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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 23:24

Gallimard, 2017, 212 pages ( 1ere publication en 2016)

Tout comme François Weyergans ( La vie d’un bébé, publié dans les années 80) Mc Ewan fait du fœtus, le narrateur du roman. Je n'ai pas accès à ce roman, déjà ancien, sinon j'aurais comparé la façon dont les deux auteurs mettaient les fœtus en scène. 

Ici, il s’agit d’une parodie d’Hamlet, on le sait dès l’exergue, et le couple engendreur du futur bébé ce sont la mère et le  beau-père de l’infortuné foutu fœtus. D’ailleurs, ils portent les mêmes noms ( Trudy, gentil pseudo pour Gertrude, et Claude) que dans la tragédie de Shakespeare.

Ce couple est installé dans une maison londonienne et géorgienne, de prix, mais délabrée et pas du tout entretenue, qui appartient au père du narrateur. Trudy est une belle femme avec de longues tresses blondes savamment enroulées : complètement amoureux déjà, notre fœtus l’imagine ; d’après ce qu’il entend dire, elle ressemble à … je vous laisse deviner.

Trudy et Claude complotent pour assassiner le père ; pas de quoi nous étonner on a déjà vu cela.

Le fœtus, lui, est carrément savant ( il écoute la radio et la télé toute la journée avec sa mère et ce n’est pas TF1 ni Chérie FM…) bref c' est déjà un citoyen avisé sur l’état du monde et pourvu d’une excellente culture générale , notamment en œnologie. Trudy et Claude boivent beaucoup et d’excellents cépages.

Si bien qu’on plaint, le petit drôle, qui, à peine né, devra téter du lait ! Il sera déçu et dégrisé… se dit-on, sauf s’il reste avec sa mère et le même accès aux bons vins (mais il y a peu de chance…).

Ian Mc Ewan a réussi la gageure de mettre le fœtus en situation, grâce à de nombreux détails réalistes sur son ressenti physique, dont certains sont amusants ; par ailleurs, il ne voit rien, mais entend tout, imagine ce qu’il ne voit pas, interprète le moindre petit son, grincement de porte, goutte d’eau qui tombe, vêtement qui glisse,  le moindre silence des protagonistes, bref il a tout pour être détective.

La mélancolie hamlétienne ne lui fait même pas défaut «  la courageuse communauté que je vais bientôt rejoindre, cette noble congrégation humaine, ses coutumes, ses dieux et ses anges, ses idées enflammées et sa géniale effervescence ne me font plus vibrer. Un poids alourdit le voile qui enveloppe mon corps minuscule. A peine s’il ya en moi de quoi fabriquer un petit animal, et encore moins un homme. Je suis prédisposé à une stérilité mort-née, puis à la poussière »

L’écriture est élégante, soignée, ironique, et la réussite de cette parodie serait totale si le lecteur pouvait être quelque peu surpris ! Mais ce récit brillant reste très attendu dans son déploiement, et sa chute, le héros l’a trop bien imaginée, et elle se déroule  comme prévu ! Dommage…

 

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 23:32

Ed des Deux Terres, 2014

Titre original : the Saint-Zita Society, 2012.

Le quotidien des employés de maison de quelques bourgeois aisés de Hexam Place à Londres.

June, demoiselle de compagnie de la Princesse, 78 ans, décide de fonder un genre de syndicats qui se réunit au Dugong pub. Les autres membres le sont devenus pour lui faire plaisir...

Il y a Henry chauffeur de Lord Studley, qui passe son temps à attendre son maître, et le reste à faire des galipettes avec la gent féminine de la haute société.

Il ne s’en plaint pas trop, sauf qu’il a très peur d’être découvert, et que les  femmes ne font rien pour éviter de le compromettre… le docteur est très sympathique avec Jimmy parce que comme lui il a des origines roturières ; Beacon est le chauffeur noir des Still ( l’homme est banquier) il est outré par les mœurs de sa patronne.

Montserrat est catalane comme son nom l’indique ; elle est entrée au service des Still grâce à son père, et n’a rien à faire mis à part servir le thé, ouvrir une certaine porte à certaines heures et surveiller...

Rab est un acteur apprécié de séries télévisées médicales type « urgences » et le petit neveu de June ; la Princesse le reçoit aussi.

C’est Rabia une jeune pakistanaise, qui s’occupe des enfants Still notamment le petit Thomas qu’elle affectionne particulièrement car elle a perdu des enfants en bas âge.

On doit aussi mentionner Dex le jardinier : il adore les plantes et les fleurs et s’en occupe à la perfection.

Et Thea, une drôle de femme qui sert de domestique à tout le monde, tout en proclamant qu’elle n’est pas une domestique !! Sa culpabilité et son orgueil lui coûtent cher…

Le crime se commet à la moitié du roman, ne soyez pas trop pressés !

Un bon Rendell, des personnages divers et bien campés, une action lente mais agréable à suivre, un humour féroce, crime et assassinats au rendez-vous ; Rendell est toujours bonne lorsqu’elle fait évoluer des employés de maison…

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 23:06

Deux siècles exactement que Jane Austen disparaissait...fêtons-là, relisons-là!

j'ai opté pour " Emma " car, les autres " Austen" disponibles, et pas encore lus, étaient des romans épistolaires, une forme de narration que je ne goûte guère.

 

 

LP, 1996, 512 pages.

1ere publication, 1816.

Dans le Surrey, à quelque 30 kms de Londres, le domaine d’Hartfield, la jeune Emma s’ennuie à mourir, avec son vieux papa hypocondriaque. Sa gouvernante et amie vient de se marier, et se consacre désormais à sa vie d’épouse, tout en espérant un bébé. Cela a créé un vide dans l’existence routinière d’Emma… bien qu’elle soit persuadée d’avoir été l’instigatrice du mariage de miss Taylor !

Emma se fait une nouvelle amie, Harriet Smith, une toute jeune fille, orpheline, fille naturelle « de quelqu’un » qui habite chez son institutrice, jusqu’à ce qu’elle trouve un mari.

D’après Emma qui adore les intrigues, Harriet peut et doit prétendre à un mariage très avantageux ; elle le mérite, et si ça se trouve son père est quelqu’un de prestigieux qui n’attend qu’une occasion pour la doter.

Harriet est très influençable, et davantage une victime qu’une amie pour Emma ; elle la persuade que le pasteur est amoureux d’elle, et tente de manœuvrer pour que ce mariage se fasse. Ses manigances échouent, elle jette alors son dévolu sur un autre prétendant, Pour la satisfaire, la gentille Harriet a dû renoncer à un candidat qu’Emma ne jugeait pas assez bien pour elle !

En suivant les intrigues fomentées par Emma, nous croisons une multitude de personnages dont les plus intéressants sont l’arrogante vulgaire et stupide Mrs Elton, que le pasteur a finalement épousée, le frivole et galant Frank, la belle et discrète Jane Fairfax, de noble origine et éducation, mais sans fortune, sa nièce Mrs Bates, une grande bavarde qui passe d’un sujet à un autre sans continuité, et le pauvre père d’Emma qui vit dans la crainte continuelle d’un refroidissement, ou d’un empoisonnement par la nourriture. N’oublions pas George Knightley le beau-frère d’Emma, réaliste, très critique à son égard « qui passe le temps à lire ou faire sa comptabilité » et rechigne à danser lorsqu’il ne peut se soustraire à un réception…un personnage plutôt sévère mais son patronyme (Knight) laisse entrevoir plus de romantisme que prévu…

Il ne se passe pas grand-chose dans le récit, pourtant, lorsque Frank arrive chez Mr Weston, son attitude en fait un personnage énigmatique dont on ignore les intentions réelles. De même la belle Jane, que va-t-elle devenir, et ce piano qui lui est livré, de quel correspondant mystérieux ? Pour le reste, on sait à quoi s’en tenir des mariages qui se feront, classiquement, à la fin du livre.

Emma est avant tout un roman de mœurs, agréable à lire, un peu long dans sa dernière partie.

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 20:53

LP, 1955, 392 pages.

plus de quarante ans après, je reprends ce roman! j'avais oublié plein de détails, et même certains personnages.

J’avais oublié, surtout, que le narrateur du roman est une servante ( Mrs Dean, appelée Hélène ou Nelly suivant les cas) et que nulle autre personne ne donne son avis ! les autres récits ( ceux de Zillah une autre servante, une lettre d’Isabelle, les points de vue de la jeune Cathy) sont rapportés aussi par Nelly.

 

Mr Lockwood, revenu de Hurlevent la demeure qui appartient à son propriétaire Heathcliff, demande à sa servante Nelly de lui parler des êtres curieux qu’il a vus là-bas, Heathcliff, le sinistre patron, Hareton son neveu par alliance, et Cathy sa nièce, veuve de son fils Linton.

C’està Thrushcross Grange l’autre demeure, guère différente de Hurlevent, et distante de quelques milles de celle-ci qu’il apprend toute l’histoire, de ces deux malheureuses familles les Earnshaw et les Linton.

Nelly avait à peu près l’âge du fils aîné Earnshaw, Hindley, soit 15 ans, lorsque le maître de maison, rentra d’un petit voyage en ramenant Heathcliff ; ce garçon avait à peu près six ans, l’âge de Catherine la fille des Earnshaw. La maitre de maison le présenta comme un petit orphelin mourant de faim presque mort, qu’il a recueilli, parce qu’il lui rappelle un de ses enfants mort en bas âge.

Le lecteur pense, lui, que ce « petit bohémien » comme le désigne la servante, est peut-être un fils naturel du maître qu’il a recueilli parce qu’il n’avait plus de mère.

Quoiqu’il en soit, il manifeste le désir qu’il soit élevé avec et comme ses propres enfants.

C’est alors que la dissension naît . Hindley persécute ce petit garçon dont il est jaloux, Catherine en fait son compagnon de jeu. Nelly, qui est à al fois servante, et compagne de jeu des enfants, déteste Heathcliff, à l’égal d’Hindley dont elle est plus ou moins amoureuse. C’est pourquoi nous n’auront jamais de point de vue un peu neutre sur la situation.  Franchement je le regrette!

 

La grande affaire, on le sait,  c’est la passion amoureuse que se vouent Heathcliff et Catherine. Une passion que Nelly s’emploie à mettre à mal ; elle fait tout ce qu’elle peut pour éloigner les amoureux et les fâcher, et favoriser les accointances de Cathy pour le jeune homme qui vit dans la demeure de Thrushcross Grange.

Les caractères sont très tranchés, il y a les forts et les faibles. On meurt beaucoup, et on agonise loonguement dans ce récit de « romantisme très noir ». On se tape dessus, on fait des crises d’hystérie, on gémit, on se morfond. Je croyais me souvenir de belles et sombres descriptions de la lande dévastée par les vents. Mais, à la relecture, il me semble que les descriptions sont un peu maigres...

Bien contente d’être arrivée à la fin !

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 14:53

( Darkening Hour) 2016 sonatine, 422 pages

Mona, est une jeune marocaine, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Elle a perdu son travail , et son ami Ali est parti « soi-disant pour aider à combattre ses amis Berbères «, mais selon d’autres informations, Mona en est venue à croire qu’il était à Londres.

Grâce à une amie qui travaille pour une famille londonienne installée au Maroc, elle obtient un poste d’employée de maison dans la capitale du Royaume Uni. Il est écrit sur son passeport le nom de son employeur ; elle n’a pas le droit d’en changer…

C’est à Deptford, au sud-est de la City, que Mona découvre son employeuse Theodora, divorcée de Roger ( qui vit au Maroc). Elle héberge son vieux papa atteint d’Alzheimer, relégué au sous-sol. Theodora travaille pour la télé présente une émission «  people ». Elle n’aime pas le quartier où elle vit, sauf la rue où elle habite : les maisons y sont d’une architecture classique, très bourgeoise, un îlot de bon chic bon genre au milieu d’un environnement que Dora estime mal famé.

En plus du papa, il y a Léo, le fils de 18 ans, en situation d’échec scolaire, qui passe tout son temps devant la télé. Et Max l’amant américain, qu’elle voit de temps à autre pour une coucherie vite fait. Max est passionné par les statues et les histoires érotiques que lui raconte Dora ; il lui faut des stimulants pour consentir à s’occuper du corps de sa maîtresse…

Mona doit s’occuper du papa, de la cuisine, du ménage, repassage et blanchisserie. Elle n’a jamais de congé, jamais une minute à elle, ne sort que pour faire les courses.  L’argent que lui donne sa patronne elle l’envoie au Maroc pour sa petite fille et sa mère. Elle en donne aussi à un buraliste Sayed, qui doit l’aider à retrouver Ali.

Theodora devient de plus en plus despote avec son employée, lui commande de descendre la nuit lorsque le vieux appelle. On lui colle un papyphone dans le débarras où elle dort ( elle n’a pas eu droit à la chambre d’ami…) Dora lui confisque son passeport, l’accuse de la voler,  lui rend la vie impossible… Mona passe ses journées avec le papy (maintenant incontinent) et Léo avachi sur le canapé devant la télé. Elle le secoue, lui donne des conseils de bon sens, découvre que le garçon est hypocondriaque…

Découverte avec le très bon «  Désordre », Penny Handcock récidive ! Son «  Darkening Hour » est de qualité. On y retrouve son habilité à tresser des portraits psychologiques, et à manier le suspense. Les descriptions sont toujours aussi bonnes. Comme dans l’autre roman, il y a la Tamise toute proche, froide, menaçante, qui ne demande qu’à accueillir un corps (mais qui donc va y passer ?).

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 14:21

 

 

645 pages 10/18, 2015

2008 1ere publication. D’abord la version française est parue chez Sonatine, en 2014.

Cette intrigue m’a fait penser à celle du film «  Broken Flowers «  de Jim Jarmusch.

Un homme a reçu une lettre anonyme mais émanant sûrement d’une femme lui laissant entendre qu’il avait une progéniture dont il ignorait tout. Cet homme c’est Damian Baxter, qui a fait une brillante carrière à la City ; lorsqu’il a reçu la lettre il a attendu qu’on lui réclame une pension pour l’enfant, mais rien n’est venu.

S’étant marié sur le tard, il n’a pu procréer, et a divorcé. Menacé d’une fin prochaine, il repense à la lettre, et voudrait cette fois ardemment léguer sa fortune à cet(te) héritier (re).

Il va charger son ex-ami (le narrateur du roman) de retrouver cet héritier, lui fournissant une liste de plusieurs anciennes maîtresses qui ont eu un enfant avant une certaine date.   Le narrateur  déteste Damian depuis certains événements fâcheux qui se sont déroulés au Portugal en 1970. Et pourtant il va se charger de ladite mission.

Le narrateur appartient à ce milieu particulier qu’est l’aristocratie britannique. Jadis, lors de leurs études à Cambridge,  il introduisit Damian l’ambitieux dans ce milieu, sur son souhait. Les jeunes filles,  frisant à présent la soixantaine, en étaient aussi.

Le roman est bien agencé, souvent critique, féroce et  parfois drôle (certains bals qui tournent au cauchemar, certaines personnes fortement caricaturées)  souvent romanesque et bien plus sentimental que Broken Flowers… Des passages m’ont paru  longs et ennuyeux : des descriptions de manoirs, de revers de fortune, de rituels propres à l’aristocratie, des changements intervenus après les sixties ; Des personnages introduits, j’ai apprécié Damian, le narrateur, au moins deux des femmes,  Lucy Dalton et Terry dont la déchéance et l’alcoolisme sont très bien rendus, moins Serena, un peu trop parfaite.

En fait, il y a trop de personnages, l’intérêt se dilue parfois. Dans l’ensemble on dira pourtant que cette étude de mœurs est réussie, très documentée.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 23:09

Dusty Answer, 1ere publication 1927

Phébus, 2003, 382 pages.

le récit dles premiers émois amoureux de Judith, jeune fille solitaire, au début du vingtième siècle, dans la campagne anglaise.

Fille unique, voyant assez peu ses parents, Judith est éduquée à domicile par des précepteurs, et à l’occasion par son père. Elle fait des études sérieuses, de vraies humanités (c’était rare au début du vingtième siècle pour les filles) sort peu, et ne fréquente que les enfants de la propriété voisine : quatre garçons et une fille , deux des garçons sont frères, les autres enfants cousins, élevés par leur grand-mère: Charlie, le préféré de Judith, Julien le frère de Charlie intelligent mais pas très beau, Martin qui l’adore et qu’elle trouve casse-pied, Roddy insaisissable et mystérieux, et Mariella la fille, passionnée surtout par les animaux.

A 18 ans, Judith n’a pas vu ses amis depuis plusieurs années ; et voilà qu’ils reviennent amputés de Charlie, mort à la guerre. Mariella est veuve de Charlie, et a un petit garçon dont elle ne sait que faire. Julien a fait de bonnes études comme Judith, il devrait être son interlocuteur et peut-être plus. Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Judith intègre un collège de jeune filles, pour achever ses études ; elle va y cultiver une relation privilégiée avec l’irrésistible Jennifer. Cependant Jennifer voudrait quelque chose de plus charnel ...

La première éducation sentimentale de Judith s’achève avec le roman. Elle est au seuil d’une nouvelle existence…

Le roman est émaillé de jolies descriptions de nature qui rappellent les belles heures du romantisme. Les êtres, eux, sont exactement à l’inverse de cette belle nature : insatisfaits, malheureux, se heurtant durement les uns aux autres ; et aussi il faut bien le dire, plutôt riches et désœuvrés sinon oisifs. les personnages sont bien campés.

Un roman un peu long mais qui a ses charmes.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 23:03
Robert Galbraith La Carrière du mal

Grasset, 2016, 600 pages.

Robin, l’associée de Cormoran Strike, brillant détective privé londonien, reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Cormoran est persuadé qu’on veut s’en prendre à lui, à travers la jeune femme, se venger, faire couler son agence, maintenant réputée après la résolution d’affaires difficiles.

Réfléchissant à son passé il se voit trois ennemis particulièrement coriaces et pervers susceptibles de vouloir sa perte. L’un d’entre n’est autre que son ex-beau père qu’il pense coupable du décès prématuré de sa mère. Les deux autres sont d’anciennes connaissances de l’armée dont il aurait bien voulu se passer.

On pourchasse donc les fantômes du passé encore bien vivants, à deux, même si Robin est menacée par le tueur.

On retrouve la propriétaire de la jambe dans le congélateur de son appartement ; bien que très jeune la fille possédait son propre appartement ? Et qui était-elle ?

L’intrigue progresse sur plusieurs fils :

- les recherches de Cormoran et Robien ensemble à travers l’Angleterre et l’Ecosse, et dans la capitale pour retrouver les traces des trois suspects ; leurs errements, leurs rencontres de diverses personnes ayant pu connaître les suspects, voire les avoir hébergés. On se balade, on rencontre des gens divers, dans des endroits variés (toujours bien campés). Certaines situations sont humoristiques, le salon de massage thaïlandais par exemple.

-les pérégrinations de Robin, seule, pour qui l’on craint, sachant qu’elle est poursuivie, et qu’elle n’hésite pas à rencontrer seule des personnes de l’entourage des suspects,

- A partir des découvertes des policiers du Yard concernant la victime, les investigations de nos détectives dans l’entourage de la fille à la jambe coupée) : là aussi, nous rencontrons une galeries de gens bizarres, effrayants, parfois drôles (humour noir). Notamment les acromotophiles…

- Le fil de narration concernant le tueur, qui intervient à la première personne, et souvent, pour dire ses pensées et raconter ses méfaits ; Ce contenu est discutable ; Je m’en serais passée…

- les souvenirs de Cormoran à propos des suspects qu’il a bien connus : ils suffisaient amplement à mon avis, pour se faire une idée des profils de ces messieurs…

D’autres fils de narration servent à retarder la résolution de l’enquête :

  • Robin et Cormoran font des filatures n’ayant rien à voir avec l’enquête en cours ; c’est la routine de leur métier. Cela tombe un peu à plat, même si les personnes suivies ont des noms prometteurs ( Platine, Mad Dad…)
  • Robin se querelle avec son fiancé, parfois avec sa famille, interrompt puis reprend la préparation de son mariage avec ce jeune homme que l’on connaît déjà : un sinistre crétin selon Cormoran…le tueur l’appelle Jolicoeur
  • Cormoran fréquente sans enthousiasme une femme assez ennuyeuse…
  • Robin et Cormoran qui s’aiment sans se l’avouer, se querellent se réconcilient…

Les apartés qui servent à retarder l’enquête sont inévitables dans les polars : dans les bons polars, ils sont attrayants. Le second concernant Robin retient l’attention, il révèle quelque chose de son passé. Mais rien de très passionnant, tout de même… Robin se révèle assez conformiste.

Les personnages : les suspects se ressemblent ; du moins dans l’esprit du lecteur. On les confond parfois : l’un est du genre plutôt pédophile, l’autre est cruel avec les femmes, le troisième l’ex-beau-père de Cormoran est comme le second, mais il est complètement camé.

Ces suspects ne sont pas assez différents les uns des autres…

Au final, le roman se lit bien, et reste attrayant, malgré ses défauts. Les fils de narration sont bien alternés ; le meilleur ( le pérégrinations de Robin et Cormoran à travers Londres et la province, et la rencontre de différents témoins potentiels) fait passer le moins bon ( Le côté thriller que je n’aime pas , la femme que fréquente Cormoran, le peu de personnalité des « méchants »).

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 18:23
Daphné Du Maurier Ma cousine Rachel

Philip a été élevé par son oncle Ambroise Ashley, de vingt ans plus âgé que lui, qui n’avait pas de famille,lui non plus. Ils ont vécu l’un et l’autre en étroite symbiose, dans la propriété d’Ambroise en Cornouailles. Pas de femme : Ambroise avait embauché une nourrice pour son neveu et l’a chassée très vite la trouvant sadique à son égard.

A 40 ans Ambroise est parti en Italie soigner des rhumatismes : il y passe l’hiver et revient au printemps.

Là-bas, il a rencontré une femme, une cousine éloignée, la fameuse Rachel ; ils se sont si bien entendu… qu’Ambroise annonce par lettre son mariage à Philip ( très jaloux… !)

Il doit revenir avec son épouse mais tarde à le faire « ll y a des trucs à régler ». Et voilà que Philip reçoit une lettre alarmante : Ambroise est saisi de fièvre mystérieuse, et n’est plus lui-même ; il accuse sa femme d’être responsable de son état, appelle au secours.

Ce roman en dépit du caractère complexe de Rachel auquel on ne sait trop quoi attribuer comme vilenie au début, n’offre pas beaucoup de suspense. On hésite simplement : jusqu’où Rachel est-elle prête à aller ? A-t-elle malgré tout des sentiments pour Philip ? En a-t-elle au pour Ambroise ? On n’est pas trop surpris de la tournure des événements.

J’ai découvert que le cytise était vénéneux !

Le début avec le pendu au Quatre-chemins fait froid dans le dos.

Un ensemble assez attrayant, pas exceptionnel pourtant.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 18:26

Quai Voltaire,

     Après avoir vécu une année riche sur le plan de l’amour et du labour, Prue, volontaire agricole à Hallows Farm rentre chez sa mère pour aider au salon de coiffure ; elle s’y ennuie : les galants se font rares… 

    n Prue est coquette et aime plaire ! C’est un quadragénaire pourvu d’une Daimler ( je n’y connais rien en bagnole mais Prue apprécie) qui va la tirer de son ennui. Barry ( numéro 2 ) lui propose de l’épouser et comme il est riche, elle accepte.

       Les premiers temps sont durs, Prue voudrait reprendre le travail agricole et se trouver un amant (Barry N° 2 est vraiment très nul au lit) ; elle ne trouve son voisin Johnny, sympathique mais pas trop excitant non plus… et la gouvernante la maigre Bertha achève de l’attrister.

     Petit à petit la mauvaise fortune de Prue va s’améliorer c’est lent, quelquefois ironique, souvent mélancolique, le rythme se traîne un peu.

       Et pourtant, l’auteur nous offre quelques morceaux de bravoure bien enlevés, tel un accouchement dans une grange au milieu d’un troupeau de porcs énervés, la tentative de séduction d’un pasteur de petite paroisse, la rencontre avec cette charmante vieille dame qui lui fait aimer la lecture.

Mais Je ne suis pas sûre de me souvenir de Prue dans quelques années…

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Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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