noël et commencent à sortir de l’appartement. Le milieu nourricier se doit d’être élargi pour faire face aux besoins. Akira prend l’habitude de se faire donner des repas par un employé du centre commercial après la fermeture du magasin.

 

Voilà un film très juste, qui émeut sans pathos, ni grandiloquence. Toutes les séquences sont passionnantes, et belles, les enfants restent naturels, fiers, pragmatiques, dignes et logiques dans leur lutte pour le quotidien, comme dans les moments tragiques,   vivant de petits miracles : les barres de chocolat de Momoto, ses chaussons qui couinent, le printemps qui arrive, Akira qui va enfin disputer un match de basket avec d’autres enfants, les graines qu’ils ramassent et plantent dans des pots, regardant pousser les plantes. Auront-ils le droit de grandir aux-aussi ?

Mais le pot de fleurs du cadet tombe de la fenêtre et se brise à terre…

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 14:08

Mort à Venise 

D’après Thomas Mann

 

Aschenbach était professeur dans la nouvelle de Thomas Mann, et il regrettait de n’avoir su écrire autre chose que des manuels scolaires. C’était à Venise qu’il faisait l’expérience que décidément il ne serait jamais romancier dans le sens d’ « artiste de la langue ».  L’objet d’amour qui aurait pu servir à réaliser une telle œuvre, le jeune polonais Tadziou, résistait à cette transmutation d’un être aimé en un outil faisant fonctionner une œuvre d’art.

Le drame d’Aschenbach c’était la fascination le trouble sexuel, face au jeune garçon, absolument indépassable, impropre à toute sublimation, aussi bien qu’à une consommation d’acte.

Visconti transpose le professeur en «  musicien qui ne peut plus créer ». Cet artiste, tout occupé du son, va découvrir tout d’un coup l’espèce de fascination exercée par le visuel et sombrer dans la déchéance et la mort.

Ce n’est pas tout à fait la même histoire.

Visconti a choisi un accompagnement musical  profondément dramatique, lyrique, impressionnant un peu faux à  mon goût, qui convient à son cinéma : des extraits de symphonie de Gustav Malher. Les passages sont bien choisis, on apprécie les longues plaintes mélancoliques.

Tadziou est un petit Polonais ( il semble que l’acteur soit en réalité scandinave) de quatorze ans au seuil de la puberté. Il est bouclé comme un ange sorti d’une peinture italienne du quattrocento.

Il évolue dans l’univers de la plage, des plages à la mode de 1920. Les baigneuses sont moches, le temps est gris. La caméra suit et poursuit le garçon dans ses évolutions dans les rues et à la plage. : elle le perd et le retrouve, espère le traquer, mais il n’est jamais surpris. C’est Ascenbach qui se surprend lui-même à tenter de lui faire signe. Dirk Bogarde s’est donné l’allure d’un homme plutôt gauche auquel il arrive une incompréhensible mésaventure. Il semble frappé de stupeur. Dans le livre, il pensait tout le temps, dans le film il a l’air stupide comme tous les amoureux.

Il ne comprend rien à ce qui lui arrive. L’incident des valises le fait rester, il ne semble pas savoir pourquoi. Le professeur Aschenbach, lui avait des hésitations des résistances, se créait des alibis pour approcher le garçon, «  Je devrais pouvoir lui dire un mot, le toucher, cela me dégriserait peut-être ».

Des hypothèses étaient suggérées sur ce qui arrivait à Aschenbach, sur la passion.

Il le considérait comme « sacré » et s’en rendait compte. L’histoire d’Aschenbach ne s’arrêtait pas à un problème esthétique( cette sublimation qu’empêchait la fascination), elle englobait aussi la problème social, celui de la communication et de la reconnaissance de l’autre que Thomas Mann ne sépare pas de l’art.

Le film est beaucoup plus direct et plus cruel aussi. Il nous plonge dans la fatalité de la passion et ses conséquences. Ascschenbach est immobile, figé, par rapport à Tadziou , qui bouge remue sans cesse, indifférent, malicieux, parfois perplexe. Prend-il parfois la pose, ou est-ce l’autre qui l’imagine ?

Ascehnbach est réduit à néant sous nos yeux, grotesque et tragique, assailli,  avec du rimmel et de la teinture qui lui coule du visage, dévoré par la fièvre, la vue brouillée.

 

 

 

 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:34

  Take Shelter

 

Une famille dans un petite ville de l’Ohio. Curtis est contremaître sur un chantier. Il creuse des trous.

Sa femme est au foyer. La maison est vraiment belle et spacieuse, Curtis gagne bien sa vie. Ils ont une petite fille de cinq-six ans, sourde muette.

La socialiser en dépit de son handicap est bien sûr le principal souci des parents.

Lorsque le rideau se lève, nous voyons une immense plaine et de gros nuages menaçants au loin,  qui se rapprochent, ainsi qu'une branche d'arbre feuillue agitée par le vent. Ils inquiètent Curtis, et lui seul. Il craint les tempêtes. Ce n'est pas dans cette région que les tornades sont les plus fréquentes, on n'est pas dans la "tornado alley", toutefois la maison possède un abri anti-tempête.

Mais Curtis ne le juge plus suffisant.  Les nuages lui causent de la panique, et il se met à voir des pluies violentes, des pluies « acides « ( pas de l’eau mais un produit comme de l’huile de moteur), un vent d’ouragan, et d’autre choses encore plus étranges. Son chien l’attaque, les meubles de la maison sont en lévitation, des nuées d’oiseaux leur tombent dessus avant de s’abattre sur le sol. Genre Hitchcock, les oiseaux, mais moins spectaculaires tout de même.


Conscient d’être perturbé, Curtis va consulter. Il a déjà fait un diagnostic grâce aux livres de psychiatrie de la bibliothèque municipale. Il a 2/5 en schizophrénie et avertit la psychologue qu’il est la proie d’un épisode psychotique. Je me demande ce que la psy pourrait y ajouter…elle demeure coite.  Curtis a une mère en maison de santé, victime elle aussi non seulement d’un épisode mais d’un effondrement psychotique, dont elle ne s'est jamais remise.

La confusion de Curtis va crescendo : il se met à construire un abri anti/ catastrophe, pour se préserver ainsi que sa famille... de la folie qui s'empare de lui, pense-t-on.

 


A partir de cela rien ne sera très clair. Curtis a-t-il rêvé qu’il emmène sa famille dans l’abri ( qui ressemble aux abri antiatomiques dont on parlait tant dans les années 60) ? Y-a-t-il eu une vraie tempête ? Sa femme a-t-elle voulu jouer son jeu et s’est-elle volontairement laissée entraîner dans l’abri pour créer un genre de psychodrame capable de guérir son mari ?

On s’enfonce dans les hypothèses. Et ce n’est pas la dernière séquence qui va éclaircir le tout…

Le film possède une forte connotation sociale , les problèmes du jeune couple dont les amis s'éloignent, l'employeur qui se conduit comme un salaud, les aides sociales précaires, tout le contexte est bien posé. On peut supposer que le film est aussi symbolique voulant pointer les dangers de la pollution.  Il est également anxiogène voulant créer une atmosphère d’angoisse, à partir de phénomènes naturels qui deviennent mençants, voire carrément surréalistes. Pas aussi effrayant que je l'aurais souhaité, cependant.

 


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:32

  Louise Wimmer

 

Film documentaire avec Corinne Masiero , presque seul personnage du film.

 

Louise, presque cinquante ans, est employée d’hôtel à mi-temps et fait des ménages chez une femme à peine plus âgée qu’elle. Il y a sept mois, elle a quitté le domicile conjugal, et fait une demande de logement social. L’appartement tarde à arriver, et Louise doit vivre dans sa voiture….

Outre le travail, elle en sort pour aller déjeuner dans une caféteria sans payer, siphonner de l’essence dans des réservoirs de voiture pour alimenter la sienne. Se laver dans les toilettes publiques, aux bain-douches, chez son employeuse. Elle voit son mari pour récupérer un chien pour sa fille. Le mari s’est trouvé une maîtresse. Il lui dit «  c’est toi qui est partie » … réponse de Louise «  Tu ne m’a pas laissé le choix ».

On n’en saura pas plus.

Si elle est divorcée, en tout cas, elle ne touche pas de pension alimentaire...

Louise a  aussi un amant ; on nous montre deux fois au moins leurs ébats. Gros plans, corps basculant dans des positions moches limite obscènes, halètements nombreux et insistants.  L’amant sait que Louise vit dans sa voiture. Veut-il lui proposer un hébergement ? Elle  ne le laisse pas parler et s’en va.

Elle voit sa fille cinq minutes pour lui donner le chien. La fille semble savoir que sa mère est dans une position délicate, mais visiblement elle ne veut plus fréquenter ses parents.


C’est un film hyperréaliste ; la mise en scène montre la réalité de la vie de Louise, sur le plan matériel et son corps très présent. On ressent la même chose qu’elle : enfermement dans la bagnole, dans la vie, dans l’incommunication. Les cadrages épousent Louise en gros plan et laissent le moins possible d’espace autour d’elle. Quelquefois une autre personne se trouve avec elle dans le cadre ; un autre corps, très proche, gênant, revêche, ou riant de manière un peu forcée : comme elle, Louise…

On a envie de dire «  des corps", plutôt que des personnes, dans la mesure où ce qui compte c’est la substance pesante des êtres humains, peu parlants.

Enfin, une séquence montre Louise en haut d’une colline, toisant le paysage au loin, en dansant sur un air de rock.

Il y a aussi le coup du rétroviseur : c’est le miroir de Louise, le seul qui lui reste. En fait c’est surtout le spectateur qui la verra reflétée par ce miroir, et entourée de lumières : des réverbères, des clignotants, des phares et des feux arrière de voiture. C’est à la lumière des réverbères que cette étoile là est née.

Personnellement, j'aimais bien Corinne Masiero dans le rôle du lieutenant Retancourt des téléfilms de Josée Dayan.Ce rôle là lui va moins bien...


Il y a très peu de contexte, et pas d’histoire pour expliquer le passé de Louise.  On ne connaît même pas ses pensées. La narration est en focalisation externe, et comme les paroles sont rares, on en reste à Louise avec ses gestes et ses problèmes matériels quotidiens.

 


Le spectateur est mis à rude épreuve…. !

Il n'a pas la possibilité de s'identifier à Louise, et il ne voit rien de captivant sur le plan de la photographie,ni en gros de la mise en scène,  donc il voudrait que le film le fasse rélféchir. Mais cela me laisse la tête vide. Je me suis demandé comment Louise pourrait payer le loyer d'un appartement, si elle ne peut pas assurer la location d'un garde-meuble??  

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 13:21

Neiges du Kili 2

    Avec  Ariane Ascaride, JP Darroussin, Gérard Meylan, et des jeunes très bien : Anaïs Demoustier, par exemple ( la fille du couple de quinquagénaires) et Robinson Stévenin ( le commissaire)

 

Sur les chantiers maritimes de Marseille, on  doit se plier à ce qu’on appelle en politiquement correct un « plan social » : une vingtaine d’ouvriers sont mis au chômage « technique »pour que l’entreprise survive. Michel, syndicaliste engagé depuis toujours,  les a tirés au sort pour ne pas faire de jaloux, et mis son nom dans la boîte, ne voulant pas passer pour un privilégié.

Le voilà au chômage, en même temps que ses camarades. Un chômage soft, Michel est largement à l’abri du besoin, même s’il commence à s’ennuyer de rester à la maison.

Michel a  50 ans et une longue vie de combats sociaux derrière lui.  Il est proche de ses collègues . Sa femme  Anne-Claire, auxiliaire de vie, s’occupe d’une dame âgée, que sa fille délaisse, et lui offre une écoute psychologique, en plus des soins au ménage et à la personne. Le couple s’efforce de créer et maintenir du lien social, en famille et autour d’eux. Jusqu'à maintenant, cela leur a plutôt réussi. Leurs enfants les aiment, ils ont la joie de s’occuper sérieusement de leurs petits enfants,  et  beaucoup d’amis. Famille et amis leur ont offert un voyage en Tanzanie, au pied du Kilimandjaro, leur chanson préférée, chargée de souvenirs heureux.

 

 Le choix de la chanson  qui évoque la mort, autant que l'aventure, peut sembler étrange. Pourtant, s'ils avaient choisi "laissons la plage aux romantiques" du même Pascal Danel, cela n'aurait pas cadré avec leur côté combatif et le film n'aurait pas lieu d'être.

 

Au cours d’une partie de cartes avec leurs amis proches, deux individus cagoulés et armés les frappent, menacent, et  s’emparent de  leur économies et cartes de crédit.

Ils se rendent vite compte que l’un des voleurs est un collègue de Michel, jeune chômeur en situation très précaire.

On se remémore  la scène idyllique des trente ans de mariage, et le grand nombre des invités : beaucoup de gens ont vu la remise de la cassette pleine de billets, et entendu les louanges adressées à Michel et Anne-Claire. Des gens que le couple considère comme des amis, même ceux qu’ils  ne connaissent  que de vue. Une attitude qui  nous plaît,  tant elle s’oppose à cette obsession sécuritaire  qui sévit de nos jours.

 

neiges du Kili


Une attitude qui comportait des risques, que le couple doit à présent affronter.

Michel et Anne-Claire sont déstabilisés,  et forcés de se remettre en question…

Le film pose de vrais problèmes à la manière simple directe et vigoureuse de Guédiguian .

La séquence du braquage est bien amenée et surprend absolument.

Certaines caractéristiques  peuvent sembler peu crédibles : les deux enfants, qui ont toujours vécu livrés à eux-mêmes sans autre parent que le frère aîné, sont incroyablement bien élevés, polis, et ne sèchent jamais l’école ! Même le frère aîné n’a rien d’un voyou, de sorte que l’on s’étonne qu’il ait cédé à la tentation du braquage qui  n’est pas dans sa manière.

Une fin un peu trop édifiante, mais qui chez ce cinéaste ne me surprend pas vraiment. On a tout de même l’antagonisme : les enfants de Marie-Claire et Michel se plaignent énergiquement de leur décision finale, et en dévoilent l’irrationalité et les inconvénients.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:02


Avec  Olivier Gourmet( le ministre St Jean), Michel Blanc( le directeur de cabinet gaulliste, nommé Gilles)…Anne Azoulay ( Josépha la femme du chauffeur )


Un ministre des transports qui rêve d’être un prédateur sexuel  symbolisé par une femme nue entre dans la gueule d’un crocodile. En politique cinéma, le crocodile c’est le Caïman, une sorte de Berlusconi.

Et le jour il rêve aussi, tout éveillé. Il se rêve moral, ne couche qu’avec son épouse, se rêve humaniste, proche du peuple, défendant des méthodes socialistes. Il va jusqu’à  se faire bousculer par des chômeurs, puis s’invite chez son chauffeur, qui n’est pas du tout content et fait la tête.

Le chauffeur vit dans une caravane et ne sait comment construire sa maison. Il a une très belle épouse, Josépha ( la seule belle femme du film) .

Le ministre ne va pas lui construire sa baraque ni lui donner de l’argent ! Alors à quoi ça sert tout ça ? Du coup, il se saoule, et tente de faire fonctionner la bétonnière avant de s’écrouler dans les bras de son domestique.


C’est là que le rêve humaniste prend fin. Ensuit tout ira de mal en pis. Accident de voiture,  décès du chauffeur, privatisation des gares contre son gré, discours non acceptés,  trahison de son directeur de cabinet un gaulliste attardé, lequel cède à un certain Vosner (mauvaise caricature de DSK) qui dit que l’état « n’est qu’une vieille godasse qui prend l’eau ».

Puis c’est la fin ; tout le monde est content! les gares sont privatisées, le gaulliste écoutera toujours les discours de Malraux, et l’ex-humaniste pourra recommencer à rêver du Caïman.

 

Franchement, je me suis ennuyée! je ne vois rien de neuf dans ce film. Rien qui révèle quelque chose en politique que l'on n'aurait pas encore compris. Le ministre vit dans sa voiture le portable et l'ordi à la main,sans compter sa coache, la communication ( c'est à dire faire parler de lui, se montrer coûte que coûte) est sa raison d'être. Il n'est qu'une vaste opération de com'.  Je me suis ennuyée à tel point que lors de l'accident de voiture, je me suis dit ouf c'est fini, il est mort, pourvu qu'il n'y ait pas les obsèques à supporter en plus...

Hélas non, ça repart de plus belle...

Seul, Michel Blanc et son côté nostalgique rétro d'une soit-disant belle époque, semble croire à ce qu'il fait...pas suffisant pour sauver le film.

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