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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 00:37


Aux USA dans les années 50. Alwynn et Frank se rencontrent dans un bal, plaisantent sur leurs jobs respectifs, qui leur paraissent répétitifs et sans attrait. Ils sont jeunes et espèrent davantage après leurs études.

Les voilà mariés, parents,  et Alwynn tente de se lancer somme actrice. La représentation se solde par un bide. Frank s'ennuie ferme. Le couple se querelle violemment. Puis Alwynn admet n'avoir aucun talent.


C'était l'introduction, et elle est très rapide, on a à peine le temps de saisir ce qui se passe...


Un deuxième enfant est né. Les voilà installés dans une maison spacieuse, toute blanche «  standardisée »  entourée d'un jardin qui donne sur un sous-bois.  L'intérieur de la maison ressemble à  ce qui est présenté dans un catalogue de vente destiné  à l'équipement ménager de  la classe moyenne. Ils sont loin  de la ville. La lumière est toujours vive, les couleurs très nettes. Alwynn  se voue aux tâches domestiques (linge cuisine courante entretien du logis) toujours vêtue d'un tablier qu'elle dénoue à la hâte lorsqu'elle doit recevoir quelqu'un. La ménagère exemplaire, si ce n'est qu'elle souffre de sa condition, et son expression de douleur est pathétique.

Les voisins sont vraiment stupides, et l'un d'entre eux  l'aime en secret. Alwynn s'ennuie beaucoup mais elle  préfère  recevoir  un autre homme de son âge, qui sort d'un hôpital psychiatrique, dont la mère  lui affirme que c'est un « intellectuel ».


Frank est attaché commercial chez Knox, comme son père avant lui. Il prend le train tous les matins occasion pour  le cinéaste de figure les années  50 : il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes dans le train, ils portent des chapeaux melon et des costumes. On dirait le même homme cloné des centaines de fois. On pense au tableau de Magritte.   

Les collègues de bureau sont très bêtes comme les voisins. Frank s'ennuie au bureau ; aujourd'hui, il  passerait du temps sur Internet, et jouerait à des jeux interactifs, mais il y  cinquante ans, il n'a d'autre choix pour sa «  second life » qu'un  peu d'alcool, et une liaison avec une secrétaire nunuche.  


Heureusement, Alwynn a eu une idée : ils vont partir en Europe, à Paris pour « vivre » vraiment. Frank pourrait se «  réaliser trouver un métier qui lui plaît »Elle serait secrétaire et travaillerait. Pourquoi faudrait-il aller jusqu'à Paris pour cela ? Parce que c'est un rêve, et les rêves c'est toujours ailleurs, loin très loin d'ici.

En fait, ce qu'elle veut, s'est se réaliser elle-même en travaillant. Elle n'ose pas revendiquer son indépendance et présente sa requête sous la forme « je veux que notre famille s'épanouisse pleinement que Frank se réalise».  Elle lui passe de la pommade, le flatte : il vaut tellement mieux que ce boulot minable !...et le pire c'est qu'elle y croit...


Alwynn et Frank font penser à des héros de John Cheever, ou Raymond Carver. Lisez «  Insomnies » ou «  Les Vitamines du bonheur » , pour trouver d'autre versions tout aussi pathétiques( comiques parfois) du couple Wheeler,  isolé, coincé,  dans son pavillon de banlieue.


Les scènes entre époux paraissent un pue théâtralisées un peu forcées pour le cinéma. Kate Winslet que je découvre ici (et j'avais hâte de la voir jouer) est intéressante, on a raison de dire ici ou là « un peu âgée pour le rôle ». La caméra s'attarde sur son visage éperdu. Di Caprio qui m'a toujours déplu a un rôle qui lui convient, cadre conformiste, beau parleur, pas méchant, juste un peu vain. La satire s'exerce férocement sur les personnages secondaires parfaitement réussis.  


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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 11:52

Eric Rohmer La Femme de l’aviateur (1981)

 

 

Premier de la série «  Comédie et proverbes » le film n’est pas souvent cité comme un des chef d’œuvre de Rohmer ? C’est justement cette étiquette de « petit film » qui me fait l’aborder.

 

 

Le proverbe en exergue « on ne saurait penser à rien » fait signe à Musset qui a aussi écrit( pour le théâtre des comédies et proverbes : » on ne saurait… jurer de rien… penser à tout… mais je ne les ai pas lues)

 

François (Philippe Marlaud ) travaille de nuit au centre de tri de la Poste du dixième arrondissement. Tôt après son travail il se rend près de la place Péreire, chez Anne (Marie Rivière) avec pour prétexte de lui envoyer un plombier pour la dépanner. C’est un garçon d’à peu près vingt ans, blond négligé, lourd, au physique quelque peu ingrat.

Anne est sans doute son amie mais il n’ose pas frapper, n’a pas les clefs, veut laisser un mot son stylo ne fonctionne pas. Il redescend acheter un Bic, prend un café, s’endort…

Un peu plus tard, Christian (Matthieu Carrière) grand, mince, élégant, la trentaine, arrive chez Anne, même endroit, prépare aussi un papier où il écrit quelque chose. Mais Anne s’est réveillée et lui ouvre.

C’est un petit studio composé d’une chambre et d’une salle de bain. Il annonce que son épouse est enceinte, et qu’ils auront désormais plus de difficultés à se voir. Anne est en sous-vêtement, contrariée, hésitant à pleurer. Ils sont plongés dans une semi-pénombre gris bleu et parlent bas comme si on pouvait les entendre. Gestes tendres, vite avortés, rapides, nerveux…

 

François est posté dans la rue. Il observe Anne et Christian qui s’éloignent d’un pas rapide.

A midi, il va retrouver Anne dans la brasserie où elle mange avec une collègue de bureau, lui fait une scène à propos de Christian qu’elle disait ne plus fréquenter. La jeune femme riposte vivement, revendique son indépendance.

 

François erre dans les rues, entre dans un café gare de l’Est, s’y endort, à nouveau…. Fondu au noir. Au réveil, il aperçoit non loin de lui son rival an compagnie d’une femme blonde. Véritable apparition ! Ses mimiques laissent à penser qu’il somnole encore.

 


C’est le début d’une longue filature, car il les suit machinalement «  sans penser à rien », qui, d’autobus en déambulation pédestre, de soleil en pluie va le mener jusqu’à une étude notariale en passant par le parc des Buttes Chaumont. Bientôt, il sera suivi , lui aussi, puis aidé dans sa tâche, par une jeune lycéenne Lucie, vive et enjouée. C’est elle qui lui apprend qu’il suit le couple, organise la filature, se fait expliquer les raisons de l’intérêt qu’il porte à Christian et à« la blonde », suggère qu’elle soit la femme de l’aviateur, interprète les faits et gestes du couple, cherche à les prendre en photo, et décide que, du fait qu’ils vont chez un notaire, c’est qu’ils divorcent. François est effondré. Le spectateur, lui, en sait davantage…

 

Le film s’achève où il a commencé, dans la chambre d’Anne, le soir. Cette fois, c’est François qui y est admis. Anne lui explique ce qu’elle croit savoir. Elle possède une photo de Christian entouré de deux femmes, dont l’une est cette « blonde »et l’autre la femme de Christian. Anne ne connais pas la blonde. Elle invente aussi une explication.

On se demande pourquoi elle conserve une photo de Christian en compagnie d’autres femmes qu’elle ? N’en a-t-elle pas de plus agréables ?

 

Anne termine la journée comme ce matin, au lit, s’enroulant dans des draps qu’elle rejette ensuite, puis les reprend pour les tapoter. Elle dit à François je suis une Belle au bois dormant frustrée.

 

On comprend qu’Anne a pris François pour amant pendant une longue absence de Christian ; lequel est rarement disponible. Avec Christian, elle entretient des rapports jeunes sœur grand-frère. A l’inverse, François est un jeune frère pour elle : elle le materne, s’occupe de ses études, de ses « amours ». Il lui a plu de s’occuper de l’amant petit frère en se croyant toujours aimée de l’autre, absent. Mais que ce dernier s’éloigne définitivement, rompt l’équilibre : tout d’un coup, elle n’a plus que l’amant petit frère, qu’elle reçoit dans son petit studio (elle voyait Christian à son hôtel). La voilà ramenée à l’exigüité de son logis, de sa vie, et aux insistances de François…

 

Le personnage de Christian, on ne le voit jamais très bien, précisément parce qu’il est ici l’objet des désirs des protagonistes. Aimé d’Anne d’autant plus qu’il s’éloigne, jalousé par François, objet d’étude et d’amusement pour la lycéenne, qui le trouve «  pas mal du tout »et se plaît à l’entendre parler allemand (elle étudie cette langue).A peine aperçu le matin dans la semi-pénombre de la chambre d’Anne, toujours vu de loin pendant la longue filature des deux jeunes gens. Le métier est, chez Rohmer, souvent symbolique plutôt que réalité sociale. Donc l’aviateur, c’est lui qui, malgré son peu de présence dans le film, est aux commandes, et fait déplacer tout le monde sans le savoir.

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 11:30

Mike Leigh a tourné vingt six films : j'ai vu déjà Secrets et mensonges. J'en ai peu de souvenirs. Pourtant, il m'avait intéressée.

On appelle familièrement Mike Leigh «  The Kitchen and Sink film maker ». L'utilisation de procédés documentaires pour servir la fiction est ici la règle. Et pur lui, cela signifie Montrer des objets et des situations usuels. Faire entendre des dialogues peu ou pas écrits à l'avance par des comédiens qui ne principe ne se connaissent pas avant de répéter. Utiliser DES couleurs passe-partout, souvent monochromes ( ici c'est la cas). Donner l'impression que les gens sont laids et mal bâtis (partant du principe qu'on les magnifie toujours au cinéma...)

Enfin montrer les classes laborieuses, leurs vies.



A la fin de l'année 1950, Vera Drake (ce patronyme signifie dragon, c'est voulu, ou c'était le vrai nom de cette femme qui a réellement existé ?) est ouvrière. Elle travaille à fabriquer des ampoules électriques. C'est aussi une femme généreuse qui visite sa vieille mère grabataire,  toutes les personnes en détresse qu'elle connaît, et fait en complément des ménages dans une maison bourgeoise où l'atmosphère est froide, glaciale,  aseptisée, avant de rentrer chez elle dans son petit logis chaleureux, aux teints marron (rouge brun avec une lumière naturelle et intimiste). Son mari est garagiste ils ont deux enfants adultes.  Sa fille Ethel est quelque peu handicapée mentale. On lui a trouvé un prétendant un peu lent d'esprit lui aussi, et ils hésitent à se faire des déclarations d'amour. Voyant ces tourtereaux défavorisés et le manège empressé de Vera pour retenir le prétendant, mon conjoint me souffle «  tiens ! On dirait ta mère, elle veut marier sa fille, elle aussi ! ». J'ai adoré la comparaison.


Ethel est difficile à caser et ne peut travailler.

Nous avons là une accumulation de clichés sur la classe ouvrière qui peuvent gêner...


Vera Drake a connaissance par son amie Lily de jeunes filles dans le pétrin, et passe régulièrement chez elle pour les aider à avorter. Toujours les mêmes paroles, toujours les mêmes gestes. Elle n'utilise que du matériel sobre et réputé peu efficace : eau savonneuse, poire à lavement... ni sonde, ni aiguille à crocheter. Elle ne revient jamais voir les jeunes filles qu'elle a ainsi « purgées ». Elle ignore si ses interventions ont réussi, je pense que non la plupart de temps, mais elle n'en sait rien. Si Vera tente d'aider ces jeunes filles, c'est que sa mère elle-même aurait bien préféré ne pas l'avoir. Et que, peut-être elle-même s'est aussi fait avorter.  La loi, on le sait interdit ces pratiques, qui ne seront permises en Grande Bretagne qu'en 1967.  En parallèle, nous voyons une jeune fille de la maison bourgeoise où elle travaille être enceinte, et se faire délivrer un certificat de permis d'avorter par un médecin psychiatre grassement payé pour la déclarer psychiquement mal en point.

Un jour une des « patientes » de Vera se retrouve à l'hôpital avec une sérieuse infection. Vera est appréhendée car la jeune fille a été son contact le plus marquant. Son amie Lily , qui se fait payer pour l'envoyer  faire ce travail ( ce que Vera ignore), restera impunie.


Vera est unanimement réprouvée par sa famille, et surtout par son fils aîné, mais le futur beau-fils soi-disant demeuré prendra sa défense. «  Heureux les simples d'esprit ? » faut-il entendre ?

En prison Vera retrouve d'autres avorteuses. Elle ne reconnaît pas si facilement avoir transgressé la loi. Elle persiste à dire, voire à penser qu'elle ne faisait qu' »aider ».

 Malgré les clichés qui m'agacent je vois une dénonciation de l'hypocrisie, du  moralisme prêché par ceux qui veulent profiter de la situation et c'est toujours une bonne chose...

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 22:15

 

Un homme de trente ans (Joaquim Phoenix, qui en fait un peu plus ) vit chez ses parents une chambre encombrée, toute petite pour un homme aussi trapu que lui. Atteint de cyclothymie à la suite d'une déception amoureuse, il a tendance à se suicider, mais change d'avis au dernier moment : ainsi sa plongée dans l'Hudson qui ouvre le film, le laisse en vie...


Ses parents lui présentent Sandra, fille d'un associé de son père. Les deux hommes tiennent une blanchisserie et envisagent la fusion, laissant la direction au futur jeune couple. Un mariage arrangé n'est pas du goût de Leonard, même si Sandra est une belle fille. Il s'entiche aussi sec de sa voisine, Michelle ( Gwynneth Paltrow) une blonde mignonne, tout aussi instable que lui, intoxiquée, et entretenue par un homme marié  qui pourrait être son père.


Leonard veut Michelle : De sa fenêtre,  il la voit, par la fenêtre de sa cuisine (un cadrage étroit, l'image de la fille en pleine lumière, nette, assez éloignée, mais pas trop)    et la rencontre sur les toits, à la nuit tombée, au crépuscule, dans une froideur bleutée. Cette  liaison, il la dissimule, bien que son âge lui donne le droit de fréquenter qui il veut. Ses parents le surveillent, et  le lien avec Michelle est d'autant plus excitant qu'il est condamné.


En même temps, il est aimable avec Sandra et même un peu plus que ça...A la faveur d'un air d'opéra romantique, ils se rapprochent, mais l'acte sexuel donne l'impression d'être besogneux.

La rencontre dans un café face à la plage de Leonard et Sandra est tout aussi problématique. Les deux jeunes gens n'ont rien à se dire et font leur possible pour ménager un moment agréable ; on sent que ce n'est pas pure politesse, que Leonard veut garder Sandra dans sa manche,  ( mais ce sont des gants qu'il reçoit).

Sandra se dit attirée par Leonard, mais on ne saura jamais jusqu'à quel point. Est-elle amoureuse,comme elle le prétend,  ou se prépare-t-elle à un mariage de raison avec un homme qui ne lui est pas désagréable? on ne le saura jamais...

Ces sentiments mitigés et ces arrière-pensées sont suggérés avec assez de subtilité. Les jeunes gens sont dans l'ombre.



L'histoire est assez banale, le dénouement est prévisible, et le contenu n'offre pas de grande surprise. Le traitement de l'histoire retient tout de même l'attention. Les comédiens jouent de façon convaincante.

Certaines scènes peuvent paraître longuettes. 



La fin est cruelle lorsque Leonard renonce au voyage prévu avec Michelle et retourne chez ses  parents pour retrouver Sandra. Nous voyons une scène muette,  les gestes et les visages à cette fête du Nouvel An. toute l'effervescence paraît si fausse.

Il ne s'agit pas d'un film d'amour, mais bien d'une comédie, douce-amère, souvent ironique.

 

 

 

L'avis d'Angelica qui a bien aimé aussi.


Dasola s'est ennuyée...

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 20:46

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     Une troupe de théâtre italienne vient jouer à Paris «  Comme tu me veux » de Pirandello. La vedette est Camille (Jeanne Balibar) comédienne française maîtrisant parfaitement l'italien. Elle est aussi la maîtresse d'Ugo, metteur en scène de la pièce. Pendant la saison ils disposent de deux chambres d'hôtel jumelles et contigües et se retrouvent dans l'une ou l'autre.

Ou non.

 

Camille est contrariée : trois ans plus tôt à Paris, elle vivait avec Pierre, professeur de philo qui préparait une thèse sur Heidegger. Après avoir longuement hésité, monologuant à voix haute, elle ne peut s'empêcher de se rendre chez son ancien ami. Une autre femme lui ouvre la porte : Sonia, professeur de danse, nouvelle amie de Pierre. Camille va le surprendre au parc où il occupe toujours le même banc à la même heure, tous les matins à lire le «  Zeit ». Il feint de ne pas la voir, elle insiste, ils se disent quelques mots.

 

Pendant ce temps Ugo cherche dans une bibliothèque privée, appartenant à Mme Vernet, une veuve dont l'occupation favorite est de cuisiner des pâtisseries. Il veut trouver une pièce inédite de Goldoni «  Destins Vénitiens » qu'il espère monter.

 

 Sa fille Dominique (jolie blonde, décolleté, fraîcheur) écrit un mémoire de maîtrise sur les fibules. Elle va aider Ugo dans ses recherches et le draguer sous l'œil malveillant du frère aîné Arthur qui entretient avec Dominique une relation un  tantinet incestueuse.

 

Camille invite Pierre et Sonia à une soirée pour la représentation de Comme tu me veux. Pierre s'y rend seul et s'éprend à nouveau de Camille. Suit une invitation à dîner qui réunit les deux couples chez Sonia et Pierre. Les deux hommes s'affrontent en paroles ;

 

Le jour suivant, Ugo et Dominique flirtent et Arthur (que l'on soupçonne d'avoir volé de livre pour le vendre) va séduire Sonia à son cours de danse. Dans le même temps, Camille se rend chez Pierre pour s'expliquer. Il l'enfer

me dans une pièce, elle se libère en sortant par le vasistas. Promenade sur les toits ( de Paris...).

 

 

 

 

 

 

Le soir Ugo et Camille sont au bord de la rupture. Camille sort prendre un verre : au café, Arthur et Sonia s'embrassent. Ugo refuse les faveurs de Dominique venue le relancer à l'hôtel.

 

Sonia  va chez Camille ; le matin suivant et lui explique qu'Arthur profité d'elle pour lui voler sa bague égyptienne de grand prix. Elle y tient car ce bijou lui rappelle sa vie passée (délinquante, aventurière...) à laquelle pourtant elle a mis fin. Les deux femmes s'entendent pour tenter de récupérer la bague.

 

Dominique et Arthur se réconcilient et s'endorment ensemble sans toutefois aller plus loin.

 

Camille va passer cette nuit-là chez Arthur et lui cède » pour une seule fois » (on pense à «  Baisers volés » la scène entre JP Léaud et Delphine Seyrig...) Mais dans le même temps, elle retrouve la bague dans un récipient contenant de la farine ( on pense à Peau d'Ane).

 

Le lendemain, la mère pâtissière de Dominique retrouve  la pièce inédite de Goldoni , qui , en fait, s'intitule «  Festins Vénitiens » elle le gardait sur une étagère de livres de cuisine sans en connaître le texte exact.

 

Ugo va chez Pierre et lui annonce qu'il le provoque en duel : rendez-vous au théâtre ce soir.

 

Les deux hommes montent dans les cintres. L'arme choisie par Ugo l'offensé est la bouteille de vodka. Chacun doit boire l'intégralité de la bouteille, le premier qui tembe a perdu Camille.

 

Après un moment de délire bavard, Pierre tombe ... dans un filet tendu au-dessus de la scène. Passage ouvertement comique.

 

En bas, Camille saute dans les bras d'Ugo. Sonia lui a fait don de la bague qu'elle a compris ne plus vouloir. Le bénéfice permettra de renflouer les fiances de la troupe. Sonia va délivrer Pierre du filet, Dominique et Arthur amènent la pièce de Goldoni, font jouer le pick-up et commencent à  danser. Les deux autres couples les imitent.

 

 

Pour autant, on continue à s'interroger : ces couples sont-ils vraiment réconciliés ? Que vont devenir le frère et la soeur ?

 

Va savoir!!

 

 

C'est bien une comédie, adroitement agencée même si le début pendant lequel Camille monologue et rumine interminablement Vais-je revoir Pierre ou non n'annonçait pas une action menée avec un tel brio.

 

On pense aux personnages des Caprices de Marianne, par exemple (et pas tellement à Pirandello...) même si Jeanne Balibar est trop sérieuse pour une héroïne de Musset.

Son jeu, est assez éloigné de la comédie (où les autres excellent) et se rapproche de la tragédie.

 

Mais pourquoi pas ?

 

Un film intelligent, parfaitement orchestré, gai et triste, plein d'humour, varié, ambigu... un beau film !!

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 00:56

Dans la série "les découvertes de Noël ".


Je ne l'avais jamais vu, du moins n'en avais-je pas gardé de souvenir.



Ferdinand est dans son bain. Il lit une biographie de Vélasquez. Sa petite fille vient l'écouter (Dans le Mépris Paul (Michel Piccoli) lit aussi dans le bain et récite des passages à Camille avant la scène de ménage  (bien mieux réussie d'ailleurs)... ici sa femme est italienne, ils se crêpent le chignon parce que Ferdinand ne veut pas aller à une soirée mondaine.


Ils s'y rendent tout de même. Les invités récitent des slogans à propos de sous-vêtements féminins à la mode de l'époque, éclairés par des lumières tamisées bleu, vert et rouge.

On suppose qu'il y aura un genre de partouze mais à l'époque, on ne montre pas de couples en train de forniquer. La vue d'une femme aux seins nus n'est plus de nature à choquer...


L'un des invités ( le cinéaste Samuel Fuller ) donne une définition «  politique » du cinéma. «  C'est des batailles, de la violence, de l'action ».

Une façon de prévenir Ferdinand de ce qui l'attend ?

Il  rentre chez lui, et avise Marianne, la baby-sitter, endormie sur une BD des Pieds Nickelés, propose de la ramener chez elle. Dans l'auto, il lui demande quelque chose à propos de ses copains Frank et l'Américain... elle reste évasive. On comprend qu'ils se connaissent déjà et que Ferdinand n'apprécie pas ses fréquentations.

Des lumières de phare et de néons divers, viennent marbrer leurs visages, tout le temps de la conversation, les mêmes couleurs violentes que celles de la soirée de laquelle Ferdinand s'est sauvé.

Marianne et Ferdinand se disent réciproquement qu'ils ont du désir l'un pour l'autre, par jeu, d'une voix de récitation.

Chez Marianne, les pièces sont nues, des armes à feu sont adossées à un mur, une grande terrasse donne sur les  toits de Paris. Cet appartement devrait être très cossu, vu sa situation, mais il semble en désordre et à peine habité. Le couple passe la nuit ensemble continue le jeu de se faire des déclarations d'amour d'une voix impassible.

 Le matin, des hommes font irruption chez elle, Ferdinand en tue un. Ils se sauvent, une course-poursuite s'engage, à une station -service, ils assomment un pompiste, on voit que c'est une caricature de polar, car Marianne envoie le pompiste à terre d'une pichenette. Elle explique la situation en parlant de Fred, son frère, qui fait du trafic d'armes en Afrique. Ils auront encore affaire à lui, prévient-elle, car elle  a trempé dans ses magouilles...


Ferdinand qu'elle appelle à présent Pierrot, fonce dans un champ et met le feu à la voiture. Ils en changent autant que possible comme tous les fuyards qui se respectent ; Marianne change aussi souvent de toilette : les robes d'été se succèdent dans les tons rouge-vif et orangé, simples et sans manche ou avec de petites dentelles. Il  faut reconnaître qu'elle est belle !

La photo est superbe pour la femme et les paysages.

Le couple va vers le sud de la France. En chemin, ils se disent des bêtises et des mots d'amour. A une terrasse, ils rencontrent des travailleurs immigrés, deux hommes et une femme, d'âge et de nationalités  divers et chacun raconte son histoire.

Tout au long du trajet, on entend les voix de Pierrot et Marianne dire chacun ce que fait l'autre, à la troisième personne du singulier et en voix off : ils commentent leurs actes et leurs gestes; les voix se répondent et se coupent, les phrases ne se terminent pas. Un rythme naît.


Arrivés dans le sud, ils s'installent sur une île. Pierrot écrit son journal, et joue à Robinson. Il adopte un perroquet et un fennec. Marianne commence à s'ennuyer, elle marche vite, le long de l'eau, fredonnant comme le font les petites filles «  je m'ennuie je ne sais pas quoi faire ». Réclame de l'action à Pierrot, du polar et non des robinsonnades. Le couple se fâche. Célèbre réplique de Pierrot : » Mes mots sont des idées, toi tu n'as que des sentiments » (c'était avant le MLF auquel Godard n'a rien cédé.

Dans le Mépris, Paul était aussi l'intellectuel...


L'action policière reprend, incompréhensible à mes yeux. Des types les poursuivent, il y aura encore des morts, qui semblent être couverts de sauce tomate, plutôt que de sang. Notamment, un quasi-nain qui, selon Pierrot aura eu  «  une grande mort ». Pierrot se fait kidnapper, on lui met un chiffon rouge sur la tête, on veut lui faire avouer où est Marianne. On apprend qu'elle est mariée...

Cependant Pierrot et Marianne auront encore quelques bons moments, ils dansent ensemble et interprètent une chanson «  Ma ligne de chance, ta ligne de hanche » qui donne l'impression d'une comédie musicale bien enlevée.  Ils se jouent des saynètes. Pierrot fait le grand chef de navire, Marianne se déguise en vietnamienne. Le film se fait théâtral, voire burlesque et cette impression va durer jusqu'à la fin.

Pierrot va au cinéma et s'endort devant les Actualités  un reportage  éprouvant sur la guerre au Vietnam. Ce reportage noir et blanc fait «  vrai » et renvoie le film dans une sorte d'artificialité.

Finalement Pierrot et Marianne se séparent. Elle part en bateau avec ce Fred qu'on croyait être son frère... ! Pierrot les poursuit et les abat.

Sur le port de Toulon, il rencontre Raymond Devos qui lui joue un sketch sur le couple (je n'ai pas vraiment saisi...).

Pierrot se peint le visage en bleu et s'entoure de dynamite, se fait sauter en se disant «  pourquoi faire ça je suis con »

On entend sa voix d'outre-tombe et celle de Marianne se répéter du Rimbaud :

« Elles est retrouvée

-Quoi ?

-L'Eternité. C'est la mer allée avec le soleil ».



C'est une fin très romantique ; malgré l'annonce qu'il y aura «  de la violence, de l'action, des batailles », c'est l'histoire d'amour, malheureuse,  qui domine le film et le côté  policier auquel je n'ai pas compris grand-chose.


En 1965, Godard est un jeune cinéaste de 35 ans à peine. Et ce film correspond bien à ce que j'appellerai une œuvre de jeunesse. Bizarrement, il était encore plus jeune que cela, lorsqu'il réalisa des œuvres plus sérieuses, bien plus politiques,  telles que «  Le Mépris » ou «  Vivre sa vie »...


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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 00:05

A bord du Darjeeling Limited de  Wes Anderson  Un thé mal infusé. Un film que j'ai trouvé complètement débile, pas drôle du tout, plein de clichés... auquel j'attribuerai le grand prix de la bêtise. Une chance que je n'ai pas quitté la salle.

Mais pour rester impartiale je vous propose la critique du  .Dr Orlov qui le défend bien.


Dans la vie de  Philippe Faucon. Entre deux femmes de religion et de classes sociales différents, et même à priori opposées,  se développe un respect mutuel et une amitié. On veut y croire.

Chronique de Laterna Magica


Entre les murs de Laurent Cantet. Un film qui milite intelligemment pour la défense du service public, très menacé dans l'Education Nationale comme ailleurs, et pour la laïcité aussi. Un film essentiel.


Funny Games US de Michael Hanecke. Les deux jeunes tortionnaires ont l'air stupide. J'ai même eu l'impression que c'était des robots. Le film montre la violence à l'état pur,  des bourreaux, des victimes, il y a un embryon de suspense, à cause du petit garçon qui réussit à s'échapper. Je n'ai pas réussi à éprouver quoi que ce soit pour la jeune actrice Naomi Watts qui pourtant en fait des tonnes. C'est bizarre, elle ne me touche pas (déjà dans Mulholland Drive, je m'en étais étonnée).

J'ai bien aimé «  Caché » mais ce film là je m'en serais bien passée.


Home d'Ursula Meier. Je ne l'ai vu chroniqué sur aucun blog. C'est un premier film sur le naufrage d'une famille déjà un peu bizarre au départ.

Je suis allée le voir à cause du sujet. Une famille découvre que la route qui longe la maison, se remplit de bagnoles petit à petit jusqu'à compromettre la vie des habitants. C'est exactement ce qui nous est arrivé à La Frette, la route qui longe le quai de seine, peu fréquentée lors de notre emménagement en 1986, s'est transformée en autoroute au cours des années, viciant l'atmosphère, attaquant les arbres, faisant trembler les vitres et les murs, et bourdonner les oreilles à longueur de journée, et rendant dangereuse la traversée de la route.

Le film est différent mais m'a vivement intéressée.


Into the wild de Sean Penn. C'est un film dont j'attendais beaucoup et qui m'a déçue en partie, mais, avec le temps, je me rends compte qu'il me reste des paysages et des scènes en tête, que la fin du film me hante toujours et que j'ai envie de lire le bouquin. Je pense qu'il est meilleur que ce que j'en ai dit.


It's a free world de Ken Loach. Un de mes préférés de l'année. L'analyse par Ken Loach de la manière dont les exploités se retrouvent à profiter des plus malheureux qu'eux est magistrale. L'héroïne, vive, intelligente, brillante, me plaît beaucoup. Tous les personnages sont bien vus.


Jar city de Balthazar Kormakur. D'après le roman d'Indridason «  La Cité des jarres ».

Ce sont surtout les couleurs qui m'ont plu, vertes grises galauques à souhait,  et la façon de filmer les rats, les conduites d'eau, les corps à la morgue.

Le petit cimetière, un suicide sur une tombe ouverte,  à côté de la mer déchaînée, est très romantique.


Juno de Jason Reitman. Un film sympathique, un personnage  attachant, une bonne comédienne, une musique séduisante... si ce n'est que la propagande pro-life est à l'oeuvre dans ce film, ce qui est pour le moins gênant.


L'Empreinte de l'ange de Saffy Nebou, ce film laisse croire qu'une femme puisse reconnaître sept ans plus tard, sa petite fille qui lui a été retirée à l'âge de cinq jours. Je n'apprécie pas que l'on laisse croire qu'un « instinct quelconque » ou « un appel des gènes », ait guidé Elsa (Catherine Frot) vers sa petite fille. La croyance en l'instinct maternel comme animalité est un préjugé dangereux.


C'est bien plutôt la femme qui la lui a volée qu'elle a reconnue, puisqu'elles s'étaient croisées à la maternité. D'ailleurs, le meilleur du film c'est l'affrontement voilé puis ouvert entre les deux femmes. La fin m'a plu davantage.

.   

L'Homme de Londres de Bela Tarr. De très belles photos. A première vue, beaucoup d'angoisse,  un effort pour coller de près à ce que j'appellerai un cauchemar en noir et blanc. Mes rêves ressemblent aux siens.


La Graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche un beau film d'atmosphère.


La Vie moderne de Raymond Depardon. Des paysages amgnifiques, et des paysans de tous les âges filmés avec empathie, dont le metteur en scène fait des êtres d'exception, rien que par le traitement de l'image. Des portraits inoubliables.

La chronique d'Edisdead.


Le Crime est notre affaire de Pascal Thomas.

Il reprend l'intrigue du « train de Paddington  à 16h 40 », une enquête de miss Marple. Mais c'est le couple Dussolier / Frot que l'on voit s'épanouir sur l'écran. Catherine Frot est à son affaire dans le comique. Je n'ai pas reconnu Annie Cordy. Chiara Mastroianni reste dans le registre tragique,  et ne laisse pas oublier qu'il s'agit d'une famille qui se déchire pour de sordides histoires.


Le Silence de Lorna de Luc et Jean-¨Pierre Dardenne. Un de mes préférés.


Le Visiteur de Tom Mc Carthy. Un film un peu ennuyeux même s'il veut servir une bonne cause. Le traitement abject par le gouvernement,  des immigrés que l'on force à rester clandestins,  que l'on expulse dès que possible dans un pays totalitaire où la prison et la mort les attendent.

Chronique Acide critique   plus enthousiaste que moi.


No Country For Old Men  d'Ethan et Joel Cohen. Je n'aime qu'à moitié les films des frères Coen pour ce que j'en ai vu (Fargo,O' Brothers, Lady Killers) celui-là je l'aime vraiment.


Quatre nuits avec Anna de Jerzy Skolimovski . Un film intimiste, intéressant.


Rendez-vous à Brick Lane de Sarah Bavron. Sujet : l'immigration à Londres.

  Ouais.


Séraphine de Martin Provost . Servante chez une bourgeoise,( évidemment stupide méchante et snob...)Séraphine, comme son nom l'indique, est une créature divine ( ce fait est souligné par son physique lourd, grossier, ingrat, son enracinement à la Terre natale). Elle est visionnaire, et peint des végétaux en les magnifiant. Un collectionneur lui donne sa chance, mais Séraphine est prise de délire maniaque alors même que le monde autour d'elle sombre dans la dépression (crise de 29). Il y a de belles scènes ( Séraphine dans un arbre, dans l'Oise à se baigner, la vieille ville de Senlis à l'aube). Je ne suis pas fan du genre de peinture de Séraphine mais  le film fait oublier ce détail.

lire la chronique de Dasola


Sweeny Todd le barbier diabolique de Tim Burton C'était mon premier Tim Burton et je n'aime pas trop les comédies musicales ( à part une Chambre en ville de Jacques Demy) ces gens qui se mettent à chanter tout d'un coup... le film  est très stylisé...

chronique de Shin, intéressante, documentée.


There Will Be Blood
 de Paul Thomas Anderson.  M'a beaucoup impressionnée; tout le monde en a dit du bien, moi aussi.Les effets obtenus sont indéniables, surtout le silence partagé avec  le gamin devenu sourd. 
.Eeguab  n'a pas trop aimé.


C'est la première fois que j'utilise les smileys. je ne sais pas ce que signifient certains?? Donc je les colle un peu au hasard...Qu'est-ce qu'on veut dire avec les lunettes noires?

Je n'ai pas vu " Cristina " de Woody Allen, ni " Valse avec Bachir", et pas non plus " Conte de Noël". Ce n'est pas faute d'envie...  si Papa Noel me lit, qu'il m'envoie donc des DVD, d'ici demain, il est encore temps.

Voici mes souliers

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 00:29

Léon Okrasa vit dans une maison obscure où l'on s'éclaire avec des bouts de chandelle et de mauvaises lampes,  avec une vieille femme alitée aux traits marqués presque masculins, dont il s'occupe bien, sans doute sa mère. Il se livre à des actions qui peuvent nous inquiéter,  achète une hache, se trouve en possession d'une main coupée qu'il sort d'une poubelle et va faire brûler. Il a été témoin d'un accident de voiture. Il contemple le cadavre d'une vache flottant sur  un fleuve en contrebas d'un pont ( on voit que c'est une créature monstrueuse, bizarre, « fabriquée »,  l'allure vaguement bovine, mais tout de même le choc est là). Une musique de film noir retentit et nous fait croire que ce vieux garçon campagnard aux allures timides   est un meurtrier. Nous savons qu'il a été condamné ; de temps en temps la voix d'un policier qui l'interroge lui revient avec ses questions ainsi que la salle d'interrogatoire en préfabriqué dépourvue de décor...








La narration est en focalisation interne. On ne voit et entend que la version de Léon. Il se remémore son passé. Pour ce faire Skolimowski distribue des flashes back d'images, et de sons,  autant de souvenirs dans le désordre...comment organiser cette somme de données ?

Léon travaille à l'hôpital (maintenant ou autrefois ?) : on lui parle de cette main ; nous apprenons qu'elle appartenait à un accidenté et qu'il avait charge de la brûler ; on lui reproche d'avoir volé l'alliance...on lui rappelle sa condamnation...

Anna est  infirmière dans cet hôpital. Mais c'est dans un hangar que Léon l'a vue se faire violer avec une folle agressivité. Léon n'a pas vu le violeur. Il n'a vu de nu qu'une cuisse d'Anna avec un peu de glaire dessus. Le processus global n'est pas net : on voit dans une semi obscurité une créature étrange s'agiter violemment avec la tête blonde  d'Anna qui ne profère aucun son ;  ensuite on voit qu'elle reçoit des coups. Cette scène de viol ressemble à ce que Freud appelle la scène primitive (l'enfant qui voit ou imagine l'acte sexuel entre ses parents).En fait, c'en est une version classique que Skolimovki a conçu. Mais très bien faite, effrayante,  dans le  style « naturaliste ».


L'homme s'enfuit ce n'est qu'une  silhouette noire. Anna se redresse (elle s'est fait violer debout et n'a pas été à terre ou peu de temps),  son regard et celui de Léon se croisent longuement. Il s'enfuit à son tour... et va prévenir la police. Donc, bien sûr, il est accusé du viol et incarcéré.

Choix  entre plusieurs éventualités : Anna connaissait-elle le violeur ? Léon  ne serait-il pas le violeur tout de même ?   

En tout cas après avoir séjourné en prison (où semble t'il, il se fait violer à son tour) il découvre la maison d'Anna juste en face de la sienne, sa fenêtre surtout, se  prend à l'épier lorsqu'elle se déshabille devant. Car, fait curieux, elle ne tire les rideaux que  lorsqu'elle a revêtu sa chemise de nuit ! A croire qu'elle le fait exprès... ou que Léon imagine tout cela.

Un soir il s'introduit chez elle par cette fenêtre ; elle a trop bien fêté son trentième anniversaire et dort d'un sommeil alcoolique. Puis il prend l'habitude de venir la voir dormir. Il verse une poudre dans un pot de miel qu'il atteint par la fenêtre ouverte et dont elle use pour sucrer son thé avant la nuit.


Mais ce n'est pas un conte : lorsque la belle s'éveille, Léon se précipite sous le lit. Pendant le sommeil d'Anna, il ne fait rien d'autre que vernir les pieds de la belle, l'effleurer, lui recoudre un bouton, nourrir son chat... va tout de même acheter une belle bague en diamant avec ses maigres économies...des scènes de clair-obscur qui sont attrayantes, poétiques,  dans le style peinture flamande et hollandaise d'antan.

Léon se fait coffrer une seconde fois, en s'enfuyant de chez Anna.

Lorsqu'il sort de prison à nouveau, il ne trouve qu'un mur à la place de la « maison d'Anna » où il s'était empressé de revenir.

Ce qui laisse place à bien des interprétations. Il pourrait avoir imaginé les nuits chez Anna (quatre nuits d'un rêveur ?)  pendant son séjour en prison, car ce mur, nul ne peut l'avoir construit pour le séparer de la maison d'Anna. Il existait sans doute depuis le début.


C'est un film intéressant, construit de façon habile, pétri d'ambigüités. Les scènes de jour montrent des intérieurs nus et sans décor, des paysages de neige et de boue,  les scènes de nuit, plus nombreuses sont d'un onirisme particulier, réaliste.     




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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 00:19



Sur une vaste étendue plane plantée d'herbe jaunie à perte de vue, se dresse une maison isolée toute proche d'un tronçon d'autoroute désert.


Dans cette maison vit une famille  : un homme ( Olivier Gourmet) qui travaille  quelque part et rentre le soir, une mère au foyer ( Isabelle Huppert), mère poule et visiblement agoraphobe, et trois enfants : l'aînée, jolie fille bien maquillée et toujours en bikini, se fait perpétuellemnt bronzer sur l'herbe en face de l'autoroute en écoutant de la musique au  MP3. Une  autre fille de 13/14 ans et son petit frère vont à l'école. Un bus vient les prendre...


Tout ce monde-là passe aussi du temps à poil dans la salle de bain, se livrant  à des jeux d'eau interminables. Une famille fusionnelle. Seul le petit garçon a des copains, qu'il retrouve sur le bas-côté de l'autoroute.


Un jour, cette autoroute est mise en circulation... et change la vie de la famille !

C'est l'intrusion du monde extérieur dans le cocon familial qui est là symbolisée, et sur le mode répréhensible : bruit, pollution, danger d'accidents.

Sauf pour la fille aînée, exposée sur son drap de bain, qui commence à avoir des admirateurs, les ouvriers du chantiers, puis des conducteurs de bagnole au cours d'un embouteillage...

Le mari veut quittter la maison, la femme s'y oppose. Les deux enfant plus jeunes sont pris dans le conflit.

La cadette s'achète un masque et des vêtements de protection, s'angoisse pour la santé physique de son frère...

L'autoroute leur sert de prétexte à se calfeutrer anecore un peu plus. Les voilà qui dorment tous ensemble dans la même couche, puis, dans un accès de folie, le mari et les enfant s'emmurent, tandis que l'aînée s'est tirée de cette  famille de dingues en  trouvant  place dans une voiture quelconque...ce qui sous-entend  une sorte d'abandon de la  jeune fille que l'on laisse s'exposer à tous les regards et dont la disparition dans la voiture d'un automobiliste ressemble à de la prostitution.


La famille suffoque derrière les murs  ( oui c'est encore un huis-clos...)  et on se demande s'ils vont  s'en faire une tombe ou si un restant d'instinct de conservation ne va pas les retenir...


Un film réussi sur la tentation familiale suicidaire...

 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 00:59

Le collège Françoise Dolto dans le 20eme arrondissement de Paris. Il est classé en ZEP.

Le quotidien d'une classe de quatrième pendant une année scolaire, en cours de français.

Un huis-clos ; on ne sort pas de l'enceinte de l'établissement, même l'année scolaire achevée. Outre les cours de français et leurs joutes verbales, on assiste au conseil de classe, au conseil de discipline, aux récréations, à l'ennui en salle des profs, et on fait même une incursion  au réfectoire où le prof se fait réprimander d'avoir allumé une cigarette.

Pendant le film, il se fera reprendre un grand nombre de fois.

Un film donc assez austère, qui témoigne de la difficulté du métier de prof et de la  situation  d'élèves venant  d'un milieu social défavorisé.

D'ailleurs lorsque cette année s'achève, on est surpris ! les diverses péripéties du cours de français  ne progressaient pas vers une fin...

L'ambiance de la salle de classe, est comme on s'y attend, houleuse. Les élèves parlent souvent comme s'il n'y avait aucun adulte avec eux, alors même que le professeur est là...


Ce professeur (François Bégaudeau) est assez différent du personnage de son roman. Il a été accusé de mépris et de froideur envers les élèves ; Laurent Cantet (et lui) se sont montrés désireux de rectifier le tir : Le professeur du film n'est pas narrateur, (pas de voix off),  il est un personnage au même titre qu'Esmeralda, Souleymane et Khumba, les élèves vedettes dont le rôle et la personnalité sont mis en valeur.

Ces élèves étaient-ils cités dans le livre ? Sans doute, mais je n'en garde aucun souvenir...

Dans le film ils sont très présents physiquement et verbalement.

Le prof n'est pas autoritaire avec les élèves, cherche à les valoriser en leur faisant faire leur autoportrait d'après l'image qu'Anne Frank donne d'elle-même à son amie Kitty dans son célèbre  « Journal ».

Cette amie est d'ailleurs imaginaire. Anne Frank l'a créée pour pouvoir s'adresser à quelqu'un. Anne Frank est aussi «  entre les murs » et sa situation est même plus dangereuse que celle des élèves du collège Françoise Dolto. Etant donné ces possibles identifications  à la jeune fille de leur âge, chacun finit par se trouver une vie à raconter et ressusciter une image  intéressante de soi. Un élève réalise le travail avec de bonnes  photos de son téléphone portable.



D'autre part le prof n'est pas critique envers ses collègues, même si on ne le sent pas trop intégré à l'équipe éducative. Cette équipe semble affectée et dépassée par le dur travail d'éducation même si une jeune professeure cherche à faire diversion en offrant le champagne, en s'inquiétant de la qualité de vie en salle des professeurs.


Pour ce qui est de la classe, la situation de conflit entre les élèves et  le prof est l'aspect du livre qui est le plus conservé;  d'abord ce conflit est réel dans les classes, ensuite il permet  l'action et la dynamique du film. Ce combat est verbal mais tourne parfois à  l'empoignade physique. Pour autant le prof Bégaudeau, relooké sympathique pour l'écran, se montre inquiet voire culpabilisé  pour ses élèves.

Ceux-ci sont  offensifs parce qu'ils ont un vécu difficile, il en est conscient.

J'avoue n'avoir aimé que modérément ce film très bien fait  pourtant.


Tous les acteurs  sont bons ( même Bégaudeau) et l'on souhaite les revoir dans d'autres films.

D'autres avis :

Rose

Dasola

Edisdead



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