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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 21:46
51hLDxA87-L.-AA240-.jpgElizabeth Taylor « Angel » (1957) trad. 1988.
 

Elizabeth Taylor, (1912-1975), excellente romancière anglaise, fut éclipsée par son homonyme l’actrice.

Maintenant que François Ozon vient de l’adapter au cinéma, on lui souhaite davantage d’audience. El Taylor a écrit douze romans et plusieurs recueils de nouvelles de trente à 60 ans publiées en traduction aux éditions Rivages.

« Angel » est son cinquième roman.

Angelica, dite « Angel » est prénommée ainsi parce qu’un peu démoniaque mais elle ne fait le malheur de personne, sauf le sien.

El Taylor, s’est inspirée de la vie de Marie Corelli romancière bien oubliée qui fit les délices de la reine Victoria et la précéda de peu dans la célébrité. Pendant trente ans elle fut l’auteur de 21 best-sellers mondiaux, avant le déclin, et ses « Souffrances de Satan » se sont vendues à cinquante mille exemplaires, le jour même de la parution. Honnie des critiques et adorée des medias, extravagante, romantique, travaillant six heures par jour, et contentant des milliers de lectrices et de lecteurs avec un exotisme de pacotille.

Le roman : Angel seize ans, vit à Norley, ville industrielle des environs de Birmingham dans une modeste maison qu’elle partage avec sa mère, qui tient une épicerie. Tante Lottie a inscrit sa nièce dans une école religieuse et vient prendre le thé régulièrement pour voir si sa protégée tient ses promesses.

Pendant ses visites, elle raconte Paradise House la vie et la propriété de Madame dont elle est la femme de chambre et qu’elle vénère. Madame a une fille, et Angel a été nommée comme elle Angelica, parce qu’elles sont nées presque en même temps.

Angel, raconte aussi la vie de rêve que l’on mène à Paradise House à ses copines, y ajoutant qu’elle ne vit pas chez cette riche parente parce que sa mère a été « mésalliée et déshéritée »

Les copines bavardent, Angel doit quitter l’école sa mère s’étant trouvée très embarrassée. Feignant la maladie, Angel écrit « Heaven Castle » en s’inspirant des récits de tante Lottie, brodant sur ce canevas, rien de plus, car elle ne lit pas.

Son manuscrit atterrit chez Théo Gilbright qui pense que réécrit, le livre peut se vendre, et cela ne coûte rien d’essayer avec un petit tirage. Le manuscrit doit être sorti du cerveau ramolli d’un vieux monsieur ou d’une célibataire âgé un peu folle. L’arrivée d’Angel le plonge dans la stupéfaction.

Le roman se vend bien et devient livre de chevet de l’Angelica de Madame.

Les critiques l’abreuvent le roman d’injures le qualifient de tas d’inepties. Angel est piquée mais elle continue à écrire.

Angel a dépassé 25 ans lorsqu’elle rencontre Nora, adoratrice de ses œuvres et Esmé peintre raté qui « fait des intérieurs de pubs et des terrains vagues ». Grand, mince, délicat, il plaît à Angel. Nora devient sa dame de compagnie et, à vrai dire, la seule vraie relation de cette femme asociale.

Esmé a réussi à lire un de ses livres et lui fait un petit compliment. Angel se laisse portraiturer, emmène Esmé à Paradise House, désertée par ses occupants, qu’elle a racheté.

Esmé lui fait une déclaration d’amour de politesse ; à sa surprise elle se déclare aussi et semble sincère… Ils s’épousent et se fâchent. L’amour sexuel lui paraît « un jeu bizarre et grotesque au cours duquel Esmé et elle perdent toute dignité et leur identité même ». Elle s’y soustrait. Esmé fait le jardinier jusqu’à la déclaration de guerre part au front, voit une femme pendant ses permissions, revient amputé et déprimé, se noie dans l’étang. Angel lui fait dresser un mausolée.

Paradise House où elle s’est installée et qu’elle veut remettre en état, est un gouffre financier. Quarante ans, le succès est loin derrière, les dettes s’accumulent et Nora souffre de la goutte. Les domestiques fuient la maison qui se délabre et se remplit de chats.

Angel reçoit un jeune critique Clive Fennelly qui lui rappelle Esmé. Par ses yeux on contemple Angel vêtue de vieux vêtements, excentriques, et en loques mais qui se croit très belle et il se voit offrir des pêches toutes pourries. Elle embrasse les chats et sa chevelure est couverte de poux.

« Elles était parfois violente à l’égard des hommes, ses contemporains, comme le sont les gens qui aiment les animaux ».

Hiver rigoureux : bronchiteuse chronique, Angel arpente son domaine en ruine pour sauver un petit chaton perdu dans la neige. Le greffier s’en tire mais pas elle. Claudicante, la fidèle Nora suit son cortège funèbre, et pense « Elle n’aimera pas ça, restée couchée au cimetière, parmi les morts ».

Clive, le jeune critique est là aussi, il imagine la fin du domaine lorsque la nature reprend ses droits sur les lieux en une fort belle page.

Car le personnage principal n’est pas Angel mais le rêve d’Angel, ce qui lui a servi d’inspiration, le domaine enchanté de Paradise House.

Le roman est ironique, réaliste, sans concession, tous les personnages sont soignés jusqu’aux plus petits rôles. Angel y est un être complexe, orgueilleux, arriviste, naïf, inculte, qui flatte les goûts du public avec de mauvais romans et entretient le rêve au détriment de la pensée chez un lectorat qui lui ressemble toutes classes sociales confondues ; elle n’en sait rien, c’est pour elle qu’elle écrit. La fin de sa vie nous la rend touchante et pathétique. Elle ne réussit pas à aimer les humains et déborde d’affection pour les chiens les chats et les objets.

La deuxième partie de cette biographie imaginaire qui dépeint le déclin et la chute inexorable d’ Angel et de son pauvre empire est remarquable.

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 09:08
Norman Levine «  Vue sur la mer »
1963 Phébus (Domaine anglais)
 
Un écrivain, sa femme, ses trois filles, des récits de voyages, la  famille, les amis. Il gagne sa vie en écrivant des récits de voyages romancés. Un type cultivé qui a épousé une femme ordinaire, excellente maîtresse de maison et mère, et tenant à le rester. Elle n’apprécie pas de tout d’être obligée de travailler à temps plein comme institutrice lorsqu’il n’y a plus d’argent à la maison. ( « Elle me punit en se refusant à moi »).  C’est du moins ce qu’il imagine…

Il ne peut être sexuellement excité par une femme que si il se sent supérieur à elle. La tentative qu’il rapporte avec l’actrice qui lui fait des avances et qu’il ressent comme «  un peu plus qu’ordinaire, il dirait même exceptionnelle » n’aboutit pas.
C’est l’histoire, la vie quotidienne d’un macho, qui se raconte sans hypocrisie ni fioriture, avec une certaine innocence. Il est né en 1924. Il fréquente Francis Bacon, il est intelligent, sympathique, et ne fait pas semblant de penser que la femme est l’égale de l’homme. La plupart sont restés comme lui mais ils le dissimulent. 
Norman Levine est canadien d'origine, mais ce roman se situe en Angleterre où il a vécu une partie de son existence et appartient à la littérature anglaise.
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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 18:51

Orlando-Huppert.jpgOrlando

Virginia Woolf  LP-Biblio

Première date de parution en 1928.


« Cette biographie que je vais m’amuser à esquisser rapidement pendant une semaine… »écrit Virginia Woolf, le 5 octobre 1927 dans son « Journal »à propos d’Orlando.

L’œuvre en question fut publiée un an après. Ce récit dont elle comptait faire un divertissement de plume était devenu un chant d’amour à son amie Vita Sackville-West « belle, brillante et inconstante aristocrate » qui lui plaisait jusqu’à la fascination.

Dans son Journal, elle précise «  Une biographie qui commence en 1500 et se poursuivra jusqu’à notre époque, intitulée « Orlando : Vita » ; mais avec un changement en cours de route ».

 

 

En 1927, Virginia vient de publier « To The Lighthouse »,(dont le sujet est la mère, en particulier la sienne)   et deux ans plus tard, sortira « Une Chambre à soi »( Consacré aux problèmes de la condition féminine). Orlando s’inscrit entre les deux, et se situe à la hauteur de ces grands romans même si ce ne devait être qu’une escapade ou une fantaisie.


L’histoire : Orlando a seize ans en 1500, c’est un aristocrate, favori de la reine Elizabeth. Sous le règne de Jacques Stuart, son successeur, se produit le Grand Gel. La Tamise est prise dans les glaces, un immense carnaval est donné. Orlando y rencontre Sacha, fille de l’ambassadeur de Moscou. Ils vivent une grande passion jusqu’à la fonte des eaux qui autorise les navires à lever l’ancre et à repartie vers leur pays natal. Sacha part sans remords et Orlando se sent trahi. » Les eaux tourbillonnantes s’emparèrent des mots que je hurlais et rejetèrent à mes genoux mouillés un pot brisé et un petit fétu de paille ».

Cet épisode  est transposé et autobiographique : c’est Virginia qui, en l’occurrence est représentée par Orlando et Vita par Sacha.

 Deux siècles plus tard, Orlando est toujours en deuil de sa passion. Le roi Charles lui offre le poste d’ambassadeur à Constantinople (Vita elle-même y avait vécu avec son ambassadeur d’époux). Un soulèvement met la ville à feu et à sang. Orlando, lui s’endort d’un sommeil comateux, une longue léthargie dans une chambre à l’écart, protégée des conflits. Il se réveille transformé en femme ; et cette mutation, dénouement de son chagrin, il la reçoit sans surprise, sans peine et sans souffrance.

 « A tous égards, vous demeurez le même […] le changement de sexe, bien qu’il change l’avenir, ne change en rien l’identité »

Lady Orlando rentre en Angleterre : elle prends la mesure des différences de conduites envers elle-même et de celles que les mœurs de la société lui enjoignent d’observer. Une société qui s’étend sur plusieurs siècles et qu’elle traverse du  haut de sa position d’aristocrate lettrée, observant les mœurs avec un détachement amusé et ironique, qui n’empêche pas les réflexions amères sur la condition féminine à laquelle elle ne se plie pas sans mal.

Nous voilà rendus à l’aube du vingtième siècle, Orlando est mariée à un navigateur qu’elle voit à intervalles lointains (« Il passe son temps à doubler le cap Horn »). Elle joue le rôle de l’épouse qui attend, adossée à un chêne, qui dès le début de l’histoire est son principal confident, évoquant « toute la variété de moi » qu’elle a vécu à travers les siècles.

Le roman s’achève sur cette phrase : « Mais je suis seule ».

Traversé de périodes de gaieté et de tristesse qui se métamorphosent rapidement, le récit s’achève sur la mélancolie.

Dans sa vie, Virginia fut atteinte de dépression au terme d’Orlando.

Orlando ne ressemble à rien de ce que Virginia a écrit auparavant.

  C’est un roman fantastique (dans le sens de «  merveilleux ») proche du conte (éternelle jeunesse du héro/ïne, transformation magique) qui épouse au fil des siècles que traverse Orlando beaucoup de formes de récits ( picaresque, amoureux, intimiste, comique, psychologique, social…).

Cet hommage à l’amie (même trompeuse) est infiniment plus juste et attrayant que l’hommage à la mère (« To The Lighthouse" la Promenade au phare  ).

 

La photo représente Isabelle Huppert dans le rôle; Orlando a fait l'objet d'une mise en scène théâtrale remarquée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 15:41
Dickens, Charles :  Un Conte de deux villes

 Roman historique
Année de publication : 1850
Edition : Folio  
Né en 1812, Charles Dickens aurait eu  194 ans le 7.
   

A Londres en 1775, Mr Lorry , fondé de pouvoir à La banque Tellson, et qui s'occupe des interêtes de Lucie Marette, 17 ans, française, élevée par une gouvernante, Miss Cross, est chargé d'emmener la jeune fille à Paris, faubourg Saint-Antoine, chez Mr Defarge , marchand de vin, qui cache le père de Lucie, dont il a été autrefois le domestique et auquel il reste attaché.Mr Marette, embastillé peu après la naissance de Lucie, sous la foi d'une lettre de cachet , se remet mal de sa longue incarcération.

Par ailleurs, le cabaret de Defarge sert de lieu de réunion, pour préparer un soulèvement social de grande envergure. Malgré les circonstances, Lucie retrouve son père, et les protagonistes regagnent Londres sans encombre.

Lucie y fait connaissance d'un beau jeune homme, Charles Darnay, accusé d'escroquerie, et qui risque la pendaison. Sauvé par le jeune avocat Sydney Carton, il va pouvoir épouser Lucie. Sydney est le rival malheureux Charles. Il s'adonne à l'alcoolisme, mais reste l'ami de la famille, partage leurs joies et leurs souffrances, et renonce complètement à vivre pour son propre compte.

En fait, Charles est un cousin du marquis de Saint-Evremond célèbre pour ses exactions. Il a coupé les liens avec sa famille, porte un pseudonyme, et a chargé un administrateur de s'occuper de ses terres en France. Ce dernier lui envoie un message de détresse: il a été jugé mauvais citoyen, risque le pire, Charles doit le soutenir de sa présence. Il se précipite en France, suivi sans le savoir, par Lucie, maintenant sa femme, leur enfant, et leurs protecteurs Mr Lorry et Miss Cross ainsi que son ami Sydney, lesquels avaient tenté de le dissuader sans résultat d'entreprendre ce périlleux voyage..

Le temps a passé et les événements là-bas sont bien au-delà de ce qu'on imagine même à la banque Tellson...

      Extrait

- Allons-y , alors! " s'écria Defarge d'une voix tonnante. Patriotes et amis, nous sommes prêts. A la Bastille!

Comme si le souffle de la France entière avait vociféré le nom abhorré , le flot humain se soulève en rugissant, vague sur vague, profondeur sur profondeur, et inonde la cité. Le tocsin sonne, les tambours roulent, lea mer fait rage et déferle comme un tonnerre sur cette nouvelle grève, et l'assaut commence.

Fossés profonds, double pont-levis, murailles énormes, huit grosses tours ,canons, fusils, feu et fumée. A travers le feu et la fumée!(...) Defarge le cabaretier lutte en brave de puis deux cruelles heures.

Un fossé profond, un seul pont-levis, murailles épaisses, huit grosses tours, canons, fusils, feu et fumée. Un pont-levis à bas! " A l'oeuvre, camarades! A l'oeuvre, Jacques un, Jacques deux, Jacques mille, Jacques deux mille, Jacques vingt-cinq mille! Au nom des saints ou du diable-comme vous voudrez- À l'oeuvre! " Hurle Defarge le cabaretier, toujours à son canon qui est brûlant depuis longtemps.

- A moi, les femmes! s'écrie Mme Defarge. Nous pourrons tuer tout aussi bien que les hommes quand la place sera prise!

     

Charles Dickens a voulu écrire sur la Révolution française à l'exemple de l'historien Carlisle dont il a épousé les convictions. Les atrocités de L'Ancien Régime ont provoqué " cette terrible époque", dont il décrit certaines actions spectaculaires avec brio, trouvant là l'occasion de se mesurer avec talent aux difficultés du récit épique.

Cependant l'intrigue romanesque est prépondérante dans ce roman. Les manoeuvres de Sydney Carton pour faire échapper son ami à la guillotine plaisent pour leurs suspenses et rebondissements mais son sacrifice n'est pas très vraisemblable, enfin je veux dire il agace un peu.

 
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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 17:45

Ivy-Compton-burnett.gifCOMPTON-BURNETT , Ivy (1892-1969)

 Frères et sœurs. Roman anglais.

L’émission de France-Culture ( ce dimanche soir)  sur Ivy Compton-Burnett, romancière anglaise que présente Christiane  Jordis, donne envie de la  (re) découvrir.

Année de publication : 1929

Edition actuelle: Gallimard (L’Imaginaire).

Andrew Stace, gentleman farmer qui va bientôt mourir laisse son domaine à Christian (son fils adoptif )et une rente à Sophie(sa fille biologique). Les deux jeunes gens, qui ont toujours vécu ensemble, font connaître leur intention de se marier. Stace s’oppose à cette union, puis renonce ,et laisse seulement une lettre dans son secrétaire «  à ouvrir après ma mort par Christian ». le mariage a lieu, puis les obsèques du maître des lieux,  mais personne ne se risque à ouvrir le secrétaire où reste à dormir le document..

Vingt-sept ans plus tard, on va fêter les vingt-cinq ans d’Andrew, premier-né du mariage de Christian et Sophie. Lui, Dinah sa sœur, vingt-quatre ans, et Robin , le petit dernier, vingt-deux, sont traités comme des enfants  attardés et vivent sous l’emprise de Sophie, dans leur ancienne nursery, rebaptisée « studio ». Robin a toutefois le droit de gagner sa vie  à Londres.  Christian, médecin surmené, connaît peu ses enfants

Pour se divertir, la famille reçoit quelques voisins qui fonctionnent en couples ou en trios, des voisins qui les envient : Le cousin Peter, bavard, et pique-assiette, sa fille, la pauvre Tylla, qui tient le ménage de ce  vieux despote, et s’occupe de son jeune frère Latimer, légèrement débile. Un autre couple de frère et sœur de l’âge des Stace, Jullian et Sarah, vivent modestement  et feignent d’avoir de l’argent. Jullian souffre de tourments existentiels qu’il énonce plaisamment ainsi : «  Comment faire pour que mon absence ou ma présence représente un vide non négligeable pour moi comme pour les autres ? »

Un quatrième couple de frère et sœur, Edward, pasteur, et Judith,  vivent dans une de certaine gêne sans le dissimuler, et tentent de se mettre en valeur  en prêchant une morale  chrétienne  qu’ils déplorent, en privé, de devoir pratiquer.

Toutes les jeunes femmes précitées voudraient plus ou moins épouser Andrew, et les jeunes gens Dinah. Mais, au vrai, ils préfèrent rester comme ils sont, car l’inceste, pratiqué ou non, reste plus fort que l’attirance pour un partenaire qui ne soit pas de la famille.

Personne chez les Stace n’a jamais ouvert le secrétaire ni lu la lettre adressée à Christian. Le secret du vieux Stace  semble trop facile à deviner pour qu’on  mette les choses au point.

Un couple de frère et sœur français, Gilbert et Caroline, et leur mère Mrs Lang, qui viennent de s’installer,  va précipiter les événements...

la technique narrative est celle des dialogues et du discours indirect libre, avec peu de descriptions. C’est sur le ton le plus ordinaire que les personnages se disent les pires  méchancetés, et avec beaucoup d’emphase qu’ils se communiquent des choses de peu d’importance. L’absence de chagrin réel de Sophie qu’elle transforme en deuil exubérant est très bien rendu. Peter, Tylla , et Latimer forment un trio comique, et Tylla se venge d’être coincée entre père grincheux et tyrannique et frère demeuré, en devenant l’une des plus belles langues de vipère de la littérature.

Ivy Compton-Burnett n’a pas sa pareille pour dénoncer l’hypocrisie sociale, le chantage affectif, la misère psychologique. Sa galerie de personnages est d’un  réalisme féroce.  

 

Année de publication : 1929

Edition actuelle: Gallimard (L’Imaginaire).
Photo : la romancière , enfant.


 

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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