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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 00:57

Gallimard, collection l'Imginaire.Roman anglais, le plus simple mais non le moindre de Sylvia Towsend-Warner, excellent romancière, traduite, mais peu lue...

Suckey Bond est retirée de l'orphelinat à douze ans pour aller chez les Noman, des fermiers dans l'Essex. C'est un pays marécageux où les tourbières de confondent avec la mer. Mme Seaborn place régulièrement des écolières dans cette ferme.

Suckey adore Mme Seaborn la femme du pasteur qui lui semble être une déesse. Pourtant le sort de fille de ferme promis à cette enfant nous semble bien injuste. Suckey s'en acquitte avec zèle, passionnée par le paysage, par le fait qu'elle vit «  sur une île » et à cause de la présence d'Eric, énigmatique jeune garçon blond d'une grande beauté dont elle s'éprend.

Nul ne sait xe qu'Eric est censé faire à la ferme, ni pourquoi il y réside : il parle peu, semble indifférent, disparaît dans les alentours toute la journée mais éprouve du plaisir à traire les vaches le soir. Le lecteur le ressent plus ou moins autiste.

A sa manière, il fait des avances à Suckey ; il lui offre de petites pommes acides. Tous deux passent de bons moments ensemble, s'embrasent... ignorante, Suckey se croit enceinte alors qu'ils n'ont pas copulé. Elle veut Eric pour époux et lui demande de tuer un coq pour elle. Effrayé par le sang, Eric s'enfuit et a « une crise d'hystérie ».

Suckey doit quitter la ferme, et part en ville rechercher Eric que Mme Seaborn a emmené.

Elle a compris qu'Eric était son fils, et qu'effrayée par le penchant que Suckey manifeste à son égard, elle le séquestre désormais...

Suckey connaît de nombreuses tribulations avant de se trouver une place de gouvernante ménagère dans la ville voisine. Elle se fat une alliée de la nouvelle employée des Noman, parvient à retrouver Eric qui a perdu son père et dont la mère est devenue folle, persuade le tuteur d'Eric qui ne sait qu'en faire d'épouser ce jeune homme « un peu demeuré ».

Eric va se trouver une occupation l'apiculture à quoi il s'adonnera avec passion. Suckey s'occupera du domaine des Seaborn. Lorsque s'achève le roman, en proie à une plénitude presque mystique, Suckey va mettre au monde une fille... et ce sera Volupté car la romancière nous avait prévenu que le trio Mme Seaborn-Suckey-Eric c'est Vénus-Psyché-Amour.

Une façon originale de développer ce mythe : Junon qui est la patronne du mariage dirige un bordel : «  seules les maisons de tolérance pouvaient préserver la vertu des femmes chastes ».


Le livre ne manque pas d'ironie. Suckey aussi nous plaît par sa naïveté qui lui attire des aventures étranges. Comme toute fillette sortant du couvent, la Bible est son guide, et c'est là qu'elle va chercher la réponse aux questions qui se posent à elle. Son amour pour Eric, après des années de religion, lui parait une révélation, l'accès à un monde païen libre, qui préserve intacte la beauté.

Et, comme toujours Sylvia Townsend-Warner présente le destin d'une femme volontaire, seule, occupée de son désir et de sa singularité, en un cheminement qui lui est propre, au milieu d'une société victorienne rigide à laquelle elle ne comprend pas grand-chose, mais qu'elle parvient à utiliser à ses fins. L'autre point fort du roman ce sont plusieurs passages de prose poétique délicieuse : l'offrande des pommes, la romance de Suckey et Psyché...

 

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 11:10

A la fin du 19eme siècle, Michel Henchard, jeune botteleur de foin, personnalité ambitieuse, brouillonne, animée de sentiments excessifs, vend sa femme à un marin Newson , un soir d'ivresse, pour cinq guinées.

Il part pour Casterbridge gros bourg dans le Wessex situé à une vingtaine de kilomètres du lieu du délit. Il y devient négociant en grains et ne bois plus pendant 18 ans ayant fait un vœu.

Le voilà  maire de la ville. Mais ce que l'on nous raconte c'est l'histoire de sa déchéance...  


Sa femme Suzanne, que l'on dit simplette, a accepté la transaction commerciale dont elle est l'objet. Avait-elle pris son époux au mot ou espérait-elle gagner au change ? Elle fut heureuse mais très pauvre. Le marin ayant disparu en mer, Susan revient chez Henchard avec Elizabeth-Jane  la fille qu'elle a eue de Newson. Elle porte le même nom que l'enfant que Suzanne avait eu d'Henchard et qui  n'est plus.  

Henchard croit que c'est sa fille et l'on ne dément pas ... Belle, intelligente, cultivée, elle semble attendre son heure...


Deux ans plus tard, Newson réapparaît et  veut la reprendre...

Henchard a pris pour associé Donald Farfrae, jeune blond écossais, économe sans être avare, qui allie la froideur du calcul à la sentimentalité. Il fascine Henchard, qui laisse cet associé le supplanter, sans qu'aucun des deux ne l'ait souhaité.

Devenu pour Henchard un objet de haine, il manque périr sous sa main.


Henchard s'est aussi fait des ennemis : Une marchande témoin de la transaction qui se rend à Casterbridge, pour révéler la vérité et faire tomber Henchard , Jopp qui cherchait une place de régisseur et s'est fait évincer par Henchard se venge en divulguant des lettres qu'il a échangées avec sa maîtresse Lucetta.


Mais c'est Donald Farfrae qui, sans avoir de malice, lui prend tout. Sa place de maire, de premier négociant, sa maison, sa maîtresse Lucette qu'il épouse, sa fille adoptive... Henchard fait toujours ce qu'il faut pour tomber encore plus bas...


J'ai bien aimé ce roman qui  mêle l'analyse sociale et psychologique, en évitant la plupart des clichés. Les personnalités des deux hommes qui s'affrontent est intéressante.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 00:25

1998, 464 pages.

Avec une citation de Rosamond Lehman, en exergue: cette romancière semble avoir durablement influencé Coe. 

 

Dans le manoir anglais d'Ashdown, au bord d'une falaise, vivent plusieurs étudiants, au milieu des années 80. C'est leur dernière année d'université.

Sarah souffre de troubles du sommeil; parfois, elle croit avoir vécu ce qu'elle a rêvé. Ses songes sont très concrets et imitent méchamment la réalité d'où des quiproquos parfois drôles souvent pénibles. Gregory est devenu son ami : 'il s'intéresse à ses bizarreries davantage qu'à sa personne, ce qui a pour conséquence de la faire fuir. Un autre étudiant Robert, en est amoureux, mais elle se tourne vers une femme. Terry se passionne pour le cinéma et recherche le film perdu d'un certain Salvatore Ortese, cinéaste hyperréaliste, marginal, proche de Pasolini par le style.

 

Nous suivons leurs destinées sur deux époques en même temps, car les chapitres impairs sont consacrés aux mêmes personnages douze ans plus tard, lorsque lancés dans la vie active, ils vont bientôt se rencontrer à nouveau, dans cette même demeure attrayante et angoissante, que le docteur Duden a transformée en laboratoire, pour s'y livrer à des expériences inquiétantes.

 

Je ne sais trop quoi penser de ce roman. Il se lit avec plaisir, et l'on suit volontiers le devenir des différents personnages : Sarah et Terry sont vraiment intéressants. Les autres m'ont surtout paru des faire-valoir, et Coe n'aurait pas dû se pencher autant sur leur cas.

Certains aspects m'ont irritée notamment le sentimentalisme de Robert, quelque peu outré, surtout dans ces conséquences. Sarah et lui ont affaire à des psychiatres intrusifs, voire complètement dingues, ces caricatures de psy, que l'on rencontre bien souvent dans les romans finissent par m'ennuyer. La critique sociale dans ce roman est moins bien venue que dans ses autres livres. Dans l'ensemble, je ne suis pas très convaincue. Si j'ai tant attendu pour le lire, ne soupçonnais-je pas précisément qu'il me déplairait?

D'ordinaire, si j'ai un roman de Coe en main, je le lis sur-le-champs.

Je mettrais cet opus loin derrière «  Testament à l'anglaise »( qui reste son meilleur), Bienvenue au club, et La Pluie avant qu'elle tombe...

Et voilà le problème, avec la PAL: ce sont des livres que l'on remet à plus tard, parce, dans plusieurs cas, on a senti, sans se le dire, qu'on avait eu tort de les acheter...

 

Cette lecture est commune avec George, je me demande si elle sera moins sévère que moi...

 

 

 

 

 

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 13:21

l-amant-de-Lady-Chatterley.jpgAprès lecture du carnet de la cinéaste Pascale Ferran, dans un vieux numéro des Cahiers du cinéma j’ai eu envie de me replonger dans Lady Chatt, lu à l’adolescence, bien oublié depuis . 


A la Fnac, j’ai opté pour l'édition folio-classique avec une intro du professeur Topia ( André)  qui souhaite expliquer l’intérêt socio-culturel d’un roman qu’il serait injuste de considérer comme une partie de jambes en l’air même fort réussie.

 Il  nous dit entre autre que Lawrence jugeait Jane Austen mesquine et sèche,  et qu’il rêvait de l’Angleterre rurale d’avant l’industrialisation. 


Dans la fusion entre deux être se révèle ce qu’ils ont d’unique, pensait cet idéaliste.


…..

Constance ( Connie) est une fille « libre »: elle va à l'université,  et  son père, un intellectuel, la laisse fréquenter  des jeunes gens à sa guise.  Nous sommes au début du vingtième siècle.


Après une première histoire gentillette avec un musicien, elle rencontre Clifford issu de l’aristocratie rurale, qui n’aime fréquenter que ceux de son groupe, tandis que la citadine Connie, bourgeoisie libérale aisée, jouit d'une grande souplesse de mœurs.


Clifford est dépeint comme un jeune homme désabusé jusqu’au cynisme, trouvant tout «  ridicule » : plusieurs pages sont consacrées au « ridicule » selon Clifford, qui s’enferme dans une nihilisme sommaire. L’amour physique fait également partie des ces activités qu’il trouve grossières, et ne supporte qu’à titre de formalité.


Lorsque ce jeune homme revient de guerre, impuissant et paralytique, Connie est encore jeune et n’a plus rien à vivre d’important avec lui, sauf jouer les infirmières ; ils se déclament du Racine, un auteur, qui, pour Lawrence est conforme aux prédispositions de Clifford, pour qui la jouissance esthétique se trouve dans la pureté et le dépouillement.

Clifford finira par s’inventer des plaisirs de chair avec une Mrs Bolton qui ne le cède en rien à cette Irina Palm qui passa sur les écrans, il ya quelques temps .


Et l’histoire d’amour de Connie avec le garde-chasse ?

Vous l’attendiez ?

C’est un brave homme Mellors, il n’est pas bégueule (vous le saviez déjà ?).

Il se dit de jolies choses sur ce que peuvent éprouver une homme et une femme, dans une relation sexuelle réussie.

 Connie ne savait pas grand chose de ce qu'une relation sexuelle peut provoquer, et  sa découverte du plaisir se fait par étapes, lente mais sûre.

Mais pourquoi faut-il que Mellors qui est apte aux plaisirs charnels soit peu instruit et que Clifford, l’intellectuel, ne soit bon à rien ?

Pourquoi faut-il qu’il déclare sa femme d’une «  race inférieure » parce qu’elle a couché avec un « domestique ».

Qu’est-ce que cette sorte d’intellectuel ?

Tout cela est sous-tendu par une idéologie assez primaire.

L'avis d'Ys qui a trouvé les scènes de sexe ennuyeuses. Je suis assez d'accord!

C'est vrai qu'à présent, on varie davantage les postures et les aventures. Pensez que Connie n'a eu finalement que trois amants ( en comptant son mari et le musicien, j'espère que je n'oublie personne? corrigez-moi au besoin...) , c'est peu pour une jeune femmede trente ans . Ajoutez à cela qu'elle n'a pas essayé l'homosexualité, ni les accessoires érotiques.... !!!
 
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 23:43

Ce roman, l'un des plus réussis de Virginia Woolf, paraît en 1926, entre «  Mrs Dalloway » et «  Orlando » : une période de création féconde mais qui génère chez l'auteur de graves crises de dépression, en particulier lorsque le roman est achevé, paru, et qu'elle ne peut encore se mettre sérieusement au suivant.




La famille Ramsay est en vacances, dans une propriété aux Nlles Hébrides.


L'auteur a pris pour modèle La propriété familiale de St Ives en Cornouailles, lieu de vacances, de la famille de Virginia enfant.


La maison est pleine : Huit enfants (filles et garçons de 6 à 18 ans) Mr Ramsay, prof de littérature à l'université, Mrs Ramsay, ménagère, mère au foyer. Des amis et voisins dont la plus importante est Lily Briscoe , artiste peintre, qui résiste à la tyrannie masculine pour se consacrer à son art.

Elle résiste aussi à la tentation de peindre des sujets à la mode du temps.


Mrs Ramsay est le personnage principal. Qui tient toute la place. Qui est reflétée et digérée par chacun des autres protagonistes. Qui ne vit que d'être irremplaçable. Rien ne doit se faire dans la maison ni au village sans qu'elle n'y joue un rôle central, négatif ou positif. Elle ne perd jamais des yeux un membre de la famille ni un objet de la maison

Le petit James, 6 ans, est couvé par sa mère, déteste M. Ramsay, écrivain présenté comme dominateur, intellectuel.

Le Phare brille tous les soirs, présence inaccessible. La promenade dont il est question dans le titre est toujours remise au lendemain pour des raisons fallacieuses. En fait, on sent que le phare doit rester loin et que la maison ne doit pas être désertée...

  1. Mr Ramsay a un admirateur, Charles Tansley, l'équivalent d'un jeune normalien en France, et William Banks un collègue sans enfant qui le critique d'avoir une si nombreuse famille, mais le jalouse en même temps. Le troisième allié est M. Carmichael, poète. 

Mrs Ramsay doute de son mari. Il aurait déjà écrit tout ce qui était important pour renouveler la philosophie de son temps, et son prestige actuel serait dû à ce passé. Il a écrit un nouveau livre mais il se répète et il le sait. Sa femme doit le réconforter le soir, et lui répéter qu'il est l'un des plus grands esprits de sa génération, tout en lisant à James le « conte du pêcheur ».


En réalité ce que ressent Mr. Ramsay, c'est une impression d'étrangeté, entre l'univers culturel où il vit en pensée, et la retombée subite au milieu de de sa vie de famille, des êtres qui lui sont chers, mais qu'il n'appréhende que de loin. Sa citation préférée est le letmotiv du roman: «  Nous pérîmes chacun tout seul » allusion à un naufrage décrit par Tennyson. La phrase deviendra obsédante dans la dernière partie de l'ouvrage.


La partie I, pendant laquelle nous pénétrons dans la conscience des différents personnages, se déroule pendant une après-midi et une soirée d'été, incluant le repas du soir qui représente un chapitre particulier.


Après ce repas, Mrs Ramsay a réussi à persuader Paul Raylay, un jeune homme qu'elle considère comme un simple d'esprit, d'épouser Minta Doyle, une jeune femme de 24 ans, dont elle craint qu'il ne plaise à son mari.



La partie 2 s'intitule «  Le Temps qui passe ». On relate une période de dix ans, probablement de 1913 à 1923: la grande guerre de 14-18 y est mentionnée, ainsi que la vie de la famille et celle de la maison de vacance : personne n'y vient plus et l'endroit se détériore plus ou moins malgré les soins d'une femme de service, Mrs Mc Nab.

La description de cette maison vide qui attend en vain que ses habitants viennent l'animer est déchirante, surtout dans les détails : la châle vert de Mrs Ramsay autour de la tête de sanglier qui plaisait à James, mais effrayait Cam, est finalement emporté par le vent en plusieurs phases.

Les lectures de jeunesse de Mr Ramsay ( Walter Scott) auxquels il tenait tant moisissent sur les rayonnages.

La vaisselle en porcelaine finit par se briser à cause des tempêtes.... la maison se désincarne, les tempêtes la font grincer et gémir , elle se plaint. Nous apprenons incidemment que les Ramsay ont connu des deuils : Mrs Ramsay est morte «  brusquement » annonce la femme de service, et Prue ( la plus jolie des quatre filles) à peine mariée, a succombé à son premier accouchement.

Andrew, le plus intelligent des quatre garçons, est tué à la guerre, des morts violentes, qui reviennent en écho dans les pensées des personnages restant, dans la troisième partie.


La partie III ,le Phare : Dix ans plus tard, Mr Ramsay n'a rien de plus pressé que de conduire James et Cam au phare, promenade que James désirait tant dix ans plus tôt, et qu'il n'a pas obtenue.

En souvenir de Mrs Ramsay, James et sa soeur, maintenant adolescents, vont pouvoir se rendre au Phare.

Et maintenant, ils s'en fichent mais tant pis!

James hait toujours son père, et imagine souvent lui planter un couteau dans le coeur, mais, durant cette traversée, il ne saura pas résister à un compliment,  lui disant qu'il conduit fort bien le voilier. Ce qui amuse Cam, la jeune soeur...

Cam s'ennuie, et James peste contre son père, qui essaie maladroitement de dialoguer avec eux.


Restée à terre, Lily recommence la toile inchevée dix ans auparavant, de la maison, sa façade, ses haies, le jardin, Mrs Ramsay et James dans un coin( «  le triangle violet ») .

Lily ne vit pas de sa peinture. Sa toile sera « roulée sous un lit ou accrochée dans le grenier »

Cependant son souci est d'équilibrer les masses d'ombre et de lumière. Elle doit représenter l'absence et la présence de Mrs Ramsay dans le trait blanc qu'elle trace au milieu des courbes qui figurent la maison et tendent vers un centre qui est vide : elle sait enfin quoi y mettre...

 


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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 14:05

Sa majesté des mouches... 


Il n'y a pas de fille dans le roman.


Lorsque Jack devient chasseur, il ne ramène le gibier à aucune femme, et aucun père ne le félicite.


Les partisans de la civilisation (Ralph et Piggy) entretiennent le feu de l'espoir, celui qui sert de langage, mais les amis du jeune chasseur Jack, se comportent comme s'ils avaient inventé le feu, et Ralph et Piggy comme s'ils l'avaient volé.


D'ailleurs c'est le feu, qui, en incendiant l'île, finira par donner l'alerte, le feu devenu une parole gigantesque, un appel au secours et une destruction.


Les enfants sont orphelins ; la mère, c'est cette truie dont ils viennent adorer la tête,déjà pourrissante,  et que l'on appelle Lord Of The Flies (il s'agit d'une femelle dans la version française mais en anglais c'est " Lord" ), et qui donne son titre dérisoire au roman.


Simon, le gamin contemplatif et inquiet, se demande si elle vit.

C'est lui aussi qui découvre que la bête effrayante, le fantôme sur la montagne, ce n'est que les restes d'un des pilotes de l'avion, engoncé dans son parachute et qui se ballotte au gré du vent , alors que son parachute est pris dans un arbre.

Ce parachutiste symbolise tout ce qui reste du père...

Simon est le premier des enfants à être éliminé.


Piggy, le second, parce qu'il réfléchit. Il n'a pas de nom, juste un pseudonyme, et ce pseudo évoque fâcheusement l'animal tué.


Ralph pourrait être éliminé parce qu'il sait parler. Son meeting avec le coquillage «  la conque » qui leur sert de micro est digne d'un petit Moïse au Sinaï.


Finalement, je trouve que ce roman qui m'avait frappée il y a très longtemps ( et dont j'avais " récupéré" les personnages pour en faire des histoires de mon cru) a résisté au temps.

Je l'aime encore!


Si je vous disais que j'étais très attachée à ces garçons vous ne me croiriez pas et pourtant...


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 23:44

 ( The Rain Before It Falls, 2007)

Gallimard, 2009, 249 pages.

 

Rosamond vient de mourir, laissant sa nièce Gill être son exécuteur testamentaire. La vieille dame vivait retirée dans une maison du Shropshire qui lui était chère. La mort ne semble pas du tout naturelle. En outre Rosamond a laissé plusieurs cassettes enregistrées, qui doivent être écoutées si possible par Imogen, une petite cousine à elle.

Imogen à qui elle semble beaucoup tenir.


Pas simple ! Gill n'a vu Imogen qu'une seule fois, à l'anniversaire des cinquante ans de naissance de Rosamond. C'était une jolie petite fille de huit ans, aveugle, qui lui avait fait une forte impression. Et donné l'occasion de chercher à décrire ce qu'elle voyait.

Gill et ses deux filles, dont l'une est musicienne,  vont tenter de retrouver Imogen, mais en attendant, elles écoutent le récit enregistré de Rosamond, dont, faute de mieux, elles sont les dépositaires.

Rosamond a raconté sa vie à la jeune aveugle, pour que celle-ci apprenne d'où elle est issue. Car Imogen est une enfant adoptée.

Et c'est tout d'abord  la figure de Gracie que l'on voit surgir des mémoires de la vieille dame esseulée, à travers la première des vingt photographies qu'elle a choisi de décrire et commenter pour Imogen. La meilleure amie de Rosamond enfant, dont elle fut séparée par la guerre. Rosamond n'a pu lui dire adieu : son doigt était coincé dans le petit trou d'une barrière en bois... à la photo suivante, apparaît  Beatrix ...

Le récit a été conçu pour une aveugle. C'est donc en aveugle que le lecteur va le recevoir. Un choix judicieux car un lecteur ne voit jamais qu'en imagination ce que le narrateur veut lui dire ; d'où l'importance accordée à la description, à l'aspect visuel et musical de toutes choses.


Le récit de Rosamond est la vie d'une femme subjuguée très jeune par sa cousine, forte personnalité déséquilibrée, à laquelle elle se lie pour toujours, pour le meilleur et pour le pire, et lorsqu'elle n'a plus rien à en attendre, elle se tourne vers sa descendance : Beatrix. Dépourvue de disposition pour la maternité, cette dernière ne semble avoir un enfant que pour le donner à Rosamond et le lui reprendre, et sa propre fille agira de même. Tandis que Rosamond se trouve des compagnes de vie qui ne la satisfont jamais, Beatrix épouse des hommes qu'elle s'empresse de quitter. Les deux femmes sont liées mais Beatrix vit cette relation sur un mode haineux et destructeur.


Le titre «  la pluie avant qu'elle tombe » fait penser à ce sentiment de bonheur intense et terrifié dont on pressent qu'il va être suivi d' une catastrophe parce que c'est trop beau et que ça se paie... ou plus prosaïquement le changement de l'atmosphère lorsque la pluie menace, l'orage en particulier. On peut attendre d'un Anglais qu'il en  ait fait à de nombreuses reprises l'expérience...

Un récit mélancolique axé sur le destin que l'on doit endurer, plus que sur la critique sociale à quoi Jonathan Coe s'attachait surtout jusqu'ici. On retrouve cependant des références cinématographiques chères à l'auteur. Jennifer Jones dans "Duel au soleil" à laquelle ressemble l'héroïne principale du roman, Beatrix, portrait de femme au tempérament violent. Il est question d'un autre film " la Renarde" que je ne connais pas.


Il n'y a que des héroïnes femmes dans ce roman écrit par un homme ! Les   hommes y sont  réduits à très peu de choses. Aucun ne trouve grâce aux yeux de Rosamond, la narratrice...


Pourquoi Rosamond ? J'ai d'abord pensé à Rosebud, et puis je me suis rappelée de cette préface que Coe, en 1995,  consacra à « Poussière » de Rosamond Lehmann, préface que l'on peut lire dans la réédition de ce roman chez Phébus( année 2007).


Coe y reconnait Lehmann ( 1901-90) comme un de ses auteurs préférés «  un roman qui continue de m'ensorceler », la défend avec brio contre ceux qui  la jugent passéiste, admire «  les superbes portraits de personnages masculins » de son roman, qu'il aime particulièrement « la plupart des hommes y reconnaîtront des aspects d'eux-mêmes, et l'embarras les fera rougir ». Sans doute a-t-il voulu lui rendre hommage, et nous livrer de superbes portraits de personnages féminins,  ainsi que des descriptions merveilleuses de la campagne anglaise comme savent si bien le faire nombre de romancières de ce pays, ce qui explique que ce roman soit si différent de ceux qu'il écrit d'ordinaire, plus traditionnel dans sa construction, plus ciblé sur les émotions.

C'est une étape intéressante dans le parcours de Coe, mais il serait  malvenu de comparer cette œuvre singulière à ses autres romans.


L'avis de Dasola.

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 00:32

(The Night Watch) 10/18,2008.

1947 à Londres : Helen et Vivien tiennent une agence matrimoniale. Elles s'entendent bien mais pensent  chacune de son côté, aux épreuves traversées pendant la guerre toute proche, alors que Londres était bombardée. Helen vit avec Julia, écrivain de romans noirs. Elle est très jalouse de Julia des rencontres qu'elle peut faire en dehors d'elle, la surveille...Viv a un amant Reggie, marié et père, une liaison qui ne lui plaît plus mais elle ne sait comment y mettre fin. Le frère de Viv, Duncan, quoique jeune vit avec un vieux monsieur arthritique qu'il connaît de longue date. Ce monsieur va consulter un spirite pour supporter ses douleurs et sa condition... Dans cette même maison loge Kay, qui fait de longues balades tous les jours, et regrette son travail d'ambulancière pendant la guerre...

Chacun de ces personnages vit mal son existence actuelle, non sans craindre tout changement possible...


Le roman est divisé en trois parties,  qui remontent dans le temps, jusqu'en 1941 où l'on voit les protagonistes s'affronter au problème qui va les poursuivre pendant la guerre et après...

 Le  récit, bien équilibré,  alterne les points de vue des quatre personnages importants,  sans changement de paragraphe ou de chapitre, ce qui donne un parfait enchaînement et un rythme soutenu.  Le récit est classique, romanesque sans être sentimental, réaliste, le plan social et psychologique bien rendu.

La seconde partie est la mieux venue avec de terribles et belles descriptions de Londres bombardée et des errances des divers personnages dans cette épreuve.

Merci Chiffonnette pour ce beau roman choisi pour moi à l'occasion du swap londonien.
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 23:10

  Titre français : Sur la plage de Chesil



Vintage, 2008, 166 pages.

Ce roman est le septième Mc Ewan que je lis.


Un jeune couple, d'un peu plus de vingt ans, dans une auberge du Dorset, proche de la mer, s'attaque pesamment à sa lune de miel.


 Nous sommes en 1962, Edward Mayhew vient d'épouser Florence Ponting. Ils se sont rencontrés deux ans plus tôt au cours d'un meeting contre le nucléaire.


Florence est issue d'un couple atypique, son père est un homme d'affaire, sa mère prof de philosophie. Elle est violoniste et s'occupe activement de mener à la gloire le quatuor à cordes qu'elle a formé.

Edward vient d'un milieu plus modeste son père est instituteur, sa mère, handicapée mentale suite à un accident, a rendu chaotique l'existence des siens. Le jeune homme, fraîchement  licencié d'histoire,  rêve encore d'écrire des monographies de personnages marginaux et héroïques, bien qu'il ait dû, pour avoir Florence,  accepter un emploi de représentant multicarte dans l'entreprise de son père. Pour avoir Florence, il a fait des concessions,   mais va-t- il la posséder charnellement ?


Florence aime Edward, mais n'est pas le moins du monde attirée par la sexualité.

Aujourd'hui on dira que c'est impossible d'aimer sans désir sexuel.

Pour avoir du désir, elle devrait avoir l'impression de faire quelque chose d'interdit.  A mon avis c'est la sensation de faire queque chose d'interdit ( au sens large du mot) qui prédispose  au désir et non je ne sais quelle nécessité bio-physique...( je ne dirais pas que l'auteur est de cet avis mais il le rend évident sans le savoir).

Or Florence  vient de promettre au prêtre d'appartenir corps et âme à Edward.  c'est son devoir, c'est ce qu'elle se répète...

A chaque attouchement, elle réagit par des symptômes hystériques qu'elle tente de dissimuler,   quelquefois en encourageant ses manœuvres. Elle est prête à faire semblant et a lu un manuel de bonne conduite sexuelle,  qu'elle se remémore.


Edward est lui aussi encore vierge, et même, assez innocemment, il s'est abstenu de toute pratique masturbatoire récente, en vue du grand soir.( He felt trapped between the pressure of his excitement and the burden of his ignorance. Beyond the films,t he dirty jokes, and the wild anicdotes, most of what he knew about women was derived from Florence itself). Lui a ressenti, dès qu'il l'a connue, que Florence résistait,  sans se le dire.


Elle n'en sait rien. Ils n'ont jamais parlé de sexualité...


L'auteur a voulu me semble t'il montrer un couple emblématique du début des années 60, en même temps qu'il dote chacun des protagonistes de traits particuliers, pour mélanger la comédie de mœurs au roman psychologique. C'est assez réussi.

Le récit de la nuit de noces ratée alterne avec les souvenirs obsédants des deux jeunes gens de situations pénibles qui viennent ajouter à leur confusion. Lorsqu' Edward voulut venger un ami juif, victime d'antisémitisme actif et  que ce dernier s'estima humilié, davantage par l'action de son ami, que par le mal infligé par son ennemi...


  Le ton est  vif, ironique, sans pour autant nous empêcher de participer aux épreuves des deux jeunes gens. Les dialogues s'entremêlent de notations détaillées et concrètes des mouvements et sensations des jeunes gens assaisonnés des propos ironiques du narrateur.


Un roman  d'une intelligence aiguë.

D'autres avis sur " Chesil' : Jules 

Amanda Meyre

Sylvie



Toutefois le meilleur Mc Ewan, le plus abouti  est " Expiation".

Ensuite viennent Délire d'amour, Un Bonheur de rencontre, L'Enfant volé, et le Jardin en ciment , tous intéressants et qui valent celui-ci.


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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 23:19


Titre original The Chimney Sweeper 's Boy, 1998.

Livre de poche, 2001. 478 pages.


Après la mort de Gerald Candless, romancier célèbre sa femme Ursula se sent soulagée. Geradl lui menait la vie dure. Il ne l'avait épousée que pour avoir des enfants et la  calomniait auprès d'eux. Avec ses deux filles, Sarah et Hope, il formait un trio inséparable dans lequel la mère n'avait pas sa place. Dépossédée de ses enfants, Ursula peut-elle les regagner ?


Sarah la plus âgée des deux filles est pressentie pour écrire la biographie de son père. Elle se rend dans sa famille  qu'il ne fréquentait pas, et découvre que le vrai Gerald Candless  ne saurait être son père. Déconcertée, elle mène une enquête pour savoir la vérité, embauche un étudiant, descendant des Candless, pour faire des recherches. Ils lisent les romans de «  Gerald » supposés autobiographiques. Pourquoi avait-il fait imprimer sur ses couvertures de livres une phalène noire ?


Dans l'ensemble c'est un bon roman la plupart des personnages sont intéressants, le père les deux filles, et  même les second rôles tels que Jason l'étudiant et sa grand-mère Thague,qui participent à l'enquête, ou encore  David l'ami avec lequel Sarah entretient une curieuse relation amoureuse. On s'intéresse aux intrigues secondaires bien intégrées à la principale. l'arrière-plan social est  réaliste.


Le roman relance l'intérêt grâce à de bonnes trouvailles, comme ce « jeu de mains » qui fut choisi pour le titre français, ce jeu que Gerald pratiquait avec ses filles, jeu apparemment incompréhensible, rite de passage, à signification symbolique. Si un étranger  comprend  de quoi il retourne il est intégré au trio ; or, le lecteur ne saisit pas avant longtemps...



Un certain délayage nuit pourtant au roman. L'histoire d'amour d'Ursula est un peu trop convenue et gagnerait à être coupée de moitié. Les quarante pages finales qui achèvent de nous livrer la clef de l'énigme sont interminables d'autant que nous avions compris déjà ce qui était en jeu. Condensées en dix, ces quarante pages auraient pu être intéressantes.

Les meilleurs roman de Rendell décidément sont ceux qui ne dépassent pas les 350 pages en français.

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