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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 14:04
David Lodge l’Auteur ! L’auteur !  ***

Rivages/Romans 2005, 414 pages ( Author ! Author !)

Biographie romancée de l’écrivain Henry James. On apprend à connaître les relations de James avec notamment George du Maurier romancier assez oublié, et dont on nous dit qu’il est l’auteur de « Trilby » ( pour moi, Trilby est l’histoire d’un lutin, écrit bien avant Du Maurier, par le Français Charles Nodier, d’où ma surprise de le retrouver sous la forme d’une jeune fille orpheline !!) Miss Woolfson qu’il appelle familièrement « Fenimore » vieille demoiselle, probablement celle qui servit de modèle à la femme dans la Bête de la Jungle. Elle aussi a écrit beaucoup de romans à succès, qu’on ne lit plus. Henry James, meilleur prosateur que ces deux amis, plus doué et exigeant, vendait nettement moins qu’eux. A présent, c’est lui que la postérité a retenu. On comprend qu’il se sentait à l’aise avec des romanciers plus simples que lui, amicaux, à qui il n’avait rien à prouver.

La carrière dramatique ratée de James est longuement contée, (j’ignorais qu’il avait écrit pour le théâtre et s’était obstiné si longuement). C’est intéressant mais un peu longuet. Ses derniers mois de vie à Kensington aussi ; les intrigues entre domestiques, pas mal mais répétitives.

Dans l’ensemble le récit est très narratif, et l’on n’aborde pas tellement les questions littéraires. On suit James en train de fuir quelques femmes (dont Fenimore) entreprenantes, tout en souhaitant continuer à les fréquenter, pour l’agrément de leur conversation. Cela ne nous étonne pas. On avait entendu parler de son homosexualité, sans doute platonique. Rien de neuf là-dessus non plus. Un ensemble parfois bien long, quoique agréable sur la moitié du texte environ.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:43

Gallimard, 2014, 326 pages.

Jeune employé au bureau de l’information, Thomas Foley est envoyé à l’exposition universelle de 1958 à Bruxelles, représenter la Grande Bretagne en contrôlant un pub le » Britannia ».

Habitué à du travail de bureau sans intérêt, Thomas est enchanté de l’aubaine, bien que cette embauche ne soit vraiment pas une promotion. Son univers étriqué pèse à ce gratte-papier. Marié à Sylvia, femme au foyer, essentiellement occupée du bébé qu’ils ont eu et des travaux domestiques, il s’ennuie ferme à Tooting dans la banlieue londonienne.

Il rêve de l’Atomium cet engin nouvellement construit qui semble cristalliser tous ses rêves d’aventure.

Avant de partir, Thomas est approché par deux messieurs qui lui posent des questions, sur ses opinions politiques, et sa conformité aux normes socioculturelles en vigueur. Le lecteur voit bien que ce sont des agents du renseignement mais pas Thomas, ce qui rend la chose comique.

Une fois à Bruxelles, il rencontre un Russe qui se prétend journaliste, et rencontre un compatriote, Tony, qui s’occupe de présenter une machine « Zeta » qui doit servir à fabriquer de l’énergie thermonucléaire à des fins domestiques. On place beaucoup d’espoir dans ces recherches ( qui n’ont jamais rien donné d’intéressant à l’heure actuelle). On s’inquiète vaguement des problèmes de santé que pourrait présenter les gros fumeurs. On vante les qualités d’une nouvelle pâte dentifrice « à rayure ». Dix ans plus tard l’hexachlorophène (bactéricide contenu dans les fameuses rayures) sera interdit à l’occasion de l’affaire du talc Morhange.

Au cours d’un pique-nique, on lira l’article d’un journaliste russe décrivant la vie sur terre en 2058, cent ans plus tard ! Article qui vaut son pesant d’or…

On respire une odeur d’optimisme et de foi dans le progrès qui contraste fortement avec la période actuelle où pratiquement toutes les substances (alimentaires, pharmaceutiques, domestiques, industrielles) sont suspectes ou dénoncés comme nuisibles.

On se rend compte que l’on vit une drôle d’époque. A moins que ce ne soit les années 50 qui sonnent bizarres ?

Heureux quoique souvent pris pour sous-fifre, Thomas n’a plus envie de retourner chez lui.

Ce roman ne m’a pas tellement plu. Le personnage de Thomas est un peu trop simple, et il ne lui arrive rien de palpitant. Coe nous habitué à davantage d’intrigues enlevées, de rebondissements et d’histoires cocasses.

En tant qu’espion malgré lui, il ne joue qu’un rôle très subalterne. Ses problèmes conjugaux n’évoluent pas, ses amourettes restent superficielles. Coe a voulu photographier une partie de la société de 1958, sa foi en l’avenir, ses idées toutes faites. C’est pas mal mais loin d’être aussi fouillé que par exemple « Testament à l’anglaise » pour les années Thatcher. Il y a aussi des situations comiques assez nombreuses mais toutes ne font pas mouche. Le meilleur curieusement c’est le très beau commentaire du morceau d’Arthur Honegger, Pastorale d’été, entendu dans un concert. Dans le détail, j’ai lu beaucoup de bons petits passages mais l’ensemble n’a pas réussi à m’intéresser vraiment. J’ai nettement préféré les deux précédents ( la Vie de Mr Sim et La Pluie avant qu’elle tombe).

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 00:15

2013, 570 pages. ( The Cuckoo Calling)

Lula Landry, mannequin célèbre, tombe du troisième étage de son appartement et s’écrase dans la neige de ce début de janvier. Nous sommes dans le quartier de Mayfair à Londres. La police considère qu’il s’agit d’un suicide. La victime souffrait de troubles maniaco-dépressifs.

Trois mois plus tard, le détective Cormoran Strike, criblé de dettes, prêt à fermer boutique, n’a pas le cœur de renvoyer Robin, la jeune secrétaire intérimaire que vient de lui envoyer Temporary Solutions. Cela semble lui porter chance, car voilà qu’un client arrive ; c’est John Bristow le frère, de la victime. Très affecté par la mort tragique de Lula, et persuadé qu’on l’a assassinée, il souhaite que l’on enquête plus sérieusement.

Cormoran, ancien militaire, ayant combattu en Afghanistan en est revenu avec une patte folle. Robin, sérieuse et aspirant à un métier plus excitant que le secrétariat, s’enchante de cette enquête. Les indices sont nombreux mais semblent peu exploitables. Il y a ces deux hommes que les caméras de surveillance ont vu courir dans les environs de l’immeuble, des inconnus, à priori… Il y a le témoignage de Tansy la voisine du dessous qui dit avoir vu et entendu bien des choses cette nuit là.. mais son appartement est insonorisé! Et son mari où était-il ? Que valent les alibis donnés par des gens complaisants à l’ami de Lula, avec qui il se querellait tous les jours avec violence ?

Il s’agit donc d’un roman policier classique, avec une énigme à résoudre. Les enquêteurs sont sympathiques et Cormoran est un original doué de personnalité. L’intrigue est assez complexe, avec quelques digressions (juste ce qu’il faut pour nous perdre un peu) Ses personnages de suspects sont variés crédibles et bien campés. Le suspens ne manque pas. Un policier très agréable à lire, et qu’on ne lâche pas.

Après lecture, je me suis rendu compte que Galbraith était le pseudonyme de JK Rowling, l’auteur des célèbres »Harry Potter ». Je n’avais jamais lu cette auteure. Je souhaite qu’elle continue à écrire des polars, car elle y réussit très bien !

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 15:06

2014 Gallimard, 430 pages.

De 1972 à 74 à Londres. Le MI5, les services secrets britanniques, emploie Serena, jeune femme de 21 ans, mal orientée dans ses études. La jeune femme ne fait pas de politique, n’a pas d’opinion arrêtée, et ignore tout de l’espionnage.

Ses parents l’ont contrainte à faire une licence de maths à Cambridge. Elle a eu quelques difficultés. En fait, Serena lit beaucoup de romans, d’abord pour se divertir « la lecture était un moyen de ne pas penser aux mathématiques … C’était un moyen de ne pas penser du tout ». Elle ne se passionne pas pour la belles-lettres « j’attachais peu d’importance aux thèmes ou aux phrases bien tournées, je sautais les descriptions… ll me fallait des personnages auxquels je puisse croire… je préférais qu’ils tombent amoureux ou se séparent, mais je ne leur en voulais pas trop s’ils essayaient de faire autre chose. Elle aime, avant le dénouement quelqu’un demander « veux-tu m’épouser ? »

Toutefois, elle évolue : écrit des chroniques de livres appréciées et s’intéresse à Soljenitsyne et l’Archipel du Goulag.

Jugée attirante, y compris par elle-même, elle fréquente des étudiants avec des fortunes diverses, puis un professeur de 30 ans son aîné. Ça y est, c’est l’amour !

Grâce à lui, elle est embauchée au MI5. Très mal rémunérée, mal logée, elle classe des dossiers toute la journée. Le MI5 s’attache à promotionner de jeunes écrivains, qui défendent la société capitaliste libérale, et critiquent les dictatures communistes. Comme Serena a la réputation de bien connaître la littérature contemporaine, elle est chargée d’infiltrer Tom Haley, jeune écrivain qui semble correspondre aux critères du MI5. Elle doit lui proposer une allocation pour écrire, versée par une fondation (évidemment fictive) qui lui trouve un talent prometteur.

Comme le vieil amant a disparu, Serena est avide de rencontrer Tom….

Ce récit décrit la situation politique et sociale de l’époque, du point de vue du MI5 ; le terrorisme de l’IRA y occupe une grande place, la Guerre Froide est encore active aussi. Il y a l’embargo palestinien sur l’essence, le fameux « premier choc pétrolier »: les grèves de mineurs, et d’autres groupes sociaux. La Grande Bretagne craint de manquer d’électricité et veut instaurer la semaine de trois jours. La jeune Serena qui sort tout de même de Cambridge ne touche que 14 livres la semaine en 1973, elle tire le diable par la queue ! Et dire que cette période fait partie des « Trente Glorieuses »…

Un autre thème est l’apprentissage de l’écriture par Tom Haley : ses nouvelles et son roman sont longuement racontées avec des passages cités en italique par Serena. L’écrivain en herbe revisite des grands thèmes littéraires à sa façon notamment l’Apocalypse, et le fétichisme. En réalité, la plus marquante de ces nouvelles, l’histoire de l’homme amoureux d’un mannequin, fut autrefois publiée par Mc Ewan lui-même sous le titre « Morte jouissance ». Après lecture de ces nouvelles, on s’attend à ce que Tom, le futur amour de Serena soit un type vraiment tordu… mais il va se révéler bien plus ordinaire que je ne l’avais imaginé.

le troisième thème c'est l'amour ; Serena est une héroïne sympathique mais un peu nunuche. Des clichés sur les femmes : oui elle est bonne en maths mais jusqu’à un certain point… elle pense beaucoup à l’amour, et n’est pas très ambitieuse. Elle sert de faire-valoir à deux hommes plus doués qu’elle.

La façon dont elle décrit ses différents amants (y compris Tom Haley) est très réaliste ; elle note des détails qui laisseraient penser qu’ils ne sont pas du tout excitants ! Tony Canning, tout d’abord « était très bel homme » puis l’intimité aidant « son pauvre corps nu ressemblait à une vieille chaussette éculée. Sa peau formait des plis en des endroits improbables jusque sous les bras …sous une certaine lumière Tony semblait du même jaune que les pages d’un vieux livre de poche… mais s’il me paraissait légèrement rouillé, et me rappelait parfois le vieil ours en peluche râpé de la demeure familiale, c’était un amant averti et courtois. » mais les jeunes ne sont pas très ragoûtants non plus… en dépit de cette lucidité bien venue, Serena se pâme d’amour !!

Bref, après m’être passionnée pour la première partie, brillante et ironique, j’ai été un peu déçue. Mon ennui a commencé lorsque Serena lit la troisième nouvelles de Tom, pas terrible. Résumer un seul de ses écrits (le meilleur) aurait suffi.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:06

(Small World, 1984) Rivages, 1991, 415 pages.

Ce monde est celui de quelques professeurs d’université, d’un traducteur, un romancier du mouvement « des Jeunes gens en colère », de quelques femmes de ces profs, ainsi que d’une jeune thésarde Angelika, très courtisée, cultivée et futée, qui joue des tours pendables aux plus jeunes comme aux plus âgés.

Les profs vont de colloques en congrès, poursuivant une promotion en or « la future chaire de littérature de l’UNESCO, cent mille dollars par an, et aucune charge d’enseignement ».

Le roman est une suite de saynètes humoristiques, satiriques, et l’esprit de l’auteur fait mouche la plupart du temps. Le suspense est bien orchestré. Nous suivons un grand nombre de personnages, dans des lieux et des situations qui changent tout le temps.

On est malheureux pour Persse , jeune prof irlandais enseignant à Limerick ( une très petite université où n’enseignent que trois profs) un pur catholique, veut rester chaste jusqu’au mariage( ce personnage est une parodie de Perceval le célèbre apprenti chevalier).Il est éperdument amoureux de l’insaisissable Angelika, qu’il suit jusqu’au bout du monde. Morris Zapp américain d’environ 60 ans, divorcé, est féru de structuralisme (nous sommes au milieu des années 80) tandis que son collègue Philip Swallow est résolument anti théoricien, et cœur d’artichaut. La femme divorcée de Zapp Désirée, écrit des romans à succès qui ressemblent déjà furieusement à Cinquante nuances de je ne sais quoi, tandis que le romancier Ronald Frobischer chef de file des « jeunes hommes en colère » donne du fil à retordre à son traducteur japonais lequel n’entend rien à ses jeux de mots obscènes, car il ne connaît que l’anglais classique. Il y a aussi L’étrange von Turpitz et sa main éternellement gantée de noir, le Turc Abkil plutôt mal loti dans son HLM en ruine, Fulvia Morgana une prof très vicieuse, très riche, et très gauchiste, le dépressif Dempsey, qui a élu psy un ordinateur, Rodney Wainwright qui n’arrive pas à dépasser la troisième page du texte qu’il doit présenter en conférence, une hôtesse de l’air très fleur bleue, une stripteaseuse et plein d’autres personnages amusants.

un classique de la littérature satirique...

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:59

  la ferme des animaux

 

 

Les animaux de la ferme de M. Jones sont différents des autres : ils se sont trouvés un ancêtre Sage l’Ancien, de l’espèce porcine, dont les propos circulent dans les mémoires après sa mort «  nous avons un ennemi commun l’homme, qui nous exploite ; cela ne peut plus durer !"

Profitant d’une vacance du pouvoir humain, les animaux s’emparent de la ferme. Sage l’Ancien, a des disciples devenus naturellement leaders : Napoléon et Boule de neige font merveille  pour rédiger sept commandements réglant leur vie future, plus la décision de vivre en autarcie, un drapeau, un chant révolutionnaire Bêtes d’Angleterre, dont les couplets sont donnés : essayez de le fredonner sur l’air de l’Internationale, cela fonctionne.

 

Trop inventif, Boule de Neige provoque la jalousie de son acolyte et pourtant rival Napoléon  qui l’évince et désormais régnera par la force avec des chiens-soldats. Il y aura des purges napoléoniennes des massacres en série. Enfin retour au … calme… avec cette loi devenue célèbre «  tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres ».

 

Orwell joue sur les différentes appréhensions du porc. Aujourd’hui affublé de connotations négatives, il fut considéré comme sacré…

Il insiste sur l’absence de révolte de la part des animaux : l’âne Benjamin comprend la situation mais ne cherche pas à mobiliser ses congénères  contre les cochons déviants. D’aucun le diraient cynique.

Un effet comique remarquable est obtenu avec les moutons ( accessoires indispensables du pouvoir parce qu’ils répètent ce qui se dit le plus fort) en train de bêler les slogans.

Si certains animaux n’arrivent pas à s’alphabétiser correctement, c’est que l’instruction autorise le savoir ( lire les commandements) et qu’ils ont peur de savoir…

 

Une lecture réjouissante quoique pessimiste pour les adolescents et tous les âges! 

 

Indispensable à faire étudier au collège!

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:07

Titre original : Tideline (Marée haute)

Sonatine, 2013, 380 pages.

A Greenwich, le long des quais de la Tamise, vit Sonia, femme de 45 ans, dans la maison dite « Les Berges ». Elle se plaît à évoquer ses jeunes années, un garçon appelé Seb, leurs jeux troubles sur et à côté du fleuve, une vie qu’elle regrette amèrement.

Justement un adolescent vient chez elle, Jez, le neveu d’une amie, pour emprunter un vieux vinyle de Tim Buckley. C’est fou ce qu’il ressemble à Seb ! Elle lui montre le studio de musique, les guitares, notamment une « douze cordes ». Ils boivent un verre de vin, Jez gratte quelques cordes. Fascinée par le jeune garçon, Sonia répugne à le laisser repartir. De là à multiplier les verres de vin, et à y glisser des somnifères de sa mère, il n’y a qu’un pas…elle se plonge dans la contemplation du garçon endormi, comme Psyché regardant Amour. Un Amour qui voudrait bien s’envoler vite fait, retrouver sa petite amie, puis prendre son train pour Paris, où l'attend sa môman. Mais c’est compter sans les sortilèges de Sonia…

J’ai bien aimé ce thriller, sur le thème de la séquestration et du syndrome de Stockholm, une femme qui séquestre un homme, ça change un peu de l’ordinaire. L’auteur s’est appliqué à rendre l’atmosphère de ce quartier de Londres (Greenwich), surtout les bords de la Tamise, avec un environnement plutôt moche : la vue sur Canary Wharf et le Dôme du Millénaire, les eaux boueuses, les détritus, la pluie et les caprices de la marée, la centrale électrique, un radeau de fortune, comment réussir à rendre cela attrayant ? Eh bien, de mon point de vue, Penny Hancock y arrive parfaitement ! Pour ce qui est des surprises et des rebondissements, elle s’y entend aussi. Un premier roman très réussi.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 18:35

Rivages-Poche, 233 pages.

Roman de 1965.

Un jeune couple marié et viscéralement catholique, au point que, si instruits et bien éduqués soient-ils, ils suivent à la lettre les principes de l’église, et ne s’autorisent aucune contraception, même pas le préservatif, s’en remettant à la méthode des « températures ». Plus sérieuse qu’Ogino, celle-ci consiste pour la femme à noter sa température tous les matins au réveil, sur des feuilles comme pour les malades. Au moment de l’ovulation, il y a une hausse de quelques centigrades, et au bout de trois jours de hausse, ils peuvent avoir des rapports jusqu’aux menstrues. En dehors de cela, ils pratiquent l’abstinence (ils pourraient au moins utiliser des préservatifs…). Bref, ils s’imposent un régime sévère, et ne réussissent pas à tenir. D’où le fait que trois enfants sont déjà nés depuis le mariage. Barbara craint d’être encore enceinte, ce matin-là. Adam, son époux fait une thèse sur la phrase longue dans les romans de DH Lawrence (Des romans où le sexe joue un grand rôle justement!).

Ce récit narre la journée d’Adam, laquelle ne devrait pas être pleine de péripéties, car il la passe à travailler dans la salle de lecture du British Museum. Mais justement ce jour-là, sera riche en événements curieux, souvent loufoques. Adam va rencontrer un Américain, venu dans l’espoir d’acheter le British Museum, Et aussi trois mystérieux Chinois venus à sa table de lecture , mais pourquoi donc? At cause d’un quiproquo au téléphone (qui n’’est pas sans rappeler le « 22 à Asnières ») , de fausses informations circulent. On craint le pire pour cette vénérable institution. Adam aura de gros problèmes administratifs. Il va aussi se rendre chez une dame pour obtenir des inédits d’un très mauvais et très catholique auteur. Cet épisode est d'ailleurs le plus réussi...

Dans l’ensemble, c’est divertissant, les effets comiques recherchés font mouche.

On n’arrive pourtant pas très bien à croire que ce jeune couple ne veuille pas du tout de contraception, alors qu’ils ne semblent pas inhibés sexuellement. Ces deux attitudes ne vont pas ensemble. On regrette aussi que Barbara doive se contenter d’être une mère au foyer, sans autres occupations.

Dans sa préface, Lodge prévient qu’il a glissé un certains nombre de passages parodiques « A la manière de » dans son récit. Il fait bien de le dire, car je n’aurais rien soupçonné. A part le monologue de Barbara imité de celui de Molly, très reconnaissable, les autres sont discrets.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 14:43

RebeccaMXM1IVL

 

 

 

Livre de Poche 1971 ; achat Brocante.


Ayant presque tout oublié de l’intrigue de ce roman, célèbre pour l’adaptation qu’Hitchcock en fit, je me suis lancée dans cette lecture, d’une jeune fille seule au monde, sans argent ni famille, demoiselle de compagnie d’une vieille harpie. Première moitié du 20 e siècle, à Monte Carlo, où sa patronne séjourne pour quelques jours. Elles y font connaissance de Maxim  de Winter, riche propriétaire du domaine de Manderley situé à l’ouest de l’Angleterre au bord de la mer.

Il a 42 ans, a perdu sa femme récemment qui s’est noyée son voilier ayant coulé. Il est morose, mais très vite, il se plaît dans la compagnie de ??? : On ne saura pas le prénom de l’héroïne ; elle parle à la première personne, et son nom n’est jamais mentionné : tour à tour, c’est «  vous ; mademoiselle, Madame, madame de Winter, la nouvelle Madame de Winter, ma chère, ma chère petite, ma chérie, mon enfant… »

On peut dire que le prénom de la sinistre Rebecca, ne lui aura pas permis d’officialiser le sien, même pour le lecteur !

La jeune fille trouve à Maxim de Winter quelque chose de médiéval ; elle en tombe amoureuse : il est riche,  gentil avec elle, encore très avenant pour son âge. Le mariage proposé apparaît comme un conte de fée.

Cependant, arrivés à Manderley, le nouvelle Mme de Winter, doit affronter la gouvernante Mme Danvers, qui vit dans le culte de Rebecca disparue, vient se recueillir dans son ancienne chambre gardée en l’état. En effet, Rebecca c’était l’œuvre de Mme Danvers qui l’a élevée, et lui a permis d’être ce qu’elle était. Rebecca, dressée par elle, lui permettait, par procuration, d’assouvir une vengeance personnelle contre les maîtres, spécialement les hommes. Et bien sûr, Mme Danvers adorait Rebecca, sa créature.

Tout cela la nouvelle venue ne le saisit que partiellement. Elle sait devoir se méfier de la domestique, mais n’y parvient pas. Maxim revenu à Manderley, reste triste et préoccupé. Il aime toujours Rebecca et en pense qu’à elle, se dit la jeune épousée. Elle ne comprend pas bien la situation, et nul ne vient l’éclairer. Puis, elle se sent inutile, inférieure à la précédente femme, qu’elle imagine parée de toutes les qualités. N’ayant pas l’habitude d’être servie, elle ne sait quoi dire aux domestiques, et fait semblant de s’occuper. Autrefois, elle dessinait, mais ici on lui dit «  c’est un joli petit talent que vous avez là », cependant ce n’est pas le genre de discipline à laquelle s’adonnent les femmes de son rang. Les propriétaires du coin chassent, font de l’équitation, du golf, les femmes ont de belles toilettes. On s’adonne aussi à la voile. Justement en se promenant avec le chien vers la mer, la jeune femme trouve une maisonnette dans laquelle Rebecca avait coutume de séjourner, et de se reposer de ses virées en mer. Pas seule, d’après ce que lui dit Ben, un brave homme retardé mental, mais observateur.

 

Le roman est assez pénible à suivre, surtout les pensées et imaginations de l’héroïne, ennuyeuses à souhait. Je les ai passées.  La description des mœurs de l’aristocratie de province est assez bonne, les descriptions de la nature soignées, mais moins intéressantes que la Cornouaille de l’Auberge de la Jamaïque. L’intrigue est menée avec beaucoup de lenteur. Pour ce qui est des personnages, Miss Danvers domine la distribution. Le portrait qui est fait de Rebecca est tout de même assez conventionnel, on l’espérait plus développé. Les autres personnages sont aussi très convenus.

L’auteur, c’est dommage,  n’a pas décrit l’incendie dont Hitchcock fit un morceau de bravoure…le Maître avait su également nous dispenser des états d’âme de l’héroïne, réduits à quelques phrases mélancoliques d’une voix off au début du film. Il avait su enchaîner rapidement des développements ici trop répétitifs. Bref, le film est très supérieur à ce roman…

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 09:29

l'Invitation à la vie conjugale. SL500 AA300

 

 

Invitation to the Married Life 1991

Folio 2006, 441 pages.

 

Frances Farthingoe a décidé d’organiser une somptueuse soirée dansante pour le mois de septembre dans cette grande et sombre maison où elle vit près d’Oxford, avec son mari Toby et sa fillette Fiona. Il y aura environ trois cent invités, et les invitations sont envoyées quatre mois à l’avance.

Nous suivons le quotidien de quatre couples et deux personnes seules pendant ces mois et, dans une seconde partie plus courte, tout au long de la fameuse soirée.

Frances organise une réception grandiose, parce qu’elle s’ennuie chez elle.  Ne travaillant pas, elle a besoin de projets à réaliser sur le long terme. Analyste programmeur, son époux passe ses journées sur un ordinateur, et ses nuits  à camper dans  la forêt toute proche et à observer la vie des bêtes nocturnes. Les centres d’intérêt des deux époux sont fort éloignés…Frances aime encore Ralph Cottingham, avec qui elle a été liée autrefois.

Il en est de même pour Rachel et Thomas, deux de leurs invités comptant parmi les amis proches.

Thomas passe toutes ses journées dehors à s’occuper d’import-export, et de sa maîtresse du moment. Rachel ne fait pas grand-chose de ses journées. Elle a pris l’habitude de se coucher le jour pour dormir de longues heures dans leur belle chambre à coucher. Dormir, rêver peut-être ? Non ! Même pas… Ces époux craignent de se retrouver ensemble, car « il faudrait trouver un sujet de conversation ».

En revanche, Mary et Bill, couple septuagénaire vivant à la campagne, s’entendent bien : Mary cuisine et Bill coupe du bois. Tous deux adorent leur jardin. Ils font de longues promenades sur la plage avec le chien.

Ursula leur fille et Martin leur gendre sont un autre couple parfait, toujours amoureux. Elle est architecte paysagiste, lui professeur d’économie. La seule ombre au tableau c’est Ralph, leur ami amoureux sans espoir d’Ursula.  

Que va-t-il se passer pendant ces quatre mois ? Pas grand-chose, sauf que Thomas, amateur d’aquarelles du 19 eme siècle représentant des paysages, ne va trouver des toiles vraiment belles, et tomber amoureux du peintre, Rosie, une femme qui pourrait être sa mère…

 

C’est la vie quotidienne que nous partageons, les petits bonheurs, les craintes, les déceptions, les affolements passagers, de ces personnes. De lentes évolutions se préparent, qui trouveront leurs accomplissements dans la fameuse soirée…

L’art de l’auteur est dans la description réaliste, minutieuse et détaillée de ces quatre mois de vie de personnages qu’on peut trouver un peu trop « normaux ». Le ton est ironique, souvent, féroce quand il le faut, et il y a quelques scènes amusantes. L’auteur, cependant, a de l’empathie pour ses personnages. Les portraits ne sont pas « au vitriol », et il n’y a ni drames, ni fortes intrigues, comme chez d’autres romancières anglaises. C’est avant tout un roman d’atmosphère, et comme tel, il est réussi.

 

C'est une lecture commune avec Anis et j'ai hâte de connaître son avis

 

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Présentation

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