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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 17:28

les-t--moins.jpgLe film s’ouvre sur le 21 juin 1984 : Mehdi et Sara viennent d’avoir un bébé qu’ils ne savent comment nommer.


 C’est un couple de trentenaires,  financièrement très à l’aise, qui vivent dans un grand appartement parisien et se retirent autant que possible dans une spacieuse demeure sur la Côte d’azur. Ils pratiquent l’amour libre ; chacun s’offre des galipettes quand ça lui plaît avec qui il (elle) veut.


Mehdi est inspecteur de police (beaucoup plus normalisé que Daniel Auteuil, également flic dans les Voleurs)  et sa femme (Emmanuelle Béart, hyperactive) écrit des contes pour enfants.

Ils ont un ami quinqua, Adrien, homosexuel, médecin, qui s’est épris d’un jeune garçon, Manu,  lequel  vit d’amour et d’eau fraîche.


Invité sur la côte d’azur par le couple, Manu, inanimé, séduit Mehdi au cours d’une baignade où il manque de se noyer (on pense que c’est une feinte de sa part, mais la suite le dément).

 

   Les nouveaux amants font l’amour dans les blés. C’est l’été, il y aura beaucoup de soleil, des couleurs éclatantes, des arrière-plans  lumineux, des vêtements fantaisistes, aux teintes gaies avec  prédominance de couleurs dorées.

Sarah fait sa mijaurée avec le bébé, pique des crises, je ne suis pas faite pour être mère, nous sommes dans un milieu où ça peut se dire. Elle se met des boules Quiès pour travailler tranquille.  Adrien joue les nounous avec vigilance et sympathie.


Manu attrape une maladie mystérieuse qu’Adrien est le premier à diagnostiquer comme étant la conséquence  du virus HIV. Il n’y a, alors,  aucun traitement possible.

Manu court donc vers sa fin, confie ses pensées à un magnéto ; Sarah récupère le texte oral pour écrire un roman «  témoignage du passage de Manu chez nous ».


Celui qui attrape le sida c’est le petit jeune homme naïf, aimable, qui aime bouger, courir, danser, baiser et qui n’a pas eu trop de peine avec son orientation sexuelle, quoique le texte confié au magnéto, dont on entend quelques phrases à la sauvette  dise le contraire…  Mais pratiquement, pour le spectateur, le premier (et dernier) obstacle que Manu rencontre, c’est le virus mortel.


 Cette maladie n’a aucun sens, Manu ne peut s’y affronter. Il attend la mort en se cachant.

 
C’est le film que tout le monde trouve génial en ce moment.

Je n’ai aucune inclination pour ces personnages. De grands bourgeois capricieux et jouisseurs qui n’ont pas le temps de s’ennuyer, ni même de réfléchir,  parce qu’ils ont l’air de vivre des trucs très intenses.

 La nouvelle coiffure de Béart, cette coupe courte ébouriffée, quasi hirsute, c’est original, elle fait tenir ça avec de la super glue, vous croyez ? Et sa veste jaune vif sa robe à petits motifs en dessous, ça m’irait ?


 Le jeune provincial qui monte à Paris, trouve un protecteur plus âgé, et fait des expériences plus ou moins conflictuelles avec la société, c’est une constante dans les films de Téchiné mais « Manu » (Johann Libéreau) n’a pas la personnalité  complexe ni le mystère du jeune délinquant  Gaspard dans les Egarés, de Benoît Magimel dans les Voleurs, de  Pierre ( Manuel Blanc) dans J’embrasse pas   ou de Martin (Alexis Loret) dans Alice et Martin. De même le personnage du protecteur ne peut se mesurer à Philippe Noiret de J’embrasse pas, ou Daniel Auteuil des Voleurs… lorsque je me suis demandée pourquoi je ne m’intéressais pas à ce film je l’ai forcément comparé à d’autres « Téchiné ».

Dans ces films précédents, les protagonistes affrontent des maux qui ont un sens : la guerre, dans les Egarés, le père dans Alice et Martin, l'orientation sexuelle dans La Saison préférée et les Voleurs,  l’argent qui manque, les difficultés identitaires dans presque tous.

Mais dans ce film rien ne paraît très sérieux sauf le sida : et le sida,  le virus, ça se combat, c’est un problème social mais ça n’a pas de signification symbolique ; pas dans ce film en tout cas.  

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 09:51

La-Vie-des-autres.jpg   En 1984 la RDA est dirigée par Erich Honecker c’est la fin d’un long règne de dictature. Georg Dreymann , dramaturge à priori au-dessus de tous soupçons, va toutefois faire l’objet d’une surveillance par la Stasidont le nom officiel est Ministerium für Staatssicherheit « Ministère pour la sécurité d'État ». Ce service de  police politique, de renseignement et d’espionnage du régime de la  République démocratique allemande existe depuis 35 ans.

 

 Si Dreymann intéresse Hempf, le   ministre chargé de la culture, c’est que ce monsieur veut s’approprier sa maîtresse, l’actrice  Christa-Maria Sieland et, pour ce faire, il doit l’éliminer. Dreymann est un intellectuel, on ne doute pas de trouver un manquement au régime qui serait suffisant pour le mettre en difficulté.

 

 Le lieutenant Grubitz chargé de l’exécution du plan espère monter en grade. C’est à son officier le plus zélé, Gerd Wiesler, qu’il confie la tâche ingrate de mettre les appareils dans l’appartement et d’écouter jour et nuit avec l’aide d’un employé, ce qui se dit dans  ces lieux ainsi que ce qui s’y fait d’après les bruits entendus ; cette entreprise de déchiffrement réussit au-delà de toute mesure.

 

Gerd Wiesler est différent de Grubitz et Hempf : il n’est pas « corrompu ». Il croit à ce qu’il fait et le fait pour servir l’idéologie du parti, qui, pense-t’il, est aussi la sienne. Ce fonctionnaire ne vit que pour bien accomplir sa tâche, et satisfaire sa conscience éprise de justice. A l’écoute de Dreymann, ses problèmes, ses proches,  il se rend compte que cet individu n’est pas l’ennemi qu’il pensait : Dreymann entretient une liaison avec  Christa-Maria, ils s’aiment. Dreymann joue et compose de la musique. Son ami, un dramaturge  dissident, a été évincé parle parti. Dreymann prends conscience que le parti brise des hommes et des artistes, et dans le même temps, son espion participe à cette prise de conscience. 

 

 Après la chute du Mur, il recevra un signe de reconnaissance de la part de Dreymann qui, lui-même, a refait le parcours de son histoire qu’il ignorait en consultant les archives.

 

Les pontes corrompus de RDA continuent leur carrière à l’ouest en beauté.

 
 
 

Wiesler, personnage-clef sur qui l’intrigue repose, est un individu discret qui parle peu : on prend  la  mesure de son émotion à l’écoute des affaires de Dreymann, en étant attentif à ses gestes, la façon dont il retire ses écouteurs plus ou moins vite, les mimiques du visage qui sont extrêmement discrètes ; quelques pleurs qui peuvent passer inaperçus.

 

Le traitement du film est sobre, voire  ascétique, comme le personnage  de Wiesler ; on n’utilise pas le gros plan, on ne montre que le minimum des événements les plus dramatiques. Le fonctionnement de la Stasi, organe redoutable du parti, est montré à travers les pratiques de torture « morales », des  exposés  de psychologie sommaire (lorsque le suspect répète toujours les mêmes phrases  pour narrer son emploi du temps c’est qu’il ment !), et la façon vicieuse de transformer un honnête citoyen en « informateur ».   

 
  Dans son site le Désordre , (voir l'article), philippe de jonckheere dit que ce film est franchement nul et que l'on a tort d'appeler cela "renouveau du cinéma allemand". Il est vrai qu'on ne peut pas le comparer à ceux de Wim Wenders ni de Werner Herzog ( voilà qui ne me serait pas venu à l'esprit! ); il s'agit ici d'une mise en scène très classique,
"académique" peut-être, qui ne cherche pas l'innovation. On aurait pu comme il le suggère confronter le spectateur, comme Wiesler,  aux seules informations auditives, et que l'on en aurait tiré des effets plus intéressants. Est-ce une raison pour déclarer le film nul et " bourré de clichés éculés"? je ne crois pas.
 
 
 
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 21:54

Parle-avec-elle.gifLe troisième opus d’Almodovar  qui a retenu mon attention( " Parle avec elle", film sorti en 2002), met en scène des couples hommes/ femmes.

Deux couples suivent des destins  séparés qui vont se rejoindre.

 Veuf de sa mère, Benignio  se réconforte   en suivant par sa fenêtre les évolutions d’Alicia, qui prend des cours de danse dans un local en face de chez lui. Il  la suit dans la rue, fait des avances répétées. Contrariée, elle traverse une rue trop vite et se fait renverser par une auto.


Marco, journaliste, interviewe une autre danseuse, Lydia, qui se produit dans les arènes aux côtés des taureaux.  Marco et Lydia entament une liaison houleuse. Troublée, Lydia est victime de la bête.


Les deux femmes tombent dans  un coma profond.

 L’accident met fin à la liaison de Marco et Lydia, tandis que celle de Benignio et Alicia commence.

Devenu son infirmier, Benignio s’occupe d’elle enfin et en priorité ; la nettoie lui enduit le corps de crème… non seulement il lui parle ( titre) mais il ( se ) lui répond.

Il parle à Alicia de ce qu’il croit savoir lui plaire, lui raconte en détail le film muet qu’il a vu,  l’Amant qui rétrécissait ; ce film dans le film est aussi d’Almodovar : un homme qui a pris un breuvage de drogues devient semblable à Gulliver, escalade les mamelons d’une géante, entre dans son sexe pour y passer le reste de son âge.

Dans la chambre contiguë, Marco reste prostré devant  le corps inerte de la belle torera. A observer Benigno au service d’Alicia, il ressent curiosité, répugnance, admiration. Benignio est un homme heureux : «  Alicia et moi, formons un couple parfait »

Le couple idéal : jamais la moindre querelle…

Dans les arts   de l’image, l’attrait pour le corps inanimé est une évidence et il a suscité de très belles œuvres. Mais lorsque je cherche à me repasser le film, je n’ai qu’un vague souvenir d’Alicia .

Lorsque la belle au bois dormant se réveille, Benignio n’est plus à son chevet. Son infirmier lui ayant fait subir quelques sévices, elle a fait une fausse couche, et il a été interné. On ne saura jamais ce qu’elle en a perçu ou conclu. Alicia n’a pas la parole.

 Le film est, dans une première approche,  une variante radicale du « sois belle et tais-toi ». C’est un penchant typiquement masculin : que pourrait faire une femme d’un homme dans le coma, je vous le demande !

On laisse entendre que Benignio a vécu un grand amour, qu’il a sauvé Alicia, et en est mal récompensé ! Marco, devenu son ami, se sent coupable de la mort de Lydia parce qu’il n’a pas eu les « qualités nécessaires » pour supporter le corps comateux et s’entretenir avec lui !

  

Le vrai message du film ( Almodovar l’a pressenti…mais en est-il conscient ?) c’est que l’on ne peut s’adresser à un interlocuteur en disant « tu » sauf à passer par soi-même, et que l’interlocuteur fait toujours le mort ; cette situation de communication entre Benignio et Alicia gisante est le lot quotidien que vit chacun de nous.

Ce qui fausse le jugement du spectateur c’est que cette situation est ici présentée comme exceptionnelle alors qu’elle est commune.

 
 
  
 
 
 
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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 22:30

La-Mauvaise---ducation.jpg La critique a opposé les deux derniers films d’Almodovar ; Volver met en scène le monde féminin, la mauvaise éducation celui des hommes.

   Les femmes dans Volver sont des ménagères de choc, astucieuses, héroïques.

 Qui sont les hommes dans la Mauvaise éducation ?

Des artistes


   Les années 80 sont difficiles pour Enrique, cinéaste en mal d'inspiration, qui découpe des articles de journaux morbides à la recherche d’une  idée de film ;il reçoit la visite d'un acteur barbu, son ancien ami d’internat, Ignacio,  qu’il n’a connu qu’imberbe et prépubère.  Ignacio lui  propose sa nouvelle, «  La Visite » qui, dit-il, s'inspire de leur jeunesse dans le collège, et dont Enrique pourrait tirer  un scénario,  ainsi que sa personne, pour jouer dans le futur film.

Enrique commence à lire d’où s’ensuivent  deux flash-back : l’un porte sur Ignacio devenu transsexuel et actrice sous le nom deZahara, dans les années 70,  et qui drague un jeune homme saoul après une représentation  (c’était lui, Enrique, mais il ne l’a pas su) ; Zahara fait chanter le père Manolo qui, jaloux, s’est interposé entre Enrique et Ignacio au collège. L’autre flash-back nous entraîne dans les années 60, au collège, et met en scène le trio amoureux.

Très ému, Enrique fait revenir Ignacio-Zahara,  en vue d’une poursuite de leur relation amoureuse autrefois interrompue et d’une collaboration artistique. Mais Ignacio et lui ne s’entendent pas aussi bien que prévu. Intrigué, Enrique lui fauche son briquet où figure le nom de son village natal et s’y rend : des surprises l’y attendent.


 

Les nombreuses intrigues rebondissements, dévoilements de  faits occultés qui en dissimulent toujours d’autre,  sont un atout ; le film ne nous ennuie pas.

 La temporalité est morcelée, porte sur plusieurs tranches de vie, alterne sans cesse entre passé et présent,  l’exercice de virtuosité est assez réussi.

La beauté plastique de certaines scènes peut séduire : le personnage de Zahara domine la distribution, burlesque, tragi-comique, émouvante. Gaël Bernal qui joue ce rôle (et deux autres fort différents) est excellent.

  Les amours enfantines sont d’une facture plus classique mais  on apprécie  la voix superbe  d’Ignacio enfant en train de chanter. Le match de football entre  les collégiens est filmé d’une façon passionnante.

En dépit du titre, on n’assiste pas à une charge contre l’éducation dans les collèges religieux. Les amours enfantines, rendues possibles par la concentration en internat  catholique, sont magnifiées. Le personnage du père Manolo  dépasse en  complexité le rôle du pédophile pervers.  Tous les rôles  sont ambigus.

Le message du film  semble assez banal mais on peut y souscrire; il rend hommage à la beauté, et à l’art, (l’art entendu comme une somme d’artifices bien arrangés) qui seuls rendent la vie supportable.

 
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 23:45
Volver.jpgJ’entends dire ici et là que c’est le film de l’année 2006.
Alors …j’y cours.
 

Un cimetière dans la banlieue de Madrid des femmes astiquent les tombes de leurs époux. Contrairement à leurs condisciples, Raimonda et Soledad font le ménage de celle de leur mère disparue dans un incendie quatre ans plus tôt. Raimonda est grande et pulpeuse Soledad triste et simplette. Elles se font aider de Paula, fille de Raimonda, adolescente de quatorze ans.

Augustina, cancéreuse, voit sa mort venir, et  nettoie sa propre tombe. Elle aussi regrette la disparition de sa mère «  la seule hippie » du village.

 

Les trois femmes vont rendre visite à tante Paula, qui a recueilli Raimonda enceinte lorsque sa mère ne voulait plus d’elle. Quelqu’un  prend soin   activement de la vieille dame on ne sait qui. On croit à un esprit. Ce fantôme s’occupe des rentrées d’argent de la vieille, de sa santé, et de la sienne propre. Il fait du vélo d’appartement.

Raimonda  a un mari bon à rien, Paco, tandis que Soledad, célibataire,  est coiffeuse à domicile. Alcoolique, porté sur les violences sexuelles, Paco  tente de  s’en prendre à Paula  qui le tue avec un couteau de cuisine.

Raimonda considère  ce drame avec  le pragmatisme et  l’énergie qui lui sont habituels. C’est un problème domestique difficile à gérer mais elle va s’en tirer ; lavage du corps, transport de celui-ci dans le frigo du restaurant  dont elle possède les clefs ayant accepté de surveiller l’endroit en l’absence du propriétaire. Puis transport en camion avec une voisine complice ; toutes deux creusent avec un entrain de terrassiers une tombe dans un sous-bois, à un endroit que Raimonda désigne comme significatif et sur lequel on en saura davantage plus tard.

Enterrement du congélocercueil.

Le fantôme qui s’occupe de la vieille  Paula lui  survit  et se rend chez Soledad, se faisant transporter clandestinement dans son coffre de voiture : terreur de la pauvre femme ; l’esprit ressemble comme un frère à sa mère défunte et revendique cette identité sans dire pourquoi il est revenu hanter les lieux. Soledad la voit boire manger s’habiller lui fait une coupe et un brushing la prend à son service… mais le fantôme craint et espère rencontrer sa fille Raimonda avec qui elle doit s’expliquer à propos de graves secrets familiaux qui ont contraint la mère à disparaître…

Raimonda ouvre le restaurant pour reprendre du service et assurer les repas d’une équipe de tournage. Le soir c’est la fête et elle chante «  volver » une chanson inspirée d’un tango que sa mère lui fit autrefois chanter à l’occasion d’un radio crochet qui malheureusement ne lui valut pas d’être embauchée. Pendant ce petit récital émouvant le « fantôme » en pleurs de la mère l’écoute au loin…


 

Cette comédie dramatique  est moins sophistiquée que « La Mauvaise éducation ».

L’intrigue est simple, on devine très vite de quoi il retournera.

La présence d’un fantôme laisse espérer une atmosphère fantastique mais l’esprit ne terrifie que la pauvre Soledad. 

La plongée frontale brusque sur les seins généreux de Pénélope Cruz en train de laver  la vaisselle ainsi que son interprétation que l’on a comparée aux meilleures actrices italiennes défuntes  ont  fait l’admiration de la critique.

 Je ne la trouve pas érotique le moins du monde.

Voilà une société de femmes où les hommes sont tous des violeurs incestueux abrutis alcooliques criminels : les femmes doivent faire leur justice et éliminer ces crapules.

Hélas, rarement aussi simple que cela !
Du moins ces femmes délurées et débordantes d’énergie contredisent-elles cette fameuse « décadence » que l’on continue de déplorer en occident.
 
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 23:39

tempsquireste08.jpg    Que ne ferait-on pas pour contempler quatre-vingt dix minutes ce grand brun frisé à la silhouette dégingandée, à l’élégance dandie, jouée avec un parfait naturel, ce faux beau ténébreux qui semble toujours vous répondre quand vous le regardez avec un peu d’insistance un Je ne vous ai rien demandé ironique ou un rien irrité.

      C’est le moment où jamais : on nous dit que «  le Temps qui reste » est le premier grand rôle de Melvil Poupaud.

L’histoire ? Il moura dans trois mois et on aura tout le loisir de le voir s’occuper à remplir cet espace/temps précieux et dérisoire, le temps qui lui est compté soudain avec une précision cruelle.

 

     On pense que l’on va assister à toutes le nuances possibles d’une résistance passive et active du héros à l’énormité de son destin;  on l’imagine glacial, bourru, indifférent, coléreux, sarcastique, cynique, embarqué dans un faux dialogue ironiquement aimable avec la Faucheuse, comme il le fit avec, par exemple les deux jeunes filles qui le draguent dans le « Conte d’été » de Rohmer.

Il pourrait aussi se fâcher, la jeter dehors, la menacer, comme il fit avec sa jeune épouse dans «  Les Sentiments » de Noémie Lvovsky ; il pourrait entr’ouvrir sa porte et laisser entrer en déclarant sèchement «  je ne suis pas intéressant, je ne suis pas celui que tu crois » comme il le signifie à Martine dans «  Les Gens merveilleux n’ont rien d’exceptionnel » .

On l’a trouvé tellement juste dans ces rôles passés même les petits.

Mais Melvil Poupaud , dans son premier grand rôle n’a rien d’exceptionnel et il montre trop beaucoup trop ses sentiments.

Alors que l’intelligence de son jeu résidait dans la retenue et la gamme des attitudes défensives, il abandonne aussitôt ces ingénieux faux semblant pour se couler dans le moule de celui qui y croit. Qui croit à cette chose que je trouve la plus incroyable qui soit : sa prope mort.

Le scénario repose sur un présupposé douteux : pendant l’existence on joue une comédie fausse, et, frappé par le destin, ou par la révélation d’une vérité essentielle, on devient tout à coup sincère et vrai.

Rien n’est moins sûr ! Mais dans ce présupposé dualiste, Romain, le personnage condamné, « comprend  tout », est sûr de tout.  Il rompt avec son  ami Sacha, renoue avec sa soeur, pleure avec sa grand-mère (Jeanne Moreau) et veut procréer.  Valéria Bruni-Tédeschi est bonne dans ce rôle de femme qui cherche un spermatozoïde valide, sorti d’un «  bel homme », pour faire un enfant, son époux étant stérile. C’est aussi la séquence intéressante du film que cet acte sexuel à trois, pudique, appliqué, étrangement silencieux comme un cérémonial, la jeune femme caressant à la fois son mari et Romain, le mari caressant sa femme et le donneur, Romain faisant de son mieux pour se stimuler. Mouvements lents et doux, regards baissés émeuvent.

Le reste, non.

On  pourrait admettre que Romain considère la mort avec bienveillance (sa grand-mère, qui la préfigure et la représente) et que ses derniers moments sont des moments de grâce  et sympathiser avec le film. Ce n’est pas à priori impossible mais ce deal ne convient pas à Melvil Poupaud.

 
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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 19:29
Match-Point.jpgJ’ai beaucoup aimé Match Point et eu l’impression que Woody Allen démarrait une nouvelle carrière inédite.

Le sujet n’est pas neuf de l’arriviste prêt à tout pour parvenir à ses fins. Mais cette histoire est filmée avec brio, intelligence et sans un temps mort.

Le héros, lorsqu’il se force à lire des classiques pour se cultiver s’intéresse à Crime et Châtiment en se jurant que s’il doit aller jusqu’au crime pour réussir il saura échapper au châtiment. Pari tenu, et c’est plutôt diabolique. Sauf que le héros ne croit ni à Dieu ni au Diable…
 L’opéra de Verdi comme musique du film joue un rôle ambigu : il symbolise la réussite et la grande bourgeoisie.
Ni les grand bourgeois ni le héros du film ne s’y intéressent réellement (non plus qu’à aucune œuvre d’art), le film critique violemment l’hypocrisie et l’inculture de ces gens. En nous faisant entendre cette musique en guise de commentaire du film, le cinéaste fait entendre la tragédie que, dans le film nul n’est capable d’éprouver, excepté la jeune femme, victime de sa naïveté.
Enfin, j’aime beaucoup la scène de l’étreinte sous la pluie battante, esthétique inhabituelle chez Woody Allen mais fort réussie. Scarlett Johansson saisit l’occasion, dans ce film, de montrer qu’elle a du tempérament.
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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 12:22
Fen--tre-sur-cour.jpg Rear Window
film de 1954.
D’après un récit de William Irish
Un reporter photographe habitué à chasser les images d’un bout à l’autre du monde se retrouve subitement immobilisé avec une jambe plâtrée.
Bientôt il ne pensera même plus à marcher, n’en aura plus envie : il regarde par la fenêtre.
Pendant plusieurs jours croit-il , il a regardé des images sans les voir ou en a vu sans regarder, et ne les a pas retenues. Lorsque sa fiancée (Grace Kelly) vient lui rendre visite, elle le trouve d’humeur massacrante et en profite pour lui signifier que tout cela ne serait pas arrivé s’il avait eu un emploi sédentaire plus calme. S’il veut l’épouser il devra renoncer à cette vie. James est plus encore contrarié de cette repartie. Le couple se querelle.
La nuit suivante, James, plus attentif à la fenêtre, a commencé à regarder ce qu’il voyait. De son poste d’observateur, il repère bien d’autres fenêtres ouvertes ou fermées : la cour de l’immeuble et les appartements qui lui font face. Par sa fenêtre, il a plongé le regard sur une autre fenêtre ouverte et aperçu dans un lit une femme qui ne se lève plus, immobilisée par une quelconque maladie : à son attitude, il devine qu’elle appelle son époux sans cesse lequel se déplace vers elle, visible d’une fenêtre contiguë. Ce spectacle requiert son attention, qui présente quelque rapport avec sa situation : lui aussi doit répondre aux appel d’une femme, qui vient le voir tous les jours et souhaiterait rester la nuit.
Le spectacle devient fascinant en dépit de son contenu banal car James est, comme nous, en position de spectateur (le film propose une constante mise en abyme) . L’espace est quasi-magique qui le sépare de la scène, la sensation de pouvoir qui le prend, illusoire : saisir tout un monde comme s’il le créait. Car ce monde s’est étendu à toutes les autres fenêtres et son regard passe d’une intrigue à l’autre. De plus, il se sert de ses jumelles d’explorateur, et nous donne à voir tel ou tel personnage en format agrandi.
Les voisins d’en face : un couple tranquille et attentif à leur petit chien chétif qu’ils chérissent comme un enfant. Une femme seule qui se désespère bruyamment. Une danseuse, apparemment jolie, qui change de robe et d’amant tous les jours ; un musicien alcoolique qui joue du piano dans sa chambre et pleure dans sa cuisine ; des jeunes mariés très actifs. Un chant s’élève à intervalle régulier dont on cherche à identifier la provenance.
Lorsque l’un des protagonistes disparaît du cadre de la fenêtre pour s’enfoncer dans la pièce, ou la quitter , James attend qu’il reparaisse à la fenêtre contiguë. Suspense. S’il ne reparaît pas assez vite pour qu’il puisse l’observer, il faudra inventer ce qu’il est devenu, terminer la scène.
Aucun de ces spectacles ne devrait à priori retenir l’attention si ne s’était mis en place un dispositif qui relève du théâtre ( un peu) et du cinéma bien davantage car si les personnages sont réels , on ne saisit pas toujours le sens de leurs paroles, on doit interpréter leurs gestes, ils demeurent éloignés, vus à travers une vitre, une lentille de jumelle, sinon toujours dans le cadre d’une fenêtre fût-elle ouverte.
La chanteuse, non identifiée, restera une voix off.
Cinéma ou théâtre ? Il s’est passé quelque chose chez le couple qu’il espionnait tout d’abord : à la fenêtre où apparaissait une femme alitée, le lit est à présent vide…serait-elle partie en voyage (cure ? Sana ?).
Le soir arrive, James a encore congédié sa femme : les fenêtres s’allument comme autant de feux de rampe. L’époux de l’absente fait toute sorte de préparatifs qui vont bientôt paraître étranges. James Croit voir non sans émotion un corps sans vie. Il imagine le même corps découpé après avoir vu un sac poubelle. Puis l’époux en habit, une valise à la main comme pour partir. Tout cela peut paraître normal mais James soupçonne qu’il se débarrassait de la personne charmante et dominatrice qui le rivait à la maison.
Bientôt l’idée qu’il devrait intervenir s’impose à James. Il cherche et trouve des indices qui confirment sa crainte ou son désir : le chien bien aimé du couple sans enfant s’acharne auprès d’un monticule de terre dans la cour et cherche à déterrer quelque objet. Un peu plus tard il succombe à un poison mystérieux.
L’intervention de James sera dangereuse pour lui. Il lui faut se montrer, montrer qu’il a vu, et l’irruption du meurtrier d’en face dans sa chambre risque de lui coûter la vie. James l’immobilise au moyen du puissant flash de son appareil photo de professionnel. Mais le meurtrier passe outre et balance le gêneur par la fenêtre…
Epilogue : le voyeur cèdera aux exigences de sa femme, le musicien jouera, la dépressive ne se tuera pas, les parents du chien cherchent du secours chez le voisin. Et lorsque les fenêtres s’allument pour une nouvelle soirée, James tourne le dos à la fenêtre. L’intrusion du réel l’a dégoûté de son rôle de spectateur. Va t’il renoncer à son métier de reporter photographe ?
Imaginons James de nos jours : il deviendrait un spectateur assidu de son ordinateur. Encore plus de fenêtre, encore plus de spectacles en tous genre. Des milliers d’immeubles d’en face. Et lorsque son amie viendrait le voir il la congédierait encore plus vite : misérable réalité, n’as-tu pas un site où je puisse te voir pour de bon ? Retourne à la toile ! Et quand à être le témoin de quelque chose de particulier qui suscite le désir de faire apparaître un individu « meurtrier » (creveur d’écran) en chair et en os, ce n’est pas gagné !
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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 13:28
Martine est instable : elle change tout le temps de job sans jamais s’adapter. La voilà vendeuse par téléphone ; elle ne cesse de se fâcher avec ses clients. François l’a quittée pour une copine plus cool. Elle leur fait une scène et,  dans son courroux, rentre la tête la première dans une vitrine. Elle et sa famille décident d’un séjour dans une unité psychiatrique.
Surprise ! Elle se plait au milieux des malades mentaux qui pour la plupart, souffrent de psychose. Les sentant plus faibles qu’elle, elle peut les dominer et paraître à son avantage ce qui n’était pas le cas dans la société des « normaux ». Sous couvert d’amitié, de sympathie, elle s’imagine exercer un pouvoir sur ces « pauvres êtres » qui  ne peuvent rien faire de leur vie. S’occupe d’eux à sa manière. Tente de créer des couples entre  malades de sexe opposé.
Anna, jeune fille diagnostiquée « érotomane », détient la photo d’un garçon de son âge qu’elle a récupéré dans la cabine d’un photomaton. Intéressée, Martine se procure l’adresse de Germain. Le trouve seul dans une petite piaule au milieu d’un tas de livres, retranché comme dans une forteresse. Martine ne lui parle que d’Anna, voulant sincèrement les mettre ensemble, réussit à provoquer une rencontre lors d’un pique-nique.Mais  lorsque le couple semble  se former, elle se hâte de les séparer. Ne répond  pas non plus aux avances mesurées de Germain…
La réunion des internés tous les matins tourne à la galerie de portraits qui se veut sympathique, réaliste, et n’échappe pas à un certain conformisme.
Il est judicieux de se rappeler «  Vol au dessus d’un nid de coucous" de Milos Forman, vieux de presque vingt ans en 1996. L’évolution des mentalités et des approches de la psychiatrie est impressionnante. Dans les années 70 les psychiatres sont très bêtes et très méchants. On les appelle «  head-shrinker » rétrécisseurs de cervelles. Ils sont dangereux pour les malades, lesquels ne sont devenus fous que parce que la société les mutile et les aliène. L’antipsychiatrie domine le débat, et combattre le système psychiatrique fait partie des luttes politiques. Les deux protagonistes du « Vol au-dessus d’un nid de coucous » étaient des sujets sains égarés dans un hôpital psychiatrique pour avoir un rapport de force violent et mortel s’il le faut, avec les psychiatres,  castrateurs . On organise des évasions de malades… le héros se fait lobotomiser par représailles et son ami l’euthanasie.
Un autre film de cette époque, "Family Life"de Ken Loach, met en scène une jeune fille mal à l'aise dans la famille et la société, avise de liberté, que l'on fait interner pour la remettre dans le droit chemin, et dont l'état s'aggrave, suite à des maltraitances psychiatriques...
 
Et maintenant ? Les psychiatres sont devenus presque sympathiques, rationnels, sans être performants. La folie des malades est un ensemble de symptômes à combattre, rien de plus. Ce sont les malades qui doivent, sinon guérir, du moins s’adapter. 
Martine et Germain sont des sujets  ni fous ni normaux, des névrosés dans la grande tradition, l’hystérie pour la fille, l’obsession pou le garçon. Ils forment un couple qui se rencontre pour se quereller. Les protagonistes ne se rebellent pas contre un système social répressif ; ils se cherchent une place dans la société. Martine se fait virer de chez les fous, n’étant pas suffisamment atteinte, mais elle n’a pas non plus de place dans la société (Y a t’il une petite place pour moi quelque part ?). Le film est ironique : Martine a « un problème  d’existence », façon naïve d’indiquer le mal  être.
 
Le spectateur du « Vol au-dessus d’un nid de coucous » souhaitait venger les internés victimes d’une société malade, pouvait se situer et désigner un ennemi commun.
De nos jours,  la rébellion se vit différemment,  et depuis vingt ans,j'ai assisté à l'’effacement des conflits « forts », pas seulement dans le domaine de la psychiatrie d'ailleurs...  
 
Référence " Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel " de Laurence Ferreira-Barbosa  sorti en 1996 avec Valéria Bruni-Tedeschi dans le rôle de Martine ( son premier grand rôle, elle est excellente) et Melvil Poupaud dans le rôle de Germain, très bon aussi.
Mais tous les comédiens sont intéressants.
 
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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 13:16
eustache.jpg1974-Mes-Petites-amoureuses.jpg


1973-La-maman-et-la-putain.jpg
 " il n’a jamais cédé à la grégarité "expliqua l’un des interviewés, c’était un dandy et un amoureux des liens familiaux.
 
A propos de «  Mes petites amoureuses » (son plus célèbre long métrage après " La Maman et la putain") ,le cinéaste dit lui-même que c’est une série d’événements qui n’ont pas eu lieu : son père qu’il n’a pas connu, les études qu’il n’a pas faites, le métier qu’il n’a pas exercé, les amoureuses qu’il n’a pas fréquentées…
on pourrait se demander si le film a vraiment eu lieu et de quelle façon ?

C’est dans la rue Nollet où il avait un appartement qu’Eustache s’est donné la mort en novembre 81 probablement pour  boucler la boucle, cette mort volontaire coïncidait prsque  avec son 43 eme anniversaire.
Il avait un petit cercle de fidèle, dit-on encore il vivait en « micro «.

Je me rappelle du Masque et la Plume où l’on a parlé du film «  La maman et la putain »  en 1972.
Les  critiques feignaient de  se quereller à propos du film comme à l’accoutumée . On se doutait bien que ce film n’était pas comme les autres : les animateurs dualistes  s'efforçaient de  faire croire que l’un au moins des films présentés ce soir là était vraiment différent.
 Mais là c’était clair, ils étaient un peu dépassés !
Jean-Louis Bory disait : Alexandre est un parasite de la société ( ou un derelict ? ) Alexandre n’a pas de métier, pas d’attache, pas de raison de vivre… c’est ce qu’on a voulu montrer. Pire qu’un antihéros, personnage auquel tous étaient accoutumés.

 Tous les participants avaient protesté, critiqué et rejeté le film, se trouvant d’accord pour une fois. Jean-Louis Bory ne l’avait pas défendu. Le film semblait afficher avec provocation un apolitisme, une irresponsabilité, une asocialité qui choquait malgré tout un peu après mai 68.
 Qui choquerait bien davantage aujourd’hui, où   l’on    ânonne  " vos enfants vous haïront" et "qu’il  vous aurait fallu une bonne guerre".
Et pourtant Serge Daney écrira plus tard : «  c’est le seul film qui nous reste sur la génération de 68  ».

 Après l’écoute de l’émission, en 72,  lorsque, pour la première fois  j’ai été voir le film, je n’ai pu rester jusqu’à la fin. On ne peut se masquer qu’à première vue c’est un film ennuyeux et qu’Alexandre, toujours en train de traîner dans les cafés, avec un journal qu’il ne lit pas, pour faire le clown et draguer, en parlant comme s’il récitait,  ce n’est pas follement drôle, c’est violemment répétitif.

Violemment parce que c’est un film violent.

Alexandre est un gigolo qui se fait entretenir par une femme un peu plus âgée que lui, mais encore bien ( Marie, trente ans) et qui cherche à se placer chez une plus jeune (Veronika, le rôle premier, la putain).
Veronika, petite piaule, Marie, appartement bourgeois… Alexandre passe le temps au lit à fumer, à baiser ou à écouter de  vieilles chansons démodées Piaf, Fréhel, voire Charles Trenet.
Le châle de Véronika ressemble à celui de ma grand-mère : à l’époque du film pourtant ça n’avait rien d’extraordinaire, les filles s’habillaient de façon plus personnalisée. Elles n’aimaient  les uniformes que pour  s’en rire.
Les deux femmes ont des occupations lucratives mais c’est juste pour le décorum ou pour la métaphore : Veronika infirmière, et ses uniformes outrageusement blanc, Marie qui vend du prêt à porter.

Après qu’Alexandre ait présenté Marie à Veronika, que Marie ait tenté de se suicider aux somnifères, et qu’il aient fait une partie triangulaire, le film a rebondi avec la répétition de scènes passées, encore une fois sortir, aller dans des réceptions, de boîte en boîte…baiser fumer boire répéter des phrases, se vouvoyer avec un rien de cérémonieux sinistre, tout en disant des choses très vulgaires sur un ton faussement naturel. 
Tout cela reflètait  avec cruauté et une étonnante justesse  la comédie des relations humaines et amoureuses.
 J’ai décroché.


 Revu le même film vingt ans plus tard à la TV ; suis encore partie avant la fin, même si je voulais absolument entendre le monologue final de Veronika et l’offre de mariage d’Alexandre, entendre / voir le style de cette ultime pitrerie.

Je  n’ai  toujours pas vu  la fin.

Eustache, lui aussi est parti avant la fin. On ne s’en étonne pas vraiment…

Ce film reste fort intéressant, et j'aime bien m'en passer de petits extraits de temps à autres.
Les partis prix d'Eustache :
 - faire réciter le texte à ses acteurs, qui  doivent simultanément jouer des personnages,  et parler " pour de faux" comme disent les enfants.
En espérant qu'une vérité sortira de cette fausseté assumée des dialogues.

-  Raconter le récits des aventures amoureuses d'Alexandre sans supprimer les longueurs et les temps morts ( ce que en principe, un bon film se doit de faire...).
Un film courageux et inventif.



C’est embarrassant après coup d’avoir mis JP Léaud sur le forum de dé-lib, dans ce film, le seul où je le trouve bon, de vouloir expliquer de quel film il s’agit et de ne pas pouvoir.
 Comme pour Rendez-vous à Bray, le choix était mauvais, il aurait fallu trouver des films qui plaisent à tout le monde, globalement au moins qui font l’unanimité.  Mais je n’ai pas choisi.
L’image est piquée à « Sommaire » l’animateur du site aime ce film ; il est allé jusqu’au bout. On aime à lire son point de vue (très différent du mien).  
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