Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 17:11

Byatt Tour de Babel4

 

 

 

1er publication 1996.

Flammarion, 2001, 689 pages.

 

Voici la troisième partie de la saga familiale commencée avec «  la Vierge du jardin », et poursuivie avec « Nature morte ». Il faut bien du talent à Mrs Byatt pour m’avoir entraînée jusqu’au troisième tome, moi, qui, avec l’âge, ai tendance à fuir ces gros romans qui détaillent longuement la vie de nombreux personnages sur des durées variables, en tenant compte du contexte social, bien présent lui  aussi.

Fuir ces romans dans la mesure où ce n’est pas le type de récit que l’on peut lâcher un temps pour le reprendre ensuite. Narratif, explicatif, fluide souvent,exigeant parfois,il demande d'être lu en une seule fois...

 

Bienvenue au club de Coe est la dernière saga que j’ai pu achever, et pour Zola, je n’ai pas dit mon dernier mot…

 

En 1964, soit six ans après Nature morte, Frederica Potter, devenue l’héroïne de l’histoire, tente de se sortir d’un mariage avec un mari odieux (que l’on appellerait à présent un « pervers narcissique » ), mariage qu’elle a contracté un peu comme une maladie, mais dont un enfant est né, Leo, dont elle ne peut faire l’impasse. Grâce à ses anciens amis de Cambridge, elle regagne Londres avec son petit garçon, se fait héberger chez un ami d’Alexander, et commence à gagner sa vie comme enseignante de littérature pour adulte, et lectrice de romans pour un éditeur. Cette partie est fluide, romanesque parfois, plaisante en gros.

Ensuite, nous suivrons sa procédure de divorce contée par le menu : il est intéressant de voir comme, dans les années 60, la femme est blâmée d’avoir des liaisons avant le mariage (ceci s’appelle incontinence prénuptiale !!!  ), De vouloir travailler (car elle doit s’occuper à plein temps de l’enfant et du mari) et même si au foyer, de s’adonner à des activités telles que la lecture…

 Frederica enseignante pour adultes, proposant des lectures de DH Lawrence, Kafka, ou Sartre, cela génère des conversations intéressantes ; quant à ses nouvelles amours, elles seront comme les anciennes, courtes et vite insatisfaisantes, et ses essais d’écriture genre « cut-up » carrément barbantes.

Daniel Orton toujours présent, tente un rapprochement avec ses enfants, et fait « du social » en tenant à l’écoute des malheureux dans une structure de type SOS amitié. Marcus le frère de Frederica, est devenu biologiste et s’occupe d’escargots, ainsi que de génétique. L’auteur y apporte un compte rendu sérieux de l’état des recherches scientifiques de l’époque.

Alexander Wedderburn se trouve dans une impasse en tant que dramaturge : il écrit du théâtre à textes, alors que les nouvelles tendances misent sur la mise en scène, la gestualité, l’interprétation : théâtre de la cruauté, theâtre minimaliste ou carnavalesque…avec peu de mots!! Alexander ne peut pas suivre ; il devient enseignant, et participe à une commission d’enquête sur l’enseignement : faut-il apprendre par cœur ? ou mettre l’élève en situation de « découverte  du savoir et l’y accompagner » (tarte à la crème qui eut de beaux jours devant elle) plus la question sur l’enseignement des langues , l’élève doit-il apprendre la grammaire… cette partie est intéressante , l’on y participe à toutes sorte de discussions et mises en scène sur les « nouvelles » façons d’enseigner, et les conceptions du monde qui prévalent à chaque option.

 

Une histoire dans le roman nous contée sous la forme d’un conte philosophique « la Tour de Babil ».

Il s’agit pour un groupe de personnes fuyant un pays en guerre civile, de gagner « laTour Bruyarde » par delà les Alpes et d’y former une communauté, où, selon Culvert, qui veut en être le programmateur, tout le monde pourra (et devra) satisfaire ses désirs et ceux des autres dans un monde où il n’y aura plus ni maître ni serviteur. Je vous laisse deviner l’issue.

Cette Tour, n'est pas sans faire écho au domaine de Bran House dans laquelle nous avons trouvé Frederica littéralement séquestrée, et l'on se demande ce que deviendront les éventuels fuyard...

J’ai aimé ce récit, mais moins son auteur, personnage suicidaire, arrogant, désabusé, qui parasite littéralement le récit principal par sa présence.

Il y aura d’autres récits dans le récit, notamment un conte dans le goût de l’héroïc fantasy , narrée par une amie de Frederica, à de jeunes enfants. Et des poèmes, certains très bons, d’autres carrément nuls,  ainsi que des documents à lire, pour se plonger dans le vécu socio-intellectuel de l’époque. L’élection d’Harold Wilson premier ministre, la crainte de la guerre atomique… et tant d’autres événements.  

 

Au total un roman bien touffu, très documenté, écrit dans une langue soutenue, souvent intéressant, parfois passionnant.

Partager cet article
Repost0
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 23:48

  Nature morte9

 

 

 

Flammarion, 2000. 550 pages environ

 

Suite de La Vierge dans le jardin


Titre :  Still Life... le roman cherche à appréhender l’être humain en vie dans son rapport à la mort, et de façon générales les diverses manières dont les organismes vivants s’acheminent vers la mort, ( il sera question d’Au delà du principe de plaisir et d’autres travaux sur le sujet) sur la façon de rendre par le langage les « choses » que les peintres traduisent dans leurs toiles, choses mortes, inanimées, vivantes.  Interrogations littéraires et philosophiques qui s’entremêlent assez habilement avec l’intrigue : Nous partageons l’existence  des trois enfants Potter et du dramaturge Alexander de 1954 à 1956.


Stéphanie  est restée à Blesford. Epouse de Daniel Orton, pasteur de la paroisse (le mariage a eu lieu dans le premier tome), elle est maintenant enceinte et doit quitter son emploi d’enseignante. Dans les années 50 une femme même instruite ( et licenciée de Cambridge tout de même !!!) peut ( et doit ?) devenir une femme au foyer à 25 ans. Cependant, Stephanie a l’impression d’avoir choisi et elle aime Daniel. Les pages consacrées à la grossesse et à la naissance de son premier bébé sont d’une grande justesse. « J’ai sombré dans le biologique » aime-t-elle à se répéter. Frustration, humiliation, mais aussi grand bonheur, lumière (voire davantage : le bébé corps glorieux…) et vie quotidienne décevante. La belle-mère odieuse, un personnage secondaire fort bien rendu qui nous fait rire (jaune) et nous horrifie, le frère Marcus et ses troubles psychologiques à la maison, et cette façon qu’a Stéphanie pour se défendre de cette peste, d’accueillir chez elle toute la misère du monde de Blesford …. Avec Daniel des hauts et des bas, ce jeune couple a quelquefois l’air d’avoir quarante ans ! Le combat de Stephanie pour pouvoir encore lire et penser… un nouveau pasteur Giddeon un  peu trop zélé …


Marcus. Si pour Steph ça va de plus en plus mal, pour Marcus ça semble s’arranger un peu. Il fréquente le camp de jeunes chrétiens de Giddeon, et si Giddeon est nocif pour certains adolescents, comme Marcus sait prendre ses distances, il en tire profit. Il se fait deux amies, s’intéresse aux mœurs des fourmis et autres petits animaux. Chez lui le fantasme, le sérieux scientifique, et le goût de l’investigation font bon ménage. Chez Stéphanie, il endure des moments pénibles et s’en tire…


Frederica se positionne de plus en plus comme la véritable héroïne du roman. D’abord jeune fille au pair en Camargue, elle y rencontre Alexander, qui, au mas Cabestainh écrit une nouvelle pièce sur les amours contrariées et tragiques d’une dame du Moyen Age pour le seigneur de Cabestan, son amant dont le cœur lui est servi sur un plateau… en même temps Alexander travaille sur la correspondance de Théo et Van Gogh, et prépare une pièce sur le conflit entre Gauguin et Van Gogh «  La Chaise jaune ». Il s’interroge : comment rendre les choses en peinture et par le langage quelle est la différence ? Frederica l’écoute parler de ses recherches. Elle voudrait bien qu’il arrive autre chose...

Bientôt la voilà étudiante à Cambridge, assistant à la vie intellectuelle de l’époque, s’en imprégnant : reviennent comme leitmotivs : La Chaise jaune d’Alexander, La racine de marronnier que Sartre n’arrive pas à mettre en mots dans la Nausée, la mouvement des « jeunes gens en colère » de Kingsley Amis son « Jim la chance », le Van Gogh des mangeurs de pommes de terre et celui du Faucheur le traitement de la lumière, l’absente mallarméenne de tout bouquet  … Frederica fait des rencontres : un  étudiant, Alan, qu’elle appelle le Caméléon, trop sympathique pour être autre chose qu’un ami, Alexander avec qui toujours rien n’arrive, un professeur spécialiste de Mallarmé, juif austère, dont elle est amoureuse, il est intelligent et tellement beau ! Mais au toucher, elle a comme des surprises, et finalement sort avec Nigel Shreiver, dont on ne sait trop quoi penser sinon qu’il danse assez bien.  On aime assez le hollandais « polymathe ». En même temps Frederica s’interroge sur son avenir : elle ne veut pas enseigner somme son père et Stephanie, elle pense que se marier sera inévitable. Le moins pire serait d’épouser un professeur d’université…

 


Pour ceux qui ont lu le roman :

Je trouve que Byatt se débarrasse un peu cavalièrement de Stephanie. N’avait-elle plus rien à en dire ? Je m’étais attachée à elle, et suis fâchée que Daniel reste seul en scène, ce personnage m’ennuie, ses pérégrinations de la fin ne m’intéressent pas, je les ai lues en diagonales.

Néanmoins, je lirai le livre suivant…

Partager cet article
Repost0
12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:39

Justine-0

 

 

LP, 1959, 417 pages.


1er tome du célèbre «  Quatuor d’Alexandrie ». Livre trouvé dans le studio, à Rome, alors que je n’avais plus de lectures. Un vieux « poche », édition de 1959. Je l’ai emporté, d'autant plus que je voulais lire cette oeuvre un jour ou l'autre.

 

Dans l'ensemble, c'est une déception...

 

Le narrateur, Darley, originaire d’Irlande, se trouve vivre seul avec « l’enfant de Melissa » qui est morte.

Il va nous raconter son passé tourmenté à Alexandrie, avec Mélissa, qui fut sa maîtresse. C’était une chanteuse de cabaret gentille et jolie qui lui a plu parce qu’un vieux protecteur la poursuivait, et que, de toute manière, elle vivait plus ou moins de ses charmes. Bien obligée d’ailleurs… Les autres personnages principaux sont Nessim, un homme d’affaires très riche, qui fait de l’argent sans trop se fatiguer, un homme vraiment très doué, qui intrigue aussi en politique ( mais Darley ne sait trop ce qu'il cherche à faire...) et Justine, une jeune juive égyptienne, maîtresse de Nessim, qui va bientôt devenir aussi celle du narrateur. On dit qu’elle est nymphomane et plus ou moins frigide, ayant beaucoup pâti des hommes dans sa prime jeunesse. Un autre personnage important est  Balthasar, qui dirige une secte gnostique. Justine s’intéresse beaucoup à la cabbale.

Justine fascine un peu tout le monde, même les femmes. Pour le narrateur, «  c’est l’incarnation de la Femme ». Mais après avoir brillé de mille feux, dit une amie de Darley,« elle est partie en Israël vivre dans un kibboutz … « et est devenue« cette petite paysanne boulotte, qui se coupe les cheveux elle-même car elle a plein de queues de rats dans le cou ».

A mon avis, c’est ce qui pouvait arriver de mieux à cette pauvre femme fatale. Etre enfin délivrée de la séduction...


l'auteur est un fameux écrivain. Son inspiration est quelquefois proche de Baudelaire. Cependant, c’est à Constantin Cavafy, son poète préféré, qu’il se réfère. Descriptions urbaines et maritimes sont très valables quoique souvent un peu trop «  lyriques «  à mon goût.


Pour raconter ce difficile passé dont aucun personnage ne sort indemne, Darley rapporte des conversations, des lettres, des récits de réceptions, de courses-poursuites, des agonies (car on meurt beaucoup et on souffre), dans un apparent désordre, au gré de ses souvenirs. Les récits longs alternent avec les flashes intenses mais qui ne font qu'épaissir la part de mystère de ces êtres.  

Le narrateur veut comprendre Justine, et cite longuement «  Mœurs », le roman d’un autre écrivain que lui, qui fut l’amant de Justine et a décrit leur relation dans cette œuvre. Il cite aussi « le journal « de Justine. Lorsqu’un écrivain utilise le procédé de faire citer à son narrateur des documents d’autres que lui, il devrait s’arranger pour que ces autres voix soient différentes de celles du narrateur. Et ce n’est pas le cas ici…


 L’intrigue consiste en rivalités amoureuses diverses, souvent dramatiques. Mais Darley soupçonne Nessim et Justine d’agir pour d’autres buts, qu’il ne saisit pas vraiment. Justine, qui collectionne les amants, on ne sait pas trop ce qu’elle veut, et bien certainement, elle n’aime aucun d’entre eux. D’autres révélations devraient venir du livre suivant, mais je n’irai pas  jusque là.

En dépit du talent de l’écrivain, je me suis ennuyée à lire ce livre. Les personnages ne m’ont pas plu, et je n’ai pas été non plus sensible à la magie de la ville d’Alexandrie…

Partager cet article
Repost0
29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 15:41

  l'agent secret 0

 

the secret agent04,203,200 PIsitb-sticker-arrow-click,TopRi

Première publication en 1907. Vous pourriez le trouver en livre de poche.

 

Mr Verloc travaille pour les renseignements secrets à l’ambassade de Londres, ainsi que pour la police. Il les renseigne sur les activités des anarchistes, tout introduit qu’il est dans cette congrégation dont il écoute les discussions et suit les déplacements.

Officiellement, il tient un magasin où l’on vend de vagues articles de papeterie. Winnie, sa femme, beaucoup plus jeune que lui, l’a épousé parce qu’il avait un peu d’argent et voulait bien prendre chez lui sa vieille mère infirme et son frère débile auquel elle est si attachée, qu’elle ne se plaint pas de ne pas avoir d’enfants. Malmenée par un père cabaretier et alcoolique, elle a voué son existence à Stevie que le père battait comme plâtre. Elle sait que Mr Verloc supporte le garçon comme « un animal pas trop gênant ».

Se doute-t-elle des véritables activités de son époux ? Elle reste impénétrable, mais , parmi les douteuses fréquentations de son mari, elle aime bien Michaelis, qu’elle repère comme victime.

Cet homme, condamné jeune à perpétuité pour une affaire où il n’avait tenu qu’un rôle mineur, est devenu anarchiste, parce que sans place dans la société.

Loin de vouloir jouer les héros, Mr Verloc considère son travail comme la routine d’un petit fonctionnaire. C’est pourquoi il va perdre tous ses moyens, lorsque Mr Vladimir, secrétaire d’ambassade, le convoque un matin, et lui signifie son congé, à moins qu’il ne se lance dans une action spectaculaire destinée à, soi-disant, mécontenter et affoler la population, faire travailler la police ( qui s’endort paraît-il), et faire sortir les anarchistes de leur trou.

Bref, Mr Verloc devra faire exploser une bombe à Greenwich.

Est-ce une plaisanterie ? Mr Verloc , craignant de perdre son emploi, se lance dans l’élaboration du projet, de façon délirante, parce qu’il veut sauver sa peau, son emploi, sa sécurité…

 

Les anarchistes n’ont pas la part belle dans ce roman , en particulier les délégués du Comité Rouge, tous lâches et stupides, le phraseur Karl Yundt  le « camarade Ossipon » décrété docteur pour une vague année de médecine et qui joue un rôle ignoble auprès de la pauvre Winnie. Sans compter « l’homme au détonateur » qui ne se déplace jamais sans sa bombe. Mr Verloc n’est pas en reste, petit fonctionnaire grisâtre, devenu lâche , assassin, ignoble dès qu’il croit devoir se livrer à un acte héroïque. Parmi ce tas de pauvres crétins que le narrateur fustige à l’aide de traits mordants, de cynisme sec, et d’humour noir, Winnie est la seule à qui le lecteur reconnaît des sentiments humains et un certain courage. Par ailleurs, ce roman n’est pas « pessimiste » il est seulement lucide, et plein d’intelligence, tandis que l’intrigue est fort bien menée…

Après plusieurs Conrad, le dernier en date "Lord Jim" (pour aider ma fille qui devait le lire pour ses études) , j'ai eu la nette  impression de n'avoir  pas le pied marin. En effet, ce roman me convient mieux...

Partager cet article
Repost0
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 00:23

silas marner  

Titre complet «  Silas Marner ou le tisserand de Raveloe »

Première publication en 1861.

 

Silas Marner, jeune tisserand orphelin, vit une existence ardente et même mystique, dans une secte religieuse « la cour de la Lanterne ». Il tient, de sa mère quelques vertus concernant les plantes médicinales, et pour le reste, est assez simple d’esprit et fort honnête. Sa naïveté lui joue un mauvais tour. Son ami de toujours, William Dane lui prend sa fiancée et le fait accuse d’avoir volé les économies d’un archevêque mourant qu’il veillait.

Silas ne sait se défendre, fuit la ville, et s’insalle à Raveloe : il ne peut rien partager avec ses voisins, croyant les hommes mauvais et le Ciel hostile envers lui. Pendant quinze ans, il s’occupe uniquement de tisser, et de contempler les pièces d’or et d’argent qu’il gagne, sans les dépenser. Il est donc deveu « avare » mais ce n’est pas par peur de manquer.

Godfrey Cass, le fils du squire de l’endroit, a mené une existence dissipée. Marié secrètement avec Molly, une pauvre fille droguée à l’opium et couverte de dettes. Il envoie son frère un gredin, vendre son cheval Eclair pour 120 roupies. Ivre, Dunsay tue le cheval, rentre, arrive par hasard chez Silas parti sans fermer la porte, et vole son argent avant de disparaître.

Godfrey se réjouit de cette disparition. Dunsay le faisait chanter menaçant de révéler son mariage secret.  Godfrey se rapproche de Nancy, sa promise officielle, à l’occasion du bal du jour de l’an.

Mais ce soir-là aussi, on retrouve Molly morte dans les buissons, et son enfant, une fille, réfugiée chez Silas qui, myope, la voyant entrer, a d’abord cru au retour de son or… !!!

C’est dire que la nouvelle arrivante est un vrai trésor. Sous le nom d’Eppie, elle va devenir le personnage numéro deux de ce roman qui dure 55 ans ( la vie entière de Silas) . Le rythme est très lent, et l’on ressent le silence ( c’est Silas qui préside à la narration) . L’on pénètre dans un monde rural, les gens du village parlent avec leurs langages respectifs, les descriptions et petits détails sont abondants, et la maison de Silas est le lieu de passage de diverses personnes, chaque passage dans cette demeure relance l’action.

L’ensemble est un peu lourd et passéiste.

Partager cet article
Repost0
1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:49

  Byatt-La-Vierge-dans-la-jardin.jpg

 

Dédié à son fils Charles (1961-1972)

 

1ere publication 1978.

619 pages. 44 chapitres titrés et trois parties.

Prologue ouvrant le roman : En 1968, au Musée National du Portrait à Londres. Trois personnages discutent nous ne savons pas très bien à propos de quoi.

Le récit rétrospectif qui suit, nous apprendra vit que ces trois personnes jouent chacun un rôle important dans l’histoire.

 

Ensuite, le narrateur nous transporte 15 ans plus tôt en 1953, à Blesford, un collège dans le North Riding  Lands ( Yorkshire). Alexander Wedderburn y est professuer, mais il écrit aussi des pièces de théâtre historiques en vers « modernes » imitées de Shakespeare. Celle qu’il vient d’écrire porte sur Elizabeth 1ere et s’intitule «  Astraea »( c’est l’année ou Elizabeth II va être couronnée). Alexander, à 35 ans, se considère comme « un embryon d’homme de lettres professionnel ». Sa pièce devra être montée en août. C’est une adolescente Frederica Potter, 17 ans, qui jouera le rôle d’Elizabeth jeune.

Elle est amoureuse d’Alexander, et sa préoccupation majeure est de perdre sa virginité. Ce qui, en 1953, peut paraître curieux… mais la famille Potter est plutôt spéciale dans l’ensemble. Le père Bill, directeur d’étude d’Alexander, chez lui tyran domestique, est une forte personnalité à la pesante morale agnostique. Stéphanie, la fille aînée, est résolument du côté du père. Bonne enseignante, pragmatique, elle se prépare à épouser Daniel Orton le vicaire de la paroisse.

D’un côté, nous avons ce couple rationaliste, voulant faire œuvre caritative, épris d’action sociale, dont nous suivrons le mariage à Pâques, et de l’autre les artistes Alexander et Frederica, tous deux au début d’une carrière que l’on suppose plus ou moins médiatique. Mais ces deux êtres ne s’entendent pas tant que cela. Plusieurs femmes s’intéressent à Alexander, qui, peu soucieux de s’engager dans une relation,  n’a de vrai penchant que pour les femmes de fiction.

Et  seul, le jeune frère de Stéphanie et Frederica, Marcus, n’est vraiment pas come tout le monde. Marcus, a des visions qui, méticuleusement décrites, nous apparaissent comme autant de tableaux plus ou moins abstraits et je dois le dire d’une certaine beauté. Il vit sans cesse dans un rêve éveillé, et n’a guère de contact avec sa famille. Un enseignant porté sur l’au-delà Lucas Simmonds, le prend pour un medium et veut le faire communiquer avec les esprits…

Pendant plusieurs mois, ces personnages et quelques autres évoluent, et le roman n’est pas exempt d’action, cependant, il s’agit surtout dans ce premier tome ( il y en a quatre) de planter un décor, démarrer des intrigues, et présenter les principaux personnages que nous suivrons encore s’ils nous conviennent. Pour ma part, c’est oui, je suis prête pour « Nature morte «  le second volume.

Partager cet article
Repost0
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:11

   la vie très privée de Mr Sim(The Terrible Privacy Of Maxwell Sim, 2010)

Gallimard,  2011, 450 pages.

 

 

Le roman est divisé en quatre parties portant chacune le titre d’un itinéraire parcouru par Mr Sim qui, en mars –avril 2009, voyage beaucoup à pied en avion et en auto…voyages qui ont un air initiatique et se révèlent  riches de rencontres,  les unes insolites, les autres attendues et décevantes…

 

Dans Watford-Sidney , Mr Sim quadragénaire déprimé, en congé longue durée,  va reprendre l’avion pour l’Angleterre,  tout en déplorant le manque total de communication avec autrui, notamment  son père qu’il est venu voir.  Ce dernier lui recommande d’aller dans son appartement de Lichfied pour lire le contenu d’un certain classeur bleu…

Sim  envie une chinoise et sa fille en train de jouer aux cartes, si joyeuses et conviviales.  Sa fille à lui, il ne la voit guère, elle est partie vivre avec sa femme loin du domicile conjugal. Mais  comment pourrait-il partager la joie de ces deux personnes ?

Dans l’avion du retour, il rencontre une jeune fille  avec qui il ne parlera guère plus ;  elle lui donne  un étonnant compte-rendu du voyage que Donald Crowhurst, navigateur solitaire, entreprit pour faire la course autour du monde à la voile en 1969….On apprend que Crowhurst, guère plus marin que n'importe qui, ne fit pas la course mais feignit seulement de concourir, et se laissa prendre à son propre piège; c'est un double du personnage principal.

Pour avoir un contact avec sa femme Mr Sim est contraint de changer d’identité et d’utiliser Internet…puis de lire  les nouvelles qu’elle écrit.

 

Arrivés là, notre héros («  bien peu héros » , comme dirait Stendhal) va donc être en possession de trois documents écrits dont deux le concernent directement.

Cet esseulé de Mr Sim est tenté de  s’identifier au malheureux faux navigateur, mais solitaire au plus haut point, et, découragé par l’incommunication dont il est l’agent  un peu, la victime surtout, ne trouve de réconfort que dans la voix sereine de son GPS, alors que le voilà lancé sur les routes vers l’Ecosse où il doit… vendre des brosses à dents écologiques.  

J’aime bien l’écriture de Coe, à la fois loufoque, humoristique, sentimentale, et  ses narrations apparemment décousues ses coups de théâtre  fréquents, et je le suis volontiers, même s’il y a des longueurs comme ici. De très bons passages aussi, dont les déboires avec Internet , outil qui devrait autoriser plus de communication entre les êtres mais ne tient pas ses promesses ; le dialogue avec le GPS Emma( non ce n’est pas Emma Bovary l’inspiratrice, mais Emma Thompson l’actrice )est une merveille d’humour noir !

Du suspense, de multiples aventures qui tournent court,  ce que vérifie pleinement  la chute finale.

Un roman très amer, très pessimiste, mais tellement juste.

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 00:11


         GF Flammarion 2 tome, 947 pages et 64 chapitres titrés.

DAVID Copperfield 

           En1850 Charles Dickens a neuf enfants nés et huit romans publié, donc un de retard, c’est normal, car David Copperfield, le dernier en date,  lui a pris beaucoup de temps, et c’était son préféré.

 

Le narrateur nous raconte « David Copperfield », son autobiographie, de sa naissance à l’âge de trente-cinq ans environ. C’est un roman de formation qui relate à peu près tout des expériences de David durant ces trente et quelques années : orphelin de bonne heure, enfant battu par un beau-père pervers et sa sœur, séjours dans divers internats, dont le premier très éprouvant,  abandon par des parents indignes, obligé de gagner sa vie à dix ans, SDF très tôt sur la route de Londres à Douvres, attachement à des figures maternelles secourables ( dont son excentrique tante Trotwood, et la servante au grand cœur Pegotty) , expérience de l’amitié avec le séduisant James Steerforth, le curieux monsieur Dick( Dickens ?), la surendettée et cyclothymique famille Micawber, de l’inimitié avec des méchants intégralement méchants , apprentissage d’un métier en rapport avec la justice, amours diverses avec des femmes moyennement intéressantes, mariage, paternité, et réussite en temps qu’écrivain.

 

Le roman contient donc une multiplicité d’intrigues, toutes ou presque en rapport avec  la vie du narrateur David (parfois surnommé pour notre plus grand bonheur « Trot » ou encore « Pâquerette »…par certains des personnages les plus intéressants)

Il n’arrive rien de particulier à David mais tout lui arrive ! Du bon du mauvais de la joie et des deuils, des péripéties loufoques, une grande variété de tons et d’atmosphère destinés à accompagner le lecteur sans l’ennuyer dans un parcours de  longue durée.

C’est en général avec plaisir que l’on suit ces aventures qui pourtant traînent parfois en longueur.

 

L’auteur a voulu rendre le langage et les mœurs de couches sociales diverses, dont la famille de la servante Pegotty, des gens  de conditions modestes et ce n’est pas toujours réussi : il mime tant et tant le langage de ces gens qu’il en fait parfois un vrai charabia qui relève de la caricature : de plus, dans sa volonté de montrer le peuple bon honnête et plein de bonnes intentions, il met en scène  des personnages exagérément naïfs à la limite de la bêtise. Parfois, il exagère dans l’autre sens…

Je préfère le peuple tel que le dépeint Maupassant, Zola ou même Simenon, qui sont plus proches d’une certaine réalité.

 

Autre petite déception, les personnages féminins jeunes( Agnès un vrai bonnet de nuit, Dora stupide, Emilie sans beaucoup de traits frappants),  m’ont franchement ennuyée.  

 

En ce qui concerne la bourgeoisie, les milieux juridiques, les caractères sont bien enlevés, certains seconds rôles sont fort plaisants.

 

Lu dans le cadre du challenge Dickens organisé par Isil pour  le 198eme anniversaire de naissance de l'auteur.

 

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 23:08

l'auberge de la Jamaïque

1935.

Voilà un roman de 350 pages environ qui ressemble beaucoup à ceux que je lisais entre douze et quinze ans d’Elizabeth Goudge ou de Rosamond Lehmann, voire des sœurs Brontë…

 


Sauf que ce n’est pas la même lande. Ici c’est la Cornouaille du nord, vers Penzance, des paysages arides et marécageux, des roches de granit aux formes étranges, qui évoquent les légendes arthuriennes. La description des paysages est très fouillée et,  en dépit de nombreux événements romanesques, c’est avant tout un roman d’atmosphère. Les personnages sont assez convenus mais si bien intégrés au décor, qu’on les suit sans ennui.

 

Mary Yellan, vient d’enterrer sa mère et va rejoindre sa tante Patience  et son époux qui tiennent l’auberge de la Jamaïque. On ne sait pourquoi elle est ainsi nommée, ce qui est sûr c’est que l’on s’ y approprie  du rhum, sans doute venu  de Jamaïque.

 


L’auberge, Mary le remarque dès le premier soir est un repaire de brigands, et son oncle Joss  Merlyn, un tyran domestique alcoolique, qui  persécute la pauvre tante. Et il a des complices, des sous-fifres et un chef ! Mary se dresse seule contre ces malfaiteurs, cherche à savoir ce qu’ils trafiquent, se perd  maintes fois dans la lande, se confie à un prêtre albinos, s’intéresse à Jem le jeune frère de Joss dont on ne sait jusqu’à quel point il trempe dans de louches combines…

 


En bonne pâte de lectrice j’ai joué le jeu au point de ne rien chercher à deviner, de sorte que cette lecture fut très agréable.

 

Il me tarde de voir ce que Hitchcock en a fait....

 

 

 

Découvrez aussi :

 

Poussière ( Rosamond Lehmann)

 

Les Oiseaux ( Alfred Hitchcock, 1963)

 

Partager cet article
Repost0
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 00:00
Mrs Dalloway

 

LP ,2009, 218 pages.

1ère publication mai 1925.

 

Intéressée par "Ulysses" de Joyce, qu’elle a lu en 1920 et pas vraiment aimé, Virginia Woolf  souhaite s’essayer au même exercice, pour en tirer son œuvre à elle.

 

Elle raconte une journée de juin également, en 1923, l’action ayant lieu aussi dans la capitale de son pays, et même dans un espace restreint (le quartier de Westminster, et Regent’s Park). Les personnages  s’expriment  par monologues sans transition forte. Les personnages évoluent tantôt dehors( la rue, le Parc qui a beaucoup d’importance)  tantôt dedans( leurs demeures, un café un magasin, un autobus) en alternance. Toujours en mouvement, puisqu’en pensée.

 

 

Clarissa Dalloway 52 ans, s’apprête à donner une réception le soir , et sa journée est réservée à la préparation des festivités. En outre, elle rencontre Peter Walsch son ancien fiancé de retour des Indes, et tous deux  vont évoquer d’autres journée s d’été  trente ans auparavant, dans une propriété familiale du père de Clarissa, dernier été d’une jeunesse libre avant les contraintes du mariage et de l’exil.

En filigrane nous suivons la journée bien plus sombre, dans un récit qui n’est déjà point trop gai , de Septimus Warren-Smith,  ex-jeune soldat, revenu de  la Grande guerre encore toute proche, profondément traumatisé psychiquement. C’est un narrateur omniscient qui relatera son passé au milieu du récit car Septimus n’est pas connu du petit microcosme de la société où évolue Clarissa.

Bien d’autres personnages interviennent dans le récit monologué de cette journée, connaissances de Clarissa, femme de Septimus, simples passants.

 

On a dit que ce roman était dépourvu d’intrigue, et ce n’est pas vrai. Des intrigues, il y en a beaucoup dans ce récit !  des intrigues de leur défunte jeunesse que revivent Clarissa et  Peter chacun dans leur pensées, physiquement ensemble ou séparés. Une intrigue  qui concerne la fille de Clarissa, pour qui sa mère craint l’influence de certaine personne ; le devenir de Clarissa qui passe de l’inquiétude à un bonheur relatif, et inversement suivant les heures de la journée et ce qu’elles apportent. Le devenir de Septimus, progression vers une fin de journée que l’on devine difficile.

 

 

De ma première lecture interrompue (il y a …. bien des années) je ne me souvenais  que de Septimus et de  sa jeune femme. Ces personnages seuls, m’avaient intéressée à l’époque ! et pourtant   L’auteur  ne met en œuvre aucun effet dramatique appuyé, elle laisse s’écouler cette histoire avec beaucoup de pudeur.

J’avais interrompu ma lecture parce que Clarissa et Peter me saoulaient avec ce que j’appelais  leurs bavardages futiles incessants.  A présent, je serais bien moins sévère à leur sujet.  Clarissa doit remplir le vide de sa vie avec des réceptions, et elle réussit à transcender  ses occupations en y percevant un rituel religieux : les réceptions sont une « offrande » qu’elle fait «  à la vie ».

 

J’apprécie également les belles métaphores ( parfois effrayantes) qui sont en rapport avec la nature et les arbres.

Enfin la critique sociale est de la partie et elle est impitoyable. Dans ce registre aucun personnage ne sera épargné( le député balourd et paysan ; la gouvernante Quaker psychorigide et soi-disant mystique,  les médecins cruels et irresponsables…) vu qu’ils se jugent les uns les autres et que  nous avons beaucoup de points de vue différents.

 

Bref un beau livre redécouvert au cours d’une lecture commune avec Keisha, Mango, et Girl from Earth.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher

Archives Récentes