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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 10:39

Phébus, 403 pages.

"Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la camp"

( in le blog Lecturissime )que je vous invite à consulter.

 

Agréable au début, les Forestiers se révèlent vite un pensum plutôt ennuyeux. Les personnages finissent par lasser. Hardy met dans la bouche du médecin quelques citations philosophiques, puis dès qu’il s’éprend de Grace, puis de Felice, ce vernis disparaît, et on le trouve assez commun, semblable à tous les amoureux indécis et volages. De même Grace a de l’éducation et des manières, on lui a fait lire quelques pièces de Shakespeare, mais cela ne suffit pas à lui donner de la personnalité. Le personnage de Giles va se révéler christique. Cela ne me plait guère… Le vrai personnage c’est la forêt, la nature ( pour sa beauté et ses productions ).

On remarque les superstitions des gens de la campagne : un homme se croit menacé par l’arbre qui jouxte sa fenêtre ; on abat l’arbre, cause de l’obsession et  l’homme meurt au lieu d’abandonner ses craintes ! Son symptôme le maintenait en vie…

Une vieille dame a légué son crâne au docteur Fitzpiers (il le trouve spécialement grand et voudrait l’étudier après sa mort) contre une certaine somme ; mais elle en tombe malade. Tout cela est bien observé, mais ce roman vieillit plutôt mal. Le problème, c’est d’avoir trop mis l’accent sur les sentiments amoureux, de façon mélodramatique…

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 10:28

LP 2017, 415 pages  (1ere édition française Stock)

Titre original : Swimming Lessons

Une petite île au large de la côte du Dorset, environs de l’île de Wight

récits en alternance : 1)Ingrid, épouse de Gil Coleman, romancier à succès d’un roman salace «  Lhomme de plaisir » imaginé par elle et rédigé par lui.

Dans des lettres disséminées  à l’intérieur de quelques uns de leurs nombreux livres , elle lui écrit en 1992 pour lui relater l’histoire de leur mariage de son point de vue à  elle. Une histoire qui débute en 1976 et va s’achever avec la disparition d’Ingrid annoncée dans l’ultime lettre.

2 ) Flora fille cadette d’Ingrid en 2003 ; elle a un peu plus de vingt ans , et se réveille brusquement du lit où elle dormait avec son copain Richard ; sa sœur Nan vient de l’appeler pour lui dire que son père a fait une chute dans les rochers et qu’il est hospitalisé.  Les quelques semaines qui suivront verront la dispersion de cette famille...

On comprend que les lettres d’Ingrid , qui a disparu onze ans plus tôt, annoncent une mise en scène : elle laisse entendre  son prochain suicide ( son plaisir est de nager et d’aller plus loin qu’il ne faudrait) dit au revoir dans son ultime lettre et s’arrange pour qu’on la voit partir comme si elle allait nager, seule .

Gil ne s’y laisse prendre qu’à moitié mais ...

On est surpris qu’en 1976, un professeur d’université londonienne et son étudiante se voient virés pour avoir eu une liaison et s’être mariés. On n’est pas aux USA tout de même…

Le récit se lit bien mais il est hyper-romanesque, très convenu…

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 13:06

Belfond, 250 pages, (titre original : I am, I am, I am,  Seventeen Brushes with Death)

J’avais déjà feuilleté L’Etrange disparition d’Esmé Lennox et avais conclu que c’était trop exubérant et pas très crédible…

Pourtant me voilà de nouveau avec un livre de l’auteur, autobiographique cette fois, et je l’ai lu en entier.

En 17 chapitres l’auteur nous relate donc des moments où elle a échappé de peu à la mort : 16 chapitres en fait, l’ultime étant le récit du combat permanent pour sauver sa propre fille victime d’une faiblesse du système immunitaire depuis la naissance, se manifestant par des allergies sévères en particulier.

Mais bien sûr la narratrice a elle-même beaucoup souffert : principalement à l’âge de huit ans, d’une encéphalite qui l’a sévèrement handicapée pendant plusieurs années ; elle se présente comme un cas très particulier : elle aurait dû mourir, elle a survécu, elle aurait dû rester handicapée moteur grave, elle vit presque normalement avec des séquelles ennuyeuses mais gérables. Autrement dit c’est ce type de femme qui met en défaut les meilleurs spécialistes … une hystérique à grand spectacle, avec de grosses pathologies, une hystérie un peu à l’ancienne ?

Les points forts impressionnants de son récit, outre cette encéphalite, c’est son terrible accouchement : elle avait dit à un toubib très bien coté, que les séquelles de son mal ne lui permettaient pas d’accoucher normalement et qu’il lui fallait une césarienne. Qu’il ne voulut pas programmer : d’où une césarienne tardive « chaotique » et sanglante, où le bébé et elles manquèrent y rester.

Les autres chapitres témoignent d’un tempérament de rébellion chez l’auteur, du goût de se mettre en danger, d’autant plus tentant que ses « déficiences neurologiques «  entrent en jeu. Accident manqué en se jetant devant les voitures, agressions de la part d’hommes voleurs, voire criminels, même en présence de son compagnon  qui ne peut rien faire… chaque chapitre est précédé d’un schéma précis d’un ou de plusieurs organes du corps humain, celui qui va être en danger, ou attaqué par la maladie ; des maladies qui sont très bien expliquées avec de nombreux détails. Une écriture oralisée, précise, le sens de la mise en scène,  des comparaison inédites, parfois poétiques ( le délire de la fillette atteinte d’encéphalite… Le verbe est exubérant, comme je l’avais déjà remarqué. Il y a de temps à autre des trouvailles (le récit du voyage scolaire à Rome…).

Plusieurs accidents se produisent dans l’eau, dans la mer : la narratrice a plusieurs fois manqué se noyer ( une fois avec son fils ! ) elle ne cache pas qu’elle est attirée par les profondeurs ce goudron noir et fascinant

Vu tout ce qu’elle a vécu, on a envie de féliciter l’auteur d’être toujours en vie (ainsi que sa fille) et, inévitablement elle est une héroïne dans le sens de « phénomène rare», ainsi que « incroyablement courageuse «. 

Tout cela est un peu agaçant.

Les  pages sur la fausse couche sont assez intéressantes, il y a des questions pertinentes «  est-on  encore enceinte lorsque le fœtus est mort ? « comment traiter ce type de situation…

 

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 12:51

LP, 2004, 412 pages.

Titre original : Case Histories

 

D’abord, nous avons les exposés de trois cas de disparition et/ ou assassinats à des époques et dans des familles très différentes  qui ne se connaissaient pas.

Les Land : une nuit de canicule, Olivia trois ans , benjamine d’une famille de 4 fillettes, disparaît pendant une nuit qu’elle passait sous une tente dans le jardin familial avec sa sœur Amelia.

Elle a disparu avec son doudou  la fameuse « souris bleue » ; nous sommes en 1970, et ces quelques pages nous brossent un tableau rapide d’une famille perturbée, avec des parents «  toxiques «  comme on dit à présent. Le père, toujours enfermé dans son bureau, à faire des maths (mais pas seulement devine-t-on…) , la mère , ex-infirmière, enceinte de son cinquième enfant, elle aussi retirée dans un monde à part, s’occupe des gosses… pour leur donner une aspirine tous les matins !! La fille aînée, Sylvia , entend des voix, celle de dieu précisément , et l’a dit à sa mère que ça n’a pas troublé, et qui a répondu «  c’est gentil »…

En 1994, un avocat Théo, a perdu sa fille de 18 ans , Laura. Un individu s’est présenté au bureau du père , l’a demandé et a abattu la jeune fille, qui y travaillait… on ne l’a aps retrouvé…

En 1979, c’est à la campagne dans une ferme, que Michelle a fendu le crâne de son époux ; elle était en colère, d’avoir dû lâcher ses études pour devenir épouse et mère…

En 2004, Jackson, détective, fait une filature ( une femme soupçonnée d’infidélité). Il s’ennuie, mais bientôt, il va avoir un vrai travail. Les deux sœurs  les moins perturbées de la petite Olivia , vident la maison après le décès de leur père. Elles retrouvent « la souris bleue » dans son secrétaire fermé à clef. Elles veulent aussi retrouver la petite fille… où ce qui en reste… Jackson va devoir chercher ce qui lui est arrivé…

Mais Théo vient aussi consulter le détective, pour qu’il enquête sur l’assassinat de sa fille. Inconsolable, Théo a pris beaucoup de poids, mauvaise santé, grosse déprime… Cependant, il  s’intéresse à une SDF «  aux cheveux jaune canari «  qui a plus ou moins l’âge que sa  fille aurait…

Enfin, voilà une certaine Caroline, qui a refait sa vie,  mais est prête à sauter encore le pas, avec  le pasteur de la paroisse, qui est vraiment irrésistible…

Les enquêtes se croisent et se complexifient, car Jackson est lui aussi poursuivi par un drôle de type… et doit s’occuper de sa fille, Marlee, huit ans.

On parle de ce roman comme d’un récit humoristique, mais j’ai trouvé personnellement que c’était l le côté sombre qui prévalait largement.  La mort est omniprésente, même Jackson  souffre de plusieurs deuils ( mère sœur frère tous disparus lorsqu’il était jeune… il passe aussi beaucoup de temps au cimetière…) ; il est vrai que fort heureusement, les survivants ont droit, après maintes souffrances à  des happys-ends relatifs mais réels et qui surviennent un peu comme des cheveux sur la soupe.

Il y a beaucoup de personnages ; l’auteure les multiplie comme les pains ! on finit par les confondre : qui est Emma ? se demande-t-on avant de revenir en arrière pour retrouver le petit passage où elle nous est rapidement présentée comme une amie de lycée de l’infortunée Laura. Les chats et chiens qui sont assez nombreux on les confond aussi ; Poppy , c’est un chien ou un chat ? Et qui donc est son maître ? Ou sa maîtresse ?  Les personnages principaux ont une psychologie assez banale , ils ne surprennent pas.  Le nombre de mauvaises rencontres qu’ils font, évidemment, c’est la fiction qui veut ça mais de mon point de vue, ce n’est pas amené de façon très futée. 

Les moments amusants sont en fait rares : le duo des deux femmes ( Julia et Amelia) amené comme un des morceaux de choix du roman, m’a plu pendant vingt ou trente pages, ensuite ça se répète.   La pauvre pécheresse schizophrène, abusée et maltraitée pendant l’enfance, qui  se réfugie dans un couvent, c’est très convenu… Le destin de cette pauvre Laura est d’une banalité absolue.  Michelle était plus intéressante, mais il lui aurait fallu un roman pour elle toute seule !

Marlee la fillette de Jackson est pratiquement la seule qui m’ait fait rire, et qui a fait des réflexions surprenantes.

Entrecroiser plusieurs intrigues n’est pas facile : l’auteure les a bien structurées, mais le suspens n’est pas au rendez-vous, car on sait bien avant Jackson de quoi il retourne ou à peu près.

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 18:11

POL, La collection, 1992,

Une très jolie collection, belle couverture, beau papier solide etc… dont je possède plusieurs titres ( dont les Grandes espérances) ; et qui a hélas duré très peu de temps…

1885 : Dans un café londonien le « Divan fumoir bohémien » trois amis désargentés et au chômage, se retrouvent : l’un d’eux Paul Somerset, voyant dans les annonces du Standard  qu’un individu louche est recherché dont on donne la description, propose de se faire détective pour toucher la récompense ; ses deux comparses Chaloner, et Desborough y sont peu enclins. Chacun d’eux promet pourtant de se jeter dans la première aventure qui leur échouera.

Chaloner va aider une jeune fille qui vient de s’échapper d’une demeure après une forte explosion : elle va lui demander son aide, et lui raconter une histoire incroyable mais fort dramatique à propos de sa jeunesse dans l’Utah aux prises avec de terribles Mormons qui auraient fait tuer ses parents et l’exécuteur auquel elle tente de se soustraire…

Paul Somerset, sera lui approché par une vieille dame fantasque qui lui confie son hôtel particulier dans lequel il ne se contente pas de loger mais qu’il va louer à un individu étrange et dangereux avec lequel il se lie pourtant d’amitié…

Desborough  a pour voisine une belle jeune femme, qui lui raconte être née à Cuba d’une mère esclave et d’un père poursuivi ; narre sa fuite éperdue au milieu de grands dangers (jungle, serpents venimeux, maître impitoyable, sorciers sacrificateurs…) avant d’être devenue réfugiée à Londres ; elle est en possession d’une boîte contenant paraît-il tous ses bijoux…

Ce roman est d’une lecture agréable, pleine de fantaisie et d’aventures ; il est à prendre au second degré ! En dépit de récits horrifiques, l’humour domine, et  si le lecteur prenait tout au sérieux,  il trouverait que les anarchistes ne sont de vrais gamins et les Mormons extrêmement dangereux !

D’après Wikipeadia , Stevenson aurait écrit ce roman avec son épouse Fanny, ce qui explique la présence de trois femmes comme personnages principaux.

On peut aussi lire la préface de Dominique Fernandez, mais après lecture du roman, car cette préface suppose la lecture complète.

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 09:46

Pocket, 2015  733 pages (the Lake House)

On croit entrer dans un récit policier, et l’on tombe dans un gros pavé romanesque à souhait, difficile à endurer pendant tant de pages.

Donc en 1933, dans le domaine de Loaenneth, sis dans les Cornouailles près de la mer, et pourvu d’un grand terrain où l’on trouve tout ce qu’on veut ( la rivière à truites, la mare aux canards, le sous-bois, la pelouse, le hangar à bateaux, la confortable vieille maison… un couple encore jeune Eleanor et Anthony, mais très éprouvé par la grande guerre,  un vieux monsieur conteur d’histoires ( Llewellyn) attaché à la famille, trois filles de 13 à 18 ans, dont Alice qui écrit des romans, et est amoureuse du jardinier Ben ( nomade qui vit dans une roulotte mais instruit et très bien élevé), et Clementine qui rêve de voler ; leur petit frère Theo onze mois, et la fête du solstice qui va avoir lieu. Theo a disparu le lendemain, et ne reparaîtra pas.

En 2003, Alice devenue octogénaire, sait des choses sur cette disparition et se culpabilise. Elle n’a jamais épousé son jardinier bohème, et écrit des romans policiers qui se vendent depuis toujours ou presque.

Une jeune policière Sadie, prend des vacances chez son grand-père tout près du domaine maintenant abandonné depuis longtemps, et se passionne pour cette vieille histoire non élucidée. Elle va tenter de prendre contact avec Alice, héritière du domaine, après avoir lu tout ce qui était relatif à l’enquête, et à ses protagonistes, dans les archives de la bibliothèque municipale.

L’histoire ne serait pas mal, si l’auteur ne compliquait pas inutilement le pitch initial ; d’abord Sadie, est en même temps sur une autre enquête qui nous intéresse peu et retarde inutilement les progrès de celle-ci, ensuite, le bébé que Sadie a dû abandonner à l’adolescence, et qui se rappelle à elle, comme si elle avait besoin d’une semblable expérience pour s’intéresser à l’enquête.

Et puis les protagonistes de 1933 ; on s’intéresse à eux, mais pourquoi faut-il qu’on nous déroule toute l’existence d’Eleanor et Anthony avec force romanesqueries ( c’est long et il y a trop d’amour –toujours, c’est sirupeux) ; le vieux monsieur et son conte sont sympathiques, mais le conte ( Eleanor sur le seuil magique) n’a pas besoin d’être aussi longuement rapporté ; nous ne sommes plus des enfants.

Pour la résolution de l’histoire, c’est correct, ça se tient jusqu’à un certain point… je n’ai pas aimé la fin, complètement tirée par les cheveux.

Bref le roman est deux fois trop long, même si les descriptions sont soignées et souvent agréables (celle du domaine en particulier).

Enfin, les gens dans cette histoire sont trop bons ; il n’y a qu’une seule vraie méchante : ce n’est pas suffisant, surtout sur une période aussi longue !

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 09:40

Points ( grands romans) , 2017, 501 pages.

1ere publication en 1944

 

Une demeure spacieuse à Sunglades dans le Hertfordshire ; y vivent Miss Constance  Fielding la cinquantaine bien sonnée, autoritaire et despote, sa cousine miss Barton qui rêve de son lointain mari et joue cent fois par jour une unique chanson d’amour qu’elle composa autrefois.  Et Kenneth, le petit frère de miss Fielding, déjà 45 ans, c’est lui le célibataire. Sa sœur le domine, et il n’est jamais plus heureux  qu’à s’occuper du jardin.

A Sunglades sont également venu s’installer Betty une femme de 40ans, et son fils Richard ,elle travaille dans un  bureau , et Richard qui a un diplôme d’économie, attend un poste de prof dans une université.

Constance a rempli sa vaste demeure de pensionnaires parents et amis  pour éviter qu’elle ne soit réquisitionnée pour les réfugiés.

Il reste une chambre et Miss Fielding a pris à son service une jeune réfugiée,  d’un pays colonisé par l’Angleterre la Baïramie, petit état exotique, supposé être dans des lieux plus cléments ( le bassin méditerranéen ?)  où l’on trouve une « vallée des abricots » enchanteresse. La nouvelle venue, d’à peine 18 ans, est surnommée Varthouhi (on n’arrive pas à prononcer son vrai nom), elle est très performante question ménage courses et organisation domestique, mais s’y entend aussi à charmer les messieurs ( le jeune et celui d’âge mûr) sans avoir l’air d’y toucher… et sans trop devoir se montrer respectueuse et reconnaissante : elle a son franc-parler.

Nous suivons cette petite société, qui évolue, pendant les heures assez sombres de la guerre de 39-45, vers des mariages ( plusieurs !) comme Stella Gibbons la « Jane Austen «  du 20eme siècle nous y a accoutumés. Roman un peu long, personnages très bien campés, dont J'ai suivi l’évolution avec plaisir. Le contexte socio-historique est bien mis en valeur.

 

Je ne vous inflige pas la première de couverture car je la trouve détestable...

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 10:43

Quai Voltaire, 1997, 408 pages (Land Girls 1992)

 

Trois jeunes filles, volontaires agricoles pendant la seconde guerre mondiale , se rendent dans  une ferme du Dorset.

Ag a fait un cursus d’études supérieures et ne sait dans quoi se spécialiser. Prue travaille dans le salon de coiffure de sa mère, et s’y ennuie un  peu. De Stella, nous savons seulement qu’elle a un amoureux, appelé à la guerre, et ne pense qu’à lui.

 Remplacer deux garçons de ferme, appelés sous les drapeaux, leur donne l’impression d’être utiles, et c’est une transition intéressante entre leur vie actuelle un peu fade, et la vraie vie qui commencera après guerre.

Joe le fils du fermier, asthmatique, a été réformé. C’est une chance car les trois filles n’auraient pas aussi bien travaillé sans lui ! Entre celle qui le séduit, la seconde qui en tombe amoureuse, et la troisième qui partage avec lui des discussions intellectuelles (ils ont tous deux fait de bonnes études) Joe va être bien occupé pendant ces deux ans ! C’est sans doute le sort des jeunes hommes qui ont eu la chance d’être réformés ???

Un récit agréable, où l’on nous détaille les travaux inhérents à l’entretien de la ferme, les soins aux bêtes (vaches, moutons, porc, poules) le labour d’avant les moissonneuses batteuses, l’habileté extraordinaire des jeunes filles ( qui n’ont pourtant jamais fait cela…) et le goût qu’elles y prennent instantanément ( c’est surprenant). On partage avec elle ces moments difficiles et importants, car l’auteur a beaucoup de qualités pour conter, et décrire.

 

 

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 18:10

Se rendre invisible : c’est ce qu’a réussi à faire un jeune chimiste impécunieux, dans ce célèbre roman considéré comme un classique de la science-fiction.

Griffin, comme il l’expliquera à un de ses condisciples retrouvé, dont il espère faire son complice,  s’est focalisé sur ce type de recherche, parce qu’il est albinos : cette anomalie le conduit à faire des recherches sur les phénomènes de réflexion et réfraction des rayons lumineux et  les mécanismes  de ce qu'on appelle perception visuelle. L’absence chez un individu comme lui de mélatonine aurait favorisé son devenir « invisible »!

Au-delà de  ses théories loufoques,  les albinos étant mis à l’écart, voire persécutés, on sent bien qu’il aspire à l’invisibilité pour ne plus être remarqué. C’est pourtant l’inverse qui se produira. Et l’urgence de tester sa découverte sur lui-même, lui est dictée par le désir d’échapper aux nombreuses dettes qu’il a contractées…

L’homme invisible est d’abord un homme en fuite, et le récit est largement l’histoire de sa cavale.  le début de l'intrigue, son séjour à l'auberge d'Iping, petite ville du sud de l'Angleterre, est un mélange de burlesque et d'humour noir, ses agissements, et les réactions des  gens vont d'abord amuser le lecteur ; l'effet d'étrangeté qui, peut-être prévalait il y a un siècle, n'est plus guère de mise de nos jours. Cependant, le roman va vite devenir une haletante course-poursuite très bien menée.

L'intérêt est relancé lorsque  Griffin se révèle  un dangereux délinquant, rêvant de devenir maître du monde !

Etre invisible, voir sans être vu, est un fantasme vieux comme le monde.  On ne peut s'empêcher  d'évoquer  la légende grecque de l’anneau de Gygès : ce berger tombant par hasard sur un anneau qui rend invisible réussit à s’emparer du trône et à en évincer le roi.  La destinée de Griffin qu’on relit avec un mélange de peine et de soulagement est bien différente…

Un personnage complexe, des second rôles bien campés,  de l'action et du suspens, c'est là un classique qui vieillit plutôt bien.

 

retrouvez  Herbert-George Wells sur Lecture-écriture

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 18:31

Gallimard, 2017, 485 pages titre original The Muse

Londres 1967 ; Odelle, venue de Trinidad travaille dans un magasin de chaussures ; elle en souffre car elle possède un diplôme d’enseignement supérieur et s’essaie à l’écriture. Elle souffre aussi du racisme, son origine et sa couleur de peau l’on reléguée à cet emploi subalterne qu’elle exerce depuis plusieurs années…

Sa candidature au Skelton ( une galerie d’art) est acceptée par la directrice Marjorie Quick , une femme étrange qui semble avoir des secrets. Odelle devient dactylo ; un jour un jeune homme Lawrie Scott se présente, muni d’un tableau que sa mère, récemment décédée lui a légué. La toile (une huile)  représente » d’un côté, une fille tenant la tête sans corps d’une autre fille entre ses mains, et de l’autre, un lion, assis, hésitant à bondir sur cette proie. « Le décor est pastoral jaune et vert, le ciel indigo, en arrière-plan on aperçoit un genre de petit château blanc.

Ensuite, nous sommes propulsés en 1936, en Andalousie : la famille Schloss fuyant l’Allemagne nazie s’est réfugiée dans une demeure qu’elle loue à un certain don Alfonso ; Harold le père vit du commerce de l’art, de plus en plus mal, la mère Sarah se contente d’être belle et dépressive,  la fille Olivia peint en secret.   Elle sait qu’elle a du talent, mais ne peut pas imaginer qu’en tant que femme, ses tableaux puissent intéresser.

Deux enfants naturels d’Alfonso, Isaac et Tereza leur servent de domestiques. En fait, ils sont aussi des amis de la famille. Le jeune Isaac devient communiste,  d’autant plus que  l’Espagne, dans une situation instable, va devenir franquiste…

Dès lors nous suivons en alternance les deux histoires celle de 1967, et celle de 1936 ; le tableau mystérieux, et ceux qui en sont proches  sont l’objet d’une quête et d’une enquête de la part d’Odelle.

C’est le récit de 1936 qui est le plus percutant ; et me plaît le plus. Les événements de 1967, semblent avoir été conçus pour mettre en valeur le devenir du tableau et des survivants de cette terrible époque. Il est certain qu’Odelle et Olivia sont jumelles par delà les époques et les lieux : toutes deux sont artistes et ont des difficultés à se mettre en valeur.

Pourtant  les deux histoires n’ont pas le même intérêt à mes yeux.  Surtout, je ne suis pas satisfaite du sort réservé à Marjorie Quick, et le personnage du jeune Lawrie semble bien fade.

Le roman reste intéressant dans l’ensemble, la légende de Rufina et Justa bien mise en perspective, et les protagonistes du drame andalou font un beau roman. Bien sûr je me suis demandé à quoi pouvait ressembler le tableau et ceux dont il est question dans le roman et qui ont le même sujet. En fait le tableau n’existe pas de la même manière que Miniaturiste, toutefois les tableaux dont l’auteure s’est inspirée sont très intéressants.

Voici un lien menant à un blog sur l'art , dans lequel on parle du roman de Jessie Burton, et où l'on trouve diverses peintures qui y sont rattachées : :https://americangirlsartclubinparis.com/2016/08/24/the-muse-by-jessie-burton-an-artists-view/

Tout le blog est intéressant, d'ailleurs...

 

Et  la Rufina de Vélazquez , merveilleuse…

 

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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