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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 06:11
Stella Gibbons le Bois du rossignol ****+

Points, 2014, 501 pages

1ere publication 1938.

Aux Aigles, propriété de la campagne anglaise, dans l’Essex, Mr et Mrs Wither, pas riches mais jouissant d’une certaine aisance, vivent avec leurs deux filles : Madge, 39 ans, et Tina 35 ans, célibataires ; l'aînée rêve d'un chien, la cadette d'un mari.

Tina a étudié, notamment dans une école d’art. La voilà presque trop instruite pour s’intéresser à un homme quelconque.

Aux Aigles tout le monde s’ennuie à mourir …

Le papa est pingre, et leur donne peu d’argent de poche ; ces jeunes femmes déjà mûres souffrent de leur dépendance.

Arrive leur belle sœur Viola, veuve de leur frère aîné. Viola a 21 ans, et avait épousé le fils aîné pour quitter son emploi de vendeuse dans un magasin que tenait son défunt père. Viola n’a encore aimé que son père, et ce magasin. peu instruite, elle n’a pas du tout d’argent. Vivre chez ses beaux-parents la déprime sérieusement. Elle va se promener dans le bois du Rossignol. Au-delà se trouve une somptueuse demeure habitée par Victor, (beau garçon, belle voiture) sa mère, et une cousine orpheline ; un riche mariage se prépare…

Le roman est très agréable à lire, souvent satirique et mordant, plus conventionnel vers la fin, mais les histoires d’amour ne sont pas trop romanesques, et les personnages très bien enlevés.

Sauf que je n’aime pas trop le vilain sort réservé à la pauvre Hetty… qui ressemble à la Mary d’Orgueil et préjugés. Pourquoi décrier tant ces filles qui ont voulu se cultiver, et les ridiculiser ?

Evidemment on a envie de comparer avec Jane Austen. Ce sont les mêmes types de personnages qui sont croqués ici. Mais nous sommes en 1938, les mentalités évoluent, et l’on peut dans certain cas envisager une union dans un autre milieu social que le sien. C’est tout l’intérêt d’un tel roman.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 16:53

The Child Act

Gallimard, 2014, 230 pages

Fiona juge des affaires familiales presque 60 ans ; Jack son mari, professeur d’histoire à l’ université.

C’est un couple assez réussi, beaucoup de points communs, la musique , l’histoire, la géologie, et jusque récemment le sexe, mais Fiona est hantée par l’affaire des bébés siamois où elle a dû trancher pour la séparation des deux petits pour sauver la vie de l’un en provoquant la mort de l’autre. Une décision raisonnable, que pourtant les parents ne voulaient pas prendre, au nom de leur foi religieuse. Le récit paraît tout de suite tourner autour de la séparation, et aussi de la responsabilité de Fiona qui incarne la justice!

Bientôt Fiona doit juger l’affaire Adam Henry : ce jeune homme de 17 ans et demi, atteint d’une leucémie, dont l’état de santé et le traitement nécessitent des transfusions sanguines. Il est Témoin de Jéhovah, élevé ainsi par ses parents et membre de cette communauté très particulière, où l’on a décidé que recevoir le sang d’autrui est impur, est blasphémer contre ce cadeau de Dieu qu’est la vie qu’il nous a donnée.

Les parents et leur fils étant opposés aux transfusions, Adam va vers une mort certaine. Certains textes stipulent que à partir de 16 ans, l’avis du malade doit être pris en compte,

Elle se rend au chevet du garçon, vu l’urgence, pour se rendre compte si ce refus de transfusion est personnellement réfléchi ou s’il est manipulé par la communauté des TJ ; on remarque que beaucoup d’affaires à traiter sont liées à l’extrémisme religieux…

Sa rencontre avec Adam est différente de ce qu’elle avait imaginé ; le garçon est bien de son âge, romantique, rêveur, écrivant des poèmes, prêt à sacrifier son existence ; très engagé dans cette foi délirante… et en même temps d’une intelligence aiguë ; Fiona et lui finissent par interpréter une ballade traditionnelle irlandaise ( Down the Sally Gardens) lui au violon, elle au chant.

Puis Fiona prendra la décision qui s’impose autoriser la transfusion ; le garçon sort de l’hôpital et reprend une vie normale ; sauf que c’est Fiona qui a pris la place de Dieu...

Les personnages de Fiona et d’Adam sont assez bien, les seconds rôles en revanche, m’ont ennuyée. Et toutes ces relations à propos d’affaires de la part des collègues ( notamment son collègue musicien) sont longues et pénibles. la réunion des juges à Newcastle, avant que ne se produise quelque chose, quel ennui!

Dans l'ensemble, j'ai senti peu d'invention d'écriture à travers la traduction. Le conflit entre Fiona et Jack est présenté de façon banale; j'ai eu du mal à m'y intéresser.

Le sujet du livre est très intéressant, et l'intrigue menée correctement; et pourtant tout cela tombe un peu à plat, alors que j'aurais dû me passionner pour cette histoire! Je crois que l'écriture le choix des mots est trop conventionnel ici, que cela manque d'inventivité.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 11:20
Jessie Burton Miniaturiste

Gallimard du Monde entier, 2015, 500 pages.

Le récit se déroule à la fin du 16 me siècle à Amsterdam, pendant quatre mois. Le prologue nous montre des obsèques en janvier 1687 ; c’est la fin de l’histoire. Nous ne savons encore rien des protagonistes, de simples silhouettes qui nous mettent l'eau à la bouche...

Ensuite, on revient en arrière, lorsque Nella Oortmann, une jeune fille de 18 ans, toque au perron d’une grande maison bourgeoise, au début d’octobre de l’année précédente. Elle vient de la campagne et a épousé le maître de maison, Johannes Brandt, un riche marchand de vingt ans plus âgé qu’elle. Elle est impatiente de commencer sa nouvelle vie. Malgré son âge, le mari qu’elle a vu l’espace d’un après midi lui a fait une bonne impression. Il a une belle prestance, un visage buriné, et a visité moult pays exotiques...

Nella est accueillie froidement par sa belle sœur Marin, célibataire endurcie, et sa servante Cornelia dont les manières lui semblent très osées pour une domestique. Johannes a aussi un serviteur noir, Otto ; Nella n’a encore jamais vu une personne de couleur. Mais le plus étonnant c’est que les jours passent et Johannes se fait désirer. Il tarde à consommer son mariage, et reste très distant. Nella se voit offrir une maison miniature, réplique exacte de celle qu’elle habite à présent, et Johannes l’enjoint de la décorer… Nella est très déçue, irritée et intriguée aussi par les propos sibyllins des gens de la maison, et leur attitude envers elle.

Ce roman a été comparé à celui de Tracy Chevalier la jeune fille à la perle ; il se déroule au même endroit, à la même époque. Ayant déjà lu un roman de Tracy Chevalier (pas celui-là) je pense que l’écriture de Jessie Burton est davantage travaillée, plus élégante, et l’ensemble paraît d’une autre habileté. Les descriptions sont très belles et ressemblent à ces fameux tableaux qu’on admire encore souvent, pleins de vie, de crudité, et d’un mûrissement excessif comme des fruits talés.

A l’aide d’une documentation très sérieuse, l’auteure a brossé une étude de mœurs de cette société de négociants prospères, aussi cupides qu’hypocrites et corsetés dans un calvinisme sévère. Les Brandt cultivent une liberté d’esprit qui en fait des marginaux, et le monde dans lequel ils vivent est trop étroit pour eux.

A mesure qu’on avance dans l’histoire et que les protagonistes perdent leur mystère, ils changent aussi de visage. Le drame fait son apparition, le traitement de l’intrigue se révèle très romanesque. La troisième partie pourra sembler longuette, les sentiments soudain outrés dans leur manifestation, les personnages plus idéalisés que je ne l’aurais imaginé.

Il n’empêche que voilà un premier roman d’une grande qualité qui se lit avec plaisir.

Je m'aperçois que je n'ai pas parlé du (ou de la) miniaturiste! c'est que pour moi, comme pour Nella au début, cette maison de poupée si parfaite soit-elle, ne m'inspire pas, et guère plus les inquiétudes et les passions qui se cristallisent sur ces petits personnages et objets, répliques de ceux de la maison sur lesquels on croit lire je ne sais quelle marque d'un drame. En fait, l'objet en question ne sert à rien pour l'intrigue.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 18:50

Gallimard, 2014, 408 pages.

Titre et parution originaux: NW, 2012

Au Nord ouest de Londres, il y a des quartiers chics et paisibles et d’autre plus bruyants et carrément défavorisés. Les héros du roman ont grandi dans une cité ouvrière et multiculturelle,la cité Caldwell, entre Willesden et Kilburn, où se côtoient des ethnies diverses.

Tous âgés de 35 ans au moins, certain de ces jeunes ont plus ou moins réussi leur ascension sociale, d’autres n’ont pas réussi à sortir de cet endroit problématique.

Nous suivons ainsi, par le biais du monologue intérieur, Leah, jeune irlandaise qui a réussi à obtenir un diplôme universitaire et se consacre à une organisation pour les défavorisés à la mairie. Son travail l’ennuie, mais elle est déterminée à faire du social utile. Mariée à Michel un coiffeur français, d’origine africaine. Ils sont toujours très proches, sauf qu’un gros différend les oppose : Leah ne veut pas d’enfant, Michel en rêve. Ignorant les désirs (ou plutôt non-désir) de sa femme, Michel croit qu’il y a un problème de stérilité…

Le couple vit dans un lotissement agréable, mais on voit la cité de la fenêtre de l’appartement.

Natalie s’appelait autrefois Keisha Blake. Elle a changé de nom, (dommage, Keisha c'est joli ... mais elle avait ses raisons, que vous apprendrez...) en même temps que de quartier : elle vit près du parc encore plus loin de la cité, avec Frank, et est devenue juriste. Le couple a deux jeunes enfants. Natalie et Leah continuent à se voir ; ensemble elles se plaisent encore, en groupe, elles s’ennuient mais s’accrochent. Elles ne sont pas très heureuses mais tiennent bon...

Félix a exercé divers emplois qu’il a toujours quittés et s’est récemment sevré de la drogue et même de l’alcool. Marié jeune et père, il ne voit plus cette famille, et s’est trouvé une énième maîtresse qui va le rendre heureux. Sauf qu’il n’a pas rompu avec d’anciennes « relations »…

Nathan plaisait beaucoup aux filles étant enfant, mais il a très mal tourné...

Des notations elliptiques, précises et réalistes, nous renseignent sur le personnage que l’on suit, qu’il pense, ce qui lui arrive. Nombreuses énumérations, phrases sans verbes, plongée dans une atmosphère, mais aussi dialogues brefs et longs, récits souvent logorrhéiques, où l’on doit deviner qui parle , qui s’adresse à qui, et où, à l’aide de pensées livrées tronquées, parfois ; à d’autres moments, la narration redevient classique.

Autant dire que depuis "De la beauté", Zadie Smith a évolué, plus ou moins changé de style s’orientant vers un récit relativement expérimental, mais très ancré dans la tradition anglaise (V Woolf par exemple a pu servir de modèle, mais aussi bien Joyce ). N’allez pas croire pour autant que le récit est vraiment difficile à suivre ! On est seulement déconcerté de temps à autre, et on reprend vite le fil. Les personnages sont très attachants.

Pour moi, c’est là encore une belle réussite.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 00:59
Zadie Smith De la beauté

Gallimard, 2007, 544 pages.

Howard Belsey professeur d’histoire de l’art à Wellington, Massachusetts ; s’attaque à des idées préconçues telle que le génie, l’humanisme, l’idée du beau, en prenant pour exemple Rembrandt dont il veut prouver qu’il n’est qu’un artisan appliqué au service du pouvoir en place. Et rien de plus. Howard a un idéal sévère exempt de toute joie : il combat la figuration en peinture, et de manière générale tout ce qui pourrait donner du plaisir, dans l’art.

Ses théories ont rendu l’atmosphère de la maison quelque peu étouffante. Son fils aîné Jerome s’est même tourné vers le catholicisme ! Il a fait un stage en Angleterre chez Mrs Kipps autre professeur d’université psychorigide, mais celui-là défendant des idées ultraconservatrices. Les deux enseignants se ressemblent dans leurs intransigeances, c’est pour cela qu’ils sont ennemis.

Jerome revient chez lui, malheureux, la fille de Kipps Victoria l’ayant séduit et lâché aussitôt.

Un an plus tard, Kipps déménage à Wellington, pour y enseigner ! Howard et Kipps vont se quereller encore davantage.

En outre, rien ne va plus dans la famille Belsey. Howard a été infidèle à Kiki sa femme, et ils vivent ensemble sans se parler.

Kiki, infirmière sympathise avec Carlene la femme de Kipps : cette personne , femme au foyer, agrippée à des idées démodées, lui semble malade et toujours seule, les siens menant leur vie sans elle…

Pour compléter, j’ajouterai que nous suivrons aussi les trajectoires des enfants Belsey, Zora l’étudiante brillante, Levi le cadet passionné de rap et de slam, Vitoria la fille Kipps qui joue les femmes fatales, Claire, professeur de poésie, Carl un orphelin autodidacte… tous ces personnages sont noirs ou métis, donc en proie à la discrimination raciale ( sauf Howard et Claire qui sont blancs).

Le roman est à la fois psychologique et social, la critique s’exerce sur les universitaires, qui, à partir d’observations pertinentes, fabriquent des idéologies absurdes et mortifères, et dont le sérieux n’empêche pas de tomber dans les bras de la première étudiante bien roulée qui leur fait du charme. L’enseignante de poésie n’est pas épargnée elle non plus, dont on cite des vers ridicules ; tout cela a petit côté David Lodge, et l’auteure très douée pour la satire n’a rien à lui envier. Par ailleurs, le récit a aussi des résonances dramatiques très bien mises en scène.

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 12:13

Titre original : Runaway, 2015

Rouergue Noir 332 pages

Londres : Le prologue nous met en présence d’un homme âgé Simon, qui revient de l’étranger ; il n’a pas le sou, et a dû s’exiler longuement, recherché pour on ne sait quoi … il voit arriver un autre homme qu’il reconnaît ; qui l’assassine…

Glasgow : Jack vient visiter son ami Maurie à l’hôpital ; ce dernier est bien mal en point et lui apprend qu’un homme a été assassiné à Londres ; cet homme ils le connaissaient tous les deux Simon Flet, acteur de son état, ils l’avaient maintes fois croisé à Londres 50 ans auparavant.

Nous sommes en 2015.

Maurie croit savoir la vérité sur cette sombre histoire à laquelle ils furent mêlés tous deux et d’autres amis à l’âge de 17 ans lorsqu’ils fuguèrent de Glasgow, pour tenter leur chance à Londres comme groupe de rock.

Bientôt le groupe (du moins une partie) se reforme et cherche à gagner Londres sous la direction de Maurie dont c’est le dernier voyage. Le groupe, c’est maintenant Jack qui rêvait d’être rocker et a passé toute sa vie au guichet d’une banque, Dave qui fut plombier et est resté porté sur la boisson. Seul Maurie avait réussi à devenir avocat, mais il a détourné des fonds et fait de la prison…

Ils sont conduits par le petit fils de Jack, Ricky, un garçon de vingt ans qui s’est trouvé malgré lui entraîné dans l’aventure. Comme il passait ses journée devant une console de jeu et ne sortait jamais, le voilà un peu déboussolé.

En parallèle à cette équipée de vieux messieurs ( de 67 ans, mais il font plus âgés…) Jack se souvient de leur fugue cinquante ans plus tôt. A cette époque, il y avait Luke, un bon élève, qui fuyait ses parents Témoins de Jéhovah et la vie qu’il lui faisait mener ; et Jeff , déjà parti du lycée, qui travaillait dans un garage, et avait volé une fourgonnette pour leur échappée. Jack et Dave jouaient de la guitare, Maurie chantait Jeff tenait la batterie, et Luke le piano.

Tous avaient 17 ans en 1965, tous avaient plus ou moins de raisons de fuir quelque chose…

1965 : l'aventure commence mal! ils rejoignent Leeds où Maurie veut prendre au passage sa cousine Rachel, la sauver d' un sale type dangereux. S’en suit une héroïque poursuite à travers les égouts de la ville en particulier.

Arrivé à Londres le groupe réussit à avoir un petit job ; arrêter les voitures pendant que l’on enregistre le célèbre Don’t Look Back le documentaire sur et avec Dylan.

Puis leur employeur improvisé, Le Dr Robert les emmène dans sa luxueuse maison, les loge dans son sous-sol et les embauche à Victory Hall : c’est une institution qui accueille des malades mentaux et les traite selon les préceptes de l’antipsychiatrie. Le petit groupe est censé divertir les malades et se joindre à eux en jouant et dansant ; le psychiatre nommé ici JP Walker est inspiré de Ronald Laing semble-t-il ; dans la patiente Alice, qui entame une régression spectaculaire, on reconnaît Mary Barnes ( si l’on a lu « Mary Barnes un voyage à travers la folie » ) ou quelqu’un qui lui ressemble fortement. Les garçons tentent de se faire à cette drôle de vie...

Ce roman est un peu long, mais globalement il est divertissant, l’humour y croise la tragédie : surtout l’équipée de 1965 est bien vue ; celle de 2015, des vieux messieurs conduits par Ricky et organisée par Maurie est moins vraisemblable…);

Le personnage de Maurie me semble vraiment tordu bien que dans le roman il passe pour un héros. Si vous avez lu le roman donnez-moi votre avis sur ce personnage.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:40
Benjamin Wood Le Complexe d’Eden Bellwether ***+

Zulma, 2014, 495 pages.

Oscar aide-soignant à Cedarbrook maison de retraite située à Cambridge proche de la célèbre université. Ce garçon de vingt ans regrette de n’avoir pas fait d’études ( sa famille ne voulait pas) et est tout particulièrement attaché à Mr Paulsen, résident de Cedarbrook. ancien professeur à Cambridge. Le vieil homme lui prête des livres et discute avec lui. Un soir après son travail Oscar est attiré par un concert dans la chapelle sur le chemin du retour. L’orgue et le chœur sont tout spécialement attrayants.

Sur les bancs de la chapelle il fait connaissance d’Iris Bellwether jeune fille en 2 eme année de médecine. Ils se plaisent. L’organiste est son frère Eden qui a un don pour la musique.

Bientôt on se rend compte qu’Iris apprécie chez Oscar le fait qu’il soit extérieur à cette population universitaire, et d’un autre monde que ses riches parents et son frère dont la personnalité pose des problèmes.

Eden fait des recherches en musicothérapie. Il se croit capable de manipuler les gens grâce à un système d’hypnose et de pratique musicale. Sa sœur lui sert de cobaye depuis son plus jeune âge. Il a également une petite cour d’admirateurs deux étudiants et son amie Jane, sur qui il compte pour se faire aider. Telles qu’Iris les révèle à Oscar ces pratiques sont perverses : il hypnotise la personne, la blesse physiquement, puis la « guérit ». Il va exercer son pouvoir sur Oscar : malgré son pragmatisme le jeune homme se laisse hypnotiser sans son accord conscient. Il faut dire qu’Oscar commence par idéaliser cette petite coterie d’étudiants de haut niveau, monde dont il rêve de faire partie. D’autre part Eden se considère comme un scientifique, un bienfaiteur de l'humanité.

Cependant, Iris compte sur lui pour dénoncer Eden dont elle fut (et reste) le premier souffre-douleur) : les parents d’Eden nous apparaissent comme irresponsables, obnubilés par le « génie « de leur fils.

Le récit montre les tentatives des deux jeunes gens pour arrêter Eden dans ses méfaits lesquels deviennent de plus en plus inquiétants. Mais ni Oscar ni Iris ne sont suffisamment armés pour ce combat, et même Oscar reste plus ou moins sous la coupe d’Eden…et ils ne sont pas les seuls.

Comment un psychopathe réussit et échoue à former une secte, et comment lui résister, c'est le sujet du récit. A mesure que le récit progresse, on est de moins en moins intéressé par Eden le psychopathe en question. Ses mises en scènes longuement narrées ne nous font pas d'effet. C'est le problème d'un récit pourtant bon dans l'ensemble.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 17:30
Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée***

1ere parution 1874

LP, 2015, 470 pages.

Bathsheba une jeune fille de vingt ans, a hérité l’exploitation agricole de son oncle, à son décès ; elle en prend la direction et règne sur une équipe d’ouvriers, tous des hommes, avec célérité. Elle a une demoiselle de compagnie gentille et un peu sotte, cela lui suffit comme fréquentation féminine. Un jour sa ferme manque de périr dans un incendie ; Gabriel Oak, ex-fermier ruiné devenu journalier, sauve la propriété et entre à son service. Batsheba et Gabriel se connaissent déjà ; il en est amoureux mais elle l’a éconduit.

Le fermier voisin de la jeune fille, Boldwood est un célibataire endurci deux fois plus âgé qu’elle ; pour lui faire une farce, elle lui envoie une carte de St Valentin. Hélas ! Boldwood a pris la chose au sérieux et commence à lui faire une cour plus qu’assidue. Oak, sage pieux et travailleur, continue à l’aimer en silence. Cependant que Batsheba est attirée par le sergent Troy, bel homme, galant, et plus amusant que les deux soupirants précédemment cités.

Nous avons là une action plutôt lente inscrite dans une tradition bucolique ; la vie à la campagne, les travaux des champs, sont minutieusement décrits pour chaque saison. Des événements naturels tels qu’un gros orage, un incendie, les beautés de la nature ( aube, nuit, coucher de soleil, averse) font l’objet de peintures colorées.

On suit les bonnes et mauvaises fortunes de Batsheba aux prises avec ses amoureux : le vieux voisin dépressif et insistant, le trop sage Gabriel ennuyeux comme un bonnet de nuit, et le libertin intéressé et dispendieux… la pauvre jeune fille est bien mal lotie !

On la plaint… L’intrigue ne réserve pas de vraie surprise (on en devine facilement les grandes lignes). Le style est très soigné. les personnages sont bien campés, l’intrigue est parfaite,et… je me suis passablement ennuyée ! Il faut croire que je suis plus rat des villes que des champs…

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 20:39
William Shaw Du sang sur Abbey Road.****

10/18 523 pages.

Une toute jeune fille retrouvée morte dans le quartier très bourgeois de St John ‘s Wood ; dans une des remises où les propriétaires rangent les affaires dont ils ne se servent pas. Toutes les remises avaient été fracturées.

Personne ne réclame la jeune fille…

Cathal Breen irlandais d’origine, se voit confier l’enquête. Pas très ami avec ses confrères ; accusé d’avoir fui lorsque l’un des leurs se faisait attaquer à coups de couteau dans un magasin. L’arrivée d’une nouvelle recrue venue d’une ferme de Cornouailles n’arrange pas les choses : Helen Toser est volontaire intelligente et déterminée. Les policiers collègues de Breen sont odieux, misogynes et la secrétaire est bête.

Breen interroge les gens du quartier persuadé que le meurtrier est l’un d’entre eux. Helen propose une autre piste : la victime faisait sûrement partie des fans des Beatles : il y a un club tout près, là où se trouve leur studio d’enregistrement. Il faut interroger ces groupies.

Pas mal malgré un début incroyablement lent : on ne voit pas ce que l’épisode du chat apporte à cette histoire. La « nounou » qui découvre le corps est bien campée mais ensuite elle ne sera qu’un personnage très secondaire, on attendait davantage… La société de l’époque : c’est la musique pop du Swinging London et l’apparition de communautés de jeunes soudés autour d’une musique qu’ils s’approprient. Sans compter le fétichisme pour certains types de vêtements. Breen a déjà trente ans en 1968 .C’est un peu âgé pour se sentir concerné par la pop music ; il devrait aimer le jazz, Elvis, ce genre de chose… mais il est plutôt solitaire.

Il se demande comment on peut s’intéresser à la pop : j’aurais aimé qu’il s’interroge vraiment sur les fondements du phénomène : son questionnement est trop superficiel. D’autres faits sont évoqués : la guerre du Biafra, le racisme anti-noir, la misogynie féroce, c’est pertinent, mais un peu rapide comme survol. Vous me direz, ce n’est qu’un polar, on ne va pas demander la Lune… ! Et pourquoi pas ?

L’enquête est bien conduite et cohérente.

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 23:03
Ruth Rendell Et l’eau devint sang ****

En hommage à Ruth Rendell, décédée il y a quelque jours, je me suis plongée dans l'un des deux romans d'elle que je n'avais pas lus et qui reposaient dans ma PAL...

Editions des Deux-Terres, 370 pages , 2006.

Titre original : Water’s Lovely ( « l’eau est bien bonne » : ce qu’on dit aux autres lorsqu’on va se baigner dans la mer , qu’elle soit vraiment bonne, ou au contraire glacée.) On aurait dû garder ce titre en français.

...Il s’agit en fait d’une baignoire. Il y a douze ans de cela, Le beau-père d’Ismay, s’est noyé dans son bain. Sa mère et elle revenaient d’une course en ville, et ont trouvé Heather la sœur d’Ismay toute mouillée descendant de la salle d’eau au premier étage. Ismay a toujours pensé que sa sœur (alors âgée de 13 ans ) était impliquée dans ce décès. Sa mère et elle lui ont fourni un alibi.

A présent, Ismay revient dans la maison de son enfance. Elle a achevé ses études, et commencé un job de représentante commerciale. La salle de bain a disparu, remplacée par une nouvelle chambre.

Sa mère, devenue folle à délirer sans retour de conscience, vit à l’étage avec sa sœur Pamela qui veille sur elle. Ismay vivra au ré de chaussée avec Heather.

Bien que les deux sœurs aient un emploi, elles ne quittent pas la maison familiale. Elles se mettent à fréquenter chacune un homme. Pour Ismay ce sera Andrew, un jeune avocat, superficiel, volage, et snob. Pour Heather ce sera Edmund, un homme de 35 ans, qui peine à se détacher de son horripilante mère hypocondriaque….

Les deux sœurs vouent un amour inconditionnel à leurs partenaires respectifs. On en vient à préférer les rôles secondaires : par exemple, le personnage de Marion m’a beaucoup amusée : une femme qui vit d’expédients, de vols, tente de se faire coucher sur le testament de certaines personnes, et n’arrive pas à assassiner ses employeuses ! L’expérience désastreuse de Pamela avec les rencontres genre « speed-dating » n’est pas mal non plus. La mère d’Edmund est un bon personnage aussi.

J’ai tout de même bien aimé le cas de conscience d’Ismay, qui ne cesse de repenser à cet après-midi fatal et au rôle joué par sa sœur...

Il s’agit en fait, de familles dont les membres ont peine à se détacher les uns des autres, pour vivre leurs vies. Et quant ils le font, ils sont pathologiquement entichés de leurs partenaires. Le sujet est traité avec pas mal d’inventivité, le suspense est au rendez-vous, certains passages sont franchement comiques, l'ensemble est une bonne comédie de mœurs.

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Présentation

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